02 mars 2017

Les examens de conscience, Stephen Grosz

lesexamensdeconscience

Tu as déniché ce titre dans ta pile de livres à lire... sans vraiment savoir de quoi il retournait (en fait tu avais oublié), mais peut-être seulement en raison de cette peinture en couverture, celle de Magritte, de ce clair obscur improbable qui t'intrigue toujours et qui signifie qu'il ne faut pas se fier aux apparences mais lever un peu les yeux, et chercher au-delà du premier regard... En réalité, tu apprends rapidement par la quatrième de couverture, et l'avant propos, que Stephen Grosz est psychanalyste. Il exerce à Londres depuis plus de vingt-cinq ans. Et ce livre est un recueil de quelques unes des séances qu'il a conduites avec ses patients. Il parle ici de quelques cas significatifs, avec bienveillance... sans chercher le sensationnel. Ce livre parle... [...] de notre désir de parler, de comprendre et d'être compris. Ce livre dit aussi comment on s'écoute les uns les autres, et pas seulement par les mots qu'on se dit, mais aussi par les vides entre les mots. C'est quelque chose qui habite notre quotidien : on frappe contre un mur, et on écoute. Tu pensais, en tant que lectrice, t'ennuyer un peu dans cet exercice, mais au contraire... comme il est intéressant de constater que la solution des angoisses se tient parfois dans les détails innocents d'un rêve, d'un souvenir, d'une parole, d'une habitude. Et le praticien mène l'enquête, conjointement avec son patient, tous les deux avides du même désir de changement et de guérison... Tu as beaucoup aimé parcourir ces tranches de vie, tu as souri souvent... Ce titre fait étrangement du bien, il apporte, il donne quelques clés pour qui aurait par hasard des serrures à ouvrir... Comme The Guardian, tu l'as trouvé doux, intense et croustillant. Et comme The New Yorker, haletant comme un polar... pour une fois que tu es en accord avec des citations dithyrambiques, profitons-en. 

Editions Slaktine et Cie - Mars 2016

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26 février 2017

Ma mémoire est un couteau, Laurie Halse Anderson

mamemoireestuncouteau

Lire Laurie Halse Anderson te fait toujours un bien fou... et agît comme un baume qui aurait le pouvoir de refermer toutes tes plaies encore ouvertes. Et tu ne comprends pas bien pourquoi, comment la magie fonctionne. Ses personnages sont pourtant toujours terriblement cabossés et bien loin de ta réalité... Mais peut-être est-ce ce retour improbable vers l'adolescence qui au détour de quelques phrases te renvoie son miroir ? Et l'humanité qui se dégage de ces récits à la fois éprouvants et combatifs qui t'apaise ? Sans doute. Le personnage de ce nouvel opus, Hayley, a encore une fois sa place dans cette magnifique collection de La belle colère (Et as-tu déjà dit combien tu aimais cette collection qui trône en bonne place sur tes étagères Ikea ?)... L'adolescente a débarqué depuis peu de temps dans cette ville où sa grand-mère possédait une maison. Son père et elle ont déposé leurs bagages là, après avoir sillonné les routes. Andy a décidé que sa fille ferait sa dernière année d'étude avant l'entrée à l'université dans un établissement normal. Malheureusement, Hayley rechigne à s'adapter à son nouvel environnement scolaire et son père, ancien militaire, continue à être hanté par ses démons et ses souvenirs... Et il y a des scènes de violences et de désespoir inouïes qui démontrent combien les dégâts sont importants... Mais il y a aussi Finn, avec son amour et son attention délicate, et Gracie, l'amie fidèle, et une confiance difficile à accorder de nouveau... pour que tout s'arrange, et que l'avenir puisse avoir un sens. Tu as dévoré ce roman, bien au chaud sous ta couette, comme on regarde une série pour adolescents en famille, avec la tête de ses enfants sur ses épaules et un thé fumant qui termine d'infuser sur la table basse, avec apaisement. Laurie Halse Anderson a vraiment une voix particulière, manie l'humour et la sensibilité, sans jamais tomber dans le pathos, mais avec pudeur et ironie. Elle donne envie de ne plus lire que des romans jeune adulte, et de se donner la chance (le courage) de pouvoir, à chaque âge, réinventer sa vie... et toi tu en redemandes.

La belle colère - Février 2017

Mélo l'a lu aussi

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23 février 2017

Tendres silences, Angela Huth

tendressilences

Refermant tout juste la toute nouvelle édition de La vie rêvée de Virginia Fly... ton choix de lecture de PAL du mois était tout trouvé en cet exemplaire du même auteur, datant de 1999, chiné chez un bouquiniste nantais, et perdu depuis dans ta bibliothèque... Mais outch, tu ne t'attendais pas à une telle histoire ! Angela Huth manie décidément avec art l'humour cynique et joue délicieusement avec nos nerfs... Mais tu t'expliques... La romancière a, dans ce roman, décidé de faire entrer son lecteur dans l'intimité d'un couple sans histoires, les Handle. Ils ont une vie douce, rythmée par des habitudes bien ancrées, un silence tendre et complice. Depuis quelques temps, un jeune voisin, Lucien, vient troubler les matinées de Grace avec ses apparitions extravagantes en fin de petit déjeuner. L'épouse tranquille est à la fois déstabilisée, inquiète, et heureuse d'être dérangée. William, son mari, n'est de toutes façons pas très attentif à ses émotions, il faut dire qu'il disparaît à chaque fois juste avant l'arrivée du jeune homme, pour étudier sa musique à l'étage. Le quatuor dans lequel il joue depuis plus de vingt ans vient par ailleurs de subir une petite révolution qui le préoccupe bien plus. Un des musiciens a été remplacé par une femme. William est subjugué par Bonnie, et tombe rapidement dans une sorte d'obsession amoureuse qui le mènera à envisager... le meurtre de sa femme adorée, Grace... Là tu dois dire qu'à plusieurs reprises au cours de ta lecture, tu as eu envie de t'exclamer... mais enfin William !!... En effet, les diverses stratégies de William pour arriver à ses fins, et séduire en parallèle la jeune Bonnie, sont pour le moins drôles, tristes et ridicules. On tremble, on rit jaune, et on se demande véritablement comment tout cela va se terminer... Mal ? Forcément. Bizarrement la musique est là (beaucoup de musique), la gentillesse, la belle lumière qui plonge dans la cuisine, le repas qui mijote aussi, et l'on se prend à espérer que les esprits échauffés vont recouvrer raison. Mince alors... quelle aventure !

Quai Voltaire - 1999

Lu en version poche par Tlivres

objectif pal

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19 février 2017

La Vie rêvée de Virginia Fly, Angela Huth

laviereveedevirginia

De Angela Huth tu avais déjà lu L'invitation à la vie conjugale... dont tu avais aimé le propos, ce regard lucide et léger sur des femmes au foyer désespérées... Alors, lorsque Babelio t'a proposé ce nouveau titre, avec cette délicieuse couverture, dans le cadre d'un Masse critique privilégié, tu n'as pas pu résister. Même si un autre roman d'Angela Huth t'attend depuis des lustres dans ta PAL... Et le livre est arrivé tout pimpant dans ta boîte aux lettres, au terme d'une journée sur Nantes particulière, où tu t'es à la fois occupée de ta santé, et a dévalisé les boutiques... Mais de quoi s'agit-il ? Virginia Fly est une jeune institutrice de 31 ans. Elle vit chez ses parents et est encore vierge. Mais comme l'indique son nom (idée élégante qui t'a fait sourire), la vierge Virginia voudrait bien sortir de cette situation, s'envoler enfin vers des plaisirs troublants. De l'amour, elle ne connaît que ce baiser violent reçu à 13 ans, et des rêves sensuels qui lui font entrevoir une volupté intense enviable. Pour perdre sa virginité, elle compte sur l'arrivée imminente à Londres de son correspondant américain Charlie, qu'elle n'a jamais vu. Mais également sur ce reportage télévisé, auquel elle participe avec détachement, et qui met en lumière sa situation particulière... Et si jamais quelqu'un était séduit par son sourire ? Parce que les occasions de rencontrer des hommes sont rares, même si il y a ce professeur, plus âgé qu'elle, qui l'emmène régulièrement écouter des concerts, ou ce séduisant jeune homme, Ulick Brand, croisé dans un bar, qui l'intrigue. Que devient la vie rêvée quand elle rencontre le prisme cruel de la réalité ? C'est ce qu'aborde Angela Huth dans ce roman d'une étonnante modernité (il a été écrit en 1972). Mais elle a surtout le talent de décrire avec un implacable humour des personnages à la fois plein d'attentes et défaillants. Tu as aimé les descriptions travaillées de ce pavillon de banlieue où Virginia vit sagement avec ses parents, leur amour bienveillant et enfermant, leurs absurdes habitudes. Tu as aimé l'écriture alerte de l'auteure. C'est un livre que tu as eu hâte de retrouver chaque soir, dont tu as tourné rapidement les pages, qui t'a fait voyager dans Londres, écouter de la musique... Tu as aimé aussi les moments où Virginia l'institutrice veillait sur sa classe studieuse et concentrée, toute occupée à dessiner des couchers de soleil ou des journées colorées... Un livre qui t'a donné envie de sortir enfin de ta PAL Tendres silences, cet autre roman d'Angela Huth, dont tu espères le même plaisir de lecture... 

Quai voltaire - Février 2017

 

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11 février 2017

Quart de frère quart de soeur, Sophie Adriansen... et le Printemps du livre de Montaigu

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Tandis que les vacances scolaires pointent le bout de leur nez par chez toi... rien de mieux que de parler de cette toute nouvelle petite série (à partir de 8 ans), Quart de frère quart de soeur, dont le premier tome est sorti chez Slalom ce 2 février. Tu en as d'ailleurs vu une bonne pile chez ton libraire BD/jeunesse mercredi dernier, et tu étais ravie car l'auteur Sophie Adriansen (connue aussi pour être la Sophie du blog Sophielit) est une blogueuse amie, en plus d'être une auteure accomplie aux multiples facettes... De ton côté, tu as dévoré ce petit livre aux magnifiques et délicates illustrations de Maureen Poignonec, et qui nous raconte l'entrée en CM2 de deux enfants très différents, rivaux d'emblée. Arthur est reconnu depuis plusieurs années pour être le garçon le plus cool de l'école. Viviane vient d'arriver des Antilles, avec ses multiples couettes, ses vêtements colorés et ses idées nouvelles. Et il est peu de dire que ces deux là ne vont pas s'aimer vraiment, se chamailler beaucoup, et qu'ils vont voir d'un très mauvais oeil leurs parents respectifs, divorcés, se rapprocher... Et tu dois dire que tu as aimé l'objet livre, bien fini et joliment illustré, l'histoire, les petits personnages qui gravitent autour des deux héros de ce premier tome d'une série qui promet !
Sophie Adriansen sera présente au Printemps du livre de Montaigu qui se déroulera les 7 8 et 9 avril prochain à Montaigu (85) [voir la liste des auteurs présents en cours d'élaboration ici]. Et comme chaque année, tu penses t'y rendre, sans doute le samedi, avec sans doute aussi une petite rencontre de blogueuses en début d'après-midi à déterminer... Rhhhaaa, et comme tu aimes tous ces petits projets !!! ;)

Slalom - Février 2017


08 février 2017

Le Quatrième mur, Sorj Chalandon & Corbeyran & Horne

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Tandis qu'une pile de romans t'attendent, toi tu lis et empruntes des BD... Mais comment résister à cette adaptation du roman éponyme de Sorj Chalandon, déjà lu et adoré, et qui met en scène la pièce d'Antigone par Anouilh ? Hein, comment ?... Raisonnable est un mot que ton blog ne connaît pas, et certainement pas ton pseudo... Tu ouvres donc cet album d'un rouge flamboyant en sachant déjà que l'histoire t'est connue. Et tu ne t'attends pas forcément à rencontrer du noir et blanc, et non plus Anouilh en personne dès les premières pages, qui déclame les paroles du choeur... (Voilà. Ces personnages vont vous jouer l'histoire d'Antigone. Antigone, c'est la petite maigre, qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu'elle va être Antigone tout à l'heure...) Tu dois avouer que le dessin ne te séduit pas d'emblée, non plus que ce gris lavé, et la physionomie des personnages. (Tu confondras d'ailleurs quelques visages au cours de ta lecture.) Mais l'histoire reste la même, aussi étonnante et sensible, forte que dans le roman. Tu salues d'ailleurs la dextérité de cette transposition d'un roman foisonnant en dialogues brefs et percutants. L'histoire ? Samuel veut monter l'Antigone d'Anouilh à Beyrouth, en prélevant dans chaque camp un des personnages, pour un message de paix et d'espoir. Mais Samuel est malade, alité à Paris. Nous sommes en 1982. Il envoie alors son ami à sa place, ce jeune père de famille, Georges, qui va rencontrer là-bas, des difficultés à rassembler tout le monde, mais surtout la guerre et la mort... Et que les images de la fin de cet album sont ingénieuses, visuellement réussies ! Tu restes d'ailleurs un peu figée devant ces cases montrant Georges tenant Imane indéfiniment dans ses bras..Il y a 73 ans, le 4 février 1944, avait lieu la première représentation de l'Antigone de Jean Anouilh, au Théâtre de l'Atelier. «L'Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par cœur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre.» Et c'est ce message que véhicule le roman de Sorj Chalandon, un message de candeur, de lutte têtue et de paix. Je dirais que l'album, lui, semble plutôt démontrer combien vivre pour ses idéaux est à la fois beau et périlleux... mais essentiel, tellement essentiel, et il fait de Georges une figure d'Antigone, masculine et bouleversante. 

Editions Marabulles - Octobre 2016

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En Lecture Commune avec Mo' du Bar à BD.
Lu aussi par Noukette et Jérôme !!

Ceci est ta BD de la semaine, tous les autres liens sont chez Stephie

 

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02 février 2017

Je dansais, Carole Zalberg

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Tu ne savais pas qui dansait dans ce livre quand tu as répondu oui... à Carole Zalberg. Mais tu avais lu A défaut d'Amérique, alors tu savais donc déjà (par contre) que tu aimerais l'écriture... Tu ne savais pas non plus que l'on pouvait écrire de nouveau sur l'enfermement, et aussi bien, après le bouleversant et prodigieux Room... mais si. Lorsque tu ouvres les premières pages de Je dansais, tu n'as pas lu la quatrième de couverture, exprès (tu aimes les surprises des premiers mots), et les premières phrases te prennent à la gorge, très vite... Tu reconnais la situation, le duel qui se joue, l'horreur, et cette ambivalence terrible qui lie peu à peu la victime à son bourreau... le vide en soi, la lutte tapie dans le creux du cerveau, l'attente qui s'épuise. Marie, treize ans, a été enlevée et séquestrée. Son ravisseur, brûlé au visage par accident, devenu un monstre, croit avoir reconnu en la petite fille son amour, sa précieuse. Il y a effectivement ce jour où, en le croisant dans la rue, elle n'avait pas baissé son regard devant lui. L'erreur. Il l'a choisie ce jour là, pour ce défi. Avant, Marie dansait, faisait le bonheur de ses parents, un bonheur pourtant si fragile... Lire tout cela, pour toi lectrice, au fur et à mesure des pages, c'est presque laisser couler dans tes veines de l'acide, t'obliger à faire taire la révolte qui sourde en toi, avec le temps qui file, les années qui passent et la résignation... Et Carole Zalberg fait danser sa plume sur cette sensation, te trouble à essayer de comprendre les motivations du bourreau, sa pauvre peine. Elle laisse aussi pénétrer dans son livre les voix de toutes ses jeunes filles qui de par le monde sont en butte à la violence des hommes. Et toi tu as juste envie de crier NON... et lorsque tu fermes ce livre tu sais la trace indélébile, presque la blessure, qu'il a laissée en toi... la force de son frisson.

Editions Grasset - 16 € - Février 2017

Ptitlapin l'a lu aussi

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18 janvier 2017

Chicagoland, Fabrice Colin & Sacha Goerg

... d'après le texte de RJ Ellroy

chicagoland

Le nom de Fabrice Colin sur cette couverture a arrêté ton regard... et puis ce dessin, ces yeux vifs et hallucinés. Tu aimes parfois ces ambiances, ce Chicago des années 50 sublimé par des auteurs de romans policiers tels que RJ Ellory. Dans cet album, une jeune institutrice est retrouvée morte étranglée dans son appartement. Le meurtrier se présente de lui même au commissariat du 14ème, peu de temps après les faits. Il avoue tout, le meurtre accidentel, le fait qu'il croyait pouvoir passer la nuit avec cette femme après leur soirée, son refus à elle, sa colère à lui... Je n'avais pas l'intention de la tuer, mais je l'ai fait... Le flic qui a mené l'enquête est un peu dubitatif devant cet aveu si facile et si spontané, qui ne se contredit jamais. La soeur de la victime est emplie de vengeance et n'écoute que son désarroi. Le meurtrier sera exécuté... Et toi tu te promènes dans ces belles pages, tentant d'écouter la voix de chacun, de comprendre où est le noeud de l'intrigue... et puis soudain, une case te fait remonter la pente de l'histoire, te permet de comprendre une bulle que tu n'avais pas vraiment comprise dans les premières pages... (page 11), au moment de l'exécution. Trop fort ! Te voici donc conquise, et un peu éberluée... Comme quoi il est bon de toujours se méfier des apparences. 

Editions Delcourt - Septembre 2015

Ceci est ta BD du mercredi, tous les autres liens sont chez Stephie aujourd'hui !

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08 janvier 2017

Mon dernier continent, Midge Raymond

monderniercontinent

Tu avais envie que l'on continue à te raconter des histoires... alors quoi de mieux que d'ouvrir ce Dernier continent, roman écologique, et aussi de catastrophe, qui nous annonce dès le début le drame à venir... (Une semaine avant le naufrage) Pendant des pages, tu vis alors avec cette femme, Deb, une américaine, passionnée par les manchots, l'Antarctique, mais également prise de passion pour cet homme, Keller, qui ne cesse de lui échapper (pfffff)... Elle est à la fois une scientifique chargée d'observer l'impact du tourisme sur les animaux rencontrés, mais également une guide pour touristes en mal de sensations fortes. Paradoxe de la vie... très bien rendu dans ce livre où les personnages ne cessent de peser le pour et le contre de leurs engagements. Heureusement, Deb travaille sur le Cormoran, un vaisseau amiral respectueux de l'environnement, et non pas sur ce monstre de paquebot, l'Australis, qui s'engage dangereusement dans les mers du Sud. Encore cette fois, tu trouves la chronologie bizarre. Toi qui saute d'habitude allègrement le nom des chapitres, tu t'efforces là de te concentrer dessus, puisqu'ils sont marqueurs de temps, et que ça change tout le temps le temps dans ce roman, en désordre, entre des années ou quelques jours avant le drame. Et puis, malgré ce va et vient, et un style d'écriture qui au départ ne te prenait pas vraiment (trop léger ?), tu t'attaches au personnage principal, à cette femme qui cache un coeur tendre sous ses couches de vêtements superposés et sa solitude. Avec elle, tu as froid, tu doutes de tes choix, tu attends (parfois des années), tu t'énerves en silence, tu persévères, tu as peur, tu aimes... et tu espères. Tu as lu ce livre cachée sous des couvertures, bien au chaud, dans le confort douillet d'un pré réveillon tranquille... et pourtant il te semble avoir entendu le sifflement du vent sur la glace, ce silence si particulier sous les cris des oiseaux marins, et avoir senti tout près de toi la force des icebergs... mais sans doute as-tu rêvé ? 

Editions Stock la cosmopolite - Novembre 2016

Nicole l'a lu aussi

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07 janvier 2017

Ce Coeur changeant, Agnès Desarthe

desarthe

Tu as entendu deux fois la même histoire... Agnès Desarthe qui prépare les bagages de sa famille avec difficulté, son mari qui débarque au milieu des pulls et des chaussettes, et qui au lieu de lui apporter son aide lui demande quel livre elle va écrire bientôt... Tu vas être surpris... Et Agnès Desarthe invente alors un prochain livre, qui sera historique, et dans lequel deux femmes s'aimeront... Tu as entendu deux fois la même histoire, puis des anecdotes différentes, tout d'abord à La Roche sur Yon l'an dernier puis là à Fontenay Le Comte, dans cette sublime et étrangement figée dans le temps Salle des mariages... qui donne si bien en photo. Si bien que tu l'as acheté ce livre, dont le thème a effectivement surpris le mari, Ce coeur changeant, pour satisfaire à ton tour ta curiosité. Et tu as aimé ce petit échange avec l'auteure qui a suivi (sous l'oeil sérieux de Marianne), et cette dédicace qui dit... au plaisir de partager la lecture avec vous, et l'écriture aussi... Là, après ta monstrueuse panne de lecture, ce livre te semble donc un enchaînement évident, puisque tu as passé une très bonne journée à Fontenay le Comte et qu'il conte les aventures tumultueuses d'une jeune naïve au début du XXème siècle. Rose débarque à Paris, elle a vingt ans. Elle vient de quitter le Danemark. Mais toi lectrice, avant de suivre ses pas, tu avais déjà assisté en préambule à la rencontre de ses parents et à la description assez impressionnante de sa grand-mère, déformée physiquement par une trop grande absorption de sucre (plus jamais tu ne mangeras de sucre c'est promis). Agnès Desarthe a avoué avoir tenté de tremper son personnage (Rose) dans plusieurs bains (situations) pour voir comment elle réagissait. Et il est peu de dire que Rose ne réagit pas très bien. Elle se laisse ballotter par les évènements et les rencontres, met sa vie en danger, mais elle vit également de merveilleuses aventures humaines, sensuelles et littéraires. Lire Ce coeur changeant est une expérience romanesque qui s'avère au fil des pages de plus en plus intéressante, burlesque et dépaysante. Bien entendu, lors de ta lecture, tu as entendu la voix de l'auteure, raccordé quelques éléments, mais surtout surtout tu as eu envie que l'on continue à te raconter des histoires... Chiche.

Editions de l'Olivier - Août 2015

Festival littéraire La mer est loin - Fontenay le Comte - 24 25 26 27 novembre 2016