11 mai 2016

Un après-midi d'automne, Mirjam Kristensen

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 "Au fait, demande-t-elle en se grattant la joue, comment s'appelle-t-il ?
Hans Olav."

Rakel et son mari sont jeunes mariés. Ils viennent d'arriver à New-York pour des vacances, et logent dans un petit hôtel. Comme les touristes qu'ils sont ils ont prévu plusieurs activités, des restaurants à tester, parcourir Central Park et visiter le Met (Metropolitan Museum of Art). Dans le Musée, Hans Olav semble particulièrement intéressé par une toile dans la salle consacrée à Georges de la Tour. Rakel en profite pour le laisser quelques instants, et se rend aux toilettes. A son retour, son mari a disparu. Rakel le cherche, puis est comme anesthésiée de constater qu'il est nulle part. Plus les jours passent sans nouvelles de lui plus la sidération augmente, se mêlant à l'attente, à l'indifférence. Rakel fait des rencontres, loge chez une amie de sa mère, ne sait plus si elle existe réellement sans Hans Olav, a l'impression de flotter dans une réalité trouble, se demande si elle doit continuer à l'attendre... Que s'est-il donc passé devant ce tableau ?

J'ai beaucoup aimé ce titre, très introspectif, qui commence pourtant comme un thriller. Je ne m'y attendais pas car je dois avouer que j'avais entendu et lu des avis assez mitigés. Mais il m'a plu à moi, beaucoup, de naviguer en eaux troubles avec Rakel, de circuler dans un New York séduisant et mystérieux avec elle, de découvrir la vie sous un autre angle... et de la cotoyer dans sa dérive. Je me suis imaginée à sa place, la terreur et l'inquiétude mêlées, plongée dans le doute, les remises en question, la honte, l'incompréhension, et cette obligation de vivre sans l'autre, sans comprendre. A priori, il arrive régulièrement que des touristes disparaissent à New York. Etonnant. Une lecture originale et un roman réussi.

Editions Phébus - 19€ - Février 2015 - Lu pour le prix Cezam - Merci ma bibli !!

Sandrine a été déçue de ne pas avoir de réponses à ses questions - Un roman très fort et très beau pour le blog tombée du ciel dont je partage l'avis (très beau billet).

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09 mai 2016

Embarqué et L'essai

Deux BD lues dernièrement...

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Embarqué de Christian Cailleaux - Futuropolis - 24€ - Mai 2015 - Christian Cailleaux, fasciné comme tout à chacun par la mer, et ce depuis toujours, se questionne sur ce qu'elle évoque pour lui, et questionne également les jeunes engagés du centre d'instruction naval de Brest. Il recueille leurs histoires et leurs motivations pour rentrer à l'école des Mousses, mais aussi en mer à bord de la frégate Floréal et même sous la mer dans un sous-marin à propulsion nucléaire. Mais c'est un questionnement plus large sur la place de la mer en France, sur son histoire, qui nous est contée en parallèle. Un album que j'ai trouvé absolument passionnant, pas lassant du tout, passant astucieusement d'un style graphique à l'autre, magnifique, instructif et abouti. 

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L'essai de Nicolas Debon - Dargaud - 16.45€ - Mai 2015 - Nicolas Debon retrace dans cet album l'histoire à la fois imaginée et réelle d'une communauté anarchiste qui s'était installée dans les Ardennes en 1903. Il s'est aidé des documents de l'époque, et surtout des photographies. La communauté de L'Essai incarnait l'espoir d'un modèle de société utopique et égalitaire. Cet album est passionnant, car il décrit un épisode largement inconnu, dont il ne reste presque aucune trace, et fascinant car sa qualité graphique est à la fois précise et trouble. En effet, le personnage à l'origine du petit village, celui qui en a creusé les premières fondations, Henry Jean-Charles Fortuné, reste tout du long entouré d'un mystère que Nicolas Debon sait judicieusement entretenir. 
J'ai lu ce titre dans le cadre du Prix Cezam. 

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15 avril 2016

Moi et François Mitterrand, Hervé Le Tellier

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 "Ne doutez pas, cher Monsieur, que vos remarques recevront toute l'attention qu'elles méritent et qu'elles seront prises en considération par nos services dans les délais les plus brefs."

Le 10 septembre 1983, le narrateur de cette histoire (Hervé Le Tellier lui-même... d'après l'auteur), envoie une carte postale d'Arcachon à François Mitterrand le félicitant pour son élection, mais lui indiquant également qu'il passe d'agréables vacances, et que justement hier il a parlé de lui à table tout en dégustant des huîtres, excellentes d'ailleurs, bien qu'un peu laiteuses. Quelques mois plus tard, une réponse lui parvient, signée officiellement du Président de la République, lui précisant avoir bien reçu son courrier, et lui assurant qu'il sera examiné avec attention. Hervé Le Tellier s'empresse d'écrire de nouveau au Président, afin de lui souhaiter de joyeuses fêtes de fin d'année, missive qui recevra quelques mois plus tard une réponse du Président. Hervé Le Tellier est alors encouragé à continuer une correspondance qui se poursuivra, même après le décès de François Mitterrand, et avec ses successeurs.

Mouarf. Je ne veux rien vous dévoiler de plus de l'intrigue de cette histoire qui se déguste au fur et à mesure et avec délectation. Ici se joue un humour qui se base essentiellement sur le principe de répétition. Sincèrement, j'ai lu ce court livre assez hilare. Je ne m'attendais pas à trouver ce que j'y ai trouvé, j'ignorais tout de son contenu. Je savais seulement, sachant que l'auteur était membre de l'Oulipo, qu'il y aurait sans doute du jeu, et il y en a. Mais il y a aussi sous tout cela, sous cette correspondance qui ne s'arrête pas après la mort du premier président, sous le décalage évident que vous découvrirez à la lecture, une critique sous jacente des institutions... et un petit quelque chose, de glaçant et d'implacable, qui fait aussi un peu froid dans le dos. Une lecture assez jouissive.

Editions JC Lattès - 10€ - Mars 2016

Badge Lecteur professionnel Lu également de l'auteur Assez parlé d'amour [clic] 

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13 avril 2016

Rien ne résiste à Romica, Valérie Rodrigue

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 "Du jour où je suis devenue son Angelash, son Angel, Romica ne m'a plus vue comme une très grande personne ni elle en tout petit, au bas de la feuille."

Ce livre est un récit, celui d'une amitié (qui a véritablement vue le jour), entre Valérie Rodrigue et Romica, cette jeune femme roumaine, rom, enceinte, mendiant près du bureau de poste du quartier où habite la journaliste parisienne avec sa petite fille. A partir du moment où la journaliste prend Romica sous son aile, s'intéresse à ses conditions de vie, à sa grossesse, tout va être fait pour que la mendicité, la cabane dans le camp, ne soient plus une fatalité. Les deux femmes se disputent, se réconcilient, sont parfois dans l'incompréhension l'une de l'autre, mais dans l'affection aussi. La journaliste ouvre largement les portes de sa maison, se donne sans compter, pour celle qui si elle avait pu aurait voulu être médecin. Et Romica prend peu à peu confiance en elle, déploie son corps, grâce à l'aide de son ange gardien, fait valoir ses droits, trouve un logement pour sa petite famille, des heures de ménage, et rêve tout à coup qu'elle puisse devenir, peut-être un jour, à force de travail et de persévérance, aide soignante.

Ce livre a une force très intéressante, vive et attachante. J'ai beaucoup aimé avec lui mieux connaître tout ce que l'on ne nous dit pas sur les roms, l'actualité préférant leur attribuer des qualificatifs peu amènes, montrer les camps que l'on démonte, la nuisance, la mendicité, la peur de l'autre. Valérie Rodrigue apporte un point de vue différent, de l'intérieur, un point de vue de bénévole qui s'implique et croit en certaines personnalités, tout en ne cachant pas ce qui parfois ne fonctionne pas, les désillusions. C'est, il me semble, un livre utile que celui-ci, éclairant. En le refermant, on a envie qu'il soit lu plus largement et aussi de poser un autre regard sur ces femmes assises sur les trottoirs dans nos villes, parce qu'il y a les campements, les codes, la Roumanie au loin, tout ce que nous ignorons. Et puis l'histoire est belle, elle donne envie de croire en l'être humain, et c'est assez rare pour le souligner.

Editions Plein Jour - 17€ - Mars 2016 

Une interview très intéressante de l'auteure sur L'Express - Un très beau billet à fleur de peau et de lecture chez Mirontaine - Une lecture plus que nécessaire aux yeux de Clara !

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03 avril 2016

La Chaise numéro 14, Fabienne Juhel

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 "Parce qu'il y avait un monde dans la chevelure de Maria Salaün. Lui, il pouvait voir ça. L'automne, les brasiers, les feux sur les talus, les paniers remplis de cèpes, les pommes mûres, les marrons dans la braise, les soleils couchants, les déchirures dans le ciel, au crépuscule, promesses de beau temps."

Nous sommes à la fin de la seconde guerre mondiale. Partout en France, des femmes sont brutalement tondues, principalement pour avoir eu des relations, pendant le conflit, avec l'ennemi. C'est ce qui arrive à Maria Salaün à Saint-Brieuc, devant l'auberge de son père, elle est tondue sur les ordres de son ami d'enfance, Antoine, pour avoir aimé Frantz, un officier allemand. Elle n'oppose aucune résistance à cette humiliation publique, au contraire elle se présente fièrement, drapée de la robe blanche de fiançailles de sa mère, et son apparition, sa chevelure flamboyante, sa dignité, impressionnent les badauds qui assistent à la scène. Elle se laisse tondre, assise sur sa chaise de bistrot, numérotée 14. Mais même si la honte est là, Maria a décidé qu'elle ne restera pas collée à elle, qu'elle va changer de camp, six noms sont sur sa liste. Armée de sa chaise, de son crane nu, de sa robe blanche, la jeune femme entame sa douce et ferme vengeance.

Il existe de nombreux récits sur ces scènes assez intolérables d'humiliations qui ont suivi la libération. J'avais lu sur le même thème le terrible L'échappée de Valentine Goby, par exemple. Dans ce roman de Fabienne Juhel, la perspective est assez différente et surprenante, et pourtant le sujet reste tout aussi difficile. Ce qui surprend ici est la force de caractère du personnage de Maria, sa quête, sa détermination, et les images superbes et évocatrices dont l'auteure pare son histoire. On referme ce livre étonnée d'y avoir trouvé ce que l'on n'y cherchait pas, beaucoup de force, de douceur, de l'amour qui se distribue gratuitement et de la lumière. Une très belle lecture, en lice pour le Prix Cezam.

Editions Le Rouergue - 21€ - Mars 2015 - Merci ma bibli !!!

Les oubliés de la lande avaient été un coup de coeur en 2012 ! Et j'avais papoté avec l'auteure en 2009 (ouh ça date) [clic]

D'autres lectures de La chaise numéro 14... Un enchantement pour les sens pour Alex - Encore une belle lecture forte de l'auteure pour Clara ! - "En commençant "La chaise numéro 14", je me doutais que Fabienne Juhel traiterait le sujet avec tact et intelligence. Je ne me trompais pas." chez SylireUn roman original, qui comme souvent chez Fabienne Juhel, flirte avec les codes du conte pour GwenaelleC'est une belle histoire, émouvante qui fait toucher du doigt ce qu'ont pu vivre de nombreuses femmes à cette époque pour Sandrine !

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28 mars 2016

En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut

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"Heureusement, Maman reprit les choses en main."

C'est l'amour fou, le coup-de-foudre de la fantaisie au premier regard. Tout de suite, entre eux, les mensonges ont été le lien. Depuis, il dansent sur Mr Bojangles de Nina Simone dans leur appartement parisien. Leur fils sait qu'il ne faut pas raconter tout ce qui se passe à la maison à l'école, et inversement. La vie quotidienne est une fête perpétuelle, les amis viennent boire des cocktails, danser, à peine dérangés par le grand oiseau exotique qui se balade parmi eux avec des colliers de perle, Mademoiselle Superfétatoire. Tout serait merveilleux si tout pouvait continuer ainsi, l'amour se vivre, la légèreté se poursuivre. Mais un beau jour la réalité rattrape cette famille qui entasse son courrier sans jamais l'ouvrir. Les impôts réclament beaucoup d'argent. La mère s'inquiète, exagérément, et montre de plus en plus des signes d'un dérangement plus profond, jusqu'à mettre le feu à leurs souvenirs, frôlant ainsi gravement un danger plus grand. Elle est alors internée. Le fils suit son père dans un appartement moins faste. Comment faire pour que la fantaisie, le rire, la joie, continuent malgré tout... ? Il suffit peut-être simplement d'y croire encore, et de continuer à danser.

Ce petit livre était sur ma PAL depuis la rentrée de janvier et attendait bien sagement mon bon vouloir, ou du moins une opportunité. Il aborde depuis fièrement un tas de bandeaux rouges qui démontrent oh combien ce titre a beaucoup séduit. Mais en fait c'est le sourire d'Olivier Bourdeaut, sa grâce discrète face au truculent Luchini dans La Grande Librairie, qui m'ont convaincue d'ouvrir enfin ce livre. J'étais curieuse de connaître cette histoire inventée, presque avec nonchalance, par cet écrivain là. Et je dois dire que j'ai été moi aussi séduite. J'ai beaucoup pensé en lisant ce titre à la folie de Gatsby le Magnifique de Scott Fitzgerald, une folie similaire, qui cherche à montrer son amour, qui cherche à envelopper l'être aimé dans l'illusion et la possibilité d'une fête perpétuelle. J'ai également été émue, touchée. Ce livre est un ovni littéraire d'une grande finesse, d'une grande classe, et il est tellement décalé qu'il interroge et étonne. C'est une très belle surprise.

Editions Finitude - 15.50€ - Janvier 2016

Une histoire d'écriture toute aussi rocambolesque racontée sur l'Express - Addictif, frais, drôle et bien rythmé pour Leiloona - Coup de coeur pour A l'ombre du noyer - Une belle invitation à la fête malgré les obstacles pour blablablamia - Tendre, émouvant, drôle et fou à la fois pour Noukette - Une très belle découverte pour Gwenaelle - Un roman qui fait du bien mais qui sait aussi être grave sans perdre sa légèreté pour George - La lecture de Keisha - C'est beau et triste comme la vie pour Jérome qui y a trouvé du Boris Vian aussi (suis d'accord) - Une très jolie surprise de cette rentrée de janvier pour Aifelle !! - Une petite pépite pour Sylire !

20 mars 2016

La Splendeur dans l'herbe, Patrick Lapeyre

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 "Homer, qui s'était mis torse nu, prétendit que lorsqu'ils marchaient ainsi, dans les herbes hautes, tout seuls dans la campagne, ils avaient de faux airs de Maureen O'Sullivan et de Johnny Weissmuller éclairés par le soleil d'un paradis perdu."

Homer et Sybil se rencontrent régulièrement depuis que leurs conjoints sont partis ensemble. Entre eux, il y a l'humiliation commune d'avoir été quittés, et puis ce quelque chose de doux et d'évident qui les rapproche. Mais la pudeur est là qui les empêche de céder à l'attirance qu'ils ressentent l'un pour l'autre. Alors, ils se voient, de plus en plus, parfois à l'improviste, partagent une intimité faite de silences prolongés, de siestes et de lectures, d'activités de plus en plus conjugales. Entre eux, pourtant, plane toujours l'ombre du couple qui, là-bas, s'aiment sans eux...

Il est difficile de décrire l'atmosphère subtile de ce roman à l'ambiance très printanière. J'ai beaucoup aimé m'immiscer dans le duo très étrange que forme au départ Sybil et Homer, et puis avancer avec eux dans une histoire d'amour faite d'hésitations et de moments suspendus. S'intercalent dans le récit l'histoire de la mère d'Homer, Ana, ses errances, son ennui, ses maladresses de plus en plus grandes. Et j'ai trouvé ce personnage absolument touchant, apportant un éclairage particulier sur la personnalité craintive d'Homer. Lire La Splendeur dans l'herbe c'est plonger dans un univers très doux, une parenthèse ouatée, mais c'est aussi se poser la question de la place des êtres sensibles dans un monde rude et exigeant. Ici, nous assistons à la rencontre improbable de deux êtres faits indubitablement l'un pour l'autre, attentionnés et lumineux, et comme c'est rafraichissant.

Editions POL - 19.80€ - Janvier 2016 - Merci ma bibli !!

Trop d'immobilisme pour Joelle - « La splendeur dans l’herbe » est un roman à contre-courant de notre époque actuelle, saturée d’activités et de liaisons éphémères, pour Gwenaelle qui a été conquise !

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17 mars 2016

Méditer pour avoir confiance

flowmediter

12 méditations guidées pour surmonter peur, angoisse et découragement... par Fabrice Midal

Alors que le dernier Flow sort tout juste des presses et se retouve comme par magie sur ma table de salon le jour de sa sortie, me vient à l'idée de vous parler enfin de l'ouvrage qu'Audiolib a eu la gentillesse de me faire parvenir, en lieu et place d'un roman (romans que je n'arrive toujours pas à écouter en version audio). 

J'avais déjà testé chez Audiolib des séances de sophrologie [Explorer vos cinq sens pour vous relaxer intensément]  qui m'aident toujours régulièrement à dissiper crispations et maux de dos. Et j'avais déjà l'impression avec ce CD d'être dans l'extrêmité du lâcher prise. Je ne connaissais pas encore la méditation. 
Et puis dernièrement, j'ai eu besoin de m'apaiser, de faire taire mes émotions, ou du moins de les amadouer un peu, de dissiper toute tension, j'ai donc décidé d'écouter enfin la voix de Fabrice Midal, un casque sur les oreilles. A la première écoute, il m'a fallu une bonne demi-heure pour que le procédé fasse effet, et puis j'ai multiplié les écoutes (surtout depuis quelques jours), j'ai même fait des infidélités à Fabrice Midal avec les quelques séances que Christophe André propose sur Youtube (celles que je préfère durent à peine 1/4 d'heure). Et j'ai eu le sentiment que cela me procurait quelque chose, de l'ordre du bien-être, de la sérénité, du souffle et de l'éveil au présent retrouvé... et que la méditation, que je ne pensais pas pour moi, au final fonctionnait réellement. 

Je vous conseille donc tout cela vivement, la revue Flow, la sophrologie, la méditation... être dans le moment présent, être bienveillant avec vous-même, profiter de ce qui est beau, doux, lumineux, gentiment pétillant et réconfortant.

Méditer pour avoir confiance - Editions Audiolib - 21.90€ // Flow - n° 8 - Mars Avril 2016 - 6.95€

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09 mars 2016

Nuit de septembre, Angélique Villeneuve

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 "Le mot suicide, sifflant, corrosif, qui glisse et coule et partout se déverse en rongeant les peaux et les os."

Ce petit livre qui tient dans une main signifie beaucoup. Il est le récit qu'Angélique Villeneuve a voulu faire après, après la perte du fils. Il ne s'agit pas de parler de lui, pas vraiment, mais surtout du parcours de la douleur en soi et du chemin de la vie, qui prennent les mêmes routes. Après cette nuit de septembre, dont elle continue d'être sidérée, s'enchainent les rencontres pour ce livre qui a du succès, le quotidien. Elle vient parfois s'asseoir dans cette chambre dans laquelle il a décidé d'arrêter, et le temps passe, les objets changent de place, subrepticement, les premières fois après l'évènement s'accélèrent. Tous ces moments sans lui sont pourtant à vivre. Ça va aller, se dit-elle. Mais ils sont étonnants et doucement violents, muets, ces moments, et non ça ne va pas aller réellement tous les jours. Il manque quelqu'un dans le creux de la paume, dans le creux des hanches, il y a une présence, invisible et vibrante, où se niche toute la souffrance. Comment savoir que faire de soi après cette perte qui n' a pas de nom dans la langue française... comme un déni d'existence.

Je lis beaucoup en ce moment sur le sujet (les livres arrivent ainsi), ce récit m'a également touchée en plein coeur. Surtout qu'il m'est arrivé d'échanger plus personnellement avec Angélique Villeneuve et que j'ignorais tout de cette nuit de septembre. Alors ce livre est tombé comme une bombe sur mes genoux. J'espère avoir trouvé les mots pour en parler, j'espère que vous le lirez, parce que je crois très fort au pouvoir de l'écriture mais qu'il ne fonctionne jamais autant que quand les mots écrits sont lus. L'auteure délaisse ici son style habituel de romancière pour fouiller plus profondément dans l'intime, et chaque phrase interpelle, arrache son petit lambeau de tristesse, tout en laissant petit à petit, page après page, entrer de plus en plus la lumière. 

Editions Grasset - 14€ - mars 2016

Sur ce blog... Un territoire, Les fleurs d'hiver, Yeu à la bouche, Le festin de Citronnette

La lecture de Cathulu

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07 mars 2016

Kermesse au paradis, Birgit Weyhe

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 "J'ai un drôle de travail à faire pour ma classe, un arbre généalogique..."

A la mort de sa grand-mère, Birgit constate qu'il ne lui reste que quelques objets, des photos, et qu'elle a oublié de poser des questions sur sa famille. Comment alors pouvoir aider sa fille Paula à faire son devoir pour l'école, cet arbre généalogique qui est un véritable casse-tête ? Elle décide donc de contacter sa mère sur le sujet, les proches encore vivants, de collecter des documents et d'inventer le reste... Le résultat est foisonnant, riche et absolument passionnant. Surgissent alors des personnalités féminines hautes en couleur, des amours impossibles, des grossesses non désirées, des débâcles, des couples qui se déchirent et tout un tas de violences et traumatismes cachés, Munich, Berlin et le parcours de ses grands-parents à travers une Allemagne tourmentée. Une chronique familiale riche, intime et épique, qui balaye aussi le XXème siècle.

J'ai pris cet album sur la foi de sa couverture (je suis un peu influençable question tricot) mais l'intérieur ne correspond en rien à cette charmante réparation de laine. L'histoire que nous conte Birgit Weyhe est sombre, elle déterre les pires heures de l'histoire allemande donc, et elle ne laisse aucune place à la mièvrerie. Kermesse au Paradis est de ces romans graphiques que j'aime lire... parce qu'il regarde la vie en face avec ses défauts et ses saletés, sans tabous, et qu'il nous fait grandir. De plus, j'apprécie toujours l'inventivité graphique, le jeu des images, la force de la mise en page au service de l'histoire qu'elle raconte. Ici, j'ai été servie, car le noir bave allègrement sur les pages, alterne finesse du trait et désordre, pour suivre les émotions de l'auteure et des personnages. C'est un album très réussi.

Editions Cambourakis - 22€ - Octobre 2013 - Merci ma bibli !!

 

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