16 mai 2010

Colombe

colombe_1267273599Je râle depuis la veille parce que mon vidéo club est fermé. Et puis, je regarde mon programme télé en quête d'un deuxième choix. Et bien m'en prend, j'étais passée à côté de l'info, tête de linotte que je suis parfois... Des acteurs jouaient Colombe de Jean Anouilh hier au soir, en direct sur France 2. Voici donc ce que j'ai regardé en lieu et place d'un film à trois sous, ce n'est pas si mal.

Comment vous dire, entre Jean Anouilh et moi, il y a comme une histoire d'amour à sens unique, une sorte d'intimité qui s'est créée au fil des ans... Je crois avoir réussi à dénicher toutes ses pièces. Loin de la gravité de son fameux Antigone, vous avez pu découvrir avec cette pièce-ci (si comme moi vous vous êtes laissés séduire) son humour pince-sans-rire et sa grande lucidité critique sur nos humanités. Ce ton est le ton que l'on retrouve dans la plupart de ses créations, et je l'aime. L'anniversaire de sa naissance aura au moins permis cela, qu'on le redécouvre...

L'histoire ? Julien vient confier sa femme et son jeune fils à sa mère qu'il n'a pas vu depuis deux ans. En effet, il est dans l'obligation de faire son service militaire et ne peut laisser sa famille sans un sou, isolée. Colombe, sa femme, une jeune personne naïve et douce, se révèle éblouie par ce monde du spectacle contre lequel Julien l'a pourtant prévenue et se laisse courtiser sans compter...

Je n'ai fait principalement que bien souvent lire le théâtre d'Anouilh, il est bien intéressant de le voir jouer pour une fois, cela donne un relief certain aux dialogues. Sara Giraudeau, avec sa petite voix éraillée était parfaite, elle a su trouver le ton juste qui caractérise les jeunes personnages féminins d'Anouilh, un mélange de douceur et de force inébranlable. Ma grande-fille de neuf ans s'est également laissée prendre au jeu, et j'en étais toute fière...

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28 janvier 2008

Jean Anouilh, la fin du purgatoire ?

Tel est le titre de l'article que Le magazine des Livres consacre à l'auteur d'Antigone, ce mois-ci.

MDL8

J'aime particulièrement cet auteur de Théâtre, qui n'a pas écrit que la pièce "Antigone" ou "Le Voyageur sans bagages", beaucoup étudiés. Considéré comme un auteur de Boulevard, il a souvent été méprisé. Il n'est sans doute aujourd'hui pas assez joué, et trop méconnu. Cet article atteste-t-il d'un retour en grace qui coïnciderait avec la sortie de ses oeuvres en Pléiade ? Je le souhaite car j'ai pour ma part souvent beaucoup ri, et été émue, en lisant ses pièces, et son théâtre recelle des trésors de répliques, oubliées.

Il a classé de son vivant ses pièces par thèmes : quatre pièces grinçantes, quatre pièces noires, quatre pièces roses, quatre pièces brillantes, trois pièces costumées. On ne trouve aujourd'hui que quelques titres disponibles et encore édités, chez Folio ou dans les éditions de la Table Ronde. Il faut fouiller les étals des bouquinistes pour avoir le bonheur de trouver ses autres pièces...

"La Vie de Jean Anouilh (1910-1987) se raconte exactement comme celle de grands dramaturges comme Molière. On commence à narrer l'enfance puis vient le succès et tout à coup, il ne s'agit plus de l'homme mais de son oeuvre : on enfile les titres en racontant ce qu'ils contiennent et le succès ou l'insuccès qui leur revient." (accroche de l'article du Magazine des Livres - Janvier/février 2008)

Son théâtre vient de sortir dans la bibliothèque de la Pléiade, en deux tomes.

      

Et un extrait d'Antigone, pour le plaisir...

"Comprendre... Vous n'avez que ce mot-là dans la bouche, tous,

depuis que je suis toute petite. Il fallait comprendre qu'on ne

peut pas toucher à l'eau, à la belle eau fuyante et froide

parce que cela tache les robes. Il fallait comprendre qu'on ne

doit pas manger tout à la fois, donner tout ce qu'on a dans ses

poches au mendiant qu'on rencontre, courir, courir dans le vent

jusqu'à ce qu'on tombe par terre et boire quand on a chaud et

se baigner quand il est trop tôt ou trop tard, mais pas juste quand

on a envie ! Comprendre. Toujours comprendre. Moi, je ne veux pas

comprendre. Je comprendrai quand je serai vieille. (Elle achève

doucement.) Si je deviens vieille. Pas maintenant."

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