27 décembre 2015

Décembre encore... #Instagram

Récemment mis à jour5

... avec son lot de douceurs. Continuer son tricot tout doux, même si il peluche partout (le poncho avance). Habiller sa table de fête le 24, de petits personnages (et de blanc et de bleu). Acheter une brassée de houx au marché le même jour, un peu plus tôt, à deux petits messieurs âgés (et peiner un peu quand même à trouver un vase assez grand). Attaquer sa PAL avec ce roman Acquanera de Valentina d'Urbano, et être prise par son ambiance trouble et ouatée (mais savoir que le lire maintenant est le bon moment). L'avoir choisi parce qu'il fait partie de la séléction du prix Cezam (prendre de l'avance). Avoir chaud aux pieds avec ces grosses chaussettes reçues à Noël. Et garder en soi les belles images, et les belles phrases, du Prophète (animation vue il y a quelques jours au cinéma). Bref, aujourd'hui c'est dimanche.. tricot, lecture et sérénité. 

(En 2016, je vous glisserai ici, de temps en temps, un choix de photographies que je poste sur Instagram et FB. Le dimanche sans doute, le plus souvent. J'ai pris goût à ces petites mises en scènes du quotidien.)

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24 octobre 2015

Tête de PAL (Pile A Lire)

... et il ne s'agit que de la PAL urgente (je précise), moins les quelques titres (cinq après enquête) chipés par monsieur. Mouarf.

tetedepal

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22 août 2013

Un bonheur insoupçonnable, Gila Lustiger

unbonheurinsoupconnable... Illustrations réalisées par Emma Tissier.

"Les enfants comptèrent sur leurs doigts toutes les âneries des adultes, en commençant par le pouce. Mais, comme il leur arrivait de compter deux fois la même ou d'en oublier une autre, ils prirent une feuille de papier et un crayon et dressèrent une liste par ordre de gravité. Ils obtinrent ainsi 377 âneries comme "perdre de vue ses amis" ou "regarder de haut les plus faibles", 48 demi-âneries comme "ne jamais avoir de temps pour jouer", 24 quarts d'âneries comme "forcer les enfants à manger du brocoli" et une ânerie suprême : la guerre."

Monsieur Grinberg est un homme sérieux qui n'a comme seules faiblesses que de gâter de façon exagérée son chien Holstein et de ne pas trop prêter attention à son entourage... Il ne voit pas par exemple que Mirabella, sa femme de ménage, est depuis longtemps amoureuse de lui, ni que les enfants du quartier l'observent, surtout Mathilde qui n'a pas sa langue dans sa poche. Mais Monsieur Grinbert n'est pas que cet homme grognon que tout le monde connaît, il a été lui aussi un petit garçon qu'un gros chagrin a autrefois fait souffrir. A l'époque, un ami lui avait transmis un remède magique, le "livre des questions".
Ce remède pourrait servir encore aujourd'hui, il s'en rend compte soudain - il serait temps de l'exhumer enfin -, alors que le petit Paul vient de perdre sa grand-mère adorée et que la jeune Juliette ne cesse d'être maltraitée et moquée en raison de sa grande taille.
Car il s'avère souvent d'un réconfort absolu de se rendre compte que l'on partage avec beaucoup des questions sans réponses.

"Toute la journée, il attendit avec impatience de pouvoir continuer la lecture de ce livre où les enfants, depuis des siècles, inscrivaient leur peines et leurs questions. Et de savoir qu'il ne faisait qu'un avec eux, qu'il connaissait leurs voeux les plus secrets et leurs peurs cachées, qu'il prenait part à leur destin, partageait leurs inquiétudes et leurs joies... que tous ces enfants étaient comme lui tantôt courageux, tantôt abattus, qu'ils étaient heureux ou angoissés, justes ou détestables... de savoir que chacun d'eux, chacun de ces enfants soutenait celui qui était dans la peine - car oui, il sentait qu'ils étaient solidaires les uns des autres depuis des siècles -, tout cela éveillait en lui un sentiment de joie insoupçonné. Je ne suis pas  seul, exultait-il, j'ai des amis, par centaines, par milliers, et ce depuis des siècles et pour encore des centaines d'années."

Ce roman (pour adolescents ?) gisait dans ma PAL ("Pile A Lire" pour les nouveaux venus) depuis bien trop longtemps. Et il s'agit d'une jolie découverte et d'un tendre coup de coeur de lecture !! Je suis donc heureuse de l'avoir enfin ouvert. Il parle à l'adulte que je suis, à l'enfant que j'étais, et à ce regard forcément subjectif que je porte sur mes propres enfants (malgré leur joie active ils me taisent certainement leurs peines parfois).
Ce petit conte philosophique qui est à lui seul un réel bonheur est à déguster sans a-priori.
Pour information, il est sorti en Février 2013 en format poche chez J'ai lu. J'espère que les illustrations d'Emma Tissier y sont incluses (pas sûr) car elles participent grandement à l'attrait du grand format.
Allez zou, voici un petit livre à mettre dans les mains de toute la famille !!

Editions Stock - 17.25€ - 2008

Ici Cathulu racontait comment elle avait craqué avec joie pour ce roman - La lecture de l'ours en peluche de Leiloona - Le blog de l'illustratrice

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05 septembre 2012

Ordalie, Cécile Ladjali

ordalie"[...] rien de la douleur des autres ne me touchait. J'étais absolument incapable de compassion. Je me protégeais de l'agression que je pressentais toujours dans le malheur, la souffrance et la mort, en me construisant une thébaïde d'indifférence. J'étais moi aussi toujours seul et sans doute n'avais-je encore jamais aimé quiconque sincèrement. Mon ingratitude face à la vie ne me pesait en rien. Je cultivais une passion morbide et sale pour ma cousine, je développais mes clichés dans la cave autrichienne d'un ancien nazi, je filmais des visages qui me ramenaient à mon propre bonheur sans qu'aucun de leurs rictus ne m'atteignît. J'évoluais sur l'océan constrasté que créait mon heureuse indifférence, surnageant au-dessus d'un monde à l'agonie. Et je n'en recueillais pas même une éclaboussure."

Orphelin, Zak est receuilli par son oncle et sa tante. Il passe son adolescence en leur compagnie en Autriche, alors que l'allemagne se relève difficilement de l'après-guerre. Il est à ce moment-là amoureux de sa cousine Ilse, une jeune-fille attirée par la philosophie. Mais elle lui présente son amant, un poète d'origine juive, rescapé de l'holocauste, Lenz, un jeune-homme plein d'avenir que Zak n'aura de cesse de détester en silence. La relation amoureuse entre les deux amants, Lenz et Ilse, sera aussi tumultueuse et riche, que destructrice. Zak restera malgré tout fidèle à ses sentiments pour sa talentueuse cousine, se révélera dans l'art photographique, et nous emmènera en quête de ses démons jusque dans les quartiers littéraires de Paris...

Forte de ma lecture récente d'Aral, je me suis mise à fouiller dans ma PAL à la recherche d'un autre titre de l'auteure et j'ai trouvé celui-ci, que j'avais déniché en bouquinerie il y a quelques temps. J'ai cependant été beaucoup moins séduite par cette lecture, sincèrement. Pourtant, l'écriture de Cécile Ladjali y est toujours aussi belle et irrésistible.
J'ai simplement été moins touchée par le thème et les personnages. Dans ce roman, se mêlent romantisme, histoire de la littérature et ambiance gothique. De nombreuses allusions et références m'ont clairement échappées, et voilà ce qui m'a sans doute déplu aussi, en plus de l'antipathie profonde que j'ai ressenti tout du long pour le narrateur. Dans ses sources, Cécile Ladjali évoque une allusion forte et des extraits empruntés à l'oeuvre d'Ingeborg Bachmann et de Paul Celan, et comme je ne les connais pas du tout...

Une lecture qui a, malgré mes réserves, encore une fois la qualité de brosser l'histoire avec un grand H en même temps que les petites histoires de ses protagonistes de papier.

Editions Actes Sud - 18.30€ - Août 2009 

Mes images40

Mango a trop détesté Zak et est restée en retrait du couple - Lilly recommandait chaudement lors de la rentrée littéraire 2009 - une impression en demi-teinte pour Stephie qui souligne malgré tout la qualité de l'écriture - ...

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30 juin 2012

Hôtel des adieux, Brad Kessler

hôteldesadieux"Ana voulait sentir l'eau sur son visage. Elle se dirigea vers l'endroit où les rochers, plus lisses, retenaient des flaques d'eau de mer, d'un vert de liquide de refroidissement. Des membres de la police montée étaient postés tous les dix mètres pour empêcher les gens de rejoindre le bord des rochers. Un ruban jaune avait été tendu le long de la mer elle-même. Tout l'Atlantique, songea Ana, était devenu le lieu d'un crime."

Alors que la fin de l'été s'annonce sur l'île de Trachis Island, un avion sombre près de ses côtes. Kevin et Douglas, gérants d'un hôtel, sont aux premières loges. Ils participent aux secours et accueillent les familles des victimes en lieu et place des touristes partis quelques jours plus tôt. L'évènement bouleverse profondément la vie de l'île. Et les proches des disparus trouvent dans cet havre de paix bien plus qu'un lieu de mémoire, le courage d'un nouveau départ. Ana, spécialiste de la migration des oiseaux, attend que l'on retrouve le corps de Russell son mari, tandis que les autres restent tétanisés de cette perte si absurde et brutale qu'est celle d'une fille, d'une nièce, d'un père et d'une mère, d'un amour de toujours.

Hôtel des adieux nous conte l'histoire d'un crash aérien, mais pas seulement. Il met également en scène notre capacité à survivre à la perte, au deuil, à la mémoire. La métaphore filée tout au long du récit est celle de la migration des oiseaux, via le personnage d'Ana -personnage auquel on s'attache essentiellement - et cela donne au texte une poésie subtile, tout en remettant l'être humain à sa place, un être vivant parmi d'autres.
Une lecture, à la fois profonde et légère, qui m'a pourtant laissée comme un goût de pas assez.

Editions 10/18 - 8.10€ - Juillet 2011 

 

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29 juin 2012

Guy Goffette

"Réveil en musique : il pleut. Rester couché surtout : écrire n'est plus de mise quand la pluie sur le toit chante sans effort, et son vers est impair et passe en sautillant. [...] Ce qu'il dit importe peu : c'est l'âme des choses qu'on croyait en allée pour toujours et qui revient, remplit les creux. On s'en rend compte dès que la pluie a tourné au coin de la rue, pas besoin d'ouvrir les yeux. Le silence n'est plus l'absence de bruits, mais la voix soudain en nous, accordée, complice, de la vie et de l'être. Le temps ne passe plus. Et la terre est enfin bleue comme une orange. Les poètes ont toujours raison."

orange bleu chaise

"Au fond, les vrais voyages sont immobiles. Immobiles et infinis. Solitaires. Silencieux. Souvent, ils commencent dans une chambre où l'on est enfermé parce qu'il pleut ou parce qu'on est malade, obligé de garder le lit. On a huit ou neuf ans, le goût des images qui partent toutes seules dans tous les sens et qu'on lit de même, en sautant par dessus les fuseaux horaires, uniquement préoccupé du cours qu'elles ouvrent en nous et attentif au fleuve qui va venir, qui doit venir, gonflé qu'il est de toute l'eau du regard, de la pluie qui tombe peut-être dans ce monde tout près où l'on n'est plus ; gonflé, oui, et irisé par la fièvre douce (encore et peut-être) qui nous saoule un peu et nous fait dériver entre les motifs du papier peint décoloré."

"Demain, le jardin du monde va refleurir, qui rend ses couleurs aux plus vieilles images, toute sa lumière à celui qui, regardant, voit plus loin que ses yeux et met la mer en bouteille en marchant dans un livre."

... quelques extrait de Les derniers planteurs de fumée (Folio2€). Merci Cathulu !!
Et un auteur qui a pris tout de suite à mon oreille ce ton familier qui fait les belles découvertes. A suivre.

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03 juin 2012

La reine des lectrices, Alan Bennett

lareinedeslectrices"La lecture avait suscité en elle une passion telle qu'elle n'en avait jamais connue auparavant et elle dévorait les livres à une vitesse ahurissante - même si, en dehors de Norman, nul ne s'en apercevait vraiment.
Elle ne parlait d'ailleurs de ses lectures à personne, encore moins en public, sachant qu'une passion aussi tardive - si sincère soit-elle - risquait de l'exposer au ridicule. [...] A son âge, à quoi bon ? auraient pensé les gens. Pour elle, cependant, rien n'était plus sérieux et elle éprouvait à l'égard de la lecture le même sentiment que certains écrivains envers l'écriture : il lui était impossible de s'y dérober."

La Reine des lectrices est une oeuvre de fiction, toute ressemblance etc... Mais n'est-ce pas le meilleur jour qui soit pour ouvrir ce livre que celui de son jubilé dont j'écoute à l'instant la retransmission en fond sonore à la télévision ?

Voici un livre assez charmant qui imagine la reine des anglais se prenant à plus de quatre-vingt ans d'une passion aussi subite que surprenante pour la lecture. Tout commence alors qu'elle tombe un mercredi sur le bibliobus de Westminster, elle emprunte un livre puis un autre et s'enclenche un mécanisme et un plaisir qu'elle n'imaginait pas. Elle réalise alors tout le temps perdu, ces auteurs rencontrés auparavant sans les avoir lus, et que cet engouement est sans fin. La vie de la reine change, ses préoccupations également, et l'entourage commence à s'inquiéter, à intriguer pour retrouver une normalité plus rassurante. C'est compter sans la persévérance et l'inflexibilité de cette petite femme volontaire qui mène son monde avec fermeté.

Une lecture, bien agréable, qui partage notre goût immodéré pour la lecture.

Editions Folio - 4.20€ - Mai 2010

Un livre beaucoup lu sur la blogosphère qui compte 333 avis sur Babélio

Un grand merci à Véro l'encreuse pour ce cadeau !!

Pour rester dans l'ambiance, je pense enchaîner ce soir avec Le Discours d'un roi... qui nous conte l'histoire de son père.

Le Discours d'un Roi : bande annonce VOST

 

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18 février 2012

L'envie, Sophie Fontanel

l'enviesophiefontanel"Une personne qui se délivre à l'univers devant elle. J'ai vu des gens à qui cela arrivait à 90 ans. Surtout si je repense à mes années de lycée, je constate que c'était en moi : derrière mon habitude d'obéir, j'avais la pulsion de m'enfuir. Le cours où je n'allais pas, la sève que ce cours séché faisait circuler en moi. C'est affreux de comparer la sexualité à la servitude d'une scolarité."

Lorsque l'on se tient trop longtemps éloigné de ce que notre corps souhaite pour lui-même, il est tout naturel de chercher à le préserver. C'est ce que fait Sophie dans cette histoire pudiquement intitulée "roman". Elle décide un jour d'arrêter toute activité sexuelle avec les hommes. Mais ce qui au départ fait rien moins qu'"un bien fou" s'avère très vite s'apparenter à une "excentricité" honteuse que l'on préfère taire...

De Sophie Fontanel, j'avais énormément aimé Grandir, lu en 2010. Il contait le cheminement d'une femme adulte confrontée à la dépendance d'une mère. J'ai donc pris mon temps pour ouvrir celui-ci, de peur d'être déçue, d'autant que sa sortie à déclenché de nombreux billets sur la blogosphère à l'époque, plus ou moins positifs d'ailleurs. 
Le propos y est effectivement différent, encore plus intime en ce qui concerne le sujet mais plus distant il me semble dans l'écriture. J'en ai aimé personnellement les premières pages, fluides et personnelles, le journal d'une remontée à la surface nécessaire, mais bien moins celles qui s'ensuivent et se contentent de dresser le portrait d'amis ou de proches.
J'aurais aimé ne pas perdre ainsi Sophie Fontanel de vue en cours de lecture... Voici cependant un témoignage courageux sur ce qui reste encore un tabou, l'abstinence sexuelle, quand pour notre société moderne l'absence de toute activité sexuelle épanouie rime encore avec l'image d'une vie tronquée.

Editions Robert Laffont - 17€ - Août 2011

Quelques lectures ... Clara,  Aifelle, Sylire, Keisha, StephieLiliba, Emmyne.  

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04 février 2012

L'année de la pensée magique, Joan Didion

l'année de la pensée magique"Le mariage, ce n'est pas seulement le temps : c'est aussi, paradoxalement, le déni du temps. Pendant quarante ans, je me suis vue à travers le regard de John. Je n'ai pas vieilli. Cette année, pour la première fois depuis mes vingt-neuf ans, je me suis vue à travers le regard des autres [...]"

Ce livre est le témoignage d'un deuil réel. En 2003, alors que Joan Didion s'apprête à dîner avec son mari, celui-ci s'effondre, victime d'une crise cardiaque. Ils viennent de rentrer chez eux, après avoir rendu visite à l'hôpital à leur fille Quintana, elle-même plongée dans le coma. Joan Didion revient sur cette année étrange et difficile où il a fallu en même temps soutenir sa fille malade, intégrer cette vérité que la vie puisse changer ainsi à tout instant, qu'un être puisse seulement disparaître d'une seconde à l'autre, et se poser les questions essentielles que soulèvent de tels évènements. Tout d'abord celles de l'apitoiement. Et puis comment être seule ? Cesser de penser que le compagnon de toujours puisse revenir ? Comment reprendre le chemin de l'écriture ?

J'ai été très sensible à la manière précise, à la fois détachée et émouvante, de Joan Didion de revenir sur son expérience. Ces moments où elle plonge dans ce qu'elle appelle le vortex, flashs qui surviennent lorsqu'un objet ou un lieu ouvrent la porte aux souvenirs, sont frappants. Je crois que ce roman peut être d'une grande aide pour ceux qui traversent également un tel évènement, le décès d'un proche. L'auteure s'attarde en effet avec compassion et tendresse sur ce que les endeuillés éprouvent. Sans y être confronté, nous pensons réellement et en général, comme elle auparavant, que ce sont les premiers jours qui sont pénibles, qu'être à la hauteur est la réaction appropriée face à la mort, alors que la difficulté provient de l'absence infinie qui s'ensuit et de tout ce qui nous confrontera sans cesse à l'absence et à l'absurdité.

"Nous nous attendons peut-être, si la mort est soudaine, à ressentir un choc. Nous ne nous attendons pas à être littéralement fous, à être la cliente pas difficile  qui croit que son mari va bientôt revenir et avoir besoin de ses chaussures."

Editions du Livre de Poche - 6.50€ -2009

Un très grand livre pour Mango - Merci Cathulu !

Ce texte a été transformé par l'auteur elle-même en un monologue, incarné sur les scènes new-yorkaise et londonienne par Vanessa Redgrave. Et c'est, en France, Fanny Ardant, lors de sa création au théâtre de l'Atelier en novembre 2011, qui donne une nouvelle vie à ce récit. Une mise en scène de T. Klifa. Il semble cependant que cette pièce ne se joue plus à l'heure actuelle. [Un extrait intéressant de l'émission de Taddeï]

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29 décembre 2011

Hester Lilly, Elizabeth Taylor

hesterlilly"La première chose que Muriel ressentit fut un soulagement railleur. Le nom - Hester Lilly - lui avait évoqué une fragilité souffreteuse, préraphaélite. [...] Dès qu'elle la vit, une confiance malavisée apaisa ses doutes. Les lettres que son mari échangeait avec cette jeune cousine ne paraissaient plus si coupables et torturantes ; cette correspondance filiale cessait d'être une menace."

Hester Lilly, devenue orpheline, est recueillie par son cousin, directeur d'école, Robert, et sa femme Muriel. Pour cette dernière, il est évident que la jeune-fille nourrit des sentiments à l'égard de son mari. Alors Muriel s'inquiète et fait régner dans la maison une ambiance lourde et méfiante. Hester Lilly, elle, provoque maladresses sur maladresses... Qui aura donc le dernier mot ?

Dans ce court roman, qui a bien plus le format d'une grosse nouvelle que d'un roman d'ailleurs, les personnages sont en déséquilibre émotionnel constant, et leur apparence est en contraste permanent avec leurs émotions intérieures. Voilà qui est propice au plaisir de lecture.
L'intrigue en est relativement classique - le summum étant la chute d'un petit objet de porcelaine fragile cristallisant les frustations de tous - mais l'écriture assez subtile pour retenir l'attention. Un délicat moment, des pages tournées plutôt vites, mais une couverture absolument pas adaptée au contenu (et utilisée pour Cette main qui a pris la mienne plus tard, et à l'envers, ce qui m'exaspère toujours un peu, je veux dire la réutilisation d'images semblables pour des romans différents, bon bref...).

Editions Rivages - 6€ - Mars 2009

Mango est restée dans une adhésion partielle mêlée d'admiration - Un régal pour Clarabel !

(Sinon, Clara met un clap de fin à son blog... A très très bientôt Clara !!)

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