18 mars 2012

Ils ne sont pour rien dans mes larmes, Olivia Rosenthal

ilsnesontpourriendansmeslarmesPour ils ne sont pour rien dans mes larmes, Olivia Rosenthal a posé cette question pas si simple à quatorze personnes : "quel film a changé votre vie ?". Ce questionnement est l'occasion d'un retour vers le passé, bien souvent l'adolescence, entre bonheur total, révélation, mais aussi regrets.

L'aspect réellement émotionnel du livre est pour autant contenu dans le prologue dans lequel l'auteure nous parle d'elle-même et nous conte à la fois son sentiment de vertige permanent, le Vertigo de Hitchcock et le suicide de sa soeur... Les larmes du titre ne couleront pourtant qu'en conclusion, à l'occasion d'une évocation des Parapluies de Cherbourg.

"Je peux maintenant revoir le film
je n'ai plus peur
je n'ai plus honte
je sais que je pleure
pour autre chose
que j'en profite
pour m'abandonner
comme si l'abandon
était la condition nécessaire
suffisante
paradoxale
d'une future consolation."

J'ai beaucoup de considération pour Olivia Rosenthal dont j'avais énormément aimé Nous ne sommes pas là pour disparaitre et Que font les rennes après noël ? (Prix du livre Inter 2011) et puis j'ai eu la chance de vivre un week-end d'écriture en compagnie de cette auteure intelligente il y a quelques temps, je dois cependant avouer que je suis passée bien à côté de ce titre-ci... Quel dommage ! La qualité de l'écriture n'y est pour rien, ni ma méconnaissance du cinéma, je crois que c'est la forme qui m'a le plus désarçonnée. Le système des portraits/témoignages n'a encore une fois pas fonctionné avec moi, comme plus tôt avec Sophie Fontanel pour L'envie. D'ailleurs, c'est amusant, c'est après avoir lu une critique enthousiaste de cette dernière dans ELLE que je me suis précipitée en librairie pour acheter ce livre...
J'ai envie de dire face à cette similitude que c'est la voix des auteures que l'on aime à retrouver, la voix de l'écrivain, éventuellement, derrière celles des gens qu'elles rencontrent et non ce caché derrière qui nous est présenté. J'ai hâte d'entendre de nouveau leurs belles écritures, à bientôt !

Editions Verticales - 11,50€ - Mars 2012

Une critique assez similaire sur le Bazart

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13 août 2011

Vu dans le elle du 12 Août 2011

Nouvelle_imageDans la rubrique Des livres et vous, tout l'été une personnalité raconte le rôle des livres dans sa vie. Une page est consacrée cette semaine à Olivia Rosenthal.

Extrait...

"Je ne suis pas de ceux qui sacralisent la littérature et se sentent tout nus sans leurs ouvrages préférés. Au contraire, je pense qu'il faut se débarrasser des livres qu'on n'a pas ouverts depuis plus de dix ans. Soyez francs, vous ne les relirez jamais !" Entre deux éclats de rire, elle avoue qu'elle pourrait liquider sa propre bibliothèque et se contenter de ce qu'on lui prête. Lire, pour Olivia, c'est d'abord échanger."

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06 septembre 2010

Un petit extrait...

loup"Vous ne connaissez ni le marchand de sable, ni le croque-mitaine, ni La Petite Sirène, ni La Chèvre de M. Seguin. En revanche, grâce à un disque que vous écoutez en boucle dès l'âge de six ans, vous découvrez que les enfants peuvent être mangés par le loup s'ils mentent à leurs parents. Cela ne vous affole pas outre mesure. Pour mentir, il faudrait parler de ce qui vous arrive, ce que vous faites le moins possible. De toute façon, il ne vous arrive rien ou presque, vous passez votre temps à imaginer votre vie."

Extrait de que font les rennes après noël ? Verticales 2010

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05 septembre 2010

Que font les rennes après noël ?, Olivia Rosenthal ... Rentrée littéraire

que_font_les_rennes_apr_s_no_l"On vous a dit que le bonheur avait un coût, vous acceptez cette idée, mais malgré vos faibles compétences en arithmétique et en économie, vous avez parfois l'impression que le coût est supérieur au bénéfice. Vous n'arrivez pas à distinguer avec certitude ce que vous devez et ce qui vous est dû, vous avancez à l'aveugle, vous êtes liée par un contrat dont vous ne connaissez pas les termes exacts et qui s'applique à vous de l'extérieur. Vous peinez à vous dégager, à vous connaître, à vous appartenir. Vous êtes bien élevée."

Tout commence par le désir exprimé bien haut d'un enfant, posséder un compagnon à poil doux et au corps chaud pour envelopper ses jours de présence et de douceur. Mais les parents de cette petite fille - qu'Olivia Rosenthal vouvoie avec distance comme une autre elle-même - sont des parents ordinaires, hostiles au désordre. Ils refusent, s'arc-boutent, tiennent bon.
On ne se méfie sans doute jamais assez des désirs inassouvis. Cela pousse à la trahison, cela donne des envies de fuites et d'absences, de suivre un beau jour les rennes après noël. Cela traîne et s'entortille jusqu'à l'âge adulte. Cela peut provoquer l'émancipation...
heart Voici un ovni littéraire tel que je les aime. Comme une litanie entêtante, Olivia Rosenthal raconte ici l'histoire d'une femme qui se cherche, se cache depuis l'enfance, puis enfin se trouve après quelques erreurs et émois... Egalement, et comme si elle rédigeait un compte rendu animalier, elle retranscrit des entretiens particuliers tenus avec des éleveurs, soigneurs de zoo, laborantins... Nous croisons King kong et La Féline. Nous nous penchons avec elle sur cette idée étrange qu'ont eu les nantais d'abriter il y a peu une meute de loups au sein de leur ville, au creux des douves du château des ducs. Cet ensemble hétéroclite forme un tout qui donne un sens à notre condition d'humain et tient avec pudeur l'émotion à distance...
Une lecture de rentrée toute en subtilité et en tempérament qui détonne et étonne. C'est spécial, c'est étrange, j'aime.

bouton3 Note de lecture : Coup de coeur ! - 16.90€ - Editions Verticales - Sortie le 23 Août 2010

Challenge 1% rentrée littéraire 2010 : 7/7challengerentr_elitt_raire

Challenge terminé !!

J'ai ainsi mieux compris le thème de l'atelier d'écriture filé ici avec l'auteure - J'avais beaucoup aimé On n'est pas là pour disparaître

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10 avril 2009

A ne pas manquer...

on_n_est_pas_l__pour_disparaitre...une sortie "poche" chez Folio, d'un de mes coups de coeur de 2007 !

La présentation du site Gallimard :

Olivia Rosenthal

ON N'EST PAS LÀ POUR DISPARAÎTRE

FOLIO 240 pages - 6,00 €

 

« Le 6 juillet 2004, Monsieur T. a poignardé sa femme de cinq coups de couteau. Quand, lors de son interrogatoire, on a demandé à Monsieur T. pourquoi il avait agi de la sorte, il a été incapable de répondre.
Comment vous appelez-vous ?
Pas moi.
Quel est votre prénom ?
Il ne m'appartient pas. »

On n'est pas là pour disparaître part du portrait d'un homme atteint de la maladie d'Alzheimer pour saisir sur le vif ce qu'est la perte de la mémoire, de la parole et de la raison. Avec ce septième livre optimiste et désespéré, Olivia Rosenthal confirme son talent et son inventivité langagière.

 

ISBN 9782070379859. Parution : 02-04-2009.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Encore une lecture disparue avec mon ancien blog...!
Mon avis : Dans ce livre-ci, Olivia Rosenthal part à la recherche d'une pensée en perdition, éloignée de tout chemin connu et de toute logique. J'en ai aimé l'écriture, la sonorité, et malgré tout le sujet - qui m'était peu connu auparavant. L'auteure y dévoile, un peu aussi, quelques fragments de vie personnelle... A découvrir !!

 

heart

Un article Sur remue.net, suite à l'obtention du prix Wepler - L'avis de Télérama - Des extraits sur l'excellent blog de "lignes de fuite" - Laure n'a pas accroché plus que cela - Lily pense en dire trop tellement...mais non, c'est bien - Un roman fort et dérangeant pour la bibliothèque du Dolmen - Gambadou l'avait lu aussi mais son billet a disparu avec son ancien blog, zut !

 

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16 mars 2009

Stage d'écriture (suiteetfin)

cabane_oiseauxAllez, après une petite pause bien méritée, terminons en avec notre fil conducteur de la semaine précédente, toujours sur le thème des animaux.

Après nous avoir lu un extrait de Le Terrier de Kafka, Olivia Rosenthal nous a demandé de travailler sur cette question Où habitez-vous ?, en se mettant toujours dans la peau d'un animal...j'ai choisi, pour ma part, d'habiter une cabane à oiseaux.

"Cabane à oiseaux perchée sur une colline, mon abri est aussi un refuge, entouré d'autre refuges semblables, colonie d'habitations serrées les unes contre les autres. Je m'y sens bien. Je profite du jardin et des plantes qui l'entourent, du calme et de la lumière. Je sais qu'une fois glissé à l'intérieur, personne ne me voit. Mais moi, je vois tout. Mon abri est beau, coloré, fait de bois et de clous neufs. Il est élégant. C'est ce que j'aime aussi dans mon refuge, qu'on le regarde, qu'on le trouve beau, mais qu'il m'appartienne. J'aime qu'il sache me préserver, préserver ma nichée. De mon abri, parfois je m'envole, certaine d'y revenir, le plus souvent possible, sûre de le retrouver là, à sa place, parmi ses congénères."

© Les écrits d'Antigone - 2009
Un texte écrit dans le cadre d'un stage d'écriture animé par Olivia Rosenthal.

(photographie http://www.espritcabane.com/recup/maison-oiseaux.php)

Merci pour votre patience, votre gentillesse et vos lectures ! Comme vous l'avez sans doute remarqué, mes textes ont été de plus en plus courts...et de moins en moins inspirés, ouf tout cela n'était pas facile, je suis ressortie de cet atelier rincée !!

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13 mars 2009

Stage d'écriture (suite4)

le_vilain_petit_canard_2Aujourd'hui, avant dernier volet du fil déroulé depuis dimanche, relatant mon stage d'écriture en compagnie d'Olivia Rosenthal, sur le thème des animaux et des hommes...

Après avoir lu cette fois-ci un passage de l'Histoire Naturelle de Buffon, il s'agissait pour nous d'établir notre Autoportrait zoologique, en s'inspirant de l'humour et des méthodes d'écriture de ce naturaliste du XVIIIème siècle. Si j'avais été un animal...

Le résultat est à prendre bien entendu au second degré, et c'est toujours en vingt minutes :

"La petite tête ébouriffée de l'animal attire d'abord le regard. On s'étonne de ses plumes grises, de son bec inélégant, de son cou trop long et de son regard noir. Et puis, voici qu'il se met à se dandiner et que la gaucherie de son allure surprend. Comme si les pattes palmées qu'il remuait l'une après l'autre n'étaient pas les siennes, et qu'un peu joueur, il avait enfilé les bottes de son frère aîné.
Nul n'est capable d'imaginer alors, ainsi accoutré d'une telle démarche de guingois, la filiation qui le lie à cet autre animal, d'une élégance souveraine, d'un blanc immaculé, qu'il deviendra sans doute un jour, plus tard, une fois que ses plumes grises se seront envolées, et que glissant enfin sur une eau paisible et claire, il aura révélé une grâce, inimaginable sur la terre ferme."

© Les écrits d'Antigone - 2009
Un texte écrit dans le cadre d'un stage d'écriture animé par Olivia Rosenthal.

Suite et fin lundi prochain !

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12 mars 2009

Stage d'écriture (suite3)

exercice3Allez, continuons notre petit jeu de piste...interrompu mardi.

Après avoir établi une liste d'animaux, écris un texte d'après cette énumération, sorti une phrase de son contexte pour écrire un extrait d'essai...nous avons lu un passage d'une réflexion de Derrida sur les animaux, les hommes et la pudeur.

Il s'agissait ensuite d'écrire, en vingt minutes chrono, un texte commençant par cette phrase : "L'animal me regarde".

Voici le résultat :
"L'animal me regarde, l'oeil fixe et les moustaches figées. Tout son corps est en attente, prêt à bondir. D'évidence, je l'ai dérangé. Ses muscles tremblent et attendent mon pas de plus, celui qui guidera son prochain mouvement.
Il me semble avoir entendu quelque part que regarder un chat dans les yeux gagnait sa confiance. Je plante avec conviction mon regard dans le jaune de ses pupilles. Mais pourquoi ai-je donc si peur ? Sans doute parce que l'animal me surplombe ainsi perché sur les tuiles du porche que je voulais franchir - s'il s'était tenu à terre, je l'aurais ignoré, comme je le fais d'ordinaire avec ses congénères - sans doute parce qu'une image terrible me traverse, celle d'un envol iréel fait de griffes et de poils, un envol qui trouverait forcément sa chute sur le sommet de mon crâne."

© Les écrits d'Antigone - 2009
Un texte écrit dans le cadre d'un stage d'écriture animé par Olivia Rosenthal.

A demain !

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10 mars 2009

Stage d'écriture (suite2)

exercice2Vous vous souvenez de mes élucubrations d'hier ? Bien, voici donc la suite de l'exercice... Il s'agissait de piocher dans le résultat précédent de son voisin, une phrase, et d'écrire ensuite un texte de caractère scientifique ou mimant un essai de sciences humaines.

J'ai choisi la phrase de ma voisine "C'est si beau une libellule !" et je suis partie dans une forme rencontrée parfois lors de mes lectures, celle d'essais psychologiques et compte-rendus d'entretiens. Nous avions vingt minutes.

Le texte :
"C'est si beau une libellule ! C'est ce que disent les enfants en général. Ils grattent du bout de l'ongle le relief des ailes peintes sur l'album usé et finissent par lisser l'image du plat de la main, tout en levant les yeux vers moi. Ils ressortiront plus tard du cabinet des paillettes plein les doigts.
Louis est un cas à part. Son regard ne s'arrête sur rien, pas même sur sa mère qui, à chaque rendez-vous, esquisse un pas vers moi, hésite toujours à rentrer dans mon bureau et finit immanquablement par refermer la porte sans un bruit, dans un lumineux sourire. Elle patientera dans la salle d'attente, un tricot sur les genoux, nous laissant seuls l'enfant et moi, lui avec ses yeux qui ne regardent rien, et moi avec mon livre, mes lunettes carrées et ma libellule. Comme à chaque fois, je la lui présente, et comme à chaque fois, il l'ignore. Des tests ont été faits. Louis ne souffre ni de déficits mentaux neurologiques ni de déficits occulaires. Il est simplement ailleurs. Mon travail est d'aller le chercher là où il se trouve, de capter son attention, de le ramener parmi nous.
Ma libellule est mise de côté , dans toute sa beauté inutile et colorée. Je sors de mes tiroirs mon attirail habituel. Louis le connaît bien. Il sursaute parfois, à l'écoute de quelques bruits, mais juste après, juste un peu tard, comme s'il me faisait une faveur.
Je ne sais pas encore ce qu'il me cache, ni dans quel chemin il s'est perdu. Pour l'instant, nous en restons là. Je lui présente des objets, son regard traîne ailleurs et ne s'accroche à rien."

© Les écrits d'Antigone - 2009
Un texte écrit dans le cadre d'un stage d'écriture animé par Olivia Rosenthal.

La suite, jeudi !

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09 mars 2009

Stage d'écriture (suite)

Hier, je vous parlais du stage d'écritureexercice1 auquel j'ai participé la semaine dernière...

Je vous présente aujourd'hui le résultat du premier exercice que nous avons fait ensemble. Il s'agissait de, très vite, sans réfléchir, établir une liste d'animaux... (mais pourquoi commençons nous tous par les animaux de la ferme ?) puis d'écrire dans l'ordre et pour chaque animal cité une phrase, en décidant ainsi, sous l'impulsion, d'en faire un texte, ou pas. Une porte ouverte à de drôles de phrases et à des expressions toutes faites entrées dans le langage commun. Une franche partie de rigolade aussi !!

Vous trouverez ci-dessous ce que j'en ai fait - nous avions très peu de temps - je vous préviens c'est du grand n'importe quoi ! Les autres textes ne seront pas du même acabit...

"Le chat pelote. Les chiens aboient. Les poules picorent tandis que les cochons paissent. Les chèvres broutent et les serpents sifflent...sur nos têtes. Dindons et coqs s'entremêlent. Les pintades font la fête aux canards. Les truies ruminent dans leur coin. Les singes grimpent et l'ours n'en fait qu'à sa tête. Les lions sont ce qu'ils sont. Les dindes aussi. Les arraignées tissent des toiles imaginaires que les pies défient. Tout est histoire de faisans, de scorpions ou peut-être de loups. Les renards piègent. Les rats tricotent. Les souris sourient. Il n'y a que ça à faire, disent les mouches. Les ânes sont là qui guettent. On ne sait jamais, et si les libellules annonçaient le printemps ? Tigres en furie, léopards en guinguette, les autruches font leurs autruches et les vaches s'indiffèrent. Coccinelle, où seras-tu lorsque l'hiver sera venu ? Des tortues plein les champs, les rhinocéros se marrent."

Chaque participant, malgré des listes très approchantes, a lu un résultat bien différent... La suite demain !

© Les écrits d'Antigone - 2009
Un texte écrit dans le cadre d'un stage d'écriture animé par Olivia Rosenthal.

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