21 février 2008

Pitiés, Philippe Raulet

piti_sheart  L'histoire : Une famille, en banlieue parisienne. Le père est au chômage, la mère fait des ménages. Deux grands enfants. Le benjamin, Thomas, a 14 ans, il est solitaire, il écrit des listes, c'est son passe-temps favori. Lili, l'aînée, 16 ans, romantique et rêveuse, prend le train tous les jours, elle aimerait rire plus souvent. Leur mère, elle, voudrait voir la mer, celle de l'affiche collée sur le frigo, elle boit un peu de temps en temps, pour oublier que leur père ne travaille pas et que, par conséquent, ce voyage est impossible... Mais un soir, le père pose des billets sur la table, ils partiront bientôt, il a trouvé l'argent, on ne veut pas savoir où, la joie resserre leurs liens, cela valait le coup, sans doute...

Mon avis : J'aimerais savoir bien vous parler de ce livre pour vous dire à quel point il m'a bouleversé. Chaque personnage de cette histoire est attachant, chacun à sa manière. Pour résumer, en très gros, ce livre parle des rêves (de vacances), de la famille et de l'amour. Pour vous en dire plus, il parle aussi de la pauvreté, de son injustice, de l'entraide, de l'amitié, des rencontres possibles (dans le train, sur une plage, dans une pizzéria) et du courage. Il ne vous reste plus qu'à le lire ! Bien sûr, l'écriture en est particulière, orale, mais l'on s'y fait très vite et je parie que vous serez enthousiasmés... A essayer !!

Un extrait (Lili, dans le train) : "les gens qui parlent ou qui somnolent ou parfois parlent et puis somnolent et puis reparlent, plus loin, sur deux banquettes en vis-à-vis, on y fête un anniversaire-les bouchons ont sauté-ils ont des gobelets en carton à la main

les portes-documents sur leurs genoux servent de table pour les apéritifs et les petits gâteaux, dans le coeur de Lili on devine un pincement

même s'ils rient pour des choses idiotes-et les femmes aussi fort que les hommes-des allusions vulgaires ou des histoires pleines de sous-entendus, de lit, de tromperies et de petites culottes, il n'empêche qu'on devine un pincement dans le coeur de Lili, on ne rit pas assez chez elle, pas comme là, non, c'est forcé, elle veut dire de bon coeur

et puis elle se met à jouer à l'un de ses jeux préférés, l'un de ses jeux secrets préférés, remettre sur ces corps d'adultes, ces corps bien fatigués, usés, d'adultes, leurs têtes d'enfant, de bébé même si possible ou tout du moins d'enfant, ce qui n'est pas toujours facile

certains ont bien laissé des signes, des traces, et quel que soit leur âge, mais d'autre non, d'autres c'est un mystère, pourtant Lili s'obstine, ne renonce jamais, ceux qui résistent ce sont ses préférés, il arrive qu'elle en manque son arrêt, qu'elle oublie de descendre à sa gare, mais pas cette fois, non"

(puisqu'elle va rencontrer Marc, mais chut !!)

Je vous avais déjà parlé de ce livre dans cet article-ci, ayant assisté à une soirée "hommage" et à une lecture publique, inachevée pour moi (cliquer ici pour en savoir plus sur l'auteur, la soirée à laquelle j'ai assisté et voir des photos. Non, je ne suis pas dessus).

bouton3 Note de lecture : 5/5

Posté par LESECRITS à 08:28 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
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