20 janvier 2017

Trois frères, Peter Ackroyd

troisfreres

Tu as commencé depuis peu un Bullet journal... acheté des crayons de couleurs, ouvert un espace presque secret, fait d'écriture, de dessins et de papier. Et dans cet espace, tu as consacré une page entière à tes lectures de PAL... Alors, il te fallait fouiner dans les entrailles de tes services de presse, donner l'exemple, puisque tu es également l'organisatrice du challenge Objectif Pal (quand même). De tous, tu as donc choisi pour le mois de janvier ce Trois frères, sorti en 2015, parce que depuis le temps que tu reçois des livres des Editions Philippe Rey, tu sais leur qualité, qu'ils ne te décevront pas. Dans ce roman, très vite, tu rencontres ces fameux trois frères, mais surtout leur père, plein d'ambition littéraire, contraint par le mariage, et les trois naissances qui vont suivre de prendre un poste de veilleur de nuit. Un jour, la mère des trois garçons disparaît. Aucune explication ne sera donné aux enfants (ni au lecteur d'ailleurs). Les petits se retrouvent ainsi contraints de s'élever seuls. Ils ont des caractères très différents. Harry est frondeur, Daniel plus posé et studieux, Sam est trop rêveur... Et ce qui te surprend le plus dans ce récit, au fil de ta lecture, ce que tu rediendras, bien plus que l'évolution vers l'âge adulte de ces trois enfants, c'est la part de mystère et d'onirisme qui y plane... assez étonnante, dans un récit par ailleurs plutôt classique. Il se passe de drôles de choses dans les brumes de ce Londres d'après-guerre, des complots, des ambitions, des désirs cachés... et comme promis ce roman te promène jusqu'à sa fin avec facilité, classe et cynisme. Tu devines assez vite que l'équilibre des vies que tu croises dans ce livre est fragile, que quelque part, un narrateur omniscient (Dieu ? Les nonnes de Notre-Dame-des-lamentations ?) soupèse les âmes et valide ou non leur existence... Et tandis que tu rédiges ce billet, relis la dernière phrase du roman, tu te rends compte que s'explique là tout son fil rouge... Mais oui, bien sûr !! Bien joué Mr Ackroyd.

Editions Philippe Rey - Janvier 2015

objectif pal

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24 octobre 2016

La Suture, Sophie Daull ~ Rentrée littéraire 2016

lasuture

 "Je vais tisser une étole à réchauffer mes mortes, composer une histoire à me repeupler, pour épaissir mon sang que l'absence du leur a rendu trop liquide, trop rapide - un torrent tout fou où ne battent que ces chiffres, plus jamais les saisons. Je vais inventer leurs hivers et leurs printemps, ranimer leur souffle éteint, repulper leurs lèvres aimantes dont j'aimais tant les baisers."

Sophie Daull nous a conté dans le très lumineux et douloureux Camille, mon envolée, le départ abrupt de sa fille de seize ans. Et cette absence fait face à une autre absence, celle de sa mère Nicole, disparue quand elle même n'avait que dix-neuf ans, emportant avec elle bien des secrets sur son passé. Alors, il est soudain question de partir en quête de cette mère méconnue, à partir de rien, seulement quelques photos, si peu de documents, d'inventer, de tisser, pour peut-être réussir à recoudre cette plaie que creusent ces morts trop précoces dans la vie de Sophie Daull.

Avec ce nouvel opus, dont je redoutais sans doute un peu la lecture, de peur d'être déçue par un récit qui manquerait de force après son premier livre, de décence (à tort), Sophie Daull confirme son talent d'écrivain. Et à l'instar d'Isabelle Monnin dans Les gens dans l'enveloppe ou d'Eloïse Lièvre dans Les gens heureux n'ont pas d'histoire, j'ai aimé la suivre dans sa recherche d'une vérité forcément subjective, dont les blancs sont repeuplés par le pouvoir de l'imagination ou du souvenir tronqué. Et il est tellement intéressant ce parcours, et il est tellement évident que derrière chaque visage se cache une histoire particulière, un roman, et que tout le monde a le sien à raconter. Les gens inintéressants n'existent pas. J'ai aimé lire ici le roman de vie de Nicole, qui existe à présent dans les livres auprès de Camille, sa petite fille. Et j'espère que Sophie Daull continuera d'écrire, car elle a sa voix en littérature, sa manière de construire des phrases luxuriantes et enveloppantes, et je souhaite pouvoir la lire de nouveau à la rentrée prochaine pourquoi pas. Un roman de rentrée sensible.

Editions Philippe Rey - 17€ - 25 Août 2016

22 septembre 2016

Rester en vie, Matt Haig ~ Rentrée littéraire 2016

resterenvie

 "La dépression est peut-être un prix sacrément élevé pour s'éveiller à la vie, et tant qu'elle a le dessus sur vous, rien ne semble valoir la peine de le payer."

Alors qu'il est dans un des lieux les plus propices à la fête et à la joie, à Ibiza avec son amie Andréa, Matt a une crise d'anxiété et de dépression phénoménale. Il n'a que 24 ans et c'est le début d'une grande lutte avec ce "chien noir" qu'il faut à présent apprendre à apprivoiser.

Rester en vie est le récit de la dépression qui a terrassé autrefois Matt Haig, mais aussi du combat quotidien de l'écrivain qu'il est devenu pour mener avec ce compagnon indésirable une vie normale. Dans ce livre, l'auteur explique très bien à quel point ce mal peut atteindre tout le monde, et n'importe qui, que personne n'est à l'abri. Outre sa propre histoire, il nous raconte celle de personnages célèbres qui ont su chacun à leur tour, transformer cet handicap en art, talent ou qualité. Le tout est plein d'un optimisme joyeux étonnant, de courage et de générosité, il n'est absolument pas larmoyant et défaitiste. Il donne goût à la vie, justement, en donnant quelques clés pour mieux vivre, voir, savoir ce qui compte réellement, faire de ce fardeau qu'est la dépression un atout et avoir envie de rester en vie

J'ai aimé ce titre, de nombreuses phrases ont fait écho en moi, et puis il y a ces très belles pages sur le pouvoir de la lecture, si réconfortantes. Matt Haig sait dire combien fuir dans les livres n'est pas se perdre mais au contraire se donner une chance de se trouver enfin. Matt Haig reste dans ce récit un écrivain, il ne livre pas un guide de survie mais bel et bien une magnifique réflexion sur notre façon d'être au monde. Ce livre a fait battre mon coeur à plusieurs reprises, par sa sincérité, et ses réflexions pertinentes. Je l'ai lu avec une grande émotion cet été et il est pour moi un gros coup de coeur de cette rentrée !

Editions Philippe Rey - 18€ - 22 septembre 2016

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22 février 2016

Le Dernier message d'Eva, Pierrick Gazaignes

lederniermessagedeva "La nuit descend sur la ville, enfermant dans ses nuances bleu pétrole les sommets des immeubles, le faîte des arbres, les toits des maisons. Sous cette apparente immobilité, les lampadaires de l'éclairage public semblent diffuser leur lumière artificielle sur des espèces dont la nuit excite l'activité : les macs, les putes, les dealers, mais aussi les flics..."

Ils sont une petite équipe de gardiens de la paix soudés, Angel, Joana, Bro et H. Et grâce à eux, Angel se remet doucement du décès de sa femme. Mais un soir, lors d'une opération de routine, on l'amène près du corps d'une jeune fille qui gît au fond d'une cave de cité. S'éveille alors en Angel l'envie de mener l'enquête, et de - si il le faut - se mettre en danger pour ce décès classé bien trop rapidement dans la case overdose. Il imagine sa fille Elaine à la place de cette gamine, jetée là comme un déchet. Le corps a manifestement été roué de coups et violenté. De plus, un bas était coincé dans la gorge de la victime. D'autres corps voient le jour ici et là, montrant les mêmes caractéristiques, mais Angel ne se doute pas qu'il recherche bien plus qu'un tueur en série, que c'est toute la ville qui est en réalité corrompue.

Quoi de mieux que de se plonger dans un bon polar bien glauque pour se remettre sur le chemin de la lecture ? Le Dernier message d'Eva a rempli de ce côté là brillamment son office. Voici en effet, un roman policier assez traditionnel, contenant tous les ingrédients que l'on aime, un vieil inspecteur (gardien de la paix), un peu solitaire, bourru et alcoolique, doté pour autant d'une fille aussi jolie et fraiche qu'aimante, des prostitués, quelques scènes de torture, des méchants très méchants, et des flics corrompus et lâches. Et j'ai apprécié cette lecture malgré quelques bémols, des passages plus ou moins clairs, un style parlé parfois très prononcé, une lenteur certaine dans la mise en place de l'action en début de lecture. Pierrick Gazaignes semble pour autant avoir un certain talent pour camper des personnages et créer une atmosphère. Il s'agit ici de son deuxième roman. A suivre.

Editions Philippe Rey - 18€ - Octobre 2015

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30 décembre 2015

Acquanera, Valentina d'Urbano

acquanera

 "Elsa avait souhaité de tout son être que sa fille ne lui ressemble pas. Mais en vain : Onda était victime de la même malédiction qu'elle."

Il y a tout d'abord ce lac, qui semble attirer la mort au fond de ses eaux profondes. Et puis ces femmes, elles sont quatre et forment quatre générations de médiums aux pouvoirs mystérieux et troublants. Enfin, il y a ce village, Roccachiara, qui a vu naître Fortuna, la dernière de la lignée, celle qui fera tout pour le quitter, ainsi que sa mère, Onda, qui ne l'aime pas. Mais partir de Roccachiara, c'est également abandonner Luce, sa meilleure amie, sa soeur, la seule qui n'a pas eu peur des dons de sa famille. Alors quand après dix ans d'absence, elle apprend que le corps de Luce, disparue depuis son départ, a sans doute été découvert, elle revient. Elle retrouve alors Onda, leur maison inchangée, ses souvenirs...

De l'auteure, j'avais lu Le Bruit de tes pas, qui est tout à fait différent, dur, citadin, et plus contemporain. Ici, nous sommes dans un univers villageois italien et mystérieux, sombre, où le brouillard généré par la présence du lac voisin encombre le paysage et l'esprit des habitants. Je ne suis pas dérangée par les ambiances un peu mystiques. Dans ce roman, il s'agit d'adhérer aux dons des protagonistes, c'est le parti pris. Ainsi, on peut rentrer dans cette histoire, aussi bizarre qu'étrangement agréable à lire, assez macabre, mais féminine. 

Editions Philippe Rey - 20€ - Février 2015

Le blog de blablablamia parle de tout ce qui hante dans ce roman, comme dans un conte - Jérome reconnaît la plume mais est moins séduit par le côté surnaturel - Trop de tristesse et de lenteur pour Clara - Un bon moment de lecture pour Sylire - Ce n'est pas la tasse de thé de MicMélo !

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21 août 2015

La Couleur de l'eau, Kerry Hudson... Rentrée littéraire 2015

lacouleurdeleau "S'embrasser. Contact des bouches chaudes et douces, instant où elle ouvrait les yeux et sentait ses cils contre les siens, odeur qui lui donnait envie de lécher sa peau, parfois un quart de seconde quand ses yeux mi-clos étaient si près qu'elle ne voyait que lui, avec l'impression de regarder dans sa tête.
Ses mains, sur sa taille, tenant gentiment son menton, caressant la peau douce et pâle de son cou, un pouce suivant sa clavicule. La chaleur rassurante de son corps quand elle posait la tête sur sa poitrine, quand ses bras forts l'enlaçaient, quand elle sentait la respiration dans ses poumons, et parfois un battement doux et irrégulier de son coeur contre le sien.
Alena avait oublié tout cela. La douleur exquise de se sentir hors de danger, de désirer un autre corps, d'avoir soif d'une odeur, le réconfort de tendre vers tout cela qui lui était donné sans le tranchant de la peur ni la cruauté de l'appropriation."

Alena et Dave n'étaient sans doute pas destinés à se rencontrer. Elle, venue de Russie, pleine de rêves. Lui, élevé et porté par les espoirs d'une mère adorée, puis détruit par ses promesses, un mariage ridicule. Alena a vu ses rêves se briser à ses pieds dès l'aéroport, entraînée de force dans le milieu de la prostitution de Londres, remarquée par un vieil homme, maltraitée, séquestrée, menacée. Dave est vigile dans un magasin. Il prend la jeune fille la main dans le sac lors d'un menu larcin, la laisse partir. Alena voit dans cet homme doux un moyen de s'en sortir, de se mettre à l'abri, de fuir la rue dans laquelle elle vit depuis des mois après son départ providentiel du domicile de son exploiteur. Elle tente donc de s'accrocher à lui. Son plan est tout d'abord d'occuper le plus longtemps possible son canapé, puis la tendresse et l'amour rapprochent peu à peu ces deux êtres perdus.

La couleur de l'eau est un roman assez dense qui mérite que l'on ne se laisse pas désarçonner par ses premières pages. Car en effet, après de multiples allers et retours entre le passé et le présent, qui expliquent l'histoire individuelle des deux amoureux, mais dans lesquels le lecteur se perd un peu, il donne enfin toute sa puissance. Le récit se pose enfin et le charme d'une atmosphère, très londonienne, opère, à la fois douce, libre et terriblement dangereuse. J'ai refermé les pages de ce livre, séduite par sa fin, par les personnages, par tout ce que j'y avais rencontré, de douloureux et de beau. J'avais déjà lu de l'auteure Tony Hogan m'a payé un ice-cream soda avant de me piquer ma maman, et il est évident, au terme de cette seconde lecture, que Kerry Hudson excelle à se mettre dans la peau d'une certaine frange de la population anglaise. Un très bon moment de lecture.

Editions Philippe Rey - 21€ - 20 août 2015

Un conte moderne pour Blablablamia [clic] 

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Je participe au challenge 1% rentrée littéraire qui consiste à lire au moins 6 livres de la rentrée littéraire (clic sur l'image pour plus de détails). Challenge : 2/6.

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20 août 2015

Camille, mon envolée, Sophie Daull ... Rentrée littéraire 2015

camillemonenvolee

 "Depuis mon coeur crevé je vais faire ça, raconter ta mort, ta maladie, ton agonie. Du jeudi 19 au lundi 23 décembre ; quatre jours, trois p'tit tours et puis s'en vont. Je vais relater dans le détail ta lutte, ton combat, blitzkrieg, parce que, putain, qu'est-ce que tu as été forte dans cette traversée de la fièvre et de la douleur. Médaillée, croix de guerre."

Comment parler d'un évènement aussi absurde et terrible que celui de la perte de son enfant ? A la veille de Noël. A la veille de ses 16 ans. Après trois jours d'une fièvre implacable, que le corps médical tentait de soigner négligemment avec quelques aspirines, le coeur de Camille cesse de battre. Sophie Daull réussit ce pari, sans trop de pathos, avec juste la bonne dose de délicatesse, de pudeur, de tristesse, d'humour qui permet à ses phrases de dresser le portrait en creux d'une jeune fille adolescente, qui ressemblait à toutes les autres filles de son âge, mais qui était unique pour ceux qui l'aimaient.

Récit d'un deuil, d'un enterrement, ce roman enveloppe, apaise, tente de trouver du baume au coeur. Il envoie tout de même des petits coups dans le ventre qui font brutalement monter les larmes aux yeux. J'ai aimé pour ma part qu'il soit si réaliste, si proche du quotidien, piqueté d'ironie, et que rien ne nous soit épargné de la crudité de ces moments, pendant lesquels, malgré la douleur, la vie ne cesse d'avancer. Un très beau roman, qui n'est pas seulement le témoignage d'une mère endeuillé, mais également le journal d'une survie. 

Editions Philippe Rey - 16€ - 20 août 2015

logo2015

Je participe au challenge 1% rentrée littéraire qui consiste à lire au moins 6 livres de la rentrée littéraire (clic sur l'image pour plus de détails). Challenge : 1/6.

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01 août 2015

La Silencieuse, Ariane Schréder

lasilencieuse

 "La maison, vue du portail, pouvait sembler petite, noyée dans un fouillis de verdure, de printemps frais. Il avait plu, le ciel était encore gris mais le soleil perçait, comme exprès pour faire tout briller. J'ai senti tout de suite que j'allais l'aimer."

Clara et Barnabé ont partagé quelques années un spectacle de marionettes. Puis, Barnabé a voulu expérimenter autre chose dans sa vie de comédien, et a laissé tomber la jeune femme qui s'est repliée vers ses sculptures et son atelier parisien. La rupture amoureuse a suivi très vite la rupture professionnelle. Il fallait sans doute s'y attendre. Le jeune homme s'est laissé prendre par son nouveau milieu, a fait une rencontre. Lors de leur séparation, il reproche à la jeune femme son vide et ses silences. Clara cherche un lieu où se reconstruire, travailler ses sculptures aériennes. Elle trouve cette maison près du fleuve, à plus d'une heure de Paris, spartiate mais pourvue d'un bel espace pour créer. Petit à petit, Clara apprivoise l'endroit, les habitants du village proche, tisse des liens, adopte un chaton... mais l'exercice du bonheur est un équilibre fragile.

J'ai choisi ce titre sur ma PAL (Pile A Lire) urgente de manière tout à fait hasardeuse, sans me douter que les premières lignes de ce livre m'attraperaient comme un hamecon, et que je le finirai en fin de journée, la larme à l'oeil. J'ai ressenti beaucoup d'empathie pour le personnage féminin du roman, ses émotions, son envie de se terrer dans le silence puis de s'ouvrir irrésistiblement aux autres. Mais j'ai surtout aimé comment Ariane Schreider décrit son environnement, le fleuve, la nature foisonnante de détails, le bienfait que le temps, le passage des saisons, fait en passant sur toute peine. Il y a plein de passages très beaux et très doux dans ce livre, qui est une lecture délicate, et un véritable baume au coeur !!

Editions Philippe Rey - 8.50€ - Mars 2015

Un baume pour Charlotte Une très jolie parenthèse pour Mirontaine - Un très joli premier roman pour Marilyne - Aifelle a été charmée par cette parenthèse discrète - Un grand bonheur de lecture pour George

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