12 juillet 2013

Albane Gellé

femmeballons

"les ficelles emmêllées avec des noeuds
dans la tête ça ne la gêne pas l'écriture
c'est pas qu'elle démêle elle démêle rien
elle dit rien elle se laisse faire je me
débrouille avec elle il y a pourtant de l'air
autour mais chaque fois que je me mets
à écrire c'est comme si j'en avais manqué
pendant des siècles je respire j'écris
comme si je me remettais à marcher
après un accident une maladie ça peut
arrriver plusieurs fois par jour un accident
une maladie c'est pas rien mais c'est pas
exceptionnel je n'écris rien d'exceptionnel
les choses viennent et des mots se collent
dessus dedans je m'en occupe je les
accompagne un bout le désordre ne devient
pas de l'ordre je ne range pas vraiment dans
la langue j'essaie de trouver juste assez de
lumière pour y voir clair quand ça arrive
personne n'est là pour m'entendre de toute
façon je ne dis rien"

extrait de L'air libre,Dé Bleu, p.28 [pioché ici]

http://albanegelle.canalblog.com/

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29 juin 2013

Magali Thuillier

fauteuilbleu

têtue tu es tu tends sans jamais t'entêter attendre
après la pluie et puis laisser le nouveau naître
sans savoir quoi des possibles quoi des peut-être
pourquoi je pourquoi ainsi pour demain à
nouveau être

 

Extrait de Des rêves au fond des fleurs, Le Farfadet bleu, l'idée bleue, 2006 [pioché ici]

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21 juin 2013

Valérie Rouzeau

 

bottes


Si j'avais les jours à compter je marquerais soir après
soir mes petites croix de récompense
Je tiendrais des mois des saisons mon calendrier de
forçat mon agenda de pénélope
Ca me ferait ni chaud ni froid juillet janvier en
solitaire je traverserais les années
Si grand d'amour était en vue ou à revenir quel beau jour
je l'appellerais mon cher Ulysse et puis je choisirais
la danse plutôt que la tapisserie
Je bouserais les mauvais génies en faisant jazzer mon
seul coeur
Je mettrais le chagrin en boîte avec un jeu de mots facile
Je trangerais l'éternité pour en découdre avec les nuits
tchatchatchatcherais jusqu'au matin dans une autre
histoire aussi vrai si j'avais de quoi de l'espoir

Extrait de Va où, Le Temps qu’il fait, 2002 [pioché ici]

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14 avril 2013

En cours de lecture

Nu et pâle, les bras sous la tête

cerf

 

Elle m'a rêvé un soir et je suis sorti.
J'ai longé les arbres et les bancs allongés,
J'ai suivi les rails et les pistes des bois,
J'ai couru dans le noir, je n'ai rien trouvé.
Elle m'a rêvé le jour suivant. Une heure,
J'ai parlé dans une langue inconnue.
J'ai chanté des rois sans planète, délaissés.
J'ai ouvert ma porte aux êtres de brume.
Et je n'ai rien entendu.
Elle m'a rêvé toute une semaine et j'ai tué
Un cerf. J'ai arraché son cœur fumant,
Je l'ai mangé. J'ai peins ma poitrine de
Ses sirupeuses traînées. Je me suis endormi.
Et je ne l'ai pas senti dans ma chair.
Elle m'a rêvé une minute, à l'orée d'une heure.
J'ai claqué dans mes mains, j'ai perdu la tête.
J'ai puisé dans mes souvenirs, j'ai cherché
Mon nom. J'ai oublié mes vieilles terreurs.
Et je ne me suis pas souvenu d'elle.
Elle m'a rêvé les yeux ouverts, elle a dit mon nom.
Je suis devenu un nuage emmargé, j'ai plu des larmes
D'eau douce, d'aquarelle. Des larmes sans pareilles.
J'ai vu son visage.
Doucement, j'ai épelé ton nom.

In Efflorescences de Ismaël Billy - Editions du Menhir - Février 2013

Je vous parlerai de ce recueil de poésies dans son ensemble plus longuement bientôt, mais je suis d'ores et déjà très heureuse de ma lecture. Je ne suis pas à même de juger de la qualité de la forme d'une oeuvre poétique, j'aime de toutes manières qu'elle soit libre. Cependant, je peux vous dire à ce stade de ma découverte que lire Ismaël Billy est extrêment rassurant, il rassure sur la vivacité de la poésie d'aujourd'hui, héritière du passé mais indubitablement moderne.

Je vous rappelle que le dimanche est jour de poésie chez Littér'auteurs, n'hésitez pas à aller lire chez Martine le poème coup de poing d'Albane Gellé qu'elle a décidé de mettre à l'honneur sur son blog [clic].

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22 mars 2013

Emily Dickinson

puzzlecoeurJ'avais un bonheur quotidien
Que je regardais presque avec indifférence,
Soudain je l'aperçus qui s'en allait,
Il grandissait à mesure que je le poursuivais,
Voilà qu'autour d'un rocher
Il disparut de ma vue,
Plus vaste que mon extrême regard ;
J'appris alors toute sa douceur.

In Poèmes choisis, Editions Aubier, version bilingue, 1956


Un ouvrage pioché sur http://www.ebooksgratuits.com, un site à utiliser avec parcimonie et respect pour le travail des concepteurs, et sur lequel vous pourrez vous procurer en version numérique de nombreux auteurs tombés dans le domaine public. J'ai trouvé ce lien grâce à l'ouvrage inclus à l'achat dans ma liseuse.
Ainsi, j'ai enfin pu découvrir la poésie d'Emily Dickinson, une véritable rencontre. 

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11 juin 2012

VROUZ

Je me souviens d'avoir été en parapluie
En parapluie au fond du ventre de baleine
Baleine de corset serré plus que café
Café noir expresso ça fait battre le coeur
Le coeur un peu plus vite alors tachycardie
Hardie la vie qui palpite en mon être
Mon être de chair aux amours de papier
A pied par quel chemin rendu sous les nuages
Les nuages font tomber de l'eau jamais vintage
Jamais vintage non plus l'étoile du berger
A la bergère parce que je ne voudrais pas perdre
Perdre dans cette histoire mon très précieux pépin
Cieux pépins tiens le monde est somme toute bien fait
Battre le coeur tomber l'averse et quoi encore.

Extrait de Vrouz par Valérie Rouzeau - Editons La Table Ronde - Mars 2012

Merci Cathulu !

juin2012 013

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22 mars 2012

cela semble plus facile

antoineemazavec du ciel bleu
l'été encore

on n'avance pas plus vite
mais on peine moins
à se porter
se supporter

avant
même en marchant
on dansait dans sa tête
maintenant on se traîne

bouger
malgré

Antoine Emaz

Extrait de Plaie - Ed Tarabuste 2009

Une petite carte, trouvée en bibliothèque... et quelques traces encore du Printemps des Poètes. Vivement l'été !

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25 mars 2011

Vus dernièrement en DVD ... et appréciés

Bright Star
Ou comment, pour en finir avec le Printemps des Poètes, je me suis finalement penchée sur la vie de John Keats au début de XIX ème siècle... Un film qui, tout en aimant la langueur, et parfois les longueurs, nous offre de merveilleuses images, très lumineuses. Un moment de cinéma profondément poétique et mélancolique. Magnifique !
Fanny Brawne, frivole et coquette, se prend curieusement d'amour pour John Keats, un poète sans le sou... et c'est nous qui frissonnons.

Chéri
Ici, nous sommes dans le Paris du début du XXème siècle. une courtisane, Léa de Lonval finit une carrière réussie. Elle s'autorise une liaison avec le tout jeune fils d'une consoeur, une jeune homme qu'elle surnomme depuis l'enfance "Chéri". Mais Chéri doit se marier, et malgré leur attachement ils se séparent. La douleur de la séparation sera aussi percutante qu'étonnante...
Une adaptation du roman de Colette réussie. Une Michelle Pfeiffer, sublime, en femme que l'âge atteint peu à peu. Une grande sensualité filmée avec tact par un Stephen Frears qui ne déçoit pas après ses Liaisons dangereuses

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21 mars 2011

Images

femmelivreUne étendue de carrelage
Qui brille
Et juchée sur une chaise
Une femme satisfaite d'avoir
Tout si énergiquement serpillé

Une tartine beurrée
Et un visage pareil
De crème épaisse
Barbouillé

Un groupe d'enfants
Un peu turbulents
Enrobés dans un même cri, affectueux.
Des zouzous tendres à envoyer se coucher tôt

Le même groupe d'enfants
Mais ici l'on fronce du sourcil
Dieu, qu'ils sont insupportables !

Tantôt, ce sera cet après-midi
Lorsqu'on aura le temps
Et que le soleil brillera si fort
Qu'il écrasera tout.
Alors, je viendrai.

Carrossable est la route.
On entend ainsi le bruit lourd de diligences pressées.
Pourtant, ce ne sont que quelques graviers
Dans les roues de ma bicyclette.

Tu rigoles ? Non
Tu suis le chemin que l'eau suit.
Tu formes un lit

Là-bas, un homme tresse de l'herbe
Demain, j'y mettrai mes clés.
Les cheveux du dehors font de jolies corbeilles

© Les écrits d'Antigone - 2011
(Images imaginées lors d'un stage d'écriture)

20 mars 2011

Passe le vent, David Knoblauch

passelevent"On disait la poésie passée, dépassée. Jamais elle n'a été aussi présente dans la rue, les soirées, sur la toile..." éditions Le Pré du Plain

 

 

 

 

 

 

La poésie et internet ont cela en commun, une franche modernité, alliant essentiel et brièveté. Mais rien ne vaut aussi le support papier... Ainsi, lorsque un jeune auteur m'a proposé de lire ce qu'il avait produit, j'ai accepté. Je sais d'expérience ce que cette étape signifie...
De plus, comment résister à une petite carte commençant par ces mots, "Chère Madame, je vous adresse mon premier recueil de poésie, j'espère qu'il vous plaira."?

David Knoblauch est né en 1989 mais lorsqu'on lit ce qu'il écrit, il n'a plus d'âge tant ses pensées pourraient être aussi bien celles d'un homme ayant vécu toutes les strates de la vie. Co-existent ici barbelés, souffrances, vent et mélancolie, regret de l'enfance révolue mais aussi espoir fondamental que l'avenir réponde enfin à cette rage de vivre qui anime tout homme debout. J'ai envie de saluer ici deux éléments qui me paraissent important, premièrement cette énergie poétique salvatrice qui anime le recueil et deuxièmement cette maturité prometteuse de l'écriture qui est un gage de continuité.
Merci à l'auteur pour sa confiance !! Vous trouverez en cliquant sur ce [lien] sa fiche auteur.

Collection Pré-Vers - Pour Ados et adultes - 3€ - Sortie le 16 mars 2011 - Préfacé par Alain Feydeau - http://www.lepreduplain.com

Un extrait...

Sentiment

Un signe, un mot
Juste une pensée.
Une ivresse, rien qu'une seule.
Celle de la vie, de l'âme
De ce miroir.
Tout y découle.
Un amour inconditionnel.
De près je n'en veux pas
De loin je la supplie.
Fin et léger comme de la soie
Qu'on ose à peine toucher
Une rencontre
Que l'on n'oubliera jamais,
Car elle vous suit,
C'est votre ombre.

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