12 avril 2017

Juliette, Camille Jourdy

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Tu n'as pas beaucoup d'engouement pour la sélection BD du Prix Cezam de cette année (d'ailleurs tu n'en parles pas ici alors que tu as presque tout lu)... Juliette est le premier album qui te fait réellement vibrer. Et quoi de mieux que de lire au soleil, dans son jardin, avec le bruit des oiseaux en fond sonore et sur une pelouse parsemée de petites fleurs cet album délicieux ? Tu avais aimé déjà, Rosalie Blum, de la même auteure. Dans cet opus-ci, Juliette est une jeune parisienne qui vient passer ses quelques jours de vacances en compagnie de son père. Il est un peu mutique, mais elle ne lui en veut pas, elle se sent elle même un peu spéciale, avec ses angoisses récurrentes qui lui gâchent la vie et la rendent fragile. Elle profite de son séjour pour rendre visite également à sa soeur, à sa grand-mère qui perd la mémoire et à toute sa famille. Dans un café du coin, Monsieur Georges, quant à lui, essaye de noyer sa solitude. Tout ce petit monde va se croiser, se chamailler, s'entendre, discuter... et se trouver un peu... Et toi tu aimes quand les personnages se trouvent comme ça, assument leurs défaillances, te font rire de leurs bizarreries... Les petits dessins de Camille Jourdy fourmillent de petits détails amusants que tu as aimé chercher. Les rencontres entre la soeur de Juliette et son amant sont des moments surréalistes que tu as particulièrement goûtés, ainsi que tout ce qui concerne l'éducation du jeune Norbert, le canard. De larges vignettes prennent de temps à autre toute la page et arrêtent parfois le regard. Les couleurs sont vives et joyeuses. Tout fonctionne à merveille, et tu as quitté l'univers de Juliette à regret au terme de ta lecture. Un joli coup de coeur printannier, amusant, mélancolique et revivifiant !

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Editions Actes Sud - Février 2016

Ceci est ta BD de la semaine, tous les autres liens sont chez Noukette aujourd'hui

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11 mai 2016

Un après-midi d'automne, Mirjam Kristensen

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 "Au fait, demande-t-elle en se grattant la joue, comment s'appelle-t-il ?
Hans Olav."

Rakel et son mari sont jeunes mariés. Ils viennent d'arriver à New-York pour des vacances, et logent dans un petit hôtel. Comme les touristes qu'ils sont ils ont prévu plusieurs activités, des restaurants à tester, parcourir Central Park et visiter le Met (Metropolitan Museum of Art). Dans le Musée, Hans Olav semble particulièrement intéressé par une toile dans la salle consacrée à Georges de la Tour. Rakel en profite pour le laisser quelques instants, et se rend aux toilettes. A son retour, son mari a disparu. Rakel le cherche, puis est comme anesthésiée de constater qu'il est nulle part. Plus les jours passent sans nouvelles de lui plus la sidération augmente, se mêlant à l'attente, à l'indifférence. Rakel fait des rencontres, loge chez une amie de sa mère, ne sait plus si elle existe réellement sans Hans Olav, a l'impression de flotter dans une réalité trouble, se demande si elle doit continuer à l'attendre... Que s'est-il donc passé devant ce tableau ?

J'ai beaucoup aimé ce titre, très introspectif, qui commence pourtant comme un thriller. Je ne m'y attendais pas car je dois avouer que j'avais entendu et lu des avis assez mitigés. Mais il m'a plu à moi, beaucoup, de naviguer en eaux troubles avec Rakel, de circuler dans un New York séduisant et mystérieux avec elle, de découvrir la vie sous un autre angle... et de la cotoyer dans sa dérive. Je me suis imaginée à sa place, la terreur et l'inquiétude mêlées, plongée dans le doute, les remises en question, la honte, l'incompréhension, et cette obligation de vivre sans l'autre, sans comprendre. A priori, il arrive régulièrement que des touristes disparaissent à New York. Etonnant. Une lecture originale et un roman réussi.

Editions Phébus - 19€ - Février 2015 - Lu pour le prix Cezam - Merci ma bibli !!

Sandrine a été déçue de ne pas avoir de réponses à ses questions - Un roman très fort et très beau pour le blog tombée du ciel dont je partage l'avis (très beau billet).

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09 mai 2016

Embarqué et L'essai

Deux BD lues dernièrement...

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Embarqué de Christian Cailleaux - Futuropolis - 24€ - Mai 2015 - Christian Cailleaux, fasciné comme tout à chacun par la mer, et ce depuis toujours, se questionne sur ce qu'elle évoque pour lui, et questionne également les jeunes engagés du centre d'instruction naval de Brest. Il recueille leurs histoires et leurs motivations pour rentrer à l'école des Mousses, mais aussi en mer à bord de la frégate Floréal et même sous la mer dans un sous-marin à propulsion nucléaire. Mais c'est un questionnement plus large sur la place de la mer en France, sur son histoire, qui nous est contée en parallèle. Un album que j'ai trouvé absolument passionnant, pas lassant du tout, passant astucieusement d'un style graphique à l'autre, magnifique, instructif et abouti. 

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L'essai de Nicolas Debon - Dargaud - 16.45€ - Mai 2015 - Nicolas Debon retrace dans cet album l'histoire à la fois imaginée et réelle d'une communauté anarchiste qui s'était installée dans les Ardennes en 1903. Il s'est aidé des documents de l'époque, et surtout des photographies. La communauté de L'Essai incarnait l'espoir d'un modèle de société utopique et égalitaire. Cet album est passionnant, car il décrit un épisode largement inconnu, dont il ne reste presque aucune trace, et fascinant car sa qualité graphique est à la fois précise et trouble. En effet, le personnage à l'origine du petit village, celui qui en a creusé les premières fondations, Henry Jean-Charles Fortuné, reste tout du long entouré d'un mystère que Nicolas Debon sait judicieusement entretenir. 
J'ai lu ce titre dans le cadre du Prix Cezam. 

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03 mai 2016

Nous dînerons en français, Albena Dimitrova

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"Nous vacillons, tous radars coupés."

Alba est admise à l'hôpital du gouvernement bulgare pour une paralysie de la jambe. Là-bas, elle rencontre Guéo, cinquante cinq ans, alors qu'elle n'est encore qu'une adolescente. La complicité est tout de suite évidente, l'attirance physique également, mais guère facile à vivre au grand jour. Alors, Alba emménage avec le fils de Guéo, un compagnon plus conforme, de son âge. Guéo est un membre important du Polituburo. Il doit rendre un rapport que tout le monde attend. il a une femme, une maîtresse officielle, des enfants un peu partout. Mais l'attirance entre les deux amants est trop forte, peu importe les risques encourus, les dommages collatéraux... ils ne peuvent faire autrement que de la vivre passionnément.

Ce premier roman est un récit, écrit en français, qui possède une langue réellement suave et poétique, mais qui peut sembler étrange. En effet, j'ai buté à plusieurs reprises en début de lecture sur quelques phrases incongrues avant de comprendre que c'était là sans doute l'effet de la langue avec accent évoquée en quatrième de couverture, et puis je me suis faite à l'enchevêtrement des mots, et de la chronologie, pour apprécier la sensualité du texte. Il n'est pas si aisé de rentrer dans ce roman, il faut accepter sans préjugés la différence d'âge des protagonistes, ne coller qu'à l'amour improbable qui les rapproche et va accélérer leur perte. Il faut accepter de ne pas toujours savoir à quelle date nous sommes, quelle époque, se laisser porter par un récit désordonné. Mais, ce qui est certain est qu'en toile de fond le communisme vit ses derniers instants, et Alba, réfugiée à Paris, compare le capitalisme faussement libérateur au communisme empêtré dans les contradictions de ses élites. Quelles leçons en tirera donc l'histoire ? Pour les destins particuliers, la vie se charge de faire le tri. Un livre que j'ai refermé encore pleine de cette ambiance, amoureuse et particulière, et au final assez charmée par ma lecture. 

Editions Galaade - 18€ - Septembre 2015 - Merci ma bibli !!

Un roman bouleversant à l'aura politique pour Choco - Un premier roman d'une force incroyable pour Leiloona 

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17 avril 2016

Un océan d'amour, Lupano et Panaccione

unoceandamour "Garanti sans dauphins, sans textes ni onomatopées. Peut contenir des traces de pictogrammes."

Attention pépite et gros coup de coeur pour cet album dont j'avais déjà vu un peu partout la couverture particulière, reprenant à s'y méprendre les caractéristiques d'un couvercle de boîte de sardines, sans me douter de ce qu'elle cachait à l'intérieur. Un océan d'amour est un album sans paroles qui donne donc tout son poids aux expressions et à l'enchainement des images. Très souvent, soyons honnête, je n'accroche pas du tout au procédé, à de rares exceptions près. Ici, le talent est là, l'histoire un peu folle aussi, l'aventure très amusante. J'ai parcouru ces pages un grand sourire aux lèvres, ayant hâte de savoir où tout cela allait au final nous embarquer. Un album très drôle donc, mais aussi magnifique, et rempli d'amour.

L'histoire ? Tout commence dans la grisaille d'une matinée bretonne. Monsieur se prépare à une journée de pêche. Madame lui prépare des crêpes, comme d'habitude, et lui confie une boîte de sardines pour son déjeuner. Mais Monsieur ne rentrera pas de sa journée de pêche, son petit rafiot a rencontré plus gros que lui. Madame, inquiète, part à sa recherche, remue littéralement ciel et terre pour le retrouver. Et les voici tous les deux partis dans de folles, et parallèles, aventures, jusqu'à ce que...

Editions Delcourt/Mirages - 24.95€ - Octobre 2014

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L'album délicieusement raconté ici par le petit carré jaune (avec plein d'images) - "L’équilibre est parfait et le résultat profondément humain. Magnifique !" chez Noukette - "Attendrissez-vous et souriez !" chez Canel - Un coup de coeur chez Lylou bouquine - Un bonheur pour Sandrine ! - Eimelle a été totalement conquise !

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09 avril 2016

Le Grand méchant Renard, Benjamin Renner

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"Mais j'ai du faire une fausse manipulation ! Ils me prennent pour leur mère !"

Longtemps que je n'avais autant ri avec une BD qui a eu à raison Le Prix Fauve jeunesse 2016 à Angoulème. Benjamin Renner a en effet dans ce Grand Méchant Renard le talent de surfer sur les codes bien connus de notre enfance, sur ces histoires de loups et de renards, de poules et de lapins, pour en faire une gentille farce alerte et guillerette. Parce que vous l'aurez compris en jetant un oeil rapide à la couverture que rien ne se passe comme prévu dans cette histoire... Le Renard a bien essayé pourtant, lassé de ne faire peur à personne dans la ferme d'à côté, de s'associer au terrible Loup, son ami, afin de pouvoir enfin croquer quelques poules. Quelle bonne idée de chiper des oeufs, de les couver, d'élever quelques semaines les poussins ! Oui, mais les trois petites poules prennent dès la naissance Renard pour leur mère, l'affection s'en mêle, et bref tout part un peu en cacahuète !

Un gros coup de coeur pour ce titre qui à la fois fait fondre de tendresse, et rire. Il est sans conteste à partager allègrement en famille, succès garanti.

Editions Shampooing - 16.95€ - Janvier 2015 - Merci ma bibli !!

Saxaoul a adoré - Un coup de coeur pour Enna - A mourir de rire pour Sophie - Noukette est tombée dingue de ce grand couillon de Renard - C'est LA bonne surprise de 2015 pour Leiloona - Un album génial pour Jerome, ni plus ni moins - Une BD anti-morosité à lire en famille pour Sylire - Stephie avait envie de rire toutes les trois vignettes - Grosse déception pour Sandrine (ah bon ?) - "C'est drôle, c'est intelligent ! Un régal ! Lisez-le !" chez Hélène... bref cet album a été beaucoup lu sur la blogosphère dans un enthousiasme quasi général !! (je n'ai pas trouvé ton billet Keisha ?!)

J'ai lu cet album dans le cadre du Prix Cezam BD 2016 (vous avez peut-être remarqué que je lisais également la sélection de romans grâce à ma bibliothèque). C'est ma troisième lecture. Dans la sélection, j'ai déjà lu Zaï Zaï Zaï de Fabacaro dont j'ai aimé l'absurdité absolue, un peu folle, mais cette lecture m'a finalement un peu laissée de marbre. J'ai lu également Petit de Gatignol et Hubert, une histoire d'ogres, aux dessins époustouflants, mais à l'univers trop gore et grotesque pour vraiment m'accrocher... suite aux prochains épisodes.

prixcezam

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03 avril 2016

La Chaise numéro 14, Fabienne Juhel

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 "Parce qu'il y avait un monde dans la chevelure de Maria Salaün. Lui, il pouvait voir ça. L'automne, les brasiers, les feux sur les talus, les paniers remplis de cèpes, les pommes mûres, les marrons dans la braise, les soleils couchants, les déchirures dans le ciel, au crépuscule, promesses de beau temps."

Nous sommes à la fin de la seconde guerre mondiale. Partout en France, des femmes sont brutalement tondues, principalement pour avoir eu des relations, pendant le conflit, avec l'ennemi. C'est ce qui arrive à Maria Salaün à Saint-Brieuc, devant l'auberge de son père, elle est tondue sur les ordres de son ami d'enfance, Antoine, pour avoir aimé Frantz, un officier allemand. Elle n'oppose aucune résistance à cette humiliation publique, au contraire elle se présente fièrement, drapée de la robe blanche de fiançailles de sa mère, et son apparition, sa chevelure flamboyante, sa dignité, impressionnent les badauds qui assistent à la scène. Elle se laisse tondre, assise sur sa chaise de bistrot, numérotée 14. Mais même si la honte est là, Maria a décidé qu'elle ne restera pas collée à elle, qu'elle va changer de camp, six noms sont sur sa liste. Armée de sa chaise, de son crane nu, de sa robe blanche, la jeune femme entame sa douce et ferme vengeance.

Il existe de nombreux récits sur ces scènes assez intolérables d'humiliations qui ont suivi la libération. J'avais lu sur le même thème le terrible L'échappée de Valentine Goby, par exemple. Dans ce roman de Fabienne Juhel, la perspective est assez différente et surprenante, et pourtant le sujet reste tout aussi difficile. Ce qui surprend ici est la force de caractère du personnage de Maria, sa quête, sa détermination, et les images superbes et évocatrices dont l'auteure pare son histoire. On referme ce livre étonnée d'y avoir trouvé ce que l'on n'y cherchait pas, beaucoup de force, de douceur, de l'amour qui se distribue gratuitement et de la lumière. Une très belle lecture, en lice pour le Prix Cezam.

Editions Le Rouergue - 21€ - Mars 2015 - Merci ma bibli !!!

Les oubliés de la lande avaient été un coup de coeur en 2012 ! Et j'avais papoté avec l'auteure en 2009 (ouh ça date) [clic]

D'autres lectures de La chaise numéro 14... Un enchantement pour les sens pour Alex - Encore une belle lecture forte de l'auteure pour Clara ! - "En commençant "La chaise numéro 14", je me doutais que Fabienne Juhel traiterait le sujet avec tact et intelligence. Je ne me trompais pas." chez SylireUn roman original, qui comme souvent chez Fabienne Juhel, flirte avec les codes du conte pour GwenaelleC'est une belle histoire, émouvante qui fait toucher du doigt ce qu'ont pu vivre de nombreuses femmes à cette époque pour Sandrine !

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14 mars 2016

Après le silence, Didier Castino

apreslesilence "Il n'y a plus de règles, plus aucun ordre. Plus personne ne travaille, on se masse autour de l'accident, les ouvriers, les bureaux, les patrons, il y a du sang, il y a la mort."

Louis Catella se raconte à son fils, l'usine, le syndicat, la brutalité du quotidien, le combat, les vacances en famille, ce qui le lie à Rose, aux autres, à lui-même, à ses enfants. La vie est rude, mais sincère. Et puis le 16 juillet 1974, il y a l'accident, et l'arrêt violent d'une vie d'ouvrier qui laisse tout le monde sidéré, et met en lumière l'insécurité qui règne dans ces entreprises là à cette époque là. Le décès de Louis fera exemple, son souvenir sera érigé en légende, Rose restera inconsolable. Alors le plus jeune de ses fils, celui qui a décidé de raconter son père, de le faire parler en inventant sans doute beaucoup, continue le dialogue, s'interroge sur l'héritage qu'il a conservé de ce passé, sur son deuil impossible et sur ses trahisons.

Je n'ai pas continué mon cycle de lectures par un livre très joyeux. Cependant, j'ai beaucoup aimé avec celui-ci rentrer dans l'histoire d'une famille, ouvrière et communiste, militante. Ce roman donne réellement le sentiment d'être convié dans une intimité, comme si nous étions assis nous aussi dans la cuisine des personnages. Nous parcourons sous la plume inventive de Didier Castino plusieurs décennies. Il y a des pages très fortes qui font chavirer le coeur, et d'autres qui interrogent sur l'engagement politique, la croyance, l'utilité des combats. J'ai aimé l'écriture de l'auteur, même si il utilise à foison un tu assez troublant qui ne permet pas toujours de situer le narrateur réel de l'histoire, brouillant sans doute intentionnellement le lecteur, mais troublant aussi un peu la lecture. C'est un livre qui se lit lentement, très riche, à la fois émouvant et détaché, humble et orgueilleux. Un bien intéressant premier roman.

Editions Liana Levi - 18€ - Août 2015 - Merci ma bibli !!

Un billet, beaucoup plus long et complet que le mien, chez Le bruit des livres [clic] 

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05 mars 2016

[Kokoro], Delphine Roux

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 "On a reconstruit le théâtre.
Les gens, semble-t-il, n'ont plus peur des fantômes."

Koichi tente de survivre depuis des années au décès de ses parents, il n'avait alors que douze ans. Des deux enfants du couple, il semble être celui qui a traversé ce deuil le plus difficilement. Sa soeur aînée Seki, peu présente, le houspille à l'occasion et l'encourage régulièrement à se bouger davantage. Koichi travaille en bibliothèque, mène une vie étroite dans laquelle il y a simplement un peu de place pour les visites à sa grand-mère et des douceurs culinaires. La vie suit son cours régulier, Seiki est loin, inatteignable dans son quotidien parfait, avec son mari et ses filles, ses responsabilités dans la ville, tandis que Koichi végète. Cependant, un jour Koichi apprend que sa soeur ne va pas bien, il sait alors qu'il est temps de se réveiller...

Ce livre est empreint d'une douceur mélancolique, japonaise et subtile, toute en retenue, agréable et touchante. L'écriture fragmentaire de Delphine Roux est idéale ici pour exprimer l'éveil à la vie d'un jeune homme retenu jusque là dans sa chrysalide, et dont les ailes de papillon ne demandent qu'à se développer. J'ai beaucoup aimé lire ce roman, sans en faire pour autant un coup de coeur. Après ma lecture précédente, il m'a sans doute manqué ici de la force, de l'émotion, et d'être transportée davantage par l'écriture de l'auteure pourtant extrêment fine et juste.

Editions Philippe Picquier - 12.50€ - Août 2015

 Un premier roman intimiste au ton juste pour Laure - Une belle découverte pour Clara - Une petite merveille pour MicMelo - Une magnifique découverte pour Jérome - Un premier roman émouvant, fragile et délicat comme les ailes d’un papillon pour Noukette - Une très belle rencontre pour Leiloona - Juste exquis pour Sabine - Il y a des papillons aussi pour Isabelle dans cette lecture...

27 février 2016

Jamais dans la vraie vie


[Vanessa et Foresti sur un canap'] Sinon, pendant ce temps, je lis Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan, un titre enregistré depuis longtemps sur ma liseuse... Je me prépare également à lire les titres en lice pour le Prix Cezam 2016, prix auquel ma bibliothèque participe cette année. J'en ai déjà lu deux. Voici la sélection ci-dessous :

- Celle qui a tous les dons, MR Carey
- Après le silence, Didier Castino
- Nous dînerons en français, Albertina Dimitrova
- Acquanera, Valentina d'Urbano [Ma lecture ici]
- La Chaise numéro 14, Fabienne Juhel
- La Dernière page, Gazmend Kapllani
- Un après-midi d'automne, Mirjam Kristensen
- Venus d'ailleurs, Paola Pigani
- [Kokoro], Delphine Roux
- La Maladroite, Alexandre Seurat [Ma lecture ici]

Vous trouverez plus de détails en suivant ce lien [clic]. Bon week-end !!

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