12 novembre 2014

Une vie à soi, Laurence Tardieu ~ Rentrée littéraire 2014

unevieasoi"Je m'appelle Laurence T., je suis écrivain, je viens d'avoir quarante ans. J'ai été au bord de l'effondrement pendant deux ans, incapable d'écrire une ligne, incapable d'accrocher le réel. Plus rien n'avait de sens, les mots n'avaient plus de sens. Les mots étaient vides. Et aujourd'hui j'écris ce livre."

Cela reste un étonnement constant l'inattendu de ce qui parfois nous réveille. Il suffit souvent juste d'un miroir tendu, d'une phrase, d'une rencontre. Pour Laurence Tardieu, rattrapée par une douloureuse panne d'écriture, ce fut cette exposition de Diane Arbus, ses photographies, un choc visuel, puis l'exploration d'un destin qui faisait tant écho au sien. Devant elle, il y a cette même enfance privilégiée qui se mure derrière des parois de verre, mais aussi le choix d'une vie différente, sincère, moins facile, moins tracée, honnête, et tous les sacrifices que cela engendre, le désordre que cela crée autour de soi, l'incompréhension et la solitude. Alors l'écrivain va se nourrir du parcours de la photographe, s'appuyer dessus, y puiser de la force, des impulsions, et peu à peu retrouver goût au jour qui se lève.

"Il n'y a qu'en écrivant que je ne triche pas. Que je reste la même que moi."

Ce titre de Laurence Tardieu est véritablement dans la continuité de ses derniers livres, du choix d'écrire La confusion des Peines [clic] par exemple, au constat que l'écriture a disparu en même temps que le brouhaha créé par ce récit (L'Ecriture et la vie [clic]). On ne rentre pas dans Une vie à soi comme dans un roman confortable. C'est l'histoire d'une quête qui nous est donnée, via des fragments de souvenirs, des scènes du quotidien, une enfance retrouvée. Personnellement, je suis très touchée par le chemin d'écriture que prend Laurence Tardieu, par ses questionnements, par son courage, sa sensibilité aussi. Certaines phrases m'ont percutée violemment, la résonnance est évidente, et ouvre de nouvelles portes, des réflexions, sur l'exigence dans laquelle on tient soi-même son existence.

"J'aurais pu continuer ainsi, en écrivant des romans : "touchants", qui ne dérangent personne. Qui inventent des histoires."

Un très personnel coup de coeur que, je l'espère, vous partagerez.

Editions Flammarion - 18€ - 20 août 2014

challengerl2014

Je participe au challenge 1% rentrée littéraire de Hérisson... qui consiste à lire au moins 6 livres de la rentrée littéraire [clic ici pour plus de détails] - et je suis en partance vers le 2% - n°10/12

Clara a été touchée-coulée [clic] - Un coup de coeur et au coeur pour Cathulu [clic] - Une plume délicate et lumineuse pour Leiloona [clic] - Bouleversant pour Mirontaine [clic] - Un coup de coeur pour Eimelle qui a la bonne idée de rajouter des photographies de Diane Arbus [clic]

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11 novembre 2014

En cours de lecture...

"[...] ainsi donc, le monde est bien plus vaste que le petit territoire propre et verouillé que je parcours depuis l'enfance, il est traversé de mille frontières dont une première vient de m'apparaître, il intègre ce qu'on a toujours cherché à tenir éloigné de moi, dans un souci évident de protection mais qui, loin de me procurer un quelconque apaisement, génère en moi la plus vive des angoisses : la vie n'est pas seulement ordre, clarté, cohérence, verticalité, unicité, maîtrise, toutes ces choses qui, lorsqu'elles existent seules, sont effrayantes - mais aussi désordre, ombre, folie, aliénation, effondrement. On n'est pas toujours debout. On est parfois à terre. On est parfois hurlant. En mille morceaux. Oui, la vie est immense, ouverte sur des abîmes. Ouverte sur des espaces. La vie est bien vivante."

Extrait de Une vie à soi de Laurence Tardieu, Flammarion 2014

inrocks

(copyright - photo chipée sur le twitter des Inrocks)

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29 octobre 2014

Debout-payé, Gauz ~ Rentré littéraire 2014

deboutpaye

 "FORMATION DE VIGILE. Pour exercer, tout vigile doit avoir une autorisation de la préfecture. Et il existe désormais une indispensable formation de vigile. Un diplôme pour gagner le droit de rester debout 12 heures payées au SMIC horaire, dans un Franprix ou un Ed miteux de banlieue, avec pour mission d'empêcher les enfants de chaparder des canettes de Cola..."

Debout-Payé explore la condition de vigile à Paris, apparemement exclusivement noire, parce que le Noir fait peur, qu'il impressionne, particulièrement la voleuse à sac à main qui traîne dans les rayons de chez Camaïeu ou les petites frappes qui cherchent à dissimuler dans leurs poches des parfums coûteux de chez Sephora. Comme beaucoup d'autres ressortissants de la communauté africaine qu'il fréquente, Ossiri est sans-papiers, il loge dans une maison pour étudiants sur un matelas posé au sol près d'un autre sans-papier, dans neuf mètres carrés. Depuis des générations, sa famille vient chercher le paradis en France et se retrouve finalement debout à l'entrée d'un magasin ou dans une guérite à garder un entrepôt. Les dangers de retours à la frontière sont multiples, les conditions de vie limitées au sacro saint sésame du travail qui lui permettra de conserver un logement, même miteux, et de pouvoir envoyer de l'argent au pays.

Gauz porte un regard mi-amusé mi-perplexe sur nos habitudes occidentales et sur la foule qui fréquente Les Champs-Elysées. Et j'ai aimé son récit, la forme du cataloguage qui alterne avec un aperçu plus large de la condition africaine en France, via des parties plus romancées, la volonté de partir, la naïveté et les pièges, les cercles vicieux, l'obtention tant attendue des papiers. Ce livre, avec son texte d'une grande qualité, dont j'ai apprécié à plusieurs reprises la langue, arrive en complément parfait de mon visionnage au cinéma de Samba [clic], apporte une autre lumière, également très moderne, sur nos hypocrisies modernes. Un très bon titre de rentrée !

Editions Le Nouvel Attila - 17€ - 28 août 2014

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Un coup de coeur pour Cathulu !! [clic] - Un auteur à la plume singulière qui mérite vraiment que l'on s'attarde sur son cas pour Jérome [clic]

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18 octobre 2014

Le Jour où la guerre s'arrêta, Pierre Bordage ~ Rentrée littéraire 2014

lejouroulaguerresarreta

 Un jeune-homme sans mémoire, armé du seul don de clairvoyance, lisant dans les pensées des hommes, arrive sur terre, et tente d'apporter de la lumière là où la violence règne, d'aider son prochain. Habillé seulement d'un drap, on le prend pour un pauvre type à qui il serait arrivé malheur mais le camp des bourreaux s'agite devant les paroles de cet étranger censées être apaisantes...

Voici un livre de rentrée qui est une très grosse déception. Je n'ai pas été du tout séduite par le conte philosophique que Pierre Bordage a voulu rendre ici. J'ai même été à plusieurs reprises gênée par les histoires qu'il racontait, le style, la naïveté du personnage (qui ressemblerait à celle du Petit Prince de St Exupéry). Ce titre m'est malheureusement assez vite tombé des mains... dommage, il n'était sans doute pas fait pour moi.

Editions Au Diable Vauvert - 18€ - 4 septembre 2014

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Une critique, bien plus positive, de Coeur de Chêne sur le site du Biblioblog [par ici] - D'autres avis enthousiastes sur Babelio [par ici]

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27 septembre 2014

Peine perdue, Olivier Adam ~ Rentrée littéraire 2014

peineperdue

 "Tout est calme et lumineux. D'ici rien ne semble avoir eu lieu. Aucune trace ne subsiste. La baie intacte déploie son croissant parfait, étendue scintillante sous le ciel lessivé."

Une tempête inattendue ravage une station balnéaire de la Côte d'Azur, très calme habituellement en cette période de l'année désertée par les touristes. Et les incidents se multiplient, sans avoir semble-t-il de liens entre eux. Des personnes disparaissent, emportées ou non par les eaux, certaines sont sauvées, Antoine est frappé à la tête et tombe dans le coma, des vols ont lieu dans un entrepôt. Chacun cherche quelqu'un, ou attend quelque chose, s'attache comme il peut à son quotidien, à son travail, à son maigre salaire, aux personnes qu'il aime, tandis que la mer, indifférente aux drames qu'elle a créé, brille de mille feux sous le soleil du sud.

Olivier Adam laisse la parole à chacun de ses personnages, leur consacre un chapitre, et s'immisce dans leur vie, l'intrigue dénouant peu à peu sa trame en arrière plan. Ce livre a une ambiance assez sombre qui laisse peu d'espoir à ses protagonistes. Et pourtant, il possède malgré cela un charme lumineux, distillé via quelques phrases, quelques gestes généreux et des destins préservés. J'ai retrouvé avec plaisir l'écriture d'Olivier Adam, j'ai été touchée, mais je n'ai pas complètement rencontré ce qui m'avait subjugué dans Les Lisièresindubitablement pour moi le roman le plus fort de l'auteur. Peine perdue est pour autant un très bon titre de cette rentrée ! 

Editions Flammarion - 21.50€ - 20 août 2014

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Le billet de Cuné [très tentateur] 

 

 

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14 septembre 2014

La Chute des Princes, Robert Goolrick ~ Rentrée littéraire 2014

lachutedesprinces

 "On faisait partie de cette espèce qu'on stigmatisait pour décrire les maux de la société contemporaine. On gagnait trop d'argent. On en dépensait trop. On ne levait pas le petit doigt pour aider les moins favorisés que nous, c'est-à-dire le reste de la planète. A la rigueur, on avait pitié des masses laborieuses. Je n'invente rien. On buvait trop. On abusait des drogues. On se faisait livrer la came en pleine journée par des gamins de dix-huit ans avec des dreadlocks. On avait à peine éteint nos ordinateurs le soir qu'on fonçait acheter du matos à Alphabet City. Le tout sans une once de remords. Bon sang, qu'est-ce qu'on s'éclatait."

A New-York, dans les années 80, certains jeunes gens, recrutés par de grosses firmes pour brasser beaucoup d'argent, deviennent les rois de monde, des princes selon Robert Goolrick. Tout leur semble facile et accessible. Riches, beaux, sans complexes ni peurs, la vie est pour eux un cadeau à saisir dans l'excès le plus total. Le narrateur du roman se fait le témoin de cette époque fastueuse et folle. La chute sera d'autant plus rude, quand la mort commencera à rôder et à rendre le sexe moins facile, avec l'apparition du sida, et quand la déchéance fera suite immanquablement à l'incandescence. Comment alors réussir à se réinventer un quotidien normal et banal ?

Je ne pensais pas prendre autant de plaisir à lire ce livre car je n'étais effectivement pas tout à fait séduite au préalable par le sujet. L'auteur avait pourtant reçu le Grand Prix des Lectrices de ELLE en 2013 pour Arrive un vagabond, son précédent roman, et elles ont en général bon goût les lectrices de ELLE, j'aurais du me méfier. Et effectivement, j'ai du me rendre à l'évidence que Robert Goolrick est un écrivain brillant qui sait nous rendre son personnage principal sympathique et attachant, malgré ses défauts. Nous avançons dans cette lecture, partagés entre répulsion et séduction progressive, percutés de plein fouet par certaines phrases qui tombent si justes, persuadés au final comme l'auteur sait si bien nous le démontrer de la vacuité du monde. Une très très bonne lecture de rentrée.

Editions Anne Carrière - 20€ - 28 août 2014

challengerl2014

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Cathulu a aimé aussi ce livre [clic ici]

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07 septembre 2014

La Langue des oiseaux, Claude Hunzinger - Rentrée littéraire 2014

LALANGUEDESOISEAUX

 "J'ai imprimé l'annonce tant elle semblait s'adresser à moi. Chaque samedi soir, il m'en arrivait une nouvelle. Cela en faisait déjà trois. Je me souviens de ma stupeur : il y avait quelqu'un, au loin, dans le Grand Vrac du consumérisme. Vivant."

Lorsque notre narratrice entre en contact avec Kat-Epadô sur internet, via son compte e-bay, elle est seule depuis quelques temps, dans une baraque isolée, au milieu d'une forêt. Elle a quitté Thomas, la ville, pris ses distances avec la sortie de son premier livre, et emporté avec elle des traductions à faire. Bien décidée par ailleurs à étudier la langue des oiseaux, elle s'est donnée une année pour vivre loin de tout. Elle ne s'attendait pas en cherchant un blouson d'occasion sur son écran, à tomber sur cette japonaise, maladroite et fascinante, dont les commentaires poétiques captivent la romancière. Un échange de mails s'installe, un danger semble rôder... Quand la réalité va-t-elle rejoindre le fragile refuge de ZsaZsa ?

J'ai commencé ce titre très enthousiaste, séduite par l'écriture de Claude Hunzinger, l'ambiance de retraite du personnage, et envoutée par un roman qui semblait avoir été écrit sous l'influence de la poésie d'Emily Dickinson. Le personnage de ZsaZsa est attachant, et on s'imagine très bien faire le même choix qu'elle, se retrancher quelques temps au calme, loin de tout, pour réfléchir et décider de son avenir. Cependant, très vite, la relation que la narratrice entretient avec sa jeune correspondante semble étrange, incompréhensible, moins captivante que dans les premières pages, et mon intérêt s'est distillé. Je suis cependant heureuse d'avoir rencontré par le biais de ce livre une auteure que je n'avais pas encore lue, car j'ai trouvé à ce roman malgré mes bémols un charme certain.

Editions Grasset - 18€ - 27 août 2014

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La lecture d'Aifelle [clic]

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03 septembre 2014

Un jeune homme prometteur, Gautier Battistella - Rentrée littéraire 2014

unjeunehommeprometteur"Elle m'a expliqué que pour faire naître un livre, on n'avait pas besoin d'être deux, que ce n'était pas comme dans la vie, où il faut que l'homme marie la femme pour avoir des gosses."

Notre narrateur a débarqué un beau jour chez Mémé dans son petit village des Pyrénées, orphelin adopté, avec son frère Jeff, par cette vieille femme au regard tendre et apaisant. La vie est tranquille, seulement troublée par la chasse aux limaces. Bien sûr, les deux garçons sont tentés par les bêtises et c'est le petit dernier, le plus sage, le plus prometteur, qui est sommé de se repentir pour la fratrie. Il est confié à la voisine, celle que les enfants prennent pour une sorcière, et qui lui apprend le goût de la lecture et de l'écriture. Plus tard, le jeune garçon tombera amoureux de Marie, la fille du docteur, mais la déception réveillera en lui la jalousie, la colère et le besoin de s'emparer de Paris. Conscient des démons qui l'habitent, loin de tous, le jeune homme trouvera-t-il dans la capitale l'apaisement, une notoriété littéraire souhaitée, ou une plus grande rage ?

Ouah. Ce roman est étonnant. Et autant vous le dire d'emblée, je l'ai adoré. Il n'a rien de paisible ou de champêtre, comme pourrait le suggérer mon résumé. Attention ! Il est bien plus que cela, dérangeant, cruel,  faussement simple, et pour moi d'une grande habileté littéraire. J'en ai aimé les fulgurances de phrases, aiguisées comme des couperets. J'ai aimé que l'auteur sache piocher dans la modernité juste ce qu'il faut de références, notamment dans le milieu littéraire parisien, sans perdre le fil de son récit. J'ai aimé être désorientée, rencontrer des personnages troublants, que la narration prenne parfois le temps de faire des pauses, pour nous plaquer quelques pages plus loin violemment contre le mur. Il y a beaucoup d'audace et de force dans ce roman, et une grande maîtrise sous des apparences modestes. On sent que l'auteur s'amuse avec son lecteur. Même si j'ai deviné assez vite quelques ressorts, j'ai aimé aussi que l'on cherche à me promener et que l'on m'achève efficacement sur les dernières pages. Un coup de coeur surprenant, qui a le goût merveilleux de l'inattendu ! Merci Monsieur Batistella, c'était bien.

Editions Grasset - 20€ - 27 août 2014

 

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31 août 2014

Les Indomptées, Nathalie Bauer - Rentrée littéraire 2014

lesindomptees

 "[...] Noélie est déjà debout, sur le seuil, dans l'entrée, dans le jardin, imaginant que l'obscurité éteindra, comme une flaque, le tison brûlant de ses pensées, aussi ne voit-elle pas Gabrielle se signer, n'entend-elle pas sa soeur expliquer le pourquoi et le comment de leurs batailles, l'existence de ce livre que, déjà, elle croit ne plus être à même d'écrire, ultime radeau à abandonner avec les autres rêves."

Gabrielle, Noélie et Julienne habitent toutes les trois le domaine familial, qui a vu passer bien des générations. Mais il est aujourd'hui au bord de la ruine. Noélie, qui a connu autrefois un certain succès littéraire, décide alors d'écrire un roman sur l'histoire de sa famille, dans l'espoir fou d'engranger ainsi quelques revenus. Tandis qu'elle rédige ses premiers feuillets, une jeune nièce, dépressive et sauvage, fait son entrée dans les lieux, invitée à s'installer chez elles par Gabrielle. Sa présence saura-t-elle faire revivre la demeure et ses habitantes ? 

Nathalie Bauer s'est inspirée de ses propres récits familiaux, et des photos qu'elle a pu dénicher pour construire cette saga familiale où les figures de femmes ont la part belle, surtout les plus modernes. Même si la grandeur et la décadence d'une famille sont des thèmes rebattus en littérature, l'auteur a su y apposer sa touche de profonde sensibilité et de féminité, dresser de beaux portraits de fillettes et de femmes âgées, mais également d'hommes habités par les traditions et le devoir.
J'ai passé un agréable moment avec ce livre de rentrée à la belle écriture qui se déguste doucement et n'oublie pas en toile de fond de brosser à grands traits l'histoire de l'évolution des moeurs, ainsi que l'histoire avec un grand H. 

Editions Philippe Rey - 20€ - 21 août 2014

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La lecture de Keisha [clic] 

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22 août 2014

Big Brother, Lionel Shriver - Rentrée littéraire 2014

bigbrother

"Il n'est pas gros, c'est mon frère."

Pandora accepte de recevoir chez elle son frère pour quelques semaines. Il est, d'après un de ses amis, dans une mauvaisse passe. Pourquoi refuser de l'aider ? Pandora est une femme d'affaires que son propre succès ne cesse d'étonner. Elle a du temps et justement envie de nouveaux défis à relever. Mariée depuis quelques années à Fletcher, un père de deux enfants, elle se souvient de la dernière visite de son frère Edison, et combien sa suffisance avait agacée sa famille. Jeune prodige du jazz, Edison se vantait à la moindre occasion d'avoir joué avec les plus grands. Cependant, lorsqu'il débarque de son avion à l'aéroport le choc est grand pour sa petite soeur, bouleversant. Edison est devenu énorme...

Peut-on sauver malgré eux ceux que l'on aime ? Tel est la véritable problématique de ce roman, qui traite avec grand brio de l'obésité, et de son traitement toujours spectaculaire. Pandora cherche à sauver son frère, en s'attachant à retrouver en lui son essence, celui qu'elle a aimé et qui se cache sous des bourrelets, et cela au risque de mettre son couple en péril. Le dur combat de ce duo étrange pour l'amaigrissement, fait d'obstination et de complicité, amène le lecteur à rester en haleine et subjugué. J'ai aimé ce livre - par ailleurs léger dans son traitement - car il m'a tenu comme un bon thriller et sa fin quoique étonnante est véritablement d'une grande intelligence. Un bon titre de rentrée.

Editions Belfond - 22.50€ - 21 Août 2014

challengerl2014

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 Un grand merci à Babélio et à Belfond pour l'envoi de ce titre !

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