28 mai 2016

Albédo, Sébastien Fritsch

albedo

 Une fois n'est pas coutume, je vous parle de la sortie d'un livre avant sa sortie. Il faut dire que Sébastien Fritsch est devenu depuis notre rencontre à Bordeaux en 2008 (fichtre ça date !) un ami sur la blogosphère, un ami écrivain, qui a créé sa propre maison d'édition pour publier et distribuer ses livres... Je suis très admirative de sa démarche, de sa pugnacité et de son talent pour raconter des histoires. 

Dans Albédo, son nouvel opus qui sort le 11 juin, il excelle encore à distiller une ambiance tendue et pleine de suspens. Ici, il est question surtout d'amitié. Mock a disparu, après avoir laissé Nil tout seul à Ti-Gwern dans cette grande maison qui a abritée autrefois leur jeunesse, et des fêtes inoubliables. Lorsqu'ils étaient encore des jeunes gens insouciants, Nil était alors amoureux de Maud, la soeur de Mock. Mais la présence du groupe à Ti-Gwern était tout juste tolérée par le propriétaire des lieux, Richard, qui un matin les a tous chassés. Depuis, Nil a épousé Belem, a eu des enfants, a divorcé, et chacun a fait sa vie de son côté. Ils étaient venus tous les deux, Mock et lui, après des années sans se voir, épandre les cendres de Richard sur la plage. Nil rentre chez lui, désappointé et un peu agacé par le départ inexplicable de son ami pendant la nuit. Mais quand Maud vient chercher Nil pour retrouver son frère, inquiète d'une absence qui se prolonge étrangement, Nil laisse tout tomber pour rechercher Mock à ses côtés.

Albédo se révèle au fil des pages un véritable page turner, qui n'oublie pas de semer ici et là de belles plages de tendresse. Merci Sébastien !

Editions Fin mars début avril - 18€ - 11 juin 2016 (précommande possible)

Toutes les infos sur le blog de l'auteur ici [clic] Mes autres lectures de Sébastien Fritsch sur ce blog !


11 novembre 2012

Se retenir aux brindilles, Sébastien Fritsch

seretenirauxbrindilles"Finalement, si l'on s'en tient aux apparences, ce n'est pas si compliqué de tout envoyer balader - tout, sauf mes enfants. Mais si l'on creuse davantage, il est évident que ma fuite n'est qu'une illusion."

Ariane revient sur les lieux de son enfance pour y trouver refuge, chargée de ses deux jeunes enfants. Avant de partir, de fuir la peur, elle n'a jeté que quelques affaires dans sa voiture. Tout a changé dans le village dans lequel elle débarque après tant d'années. Sans trop y croire, elle sonne chez une vieille femme qui l'accueillait toujours généreusement lorsqu'elle était petite, Marthe. Celle-ci la garde près d'elle pour quelques jours malgré une mémoire qui s'envole et Ariane reprend espoir, tout en s'interrogeant sur son avenir. Mais le danger rôde encore...

Sébastien Fritsch a l'art de surprendre, et le fait encore une fois avec ce roman qui m'a profondément émue. Se retenir aux brindilles nous conte une histoire, au plus près du réel, celle d'une femme victime de violence conjugale en fuite. Alors confrontée à ses souvenirs d'enfance, elle recrée en mémoire le trio qu'elle formait alors avec Tristan et Mathias, deux petits voisins. La peur était la compagne de leurs jeux d'enfant, elle suivait de près l'imagination gothique de Tristan. Elle permettait à Ariane de s'extraire aussi d'une atmosphère familialle opressante. Mais rien ne surpasse la crainte qu'elle ressent aujourd'hui.

J'ai beaucoup aimé ce roman, la faculté de l'auteur de ne jamais tomber dans la facilité narrative, que l'on retrouve trop souvent par ailleurs. Sébastien Fritsch sait créer des atmosphères riches et ne se contente pas de survoler les faits. Ariane a des réactions normales, multiples et parfois dérisoires. Elle cherche avant tout à nourrir ses enfants, à trouver un toit pour eux, et les souvenirs se bousculent souvent peu à propos dans son esprit. J'ai ralenti ma lecture à divers moments, de crainte de devoir quitter ce personnage auquel je m'attachais de plus en plus, et ces enfants que je souhaitais à l'abri.
Une lecture profonde et remuante qui sait également nous tenir en haleine comme un thriller.

Editions Fin mars début avril - 18€ - 6 novembre 2012

Pour en savoir plus sur l''auteur http://sebastienfritsch.canalblog.com/ ou comment se procurer ce livre http://marsavriledition.canalblog.com/

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01 juillet 2012

Le sixième crime... en poche !

lesixièmecrimeSébastien Fritsch poursuit son aventure éditoriale et littéraire en nous proposant pour l'été une version poche de son roman policier Le sixième crime.

Lex, un talentueux écrivain francophone, vit en reclus depuis plus de quarante ans dans un hameau perdu de la Drôme provencale. Aucun journaliste n'a jusqu'à ce jour réussi à percer le mystère de son identité et de ses motivations. Mais quel sera son attitude face à un commandant de la police judiciaire ? Car, à présent, il s'agit de crimes, et de crimes atroces, à priori inspirés par d'obscurs polars écrits par un auteur inconnu, disparu aujourd'hui, Etrangement, tous les chemins de l'enquête mènent à Lex, et Jérôme Babalnic compte sur l'auteur pour l'aider à résoudre le mystère des cinq derniers meurtres, et si possible éviter l'exécution du sixième.

Voici ce que j'en avais pensé à l'époque...
"Voici une intrigue "littéraire" à multiples tiroirs, énigmes et jeux de mots, qui m'a promenée comme une débutante, à la manière peut-être de certains Agatha Christie. La force du récit tient dans le huis clos tendu entre les personnages, dans cette impression confuse de labyrinthe générée par les mutiples portes, chambres et pièces décrites, et dans cette chute inattendue qui m'a fait sourire. Et quelle apparente facilité d'écriture ! A découvrir donc !" [mon billet]

Editions fin mars début avril - 5€ - Sortie le 5 juillet 2012

Disponible en librairie - En l'achetant en utilisant [ce lien] on peut même bénéficier d'une dédicace !

Le blog de l'auteur - Ses autres romans ... Derrière toute chose exquise et Invitation pour la petite fille qui parle au vent

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31 octobre 2010

Invitation pour la petite fille qui parle au vent, Sébastien Fritsch

invitation_pour_la_petite_fille_qui_parle_au_vent"L'une et l'autre s'étonnèrent de voir la première carte de loup collée au mur. L'une et l'autre gardèrent cette impression pour elles. Et aujourd'hui encore, l'une et l'autre y repensent souvent. Mais ni l'une ni l'autre n'en dira rien. Autour de Christophe, elles font tinter leurs verres de rosé pour trinquer à leurs retrouvailles, au mariage si proche et à la vie, tout simplement. [...] Estelle est loin maintenant. Clara et Salomé doivent revenir à leurs personnages de fleuriste amoureuse et de médecin humanitaire désabusé. Elles doivent reprendre leur place dans cet étrange film de la vie. Le seul dont le scénario n'est pas connu d'avance. Le seul dans lequel les premiers rôles peuvent être dévolus aux absents."

heart Tout commence comme un thriller qui mettrait sur le devant de la scène un médecin légiste amoureux et une vendeuse de bijouterie au chignon impeccable... Mais c'est mal connaître Sébastien Fritsch, rien n'est si simple, car nous plongeons tout à coup dans le futur, dans le passé, et nous comprenons vite qu'il est bien entendu question ici de cadavres - objet de toutes les préoccupations de Thomas, le père - mais surtout d'amour, fatalement imparfait, celui qui lie entre eux les membres d'une même famille, un couple et ses trois filles.
Clara, la seconde, la plus raisonnable, va se marier. Elle est fleuriste. Salomé, la plus jeune, au Kenya depuis deux ans en profite pour revenir, lourde de tout ce qu'elle a laissé là-bas. Estelle manque, c'est l'ainée, elle manque depuis si longtemps que la blessure de son absence est un récit à lui tout seul, une présence. Elle envoie des cartes, à l'effigie du loup qui la représente, une unique phrase au dos, bouleversante, "Je cherche toujours". Tout ce qui gravite autour est histoire d'amitié, d'imaginaire, d'enfance, d'écriture et de chemin de vie.

Je connais Sébastien Fritsch depuis quelques temps déjà, principalement via son blog... Il me fait d'ailleurs de temps en temps la gentillesse de commenter mes petits textes. J'ai lu ses deux précédents romans (Le sixième crime et Derrière toute chose exquise). Il m'avait déjà surprise et conquise à l'époque par sa capacité à inventer une structure savante et subtile. Il m'a étonnée encore une fois, émue au possible par ce roman-ci, que je ne peux qu'ajouter à mes autres coups de coeur. Sans doute quelques éléments ont dû faire écho en moi, sans doute... J'ai été touchée par le regard délicat qu'il posait par exemple sur l'adolescence. J'ai aimé cette toute nouvelle touche de profondeur qu'il donne à ses personnages, des êtres de papier soudain vivants que l'on se prend à aimer. Mais surtout, plus j'avançais dans cette lecture, plus je me suis sentie fière de le connaître, plus j'ai pensé qu'il aurait été dommage qu'elle ne soit jamais publiée cette histoire. Car c'est une belle histoire, une histoire merveilleuse d'amour, de tolérance et de liberté, ne passez pas à côté.

bouton3 Note de lecture  : Coup de coeur ! - Editions fin mars début avril - 17€ - Sortie le 23 Octobre 2010

Toutes les informations pour le commander sont ici http://marsavriledition.canalblog.com/
Des avis de lecteurs  - Pour lire les trois premiers chapitres...

Dans la région, vous pouvez vous procurer des exemplaires dans cette librairie : Maison de la Presse  6, place du Champ de Foire 85600 Montaigu (Vendée)

Je me permets d'ajouter en point final une des petites variations que Sébastien Fritsch a inventé sur le thème du joli nom de sa maison d'édition...

"Il sera là fin mars, début avril au plus tard. On n'est jamais vraiment sûr, tu sais. Enfin non, tu ne sais pas. Tu ne sais plus. J'aurais bien aimé que tu saches. Et je me demande déjà, au cas où il te ressemblerait, si je devrais en pleurer ou en être heureuse."

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27 février 2009

Derrière toute chose exquise, Sébastien Fritsch

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Jonas Burkel est photographe. Lors d'un voyage en train, de retour de Meaux, il rencontre une très belle jeune femme absorbée dans sa lecture du Portrait de Dorian Gray. Intrigué, déjà amoureux, il l'aborde et lui tend sa carte. La jeune femme, perdue dans Paris, lui demandera son aide plus tard, au cours de la soirée ; il ne sera que trop heureux de l'héberger, et de rompre ainsi le quotidien monotone de son appartement confortable...

Même si la quatrième de couverture du nouveau roman de Sébastien Fritsch est beaucoup plus bavarde que moi, je ne dévoilerai rien de plus de l'intrigue de ce "policier" bien particulier, qui ne découvre ses cadavres que dans une pirouette romanesque intrigante. Comme dans Sixième crime, on se laisse bercer doucement et en préambule par le récit du narrateur, et puis les étaux se resserrent, les personnages - des femmes et un homme - se mettent à courir, à s'inquiéter, à trépigner, et c'est là que tout commence et que tout finit aussi, les poches remplies d'indices. Ensuite, une fois le livre refermé, il ne reste plus qu'à refaire en pensée le chemin inverse, à suivre le fil d'Ariane qui nous avait été tissé en silence, et à se dire "tiens mais à quel moment ai-je été inattentive, quels détails m'ont donc échappés ?" J'ai beaucoup aimé les personnages de ce roman, son héros séducteur et toutes ces belles femmes brunes, délaissées mais présentes. Encore une fois, des livres sont au centre de l'affaire, un surtout en particulier, vous devinez lequel ?

Une voix singulière et reconnaissable se fait jour au terme de cette seconde lecture, et il est toujours agréable de se faire mener ainsi en bateau par un auteur.
Chapeau Sébastien, et merci !

Un extrait...
"Elle garde son regard suspendu au mien, sa main serrée sur la mienne, retardant son départ, dans l'espoir, sans doute, que je lui parle enfin. Mais je ne peux rien lui dire. Et elle pourra garder pendant des heures cette posture attentive et patiente, je ne lui dirai rien. Elle ne peut pas comprendre, personne ne peut comprendre ce sentiment d'absence qui me ronge. Je ne le comprends pas moi-même. Je ne peux que constater ce paradoxe : depuis dix-neuf ans, je collectionne les départs de femmes sans broncher, et c'est une fille avec laquelle je n'ai rien vécu, sinon un trajet en train et un petit-déjeuner, qui me plonge dans un vide glacial."

ISBN : 978-2-35291-028-2 -19€-02/09

 

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15 avril 2008

Le Sixième crime, Sébastien Fritsch

sixi_me_crimeJe vais vous parler aujourd'hui du livre de Sébastien qui sort demain en librairie.
J'ai eu la chance inattendue de l'acquérir en avant première, lors de mon périple sur Bordeaux, et de le faire dédicacer par l'auteur lui-même !!!

Lex, un talentueux écrivain francophone, vit en reclus depuis plus de quarante ans dans un hameau perdu de la Drôme provencale. Aucun journaliste n'a jusqu'à ce jour réussi à percer le mystère de son identité et de ses motivations. Mais quel sera son attitude face à un commandant de la police judiciaire ? Car, à présent, il s'agit de crimes, et de crimes atroces, à priori inspirés par d'obscurs polars écrits par un auteur inconnu, disparu aujourd'hui, Etrangement, tous les chemins de l'enquête mènent à Lex, et Jérôme Babalnic compte sur l'auteur pour l'aider à résoudre le mystère des cinq derniers meurtres, et si possible éviter l'exécution du sixième.

Pour tout vous avouer, je craignais de ne pas aimer ce livre - je lis en effet très peu de romans policiers - et j'avais peur de devoir dire que je ne l'avais pas aimé (voilà qui m'aurait bien fâché avec Sébastien). Mais quel soulagement, car le roman de Sébastien est excellent ! Voici une intrigue "littéraire" à multiples tiroirs, énigmes et jeux de mots, qui m'a promenée comme une débutante, à la manière peut-être de certains Agatha Christie. La force du récit tient dans le huis clos tendu entre les personnages, dans cette impression confuse de labyrinthe générée par les mutiples portes, chambres et pièces décrites, et dans cette chute inattendue qui m'a fait sourire. Et quelle apparente facilité d'écriture ! A découvrir donc, et à lire, sans bouder son plaisir.

Extrait : "Pour ma part, je suis persuadé que vous faites erreur, rétorquai-je vivement, comme pour contrebalancer ce retour de confiance de mon interlocuteur. Le meurtrier ne pouvait pas vous tuer plus tôt : cela n'était pas conforme à son plan. Mais maintenant qu'il a assassiné un J, un A, un C, un O et un B, il peut passer à la suite : le L de Lieberman. Et c'est pour cela que, comme je disais en arrivant hier, j'ai besoin de vos lumières : vous devez me dire comment va se produire le sixième crime."

 

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