03 février 2014

Comment savoir ?

sauter

En novembre, j'ai failli te perdre 
En novembre, j'ai failli me perdre 
Il y avait comme une source chaude près de nous 
Qui me disait qu'il était temps de choisir 
Entre hier et aujourd'hui

J'ai pris ce qu'il y avait de bon à garder
Et j'ai sauté

© Les écrits d'Antigone - 2014

 

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14 avril 2013

En cours de lecture

Nu et pâle, les bras sous la tête

cerf

 

Elle m'a rêvé un soir et je suis sorti.
J'ai longé les arbres et les bancs allongés,
J'ai suivi les rails et les pistes des bois,
J'ai couru dans le noir, je n'ai rien trouvé.
Elle m'a rêvé le jour suivant. Une heure,
J'ai parlé dans une langue inconnue.
J'ai chanté des rois sans planète, délaissés.
J'ai ouvert ma porte aux êtres de brume.
Et je n'ai rien entendu.
Elle m'a rêvé toute une semaine et j'ai tué
Un cerf. J'ai arraché son cœur fumant,
Je l'ai mangé. J'ai peins ma poitrine de
Ses sirupeuses traînées. Je me suis endormi.
Et je ne l'ai pas senti dans ma chair.
Elle m'a rêvé une minute, à l'orée d'une heure.
J'ai claqué dans mes mains, j'ai perdu la tête.
J'ai puisé dans mes souvenirs, j'ai cherché
Mon nom. J'ai oublié mes vieilles terreurs.
Et je ne me suis pas souvenu d'elle.
Elle m'a rêvé les yeux ouverts, elle a dit mon nom.
Je suis devenu un nuage emmargé, j'ai plu des larmes
D'eau douce, d'aquarelle. Des larmes sans pareilles.
J'ai vu son visage.
Doucement, j'ai épelé ton nom.

In Efflorescences de Ismaël Billy - Editions du Menhir - Février 2013

Je vous parlerai de ce recueil de poésies dans son ensemble plus longuement bientôt, mais je suis d'ores et déjà très heureuse de ma lecture. Je ne suis pas à même de juger de la qualité de la forme d'une oeuvre poétique, j'aime de toutes manières qu'elle soit libre. Cependant, je peux vous dire à ce stade de ma découverte que lire Ismaël Billy est extrêment rassurant, il rassure sur la vivacité de la poésie d'aujourd'hui, héritière du passé mais indubitablement moderne.

Je vous rappelle que le dimanche est jour de poésie chez Littér'auteurs, n'hésitez pas à aller lire chez Martine le poème coup de poing d'Albane Gellé qu'elle a décidé de mettre à l'honneur sur son blog [clic].

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24 juin 2012

Nous deux

 

jouvence

En pleine conscience j'effleure
Ta présence fugitive
A quand un prochain départ ?
A quand à nouveau ton absence ?

D'un rien tu t'envoles
A peine je me retourne
Et c'est l'évasion

Même là accoudé à ma table
Tu manques
Même ta tête au creux de mon cou
Tu manques

Soulagée d'un sourire retrouvé
Et puis brouilllée embrouillée
Du souvenir des contrariétés
Qui me blessent et te blessent

Nous deux c'est un peu
L'oiseau des mers
Qui aurait épousé un Edelweiss

© Les écrits d'Antigone - 2012

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13 avril 2012

Oser le bonheur

Je comprends elle est tentante la basculeboismain
Au lieu de l'équilibre
On peut trouver sa raison d'être dans l'infini combat
Dans des poings qui se serrent

Être toujours à la limite de soi
Au bord, dans la fragilité
Chercher l'effleurement, juste ce qui blesse
Et trouver de la vie
Dans cette sentation de douleur

Tout mieux que le silence

Elle est tentante, oui
La voie tracée, toute prête
Tu le creuses depuis longtemps déjà
Ce sillon

Mais oser le bonheur
Goûter l'éclat d'un rire, ses postillons de joie
La beauté d'un geste, son mouvement vers toi
Voilà l'audace, le sursaut

Le pouvoir qui te reste

© Les écrits d'Antigone - 2012

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09 janvier 2012

Je compte

Ta main. Ma main.mains
Nos sueurs de paumes mêlées.
Tout l'univers. Tous les désirs.
Dans cette pression.
Douce.

Ma main. Ta main.
Rien d'autre.
Et l'affection.
Dans l'entrelacement de nos doigts.
Dans nos regards qui s'éclipsent.

Je pourrais mourir
Juste pour cette sensation.
Courir des kilomètres 
A m'en brûler la gorge.

Devenir folle.

Pour ta main dans ma main.
La somme de nos phalanges.

Divisible par dix.

© Les écrits d'Antigone - 2012

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11 décembre 2011

Muette

feuillessoufflerventAmi

Ma parole n'est plus que l'ombre d'elle-même
Devant toi elle a perdu ses armes
Pour consoler

Tel que toujours tu es
Miroir silencieux de ce qui m'agite
Paroi sur laquelle je me heurte et rebondi

A peine lèves-tu un sourcil de ponctuation
Que d'un mouvement de tête tu tournes la page
Et te referme

Ami

La clé est le temps
 Et le souffle du bonheur présent
Le tourbillon dans lequel tu peux
Réinventer ta vie

© Les écrits d'Antigone - 2011

Allez... aujourd'hui, c'est un poème de mon cru. Cela faisait longtemps. Il faut bien justifier de temps en temps son titre de blog. Bon dimanche !!

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20 août 2011

Tu, Sandrine Soimaud... Rentrée littéraire 2011

tu"Lisa de plomb, tu aurais tout donné pour leur ressembler. Qu'elles soient blondes et raffinées, ou brunes et négligées, leur seule présence prouvait qu'à l'évidence ni toi ni ta mère n'étiez suffisantes."

Une jeune femme harcelée par sa mémoire dans le cadre cotonneux d'un univers médical aseptisé. Le Je qui ne cesse de se dire Tu. Un passé qui se dévoile par bribes...

Ce livre est une grosse déception. J'ai été emballée par le thème, au tout départ, moi qui aime tant cette utilisation du Tu dans mes propres petits poèmes. Mais ici l'on arrive très vite, trop, aux limites du jeu littéraire, ce moment où le lecteur est définitivement perdu... Je n'ai pas eu envie d'aller au-delà de la page 30.
L'utilisation du Tu de manière systématique est véritablement lassante, elle semble de plus concerner étrangement deux personnages. Je ne saurai sans doute jamais de quelle révélation il était question en quatrième de couverture, tant pis.
L'écriture ne m'a pas convaincue non plus, cette image si conventionnelle du "grand lit froid" par exemple ou cette expression de "jappements de chiots" attribuée à un être humain m'ont rebutée... Un univers qui n'est à l'évidence pas pour moi. Dommage.

bouton3 Abandon - Editions Buchet-Chastel - 17€ - Sortie le 18 Août 2011challenge_1_

Lu en juin pour le Prix Fnac
(Autre abandon de ma sélection... Les anciens dieux blancs de la brousse de Jean Billeter qui sort chez Fayard le 24 Août, une atmosphère dans laquelle je n'ai pas réussi à trouver ma place de lectrice, donc pas de billet. Me reste Black Mamba Boy de Nadifa Mohamed à chroniquer, ce sera pour sa sortie en septembre.)

Une lecture du Challenge 1% rentrée littéraire
Mené cette année par Hérisson 3/7

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05 août 2011

Pour moi, tu étais un arbre

Ne bougeons plus.hommearbre
Tout est en place.
Chacun a sa chacune ?
Parfait.
L'image sera superbe, sur papier.

Si j'osais, je nous prendrais bien en photo moi aussi.
Tellement nous sommes beaux.

Tous ces éléments de tableau élégament disposés.
C'est tellement tellement.
Beau.

Aucune erreur à déplorer.
L'important étant de convenir.
D'harmoniser.
N'est-ce pas ?

Ah tu te glisses près de moi.
Sais-tu ce que je pensais ?
Avant.

Pour moi, tu étais un arbre.
Magnifique à chaque saison.
Parce que changeant,
Plein de promesses.

J'aurais aimé être un oiseau alors.
Mes plumes adossées à la texture rude de ton tronc.
Je te croyais à nous.

Mais attention, tu as raison.
Il nous faut prendre la pose.
Ne bougeons plus.

 

Si jamais tu la développes.
Surtout.
N'oublie pas de l'encadrer.
Cette photo.

© Les écrits d'Antigone - 2011 

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14 juin 2011

Dans le petit wagon belge

Tandis que t'appuyant à la vitre brouilléetrain
Qui sait donner au jour la douceur d'un regard
Tu guettes, comme le chasseur guette un chevreuil,
Le passage de la frontière dans les bois,
Et que, malgré le train qui me cogne le dos,
Je fais peser toute mon âme au même point
Pour deviner si quelque chose va finir
Et si commencera quelque chose, des hommes,
Prisonniers avec nous de ce lieu fugitif,
Nous entourent d'une pensée où l'on a chaud.

Ils sont nés avant nous, dans une autre patrie.
Ils vivent. Le milieu de leur face barbue
Tient une pipe courte et fait un bruit de mots.
Tu ne vois pas leurs yeux qui se collent sur nous
Comme des mouches bleues sur des pêches sucrées.
C'est en vain que ton âme est penchée au dehors.
Ramène-la. Ne cherche pas à te défendre.
Sens l'impalpable exil nous entrer dans la peau,
Imprégner l'épaisseur de la chair, membre à membre ;
Sens le monter, comme la force du sommeil
De tes pieds à ton coeur, et de ton coeur au mien.

In Le voyage des amants, Jules Romains

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21 avril 2010

Tu vas bien

plongeoirTu t'étonnes même d'aller si bien. Il est entendu que tu aimerais que certaines choses se construisent enfin. Tu en as assez d'être sur le plongeoir. De regarder les autres nager dans la piscine, sans toi. Toujours ce sentiment futile d'être à part, et alors ? Est-ce que l'on te demande d'être comme les autres ? Est-ce cela que tu veux pour toi ? De la normalité bête et méchante. Bête surtout. M'étonnerait. M’étonnerait beaucoup.

Des mots à sourire, voilà ce que tu as en toi aujourd'hui. Et de cela tu es riche. De ce pays là, tu es reine.

.

Présence. La leur, celle des enfants, et puis bruit et couleurs de leurs jeux, bruit et encombrement de leurs gestes.
Présence aussi, dense, de ceux qui ne sont pas toujours près de toi. Même absents, les autres te parlent, bougent avec tes mouvements, sont là. Tu ne sais pas vivre sans les autres, sans penser à eux de temps en temps. Tu ne sais pas vivre sans te dire, tiens mais que font-ils à cet instant précis, maintenant ?

.

Prends soin de toi, s'il te plaît. Ignore-le, ne contemples plus ce sourire de connivence qui te plonge dans des profondeurs obscures, qui crée ce creux en toi, te trouble. Aide-toi  enfin à oublier mieux, à prendre ceux qui te bouleversent pour n'importe qui, pour des gens ordinaires, indifférents, qu’ils soient eux ou personne. Que peu t'importe finalement leur présence ou non, leur absence ou non, leur regard ou non sur toi.

Que peu t'importe son prénom à lui, le bleu de ses yeux, ce qu’il deviendra dans dix ans, ce qu’il est dans ta vie, ce que tu n’es pas pour lui.

.

Un coup de fil ce matin. Un numéro inconnu. Une erreur, sans doute. Ton portable qui sonne, fort, et vous quatre médusés qui le laissez sonner. Aucun message laissé. Un mystère.
Ou un signe. Cela peut être un signe.

Bon, d'accord, c'était un signe. Mais un signe pour quoi faire ? Un signe pour que tu ne laisses pas tomber ? Mais quoi ? Mais qui ? Lui ?

.

Qu’il ait ce courage alors, qu’il découvre son jeu à la fin. Zut.

Toi, à force d'être à nue devant lui, tu as attrapé froid.

.

© Les écrits d'Antigone - 2010

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