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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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20 septembre 2015

Pas pleurer, Lydie Salvayre

paspleurer

 "Montse a le sentiment de découvrir à quinze ans la vie qu'on lui avait cachée. Et elle s'y jette. Et elle s'y ébroue. Et c'est une joie pure. Ce qui l'amène à déclarer, soixante-quinze ans plus tard, avec une emphase toute ibérique, que si la guerre des armes a été perdue par les siens, l'autre (guerre) reste à jamais invaincue, escuchame !"

Nous sommes en 1936, en Espagne, c'est l'été. Montse a quinze ans. Sa mère vient de la présenter à Don Jaime Burgos qui souhaite engager une nouvelle bonne. Le notable trouve que la jeune fille a l'air bien modeste, mais ce compliment blesse Montse dans son orgueil, la rend folle. Heureusement, la révolution vient à son secours, elle n'aura pas besoin de faire la bonne. Elle quitte quelques jours plus tard la maison familiale avec son frère José, emportée par le vent communiste qui flotte dans ses paroles et dans celles des jeunes gens qui l'entourent. Ailleurs en Espagne, le catholique Georges Bernanos tremble devant les exactions de son propre camp. Des deux côtés, les esprits s'exaltent, s'enferment et tuent. Montse, elle, découvre l'amour physique avec un français de passage, poète et inconnu, et puis elle se découvre enceinte... 

Lydie Salvayre a déposé dans ce livre la mémoire de sa mère, le souvenir de cet été intense qui changea sa vie. Et j'ai aimé que s'entrecroisent le présent, le langage tronqué de la vieille femme, celui imaginé de Georges Bernanos, et puis l'Histoire. L'écriture de Lydie Salvayre est originale, et cela aussi est véritablement un plus. Je ne m'explique donc pas pourquoi je me suis quelque peu ennuyée dans ce livre, pourtant intéressant par bien des points. Peut-être que le récit de Montse aurait suffit à mon bonheur ? D'ailleurs, la manière de l'auteure de reprendre doucement les erreurs de français de sa mère est véritablement touchante et croustillante. Mais ai-je réellement apprécié cette caution littéraire et érudite, parfois malvenue, qu'est ici le personnage de Bernanos ? Comme si le reste ne suffisait pas. Avais-je réellement envie de comprendre les franquistes ? Pour autant, Lydie Salvayre a eu raison de balayer ainsi tous les points de vue au sein de cette guerre d'Espagne complexe. Il est à noter que la conclusion du livre qui relate l'exode, la retirada, de toutes ces familles fuyant les violences m'a bien sûr replongée encore une fois dans l'actualité. 

Editions Points - 7.30€ - Août 2015

lautrerentree

Impression d'ensemble très positive pour Aifelle - Alex a été gênée par la différence entre les deux voix du livre - Gambadou a ressenti le même retrait que moi

Il y a presque dix ans, Points lançait la rentrée littéraire parallèle, celle des poches ! Ils nous permettent de revenir cette année sur la Rentrée Littéraire précédente et sur les livres qui ont marqué l'année 2014 en sortant 7 titres le 20 août. [Toutes les infos ici] 

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Commentaires
A
Enna : cela dit, malgré mes bémols, pour moi cela reste un très bon roman aussi ! ;)
E
J'ai beaucoup aimé ce roman, je peux comprendre que les parties concernant Bernanos paraissent un peu à part mais dans la version audio, cela est bien rendu, apportait comme un autre souffle, la lectrice changeant sa façon de lire quand c'était ces partie. Pour moi c'est un coup de coeur ;-)
S
Il est dans ma liste à écouter. Je vais essayer de ne pas trop en attendre. En audio, la prestation du lecteur est importante et peut influencer le ressenti de lecture en bien ou en mal. On verra donc.
G
Oui, mon avis est proche du tiens. Mais j'ai aimé que tu me le remettes en mémoire.
1
Moi, j'ai bien aimé Pas pleurer 1) pour les souvenirs familiaux empreints d'émotion de l'auteure qu'il fait affleurer, 2) pour l'engagement antifranquiste qu'il reflète, et 3) pour l'évocation de Bernanos en contrepoint de la lâcheté complice dans laquelle se sont engluées à cette époque beaucoup d'élites catholiques suivant l'exemple du pape Pie XII qui n'a ensuite jamais eu un mot pour condamner la barbarie nazie. Cela dit, j'ai peut-être encore préféré un autre livre de Lydie Salvayre, "La Compagnie des spectres" que nous avons mis un jour au programme du cercle de lecture dont j'ai assuré l'animation pendant dix ans. L'histoire que ce livre raconte évoque aussi des réminiscences historiques, puisqu'elle met en scène la folie d'une pauvre femme traumatisée par des souvenirs dramatiques de la période de l'Occupation nazie et de la Collaboration en France.
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  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
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