18 avril 2017

Nos âmes la nuit, Kent Haruf

nosameslanuit

On se fait parfois de drôles d'idées sur un roman d'après sa couverture... et tu pensais à tort détenir un livre qui enverrait ses personnages sur les routes. Grosse erreur ! Tout était dans le titre. En effet, l'aventure cachée dans Nos âmes la nuit est surtout humaine. Et c'est une bien drôle de proposition que fait Addie, veuve de soixante quinze ans, à Louis (à peu près du même âge), professeur de littérature retraité, que de venir passer de temps en temps la nuit chez elle, dans le même lit, pour discuter, pour ne pas être seule. Ils sont voisins, dans cette petite ville de Holt, où les allées et venues du vieillard vont très vite se remarquer, et choquer la population. Mais que voulez-vous, il faut bien s'occuper, et la vie est bien trop courte pour se préoccuper des commérages. Louis et Addie prennent plaisir à ces moments incongrus, apprennent à mieux se connaître... Mais tout à coup, débarque chez Addie, son petit fils Jamie, dont les parents se sont séparés. Le petit garçon est apeuré et désorganise un peu le duo qui avait trouvé rapidement ses marques. Il s'agit d'apprivoiser l'enfant, avec des câlins d'abord, de l'attention, des bébés souris dans le jardin, et puis par l'arrivée d'un chien... Le trio apprécie la routine qui se met en place, mais tout cela n'est pas vraiment du goût du fils d'Addie, qui pose rapidement des ultimatums... A quel âge s'arrête donc la liberté d'aimer et de vivre ce que l'on veut ? Et toi, lectrice, tu as aimé la douceur des échanges de ces deux êtres sans âge qui chuchotent dans le noir en se tenant parfois la main, les confidences, et ce sentiment fort de liberté qu'ils dégagent, ainsi que l'organisation minutieuse et tranquille de la vie qu'ils partagent. Nous sommes parfois tellement prisonniers des conventions, et du qu'en dira-t-on, de ces peurs qui font tellement de mal et peuvent même parfois briser des vies. Et tu as aimé l'écriture aussi, ces dialogues insérés dans le texte qui sont comme des murmures, ou de la poésie... Tout cela a le mérite de ne pas tomber dans la mèvrerie (ce que tu détestes en général) mais de rester dans le réalisme douloureux du temps qui passe. Un délicieux coup de coeur !!

Editions Robert Laffont - Septembre 2016

Encore un livre gagné chez Jérôme (attention je suis en train d'y prendre goût) !!

Keisha l'a lu aussi