lesprimatesdeparkavenue

Par où commencer avec ce récit qui n'est pas un roman ?... Oui parce qu'il n'est pas un roman (donc), et pas si léger que sa couverture le prétend (et en même temps si), et que ce n'est pas si facile de le résumer sans omettre tout un tas d'éléments intéressants... Premièrement, tu dois préciser d'emblée que Wednesday Martin se positionne dès les premières pages de ce livre en tant que chercheuse et anthropologue avide de comprendre le nouveau cadre de vie dans lequel elle a l'intention d'élever ses fils, soit le quartier le plus huppé de Manhattan, l'Upper East Side... Mouais avais-tu alors envie de penser... lorsque l'argent coule à flot les problèmes de certaines paraissent seulement briller un peu plus au soleil... et puis (chère Wednesday) personne ne t'a obligée à quitter le sud de Manhattan, plus ouvert, pour ce quartier aux codes et aux coutumes si enfermantes !! Si ?... Bref. En réalité, l'intérêt de ce livre réside surtout dans le regard porté sur cette société de mères auquelle se heurte la narratrice dès les débuts de son fils à l'école maternelle... Et tu as été saisie d'y retrouver toutes les difficultés que tu as rencontré toi même, alors toute nouvelle dans ton quartier, lorsque tu es arrivée avec ta fille toute petite (sautillante et pas toujours obéissante) dans ton école pourtant classée ZEP, avant de comprendre que les regards fuyants des autres mamans signifiaient simplement que tu n'habitais pas le bon immeuble... Ces bonjours sans réponse, ou ces regards qui te demandaient comment tu osais leur adresser la parole... Cette hiérarchie dont tu n'as pas maîtrisé au premier abord l'organigramme, cette erreur de vouloir discuter avec les pères (souvent plus avenants) et le regard foudroyant récolté ensuite dans ton sillage... Tous ces codes pour lesquels il faut l'avouer tu n'as jamais été très douée, offusquant sans doute plus qu'à ton tour les autres mères parfaites avec ton peu de considération pour la cuisine (entre autres) et toutes ces petites choses qui font que la vie d'une mère atteint son apothéose sociale (avec des escalades énormes quand vient le temps des anniversaires, ou des fêtes scolaires) et que son intérêt finit par ne plus tourner qu'autour de sa progéniture ... Et pourtant tu en as passé du temps avec la tienne, de progéniture... Et c'est donc là que Wednesday a commencé à réellement t'intéresser. Pas vraiment quand elle a cherché à dénicher le dernier sac à la mode (et surtout très très cher), ni quand elle t'a raconté en détail sa garde robe ou ses soirées burlesques entre copines. Mais quand elle a relié tout ce comportement humain et hautement féminin à celui de primates, et qu'elle t'a fait comprendre que ces codes... ceux auxquels justement tu n'avais pas voulu jouer... régissaient bien des milieux. 

Editions Globe - avril 2017

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