22 février 2017

Shangril La, M Bablet

shangrila

Tu avais déjà repéré cette couverture chez Noukette... Ayant lu son avis enthousiaste, tu étais donc plutôt disposée à choisir un jour cette BD sur les étagères de ta bibliothèque. Et justement, voici que l'occasion se présente... Chic ! Au départ, tu es un peu surprise. Malgré de très belles planches, tu trouves les visages un peu laids et les bulles indéchiffrables quand ce n'est pas les dialogues grotesques... Et puis tu changes d'avis (très vite) et tu te prends au jeu d'un univers d'anticipation étouffant et symptomatique de notre époque. Ce qu'il reste de l'humanité vit à bord d'une station spatiale dirigée par une multinationale, Tianzhu Entreprises, qui ne cesse de proposer à ses habitants de nouveaux téléphones derniers cris. Tout le monde travaille dur pour pouvoir se les offrir, et les dirigeants tiennent ainsi les travailleurs dans un calme relatif et à leur merci. Le contrôle est total et la consommation le seul idéal commun. Une race d'animaux humains (des animoïdes) a été créé à une époque dans ce sens, créer une minorité qui subira les brimades des autres, afin de canaliser les pulsions humaines et conserver la paix. Mais la révolte gronde, une résistance s'organise. Les dirigeants viennent d'annoncer qu'ils étaient en passe de créer de toutes pièces une nouvelle race, un programme qui verra le jour sur Shangri-la, la région la plus hospitalière de Titan. Deux frères, que tout oppose, vont se retrouver mêlés à une enquête pour le compte de l'entreprise, mais également à un réseau de résistance bien décidé à empêcher Thianzu Entreprise de conserver le pouvoir... Si l'album, très beau, réserve quelques petites surprises inventives (par exemple quand les personnages sont de dos, leurs visages sont représentés près des bulles), le tout est en réalité une curiosité bourrée d'émotion et de rebondissements, parfois assez terribles et violents. C'est un album qui ne t'a pas laissé indifférente, tu en fais même un coup de coeur particulier... Tu n'avais pas ressenti ce frisson là depuis longtemps... et ce que c'est chouette !

Editions Ankama - septembre 2016

Leiloona l'a lu aussi

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04 février 2017

N'oublie pas les oiseaux, Murielle Magellan

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Tu reconnais souvent tes coups de coeur à ce frémissement particulier qui accompagne la fin de ta lecture... ce sentiment profond d'avoir lu un livre essentiel pour toi, dont tu garderas la trace, l'écho, un souvenir marquant. Et voilà que tu viens justement de terminer un récit, avec cette sensation là, et quelques larmes au bord des yeux... Tu avais acheté N'oublie pas les oiseaux l'an dernier, lors de ton passage au Printemps du livre de Montaigu. On parlait alors partout des Indociles, cet autre titre de Murielle Magellan qui rencontrait un grand succès. Sur le stand blanc, on ne pouvait manquer sa couverture rose, et son titre intrigant. Toi tu avais choisi plutôt ce poche bleu, pour essayer la plume de l'auteure... et ne pas revenir à la maison en ayant trop dépensé... Rencontre brève et souriante, dédicace. Et puis tu as pris du retard dans tes lectures, et la semaine dernière tu avais besoin de glisser un format poche dans ton sac, tu devais aussi bientôt participer au comptage des oiseaux de ton jardin (voilà parfois comment on choisit un livre dans sa pile) et tu n'as ainsi ouvert ce titre qu'un an après... la semaine dernière, donc. Dès les premières pages, tu fais la connaissance de Murielle, 17 ans. Elle vient d'intégrer une Ecole artistique, elle est montée sur Paris pour ça, car elle aime écrire et interpréter ses chansons. Elle rencontre alors un de ses professeurs, dit le russe, ou l'homme slave, dont elle tombera petit à petit follement amoureuse, dont elle acceptera tout, qu'elle attendra avec effervescence, patience et impatience, jusqu'à partager enfin sa vie et avoir un enfant de lui. Autobiographique et revendiqué comme tel, lis-tu en quatrième de couverture... et toi tu as effectivement le sentiment de rencontrer quelqu'un, et de lire un récit qui tient de l'Amant de Duras... un récit sincère, troublant, qui ne cache rien de l'infidélité de l'un et de ce que l'autre peut donner par amour et certitude. Il y a pourtant une exigence particulière à lire ce récit qui fouille longuement les sentiments, les crises de manque, entrecoupe sa narration de morceaux de journal intime, parcourt les années, une exigence de proximité dont on ressort essouflée et vaincue... mais aussi profondément séduite.

Editions Pocket - février 2016

Georges l'a lu - Noukette aussi, qui emmène vers d'autres liens...

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01 février 2017

Monsieur désire ?, Hubert & Augustin

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Présenté en début d'année scolaire dans ta bibliothèque, et plébiscité par ton comité BD... tu avais hâte de lire cet album ! Et tu n'as pas été déçue. Il faut dire que tu l'avais déjà largement feuilleté... et que tu savais que tu y retrouverais une atmosphère tenant à la fois de la série Downtown Abbey et des Liaisons dangereuses. D'ailleurs, Edouard, ce jeune lord axphyxié par les conventions de son époque victorienne regrette une fois tout haut de ne pas être Valmont... Mais tu t'égares, raconte plutôt... Dans la demeure victorienne du jeune lord Edouard, donc, règne un ordre strict. Chacun est à sa place. Les aristocrates profitent de la vie. Une batterie de domestiques est là, dans l'ombre et le silence, pour exécuter tout ce que Monsieur désire. Mais justement, Monsieur désire que ce soit Lisbeth, une jeune servante un peu laide, qui soit chargée chaque matin personnellement de le ramasser à la fin de ses nuits de débauche. Lisbeth s'exécute, s'occupe du jeune homme sans se plaindre, et l'écoute. Et Edouard s'attache à cette oreille inattendue qui ne semble pas être choquée par ses récits sulfureux... Et c'est là que le bât blesse... En donnant à Lisbeth une importance démesurée, en menant un jeu de séduction socialement trouble, Edouard fragilise sa maisonnée et l'avenir de Lisbeth... Ton coeur de lectrice a vibré avec cet album qui n'est pas à mettre entre toutes les mains. Tu y as retrouvé ce que tu aimes aussi dans les albums pour adultes d'Agnès Maupré, ce mélange d'audace, d'impudeur et de fragilité. Tu as trouvé les dessins assez réussis (surtout les clairs obscurs), le document en fin d'ouvrage intéressant mais pas essentiel... et tu apposes au final sur cette lecture ton premier et délicat coup de coeur de l'année !! Ouf il était temps...

Editions Glénat - Septembre 2016

Moka l'a lu aussi - et Sabine également

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Ceci est ta BD de la semaine, tous les autres liens sont chez Moka aujourd'hui !!

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27 novembre 2016

Le dernier amour d'Attila Kiss, Julia Kerninon

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"Je ne savais rien de l'amour, mais je connaissais son absence [...]"

Nous sommes à Budapest. Attila Kiss a 51 ans et après avoir vécu une vie maritale enfermante au sein d'une famille mafieuse, avoir fait trois filles à sa maîtresse, il vit seul, loin de son ancienne vie. Il est travailleur de nuit dans une usine de poussins et passe ses journées à peindre. Rien ne le disposait donc à rencontrer Théodora, 25 ans, fille d'un célèbre ténor et riche héritière. Et pourtant, tous les deux se rencontrent, s'aiment, d'un amour au début à la fois emprunté et désordonné...

Ce court roman est d'une écriture magnifique. D'ailleurs, j'en ai sciemment ralenti la lecture pour mieux la savourer. Julia Kerninon sait effectivement décrire la rudesse et la beauté des sentiments avec brio. Ses personnages sont imparfaits, maladroits, étonnés, touchants. Ils se font un peu la guerre, sur des questions d'histoire, de vécu, de personnalités. Mais cet amour, quoique impossible, quoique socialement voué à l'échec, gagne. Lire ce petit livre est un petit moment de grâce auquel j'affuble un coup de coeur tendre. J'en garderai de belles images, des décors, et de longues phrases superbes. N'hésitez pas à le dénicher.

Editions Le Rouergue - 13.80€ - Janvier 2016 - Merci ma bibli !!

Une façon intelligente et originale de traiter le sentiment amoureux pour Jostein Une jolie confirmation après la réussite de son premier roman pour motspourmots

23 novembre 2016

La légèreté, Catherine Meurisse ~ La BD du mercredi

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 "Il me manque quelque chose."

Catherine Meurisse est en retard ce matin du 7 janvier, toute préoccupée par sa relation impossible avec cet homme qui lui manque. Lorsqu'elle débarque à Charlie Hebdo, le drame a déjà commencé, l'inimaginable. Après le choc, il s'agit de continuer à vivre. Mais ce n'est pas si simple, il y a surtout le sentiment d'être morte, elle aussi ce jour là, comme ses amis. Pour continuer, elle traque alors le beau, à Cabourg à la recherche de Marcel Proust, à la campagne, à la Villa Medicis, elle cherche le syndrome de Stendhal. Et elle découvre enfin que la beauté est partout, dans le moindre signe, cette beauté qui sauve, et rend la légèreté de nouveau possible.

Cet album est bien entendu plein d'émotion, mais également d'humour et de grande dignité. La douleur de Catherine Meurisse est intérieure, profonde certes, mais pudiquement mise en avant. Et c'est sa recherche de beauté, de légèreté et de lumière que nous poursuivons surtout. J'ai eu un coup de coeur évident pour cette BD, pour le sujet certes, mais également pour sa mise en page, les dessins, la force de certaines pages. Une lecture... pas aussi légère que le laisse supposer sa couverture.

Editions Dargaud - 19.99€ - Avril 2016 - Merci ma bibli !!!

Lu dans le cadre de la BD du mercredi. Tous les autres liens sont aujourd'hui chez Mo' [clic ici]

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16 novembre 2016

Annie Sullivan & Helen Keller, Joseph Lambert ~ La BD du mercredi

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 "Elle m'interroge sur le ciel, le jour et la nuit, l'océan et les montagnes"

Helen Keller devient aveugle et sourde à l'âge de dix-neuf mois, sans doute des suites d'une méningite. Etant sourde, elle ne communique pas non plus par la parole. Nous sommes en 1880, dans l'Alabama. Ses parents sont largement dépassés et font appel à Annie Sullivan, qui est engagée comme gouvernante. Elle vient de terminer ses études à l'Institut pour aveugles. Mal voyante, opérée depuis peu, elle a appris la langue des signes et va tenter de l'apprendre à l'enfant. L'éveil d'Helen Keller est extraordinaire et la petite fille va même faire très vite ses premiers pas dans l'écriture...

J'avais lu dans ma jeunesse l'histoire d'Helen Keller, romancée, un livre qui m'avait fortement impressionnée à l'époque. Les premiers contacts entre Annie et Helen sont en effet assez rudes. L'album dont je parle aujourd'hui a éveillé mes souvenirs de lecture, mais a apporté aussi avec lui un élément très émouvant, la retranscription en image, très réussie, de l'apprentissage de la langue des signes et son effet progressif sur l'imaginaire de l'enfant. L'histoire est très centrée sur le parcours d'Annie Sullivan, les institutions plus ou moins salubres dans lesquelles elle a été recueillie et s'est formée. Mais j'ai surtout été absolument fascinée par le talent narratif de Jonathan Lambert. En effet, l'enchaînement de certaines cases sont d'un impact émotionnel fort. Je ne serais pas allée naturellement vers cette BD, la couverture et les dessins n'étant pas spécialement jolis mais je ne regrette pas d'avoir cédé à la curiosité du thème car c'est indubitablement une lecture coup de coeur !

Édition Ça et Là - 22€ - Octobre 2013 - Merci ma bibli !!

La lecture de Jérome - Quelques détails supplémentaires chez Caro

Les autres liens BD du jour sont chez Noukette ! 

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09 novembre 2016

Mon père était boxeur, Barbara Pellerin, Vincent Bailly et Kris ~ La BD du mercredi

monpereetaitboxeur "J'ai baigné dans la crainte d'un débordement, d'un coup de folie, du meurtre. Imprévisible, il se transformait brusquement en un volcan de fureur que rien ne semblait pouvoir arrêter, même pas moi [...] Au milieu d'un gouffre creusé depuis l'enfance, la boxe deviendra un virage, une virgule, un trait d'union entre mon père et moi."

A trente ans, armée d'une caméra, Barbara Pellerin décide de suivre ce père tant redouté dans son enfance aux abords du ring, une façon de passer du temps près de lui, et de chercher du lien. A dix-huit ans, cet homme aujourd'hui calme, taiseux et bourru, a été consacré champion de France espoirs. Ensuite, il a rencontré sa mère, eu encore quelques victoires et défaites, et puis est devenu cet être fou de rage, fou d'amour, de jalousie, fou d'une violence qui le dépassait sans doute. Un jour, le père de Barbara meurt brutalement. Il ne reste alors de lui que ce film tourné par sa fille, les souvenirs d'enfance et aussi ces petits films sur bobines retrouvés tardivement qui retracent avec beaucoup d'émotion un bonheur perdu.

J'ai une affection particulière pour les quêtes personnelles quand elles sont retranscrites avec un tel talent narratif et une telle sensibilité. Ici, le récit de Barbara Pellerin est porté par les sublimes dessins de Vincent Bailly et l'adaptation sensible et dynamique de Kris. Le livre est accompagné d'un DVD [un teaser ici], une mise en image du texte à regarder suite à la lecture de la BD, avec beaucoup de délicatesse. On ne peut que rester émue par l'ensemble de ce projet, empli de pudeur, d'amour et de non-dits. Cet album est tout naturellement un coup de coeur de lecture !

Editions Futuropolis - 20€ - Mai 2016 - Merci ma bibli !!

Je participe avec cet album à la BD du mercredi, tous les autres liens sont chez Noukette [clic ici]

La lecture de Sabine du petit carré jaune, également bouleversée [clic] - Et la lecture de Noukette !

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24 septembre 2016

Le Sanglier, Myriam Chirousse ~ Rentrée littéraire 2016

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 "C'est l'amour, se dit-elle. Tout ce qui nous arrive, c'est l'amour. Cette absurdité, c'est l'amour."

Christian et Carole doivent aller déjeuner chez Mamivette, la grand-mère de Carole. Nous sommes samedi, le jour où ils quittent le Plateau, ce coin reculé où ils logent, dans une vieille bicoque, pour faire leurs courses dans le grand centre commercial de la ville la plus proche, quand même à deux heures de route. Le réveil a été difficile, la nuit mauvaise, et dès le début tout part de travers. Carole a envie de faire pipi un quart d'heure après leur départ, Christian a peur d'un rien, s'énerve. En revenant sur le parking du centre commercial, Carole constate qu'elle avait mal fermé sa portière de voiture. Cet incident va déclencher chez Christian des réactions incontrôlables. A quel moment Carole a-t-elle donc perdu le fil de cette journée ?

De Myriam Chirousse, j'avais lu avec passion Miel et vin, en son temps un gros coup de coeur de lecture. Il me tardait donc de lire son nouvel opus de rentrée. Et je ne suis pas déçue car encore une fois c'est un gros coup de coeur ! Pourtant, ce titre est très différent de la fresque qu'elle nous avait précédemment donnée à lire. Ici, l'action se déroule sur une journée, nous sommes la plupart du temps dans le huis clos d'une voiture, où se joue un dialogue entre deux personnages. L'espace temps, les lieux, l'atmosphère, tout est très resserré, et je dirais même oppressant. Et c'est là que Myriam Chirousse est talentueuse. Elle nous tient du début à la fin sur la même note aiguë de tension, qui tranche avec la banalité terne d'un samedi ordinaire à courir les magasins. Ne passez pas à côté, ce livre est génial !

Editions Buchet Chastel - 14€ - 25 août 2016

Coup de coeur aussi chez A Bride abattue - A consommer sans modération pour Clara ! - La lecture de Sandrion qui rencontre bientôt l'auteure.

22 septembre 2016

Rester en vie, Matt Haig ~ Rentrée littéraire 2016

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 "La dépression est peut-être un prix sacrément élevé pour s'éveiller à la vie, et tant qu'elle a le dessus sur vous, rien ne semble valoir la peine de le payer."

Alors qu'il est dans un des lieux les plus propices à la fête et à la joie, à Ibiza avec son amie Andréa, Matt a une crise d'anxiété et de dépression phénoménale. Il n'a que 24 ans et c'est le début d'une grande lutte avec ce "chien noir" qu'il faut à présent apprendre à apprivoiser.

Rester en vie est le récit de la dépression qui a terrassé autrefois Matt Haig, mais aussi du combat quotidien de l'écrivain qu'il est devenu pour mener avec ce compagnon indésirable une vie normale. Dans ce livre, l'auteur explique très bien à quel point ce mal peut atteindre tout le monde, et n'importe qui, que personne n'est à l'abri. Outre sa propre histoire, il nous raconte celle de personnages célèbres qui ont su chacun à leur tour, transformer cet handicap en art, talent ou qualité. Le tout est plein d'un optimisme joyeux étonnant, de courage et de générosité, il n'est absolument pas larmoyant et défaitiste. Il donne goût à la vie, justement, en donnant quelques clés pour mieux vivre, voir, savoir ce qui compte réellement, faire de ce fardeau qu'est la dépression un atout et avoir envie de rester en vie

J'ai aimé ce titre, de nombreuses phrases ont fait écho en moi, et puis il y a ces très belles pages sur le pouvoir de la lecture, si réconfortantes. Matt Haig sait dire combien fuir dans les livres n'est pas se perdre mais au contraire se donner une chance de se trouver enfin. Matt Haig reste dans ce récit un écrivain, il ne livre pas un guide de survie mais bel et bien une magnifique réflexion sur notre façon d'être au monde. Ce livre a fait battre mon coeur à plusieurs reprises, par sa sincérité, et ses réflexions pertinentes. Je l'ai lu avec une grande émotion cet été et il est pour moi un gros coup de coeur de cette rentrée !

Editions Philippe Rey - 18€ - 22 septembre 2016

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29 août 2016

Bianca, Loulou Robert

bianca

 "Ici, j'ai compris que ma sensibilité avait dilaté les pores de ma peau et laissé rentrer tout un tas de saletés. Je ne m'en suis pas rendue compte, mais les maux ont pénétré. Ceux de ma famille, de la terre entière. J'ai tout pris. [...] Peut-être qu'un jour je me réveillerai à la lumière du jour et qu'il aura arrêté de cracher sur mon coeur."

Bianca a tenté de se suicider, et puis elle est trop maigre, elle ne mange pas. Alors elle a intégré cette unité psychiatrique pour adolescents où elle séjourne longuement afin de guérir et de pouvoir retourner chez elle bientôt, quand elle sera prête. Dans l'enfermement de l'hôpital des liens se créent, qui bouleversent et attachent. Bianca reste calme et observe, avance petit à petit sur le chemin qui mène à elle, et tombe amoureuse. Elle tente d'oublier qu'à la maison son père est absent, sa mère alcoolique, et que parfois ses parents crient trop fort. Et pourtant ils l'aiment, avec tendresse, et il y a ce petit frère si affectueux qui lui manque beaucoup aussi depuis qu'elle ne vit plus à la maison. Plus le temps passe, plus Bianca constate avec philosophie et maturité que le chaos existe également à l'intérieur de l'hôpital, finalement partout où il y a de la vie, rien n'est sûr, rien ne protège, sauf parvenir à s'aimer soi, un peu mieux.

Ce livre, qui circule parmi les lecteurs du challenge des premiers romans, n'était pas celui que j'attendais le plus. Le passage de Loulou Robert dans l'émission de La Grande Librairie avait mis en effet en avant une jolie jeune fille, mannequin, fille d'un journaliste connu. Et je n'avais pas été séduite, il faut le dire, par sa prestation, sa moue boudeuse, et ses propos à fois timides et brusques. Et puis je crois que je n'avais pas compris alors l'intérêt de lire ce roman.  Quelle erreur ! Mon souvenir est aujourd'hui transformé par ma lecture récente de son livre. Car en effet, il est devenu pour moi au fil de sa lecture un gros coup de coeur !! Il met en scène un groupe d'adolescents, parle un langage jeune et direct, mais sait aussi distiller de grandes pages de réflexions, ne pas être unilatéral, être complexe, narrativement parlant très réussi et sensible. J'ai pensé au très bon Dieu me déteste et à toute cette collection si riche de La Belle colère. Une lecture enthousiasmante !

Editions Julliard - 19€ - Février 2016

Lu dans le cadre du challenge des premiers romans...

68premieresfois

 La liste des 23 romans du challenge du début de 2016 est disponible ici sur Babelio [clic]

 Les autres lectures sur ce titre disponibles sur la page du livre [clic]