Le pont des soupirs, Richard Russo
Le pont des soupirs nous conte une histoire d'amitié, une histoire à trois voix. Il y a tout d'abord celle de Lou C. Lynch dit Lucy, la voix qui parcourt presque tout le livre. Lucy vit depuis son enfance à Thomaston, petite ville proche de New York, héritier des trois boutiques de la famille Lynch, il se penche sur sa jeunesse, sur son amitié avec Bobby, sur sa relation avec Sarah, sa femme aujourd'hui, sur ses parents. Bobby, peintre devenu célèbre, achève des tableaux dans son atelier de Venise, il est la seconde voix de ce livre. Il pose un regard critique sur sa vie actuelle et sur celle d'hier, pleine de regrets et de frustrations. Sarah, la dernière voix, la plus tendre peut-être, revient sur ses choix amoureux et sur ses choix de vie. Au centre de ce trio et des personnages du roman, une petite boutique se dresse, nommée Chez Ikey, personnification de la paix et de la douceur d'un foyer idéal.
Ah si j'avais eu le temps de plonger doucement dans ce livre, mon bonheur aurait été parfait, car je l'ai aimé malgré ses quelques 726 pages...
On ne peut pour autant en parler comme d'une fresque, en dépit de son volume et de l'aspect narratif du sujet, car ce n'en est pas réellement une tant nous naviguons avec lui au centre de l'intime. Lucy, devenu âgé, et pressé par sa femme de partir en voyage décide de prendre la plume pour raconter sa vie. Il ne sait pas pourquoi il le fait, nous non plus, mais nous soupçonnons bientôt que la tranquille ville de Thomaston cache des secrets et des désirs bien enfouis. Il y a de très beaux moments, des tendresses et des changements de point de vue troublants et émouvants. Il y a juste assez de flash backs et d'introspections pour conserver l'intérêt du lecteur. Il y a de la peinture, des histoires d'épicerie et d'adolescence bagarreuse. Il y a la vie, celle de chacun de nous, avec ses erreurs et ses actes manqués. Un très bon roman, dont je conserverai un souvenir tendre.
"Curieux comme notre perception du destin change au cours d'une vie. Jeunes, nous croyons ce que croient les jeunes, que tout dans l'existence est affaire de choix. Nous avons une centaine de portes devant nous, nous choisissons d'en ouvrir une, puis il en arrive encore cent, et il faut recommencer. Nous choisissons ce que nous ferons, mais aussi qui nous serons. Sans doute le bruit de chacune de ces portes qui, au fur et à mesure, se referment derrière nous devrait-il nous troubler, mais non. Même si elle se ressemblent et nous amènent au même endroit. Il s'en trouvera à l'occasion quelques unes de vérouillées, mais qu'importe, puisque tant d'autres ne le sont pas. Le choix lui-même n'est peut-être qu'une illusion, mais nous n'en tenons pas compte. Nous sommes trop curieux de savoir ce que cache la prochaine, celle qui nous conduira, espère-t-on, au coeur du mystère."
Un livre lu dans le cadre du grand prix des lectrices de
2009
Catégorie Roman
ISBN 978-2-7103-3002-8 - 25 € - 09/2008
Philippe Russo a reçu le prix Pulitzer pour un de ses romans Le déclin de l'empire Whiting
La lecture d'Annie - Celle d'Enna -
Commentaires sur Le pont des soupirs, Richard Russo
En ce moment, je ne me sens pas le courage de plonger dans un livre de 700 pages. C'est comme si on me plaçait devant un plat trop copieux ..
Aifelle : je te comprends...je suis pareil, et pourtant celui-ci a vraiment beaucoup de charme !
J'hésitaits depuis si longtemps, plus maintenant au vu de ton plaisir de le lire. Bonne journée. Bises
Les pavés ne sont pas pour moi en ce moment, mais rien n'empêche de noter pour plus tard, n'est-ce pas?
Belle journée printanière à toi ![]()
je ne suis pas sûre d'être prête aux 700 pages mais cette tendresse m'attire...le genre d'histoires que j'aime...
J'ai beaucoup aimé et je n'ai pas eu l'impression de lire 700 pages tant ça se lisait bien!! Une belle histoire simple de vies!
Il fait déjà partie de ma très longue LAL !
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J'adore Richard Russo mais j'ai déjà plusieurs pavés qui m'attendent... il me faut donc raison garder ! (soupir)
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Bon, alors à noter quand j'aurais du temps !
Ptitlapin : des personnages que l'on quitte à regret en fin d'ouvrage...tu verras.
Anne : oui, pour plus tard, pour un long séjour loin de tout par exemple ;o)...!! Le printemps s'est un peu caché aujourd'hui...;o(
Bel Gazou : les personnages sont touchants et très attachants. mais je comprends, 700 pages...pfff
Enna : ça se lit très bien tu as raison, mais je n'avais pas le temps de prendre mon temps, commentaires à rendre pour Elle obligent !!
Florinette : c'est un bon choix !!
Kathel : oh oui, je me rends compte oh combien je ne suis pas raisonnable, en matière de livres je précise ;o)!!
Gambadou : oui, garde le pour plus tard, histoire de bien l'apprécier !!
700 pages ça ne me fait pas peur...je suis plus du genre gros pavé d'ailleurs ; donc je note;
Dans le ELLE que je viens de recevoir, il semblerait que ce livre plaise énormément au jury dont tu fais partie.
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Leiloona : oui, il a un charme certain !!
C'est très bloquant de lire des pavés, mais quel délice quand on est plongé dans une histoire captivante et tout son temps !
Sylire : c'est le cas avec celui-ci...il vaut largement le coup de dépasser son aspect pavé !!! De beaux personnages, des réflexions sur le sens de la vie, une atmosphère dans laquelle doucement s'imprégner...
Je l'ai beaucoup aimé, celui-là. C'est nostalgique mais dans le bon sens, ça va tout doucement... et oui, il y a cette tendresse dont tu parles!
Karine
: c'est tout à fait comme tu le dis !!
j'en suis à la page 408, et franchement j'hésite à continuer ! Certes, l'écriture est très agréable, mais il ne se passe rien, je m'ennuie !!! Je crois que je vais m'arrêter.
Fab : si cette lecture est source d'ennui pour toi alors oui, il vaut mieux arrêter, moi je ne me suis pas ennuyée du tout, mais j'ai eu malheureusement trop peu de temps pour en apprécier la lecture !!
Un très bon roman. Pour moi, il s'agit bien d'une fresque, même si elle peut paraître parfois un peu décousue. La fresque d'une amitié, qui est presque douloureuse à force d'être unilatérale. La fresque d'un grand amour, qui résiste aux décennies et aux épreuves. La fresque de l'ascension sociale d'une famille dans une petite ville des Etats-Unis. En fait, plusieurs fresques en une seule, mais qu'il faut savourer avec lenteur et parcimonie, pour n'en perdre aucune miette : je suis bien d'accord avec toi, Antigone ! Malade et fatiguée, j'ai mis près de 3 semaines à le lire (alors qu'en temps normal, je l'aurais dévoré !). Et j'en suis bien heureuse, car j'en garderai un doux souvenir, plein de nostalgie.
Nath la Butarde : il reste un très bon souvenir de lecture !! Merci pour cet avis...et bon rétablissement !
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