20 août 2010

Le Garçon et la mer, Kirsty Gunn

le_gar_on_et_la_mer"Il y a le bruit de la mer, les eaux qui se replient, la marée qui a reflué... Dans le lointain, vers la lumière, vers là où se trouve désormais le soleil, mais où il disparaît lentement de notre vue...

Tu connais ce sentiment. Comme quand tu te tiens seul quelque part, des arbres autour de toi peut-être avec leur ombre pour te protéger, et que tes amis, ta petite bande, te semblent bien loin... C'est l'impression que donne la mer, je crois, quand tu la regardes à cette heure de la journée. Comme si elle était là et en même temps à l'écart, retirée dans son refuge secret, et le lieu d'où elle vient, le lieu où elle va..."

Ward, 15 ans, passe son temps sur la plage, ou dans l'eau, mais aujourd'hui c'est seul qu'il affronte les vagues, ou en compagnie de son ami Alex. Son père, ancienne gloire du surf, ne vient plus se mouiller, il se contente de rester chez lui, de tapoter sur son ordinateur et de titiller gentiment sa mère (une intimité que Ward déteste surprendre).
Le jeune garçon est timide et réservé, il préfère se glisser à l'ombre des pins pour observer le mouvement de la mer plutôt que de répondre à l'invitation de son groupe de se joindre à une fête où l'alcool coule à flot et où les filles déambulent en bikini.
Ward ne se doute pas qu'en cette après-midi de chaleur, la mer lui offrira l'occasion de devenir un homme.

Voici un titre que j'avais noté depuis des lustres sur ma LAL (Liste à Lire). C'est une lecture d'été idéale, à lire en une seule bouchée, elle a la teneur d'une nouvelle, guère plus. Je ne peux pas vous dire que j'ai été subjuguée par cette découverte littéraire mais l'évocation de la mer, des vagues, du surf, de ce que peut ressentir un jeune garçon qui passe soudain de l'enfance à la maturité est assez bien décrit. Le soleil tape, le sel forme des croûtes de sueur sur la peau, les bikinis sont mouillés, les maisons plongées dans le noir pour se préserver de la chaleur, les corps presque offerts, la mer intransigeante, ferme et éducatrice.

Une lecture distrayante, dont les mystères ne sont pas tous résolus, et qui laisse des grains de sable dans la mémoire. A lire pour prolonger ses vacances...

bouton3 Note de lecture : 3.5/5 - Biblioth_que_et_LALEditions Points - 5.50€ - Juin 2008

Lou l'a lu, est restée sceptique, et regrette de ne pas avoir retrouvé la magie de l'autre opus de l'auteur, "Pluie" - Pour Clarabel, c'est une récit à apprécier au rythme de la mer ... (on retrouve d'ailleurs sous son billet mon commentaire de 2007, comme quoi il ne faut jamais désespérer de lire un livre !)

J'avais noté Pluie également, et à la même époque, à suivre donc...

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19 août 2010

Envie de ...

... mettre du blanc partout.

blanc

(Mini-rubrique, avec du tout et du rien...juste une envie de, de temps en temps.)

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18 août 2010

Nevrospiral, Patrick Olivier Meyer ... Rentrée littéraire

nevrospiral"Vous n'êtes pas dans les voitures.
Vous n'êtes pas dans les têtes.
Approchez, approchez encore, entrez dans l'habitacle, vous verrez apparaître les failles et les manques. Les peurs. Les frustrations. Plein phares sur mon cerveau."

Il y a Ian, Samuel, Anita et Richard. Et puis, des blondes, qui passent par là, indifférentes, hautaines, lointaines, imaginées. Ian vit avec une femme brune, Laurène, mais il ne pense qu'à elles, ces femmes blondes inaccessibles, on se demande bien comment il arrive à travailler normalement et à ne pas foncer droit dans le mur. Richard peut les approcher, en tant qu'ex pop star sur le retour, tout est possible, il en profite largement. Anita, blonde, transparente s'inquiète des résultats de son IRM, quitte à laisser ses neveux sans surveillance et à user sa vie sans compter, tout pour ne pas être comme sa mère qui ne la reconnaît plus toujours. Samuel, lui, est rongé de psychoses, à la limite du serial killer qu'il pense être mais qu'il n'ose pas devenir ...
Tout ce petit monde navigue dans un monde coloré et sombre au goût d'un médicament qui ne tient pas toutes ses promesses, le Névrospiral.

Voici un roman très étrange, déjanté, mais vraiment bien écrit, qui nous agrippe par le bras malgré soi. Il est Pop, oui, et moderne aussi, surprenant, curieusement enthousiaste et désenchanté, rempli de contrastes. Il a cette faculté de créer profondément le malaise et de rester pourtant attachant. Nous passons d'un personnage à un autre sans qu'aucun destin ne se croise, et il apparaît très vite à la lecture que Patrick Olivier Meyer mène bien sa barque, drôlement bien pour un premier roman. Peut-être un auteur à suivre de près...

bouton3 Note de lecture : 4/5 - Calman-lévy - 17€ - Sortie le 18 Août 2010challengerentr_elitt_raire

Challenge 1% rentrée littéraire 2010 : 2/7

Et grand merci aux éditions Calman Levy !

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17 août 2010

Son nom sur une couverture...

...juste pour voir ce que cela fait.

Un jeu découvert - comme Aifelle et d'autres - chez Mango, et qui a immédiatement séduit la blogosphère littéraire...
Pour s'amuser, c'est par ici. Un petit côté Cadavres exquis, ou apprenti éditeur, assez distrayant je dois l'avouer. Il ne me reste plus qu'à les écrire, ces livres, ...pfiou, pas si simple. Bon, allez, j'ai déjà les titres. ;o) Mon préféré ? La timidité du dragon.

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16 août 2010

Le secret de Jasper Jones, Craig Silvey ... Rentrée littéraire

lesecretdejasperjones"Jasper Jones est venu à ma fenêtre.
Je ne sais pas pourquoi, mais il est là. Peut-être qu'il a des ennuis. Peut-être qu'il n'a nulle part où aller.
En tout cas, il m'a fichu une sacrée trouille."

Charlie Buckin a treize ans. Il fait terriblement chaud dans la petite ville minière de Corrigan où il vit et passe l'été. Une nuit, alors qu'il est plongé dans un ouvrage de Mark Twain, Jasper Jones toque à sa fenêtre, réclamant son aide. Lui, l'intello, suit le fils d'aborigène, le paria de la communauté, en toute confiance, mû par une curiosité irrésistible et flatté d'avoir été choisi. Il découvrira à l'ombre du bush un secret bien lourd à porter.

C'est l'histoire d'un apprentissage que nous conte ici Craig Silvey, celui des désillusions de la maturité, mais aussi celui de la complicité, de l'amitié indéfectible ou de l'amour naissant. Voici, un récit à la sauce Huckleberry Finn, savamment orchestré par un tout jeune australien de 28 ans. Quelques rebondissements, du mystère, de la middle class qui s'épie et se cache derrière ses portes et fenêtres (par crainte du qu'en-dira-t-on), et un roman qui s'avère bien intéressant et dense à la lecture. J'ai passé avec lui un excellent moment, et j'ai aimé tendrement ses personnages.

Une lecture de rentrée dépaysante, enthousiasmante, dont l'atmophère évite avec dextérité la pesanteur, et une bien jolie fable qui met en scène des adolescents en quête de vérité. Presque un coup de coeur !

bouton3 Note de lecture : 4.5/5 - Calman Lévy - 19.50€ - Sortie le 18 Août 2010challengerentr_elitt_raire

Challenge 1% rentrée littéraire 2010 : 1/7

Un coup de coeur pour Bene ! - Papillon s'est ennuyée

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15 août 2010

Va où

verso(extrait)

L'amour continuera sans moi l'amour vivra plus vieille que mes oreilles
Mon bon dieu d'yeux bon dieu d'yeux muets
Bon dieu d'yeux que pour toi j'avais
Ma peau combien et mes syllabes de chagrin
Mes pieds ma tête et mon coeur ça fera rien
D'amour d'amour tu m'en diras tant mieux
Les yeux en pluie les yeux en neige les mains les mains ni une ni deux

Valérie RouzeauLe Temps qu'il fait, 2002

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14 août 2010

A mon tour...

... j'ai fait un tour chez Rosalie Blum (la BD de Camille Jourdy), et il y fait bon se promener. Me restent à découvrir les tomes 2 et 3 à présent. A suivre...

{pour en savoir bien plus, plus de détails chez Cathulu aujourd'hui}

rosalie_blum

Editions Actes Sud BD

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13 août 2010

The Hours ... en DVD

...enfin, je l'ai vu, ce film qu'il me tardait tant de voir. Il est magnifique, émouvant et bouleversant. Pfiou.

Il parle on ne peut mieux du pouvoir de l'écriture et de la lecture sur la vie, et puis si bien des femmes et des prisons quotidiennes dans lesquelles elles s'enferment parfois. Un moment de cinéma fort en émotions diverses.

thehours

"A Londres dans les années 20, Virginia Woolf écrit Mrs Dalloway, un roman qui accompagnera 30 ans plus tard le quotidien de Laura une jeune mère de la banlieue de Los Angeles. A new York aujourd'hui, Clarissa, incarnation moderne de Mrs Dalloway, mène une existence dévouée à un ami poète sur le point de mourir. Trois femmes, trois époques, trois destins. Le roman qui les lie va changer leur vie."

Evidemment, à présent, ne me reste plus qu'à lire à mon tour Mrs Dalloway...;o)

La bande-annonce est en vo (pas trouvé mieux) mais si fluide que l'on s'en étonne à peine.

Le roman de Michael Cunningham est disponible aux éditions Pocket sous le titre Les Heures

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12 août 2010

Textes en miroir

livreslampeRecto - Ils étaient devenus à la longue une présence croyable.
Des personnages de papier avant tout, mais que cela, des êtres de chair et de sang aussi, elle en était certaine.
Elle avait remarqué leur manège. Depuis quelques temps, les livres lus, rangés un peu plus haut sur la bibliothèque - traités différemment de ceux en attente plus bas - s'étaient révélés vivants. Qu'elle frôle du regard leur tranche étroite et tous se mettaient soudain à lui murmurer des histoires. Encore et encore. Jusqu'à ce qu'elle en détourne la tête et qu'ils se taisent.
Elle s'était déjà persuadée hier avoir croisé le héros du roman refermé trois jours plus tôt. Même carrure, même mèche dans le vent, même expression de colère. C'en était hypnotisant de coïncidence, une folie de papier, indolore et suspecte, qui s'insinuait dans ses veines et ses pensées, un peuple imaginaire qui comblait son existence, le vide de ses journées, remplissait de brouhaha le jour et la nuit.
Car le sommeil n'épargnait rien. Il amplifiait tout. Elle glissait alors sans fin le long de corridors lumineux, poussait des portes et se retrouvait immanquablement au bord du réveil, la tête en feu, remplie de voix. A terre, des livres à la pelle en tas par centaines.

Et voici le même texte, à quelques détails près, pris à l'envers...

BOOKANCIENSVerso - Elle glissait alors sans fin le long de corridors lumineux, poussait des portes et se retrouvait immanquablement au bord du réveil, la tête en feu, remplie de voix. A terre, des livres à la pelle, en tas par centaines.
Car le sommeil n'épargnait rien, il amplifiait tout de ce peuple imaginaire qui soudain comblait son existence, le vide de ses journées, remplissait de brouhaha le jour et la nuit. C'en était hypnotisant, une folie indolore et suspecte qui s'insinuait dans ses veines et ses pensées.
Elle s'était déjà persuadée la veille avoir croisé le héros du roman refermé trois jours plus tôt.
Qu'elle frôle du regard une tranche étroite et tous les livres se mettaient à lui murmurer des histoires. Depuis quelques temps, ceux lus, rangés un peu plus haut sur la bibliothèque - traités différemment de ceux en attente plus bas - s'était révélés vivants. Elle avait remarqué leur manège.
Des personnages de papier avant tout, mais pas que cela, des êtres de chair et de sang aussi, elle en était certaine. Ils étaient devenus à la longue une présence croyable.

N'est-ce pas fascinant cette faculté qu'ont les textes d'ainsi pouvoir se tordre ?

© Les écrits d'Antigone - 2010

Encore un petit morceau du travail effectué lors de l'atelier d'écriture déroulé le premier week-end de juin. Il s'agissait cette fois-ci, après avoir tiré de citations piochées ici et là la première et la dernière phrase d'écrire un texte de fiction, et puis de l'inverser en reprenant les phrases de la fin vers le début. J'ai été très surprise de voir que le texte tenait encore, qu'il prenait même un nouveau sens.

Les citations en support...
"Des livres à la pelle en tas par centaines / certaine se retrouver dedans / loin des mamans marmailles maris / les ailes au plus près du ciel dans les livres / elle sait" Magali Thuillier, Des rêves au fond des fleurs, l'Idée bleue 2006

"Une idée que je m'en fais
Parfois je les entends nombreusement s'exprimer mais si je lève les yeux je ne les vois pas ne vois rien sinon ce ciel comme s'ils l'avaient crevé et s'y trouvaient bien, et comme si tellement bien là, ils étaient devenus à la longue une présence croyable."
Jean-Pascal, Des lieux sûrs, éd. Tarabuste 1998

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11 août 2010

Objectif Pal d'Août... Fugitives, Alice Munro

fugitives"Quand l'offre de poste se présenta, ils la pressèrent de la saisir. Cela vous fera du bien. De sortir un moment dans le monde extérieur. D'affronter un peu la vie réelle.
Juliet avait l'habitude de ce genre de conseils, mais fut déçue de les entendre venant d'hommes qui ne semblaient ni par leur allure, ni par leur langage s'être volontiers frottés eux-mêmes au monde réel. Dans la ville où elle a grandi, sa forme d'intelligence était souvent rangée dans la même catégorie qu'une claudication ou qu'un pouce surnuméraire, et l'on n'avait pas tardé à noter les défauts qui ne pouvaient manquer d'y être associés - son incapacité à se servir d'une machine à coudre, à faire un joli paquet ou à s'apercevoir que sa combinaison dépassait. Qu'allait-elle bien pouvoir devenir, telle était la question."

Fugitives est un recueil de nouvelles. A la lecture, son titre - emprunté au premier récit - m'a paru je dois le dire un peu factice, comme souvent pour les recueils de nouvelles d'ailleurs. En effet, même s'il est bien souvent question ici de fuites, ce sont surtout de destins de femmes dont on nous parle, de choix et d'opportunités. De ces petits riens qui font la vie, et les actes manqués. Et puis les trois nouvelles Hasard, Bientôt et Silence abritent les mêmes personnages à des périodes vie différentes, renforçant un peu ce sentiment de collage éditorial.
heartCependant finalement, peu importe. Car voilà, je le sais dorénavant, malgré vos propres réticences sur cet autre recueil (Un peu, beaucoup, pas du tout...) que j'avais entrepris de faire voyager, j'aime Alice Munro, c'est dit. Sa manière toute particulière de ne pas échaffauder des rêves de princesse, sa faculté de laisser des détails exprimer en une scène les bouleversements d'une vie et la pureté de ses phrases (visible à mon avis malgré, ou grâce plutôt, à la traduction).

Cette auteure d'origine canadienne a quelque chose de vrai dans le regard, de sincère et d'intransigeant. Elle rentre avec ce second recueil lu de plein pied dans mes essentiels.

bouton3 Note de lecture : Coup de coeur !! - Ed Points - 7.50€ - Août 2009

objectif_pal_le_retour

Pour Kathel c'est également un coup de coeur !!

 

 

Objectif Pal 2ème : 1/12

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