nosviesromancees"De l'enfant que j'étais, on a pu dire qu'il était "compliqué". Je pense plutôt qu'il est très "compliqué" de devenir soi-même quand la sacro-sainte norme nous souhaiterait tous identiques ; ça, je l'ai su très tôt. Le métier de vivre, ce n'est sans doute pas autre chose que ça : accepter sa liberté et, si tant est qu'elle ne nuise à personne, l'imposer sauvagement, obstinément, en serrant les dents tout d'abord, puis un grand sourire aux lèvres in fine. Cela prend sans doute toute une vie."

Livres de chevet, ou livres indispensables, il est de bon ton aujourd'hui, en tant qu'auteur, d'afficher ses goûts en matière de littérature et en somme finalement d'exposer sa bibliothèque idéale.
J'ai conservé un souvenir très fort d'une rencontre en 2007 où Geneviève Brisac et Arnaud Cathrine conversaient ensemble de leur admiration pour Virginia Woolf. Cet exercice d'admiration a été sans doute un des prémices de ce livre-ci, et je savais d'avance que le choix d'Arnaud Cathrine allait me toucher. J'avais déjà beaucoup aimé l'écouter.

De sa découverte de Carson McCullers à sa tendresse pour la femme qu'était Jean Rhys, en passant par le personnage de Françoise Sagan ou Les fragments d'un discours amoureux de Barthes, c'est avec sensibilité et intelligence qu'Arnaud Cathrine nous présente ici ses choix littéraires. Il y mêle désir de liberté, retour sur lui-même, féminisme et exigence littéraire. Et le tout est véritablement passionnant.
Loin de me donner envie pourtant de découvrir ses auteurs fétiches, il m'a surtout incité à continuer de le lire lui, tant j'ai aimé à cette occasion retrouver son écriture. Je connaissais déjà La disparition de Richard Taylor ou Les vies de Luka, me reste encore bien d'autres titres à piocher dans sa production... A suivre, donc.

Editions Stock - 18.80€ - Septembre 2011 - Merci ma bibli !!

Laure aime aussi beaucoup Arnaud Cathrine mais est un peu restée à l'écart