23 mai 2016

Max et les poissons, Sophie Adriansen

maxetlespoissons

 "A mon avis, la mère de Lisa et Sophie se trompe. Demain, il ne va rien se passer d'autre que mon anniversaire.
Et j'ai hâte d'y être. Il fait nuit, plus qu'un sommeil et j'y suis."

Max a reçu un poisson en récompense à l'école, il a eu le prix d'excellence, un poisson rouge auquel il s'attache tout de suite et prénomme Auguste. Il a aussi une étoile jaune sur sa poitrine, ses camarades disent qu'elle pue. Nous sommes à Paris, à la veille d'une rafle mémorable, celle du Vel' d'Hiv, le jour qui précède le 16 juillet 1942. Mais demain, c'est surtout l'anniversaire de Max, et il ne peut rien arriver de grave un jour d'anniversaire... n'est-ce pas ? Pour autant, rien ne se passe comme prévu le jour J, les adultes ont de drôles de mines toutes tristes, il faut quitter la maison, laisser Auguste, le stade où ils passent la nuit n'est pas vraiment confortable, sans parler de ce bâtiment en forme de U à Drancy...

Je connaissais surtout Sophie via son blog [clic], je la découvre écrivain. Ce petit livre, conseillé à partir de 9 ans, est très émouvant, mais surtout très sobre et respectueux. Il se met à la hauteur d'un enfant de huit ans. Il permet je pense une approche en douceur de ces évènements de la seconde guerre mondiale auprès des plus jeunes, et peut être l'objet d'une foule de questionnements sur le port de l'étoile jaune, les rafles, le départ vers l'inconnu, ces enfants sauvés et cachés pendant la guerre, ceux qui ne sont pas revenus... Je vais le déposer sur la petite étagère que je destine à mes enfants, en espérant qu'ils aient la curiosité de l'ouvrir. Ma fille avait déjà été très impressionnée par sa lecture du Journal d'Anne Frank. La couverture est magnifique. C'est un petit livre essentiel à partager largement.

Editions Nathan - 5€ - Février 2015

Poignant et nécessaire pour Noukette - Un témoignage à hauteur d’enfant, tout en douceur et en délicatesse, qui se révèle bouleversant pour Jérome - Pour George c'est un livre pédagogique qui peut éclairer à la fois le passé et le présent - Une réussite pour Hélène - Un indispensable pour l'irrégulière !


20 juillet 2014

#LireProust 1 ~ Du côté de chez Swann

"De tous les modes de production de l'amour, de tous les agents de dissémination du mal sacré, il est bien l'un des plus efficaces, ce grand souffle d'agitation qui parfois passe sur nous. Alors l'être avec qui nous nous plaisons à ce moment-là, le sort en est jeté, c'est lui que nous aimerons. Il n'est même pas besoin qu'il nous plût jusque-là plus ou même autant que d'autres. Ce qu'il fallait, c'est que notre goût pour lui devint exclusif. Et cette condition-là est réalisée quand - à ce moment où il nous fait défaut - à la recherche des plaisirs que son agrément nous donnait, s'est brusquement substitué en nous un besoin anxieux qui a pour objet cet être même, un besoin absurde que les lois de ce monde rendent impossible à satisfaire et difficile à guérir - le besoin insensé et douloureux de le posséder."

proust-001

Partant à la recherche de ses souvenirs, le narrateur évoque dans ce premier tome Combray, son enfance, sa famille et les amis de ses parents, contant notamment les mésaventures amoureuses de Charles Swann, amant malheureux d'Odette.

Lire (ou re-lire) Proust, c'est entrer avant tout dans une langue riche, dans des phrases complexes et un fil de pensée savamment tissé qui nous laisse au terme des paragraphes ébahi. La grande parenthèse bien connue (et que l'on trouve d'ailleurs facilement éditée à part), très narrative, celle qui traite plus particulièrement des amours de Swann avec Odette n'est pas la partie la plus compliquée à lire, ni celle qui m'a le plus intéressée, elle traite avec brio cependant des affres de la passion amoureuse. Non, ce que j'ai préféré, ce sont surtout les débuts de ce récit, lorsque nous assistons aux éclats de réminiscence du narrateur, là j'ai véritablement été admirative et séduite par les trouvailles littéraires de l'auteur, subjuguée. Ma fascination mis à part, j'ai quand même été tenue par l'histoire que l'on me racontait, par les liens qui semblent unir ou désunir les protagonistes dans ce premier volet, étonnée que Swann finisse par épouser cette affreuse Odette, malgré ses éclairs de lucidité, et que notre narrateur tombe sous le charme de leur fille dans un jardin parisien, reproduisant le schéma qui a tant fait souffrir Charles. Les mondanités tiennent une grande place dans l'univers des personnages de Marcel Proust, des mondes se côtoient et s'évitent, les réputations se satisfont de ce qui est connu et peuvent s'effondrer suite à une réplique maladroite, voilà qui est cruel et assez captivant.

Séduite par cette lecture, j'ai décidé de continuer ma quête. J'ai téléchargé la suite de La Recherche sur ma liseuse... un peu étonnée que le second tome s'intitule également Du côté de chez Swann (n'en n'aurais-je lu que la moitié ?). A suivre...

Lu sur ma liseuse - téléchargé gratuitement [ici]

 

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03 décembre 2013

Le Livre du Thé ~ Kakuzô OKAKURA... illustré d'estampes de KATSUSHIKA HOKUSAI

livreduthe"Le thé fut une médecine avant d'être une boisson. C'est au VIIIe siècle, en Chine, qu'il entra dans le domaine de la poésie comme un divertissement de bonne société. Le XVe vit le Japon l'ennoblir du statut de religion esthétique : la Voie du Thé.
Cette dernière est un culte fondé sur l'adoration du Beau au coeur même des contingences matérielles de la vie quotidienne. Elle enseigne la pureté et l'harmonie, le mystère de la bienveillance partagée, le romantisme de l'ordre social. Il s'agit essentiellement de vénérer l'Imparfait en tentant d'accomplir en douceur quelque chose de possible au sein de cette chose impossible que nous appelons la vie."

Le livre du Thé, publié pour la première fois en 1906, aux Etats-Unis, et en langue anglaise, est devenu aujourd'hui un classique. Kakuzö OKAKURA tente dans ses pages de nous expliquer l'âme japonaise, son raffinement, ses autres priorités, très éloignées des règles de vie à l'occidentale. A travers cet art du thé si spécifique, ses rituels, il nous invite aussi à revenir à l'essentiel, aux petites choses, à la recherche de cette perfection qui permet la transformation des esprits, et qui amène sans doute plus tard à la sagesse. 

J'ai énormément aimé ce petit livre qui a été dans mon quotidien une bouffée d'oxygène pur. Car l'auteur, en nous obligeant à faire un pas de côté, à changer notre regard, à s'éloigner de nos normes et de nos schémas occidentaux, laisse s'entrouvir la porte d'un ailleurs possible, d'une autre manière de vivre. Le livre du Thé est sans conteste un grand texte philosophique qui donne au raffinement asiatique toutes ses lettres de noblesse et sa véritable définition. A lire absolument.

Les illustrations d'Hokusai apportent une élégance tout à fait appropriée à ce délicieux petit livre qui va rejoindre d'autres textes essentiels dans ma bibliothèque, comme par exemple Le Prophète de Khalil Gibran. Un coup de coeur !!

hokuzai

Un grand merci à Synchronique éditions !! - 12.90€ - Octobre 2013

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01 juin 2013

Rangée !

... et déjà saturée. ;) Finalement, le classement s'est avéré étrange et aléatoire, sincèrement en fonction de l'ouverture des cartons. Le grand principe étant : l'essentiel devant, le moins essentiel relégué à l'arrière. Il faudra sans doute acheter une nouvelle bibliothèque pour accueillir les petits nouveaux.

MAISON 036    MAISON 037b  

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13 août 2012

Lambeaux, Charles Juliet

lambeaux"Le sentiment de ne rien valoir, de n'être rien, de n'avoir rien à espérer. Et mêlée à ce sentiment, la vague sensation qu'une plainte cherche à se faire entendre. Une plainte, ou un cri, ou bien encore une toute simple parole qui dirait la fatigue, le non-sens d'avoir à subir une vie qui se refuse, la désespérance de celui que ronge la nostalgie du pays natal et qui sait ne pas pouvoir le retrouver.
Après avoir couvert un certain chemin, tu te rends compte que ton besoin d'écrire est subordonné à un besoin de connaissance, que tu veux moins enfanter des livres que partir à la découverte de toi-même.
Plus tard, tu découvres cette autre évidence : puisque tu ne t'aimes pas, il t'appartient de te transformer, te recréer. Une certaine exigence t'habite. Elle te soutiendra, te guidera, te fournira la petite lumière qui te permettra de te frayer un sentier dans la nuit."

Dans ce livre, Charles Juliet a voulu faire revivre ses deux mères, celle qui lui a donné la vie et celle qui l'a élevé. Pour la première, il a les mots de la compréhension, de ce qu'il a perçu de semblable en lui. Cette jeune-femme, paysanne, après une enfance au service de sa famille a connu un drame amoureux puis s'est mariée et a sombré, avec les maternités, dans la solitude et la dépression. Elle est morte en internement, de faim, pendant la seconde guerre mondiale. Le narrateur est le dernier enfant de cette femme, un bébé lors de son départ, il sera élevé par un autre couple, et pour sa deuxième mère il a les mots de l'amour...

On me conseillait depuis longtemps ce titre, qui est effectivement très beau. Charles Juliet n'a pu écrire tout de suite Lambeaux tant il était douloureux pour lui de faire revivre ainsi ses fantômes.

"Si tu parviens un jour à le mener à terme, il sera la preuve que tu as réussi à t'affranchir de ton histoire, à gagner ton autonomie."

J'ai été remuée, révoltée par ce qui arrive à la mère de l'auteure, une vie flouée. J'ai puisé ça et là quelques précieuses phrases.
Une lecture qui confirme encore une fois le pouvoir salvateur de l'écriture.

Editions Folio - 5.95€ - Avril 1997

Quelques autres lectures sur Babélio

 

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08 octobre 2011

Notre nom est une île, Jeanne Benameur

notrenomestune_le"Les étoiles incrustées sous la chair
il faut vautour et rage
pour nous arracher
un peu
de ce qui brille

Et tant d'amour sans attente
pour garder la lumière"

De Jeanne Benameur, on connaît surtout l'activité romanesque. Ce que l'on sait moins, c'est que Jeanne Benameur est entrée en littérature avec la poésie. Son premier recueil, Naissance de l'oubli, a été publié en 1989. Même si l'écriture poétique ne l'a plus vraiment quittée, avec Notre nom est une île, l'auteure signe ici son retour en poésie, comme elle nous l'avait annoncé lors d'une rencontre [mon billet]. C'est un retour aux sources qui lui tient réellement à coeur.
Je suis heureuse, donc, de m'être penchée sur ses mots, dans lesquels on retrouve sans peine toute sa délicatesse et son univers. Il y est question de marche, de corps, de chair et d'os, de chemins, d'étoiles, de souffle et de passage. A la fin de l'ouvrage, Jeanne Benameur revient sous la forme d'un court essai, sur la place de la poésie dans notre vie, sur ce qu'elle a d'essentiel, un lien vers nous-même.

"Le poème de notre vie nous appartient. C'est peut-être la seule chose qui nous appartienne, encore faut-il en faire la quête.
Parce que j'ai compris, de tout mon être, que l'alphabet est la seule et paradoxale chance qui m'était donnée pour faire lien avec les autres, tous les autres, dans le silence tissé par les mots justes, j'écris."

Tout m'a parlé dans ce petit livre qui donne aussi un sens à tout ce que je fais, notamment sur ce blog, depuis quelques années. J'aime ce qui anime Jeanne Benameur, ses intentions, sa démarche, et la personne qu'elle est... Ce recueil va rejoindre sans tarder mes essentiels.

Editions Bruno Doucey - 6€ - Septembre 2011 heart

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25 août 2011

La Chartreuse de Parme... en parachutage, chez vous !

lachartreusedeparmeAujourd'hui, sort en librairie cette version magnifique et Point2 de La Chartreuse de Parme de Stendhal.

Plus subtil, plus long, moins symbolique sans doute que Le Rouge et le Noir, ce roman a été pour moi en son temps (hum, période lycéenne lointaine) une véritable révélation littéraire faite d'attente amoureuse, d'aventure, de célébration de la nature et d'empreinte historique. Ah, Fabrice Del Dongo ! Ah, Clélia Conti !

L'ayant déjà depuis lors en version plus ancienne, et plus jaunie, dans ma bibliothèque, je vous propose un petit tirage au sort afinparachute de gagner cet exemplaire ci-dessus  - pour une fois sur ce blog sous forme de jeu... Une occasion pour vous de tester aussi ce nouveau format original des éditions Points.

Il vous suffit de laisser un commentaire sous ce billet. Vous avez jusqu'au samedi 27 août prochain 18h. De petites mains innocentes puiseront ensuite dans vos pseudos rassemblés sur petits papiers. Les résultats seront publiés sur ce blog le dimanche 28 août dans la journée avec photos à l'appui si tout se passe bien... ;)
Tout le monde peut participer.

(Merci de m'indiquer si vous souhaitez participer, ou non, au tirage au sort dans votre commentaire !!) 

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11 août 2010

Objectif Pal d'Août... Fugitives, Alice Munro

fugitives"Quand l'offre de poste se présenta, ils la pressèrent de la saisir. Cela vous fera du bien. De sortir un moment dans le monde extérieur. D'affronter un peu la vie réelle.
Juliet avait l'habitude de ce genre de conseils, mais fut déçue de les entendre venant d'hommes qui ne semblaient ni par leur allure, ni par leur langage s'être volontiers frottés eux-mêmes au monde réel. Dans la ville où elle a grandi, sa forme d'intelligence était souvent rangée dans la même catégorie qu'une claudication ou qu'un pouce surnuméraire, et l'on n'avait pas tardé à noter les défauts qui ne pouvaient manquer d'y être associés - son incapacité à se servir d'une machine à coudre, à faire un joli paquet ou à s'apercevoir que sa combinaison dépassait. Qu'allait-elle bien pouvoir devenir, telle était la question."

Fugitives est un recueil de nouvelles. A la lecture, son titre - emprunté au premier récit - m'a paru je dois le dire un peu factice, comme souvent pour les recueils de nouvelles d'ailleurs. En effet, même s'il est bien souvent question ici de fuites, ce sont surtout de destins de femmes dont on nous parle, de choix et d'opportunités. De ces petits riens qui font la vie, et les actes manqués. Et puis les trois nouvelles Hasard, Bientôt et Silence abritent les mêmes personnages à des périodes vie différentes, renforçant un peu ce sentiment de collage éditorial.
heartCependant finalement, peu importe. Car voilà, je le sais dorénavant, malgré vos propres réticences sur cet autre recueil (Un peu, beaucoup, pas du tout...) que j'avais entrepris de faire voyager, j'aime Alice Munro, c'est dit. Sa manière toute particulière de ne pas échaffauder des rêves de princesse, sa faculté de laisser des détails exprimer en une scène les bouleversements d'une vie et la pureté de ses phrases (visible à mon avis malgré, ou grâce plutôt, à la traduction).

Cette auteure d'origine canadienne a quelque chose de vrai dans le regard, de sincère et d'intransigeant. Elle rentre avec ce second recueil lu de plein pied dans mes essentiels.

bouton3 Note de lecture : Coup de coeur !! - Ed Points - 7.50€ - Août 2009

objectif_pal_le_retour

Pour Kathel c'est également un coup de coeur !!

 

 

Objectif Pal 2ème : 1/12

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27 juin 2010

Ce que je suis en réalité demeure inconnu, Virginia Woolf

CE_QUE_JE_SUIS"Je n'arrive pas à écrire avec cette plume vicieuse, mais il me faut continuer cahin-caha pour vous dire que j'admire réellement ce pauvre Henry [James], que j'ai effectivement lu Les Ailes de la colombe l'été dernier et que j'ai trouvé que c'était là une telle prouesse, à la fois de sa part et de la mienne, que j'estime désormais que lui et moi sommes de vrais compagnons de mérite - je veux dire que nous avons également mérité de la littérature. J'ai tout démêlé. Mais après, je me suis sentie très mal pendant quelques temps. Je suis en train de lire Joyce, et au bout de 200 pages (sur 700), mon impression est que ce pauvre jeune homme n'a guère que des reliefs d'intelligence, comparé même à un George Meredith. Ce que je veux dire, c'est que si l'on pouvait peser le sens d'une page de Joyce, on s'apercevrait qu'il est 10 fois plus léger que celui d'une page de James." Lettre à Lady Ottoline Morrell - 18 août 1922

La correspondance que Virginia Woolf a tenu (dont ici nous ne connaitrons que ses lettres), nous donne à lire un personnage riche, exalté, qui ne mâche pas ses mots, ni ses passions, ni ses aversions. Elle écrit à tout le monde, à de simples connaissances, à sa famille, à ses amis, à son mari, à des confrères. Elle donne des rendez-vous, se plaint du peu de temps que lui laisse les mondanités, parle de littérature, de son peu d'estime pour Henry James, de son admiration pour Proust et Shakespeare, de son amitié avec Katherine Mansfield, de sa rencontre avec Leonard Woolf, de l'attachement qu'elle a pour le groupe Bloomsbury. Le doute la travaille quotidiennement, la soif d'écrire aussi. La douleur qui accompagne son travail, la maladie qui rôde autour d'elle et qui parfois la terrasse, la reconnaissance de son travail d'écrivain, tout cela la rend sensible aux marques d'amitié et d'amour dont elle semble faire son sel journalier. Elle se juge vaniteuse, mais chaque lettre de ses correspondants lui procure un plaisir immense.

"Parcourir les lettres de Woolf, c'est retracer l'histoire du Bloomsbury Group, en découvrir la géographie, depuis Cambridge jusqu'à Londres, en passant par les lieux d'adoption, Paris ou le sud de la France. C'est rencontrer ses peintres, Vanessa Bell ou Duncan Grant, ses mécènes et ses philosophes, ses théoriciens, Roger Fry ou Clive Bell pour l'art, Maynard Keynes pour l'économie, ses écrivains, Lytton Strachey, Edward Morgan Forster, dont Virginia pensait qu'il était sans doute le seul à avoir compris le sens de ses recherches, ou ses journalistes, Leonard Woolf ou Desmond MacCarthy. C'est aussi découvrir tous ceux, amis ou ennemis, qui gravitent autour du cercle, soit parce qu'ils en sont exclus [...], soit parce qu'ils choisissent de rester sur la frange [...]. C'est connaître leurs passions, pour la peinture impressionniste ou la Grèce, leurs amours, homosexuelles pour la plupart, et leurs amitiés, solides malgré de flagrantes imcompatibilités d'humeur, leur ouverture d'esprit aussi bien que leur snobisme. C'est vivre au quotidien leurs illusions, le pacifisme entre autres, leurs succès et leurs deuils."  Extrait de la préface de Claude Demanuelli

heartCe que je suis en réalité demeure inconnu est une lecture passionnante que je suis bien heureuse d'avoir entreprise. Elle révèle combien l'écriture côtoie sans cesse le doute et la frustration. Elle met la lumière sur un personnage dont on a bien souvent, et à tort, une image compassée.
Une lecture essentielle et forte, et un exemplaire terriblement corné auquel je suis dorénavant très attachée.

bouton3 Note de lecture : coup de coeur ! - Editions Points - 7.80€ - janvier 2010

J'avais également lu Une chambre à soi, que je vous recommande

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12 juin 2010

Carnets intimes, Sylvia Plath

carnets_intimes"David avait compris. Ce serait exactement comme dans Alice au pays des merveilles, seulement Susan serait Alice et lui... eh bien, lui, il serait toujours David."

Dans ces Carnets intimes, ce sont en fait neuf nouvelles que nous présentent les éditions de la Table Ronde, des nouvelles qui complètent et mettent en perspective l'oeuvre en prose connue de la poétesse américaine Sylvia Plath.
J'avais tenté il y a quelques années la lecture de La Cloche de détresse, son unique roman, et je n'avais pas accroché. C'est avec l'autobiographie romanesque de Claude Pujade-Renaud, Les femmes du braconnier, que j'ai renoué en beauté avec elle.
Je dois vous avouer que je connais peu ses poèmes, et le peu que j'en ai lu ne m'a pas forcément touché. Ici, c'est à nouveau son univers quotidien que l'on retrouve, les épisodes de sa vie qui l'ont marquée, sa rencontre notamment avec le poète Ted Hugues, leur lune de miel littéraire en espagne, sa maison du Devon et leurs relations avec le voisinage...mais aussi des oeuvres de fiction, parfois déroutantes et dérangeantes de désespoir où l'on semble découvrir des traces de ce qui en 1963 lui donnera l'impulsion fatale.

J'ai beaucoup aimé plonger dans cette écriture d'une intimité troublante et généreuse. J'ai retrouvé avec ce livre du plaisir de lecture, celui-là même qui m'avait échappé quelques semaines plus tôt. Ces nouvelles sont d'un intérêt variable. Je retiendrai Le Rocher vert dont est extraite la citation plus haut qui conte un après-midi de plage nostalgique que vivent en osmose le frère et la soeur, tout en creusant un trou dans le sable, à la recherche de leur prime enfance... mais ce sont de nombreuses pépites que l'on peut piocher dans ce recueil, à lire et à relire.

Une lecture attachante et essentielle.

bouton3  Note de lecture : 4.5/5 - 16.77€ - 1991

Une lecture fascinante pour Cathulu (merci !!) - Lilly est ravie - Une très belle découverte pour Clara - Edea est également enthousiaste - L'avis de Dominique ?

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