09 septembre 2011

Un extrait...

vous_parler_d_elle"J'attends papa, je garde le toit, il disait toujours que c'était la partie la plus importante d'une maison. Le menteur et moi, on cherchait une maison et toujours j'entendais mon père mentionner le toit. Le menteur opinait, comme à tout ce que disait mon père, il lui racontait beaucoup de salades, comme à moi, une fois il l'a même emmené au restaurant pour lui en faire manger. Mon père m'avait dans le coeur, il a dit que l'honnêteté était une qualité essentielle, et le menteur acquiesait, mon père lui disait qu'il devait être franc, le menteur répondait qu'il voulait qu'on parte vivre à la campagne, dans une maison aux deux bureaux séparés par une vitre. On a tous trouvé étrange le coup de la vitre. Il a dit à mon père qu'il m'avait dans la peau, qu'on était issus de la même eau, sale je dis aujourd'hui, croupie, il a dit à mon père qu'il était nécessaire à ma vie, qu'il saurait s'occuper de moi."

Extrait de Vous parler d'elle de Claire Castillon, Le livre de Poche, 2006

Une jeune femme revient sur sa vie, de manière obsessionnelle et avide, et les souvenirs d'enfance affluent. De l'exubérance des faits évoqués, il est difficile de démêler ce qui est vrai, et ce qui ressort simplement de l'imagination, de la folie. Le lecteur est en plein brouillard.
Malgré une écriture superbe, frôlant parfois le jet lumineux d'une écriture automatique inspirée, il est évident que ce titre ne restera pas ma meilleure lecture de l'auteure.

Acheté sur un coup de tête dans une toute nouvelle boutique vendant des livres d'occasions, découverte par hasard en bord de mer (Aladin "Aux milles et une occasions"/St Gilles Croix de Vie). Je n'ai pas pu résister.

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08 septembre 2011

Dans ses yeux... en DVD

Buenos Aires. Benjamin Esposito est à la retraite et souhaite se plonger dans l'écriture. Son obsession ? Le meurtre d'une jeune-femme sur lequel il a enquêté vingt cinq ans plus tôt. Se mêlent alors aux souvenirs de cette sinistre affaire son amour vain et ancien pour sa supérieure de l'époque, Irene.
Dans un présent imparfait et bancal, l'écriture du roman s'avère bousculer plus que prévu les protagonistes d'une affaire pourtant "classée".

Suspense et émotion dans ce film très prenant qui émeut, dérange et bouleverse... à la façon d'un thriller. Le jeu des acteurs est captivant et ce qui se passe dans leurs yeux est très rare au cinéma. Un petit bijou de film que m'a conseillé une amie et qui restera longtemps gravé dans ma mémoire. (Merci pour le prêt !)

Sorti en DVD en septembre 2010 - Oscar 2010 du meilleur film étranger

Cette histoire est tiré du roman éponyme d'Eduardo Sacheri publié chez Denoël (janvier 2011)

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07 septembre 2011

Une affection longue durée, Anne Bragance

uneaffectionlonguedur_e"Les mots mentent, je m'en suis aperçue quand j'ai lu les papiers envoyés par la Sécu. Jusque-là, je croyais qu'une affection longue durée était un amour sans partage et sans limites, capable de résister au temps, de surmonter toutes les épreuves. Je m'en fiche, les mots sont versatiles, des traites et des inconstants qui changent de signification comme on change de petite culotte."

Florent a quitté Béatrice après vingt ans de mariage, peut-être parce que l'amour s'était tu de son côté à force de ne pas s'alimenter, peut-être parce que cette dernière n'a pas partagé autant qu'il aurait voulu l'enthousiasme qui l'a amené dernièrement à acquérir une deuche. Les raisons d'un départ sont toujours obscures et multiples. Florent est parti. Béatrice est anéantie, hospitalisée, les enfants seuls à la maison, sous la responsabilité de Sabine, 16 ans. La jeune-fille croyant dur comme fer à la possibilité du bonheur, d'un retour de ses parents à la maison, décide de se battre...

J'avais été attirée par l'extrait plus haut, lu quelque part, j'aimais le titre de ce roman... Mais ce livre est une déception. Rien à redire pourtant de la manière subtile qu'à Anne Bragance de tracer les raisons d'une séparation. Florent est même touchant dans son désarroi et sa lâcheté... Cependant, les attitudes des enfants, et surtout de Sabine, m'ont paru peu crédibles et parfois caricaturales, et l'ensemble bien léger. Dommage, dommage, car il y a de très belles ambiances dans ce livre, et de très beaux portraits esquissés.

 bouton3 Editions du Mercure de France - 14€ - Mai 2011

Emprunté en médiathèque - Clara a eu une lecture différente mais est également restée sur sa faim...

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06 septembre 2011

Je reviens de tout

Ce qui n'est pas moi. Ce n'était pas moi.

Maintenant je reviens
Je reviens, reviens à pieds
Reviens par les sentiers
Reviens en février

Maintenant je reviens
À ce que j'ai toujours aimé
Je reviens vers toi
Je reviens te chercher

Ah là là, rentrée difficile... et quelques challenges personnels à relever. La vie matérielle ne laisse pas de répit. Heureusement, Jean-Louis est là. ;)

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05 septembre 2011

Les oiseaux de paradis, Lise Benincà... Rentrée littéraire 2011

Je m'accroche à cette idée : il est normal de disparaître. Il y a de belles morts. Il y en a de stupides.

les_oiseaux_de_paradis"Je lui ai raconté, le silence inhabituel du soir, les deux oreillers, les placards pas encore vidés, la radio le matin qui ne s'allume plus toute seule, c'était lui, quand je me levais, les informations qu'il écoutait avant de partir, les deux brosses à dents, je n'arrive pas à jeter sa brosse à dents ai-je dit à Flavie [...]."

Samuel ne supporte plus de partir en déplacement, il se sent de plus en plus étranger à l'étranger. Dans cinq jours je reviens, promet-il.
Le jour J, sa compagne l'attend, guette le bruit de sa valise contre les marches de l'escalier qui mène à leur appartement. Mais c'est le téléphone qui sonne. On lui apprend l'accident, au Brésil, sur le chemin de l'aréoport. Samuel revient, mais mort. Enfermée dans sa douleur, la narratrice tente de trouver un chemin via ce qui lui semble rassurant et stable dans sa vie, le langage des molécules du corps par exemple, sa composition organique, les mots. Elle est par ailleurs traductrice de manuels scientifiques...

J'ai retrouvé avec plaisir l'écriture de Lise Benincà dans ce roman, après avoir tellement aimé son précédent récit Balayer, fermer, partir, un énorme coup de coeur de 2008. Ici, il est question du deuil et de la manière de reprendre pied dans l'après, pour ceux qui restent... Tout peut faire sens, comme cette phrase anodine, inattendue, entendue lors d'une soirée et qui évoque les oiseaux de paradis.
Ce roman laisse le pathos de côté pour nous dresser l'histoire d'une résurrection en apnée. En périphérie, de beaux portraits se dessinent, comme celui de Flavie, la soeur énigmatique de Samuel, modèle nue.
Une lecture à faire pour ses magnifiques fulgurances d'écriture et pour tout l'espoir qu'elle donne en la faculté de la vie à reconstruire.

bouton3 Editions Joelle Losfeld - 13.50€ - Août 2011 challenge_1_

Un grand merci à Lise Benincà !!

Une lecture du Challenge 1% rentrée littéraire
Mené cette année par Hérisson
7/7 (Challenge terminé !!)

"Je pense à Samuel. Je pense : Reconnaît-on le paradis au fait que les oiseaux n'ont pas besoin de s'y poser ? Est-ce tout ce qu'on est capable d'imaginer ?"

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04 septembre 2011

En cours de lecture...

sous_le_bureau"Je suis assise au pied du bureau. Je suis assise sous le bureau. Je suis assise par terre sous le bureau et je ne vais plus me lever. Je ne vais plus me lever. Je suis assise pliée en deux sous le bureau, dans l'espace noir sous le bureau, dans l'espace noir sous le bureau où personne ne s'assied jamais, où personne ne pense même à s'asseoir, c'est trop petit et c'est trop noir et dans cet espace trop petit et trop noir il ne tient que moi pliée en deux et je n'en sortirai plus. Je vais trembler sous le bureau dans le noir jusqu'à oublier la cause même du tremblement de mon corps et plus rien au dehors ne m'appelle, il n'y a plus rien au dehors qui puisse m'appeler, le téléphone peut continuer de sonner, les enfants dans la cour de l'immeuble continuer de crier, et le soir sur la ville qui commence à tomber, les réverbères s'allument et c'est la nuit qui tombe, le silence de la nuit et les bruits qui tombent les uns contre les autres, les mêmes bruits que la nuit d'hier, les mêmes bruits étouffés et les pas des voisins sur le parquet au-dessus de ma tête, au-dessus du bureau, je suis sous le bureau et aucun bruit ne pourra m'en déloger, je suis repliée sous le bureau dans le noir et tout l'espace autour, tous les bruits et l'espace de la ville et du monde me font mal au coeur et mon corps tremble d'entendre encore résonner au-dehors les bruits de la nuit qui tombe, je reste assise et je ne me lèverai pas, la nuit peut tomber et les jours se lever, je reste assise jusqu'à oublier le tremblement de mon corps et la tête repliée sur les genoux je reste cachée à la face du monde sous le bureau de Samuel, sous le bureau de Samuel qui m'enlace comme un grand corps pour m'étouffer aux bruits du monde qui tombe."

Extrait (magnifique !!) de Les Oiseaux de Paradis de Lise Benincà, Août 2011

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03 septembre 2011

Du domaine des murmures, Carole Martinez... Rentrée littéraire 2011

du_domaine_des_murmures"Je suis l'ombre qui cause.
Je suis celle qui s'est volontairement clôturée pour tenter d'exister.
Je suis la vierge des Murmures.
A toi qui peux entendre, je veux parler la première, dire mon siècle, dire mes rêves, dire l'espoir des emmurées."

Esclarmonde, quinze ans, vivant au XIIème siècle, décide d'échapper au mariage en prenant le parti de vivre en recluse, enfermée dans une cellule, avec pour seule vue sur l'extérieur une ouverture grillagée. Cependant, et même si la foi guide en partie sa décision, des circonstances donneront fort heureusement à un évènement inattendu le sens d'un acte saint et merveilleux, la sauvant de la disgrâce... Avoir une future sainte en son sein s'avèrera d'ailleurs pour le domaine des Murmures un atout, aussi fragile que redoutable...

J'ai volontairement surfé sur tous les billets déjà sortis sur ce roman depuis sa sortie. Je voulais m'en faire une idée neuve, personnelle. Alors ? Et bien, Du Domaine des Murmures ne déçoit pas, voilà qui est dit, il est dans la lignée même du Coeur cousu qui m'avait tant plu par son originalité et son aspect conte merveilleux. Cependant, j'ai quelques bémols à apporter à mon enthousiasme pour celui-ci... (Vous allez crier sans doute) Ce qui est une qualité dans l'écriture de Carole Martinez me semble aussi en être une faiblesse potentielle. Aurais-je envie de lire un troisième roman de cette espèce ? Ce n'est pas évident. J'ai par moments été agacée par la profusion de souffles, de murmures et de frôlements qui jalonnent cette histoire, par ailleurs d'un intérêt réel et captivant. Allez, pourtant, rentrer dans ce livre est une expérience spéciale, parfois terriblement tendre, un moment de grâce unique, j'en reste convaincue une fois les pages refermées, l'aspect mystique du récit ne m'ayant par ailleurs pas gêné du tout et plutôt même captivé. Serais-je soudain devenue tatillonne, donc ?

bouton3 Editions Gallimard - 16.90€ - 18 Août 2011challenge_1_

Merci Clara ! - Emeraude est déçue ... mais beaucoup d'autres avis restent entièrement positifs comme celui d'Aifelle ou celui d'Isabelle. Leiloona n'a pas senti le même souffle épique dans celui-ci.


Une lecture du Challenge 1% rentrée littéraire
Mené cette année par Hérisson
6/7

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02 septembre 2011

Hors du temps

Un temps à conserver paisible, le plus possible. Mon voeu pour cette rentrée..., une rentrée qui a bien envie de démarrer sur les chapeaux de roue.
Allez, je suis bien décidée à ne pas me laisser faire.
Bon week-end !!

statue

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01 septembre 2011

Black Mamba Boy, Nadifa Mohamed... Rentrée littéraire 2011

BLACK_MAMBA_BOY"Où que j'aille, je rencontre des Somaliens, toujours du Nord, arrêtés à un carrefour : les yeux rivés au ciel, ils se demandent quel chemin prendre. Pauvres âmes, ils savent jamais où aller. Tous disent la même chose : qu'y a rien au pays et qu'ils retourneront pas chez eux avant d'avoir assez d'argent pour s'acheter quelques chameaux. A mon avis, y a plus de Somaliens au fond des mers ou perdus dans le désert qu'en Somalie. Ils partent pour devenir chauffeurs, askaris, marins, n'importe quoi, pourvu que ce soit loin."

Jama est né sous une bonne étoile. Lorsque sa mère a accouché de lui, un mamba noir était lové sur son estomac. L'animal est depuis lié pour toujours au destin de l'enfant. Plus tard il s'en fera d'ailleurs tatouer l'image sur son corps d'adulte.
Pour l'instant, Jama n'est qu'un gamin des rues occupé à survivre, et quand sa mère disparaît c'est à la recherche de son père, de son avenir et d'argent qu'il court, parcourant une Afrique du début du XXème siècle encore contrôlée par l'Europe, pleine de pièges et de dangers...

Je ressors de cette lecture très mitigée car autant l'enfance du petit Jama auprès de sa mère m'a plu et m'a intéressée autant le périple enclenché par le décès de cette dernière m'a paru redondant et long. Pour être moi-même brève, malgré un contexte africain superbement décrit et des personnages attachants, ce roman souffre, me semble-t-il, de multiples longueurs. En effet, les rencontres se multiplient, toutes porteuses d'espoir, mais elles ne sont au final que décevantes, et le lecteur est dans la peine, à force d'attendre en vain que le destin veuille bien prendre en main un Jama né, nous l'avait-on dit au départ, sous des cieux propices ... J'ai été bringueballée, et pas mal larguée, par ce voyage littéraire, qui reste malgré tout enrichissant historiquement parlant et culturellement. Cela ne suffit pas toujours.challenge_1_

bouton3 Editions Phébus - 19€ - Sortie le 1er septembre 2011

L'avis mitigé de Clara

Lu en juin pour le Prix Fnac
Une lecture du Challenge 1% rentrée littéraire
Mené cette année par Hérisson
5/7

Le prix fnac 2011 a été attribué à Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan (Lattès).

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