31 août 2012

Une petite pause de rentrée...

Et je vous retrouve dans quelques jours à peine, une fois le rush passé.
Bon courage à ceux pour qui la semaine prochaine réserve quelques inquiétudes !!
En attendant, ennivrez-vous de lectures et continuez de rêver.

banc lecture

 

 

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30 août 2012

A l'abri de rien, Olivier Adam

alabriderien"Combien de temps ça a duré ? Dix, quinze jours ? Je ne me rappelle plus très bien et désormais ça n'a plus la moindre importance. Je me souviens juste de ces matins où je me rendais sous la tente, des après-midi au centre d'aide, des soirées chez Isabelle. Je rentrais au coeur de la nuit, parfois même à l'aube. Une fois tout le monde endormi, une fois les lessives lancées, la cuisine et le salon rangés, assises l'une en face de l'autre avec nos verres remplis et la musique, nous avions tant à nous dire, Isabelle et moi."

Marie a tout d'une Desperate housewife que l'inactivité rend dingue, elle est confinée à la maison pour cause de chômage. Avant, elle était caissière chez Auchan, mais ne cessait de pleurer. Un beau jour, elle donne soudain un sens à sa vie en s'occupant des réfugiés qui abondent en ville, et néglige ainsi peu à peu et terriblement sa famille, ses enfants et son mari. Elle donne tout à ces personnes pour qui elle ressent tout à coup une attraction irrépressible, et s'attache à Isabelle, une bénévole du centre. La perte d'un être cher semble les réunir toutes les deux, malgré leurs silences...

J'ai profité du fait d'avoir lu le dernier roman d'Olivier Adam pour ouvrir enfin celui qui traînait depuis tellement longtemps dans ma PAL. Je savais déjà que ce n'était pas forcément le meilleur de l'auteur. Je confirme. Et pourtant, l'écriture est belle...
Mes réticences sont plutôt liées à l'histoire, à ce que Marie fait subir à sa famille, à ses enfants surtout, à ce qui rend ses gestes inadmissibles. Ainsi, le sujet des réfugiés n'est que le révélateur d'une folie plus grave, et non un sujet en soi. Ce biais m'a semblé dommage. Heureusement, l'auteur s'est depuis rattrapé avec le magnifique Welcome dont vous trouverez la bande-annonce plus bas !

Editions Points - 6.10€ - 2008

Tout un tas de critiques chez Babélio

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26 août 2012

Les Lisières, Olivier Adam

leslisieres"Qu'est-ce qui me poussait à toujours imaginer les gens rongés par l'ennui, usés par le quotidien, blessés d'être ainsi réduits, leurs vies tenant dans des boîtes à gants ? Pourquoi voulais-je donc toujours que tout le monde soit malheureux, dépressif, usé, à contresens de son être profond ? Moi qui au fond n'avais jamais été apte à quoi que ce soit. Qui avais tout déserté. Qui me réfugiait dans l'écriture pour vivre, sentir, goûter chaque chose, chaque heure comme elle disait. Moi qui était incapable de saisir la vie dans sa plus simple expression, d'en prendre possession, d'y être présent."

Paul Steiner est tout juste séparé de sa femme, et malgré la présence de l'Océan devant les fenêtres de son appartement, la situation lui pèse, ses enfants lui manquent. Il monte quelques jours en région parisienne afin d'aider ses parents. Sa mère vient de se faire opérer et son frère s'inquiète de ses quelques absences. Retrouver ainsi le lieu de son enfance, cet environnement où il lui semble avoir été si malheureux, enfermé, étouffé, est un supplice en même temps que le début d'une quête salvatrice. Quelques vingt ans plus tard, c'est la cartographie d'un passé qui se recrée devant ses yeux mettant à jour les failles sociales, les différences et les difficultés de cette classe moyenne reléguée en banlieue, oubliée en lisière...

J'avais été moyennement touchée par Le coeur régulier, le dernier roman d'Olivier Adam. Cependant, je partais confiante vers celui-ci, forte de mon souvenir Des vents contraires. Et j'avais raison de faire confiance car je viens de passer en compagnie de ce roman un très beau et fort moment de lecture.

Pourtant, le personnage de Paul Steiner est loin d'être pleinement sympathique, car ses prises de position sont évidentes et sans appel, trop tranchées, son attitude souvent égoïste et détachée.
Ce qui m'a plu ici est la sincérité des phrases, ce style qui semble s'être véritablement lâché, plus ample, moins facile, moins commercial.
Et comme le fait Annie Ernaux dans Les Années, il est agréable de lire l'actualité dernière le regard d'un auteur, ici la montée du FN avant les élections, le drame du tsunami au Japon, etc... Il est évident qu'Olivier Adam se cache à peine derrière son double de papier, auteur à succès comme lui, confrère - ou presque - de Nothomb en cette rentrée.
Et puis, bon, soyons honnêtes, de nombreuses réflexions m'ont touché en plein coeur. La relation que cet homme de quarante ans entretient avec les siens fait écho. A l'heure de certains bilans, rien n'est vraiment comme on l'aurait voulu, les autres ont bougé à côté de nous, en parallèle, vécu leurs vies, leurs bonheurs et leurs douleurs. Et, comme l'a dit si bien Jeanne Benammeur lors d'une rencontre, on a que deux bras pour entourer les gens que l'on aime...

Une lecture dont la grande qualité est de ne pas être lumineuse et simple, mais dérangeante, obscure, désagréable, et au final assez grandiose. Ah, et j'aime ça aussi. Encore un coup de coeur de rentrée !!

Editions Flammarion - 21€ - Août 2012 - coup de coeur !

En complet accord avec le superbe billet de Enfinlivre - Mimi est également convaincue - Clara est plus réservée

challenge2012

 

 

 

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25 août 2012

"Et je revois les voisins plus riches

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des collègues à maman qui vivaient
dans les petits pavillons plus chics
la lutte des classes c'est un jardin
une table de ping-pong
une chambre pour chacun
une cheminée dans le grand salon
un mari qui fume la pipe
une voiture neuve un frigo plein
des vacances été hiver
des chouettes habits c'est propre et ça sent l'air."

Pascal Bouaziz, Mendelson, Barbara 1983

...et en incipit du roman d'Olivier Adam, Les Lisières

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23 août 2012

Les vies rêvées d'Erica Strange

... où comment je regarde en douce Gulli tous les mercredis soirs.

Erica Strange travaille dans une maison d'édition et elle publie des livres - hum comment dire - peu littéraires, plutôt dans l'air du temps (ceux que l'on retrouve principalement rayon "vie pratique"), cuisine, sexualité, développement personnel, etc... Elle est amoureuse d'Ethan, a des amies d'enfance volubiles, une famille aimante, un petit appartement coquet. Cependant, sa vie n'est pas tout à fait identique aux communs des mortels. En effet, elle consulte un Dr Tom, psychologue, qui lui permet de retourner dans le passé et de réparer ainsi ses erreurs. Pratique !! Sauf que cela engendre des modifications dans le présent et tout un tas de réflexions diverses.

Je ne sais pas vraiment ce qui me fascine dans cette série, j'aimerais sans doute pouvoir faire la même chose, ou alors ce sont les gaffes de cette fille next door qui me plaisent.
Je sais, c'est navrant. Qui d'autre regarde ?

Tous les épisodes peuvent être visionnés ici [clic]

Sinon, plus sérieusement, j'ai décidé d'ouvrir le dernier Olivier Adam, Les Lisières, mon deuxième choix pour cette rentrée ! 

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22 août 2012

Envie de... lire Annie Ernaux

Alors j'ai craqué pour ce poche réédité en mars 2012, la première version datait de 1987. L'auteure tente ici de dresser le portrait juste de sa mère décédée le 7 avril 1986. Une curieuse lecture quand on a lu aussi L'autre fille. La proximité du deuil a sans doute laissé ici la tendresse prendre le pas sur la rancoeur car leur relation semble enfin apaisée (ou presque) et m'a fait penser au Grandir de Sophie Fontanel...
L'extrait ci-dessous démontre cependant combien ce sentiment de lecture n'est peut-être qu'un exercice de style en forme de détachement.

unefemmeannieernaux

"En écrivant, je vois tantôt la "bonne" mère, tantôt la "mauvaise". Pour échapper à ce balancement venu du plus loin de l'enfance, j'essaie de décrire et d'expliquer comme s'il s'agissait d'une autre mère et d'une fille qui ne serait pas moi. Ainsi, j'écris de la manière la plus neutre possible, mais certaines expressions ("s'il t'arrive un malheur !") ne parviennent pas à l'être pour moi, comme le seraient d'autres, abstraites ("refus du corps et de la sexualité" par exemple). Au moment où je me les rappelle, j'ai la même sensation de découragement qu'à seize ans, et, fugitivement, je confonds la femme qui a le plus marqué ma vie avec ces mères africaines serrant les bras de leur petite fille derrière son dos, pendant que la matrone exciseuse coupe le clitoris."

Editions Folio

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21 août 2012

Ici ça va, Thomas Vinau

icicava"Difficile de savoir exactement à quel moment les choses commencent à renaître. Peu importe, l'essentiel étant qu'elles renaissent. D'une façon ou d'une autre. Dans la boue. La nouvelle lumière du soleil. Les protéines. Les cendres. Les larmes."

Ema et le narrateur s'installent dans une maison bringuebalante qu'ils tentent de retaper. On apprend petit à petit qu'elle appartenait au père du jeune-homme et qu'un drame s'y est déroulé, faisant fuir sa mère et ses deux enfants au loin.
Pour l'instant, aucun des membres du couple ne travaillent, enfin si ils travaillent, à se reconstruire, se retrouver, retrouver les souvenirs d'un passé d'avant les sept ans du garçon devenu grand.
Ema apprend la langue des signes, soigne un petit rongeur, s'épanouit sous les yeux de son compagnon. La vie est douce, sereine, authentique, présente enfin, et elle transpire par toutes les pores de leur peau qui change et s'aguérit.

Ce petit roman de Thomas Vinau est beau, dans sa douce et naïve simplicité apparente. Il explore des thèmes qui me sont chers comme la lenteur, la vie d'une rivière, le regard que l'on porte sur l'autre, la renaissance, la reconstruction.
J'y ai croisé cette lumière particulière qui éclaire parfois les romans que l'on aime.

Une lecture de rentrée, délicate et poétique, qui mérite son joli coup de coeur !

Editions Alma - 14€ - 16 Août 2012 - Coup de coeur !!

Anne l'avait lu la première et m'a incitée à l'ouvrir

challenge2012

 

 

 

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20 août 2012

Aral, Cécile Ladjali

aral

"Parce que la mer a commencé à s'effacer quand je suis devenu sourd, tout mon rapport au monde et à l'effroi a changé le jour où j'ai dû me dire que si je ne voulais pas mourir de peur, il fallait que je brave l'absence et que je la remplace par quelque chose d'autre. Depuis, ce quelque chose d'autre (la musique ? l'amour ? la folie ?marche à mes côtés."

Alexeï et Zena sont amis d'enfance. Ils se sont promis tout jeunes de se marier ensemble. Ils vivent près de la mer d'Aral asséchée, celle-là même qui en partant a laissé dans son sillage la misère et à l'air libre un sol pollué et nocif pour ses habitants. Alexeï est devenu sourd peu à peu mais est pourtant à l'âge adulte un musicien et un compositeur reconnu. Zena est une scientifique très concernée par l'environnement. Tous deux espèrent le retour de la mer d'Aral, mais entre incompréhensions et maladresses vont se forger une vie éloignée...

J'étais très intéressée par le thème qu'a développé ici Cécile Ladjali. Après l'avoir vue en interview, je me suis empressée de noter son livre. En 2006, son Louis et la jeune-fille m'avait également beaucoup plu.
Aucune déception avec ce titre donc, qui s'égrène pourtant avec lenteur et forte apathie. J'ai été séduite, et émue, par sa grande poésie, la recherche évidente du mot juste qui parcourt ce roman.
Alexeï est le personnage que l'on suit essentiellement, anti-héros assez peu sympathique qui se révèle au final, et heureusement, dans les dernières pages. Il est à la recherche de l'absolu, de la huitième note, au détriment de ceux qui l'entoure.
Mais l'intérêt est ailleurs, dans l'écriture de l'auteure, dans l'évocation du drame collectif qu'est cette mer disparue. Cécile Ladjali a su décrire au mieux l'acidité d'une fascination qu'un peuple entier partage avec ses héros de papier.
Une lecture d'un intérêt évident.

Editions Actes Sud - 19.20€ - Janvier 2012 - Merci ma bibli !!

Pour tout connaître sur la mer d'Aral [clic].

Le moment de TV tentateur... qui parle d'un roman sur le silence et la disparition

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19 août 2012

La fille du bord de mer... La Grande Sophie

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18 août 2012

Une sortie poche...

noscheveux...à ne pas râter.

"L'idée de partir était comme un petit feu de bois placé au centre de son cerveau. Au bout de quelques temps, il comprit que les flammes ne s'éteindraient pas d'elles-mêmes." 

Ce roman s'articule en deux parties. Il y a tout d'abord "le dehors du dedans", où le récit d'un voyage conduisant Walther du nord au sud quittant tout pour vagabonder et aider un oiseau à migrer. Il a laissé, là-bas, la femme qu'il aime, Sally.
Dans la seconde partie, "le dedans du dehors", nous retrouvons un homme, devenu "je" et père, dans la contemplation de ce qui fait le sel des jours et du quotidien... Les deux parties du livre sont liées éditorialement, j'ai préféré moi les dissocier dans mon esprit tant leurs univers sont différents ; ils ont de plus chacun leur intérêt particulier...

Présenté comme un roman, Nos cheveux blanchiront avec nos yeux est en fait une continuité de petits textes, au charme poétique sûr, des photographies d'instants.

Editions 10/18 - 6.10€ - 16 août 2012

 

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