31 juillet 2008

De la conversation...

conversation"En turc, le mot "muhabbet" siginifie à la fois conversation et amour.
Pour l'un et l'autre, on dit
"faire muhabbet".
J'aime l'idée que la conversation est comme une fenêtre donnant sur le coeur ou l'esprit."

Extrait de Journal d'un lecteur d'Alberto Manguel

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30 juillet 2008

E comme...

lettre_e... Annie Ernaux.

J'ai lu La place lorsque j'étais étudiante et ce livre là, dans ce contexte là, la_placea retenti pour moi de multiples résonnances. J'ai aimé cette écriture qui me semblait nouvelle à l'époque, qui ne se voilait pas la face, et qui parlait des sentiments sans fausse pudeur, avec sincérité.

Dans ce "roman", Annie Ernaux parle de la vie et de la mort de son père, de la simplicité de ses propres origines, de la honte, de l'incompréhension, de l'écart qu'ont pu creuser entre eux ses études universitaires et son entrée dans un monde un peu plus bourgeois. Un récit touchant.

"Depuis peu, je sais que le roman est impossible. Pour rendre compte d'une vie soumise à la nécessité, je n'ai pas le droit de prendre d'abord le parti de l'art, ni de chercher à faire quelque chose de "passionnant", ou d'"émouvant". Je rassemblerai les paroles, les gestes, les goûts de mon père, les faits marquants de sa vie, tous les signes objectifs d'une existence que j'ai aussi partagée.
Aucune poésie du souvenir, pas de dérision jubilante. L'écriture plate me vient naturellement, celle-là même que j'utilisais en écrivant autrefois à mes parents pour leur dire les nouvelles essentielles."

Et vous, à quel auteur pensez-vous ? Comme d'habitude, vos réponses en images ci-dessous et en commentaires !! Merci beaucoup et bon mercredi !!!!!

   

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28 juillet 2008

Réciproque ?

r_ciproque

Elle le sait. C’était hier.

La regardera-t-il à nouveau aujourd’hui ?
Avec cette intensité ?

Se doute-t-il à quel point il la fait frémir ?

Ses bras frissonnent encore de la caresse de ses yeux.

Il le sait bien. C’était hier.

Elle a rougi sous son regard.

Depuis quelques mois déjà,

Il constate combien il est facile d’amener du rose à ses joues,

Combien cette fille est impressionnable.

Depuis, il faut bien l’avouer, il en joue.

Elle est décidée, c’est la fin.

Elle est tombée en amour,

Comme on dit.

Il est décidé.

Il va passer à autre chose.

Ce jeu soudain ne l’amuse plus.

Elle quitte son ami,

Elle quitte son quotidien.

Elle rêve d’y croire.

Il quitte sa veste.

Il entre dans leur bureau.

Il l’ignore de son regard.

Du rose sur ses joues pâles,

Entre doute et consternation,

Il devrait se méfier,

Ce pourrait être bientôt de la colère.

Des frissons sur ses bras.

Presque un soupçon d’émotion.

Il doit bien se l’avouer,

Il aimait la troubler.

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Un texte écrit pour le Concours d'été de Miriam.
Le thème : la réciprocité.
Les textes peuvent être envoyés jusqu'au 10 août (délai repoussé).

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25 juillet 2008

Je rêve, Paul Eluard

je_r_ve

Mon amour pour avoir figuré mes désirs
Mis tes lèvres au ciel de tes mots comme un astre
Tes baisers dans la nuit vivante
Et le sillage de tes bras autour de moi
Comme une flamme en signe de conquête
Mes rêves sont au monde
Clairs et perpétuels.

Et quand tu n'es pas là
Je rêve que je dors je rêve que je rêve.

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23 juillet 2008

D comme...

...Duras

duras_par_richard_avedon

J'ai découvert cet écrivain particulier par un roman sorti en parallèle au film L'amant. Il s'intitulait L'amant de la chine du Nord. Et puis, j'ai poursuivi avec d'autres titres, peut-être plus agréables encore, et j'ai été séduite par l'écriture, le détachement, les personnages, l'univers...

Bien entendu, la femme qu'elle était a souvent dérangé, et il est vrai que je n'aimais pas particulièrement la suivre en entretien télévisé, mais voilà un auteur qui a une place particulière dans ma bibliothèque, chaque titre a été un cadeau de lecture.

Ci-dessus, une photo amusante trouvée sur une page consacrée au photographe Richard Avedon.
(exposition en ce moment au Jeu de Paume - toutes les infos ici)

lettre_d

Comme d'habitude, je vous pose la question : et vous, à quel auteur pensez-vous ?

Vos réponses en images (ci-dessous, dès que possible), et en commentaires. Un seul nom encore est le bienvenu. Merci !!!!!!!

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21 juillet 2008

Je suis en bois, Giulia Carcasi

je_suis_en_bois"Un gouffre d'incompréhension sépare Giulia de Mia, sa fille de dix-huit ans. Chacune triche, joue un rôle, et tait l'essentiel.
La lecture du journal intime de Mia replonge sa mère dans le passé. Elle lui confie alors par lettres ce qu'elle ne lui avait jamais dit. Dans les secrets des générations passées, c'est sa propre histoire que découvre la jeune fille." (quatrième de couverture)

...ainsi est présentée l'intrigue de Je suis en bois, et l'histoire commence effectivement abruptement, par une transgression d'intimité (une mère lit le journal de sa fille pour mieux la comprendre). Pourtant, je n'ai pas senti, à la lecture du roman, les barrières des genres (lettres, journal intime). Les paragraphes s'écoulent, chaque récit se déroule en monologue faisant presque par mégarde écho à l'autre.
A la fin du récit seulement, on se rend compte que les deux voix tenaient une conversation, que Giulia parlait à Mia, et inversement, qu'elles se racontaient leur génération dans une Italie changée.

Que vous dire ? Simplement, que ce livre est beau, qu'il parle avec beaucoup de grâce et de pudeur de la relation mère-fille. Qu'il est par instants même, presque parfait sur le fil de l'émotion. Puis, par endroits, ici et là, peut-être un peu maladroit (l'auteure n'avait que vingt trois ans quand son récit a été publié). Je suis restée bluffée par la capacité de cette jeune écrivain à exprimer les émotions d'une femme vieillissante, avec autant de justesse...

Un livre qui vous donnera des frissons de tendresse, et dont le récit suit le fil d'un été. N'est-ce pas le mélange idéal pour glisser ce joli roman dans vos bagages ?

Un extrait (le tout début du livre)...
"Cette histoire commence un dimanche et ne pouvait commencer aucun autre jour.
Pour toi, le dimanche est un résidu de la semaine, pour moi c'est une tzigane qui fouille les emballages et les vieux chiffons, qui cherche des trucs encore bons dans ce qui a été jeté.
Je crois que les meilleures propositions se font le dimanche.
Je crois que la guerre finit le dimanche.
Je crois qu'Ulysse est rentré un dimanche, après la danse des vagues, il est rentré à la maison comme toi du rentres, après la danse des vagues, tous les dimanches.
Pour Pénélope le bruit du retour était le contact du bois rugueux sur les rochers du port. Et l'odeur du retour était celle du sel.
Pour une mère le bruit du retour est trois tours de clé, la clenche, la porte qui s'ouvre et se referme. Et l'odeur du retour n'est pas celle du sel, non, c'est un parfum masculin que tu t'es mis dans les cheveux, un parfum que tu changes chaque semaine."

ISBN 978-2-35087-076-2 - 19€ - Avril 2008

bouton3 Note de lecture : 4.5/5

La lecture de Cathulu et de Cuné (conquises)

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A propos des livres empruntés

Pensee_poetique_Affiches"Je me sens mal à l'aise quand j'ai chez moi des livres appartenant à quelqu'un d'autre. J'ai envie soit de les voler, soit de les renvoyer sans attendre. Un livre emprunté, c'est un peu comme un visiteur qui s'incruste. Les lire en sachant qu'ils ne sont pas à moi me donne l'impression d'une chose non terminée, qui ne procure qu'un demi-plaisir. C'est vrai aussi des livres de bibliothèque."

Extrait de Journal d'un lecteur, Alberto Manguel       

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20 juillet 2008

C comme...

lettre_c...Carver.

J'ai jeté un oeil dans ma bibliothèque (symboliquement s'entend), et je me suis rendu compte qu'y trônaient plusieurs romans de Catherine Cusset (rencontre d'un été à la suite de la découverte du Problème avec Jane), mais ce n'est pas elle - il faut bien l'avouer - qui m'est venue à l'esprit immédiatement en pensant à la lettre C, malgré le plaisir que j'ai eu à lire ses livres, mais plutôt Raymond Carver.

carver

Car cet auteur là fut dans mon parcours livresque une rencontre importante, primordiale. J'ai découvert avec lui l'existence des anti-héros en littérature.
Par exemple, Parlez-moi d'amour, qui trône donc également sur mes étagères, est un receuil de nouvelles brèves qui mêle écriture sobre et personnages un peu paumés d'une midle class américaine en quête de bonheur.

                                             

Et vous, à quel auteur pensez-vous ?
Pour rendre le jeu plus digeste, je vous demande de ne me donner cette fois-ci un seul nom, si cela est possible...?! Merci !!!!

Comme d'habitude, les réponses en image ci-dessous, et en commentaire, par ordre d'apparition :

   

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19 juillet 2008

Ma grande fille...

...a 7 ans aujourd'hui !!!!

ANNIVERSAIRE1 On dit que c'est l'âge de raison, on dit tellement de choses...
Depuis sa naissance, elle n'est qu'émerveillements, rires en cascades, mouvements.
Je me suis habituée à l'air qu'elle déplace, aux sautillements de ses petits pieds, à son air de n'être jamais en repos, jamais apaisée...toujours en attente.

Je souhaite que brille toujours cette petite flamme vive dans ses yeux, une petite flamme précieuse.

Je t'embrasse ma chérie.

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16 juillet 2008

L'anniversaire de la salade, TAWARA Machi

CRIM0080"Lorsque Tawara Machi, modeste professeur de littérature au lycée de Kanagawa, fait paraître en 1987 L'Anniversaire de la salade, elle n'a sans doute aucune idée du phénoménal succès que va connaître son recueil de poèmes. Il révolutionne pourtant le genre du tanka, la forme de poésie la plus ancienne et la plus sophistiquée de la tradition japonaise. Tawara Machi y raconte les menus évènements de sa vie de jeune femme d'une vingtaine d'années - la musique, la mer, les voyages, la cuisine, le base-ball, l'amour -, y introduit un langage familier, des bribes de conversations, des icônes du monde moderne.[...] A ce jour, L'Anniversaire de la salade s'est vendu à plus de huit millions d'exemplaires dans le monde." (extrait de quatrième de couverture)

Voilà un plaisir de lecture léger et frais, comme sa couverture !
La traduction française du recueil de Tawara Machi fait sans doute perdre musicalité et rigueur à ces tankas modernes (le traducteur explique ses difficultés en postface), mais il est très agréable malgré cela de se laisser divertir par les mots et par les fugaces fragments de vie d'une jeune fille japonaise, vive et espiègle.

Pour Tawara Machi, la rencontre avec un professeur, poète de tankas, fut dans sa vie un moment décisif :

"Cette rencontre fut le fruit d'un hasard. Mais que je continue aujourd'hui à composer des tankas n'en est pas un. Il s'agit d'un choix que j'ai fait comme moyen d'expression. J'ai eu le coup de foudre pour ces trente et une syllabes. Baguette magique de cette séquence 5-7-5-7-7 qui nous est parvenue en lignée ininterrompue depuis mille trois cents ans. Les mots, soumis à ce rythme fixe, se mettent à nager comme poissons dans l'eau, diffusent une lumière mystérieuse. C'est cet instant que j'aime."

Chaque chapitre raconte en fait une histoire, un lieu, un moment, mais il m'a semblé possible d'extraire des tankas et de leur trouver de la force dans leur unicité. Quelques extraits donc...

C'est pour le vendredi à six heures
je puisse te rencontrer que commence
mon lundi matin

D'un claquement j'ai étiré la chemise
et tandis qu'elle sèche mon coeur au soleil
devient transparent de blancheur

Attendre qui ? Pour moi attendre quoi ?
"Attendre" ce verbe d'un bond
devient intransitif

"C'est vraiment bon !" m'as-tu dit
Aussi le six juillet sera-t-il
l'anniversaire de la salade

bouton3 Note de lecture : 3.5/5

Un grand merci à Cathulu pour le prêt (vous trouverez ici sa lecture) !!!

Elle a, de plus, eu la gentillesse de lire mon "tout petit livre" et je l'en remercie, c'est par ici !!

Posté par LESECRITS à 13:54 - - Commentaires [8] - Permalien [#]