30 septembre 2008

Ténébreuses, Karin Alvtegen

t_n_breusesGerda Persson est morte. Elle avait quatre-vingt douze ans. Marianne Folkesson, employée municipale, est chargée de fouiller son appartement à la recherche d'indices permettant de joindre d'éventuels proches.
Dans le congélateur de la vieille femme, elle découvre des romans, ceux d'un écrivain célèbre, Axel Ragnerfeldt, consacré autrefois par un prix Nobel de littérature. Les exemplaires dédicacés sont sauvagement et étrangement saccagés...

J'ai commencé cette lecture, la mâchoire contractée, encore une fois gênée par le style que semblent avoir adopté les romans policiers suédois - une écriture hachée presque maladroite - et par cette manière étrange de nous laisser en plan au détour d'un paragraphe. Et puis, je me suis laissée entraîner dans une histoire bien ficelée, attendrie par les personnages, avide de savoir pourquoi Gerda Persson, ancienne domestique d'Axel Ragnerfeldt, semblait haïr son ancien patron, qu'était devenu ce petit garçon abandonné dont on nous parle en tout début de roman, si Jan-Erik, fils de l'homme célèbre, allait survivre à tant d'affreuses révélations... Quelques "réflexions sur l'écriture" plus tard, je me suis retrouvée au final heureuse d'avoir lu ce livre et horrifiée par les rebondissements qu'une simple "nuit d'amour" peut provoquer !!

Un extrait...
"Une fois les formulaires remplis et Solveig partie, Marianne demeura debout à la fenêtre du salon. Elle contemplait la vue qui avait été celle de Gerda Persson. Un arbre, un carré d'herbe, plus loin un immeuble gris-vert. Derrière les fenêtres se déroulaient des vies mystérieuses. Tout ce dont elle avait besoin maintenant se trouvait dans sa sacoche. Si aucun membre de la famille ne se faisait connaître après la parution de l'annonce du décès, elle irait consulter les registres de la commune et de l'église. Et utiliserait le répertoire téléphonique. Elle comptait tout faire pour honorer la mémoire de Gerda Persson lors de son enterrement. Son véritable travail commençait maintenant. La quête du passé de Gerda Persson.
Mais elle avait déjà trouvé un nom.
Axel Ragnerfeldt."

bouton3 Note de lecture : 3/5

Un titre lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices BOOKPAGES 2009
Catégorie Policiers

ISBN 978 2 259 20744 7 - 20 € - Février 2008

Annie l'a lu, pour ELLE, ce fut un coup de coeur !
Cuné a beaucoup aimé et en parle avec beaucoup d'humour/pertinence comme d'habitude !
la lecture d'Anna Blume, et celle d'Amanda, également lectrices pour ELLE

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28 septembre 2008

Un Tag musical...

...auquel je me plie volontiers. Merci Clarabel d'avoir ravivé quelques souvenirs !tag

Le règlement - Choisir 5 chansons qui vous ressemblent et dire pourquoi - Faire une petite playlist avec - Rajouter en sixième position "The Song", celle que vous aimez d'amour, plus jamais vous ne pourrez vivre sans - Et taguer 5 personnes de votre choix.


Découvrez Laurent Voulzy!

Une héroïne de Voulzy - J'ai une tendresse infinie pour cette chanson là. Ceux qui me connaissent "pour de vrai" peuvent se rendre compte facilement à quel point elle me ressemble. Et puis, parce que j'aime aussi l'album "Avril" en son entier et que je n'ai aucun problème pour me le passer en boucle sans fin !


Découvrez Jean-Jacques Goldman!

Sache que je de Goldman - Toute jeune, je l'aimais à la folie, lui. Et puis la vie étant ce qu'elle est, on fait d'autres rencontres, musicales, les goûts changent, s'affirment. Mais on oublie jamais ses amours de jeunesse, non ? Cette chanson là est extraite d'un album qui a sans aucun doute toute ma préférence !


Je Tu Ils de Zazie - J'aime sa manière d'être femme, je l'aimais surtout lorsqu'elle était peu connue. Cette chanson a un rythme excellent !! 


Découvrez Glenn Gould!

Prélude de Bach par Glen Gould - Parce que le fameux Glen Gould de la chanson de Mauranne c'est lui, et que j'ai acheté son album avant même que cette chanson ne sorte et ne soit connue. Je me souviens de cet achat là, impulsif, de ma solitude, de mes déambulations et de ce "tiens je vais écouter ça", de mon coup de foudre !!


Découvrez Michel Polnareff!

Qui a tué "Grand Maman" ? de Polnareff - Alors lui, je ne sais pas comment il fait. Est-ce qu'il le fait à nous toutes d'ailleurs ? Je ne sais pas. A chaque fois, et surtout avec cette chanson là, j'ai des frissons sur les bras.


Découvrez Billie Holiday!

I'm a fool to want you de Billie Holiday - Voilà THE SONG ! J'ai eu un mal fou à la retrouver. L'amour au féminin dans ce qu'il a de plus douloureux et de dangereux !?

Grâce à Clarabel me voici une pro de Deezer, que je n'avais pas encore testé !!

Je tague à mon tour 5 personnes (rien d'obligatoire !) : Kloelle, Co errante, Bel Gazou, Anne et Sylvie !!!

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Olivia Rosenthal...

...est l'invitée auteure associée de la nouvelle saison du Grand R 2008/2009 (Maison Gueffier - La Roche sur Yon). J'avais beaucoup aimé son "roman" On n'est pas là pour disparaître et la lecture qu'elle en avait faite en public, je suis donc ravie.

ROSENTHAL

Olivia Rosenthal s'intéresse également au Théâtre. J'ai donc pu assister jeudi soir dernier à la représentation d'une de ses pièces, sous forme de lecture scénarisée, interprêtée magnifiquement par Denis Lavant : Des cochons et des Hommes.

Un brin loufoque et surréaliste, cette pièce est difficile à résumer. En très gros, je dirais que nous contemplons des adultes occupés à jouer aux cochons et que, dans le fond, ils en profitent pour nous parler de la maternité, de la paternité, du couple, de l'humanité et de son avenir ! En plus précis, je dirais que l'écriture truculente d'Olivia Rosenthal est une belle surprise, revigorante, qui m'a donné envie de relire son texte version papier.

         

D'autres auteurs sont invités cette saison, dont je parlerai certainement ici, entre autres Richard Morgiève, Didier Daeninckx et Emmanuelle Pagano, ... Quelle chance ! (Toute la programmation ici)

Enfin, Olivia Rosenthal, interviewée par AuteursTV, juste ci-dessous :


Olivia Rosenthal
par auteursTV

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27 septembre 2008

Adolie Day

Je transmets cette information avec plaisir... Une expo, pour les nantais, et pour les autres, une artiste à découvrir, sur son blog !!

invitado

http://adolieday.blogspot.com/

*EXPOSITION chez "INSPIRATIONS"
Rue de la Paix-Nantes du 2 au 29 Octobre
Vernissage le 2 Octobre à partir de 18h
(plus d'infos sur son blog)

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26 septembre 2008

L'amour au temps du choléra

amour_aux_temps_du_cholera_cinefr

Nous sommes à la fin du XIXe siècle à Cartagena en Colombie. Un jeune télégraphiste pauvre et poète, Florentino, tombe amoureux fou de Fermina, une jeune fille, orpheline de mère, élevée d'une main de fer par son père. Sous les amandiers d'un parc, il lui jure un amour éternel et elle promet de l'épouser. Mais le père de Fermina, furieux, sépare les jeunes amants.
Quelques années plus tard, devenue une jeune femme, elle épouse Juvenal Urbino, un jeune et riche médecin, l'homme qui a réussi à endiguer l'épidémie de choléra de la ville, et  part s'installer avec son époux à Paris. Lorsqu'ils reviennent à Cartagena plusieurs années après, Fermina a tout oublié de son premier amour et attend son premier enfant...
Florentino, lui, ne l'a pas oubliée. Devenu un riche armateur, il collectionne les liaisons féminines mais brûle toujours d'amour pour la belle Fermina...

Adapté du roman éponyme de Gabriel Garcia Marquez , ce film se regarde avec plaisir. Pourtant, ayant déjà lu le roman auparavant, j'ai eu quelques déceptions... Il m'a manqué la force du récit. La beauté de Fermina m'a semblée un peu fade pour provoquer tant d'ardeurs (le choix du casting est étrange !), et Florentino est joué sur un registre benet étonnant (l'acteur excellent, là, par contre !). Alors, si vous devez faire un choix, comme souvent, privilégiez le livre, un émouvant souvenir de lecture !

Quelques images, et la chanson du film Hay Amores, interprêtée par Shakira...


Shakira - Hay Amores [New - Official Video]

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25 septembre 2008

Page 123

bauchauJe n'avais pas encore fait ce tag qui circule depuis un moment sur les blogs...et puis me voici taguée par George Sand et moi. Alors, allons-y !

1) Citer la personne qui vous a "taggué" :
Vous trouverez l'information juste au-dessus.

2) Indiquer le règlement :
On ouvre un livre, celui qui nous tombe sous la main ou que l'on choisit, on l'ouvre à la page 123, on descend ensuite à la 5ème ligne et on recopie les 5 lignes qui suivent, puis on indique, le titre (souligné ou en italique), le nom de l'auteur, l'éditeur et l'année d'édition...

3) Choisir un livre, l'ouvrir à la page 123 :
L'Antigone d'Henry Bauchau trône sur mon bureau...étrange, non ?

4) Recopier à la 5ème ligne, les 5 lignes :
"- en moi ?
- Pas seulement, Antigone, ils le sont aussi dans la matière que tu as travaillée."
Jusqu'ici je n'ai pas pu montrer mes sculptures à Hémon, quand il vient à la fin de la journée je lui fais voir la Jocaste d'Etéocle."

5) Indiquer le titre, l'auteur, la maison d'édition, etc... :
Je vous ai déjà donné le titre et l'auteur, en voici les références complètes :

Antigone, Henry Bauchau, Actes Sud (ISBN 2 7427 1338 7 - Août 1997 (pour mon édition) - 23€ prix d'aujourd'hui)

Je ne tague personne à mon tour, ce tag ayant déjà pas mal circulé parmi vous... Juste une belle occasion de parler à nouveau de ce titre là.

Un autre passage... :
"J'ai couru ensuite en aveugle le temps de quelques foulées et Hémon ne m'a pas suivie. J'ai réussi, je suis toute seule, la triste pleureuse que personne ne comprend. Sur la route il n'y a plus que moi, il n'y a plus que rien, tandis que je marche en trébuchant dans les ruelles interminables. Que je patauge et voudrais me laisser tomber dans les flaques abandonnées par l'orage qui vient de finir, dont je n'ai même pas entendu le tumulte.
Je suis fatiguée, bien trop fatiguée, je m'arrête, une petite fille saisit mon genou et l'embrasse. Naturellement, je pleure de nouveau car c'est ce que je faisais, moi aussi, quand j'étais petite et que le genou d'Oedipe était un second visage plus accessible que l'autre. Tout a toujours été trop haut, beaucoup trop haut dans ma vie."

Bonne journée !!!

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24 septembre 2008

C'est quoi ce machin ?

le_machin"Un jour, près du grand lac, Bobo l'éléphant ramasse un drôle de machin. Bobo le tourne et le retourne et le retourne dans tous les sens. C'est sûrement un bonnet, dit Bobo...et hop, il le met sur sa tête. Oh quel beau bonnet !"

Le "machin", étrange morceau de tissu rayé, passe d'un animal à un autre, et chacun lui trouve une utilité. Il devient cape, puis jupe, puis écharpe, couverture...jusqu'à ce qu'un petit homme tout nu, qui se baignait, apparaisse et s'interroge, mais "Où est ma culotte ?".

[Des illustrations en tissus collés, colorés, de l'humour...voici un album bien adorable ! En plus, il contient des insultes à se pouffer dessus : "grosse patate", "grand cornichon", "grosse nouille", "grosse banane"... Un régal !]

ISBN / 978 2 278 05711 5 - 11.90€ - 2007

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23 septembre 2008

Fred Calleri

All_I_See_is_You_Fred_Calleri

...un artiste découvert chez Ptitlapin (merci !!). Vous pouvez voir quelques oeuvres ici. Le titre de ce tableau ? All I See is You. J'adore !!

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22 septembre 2008

Les Mains gamines, Emmanuelle Pagano

lesmainsgaminesL'épouse d'un propriétaire de domaine viticole, une femme de ménage, de vieilles femmes, une enfant...toutes ont dans le creux de leur corps des blessures, des transformations, des faiblesses (douleurs d'oreille, puberté, sénilité), qui ont lieu, qui se préparent, ou qui sont là depuis bien longtemps...depuis surtout, une certaine classe de CM2.

Difficile de parler de ce nouveau roman d'Emmanuelle Pagano sans en dévoiler l'essence, l'intrigue principale. Donc, que dire ? Et bien, que son écriture m'a prise aux tripes dès le départ et que, il faut bien l'avouer, j'aime ça. Mais attention, ces "mains gamines" ne sont pas à mettre entre toutes les mains, surtout les plus sensibles ! Car ce récit n'est ni un lieu de tendresse, ni un repère de mièvreries. Loin de là. En tant que lecteurs, nous ne sommes pas épargnés, mais peu importe, car ce n'est ni le sujet ni le but, ici ce sont les personnages qui souffrent, qui sont malmenés, qui se souviennent, se resserrent jusqu'à trouver un apaisement relatif, final, douloureux. Cela suinte de partout dans une langue âpre qui ne laisse pas en repos, et tant mieux, dirais-je... A découvrir, parmi les nombreux titres de cette rentrée littéraire !!

Un extrait...
"Je me souviens d'elle à dix ans.
J'y ai pensé, tout à l'heure, quand elle est venue me lever de la sieste. Elle avait encore sur la main l'odeur du basilic effrité la veille sur la salade de ses patrons, et tout ce que j'ai trouvé à penser, c'était à son corps de dix ans, à cause de cette odeur persistante.
Elle en rapportait toujours en classe, des odeurs de restes. Ses parents étaient des hippies, des poilus. Ils se lavaient pas tous les jours.
Elle pourtant, elle sentait pas mauvais, non, elle sentait juste des odeurs de cuisine et de jardinage. Je suppose qu'elle devait aider sa maman, puisqu'elle était l'aînée et que des petits frères et soeurs, y'en avait une floppée. Elle sentait la soupe du soir, les tartines du matin. Elle avait déjà des seins, aussi. Des seins de lait bien droits. Elle sentait le lait des petits.
Les odeurs, c'est quelque chose qui me reste très bien en mémoire."

ISBN : 978 2 84682 273 2 - 15€ - Août 2008

bouton3 Note de lecture : 4/5

Du même auteur, j'ai lu Les adolescents Troglodytes heart et Le guide automatique

Le blog d'Emmanuelle Pagano, actuellement en sommeil : http://lescorpsempeches.net/corps et pour en savoir plus (d'autres liens)...

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21 septembre 2008

Serpentin

serpentinCa commence par la fin.
Et ça ne s'arrête plus, de remonter le temps, de tout embrouiller, de me montrer ce qui ne se vit pas, ce qui n'a même jamais eu la chance d'exister, encore.

Ca commence par demain, par des mots qui se taisent, des gestes empesés, maladroits, des regards qui savent.

Ca commence par des bruits de pas, précipités, dans les escaliers, par ta fuite.
Par des journées, lourdes de soleil et d'absence.

Ca commence par rien.
Et c'est reparti, ça reprend le flambeau, de l'espoir, ce sale espoir, qui guérit les attentes, et fatigue le présent.

Ca n'a pas de saveur.
Pas plus que ce plat, refroidi, laissé là sur le bord de l'évier, et que ce téléphone qui sonne, sans fin, dans une pièce vide.

Ca commence par la fin.

Ca n'a jamais commencé.

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