13 décembre 2014

Vrac du samedi

DSCF1768[1]-001

Juste quelques mots pour vous parler tout de même de ces deux livres ci-contre, qui me sont tombés des mains. Je fais parfois de mauvaises pioches en répondant favorablement aux sollicitations des éditeurs, c'est le risque. Il faut dire qu'il est parfois tentant lorsque la journée a été morose de dire plutôt oui que non, et puis, même si je réfléchis toujours longuement avant de répondre, il m'arrive de me tromper.

Les Illusions adolescentes est le résultat d'une idée (pas bête) celle de réunir 17 étudiants d'écoles de commerces pour leur lancer un défi, écrire un best seller sous forme de cadavre exquis. L'auteur ADEL DECO cache sous ce nom ces étudiants, et les écoles de commerce concernées. Dommage que le contenu soit dès les premières pages, très convenu, parce que le projet était sympathique, et au final pour une bonne cause... Editions Michel Lafon

Le Point de vue du Panda s'était présenté à moi sous la forme d'un dictionnaire mêlant mots anciens (en passe de disparaître) et mots nouveaux. J'ai été déçue par les définitions lues, leur ton impertinent sans être réellement drôle. J'attendais sans doute autre chose de ce très joli petit livre... édité chez Max Milo et sous la signature de Bertrand Ferrier

Posté par Antigone1 à 17:27 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


11 décembre 2014

La petite communiste qui ne souriait jamais, Lola Lafon

lapetitecommuniste

 "Ce qu'elle accomplit, ce jour-là, personne ne sera capable de le raconter, ne restent que les limites des mots qu'on connaît pour décrire ce qu'on a jamais imaginé.
Est-ce qu'on peut dire qu'elle prend le temps. Ou qu'elle s'empare de l'air. Ou qu'elle intime au mouvement de se plier à elle."

Dès que Nadia Comaneci apparaît aux JO de Montréal en 1976, et obtient le dix parfait, la fascination est de mise. Lola Lafon s'est penchée sur la vie de cette athlète hors du commun, entraînée en roumanie par un homme aux méthodes drastiques, Bela. Mais il n'est pas aisé de faire la part des choses entre le mythe et la réalité, entre ce que souhaite réécrire la sportive de sa propre histoire et ce qui s'est réellement passé. L'écrivain, et son sujet, sont en effet en constant dialogue, mais parfois l'incompréhension éclate. Nadia Comaneci ne veut pas que l'on présente une Roumanie triste aux rues grises, elle reste ferme sur le fait qu'il y a eu également des moments meilleurs, reste évasive sur ses liens avec le pouvoir en place. La petite fille obéissante et déterminée est devenue aujourd'hui une femme au corps libéré, parfois malhabile, qui ne sait plus quoi faire d'une liberté dont on lui vantait les mérites mais dans laquelle elle se sent finalement prisonnière...

La petite communiste qui ne souriait jamais est le récit chronologique d'un parcours sportif, mais pas seulement. Il s'agit ici aussi de creuser la vérité, de combler les trous d'un récit de vie avec des dialogues fictifs, d'inventer une biographie, à la fois fidèle et étrangère. Et c'est ce qui est hautement intéressant dans le travail de Lola Lafon, ce va et vient intentionnel entre fiction et réalité. La fiction finissant d'ailleurs au final par avoir bien plus de crédibilité que la pseudo vérité qui est présentée. Il est évident que dans tous les pays - et pas seulement dans les états totalitaires-, les athlètes sont des emblèmes utiles, dont on se sert un moment, puis qu'on éjecte sans ménagement quand la performance n'est plus là. Il faut alors que l'image soit impeccable, sans tâche, conforme au message. Nadia Comaneci a été cette emblème, longtemps, d'une roumanie qui voulait se montrer combative et moderne, mordante et fière. Lola Lafon était fascinée par la petite fille, elle semble prendre beaucoup de distance avec la femme avec laquelle elle correspond. En dehors de tout ce qu'il y a de remarquable dans ce roman, c'est sans doute cette distance qui m'a tenue un petit peu à l'écart du sujet tout au long de ma lecture. Je salue tout de même la performance d'écriture, comme elle le mérite, aisni que l'originalité enthousiasmante du projet.

Editions Actes Sud - 21€ - Janvier 2014 - Merci ma bibli !!

La vidéo du premier dix parfait à voir [par ici] - Ecouté en audiolib par Sylire [clic] - Un livre fascinant pour Aifelle [clic] - Un grand et beau coup de coeur pour Cathulu [clic] - Un coup de coeur pour Clara aussi ! [clic] ... et l'intéressante fiche du livre sur le site Actes Sud [clic], ce titre a été beaucoup lu, il a reçu de nombreux prix !

Posté par Antigone1 à 19:34 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags :

10 décembre 2014

Décoration... enfin le sapin !

Pictures

On peut retrouver le petit nichoir à fabriquer soi même chez Zü [clic ici]

Posté par Antigone1 à 20:05 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,

09 décembre 2014

Je suis une cruche percée de plus

[J'avais déjà beaucoup aimé Je te déteste] Sinon, pendant ce temps, je lis toujours La petite communiste qui ne souriait jamais de Lola Lafon, et le temps s'étire, s'étire... Bonne semaine !!

Posté par Antigone1 à 08:13 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags :

07 décembre 2014

Si j'osais (atelier d'écriture)

ate

Je te dirais que la vie est un passage, et qu'évidemment toi tu étais là, juché accidentellement sur mon parcours. Je te dirais tout un tas de mensonges pour te laisser partir, pour alléger ta conscience. Tu ne m'en sauras à peine gré, tout préoccupé par ton propre voyage. Mais comment t'en vouloir ? Je saurais être patiente. Attendre. T'attendre. Pour peu que cela suffise. Le monde est depuis quelques mois une foule compacte et dure, et toi tu étais au centre, immobile, le regard honnête et droit, ma balise dans la tempête, mon caducée. Un coup d'oeil sur toi et je me sentais protégée. J'ai perdu quelqu'un. Et j'ai perdu plus que cela. J'ai perdu la pluie sur mon visage, le gras des trottoirs, nos chahuts, la ville que nous partagions, ce que j'imaginais que nous ferions ensemble, ton sourire invisible. Tu n'imagines pas combien marcher seule est devenu douloureux. Mais comment savoir ce que tu ressens ? Il faudrait pour cela te presser de questions, prendre le risque de te regarder lentement ajouter encore une couche au masque qui recouvre déjà ton visage. Je ne sais pas être quelqu'un d'autre. Et toi le sais-tu ? T'aimer était prendre le risque de ton absence, je le savais. Aimer est toujours un risque. Mais il est aussi le signe que je suis vivante. Que ce sont bien mes pas qui résonnent dans la nuit vide, mon ombre que les réverbères étalent derrière moi, ton souvenir vivace qui flotte au creux de moi.

Une photo, une inspiration, et au final un texte ... tout ça pour l'atelier d'écriture de Leiloona [clic ici]. J'espère ne pas vous lasser, mais j'ai envie (besoin) d'écrire en ce moment sur l'amitié, l'amour, les retours et les départs. Je voudrais parfois réussir à mieux libérer mon écriture. Comme d'habitude, rien n'est vrai, et puis ce n'est pas ça l'important. Merci en tous les cas pour vos dernières précieuses lectures. Toujours comme un petit écho à ce texte là [clic] et à celui-ci [clic].

Posté par Antigone1 à 17:36 - - Commentaires [26] - Permalien [#]
Tags :


Mon Cahier à Inventer

mon cahier à inventer

La famille Antigone aime le papier et les feutres, créer, c'est ainsi. Mes enfants peuvent s'occuper des heures avec une ramette et quelques crayons. Pourquoi s'embêter parfois à leur trouver des jeux chers et encombrants, souvent très vite délaissés ?

Ce cahier, de chez Tourbillon, était fait pour Petit Dernier (9 ans) qui n'aime rien moins tant que dessiner de minuscules personnages, inventer des mondes miniatures, et s'inspirer de l'univers des mangas et des BD. Il a été au départ un peu surpris d'avoir le droit d'écrire dans un si bel album, et puis s'est laissé entraîné par la magie des pages. Il s'agit ici de continuer à remplir les scènes proposées, l'enfant est invité à ajouter des détails, de la couleur, à inventer de nouveaux mondes.

Une belle invitation à développer son imaginaire, et un grand succès donc à la maison !

Editions Tourbillon - 10.99€ - novembre 2014

DSCF1745[1]

DSCF1744[1]

DSCF1746[1]

Je me suis moi-même également laissée tenter par des cahiers de coloriage pour adultes... avec des kits édités cette fois-ci chez Larousse. J'adore !

DSCF1747[1]

DSCF1749[1]

 

Posté par Antigone1 à 13:03 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags :

06 décembre 2014

Jean-Luc Seigle

seigle

Jean-Luc Seigle était présent jeudi soir dernier au sein de ma médiathèque pour une lecture publique. Son titre, En vieillissant les hommes pleurent, a été choisi l'an passé par un groupe de lecteurs de Vendée parmi sept autres titres, comme coup de coeur de lecture, et l'auteur était donc invité cette année en résidence dans ma ville [clic ici pour plus de détails], sillonnant d'ailleurs aussi plus largement tout le département. Je participe cette année à ce comité de lecture, j'en suis très heureuse. Nous choisirons bientôt l'auteur invité l'an prochain.

La rencontre s'est terminée avec un dîner, et en groupe plus restreint, mais nous avons pu, au préalable, entendre Jean-Luc Seigle lire des passages de son roman, qui avait été également pour moi un coup de coeur [clic], et dans mon top 3 final de l'année 2013 [clic ici]. En vieillissant les hommes pleurent est un très beau roman, qui met au centre de son histoire principalement un homme taiseux, Albert. Nous sommes dans les années 60. La famille se réunira bientôt devant la télévision pour apercevoir le fils aîné, occupé ailleurs par la guerre d'Algérie, le plus jeune découvre la lecture, les intéractions entre la vie et les pages des livres, chacun évolue dans le creux d'une journée de grosse chaleur.

envieillissantleshommespleurent

Jean-Luc Seigle a bien expliqué comment lui est venue l'idée de son roman. Il est parti de ce passage de notre histoire commune, la défaite absurde sur la ligne Maginot, puis il a voulu tenter de donner voix au silence de certains hommes, ceux qui ont connu la guerre, et ceux aussi qui ont cumulé comme Albert plusieurs métiers pour subvenir aux besoins de leur famille, quand l'agriculture ne suffisait plus. Albert est le jour ouvrier chez Michelin, le soir un fermier qui cultive sa terre.

J'ai beaucoup aimé qu'il nous raconte lors de son intervention sa technique d'écriture, et ce principe sur lequel il se base, qu'à chaque seconde de notre vie nous soyons remplis de notre histoire. C'est ce qui donne évidemment beaucoup de densité à ses personnages. Et puis, Jean-Luc Seigle accorde énormément d'importance à ses incipits, dont il peut réécrire soixante fois la version. 

Un grand merci à lui en tous les cas pour sa grande disponibilité, son humour et sa simplicité ! J'ai réussi à lui glisser en dédicace combien j'avais aimé son roman. Jean-Luc Seigle était ravi d'être là, parmi nous, content de son expérience, et d'avoir rencontré au cours de sa semaine, lecteurs et collégiens (ou lycéens ?), ainsi que le plat pays de vendée.

Son prochain roman sortira en janvier, il s'intitulera Je vous écris dans le noir. Il retrace l'histoire de Pauline Dubuisson, étudiante en médecine, qui tue son ex-fiancé Félix Bailly. A 21 ans elle est jetée en prison et passe devant les Assises de Paris. Pauline est la seule femme contre laquelle le Ministère public requiert la peine de mort. 

Posté par Antigone1 à 17:43 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags :

05 décembre 2014

Dust it off

[L'album Both Ways Open Jaws en boucle dans mes oreilles...] Sinon, pendant ce temps, je lis La petite communiste qui ne souriait jamais de Lola Lafon... mais pas que. Je vous parlerai ce week-end de la rencontre d'hier soir avec Jean-Luc Seigle, l'auteur du très beau En vieillissant les hommes pleurent, surtout de ce que j'en ai retenu, n'ayant pris aucune note. Et puis, dimanche soir, et mieux encore lundi matin, sans doute encore un texte pour l'atelier d'écriture de Leiloona [clic], parce que l'écriture apporte en ce moment, beaucoup. Bon week-end !!

Posté par Antigone1 à 19:48 - Commentaires [6] - Permalien [#]

03 décembre 2014

Autour du monde, Laurent Mauvignier

autour du monde

 "Ils ne bougent plus. C'est comme une danse. Au début, un bruit comme les vieux télégraphes dans les films en noir et blanc. Et puis un bruit plus fort, un bruit de castagnettes. Ils voudraient rire, mais ils ne peuvent pas. D'autres bruits de castagnettes, de verre qui vibre. Quelque chose les retient de rire, quelque chose les tient tous les deux. L'un deux laisse échapper de sa bouche quelque chose comme un oh étonné et presque timide, incrédule. L'autre ne répond rien, s'il le faisait sa voix ne serait peut-être pas audible parce que les vitres elles-mêmes commencent à vibrer puis à trembler trop fort, puis les murs à l'unisson aussi tremblent et laissent monter cette vibration qui bientôt saisit toute la maison et la fait craquer et se tordre. A l'intérieur, tous les objets semblent soudain avouer qu'ils sont vivants, qu'ils ont toujours été vivants. Et ils geignent, chuintent, crient, hurlent et se contorsionnent, se déforment, tirent, poussent, cassent et cette fois la vie semble surgir de l'intérieur des objets, mais c'est une vie malade, qui grince, éructe, grogne et à l'intérieur des vivants une autre vie s'anime - la vibration parcourt les corps et fait sonner les os comme une caisse de résonnance dans les membres, des bruits qui remontent le long des corps, quelque chose de trépidant dans les murs, dans les objets, quelque chose comme des pulsations instables se répandant, se diffractant, explosant partout à l'intérieur des choses et des corps."

(Je suis tombée amoureuse de ce passage, rien de moins...)

En mars 2011, un tsunami terrible déferle sur le Japon. Le monde regarde, médusé devant son poste de télévision, l'énorme vague, les maisons, les véhicules et les corps emportés, puis la menace nucléaire. Deux amants étaient alors réfugiés dans une cabane, la violence du phénomène les séparera. Et puis, Laurent Mauvignier nous emmène ailleurs, comme si si il zappait avec nous le monde, la lumière est soudain braquée sur d'autres tranches de vies, kaléïdoscope étrange de notre humanité inquiète et en quête d'affection. Des heureux gagnants d'un jeu concours se retrouvent ainsi artificiellement regroupés sur un paquebot, deux femmes débarquent à Tel Aviv, des amants s'égratignent à Moscou, une jeune femme devient la maîtresse de son beau-père, certains rêvent de faire naître l'espoir dans la perspective du gain facile...

Je suis littéralement tombée en extase devant l'écriture sublime et précise de Laurent Mauvignier, qui fait visiblement fi de toutes modes mais recherche dans ses phrases la justesse qui saura laisser apparaître l'image, le sentiment présent, l'atmosphère imaginée. Autour du monde nous embarque dans un voyage à la fois étourdissant et terrifiant, qui montre à quel point les destins privés dépassent les phénomènes collectifs, tout en s'y imbriquant étroitement, et qui montre aussi combien nous sommes tous sur le même bateau, la terre. Un roman magistral, forcément un coup de coeur !

Editions de Minuit - 19.50 € - Septembre 2014 - Merci ma bibli !!

challengerl2014

Je participe toujours au challenge 1% rentrée littéraire de Hérisson... qui consiste à lire au moins 6 livres de la rentrée littéraire [clic ici pour plus de détails] - et je suis en partance cahin caha vers le 2% - n°11/12

Les tentatrices... Clara - Cuné - Cathulu

Posté par Antigone1 à 10:08 - - Commentaires [28] - Permalien [#]
Tags : ,

30 novembre 2014

Ton visage (atelier d'écriture)

atelierdecriture1

Il sera au départ question de ton visage. Ou bien, de ce que je me souviens de ton visage. Son incandescence dans ma mémoire. La lumière du souvenir qui sublime tes traits, ou les fait disparaître, c'est selon. Bientôt tu seras là, de retour, de nouveau en face de moi. Réel. Je me prépare au choc de nos retrouvailles, à cet accident de nos regards qui plongent l'un dans l'autre, comme si le temps n'était pas passé, comme si hier rétrécissait brutalement vers aujourd'hui. Il faudra alors que l'image de toi dont j'avais conservé le souvenir, ton toi d'avant, s'ajuste. Forcément, tu auras changé. Saurons nous retrouver la familiarité des gestes, de la voix, de nos présences côte à côte ? Saurons nous retrouver la légèreté dans laquelle nous étions parvenus à inscrire notre amitié ? Tu t'es enfui si loin. J'ai cru que tu étais parti à cause de moi, à cause du dilemme, pour fuir le précipice vers lequel nous plongions tous les deux, sans se le dire, sans se l'avouer, juste parce que nous savions ce qui nous reliait, ce qui était invisible pour tous les autres, un son dans nos deux voix qui s'engageait sur la même note, juste ça. Et puis le sourire dans tes yeux, confidentiel, qui n'éclatait vraiment que pour moi. Tu es de retour. Et je ne sais pas si le ciel va se remettre à briller, si je t'attendais vraiment, si la violence de ton départ n'était pas suffisante. J'ai peur que tu m'indiffères. Alors, ton visage prendrait les teintes du décor autour de nous, des autres visages, et tu deviendrais semblable à tous les autres, unique pour personne. Alors, je pleurerais sans doute, sur ton visage disparu, sur l'oubli, sur l'amitié, sur les départs, et sur les retours trop longtemps reportés.

Une photo, une inspiration, et au final un texte ... tout ça pour l'atelier d'écriture de Leiloona [clic ici]

Et comme un petit écho à ce texte là, pour le jeu [clic]

 

Posté par Antigone1 à 19:49 - - Commentaires [27] - Permalien [#]
Tags :