21 mars 2010

Homme... (catégorie "Mes écrits")

hommechapeauFou.

Cache tes yeux, ton regard.
Si tu veux.

Trop tard.
Je t'ai vu.

Moi.

La lumière, floue, de ce matin-là, je m'en souviens. Mon coeur en mille morceaux, ouvert. Ce quotidien marqué qui blesse à chaque passage sur ma peau, même endroit toujours, ce lieu intime du manque et de l'espoir.

Homme. Fou. Je t'ai vu me chercher, ne pas me trouver, t'affoler. J'ai vu cet afflut étrange de panique te submerger. Je croyais être seule, et je ne le suis plus. Comment savoir si je dois m'en réjouir, ou pleurer ?

La lumière de cette journée, l'avais-tu remarquée aussi ? Un peu plus tôt, il y avait eu mes mouvements, le sourire des autres, le bonjour des pères, leurs filles au bout des bras, ma solitude. Je suis parfois comme cela, presque transparente aux émotions et aux évènements. Tellement de temps passé depuis le début. Tellement d'énergie envolée pour seulement se résoudre, oublier, passer à autre chose, quelqu'un d'autre. Tellement de rien et ma peau, mon corps collé à ce lieu où tu es, ce lieu que je ne peux plus quitter.

Homme. Stupide. Qui croyait sans doute que la raison suffit quand l'amour n'est plus. Comme moi.

Si tu savais combien je t'observe, combien je te laisse le temps de m'approcher. Le temps, c'est tout ce que j'ai. Toi aussi. Mais le tien court, il s'affole.
Tu étais là, debout, au milieu des autres, à observer ma place vide. Et je t'ai vu.

Tu te pensais invisible.

© Les écrits d'Antigone - 2010

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21 février 2010

je fabrique

je reconstitueorigami

je traficote

je fabrique

je reconstitue

je raconte des histoires

j'en invente

j'en fabrique

j'en traficote

jusqu'à ce que tu n'en puisses plus de moi

que tu me regardes

je raconte

je reconstitue

jusqu'à ce que tu me vois

que tu m'aimes.

© Les écrits d'Antigone - 2010

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09 février 2010

Frère...

parapluie...ou père, celui que je cherche, que tu n'es pas.
Ce rôle dans lequel je te voudrais.
Pour réparer, sans doute.
Loin de ce manque qui me détruit toujours.
En finit-on un jour avec les maux de l'enfance ?
En finirai-je enfin de construire, de détricoter,
De choisir des textures inconnues pour refaire mon ouvrage ?
Recommencer, mieux.
Je ne me remets pas de leur manque d'amour.
Je ne me remets pas de l'absence, de sa distance. Tu le sais bien.
De ces bras, jamais, autour de mon corps.
Protection. Un parapluie au-dessus de ma tête.
Tu souris. Tu penses au soleil, aussi.
La confiance, en soi. Pour soi et pour les autres.
Pour donner. Et reprendre, un peu,
Si l'on veut bien.
De temps en temps. Parfois.

Frère ou père, est-ce ainsi donc que je t'aime ?
Pour nulle autre raison ? Parce que tu lui ressembles ?

Ce serait un jeu bien cruel que d'ôter ton masque à présent,
Alors que ma quête m'amène fatiguée à tes pieds.
Dans le lieu même que je voulais quitter, hier.

Ce serait un jeu bien sournois que de me troubler,
Alors même que je me retrouve de nouveau face à toi.

© Les écrits d'Antigone - 2010

Merci de ne pas chercher à démêler  le vrai, du faux. Il y a de l'influence de "Sous l'Oeil d'Oedipe" là-dessous...et puis des phrases, des réflexions...du jeu d'écriture.

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27 septembre 2009

Offrande

offrande1Je t’offre mes rides.
En voudras-tu ?
Celle surtout, verticale et épaisse, qui barre mon front, et qui me donne l’air sérieuse et sévère. Je sais sa raison d’être. Je l’aime.
Elle est une frontière irréelle entre moi et hier, indélébile.

Je t’offre mon crépuscule à venir, des promesses, et mes pulls en cachemire.
Deux bras, autour de ton cou, tous les jours, pour mieux t’embrasser.
Ou te tenir chaud.
Jamais te contraindre.

.

Je t’offre tendresse et doutes, emmêlés, noués.
Ces ombres qui voilent trop souvent le ciel de mes instants.
Ils te serviront de parapluie, de paratonnerre, d’arme ou de bouclier. C’est selon.

A toi l’usage. Pas la peur.

.

Je t’offre ce que je n’ai pas, ou plus, ou jamais eu.
Mes vides.

Tout ce que tu pourras combler de tes rêves, de tes envies, de tes projets.

Pas certaine d’être tout à fait terminée. Complète. Entière. Heureuse.

Pas certaine d’être - toujours - tout court.

.

Je t’offre mes joies, et les rires inutiles qui naissent dans ma gorge.
Le soleil dans ma maison, son désordre chaud.

Mes couleurs.
Le rouge de mes joues.

.

Et tous ces creux où nous pourrons nous abriter ensemble,

Longtemps.

.

.

© Les écrits d'Antigone - 2009

Une petite réflexion sur le temps qui passe...;o), inspirée par une lecture de Florinette.
De plus, je commence à être très très fâchée par ces photos retouchées, vues sur les publicités de ELLE ou autres, qui ne ressemblent plus à rien. On nous fait croire que les actrices n'ont plus de rides (pfff on les a pourtant vues ailleurs) et les visages sont tellement lissés et transformés qu'ils finissent par faire presque peur en plus d'être franchement laids, vous ne trouvez pas ?
De grâce, montrez-nous de belles rides !

Un petit ajout, comme ça, une publicité lissée qui m'exaspère...pour l'exemple.


Uma Thurman - Ange ou Démon - Le secret de Givenchy
envoyé par Angelmugler. - Regardez plus de courts métrages.

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05 septembre 2009

Envie

ENVIE2De simplicité,
De caresses d'enfants,
De beauté
Et de temps.

De poursuivre la course du soleil,
Sur n'importe quel carré d'herbe,
Parce qu'il est là, parce qu'il m'attend,
Violement éphémère.

Ignorer exigences et priorités,
Prendre un livre et caler ma tête,
Juste avant de plonger
Vers l'ailleurs.

Fuir les soubresauts du monde.
En lisant, faire l'autruche.
Le savoir et l'assumer,
Tous complexes au placard.

Ne désirer finalement que ta présence,
Tes pages contre les miennes,
Ta lecture.

Envie de t'aimer mieux.

© Les écrits d'Antigone - 2009

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31 mai 2009

Pense

pensePense au bleu, au vent, à l'air
A tout ce qui n'est pas lui
Pense aux livres, à la poussière
Au vent dans tes cheveux

Au souffle chaud que promène
Le soleil sur ton visage, là

Pense à l'herbe
A tes doigts
A la rugosité des arbres
A ce qui te rapproche de l'enfance

A ce qui t'appartient
A ce qui est à toi, aujourd'hui

Cesse de croire à la transparence
Reprend le goût des sensations
Qui t'aidaient à te construire
Avant

Avant que tu ne penses à lui
Tous les jours
Avant que tu ne te détruises
De l'aimer tant

Pense à la mer
Aux ricochets des vagues
A la lumière
A Dieu même, si il le faut

Mais ne t'enferme plus dans son souvenir
Laisse le rêver de toi, un peu
A son tour
Maintenant

© Les écrits d'Antigone - 2009

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10 mai 2009

Devant mes yeux

devant_tes_yeux

Plonger dans la nuit, dans ce bain mort du sommeil, et renaître au matin, ton prénom sur mes lèvres, tes yeux près des miens, en pensée.

La passion a ceci de fou, qu’elle n’existe pas en dehors de la douleur. Elle n’a sa place, dirait-on, que dans la tragédie, l’angoisse et le supplice. Moi, je voudrais t’aimer doucement.

Laisse- moi t’aimer… s’il te plaît.

Pierre écrivait ces lignes sur le carnet qu’il traînait avec lui depuis quelques semaines. Il avait trouvé ce moyen là pour calmer ses sentiments, leur donner un lieu raisonnable ou s’exprimer.
Il ne comprenait toujours pas comment tout cela lui était arrivé, à lui, ne pas parvenir à oublier un visage, une voix, toujours se maintenir au plus près du sillage de l’être aimé. Se détester d’être comme cela, en attente, se détester de ne rien oser.

Était-elle heureuse ? Il n’en était même pas certain. Il adorait sa manière de tourner la tête vers lui, de lui tendre des documents, de lui sourire. Il tentait de cacher ce qu’il ressentait pour elle en fuyant, toujours, le plus possible, son regard. A quoi bon ? Elle avait des enfants, son mari appelait chaque midi, et elle semblait si légère, si insouciante. Il aimait attraper du bout des doigts les éclats de soleil que son rire laissait dans son bureau lorsqu’elle passait lui proposer de déjeuner ensemble. Comment détruire ces petits moments de bonheur là par des révélations fracassantes ?

Pierre glissa le carnet dans la boîte à gants de sa voiture, respira bruyamment et s’extraya de son véhicule en soupirant encore, persuadé de vivre cette journée de la même manière qu’il avait vécu la précédente, sans difficultés apparentes mais avec une peine toujours plus lourde à porter le soir venu. Devrait-il finir par envisager un changement de poste ? Une mutation ? Faudrait-il en arriver là pour réussir à vivre enfin sans ce poids mort en lui ?

Estelle était là, devant lui, ses sandales claquaient dans le couloir.

Il lui prit le bras, légèrement, et elle se retourna, à peine surprise, lui plaquant rapidement un baiser sur chaque joue. Savait-elle ? Se doutait-elle ? Ce moment. Pour rien au monde, il ne l’aurait échangé, avec personne. Ce moment. Chaque jour. Chaque jour, sauf les week-ends et les jours fériés.

Son bureau, ses affaires, ses dossiers. Il arrivait à faire abstraction de la présence d’Estelle à quelques pas de lui en se plongeant dans des chiffres et des tableaux. Il avait cette faculté là, heureusement, de réussir à se plonger dans le travail, comme dans le sommeil, sans réfléchir, une masse.

Mais cette journée n’était pas semblable à toutes les autres, il aurait dû s’en douter.


Il entendit juste de grands cris affreux derrière sa porte fermée - il releva la tête - et puis son cri… à elle.

© Les écrits d'Antigone - 2009

Un écrit largement inspiré de ce film là...ou plutôt "sous effet" de ce film là... Un écrit qui aurait besoin d'une suite, mais je ne sais pas...peut-être pas, comme d'habitude.

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19 avril 2009

L'obligation du sentiment

l_obligation_du_sentimentTout est gris et froid. Tout ne ressemble à rien. Tout me rappelle toi.

...Hélène appuya son front moite contre la vitre fraîche du troquet. Celui-là même dans lequel elle s'était réfugiée tout à l'heure, fuyant les bourrasques et la pluie. Le temps du dehors collait parfaitement à sa météo intérieure, grand vent et pleurs en rafales.
Elle s'était commandé un café. Le patron le lui avait apporté sans un mot, sans un sourire. Et pourtant, elle s'était sentie bien, à son aise, instantanément. L'odeur doucereuse et enveloppante du breuvage l'enrobait d'un châle protecteur.
Elle se découvrait toujours un peu chez elle dans ces bistrots vides. Elle se découvrait tellement si peu chez elle partout ailleurs.
Elle n'irait plus là-bas, chez lui. Elle avait enfin compris quel était le remède. Ne plus le voir, ignorer jusqu'à son existence, espérer que l'absence comble peu à peu les vides que cet amour insensé laisserait en elle en disparaissant. Pleurer tout ce qu'il faut pleurer, tant et tant. Et simplement souhaiter qu'avec la dernière marée de chagrin s'éloignent les sentiments.
Elle n'irait plus là-bas. Elle tournait vivement la cuillère dans sa tasse, au rythme du flot de ses pensées, écrasant du tranchant de l'ustensile les grains de sucre qui tardaient à fondre. Un dernier mouvement sec fit déborder le liquide brunâtre dans la soucoupe blanche. Le patron, qui l'observait sans doute, émit un grognement réprobateur. Hélène sourit, et au même instant, un rayon de soleil inattendu perça les nuages. Elle prit cela pour un signe, elle en avait besoin.
Elle n'irait plus chez lui. Hier avait été la fois de trop. Elle ne se reconnaissait pas dans cette fille idiote qui cherchait l'attention d'un homme indifférent. Ils étaient bons amis. Cela ne lui suffisait plus. Elle reprennait à présent le cours de sa vie...

© Les écrits d'Antigone - 2009

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04 février 2009

Audace

J’aimerais savoir si tu me lis. comme_si

Je fais comme si.

J’aimerais savoir si tu m’aimes, aussi.

Je fais comme si.

J’aimerais que mes mots te troublent.

Le font-ils ?

Claire avait décidé que plus rien n’était grave. Elle jetterai ces phrases sur la toile, vers lui. Elle cliquerai avec force sur la touche « départ ». Le sort en serai jeté, une fois pour toutes, son sort à elle, sa décision à lui.

Elle n’en pouvait plus d’avoir froid, de l’attendre, d’espérer l’éclat de ses prunelles, de grappiller des miettes de lui. Elle n’en pouvait plus du manque.

Elle n’avait pas peur. Elle se savait capable d’assumer le regard des autres, les médisances, les ennuis. Elle avait le dos solide. Il ne fallait pas se fier à ses bras frêles.

Claire avait décidé que tout valait le coup, à nouveau, et tant pis pour ce qui se fait ou ne se fait pas, tant pis pour les cris.

Elle se planterai devant lui, les jambes tendues, l’obligerai à répondre, douterai d’elle, aurai le trac. Beaucoup.

Elle n’en pouvait plus du silence, de ces moments d’intimité pressante, de ces frôlements inutiles. Elle n’en pouvait plus de la patience.

Elle n’avait pas peur. Elle se savait capable d’assumer le bonheur, la folie d’un amour partagé, l’étourdissement de sa peau. Il ne fallait pas se fier à ses mèches sages.

J’aimerais savoir si je suis celle…

Je fais comme si.

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31 octobre 2008

Pour une fin

PourunefinAlors voilà,
C'est ce que tu seras

Ma muse
Mon énergie créatrice
Un tendre secret

C'est décidé

Un cercle pour chacun de nous
Infranchissable
Autour de nos corps

La chute
Pour celui qui transgresse
Qui effleure du bout des doigts
L'impossible

Du mensonge
Invité à nos tables
De l'amertume
Glissé sur nos sourires

Mais peu importe
N'est-ce pas ?
Il faut figer ce qui peut l'être

Pas le choix

Notre inconscience est à ce prix

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