amourhanneorstavik"Le bruit de la voiture. Quand il l'attend, il n'arrive pas à s'en souvenir dans sa tête. Je l'ai oublié, se dit-il. Puis il vient, souvent quand il s'interrompt dans son attente et n'y pense plus. Alors, elle arrive et il reconnaît le bruit, il l'entend, dans son ventre, c'est mon ventre qui se souvient du bruit, pas moi, et juste après avoir entendu la voiture, il la voit, dans un coin de la fenêtre, sa voiture bleue débouche du virage derrière la congénère en contrebas, elle la fait tourner vers la maison et remonte la petite côte jusqu'à l'entrée."

Vibeke s'est installée depuis quelques temps avec son fils Jon dans cette ville du nord de la Norvège où elle occupe désormais un poste qui la contente enfin, elle est conseillère à la culture. Demain, Jon aura neuf ans. Elle rentre chez elle, prépare à manger, songe à l'homme qu'elle pourrait rencontrer, l'homme de sa vie, et se fait une joie d'aller en soirée à la bibliothèque. Car Vibeke aime lire. Alors qu'elle est toute à ses pensées, son fils Jon sort dans le quartier vendre des billets de tombola. Puis Vibeke sort à son tour, persuadée que son fils est au lit ou occupé dans sa chambre. Elle se heurte aux portes fermées de la bibliothèque municipale et se laisse finalement attirer par le bruit du cirque ambulant installé non loin.
Vibeke et Jon passeront la nuit à suivre des inconnus, à se croiser et à se perdre...

Voici un petit roman acheté à l'occasion de la rencontre organisée par ma bibliothèque avec Sophie Divry. Les derniers titres des Allusifs étaient présentés à la vente... Comment résister ? Il y avait trop longtemps que je n'en avais ouvert un. J'ai été attirée inexorablement vers cette couverture rose bonbon, et gourmande.
Hanne Orstavik est d'après la quatrième de couverture une des voix les plus importantes de la littérature norvégienne et ce titre est apparemment reconnu là-bas comme un classique parmi les romans contemporains.
J'ai ressenti pour ma part en refermant ce livre un sentiment très fort d'opression, et en cela la tension de l'écriture est véritablement une réussite. Cependant, malgré sa qualité littéraire évidente, ma lecture n'a jamais été réellement plaisante. J'ai eu en effet beaucoup de mal à adhérer à la désinvolture de cette mère qui ne laisse pratiquement aucune place à son fils dans ses pensées et j'ai eu bien trop peur pour le petit Jon... De plus, l'écriture passe sans prévenir d'un narrateur à l'autre (Jon et Vibeke) au fil d'un paragraphe ou au cours d'un chpitre, ce qui rend le tout assez désagréable. Ames sensibles s'abstenir. ;)

Editions Les allusifs - 14€ - 14 février 2011

Canel a trouvé cette lecture très fastidieuse - Yves est plus enthousiaste