25 juillet 2010

Sept ans, Peter Stamm

sept_ans"Je me suis assis au bord du lit, me suis frotté les yeux, honteux de mes pensées. Lorsque Iwona m'a effleuré le dos, j'ai sursauté et me suis levé d'un bond. Elle m'a dit qu'elle avait prié pour que je lui adresse la parole. Elle s'était déjà assise plusieurs fois non loin de moi dans ce Biergaten, mais je ne l'avais jamais remarquée. Ça m'a fait froid dans le dos. La pensée qu'Iwona m'eût choisi avait quelque chose d'inquiétant. Pourquoi moi ? Elle m'a donné aucune réponse. Il faut que je parte, ai-je dit rapidement. J'ai noué mes lacets dans l'escalier."

Alors qu'Alexander est au terme de ses études d'architecture et qu'il s'apprête à suivre une voie toute tracée, sa rencontre avec une jeune polonaise effacée, et laide, va contre toute attente bouleverser sa vie.
C'est pour répondre à un défi de groupe qu'il l'aborde, et pour suivre une fascination sulfureuse et inexplicable qu'il va la revoir. Pourtant, près de lui il y a la sublime et parfaite Sonia qui ne demande qu'à partager sa vie. Après un séjour à Marseille, il lui demande de l'épouser. De retour à Munich, ils s'installent ensemble et concrétisent leur projet d'agence. Cependant, Iwona reste présente dans les pensées d'Alexander, et lorsque sept ans après leurs premiers échanges une lettre fait son apparition, l'attachement étrange qui le lie à la jeune-femme le pousse à la contacter.

Ce roman à l'ambiance très allemande, a un charme dérangeant et prenant. Et pourtant, Alex, l'anti-héros de cette histoire, dont on suit pas à pas les mouvements et les aveux, ne s'avère pas être un personnage très sympathique à la lecture. Il trompe tout le monde. Il abuse sans grande culpabilité d'une jeune-femme sans défense, amoureuse, bigote, laide, sans-papiers, qu'il semble ensuite ne pas se soucier de laisser sans nouvelles.
Là où l'auteur fait preuve de talent c'est en nous démontrant combien l'humain est fait de cela, d'une certaine médiocrité, d'une méchanceté latente, mais aussi d'une infinie complexité de sentiments et d'actes. Aucun des protagonistes de cette épopée amoureuse n'est sans défaut ou failles, ils nous ressemblent un peu sans doute mais ce n'est pas ce que l'on a envie de croire ou d'entendre.

Une lecture distrayante et inquiétante qui traite avec dextérité de la dépendance amoureuse, et souligne avec brio les travers humains.

bouton3 Note de lecture : 4/5 - Christian Bourgeois éditeur - 18€ - Février 2010

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18 juillet 2010

Famille, tracas et Cie, Laurie Colwin

famille_tracas_et_cie"Sa vie intérieure était divisée en trois parties : elle était maintenant une femme mariée, et avec son mari, Theodore Cornelius Parker, elle créait une entité connue sous le nom "le Couple". C'était comme un musée rempli de conversations au petit déjeuner, de disputes sur l'endroit où a été rangé le trousseau de clés supplémentaire, de dîners, de séances de cinéma, de douches prises ensemble, de projets communs. Pour le meilleur et pour le pire, et pour l'embarras général. Il fallait prendre des décisions : essayer de concevoir un bébé au début de l'été - décision commune. En fin de compte, un bébé apparaîtrait, et Jane Louise aurait une section mentale supplémentaire, un quart de son esprit consacré à "l'Enfant". Ils auraient alors une entité à eux appelée "la Famille"."

Jane Louise vient d'épouser Teddy. Et même si son mari est le plus charmant des conjoints, elle ne cesse de se poser des questions existentielles sur leur couple, son travail dans une maison d'édition, leurs familles, leurs amis. Il faut bien dire que malgré des apparences lisses, Jane Louise est entourée de personnages rocambolesques comme ce collègue Sven, obsédé par les femmes, ou son amie Edie, traiteur, confectionneuse de gâteaux mirifiques, qui voudrait bien imposer à sa famille l'homme de sa vie. Malgré ses doutes, la vie de Jane Louise suit un cours assez limpide. Peut être était-il simplement nécessaire d'accepter l'inattendu et la joie de la vie ?

Voici un livre à l'attrait irrésistible qui a bien répondu à mes attentes dès ses premières pages, même si j'ai fini - à la longue - par m'ennuyer des tergiversations de Jane Louise et de ses inquiétudes. Et pourtant, il y a beaucoup à picorer dans les histoires de Laurie Colwin, encore une fois. Ici, le voile des illusions est soulevé et il apparaît enfin à Jane Louise en fin de roman que le bonheur peut être là où on ne l'attend pas, que ce n'est pas forcément nécessaire de tant y réfléchir, qu'il peut exister en dehors de la norme et des conventions, dans la simplicité des actes et des sentiments. Vous y trouverez également beaucoup de réflexions judicieuses sur la famille, belle-famille, relations amicales, etc...

Une lecture qui vaut par la galerie de ses personnages, son ambiance élégante et sa causticité fine.

bouton3 Note de lecture : 4/5 - Le Livre de Poche - 6.50 € - Mai 2009

Comme moi, Clarabel est accroc au style Colwin mais ce titre n'est pas son préféré - Une petite bio/biblio-graphie de l'auteure chez Florinette

objectif_palObjectif Pal : 50-10

(Préparez vos calculatrices, si tout va bien, à date anniversaire, en août, L'objectif Pal fera ses comptes !!)

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14 juillet 2010

Les filles sont au café, Geneviève Brisac

lesfillessontaucaf_"Il paraît que tu écris un livre avec trois cent soixante-cinq histoires ? m'a demandé Tova avec curiosité.
Je me suis sentie confuse. Et effarée par ce chiffre énorme.
J'écris une histoire par semaine, ai-je dit timidement. Ca fera plutôt cinquante-deux. Pour montrer. Pour donner à voir. Ce qui grouille par en dessous, l'univers obscur de la pensée, les fantasmes et les histoires comme des algues, ou des poissons révélés par un rayon oblique. Ce que je ne sais pas vivre moi-même, ce que je ne sais pas que je vis."

Les filles sont au café sont la version poche du titre grand-format de Geneviève Brisac, 52 ou la seconde vie paru en 2007, mieux vaut le savoir... Je déteste, pour ma part, cette nouvelle manie éditoriale de changer les titres, de quoi piéger les lecteurs et troubler l'esprit.
Ce principe cependant admis, on comprend le choix du nouveau titre, car lire ce roman composé de 52 petites historiettes, parfois sans suite, revient en quelque sorte à suivre une conversation entre filles dans un café. Les confessions intimes et multiples sont reprises sous la forme d'un "je" commun qui raconte et décrit le présent, le passé, les expériences quotidiennes et des anecdotes pêchées au détour d'un lieu public.

J'ai été touchée, souvent troublée, parfois perdue dans des limbes d'incompréhension et finalement séduite par ce recueil d'un genre différent. Il est prenant de retrouver d'une nouvelle à l'autre des personnages que l'on parvient à reconnaître et à aimer (le neveu Nils par exemple), qui vivent notre vie, pas toujours rose et dans la norme. Geneviève Brisac n'hésite pas à donner son avis sur le monde qui l'entoure, à brosser des histoires dans le sens contraire du poil, des histoires qui dérangent un peu. Et puis, elle aime les auteurs que l'on aime, que l'on lit, elle nous semble ainsi tellement proche. Alors, bien entendu, ce livre n'est pas facile, il réclame au lecteur d'accepter d'être déstabilisé et de donner son accord au principe de l'exercice de style. Pas toujours évident quand la tête n'y est pas.
Voici un livre que j'ai pris et reposé à plusieurs reprises, cette fois-ci a été la bonne, tant mieux.

Une lecture où ça philosophe, ça sirote au café et ça se dispute...

"Si ton cerf-volant est cassé, garde la ficelle."

bouton3 Note de lecture : 4/5 - Editions Points - 7€ - Mars 2010

Pour l'or des chambres, c'est un coup de coeur de son année 2007 - Pour Florinette (qui me manque) c'est un roman dense aux multiples saveurs - Pour Clarabel, c'est sans cesse vif et impertinent - Cathulu est restée perplexe ...

Le site de l'auteure : http://genevievebrisac.com/

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11 juillet 2010

Bulles et Nacelle, Renaud Dillies

bulles_et_nacelle"Oui, c'est vrai, j'ai peur d'écrire, de céder au vertige de mes sensations. Comme si j'avais peur de souiller un beau tapis blanc immaculé de mes souliers tout crottés de maladresse...
Je gis dans le silence, cherchant à me distraire.
Que puis-je raconter qui soit vraiment utile à moi-même ou à quelqu'un d'autre ?
Ou alors utile comme une bulle de savon, une guirlande..."

La solitude, c'est chouette !bulles_et_nacelle1 Si si. A la télé, on regarde ce que l'on veut, on mange à l'heure qui nous convient, idem pour la douche, et je ne parle pas du livre que l'on peut commencer au beau milieu de la nuit sans gêner les voisins...remarquez s'il n'y a pas de voisins.
Une petite souris, écrivain de métier, clame haut et fort son amour de la solitude mais alors qu'un oisillon choisit d'apparaître à chaque fois qu'elle ressent ce vide des autres, un trouble la gagne... et si elle avait tort. Et si cet amour de la solitude ne cachait en fait qu'une impuissance d'écrire réellement ce qu'elle souhaite, si elle n'enviait pas tout simplement le décorateur de la ville si affable et cet enfant qui souffle des bulles là-bas, tout ce qui rend les choses un moment plus jolies. Elle aimerait écrire la vie de cette manière-là, ses phrases seraient des guirlandes et ses mots des bulles...

Voici un album qui touche sans prévenir sous des dehors innocents. Il m'a mise Ko, c'est dire. Une réflexion sur l'écriture qui ne clame pas son jeu et une infinie poésie des vignettes, j'adore !

Editions Dargaud - 15.50€ - juin 2009            

Merci ma bibli !

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07 juillet 2010

Si par hasard, Jean-Baptiste Destremau

si_par_hasard"Décider, c'était exister. Si elle était partie, si elle avait tout quitté, n'était-ce pas justement pour pouvoir continuer à exister par elle-même, parce que vivre parmi les autres, mais sans les siens, n'avait plus de sens ? Ce projet la poussa à réfléchir plus calmement et, ayant épuisé ses larmes, elle parvint à raisonner. Non, elle n'était pas vraiment coupable de la mort de sa famille. Juste un peu idiote et égoïste. Juste absente au bon moment. Non, elle n'avait pas tué son petit frère en n'étant pas à sa place dans le canyon. C'étaient les dés qui avaient décidé. Les dés... Le hasard... Si le petit cube de plastique bleu avait roulé sur le 3 au lieu du 5, elle serait descendue avec eux dans le canyon, elle ne serait plus là à se plaindre d'être en vie."

Claire et sa famille sont en vacances dans l'Ouest américain. La jeune-fille et son frère s'ennuient un peu, adolescents ils font les fous dès que leur parents ont le dos tourné. Finalement, Max et elle jouent une punition aux dés, elle perd. Ainsi, tandis que ses parents et son jeune frère s'enfoncent dans un canyon pour une balade, Claire rumine dans la voiture de location. Aucun d'entre eux ne peut se douter du drame qui va suivre, une vague énorme déferle dans l'anfractuosité, les parents de Claire n'avaient pas vu le panneau interdisant l'entrée de la faille pour la journée...
Seule survivante, désespérée et honteuse de n'avoir pu sauver les siens, la jeune-fille prend la fuite, s'enfonce dans le désert, prend le parti de n'être plus qu'un fétu de paille ballotté par le hasard. Elle fera ainsi des rencontres dangereuses et d'autres heureuses, jusqu'à atterrir au japon et se donner ainsi le courage du pardon.

Si par hasard est un road movie prenant - à l'écriture et au style fluide impeccables - qui ne perd pas le nord et ne laisse pas en repos. Même s'il est parfois difficile d'imaginer qu'une adolescente de seize ans puisse faire tout ce que Jean-Baptiste Destremau a imaginé pour son héroïne, j'ai été séduite par la volonté de cette jeune-fille perdue que la culpabilité ronge. Nous parcourons avec elle le désert, redoutons le passage à Phoenix, jouons à Las Vegas, espérons pour elle à San Francisco et prenons enfin l'avion pour l'Asie.
Une lecture distrayante, qui fait battre énormément le coeur, à ne pas laisser de côté.

bouton3 Note de lecture : 4.5/5 - Max Milo - 19.90€ - Mars 2010

J'avais acheté mon exemplaire ici, et mon choix avait été aussi celui du hasard (un heureux hasard en l'occurence)...

Le site de l'auteur : http://jeanbaptistedestremau.blogspot.com et ici la genèse du roman.

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03 juillet 2010

Ca n'arrive qu'à moi, Didier Tronchet

ca_n_arrive_qu___moi"Prunelle Naturopathie à l'écoute !"

Prunelle est gaffeuse. Ca n'arrive qu'à moi conte d'ailleurs ses mésaventures. Mais Prunelle est également une jeune femme attachante qui a le souci de la nature et prône le tri sélectif, voyage en bicyclette. Elle vient d'ouvrir un cabinet de naturothérapie. Tous les soirs, elle distrait sa mère au téléphone avec les péripéties de sa journée. Tout irait bien si un sitcom à succès à la télévision ne semblait copier son quotidien dans les moindres détails. Mais quel est donc ce mystère ?

Je connaissais les aventures truculentes et caustiques de «Jean-Claude Tergal». Didier Tronchet nous livre ici une comédie beaucoup plus tendre, lissée et sociale, tout public. Alors, bien entendu, le trait est toujours épais, les visages  lourds, mais il y a un talent indéniable, celui de présenter sans jugement des personnages un peu naïfs et décalés, sympathiques. Je suis déjà fan et j'attends avec impatience le deuxième tome !

Futuropolis - 16€ - Mai 2010

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02 juillet 2010

il ne fait jamais noir en ville, Marie-Sabine Roger

ilnefaitjamaisnoirenville"- Alors ça y est, Liliane ? Vous... vous nous quittez vraiment ?
Elle s'est engouffrée à moitié à l'arrière de la voiture, a plaqué Liliane contre ses seins énormes. Elle lui a tapoté nerveusement le dos, lui a malaxé le bras comme une pâte à pain, en répétant :
- Ca va aller, ça va aller ! Vous verrez, vous y serez bien...
Tout son corps criait le contraire.
Liliane n'a rien dit.
Lucette et Paule, côte à côte, immobiles, se rassuraient de l'épaule, chacune se calant sur l'autre, un peu de biais. Elles se frottaient les mains, les croisaient dans leur dos, le cachaient dans leurs poches. Elles piétinaient sur place. Deux vieilles éléphantes foulant leur chagrin en silence, sous leurs larges plantes de pied."

Qu'elles partent vivre en ville auprès de leur fils, qu'elles rêvent de rencontrer le Père-Noël ou qu'elles prennent un chaton sous leurs ailes, les femmes des nouvelles de Marie-Sabine Roger sont toutes toujours exactement là où on ne les attend pas. Souvent d'âge mur, pas toujours belles, elles rêvent du meilleur, et tant pis si ce n'est ni poli, ni convenable, ni le moment, c'est aujourd'hui que cela arrive. Les hommes aussi ont leur rôle, mais ils sont un peu las, parfois de guingois, ils font souvent tapisserie osons le dire. Tout ce petit monde là se côtoie, s'évite ou s'aide et ma foi, cela crée bien des petites histoires...

Il est évident que Marie-Sabine Roger connaît la formule, ses nouvelles chutent toutes bien droit sur leurs deux pieds. J'avais préféré, il me semble, ma lecture de ses Encombrants mais il faut avouer que le petit sourire en coin qui nous colle au visage à la lecture de cette prose sarcastique est plutôt agréable. Et l'auteure a le talent de parler si bien des "gens de peu".

En somme, une lecture en forme de parenthèse ironique, qui étourdie un peu et trouble malgré soi.

bouton3 Note de lecture : 3.5/5 - Editions Thierry Magnier - 16€ - Mai 2010

La lecture de Cathulu, mitigée (merci !!) qui souligne justement que ces textes sonnent parfois faux à trop vouloir chuter juste - Pour Clarabel, c'est un livre arc-en-ciel, il possède le charme des sensations changeantes.

Quant à moi, je suis encore une fois séduite par la grâce des couvertures de Thierry Magnier...

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29 juin 2010

L'amour secret, Paola Calvetti

l_amour_secret"Aujourd'hui, au lendemain de la énième violence que j'impose à cette histoire que ne soutient aucun échafaudage, tu ne me manques pas. Je prends un comprimé, et je voudrais me noyer dans le sommeil. Pour me dompter moi-même. Et continuer jusqu'au soir sans que rien ne change autour de moi : ma relation avec mes enfants, mon mari, les dossiers qui m'attendent au bureau ; tout va bien, mon amour. Nos enfants mangent, rient, grandissent, poursuivent leur lente course vers l'âge adulte. Jour après jour, la solidité de l'indifférence conforte ton mariage. Moi, le corps étranger, je suis en dehors. Nos âmes errent à travers la ville, elles se suivent, se repoussent. Elles n'ont pas besoin de nous. Vois à quoi je me suis exercée pendant des mois, à t'éviter, ne pas t'appeler, ne pas te voir, me cacher de toi, pour que tu ne lises pas dans mes yeux combien tu me manques, combien j'ai besoin de ton amour. Je ne pleure même plus. C'est donc ça l'amour ?"

Costanza reçoit un beau jour la visite de Lucrezia, la fille de celui qui fut son amant, son amour secret, son compagnon perdu. La jeune femme a emmené avec elle une boîte, découverte par hasard, pleine de lettres, écrites autrefois par son hôte à un père, célèbre musicien, qui a toujours caché à sa famille l'existence d'une maîtresse.
Costanza aura 74 ans dans quelques jours, elle recevra d'ailleurs pour l'occasion les siens, ses enfants, petits enfants, ex-maris. Tous ignorent l'importance que le père de Lucrezia a eu dans la vie de cette mère qu'ils regardent aujourd'hui comme une femme âgée, vénérable.
Le temps d'un week-end, les deux femmes vont se pencher l'une vers l'autre, Costanza va se confier et raconter l'homme qu'elle a aimé. Lucrezia va découvrir qu'un lien ténu et étonnant les lient.

Voici un livre à l'effet très curieux... Il est indéniablement de ceux qui ne laissent aucune trace et dont on peut se passer assez facilement. Et pourtant, pourtant, j'ai été happée, malgré moi, aux trois quart de ma lecture par une vague qui soudain déferle sans prévenir. Comme si, tout à coup, après nous avoir bercé, et un peu ennuyé avouons le dans les premières pages, Paola Calvetti se mettait soudain à écrire avec son sang et non plus avec sa tête. Et ma foi, cela devient enfin vraiment intéressant, dommage qu'il ne reste à ce moment là que peu de pages pour combler sa soif.
A noter aussi, un jeu de double lecture/écriture épistolaire qui peut dérouter les lecteurs. L''ensemble du récit se construit ainsi, Costanza rapporte dans une lettre à Gabriella sa conversation avec Lucrezia dans laquelle s'insère également sa correspondance avec le muscien/amant, son père.

Allez, ce titre est une lecture prometteuse, le premier roman de l'auteure, qui préfigure sans doute le beaucoup lu L'amour est à la lettre A, qui vient tout juste de sortir en poche.

bouton3 Note de lecture : 3/5 - Editions presse de la cité - 18€ - Juin 2010

Quelques lectrices ont également lu ce titre... Mirontaine, Saxaoul, Virginie, Celsmoon... avec une impression générale de déception et d'ennui, séduites sans doute comme moi par la renomée du dernier opus.

Je remercie chezlesfilles et Les presses de la cité pour l'envoi !

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20 juin 2010

Hush, Kate White

hush"Ce que vous ne dîtes pas peut vous tuer."

Lake Warren vient tout juste de se séparer de son mari, ses enfants sont en camp de vacances pour l'été et son amie Molly la presse de reprendre goût à la vie. Alors la jeune femme décide de répondre aux avances du Dr Keaton, le médecin qui commencera prochainement à travailler pour la clinique d'insémination artificielle pour laquelle elle organise en ce moment un plan marketing. Elle ne se doute pas que ce regain de confiance la plongera dans un puits d'angoisse. Tandis qu'elle somnole sur la terrasse de son amant d'une nuit, celui-ci se fait sauvagement assassiner dans la chambre contiguë. La jeune-femme s'enfuit, et pour ne pas risquer de perdre la garde de ses enfants prend le parti de se taire...

En ce moment, certains livres semblent ne pas vouloir me faire les yeux doux. J'ai donc entamé celui-ci en espérant que l'intrigue m'accroche suffisamment pour retrouver le plaisir de lire. Pari réussi. Et même plus, j'ai vraiment aimé ce thriller palpitant dont la clé finale est assez surprenante et les rebondissements intéressants. Alors, tout cela est peut-être un peu classique, presque léger, le personnage féminin de Lake un peu convenu, mais peu importe, car l'attachement fonctionne, j'ai couru avec elle, j'ai été prise et tenue jusqu'à la fin par les soubresauts du parcours de Lake, et c'est bien tout ce que je demandais à Hush !

Une lecture prenante, agréable et rebondissante.

bouton3 Note de lecture : 4.5/5 - Editions Marabout -19.90 € - Mai 2010

Mango ne s'est pas ennuyée une seule seconde - Pour Vanou c'est un coup de coeur

Ici, un site auteur en anglais - Un site dédié au livre

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19 juin 2010

Burquette, Francis Desharnais

burquetteEn 2003, Francis Desharnais est sur Paris alors que les français débattent de la place des signes religieux à l'école. Cela lui donne les premières idées de Burquette, un projet qu'il finalisera de retour au Québec quelques années plus tard.

Un père, résolu à ce que sa fille adolescente réfléchisse davantage au sort de l'humanité plutôt que de se vautrer devant la télévision, a l'idée - un brin malsaine - de la contraindre à porter quotidiennement une burqa, et ce pendant une année.

"-Je crois que cette expérience t'aidera dans ton développement psycho-social.
-Est-ce que tu l'as pris chez Gap au moins ?"burquette1

Tout est à prendre ici évidemment sous le biais de l'humour même si le rire est souvent jaune et porte à la réflexion. J'ai aimé la manière de Francis Desharnais de filer le thème jusqu'au bout et de mettre à plat nos préjugés. De plus, le petit personnage féminin au langage sarcastique est terriblement attachant. Pourtant, on s'étonne au tout départ de son obéissance sans réserve, mais ce préalable participe certainement de la réflexion...

"Cette bande dessinée parle de choc des cultures, de nos perceptions et de celles des nouveaux arrivants. Elle ne prétend pas amener la moindre solution, ni même dénoncer quoi que ce soit. Elle servirait davantage à prendre du recul pour permettre de voir les choses d'une perspective différente."

Editions les 400 coups - 10€ - 2008

J'avais déjà lu sur le même thème l'excellent Burqa!

Burquette t.2 paraîtra en octobre 2010.

Vous pouvez retrouver l'auteur sur son blog http://www.francisd.com/

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