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Les lectures d'Antigone ...
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Ardoise magique

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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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28 septembre 2008

Un Tag musical...

...auquel je me plie volontiers. Merci Clarabel d'avoir ravivé quelques souvenirs !tag

Le règlement - Choisir 5 chansons qui vous ressemblent et dire pourquoi - Faire une petite playlist avec - Rajouter en sixième position "The Song", celle que vous aimez d'amour, plus jamais vous ne pourrez vivre sans - Et taguer 5 personnes de votre choix.


Découvrez Laurent Voulzy!

Une héroïne de Voulzy - J'ai une tendresse infinie pour cette chanson là. Ceux qui me connaissent "pour de vrai" peuvent se rendre compte facilement à quel point elle me ressemble. Et puis, parce que j'aime aussi l'album "Avril" en son entier et que je n'ai aucun problème pour me le passer en boucle sans fin !


Découvrez Jean-Jacques Goldman!

Sache que je de Goldman - Toute jeune, je l'aimais à la folie, lui. Et puis la vie étant ce qu'elle est, on fait d'autres rencontres, musicales, les goûts changent, s'affirment. Mais on oublie jamais ses amours de jeunesse, non ? Cette chanson là est extraite d'un album qui a sans aucun doute toute ma préférence !


Je Tu Ils de Zazie - J'aime sa manière d'être femme, je l'aimais surtout lorsqu'elle était peu connue. Cette chanson a un rythme excellent !! 


Découvrez Glenn Gould!

Prélude de Bach par Glen Gould - Parce que le fameux Glen Gould de la chanson de Mauranne c'est lui, et que j'ai acheté son album avant même que cette chanson ne sorte et ne soit connue. Je me souviens de cet achat là, impulsif, de ma solitude, de mes déambulations et de ce "tiens je vais écouter ça", de mon coup de foudre !!


Découvrez Michel Polnareff!

Qui a tué "Grand Maman" ? de Polnareff - Alors lui, je ne sais pas comment il fait. Est-ce qu'il le fait à nous toutes d'ailleurs ? Je ne sais pas. A chaque fois, et surtout avec cette chanson là, j'ai des frissons sur les bras.


Découvrez Billie Holiday!

I'm a fool to want you de Billie Holiday - Voilà THE SONG ! J'ai eu un mal fou à la retrouver. L'amour au féminin dans ce qu'il a de plus douloureux et de dangereux !?

Grâce à Clarabel me voici une pro de Deezer, que je n'avais pas encore testé !!

Je tague à mon tour 5 personnes (rien d'obligatoire !) : Kloelle, Co errante, Bel Gazou, Anne et Sylvie !!!

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11 juin 2008

Big Bang, Neil Smith

big_bangLes personnages des nouvelles de ce recueil se tiennent en équilibre entre le rire et le désespoir, comme des galaxies qui oscilleraient entre l'expansion et l'effondrement. Cette tension qui les retient fait ressortir des liens et des noeuds, sauve des vies et anime les objets. Les Huits récits de ce recueil rendent hommage à la beauté de la complexité humaine [...] (extrait de la quatrième de couverture)

Je ne me suis pas méfiée, j'ai commencé ce livre tout tranquillement, et voilà que l'on me propulse au beau milieu d'un service de néonatologie, alors - même si petit Théo est devenu grand depuis - ma lecture s'est tout à coup logée au niveau des tripes et n'a plus lâché cet endroit jusqu'à la fin, ou presque.

Neil Smith ne nous ménage pas - ce n'est pas le but - ni avec ses mots (quelques injures verbales distribuées ici et là), ni avec ses histoires (du lourd, du mortel, du difficile à vivre, et puis c'est tout), et ça marche, c'est efficace et terriblement humain, émouvant.

Une femme, qui a décidé de faire un enfant "toute seule", accouche prématurément. Un jeune garçon, qui vient de perdre son père, se pose des questions sur les sentiments qui le lient à son ami. Des malades, atteints de tumeurs, se vengent d'un escroc. Une petite fille, victime d'une maladie rare, voit défiler sa vie à toute vitesse en avant, puis à reculons. Un couple d'étudiants tente de continuer à vivre après une fusillade. Etc...

Toutes ces nouvelles sont excellentes, vous l'aurez compris (surréalistes, loufoques et profondes aussi) mis à part la dernière qui m'a laissé perplexe
: l'auteur se loge dans la peau d'une paire de gants et nous raconte ses états-d'âme (?!).
L'humour est inscrit dans chaque texte, un humour un peu grinçant, mais bien présent.
Voici donc un  cocktail de nouvelles, ébouriffant, qui mérite bien son titre de "Big Bang"...je vous engage à y jeter un oeil à l'occasion, il vous séduira sans doute !!

Un extrait...
"Jacob est assis sur une chaise en plastique dans une chambre privée au bout du couloir qui mène à l'USIN. Il berce B, emmaillotée dans une minuscule courtepointe aux carreaux verts et jaunes. On ne voit que le visage de la petite. Sans le tube, elle a la bouche en bouton de rose de Jacob. Il chante. Doucement, lentement, comme si la chanson, qui porte sur le mot le plus long du monde, était une berceuse. An l'a choisi comme père en se disant qu'il ne s'attacherait pas. Le voici pourtant - en train de bercer sa fille et de fredonner pour elle. An s'assoit sur le lit à côté de lui. Elle palpe la courtepointe. L'hôpital l'offre en souvenir aux parents : une courtepointe, une mèche de cheveux et une empreinte des pieds de leur bébé mort. Elle se demande si, sous la courtepointe, les pieds de B sont déjà noircis par l'encre.
- Tu veux la prendre ? demande Jacob.
Elle se contente de toucher la tête de B, le tissu mou où l'on sent le pouls d'un bébé, mais où elle même ne sent rien du tout. Jacob recommence à chanter d'une voix audible. An fixe B blottie dans les bras de l'homme. Dans la salle d'accouchement, se souvient An, la petite avait repoussé tout le monde. Au bout d'un moment, elle dit :
- Je ne t'aime pas.
Elle attend la réplique habituelle de Jacob : "Moi aussi je ne t'aime pas." Mais alors, il lève sur elle un visage qui a la couleur de la cendre. Il a compris ce qu'elle voulait dire.
- Pourquoi ? demande-t-il, l'air peiné et perplexe.
- Mais je l'aimais bien, elle, dit An sur un ton presque suppliant. Je l'aimais bien à mort.
Jacob commence à pleurer sans bruit. Lorsqu'il a terminé, il murmure :
- C'est déjà quelque chose.
Et An, les bras serrés sur la poitrine, comme pour éviter de voler en éclats, espère qu'il a raison."

bouton3 Note de lecture : 4.5/5

La lecture de Lily

12 mai 2008

Les oreilles du loup, Antonio Ungar

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Du haut de ses arbres et de ses cinq ans, un garçon farouchement libre, crinière rousse au vent et ses chaussettes jaunes bien remontées sur son pantalon rouge, guette les ombres du monde des adultes et le fantôme fou de son père. Bringuebalés dans la tourmente de la séparation de leurs parents, sa petite soeur et lui entament avec leur mère une errance entre la savane et la ville, la jungle et les plateaux de la cordillère des Andes, en quête de survie, d'une éclaircie. Les sensations et images isolées qu'il perçoit avec ses yeux de tigre, la force de la violence et du malheur, mais surtout celle de l'amour et de la beauté, composent le portrait impressionniste d'une Colombie sensuelle et meurtrie. (quatrième de couverture)

La présentation éditeur, ci-dessus, résume au mieux la teneur du roman, composé de réminiscences, celles d'un petit garçon attentif et imaginatif qui vit les évènements de son enfance comme un jeu dans lequel il serait tigre et le monde une savane.
J'ai aimé cette lecture, ce style, sans doute bien rendu par la traduction, qui m'a fait penser à de très bons auteurs américains lus autrefois, Faulkner par exemple. Les personnages sont attachants, l'amour du petit garçon pour les membres de sa famille (sa mère, sa soeur, sa si belle cousine) très touchante et la vision partielle d'un enfant particulièrement bien retranscrite.
A travers les yeux du jeune narrateur, on suit surtout le parcours d'une mère en quête de bonheur, traînant dans son sillage deux enfants en bas âge. On l'imagine avoir quitté un homme brûlé par l'alcool, avoir fui une mère froide et autoritaire, et chercher dans son errance un lieu où se poser avec ses petits, et un amour doux sur lequel simplement se reposer. Un très beau roman écrit par un auteur de grand talent !!!

Un extrait...
"Avant de sombrer exténué, avant de m'endormir sur le plateau métallique du camion, aux pieds de maman, je comprends que nous pouvons être heureux. Malgré tout ce qui est arrivé. Malgré le fantôme de papa qui rôde dans la savane. Heureux. Le noyau dur de la bande. Les survivants. Maman, brune, verticale, intouchable, qui chante à la nuit, riant mais toujours prête à tout faire pour nous, ses enfants. Ma soeur, complète, redevenue chat, comme le chat qu'elle avait été auparavant, mais à présent un chat sauvage, un chat de montagne maigre, électrique et trempé, les griffes cachées, qui regarde les étudiants sans cesser de rire. Moi, allongé par terre, riant aussi, les poumons plus grands et les mains plus ouvertes, ouvert en entier à la pluie. Comme un tigre nouveau, vivant, heureux."

[Ecrivain et journaliste, Antonio Ungar figure dans la liste "Bogotà 39" réunissant les trente-neufs meilleurs auteurs latino-américains de moins de trente-neuf ans.]

bouton3  Note de lecture : 4.5/5

Un immense merci à Marie-Anne !!

La lecture, très enthousiaste aussi, de lily.
Celle d'Alice, qui a assisté à une rencontre avec l'auteur.

21 avril 2008

Nous sommes cruels, Camille de Peretti

nous_sommes_cruelsJulien et Camille sont faits pour s'entendre. Fascinés par la littérature du XVIIIème siècle, élèves brillants, orgueilleux, cyniques et prétentieux, ils ont tous deux la conviction de s'être trompés d'époque. Et surtout une dévorante envie de s'amuser et d'affirmer leur toute-puissance. Alors quoi de plus idéal pour combler leurs aspirations que de se prendre pour la vicomte de Valmont et la marquise de Merteuil ? Quelques règles, de nombreuses "proies" à séduire, un maximum de "trophées"... Les voilà "partenaires de crime", maîtres d'un jeu cruel dont ils tirent les ficelles en redoutables manipulateurs. Marie, Stanislas, William, Emilie, Hadrien, Diane... autant de victimes de leur association diabolique.
Mais quand les deux adolescents se laissent rattraper par leurs modèles, les nouveaux enjeux les dépassent. Piqués dans leur amour-propre, ils sont incapables de mettre le terme qui s'impose à leur entreprise. Le jeu s'annonce de plus en plus périlleux ; et risque bien de les mener à ce qu'ils redoutent par-dessus tout : devenir des adultes. (quatrième de couverture chez Stock)

Camille de Peretti, avec ce roman épistolaire, réussit le tour de force de nous faire ressentir des émotions comparables à celles éprouvées lors de la lecture des Liaisons dangereuses, un sentiment déroutant de fébrilité et de tension. Que va-t-il arriver aux personnages ? Vont-ils être démasqués, se perdre, souffrir, regretter ? Les innocents vont-ils passer au travers des odieux complots fomentés à leur insu ? La trame narrative suit celle du roman "maître" et j'ai retrouvé avec plaisir quelques moments similaires qui donnent à ce récit à plusieurs voix un charme désuet, tout en restant très inscrit dans une réelle modernité, celle bien particulière des grandes écoles et des études supérieures, celle aussi plus populaire des mails et des SMS, remplacant ici avantageusement les billets doux glissés dans les mancherons d'alors...
Un roman qui se dévore, et qui vient justement de sortir en version poche !! Vous allez adorer.

Un extrait : "LETTRE 113 - Jointe à la LETTRE 111 - Camille à Julien - A Saint-Cyr
Petit malin, si vous saviez à quel point votre dernière lettre m'a énervée. Sachez que je ne saurais être jalouse de votre Prude, non pas qu'elle soit niaise ou encore "mal mise" (la jolie formule pour qualifier son inégalable ploucquerie), mais elle m'a simplement déçue. Je m'attendais à une sensualité débordante, à une candeur digne de votre enthousiasme, je l'ai trouvée pâlotte et d'un mortel ennui. Vous vouliez mon avis, admirez ma franchise. Cela étant dit, tout est de ma faute, et il n'est pas de proie actuellement en rayonnage qui soit digne de vous. Quant à vos indécentes propositions à mon égard, je pense que nous avons fait le tour de la question. Temporairement du moins. Je suis déjà lasse du poète anglais que vous m'avez désigné, et j'ai décidé de le martyriser jusqu'à ce que vous ayez la bonté de me fournir de la chair fraîche. Ci-joint le dernier trophée en date, plein d'amertume et d'espoirs infondés. C'est de cela, mon cher Julien, dont je voulais vous parler. Malgré le ton de persiflage du début de cette lettre, je souhaiterais qu'à l'avenir nous ne tombions pas dans le reproche. Nous ne nous devons rien, notre amitié s'est fondée sur une association diabolique, certes, mais écrire doit rester un plaisir avant toute chose et il serait dommage de le gâcher par des chamailleries d'orgueil. Unis, soyons-le véritablement, vous tromperez vos amis et je n'aurai de cesse de vous plaire. Vicomte, je n'aime que vous.
De Paris, ce 6 mars 19**"

bouton3  Note de lecture : 4/5

J'ai acheté ce livre, en version grand-format, lors de mon périple sur Bordeaux. Camille de Peretti me l'a gentiment dédicacé avec un grand sourire, très agréable, et je l'en remercie. Elle m'a signalé par ailleurs que certains personnages se retrouvaient dans chacun de ses romans. J'ai hâte de les retrouver de nouveau. Vous pouvez rendre visite à l'auteur sur son site.

La lecture de Florinette (qui m'a conseillé particulièrement ce titre).

Et un extrait du film Les Liaisons dangereuses, pour le plaisir, exclusivement.


Les liaisons dangereuses

24 mai 2008

Christian Bobin

christian_bobin"Un poète, c'est joli quand un siècle a passé, que c'est mort dans la terre et vivant dans les textes. Mais quand c'est chez vous, un enfant épris d'absolu, bouclé dans sa chambre avec ses livres, comme un jeune fauve dans sa tanière enfumée par Dieu, comment l'élever ? Les enfants savent tout du ciel jusqu'au jour où ils commencent à apprendre des choses. Les poètes sont des enfants ininterrompus, des regardeurs de ciel, impossibles à élever."

Extrait de La Dame blanche

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27 avril 2008

Avril, le mois des rencontres !

Après avoir fait mon petit voyage sur Bordeaux en début de mois, où j'ai pu rencontrer Florinette, Sylvie, Nanne et Chimère,
me voici partie hier matin à la rencontre de Bel Gazou et Anne sur Nantes !

BELGAZOUANNE

Malgré ma certitude que tout allait se passer comme sur des roulettes, j'ai tout de même eu une petite apréhension en descendant du train en fin de matinée...

Bel Gazou et Anne m'attendaient, gare du Nord, en haut des escaliers, souriantes.

Bien entendu, nous nous sommes mises à papoter tout de suite. Bien entendu, il faisait un temps magnifique. Bien entendu, nous sommes toutes rentrées chez nous avec des livres !! CRIM0003

Bel Gazou nous a offert à chacune un poche, quelle gentille attention (encore merci !!) !! Elle m'a offert Ma soeur, mon amour, dont la description m'avait bien plu sur son blog, et que je vais certainement beaucoup aimer.
Un petit tour en bouquinerie, à la suite de Anne qui la fréquente assiduement, et je me suis achetée Le pianiste de Trieste, vu chez Clarabel, et un album pour enfants avec des loups (car mes enfants sont dans leur période "loups").
Nantes regorge également de boutiques vendant de magnifiques cartes postales et reproductions. Nous sommes rentrées un peu partout avec des "Ah" et des "Oh regarde" !! Il était difficile de résister...

Voici donc encore une belle journée où le temps passe à une allure bien vertigineuse !! Nous avons discuté de nous, de vous, de livres...et de ce bol d'air que nous apportait la blogosphère !!

Merci encore les filles pour ce délicieux moment - qui a bien failli ne pas avoir lieu - mais la fée des blogs était avec nous !!

15 avril 2008

Le Sixième crime, Sébastien Fritsch

sixi_me_crimeJe vais vous parler aujourd'hui du livre de Sébastien qui sort demain en librairie.
J'ai eu la chance inattendue de l'acquérir en avant première, lors de mon périple sur Bordeaux, et de le faire dédicacer par l'auteur lui-même !!!

Lex, un talentueux écrivain francophone, vit en reclus depuis plus de quarante ans dans un hameau perdu de la Drôme provencale. Aucun journaliste n'a jusqu'à ce jour réussi à percer le mystère de son identité et de ses motivations. Mais quel sera son attitude face à un commandant de la police judiciaire ? Car, à présent, il s'agit de crimes, et de crimes atroces, à priori inspirés par d'obscurs polars écrits par un auteur inconnu, disparu aujourd'hui, Etrangement, tous les chemins de l'enquête mènent à Lex, et Jérôme Babalnic compte sur l'auteur pour l'aider à résoudre le mystère des cinq derniers meurtres, et si possible éviter l'exécution du sixième.

Pour tout vous avouer, je craignais de ne pas aimer ce livre - je lis en effet très peu de romans policiers - et j'avais peur de devoir dire que je ne l'avais pas aimé (voilà qui m'aurait bien fâché avec Sébastien). Mais quel soulagement, car le roman de Sébastien est excellent ! Voici une intrigue "littéraire" à multiples tiroirs, énigmes et jeux de mots, qui m'a promenée comme une débutante, à la manière peut-être de certains Agatha Christie. La force du récit tient dans le huis clos tendu entre les personnages, dans cette impression confuse de labyrinthe générée par les mutiples portes, chambres et pièces décrites, et dans cette chute inattendue qui m'a fait sourire. Et quelle apparente facilité d'écriture ! A découvrir donc, et à lire, sans bouder son plaisir.

Extrait : "Pour ma part, je suis persuadé que vous faites erreur, rétorquai-je vivement, comme pour contrebalancer ce retour de confiance de mon interlocuteur. Le meurtrier ne pouvait pas vous tuer plus tôt : cela n'était pas conforme à son plan. Mais maintenant qu'il a assassiné un J, un A, un C, un O et un B, il peut passer à la suite : le L de Lieberman. Et c'est pour cela que, comme je disais en arrivant hier, j'ai besoin de vos lumières : vous devez me dire comment va se produire le sixième crime."

 

6 avril 2008

Une journée sur Bordeaux

CRIM0016

Récit d'une escapade

Vendredi. Je prends le train, en plein milieu de l'après-midi...
Le compartiment est rempli, mais pas bondé. Ma voisine de banquette est plus enrhumée que moi, ce qui me console bêtement de celui que je traîne depuis une semaine.

Un voyage vers Bordeaux...une ville que je connais peu... Le souvenir d'un arrêt prolongé dans sa gare, vers 5h du matin, il y a dix ans, et puis un bref passage dans ses rues vides, un jour férié d'été, quelques années auparavant...

Pendant le trajet - calme - je lis Un artiste du monde flottant de Kazuo Ishiguro, et le soleil joue sur les pages. Et puis, il y a la mer, aux environs de La Rochelle. Tous les regards tournés vers cette lumière bleue, des regards d'enfants...le silence.

En sortie de gare, je suis un peu perdue, des travaux encombrent l'esplanade, un tramway glisse entre des immeubles et flotte dans l'air ce sentiment flou d'être ailleurs, un peu plus au sud de ce dont j'ai l'habitude.
L'hôtel, pas terrible, n'a de "star" que le nom. Je pars en quête d'un dîner et aperçoit le salon du livre, très près, ses tentes blanches. Je jette un coup d'oeil, forcément attirée par les tables claires chargées de poches. Je reviendrai demain, accompagnée...

Samedi matin. J'ai rendez-vous. Vous vous en doutez certainement. Mais avec qui ? Oui car cette escapade avait son but, rencontrer en chair et en os des blogueuses bordelaires : Sylvie, Florinette, Chimère et Nanne.

Après quelques péripéties dont je ne sors pas grandie... (Ne sachant pas du tout à quoi ressemblait Sylvie-qui devait passer me chercher- j'ai abordé une personne qui s'est avérée être une des femmes de ménage de l'hôtel en lui suggérant que nous avions rendez-vous... Gloups ! Chimère est ensuite venue vers moi, souriante. Je me suis dit que Sylvie ne ressemblait décidément pas du tout à son avatar, mais après quelques mots échangés, j'ai vite compris ma méprise.)...tout est rentré dans l'ordre. Sylvie est arrivée, et nous sommes parties toutes les trois, joyeuses, en quête du Salon.

Florinette et Nanne nous ont retrouvées sur le parvis de l'église Ste Croix (voir la photo plus haut) et c'était parti pour une journée dédiée aux livres et aux auteurs...

blogueuses1 De gauche à droite : Nanne, Florinette, Sylvie et Chimère (il faut vraiment que je m'achète un APN convenable. Désolée les filles, vous êtes floues !!)

Il est difficile de tout raconter en détail. Je dirais simplement qu'il est amusant de constater à quel point le courant passe vite entre blogueuses, que finalement nous nous connaissons déjà un peu et que les passions rapprochent. Je retiendrais de cette journée, les zigzags entre les tables, les piles de livres, nos éclats de rire de collégiennes, nos déceptions  envers certains auteurs, Véronique Ovaldé et Cécile Ladjali entre autres (trop fières pour s'asseoir à leurs tables de dédicaces ?), le soleil, ma rencontre avec Sébastien venu présenter son dernier livre (ses collègues de stand éberlués à la vue de ce fan club féminin inattendu) et l'extrême gentillesse de Camille De Perreti, heureuse comme tout de me dédicacer un roman. Comme quoi !

Et puis, il a bien fallu partir, quitter cette excellente compagnie et prendre le train du retour !! (Ma fille au téléphone le matin : tu reviens ce soir, dis !!). CRIM0020

Vous pouvez admirer ci-contre ma moisson, qui aurait pu être plus grande ! Quel dommage tous ces sièges vides derrière les piles de livres !!

Je ne sais pas vous les filles, mais j'ai passé une très belle journée, je suis très heureuse de vous avoir rencontrées et je suis toute prête à recommencer !!!

Tiens, je vous dis "Merci" !!!

15 mars 2008

Ruptures, Gisèle Fournier

rupturesL'installation de Jean-Marie dans une maison abandonnée d'un hameau perdu intrigue les habitants du village : pour venir vivre là en ermite, il a forcément quelque chose à se reprocher... Faisant fi des menaces et des intimidations, Jean-Marie mettra toute son énergie au service de ce projet de rénovation. Plus qu'une maison, c'est bien sa propre vie, hantée par de lourds secrets, qu'il tente de reconstruire...(extrait de la quatrième de couverture).

heart Ce roman commence étrangement, par trois points de suspension...et je n'étais pas certaine au tout départ de tenir le fil de cette écriture, rapide et dense, remplie d'adjectifs, un peu déconcertante. Et bien si, j'ai tenu, et je me suis régalée... Je ne sais pas vous mais j'adore quand les personnages construisent leurs petits abris, à la manière d'un robinson, et il est plaisant de suivre Jean-Marie dans son installation, aux côté de son chat adoptif, Chalilas. Et puis, il y a ces passages, extrêmements forts, ceux qui expliquent l'exil : la femme qu'il a quitté, sa vie terne et surtout son ancien métier qui menait des centaines de personne à une mort certaine. Gisèle Fournier met ainsi le doigt sur un des grands danger de notre société, ce mal qui nous ronge, la modernité, le profit au détriment de la santé de milliers de personnes, et elle le fait très bien. Il y a encore d'autres mystères qui parsèment ce récit, dont je vais garder le secret ici. Alors, effectivement, les allers et retours entre présent et passé, les changements de focalisation inattendus (Jean-Marie puis Adrien le cafetier puis à nouveau Jean-Marie) peuvent dérouter le lecteur de ce roman, mais le voyage est bien intéressant !!

Le début du roman : "...sa main ne tremble pas lorsqu'il pousse la porte entrebâillée, une de ces vieilles portes faites de planches noueuses, par endroits fissurées, reliées par des traverses déjointées qui, dira-t-il plus tard, laissent voir le jour et même deviner le mouvement oscillant des branches du figuier lors des matins venteux et, plus tard encore, celui des roses trémières qu'il plantera le long du mur de pierres sèches séparant le jardin de la route, une main ferme malgré les gonds qui gémissent, le heurtoir qui claque et d'où s'échappent des particules brunes, de la rouille peut-être qui se fond dans la poussière grisâtre recouvrant le sol. Dedans, une odeur de vieux."

Et cette citation, judicieuse, en incipit...à méditer
"Ce qu'il y a de bien quand on quitte un endroit pour un autre, c'est qu'on pense que le nouveau sera mieux. Mais il n'y a pas de solution, et on le sait, on sait que ce sera la même chose. Pourtant, on a beau le savoir, savoir que tout sera fichu à peine aura-t-on mis pied à terre, on s'imagine que ce qui est nouveau sera différent. Le résultat, c'est que ce n'est ni nouveau ni différent. C'est exactement la même chose, un nouvel acte de la même pièce sur une autre scène." CARLOS LISCANO

bouton3 Note de lecture : 5/5 (parce qu'il le vaut bien !)

Les lectures de Clarabel et de Lily

Caroline qui m'a transmis ce livrevoyageur avec une carte-tapis qui fait le bonheur de ma fille !

1 avril 2008

Paul Eluard

merbateauxLa courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu
C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.

Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

Parfums éclos d'une couvée d'aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l'innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.

Extrait de Capitale de la douleur

24 mars 2008

Leslie Kaplan

"la littérature ça n'est pas raconter sa vie
comme les émissions
soi-disant littéraires
de la télévision
voudraient le faire croire
la littérature c'est penser, essayer, avec des mots
c'est une recherche, concrète, vivante
avec des personnages,
qui sont toujours des porte-questions,
avec des histoires, des récits,
avec des lieux
avec de l'espace, avec du temps
la littérature, c'est :
"quelque chose se passe, et alors, quoi ?"
c'est à l'intérieur du réel le plus réel
trouver, creuser, inventer, de l'ouvert
de l'écart
du décalage
du jeu
du possible
c'est entrer en contact avec le monde"

Extrait de "Les mots, qu'est-ce que c'est ?" - à lire en intégralité ici

Sur Leslie Kaplan : http://remue.net/cont/kaplan.html - http://www.inventaire-invention.com/index_auteurs/kaplan.htm - http://www.pol-editeur.fr/catalogue/ficheauteur.asp?num=104

J'ai lu Les amants de Marie, Folio

1 janvier 2008

La Vierge froide et autres racontars, Jorn Riel

club

Voici le roman lu pendant les fêtes, pour le Club de lecture des blogueuses, qui m'a fait passer un très bon moment...mais n'anticipons pas !

Au fait, je vous souhaite encore une fois une bonne année 2008 !!

Résumé - Quatrième de couverture (critique de Michèle Gazier pour Télérama) : "Cap sur le Groenland avec Jorn Riel, écrivain baroudeur et conteur malicieux. De son long séjour en Arctique il a rapporté des anecdotes, des récits, des "racontars". En un mot, des histoires d'hommes seuls sur une terre glacée où le soleil, l'hiver, se couche très longtemps. Ces rudes chasseurs ont d'étranges faiblesses, des tendresses insoupçonnées, des pudeurs de jeunes filles et des rêves d'enfants. Les solitaires s'emplissent de mots tus et , ivres de silence forcé, ils quittent parfois leur refuge pour aller "se vider" chez un ami. Ces nouvelles de l'Arctique ont la rudesse et la beauté du climat qui les suscite. Souvent râpeuses, toujours viriles, parfois brutales, saupoudrées de magie et de mystère, elles nous racontent un monde où la littérature ne se lit pas mais se dit, où l'épopée se confond avec le quotidien, où la parole a encore le pouvoir d'abolir le présent et de faire naître des légendes."

heart  Avis d'Antigone : Je ne pensais pas ressentir autant de plaisir à lire ces "chroniques du froid" car la couverture de ce livre ne m'inspirait guère et je ne suis pas friande, d'ordinaire, de ce type d'univers. Mais quelle surprise délicieuse que cette lecture ! Ces racontars "cocasses" et drôles, souvent gravement profonds, toujours décalés et philosophiques, ont été un régal ! Dans la solitude de l'hiver arctique, la parole a un pouvoir énorme, celle de sauver les hommes, et un prix, comme n'importe quel bien précieux. Alors, le dire s'échange, se vend, se troque et son absence peut se vivre comme un drame car dans cette solitude du Groenland elle a autant de poids que l'air que l'on respire. A lire !!

Extrait : "Tournée de visites

...où Herbert en viendrait presque à préférer Lodvig quand il fait la gueule...

Une violente envie d'entreprendre une tournée de visites envahit Herbert. Ce genre de chose peut vous tomber dessus n'importe quand dans l'année, mais choisit le plus souvent l'hiver, quand l'obscurité bloque toute perspective aussi bien dans la tête des bonhommes que dehors. Assumer seul l'absence d'Alexandre lui était pénible. Herbert trouvait que la solitude était totale après le décès du coq, même s'il lui restait encore la compagnie du chien Pjosker. Il s'abandonnait à de sombres méditations et commençait à avoir des palpitations en entendant des bruits qu'il ne pouvait pas immédiatement identifier. C'est à ce moment-là qu'il commença à entrevoir des formes là où, de toute évidence, il n epouvait rien y avoir. Il avait l'impression qu'on l'observait, qu'il était sous surveillance dès qu'il mettait le nez dehors. Une nuit qu'il était couché sous la tente, il entendit chuchoter. La situation était grave. A cela un seul remède une tournée de visites."

Merci aux "blogueuses" pour cette découverte !!

10 janvier 2008

Cauchemar

b_b_

N’aie pas peur.

Tu ne crains rien.

Je suis là.

Tes joues sont douces comme le miel.

Tes cils papillonnent délicatement.

Viens là. Oui. Tout contre moi.

Apaise les battements de ton cœur.

Pose ta tête dans mon cou.

Serre toi contre mon sein.

Je suis bien.

Je t’aime.

N’aie plus peur.

Tu as le temps, tout le temps.

De découvrir le monde, ses joies et ses peines, ses faiblesses.

Rassure toi.

Ton corps chaud, empli de sommeil, dégage les effluves douçâtres du bébé que tu es encore un peu, de temps en temps.

Ce soir.

Dans ma tête, je me raconte des histoires, de rencontres, de pluie, de courses folles.

Et tu es là.

Et je suis ton port d’attache, ton abri de fortune, au milieu des tempêtes.

Mon fils.

Tes petits bras m’encerclent. Je sens ton dos se détendre. Tu t’endors. La nuit gagne de nouveau doucement la partie. Tes paupières se ferment.

N’aie pas peur.

Tu ne crains rien.

Maman est là, debout et forte.

Debout,

Parce que tu vis.

18 janvier 2008

Adolescence

(Conversation imaginaire...)

adolescente

Sois sage. Assied toi.

Tu t’agites. Tu t’affoles.

Tu fais du désordre.

Tu fais n’importe quoi.

Regarde autour de toi.

Allez, prends ce temps-là.

Non, ce n’est pas du temps perdu !

Rien ne l’est jamais.

Crois moi.

C’est une histoire de confiance.

De confiance, et d’abandon.

Alors ?

Où en es-tu ?

De toi, de ta vie, tout ça.

Bien sûr, que cela m’intéresse.

Qu’est-ce que tu crois ?

Je t’écoute.

Je vois bien que tu n’es pas à l’aise.

Que tu te dandines, d’une fesse sur l’autre,

Sur ce canapé.

Que tu voudrais être ailleurs.

Tu ne sais pas quoi faire de tes bras,

De tes jambes,

De tes pieds.

Je vois bien que tu n’oses lever les yeux sur moi.

Je vois bien que depuis quelques temps,

Tu m’évites.

Tes cils brillent.

Allez, prends mes doigts.

Oui, comme ça.

Serre les.

Fort.

Tu sais, j’ai été jeune,

Avant toi.

Je sais les larmes, la désespérance de ton âge,

La déception.

Oui, je sais que tu ne me crois pas,

Je connais ta révolte.

Tu me regardes à présent.

Tu hésites.

Allez, sois un tourbillon,

Si tu le souhaites,

Si cela te rend heureuse.

Car tu l’es, n’est-ce pas ?

Sois toi.

Sache seulement

Que je serai toujours là.

Qu’à chaque instant de ta vie,

Tu pourras venir,

Et serrer mes doigts,

Comme tu le fais à présent,

Si fort.

18 décembre 2007

Ecrire

ECRIRE   Ecrire…

…afin de tenter, vainement, de maîtriser ce flux qui émane de moi, bouillonnement d’émotions et de désirs, emmêlés.

Ecrire…

… pour déposer un mot, puis un autre, et les regarder s’aimer, tendrement, leur demander tant, toujours trop.

De ne plus me laisser seule, sur ce chemin.

Ecrire…

…tout ce que je ne peux te dire, surtout les frémissements.

Et puis les peurs.

Le reste est anodin et vit sans mes phrases.

Ecrire…

…des lettres pansements, apposées sur les pages froissées de ma vie,

Et poser le stylo,

Et ne plus avoir mal.

9 mars 2008

Concours de Nouvelles

Hier matin, je suis allée à une remise de prix...à Mortagne sur Sèvre, petite commune en frontière vendéenne. mortagne

marques_pagesLa-bas, la bibliothèque "Le marque page" organise depuis quelques années déjà un concours de nouvelles.
Ayant trouvé l'annonce dans un journal local, j'avais décidé cette année d'y participer. Tout est bon pour trouver de l'inspiration et s'entraîner !!

Le thème était "Cela n'arrivera jamais" (titre du dernier livre d'Eric Pessan, président du Jury).

Je ne vais pas garder le suspens plus longtemps, je n'ai pas gagné !!! Je dois avouer que je suis un peu déçue parce que j'y croyais presque un petit peu... Ah là là, cet égo mal placé. Mais rien de grave, l'accueil était chaleureux et simple, et nous avons tout de même eu un petit cadeau pour le déplacement...

collage45

...une dédicace de Eric Pessan sur un petit livret/souvenir de félicitations !!
"Il n'y a pas de plus grande récompense pour un poète, que d'écrire un poème. DYLAN THOMAS"

J'ai, pour la bonne cause, commencé son roman, qui me demande un effort de lecture important. Je vais essayer de le terminer tout de même, car d'autres lectures enthousiasmantes m'attendent !!pessan

En cliquant [ici], vous pourrez lire les "nouvelles gagnantes" et, peut-être bientôt, voir les photos prises à l'occasion de cet évènement.
Attention...je suis sans doute dessus !! Etant peu photogénique, je m'inquiète un peu du résultat.

Je mettrai en ligne très très bientôt, voire juste après, ma nouvelle, nommée "Justine".

8 mars 2008

Les secrets des enfoirés

enfoir_s

Et bien oui, hier au soir, j'ai passé une très belle soirée à les écouter !!!

Et là, à l'heure où je vous écris, l'album tourne à fond sur ma chaîne.

Cet opus là est très dansant, énergique et revigorant, assez éloigné je trouve du plan-plan des éditions précédentes !!!

Alors, faites-vous plaisir et ne l'oubliez pas,
la vie n'est pas un long fleuve tranquille...

...ils comptent sur nous.

Le site officiel : des photos, l'actualité, etc...

2 mars 2008

Paris

Une fois n'est pas coutume...je suis allée au cinéma !

paris

Des maraîchers, une boulangère, une assistante sociale, un danseur, un architecte, un SDF, un prof de fac, un mannequin, un clandestin camerounais... Dans ce film choral, les personnages se croisent et se recroisent traversant la ville de Paris en tous sens. Mais Paris est avant tout l'histoire d'un jeune homme malade du coeur (interprété par Romain Duris) qui se prépare à mourir, accompagné de l'affection de sa soeur (Juliette Binoche). Du haut de la fenêtre de son appartement, il observe les autres...

Mon avis : (Avant tout, quel plaisir que le grand écran !)
La musique du générique, vraiment belle, m'a tout de suite envoûtée. Je me suis ensuite laissée rapidement happer par ces histoires qui se percutent ou s'évitent. Puis, les quelques longueurs qui parsèment le film m'ont doucement bercées, comme s'il m'était donné tout à coup de vivre près des personnages de Klapisch, là juste à côté, et de regarder Paris à travers leurs yeux. On rit, on a les larmes au bord des yeux, on est séduit par le regard triste de Romain Duris, ancien danseur que le moindre effort épuise, on ressent le froid du petit matin près des maraîchers, on tremble d'amour...aussi. La force du cinéma est présente, loin des grands effets artificiels, dans toute cette retenue, dans les regards et les sourires timides, dans les silences. Un film sur l'amour entre des êtres imparfaits, qui nous ressemblent étrangement... Bref, un film à ne pas rater !!

Bande-annonce :


Bande annonce de Paris Klapisch
envoyé par yom_

(petit-aparté : à la sortie du film, M Antigone m'a dit que j'avais le sourire et les silences de Juliette Binoche, ça c'est un compliment, non ?)

Le Paris de Bel Gazou

27 janvier 2008

La passion selon Juette, Clara Dupont-Monod

juette heart

L'histoire : Juette est née au XIIème siècle, à Huy, une petite ville de l'actuelle Belgique. Elle est une enfant solitaire et rêveuse, que les travaux de couture n'intéressent pas, et qui se raconte des histoires de chevaliers et de belles dames en robes blanches. Son seul ami et confident est Hugues de Floreffe, un prêtre. Il l'écoute, tente de répondre à ses interrogations de jeune fille et reste sous le charme de cette vive intelligence, pure et différente. Pour faire taire cette enfant insoumise, ses riches parents la marie dès 13 ans, à un homme de leur condition. Juette vit ce mariage comme un viol quotidien de son être. Elle sera mère, puis veuve, cinq ans plus tard. Juette deviendra alors cette femme qui dit non, au mariage, aux hommes, au clergé corrompu.

Mon avis :  Je ne savais pas si cette histoire me plairait. Je ne suis pas très friande, d'ordinaire, des romans historiques et voilà que je me suis laissée happer par ce roman, à deux voix (celle de Juette puis celle de Hugues, alternativement) et par ce personnage, on ne peut plus extraordinaire, qui a de grandes ressemblances avec le personnage d'Antigone (interprétation toute personnelle). Ce roman là est moderne par son ton, très fort par l'intensité des émotions ressenties, très empreint de liberté. Dans un contexte historique compliqué, alors que l'église "des gros ventres" assoie par la violence sa suprématie face aux idées nouvelles des Cathares, cette jeune fille insoumise sait trouver une force singulière dans sa foi et imposer le respect. Une lecture à ne pas rater !

Extrait : "C'est l'histoire du chevalier à la Rose..." Je la récite en caressant les pierres. Mes histoires sont revenues. Elles sont intactes. Majesté des mots, plus grands que l'obscurité. Je n'ai pas besoin de bibliothèque. Mes histoires attendaient, simplement. Il ne faut pas être inquiet. Les choses qu'on aime finissent toujours par nous appartenir. J'espère qu'Hugues le sait."

Les lectures de Clarabel, Valérianne, Gambadou, Florinette

Une vidéo

 

28 janvier 2008

Jean Anouilh, la fin du purgatoire ?

Tel est le titre de l'article que Le magazine des Livres consacre à l'auteur d'Antigone, ce mois-ci.

MDL8

J'aime particulièrement cet auteur de Théâtre, qui n'a pas écrit que la pièce "Antigone" ou "Le Voyageur sans bagages", beaucoup étudiés. Considéré comme un auteur de Boulevard, il a souvent été méprisé. Il n'est sans doute aujourd'hui pas assez joué, et trop méconnu. Cet article atteste-t-il d'un retour en grace qui coïnciderait avec la sortie de ses oeuvres en Pléiade ? Je le souhaite car j'ai pour ma part souvent beaucoup ri, et été émue, en lisant ses pièces, et son théâtre recelle des trésors de répliques, oubliées.

Il a classé de son vivant ses pièces par thèmes : quatre pièces grinçantes, quatre pièces noires, quatre pièces roses, quatre pièces brillantes, trois pièces costumées. On ne trouve aujourd'hui que quelques titres disponibles et encore édités, chez Folio ou dans les éditions de la Table Ronde. Il faut fouiller les étals des bouquinistes pour avoir le bonheur de trouver ses autres pièces...

"La Vie de Jean Anouilh (1910-1987) se raconte exactement comme celle de grands dramaturges comme Molière. On commence à narrer l'enfance puis vient le succès et tout à coup, il ne s'agit plus de l'homme mais de son oeuvre : on enfile les titres en racontant ce qu'ils contiennent et le succès ou l'insuccès qui leur revient." (accroche de l'article du Magazine des Livres - Janvier/février 2008)

Son théâtre vient de sortir dans la bibliothèque de la Pléiade, en deux tomes.

      

Et un extrait d'Antigone, pour le plaisir...

"Comprendre... Vous n'avez que ce mot-là dans la bouche, tous,

depuis que je suis toute petite. Il fallait comprendre qu'on ne

peut pas toucher à l'eau, à la belle eau fuyante et froide

parce que cela tache les robes. Il fallait comprendre qu'on ne

doit pas manger tout à la fois, donner tout ce qu'on a dans ses

poches au mendiant qu'on rencontre, courir, courir dans le vent

jusqu'à ce qu'on tombe par terre et boire quand on a chaud et

se baigner quand il est trop tôt ou trop tard, mais pas juste quand

on a envie ! Comprendre. Toujours comprendre. Moi, je ne veux pas

comprendre. Je comprendrai quand je serai vieille. (Elle achève

doucement.) Si je deviens vieille. Pas maintenant."

27 janvier 2008

La passion selon Juette, Clara Dupont-Monod

juette heart

L'histoire : Juette est née au XIIème siècle, à Huy, une petite ville de l'actuelle Belgique. Elle est une enfant solitaire et rêveuse, que les travaux de couture n'intéresse pas, et qui se raconte des histoires de chevaliers et de belles dames en robes blanches. Son seul ami et confident est Hugues de Floreffe, un prêtre. Il l'écoute, tente de répondre à ses interrogations de jeune fille et reste sous le charme de cette vive intelligence, pure et différente. Pour faire taire cette enfant insoumise, ses riches parents la marie dès 13 ans, à un homme de leur condition. Juette vit ce mariage comme un viol quotidien de son être. Elle sera mère, puis veuve, cinq ans plus tard. Juette deviendra alors cette femme qui dit non, au mariage, aux hommes, au clergé corrompu.

Mon avis :  Je ne savais pas si cette histoire me plairait. Je ne suis pas très friande, d'ordinaire, des romans historiques et voilà que je me suis laissée happer par ce roman, à deux voix (celle de Juette puis celle de Hugues, alternativement) et par ce personnage, on ne peut plus extraordinaire, qui a de grandes ressemblances avec le personnage d'Antigone (interprétation toute personnelle). Ce roman là est moderne par son ton, très fort par l'intensité des émotions ressenties, très empreint de liberté. Dans un contexte historique compliqué, alors que l'église "des gros ventres" assoie par la violence sa suprématie face aux idées nouvelles des Cathares, cette jeune fille insoumise sait trouver une force singulière dans sa foi et imposer le respect. Une lecture à ne pas râter !

Extrait : "C'est l'histoire du chevalier à la Rose..." Je la récite en caressant les pierres. Mes histoires sont revenues. Elles sont intactes. Majesté des mots, plus grands que l'obscurité. Je n'ai pas besoin de bibliothèque. Mes histoires attendaient, simplement. Il ne faut pas être inquiet. Les choses qu'on aime finissent toujours par nous appartenir. J'espère qu'Hugues le sait."

Les lectures de Clarabel, Valérianne, Gambadou, Florinette

Une vidéo

 

19 février 2008

Proust au marché

proust_au_march_

Tante Babette prit une profonde inspiration et plongea la main dans l’étal de salades fraîches disposées harmonieusement devant elle. Elle procédait toujours de cette manière, avec cette confiance absolue en sa chance. « Je vais prendre celle-ci », déclara-t-elle au marchand, sans jeter un regard sur l’heureuse élue, l’installant immédiatement au fond du panier en rotin, brun et usé, qui pendait à son bras.

Tante Babette était un phénomène, un de ces personnages emblématiques du marché que nous parcourions en tous sens tous les mercredis matin, un mélange de douceur et d’extravagance auquel les commerçants s’étaient peu à peu habitués. Ils l’observaient tranquillement, un petit sourire au coin des lèvres, alors qu’elle fermait les yeux et pointait son doigt vers l’aliment choisi. Se doutaient-ils qu’elle ne se trompait jamais ?

J’allais chez Tante Babette, tous les mercredis, tandis que mes parents partaient travailler. Elle n’était en aucun cas ma « tante", enfin pas au sens strict du terme. Elle était simplement la voisine d’à côté, celle avec qui nous partagions un palier triste à la peinture verte, écaillée.

J’aimais l’odeur des coussins fleuris qui ornaient son canapé. Tandis que je finissais ma nuit en rêvassant, je l’apercevais par l’interstice de mes paupières légèrement fermées, marcher sans bruit dans son appartement aux volets tirés, faire son lit et préparer tranquillement sur la gazinière en bois notre petit déjeuner commun, au parfum de chocolat et de tartines grillées.

Chez tante Babette, il y avait des livres, partout, dans des états différents de dégradation. Parfois, je l’entendais râler doucement, un chiffon à la main, contre ce temps qui jaunissait le papier et faisait trembler les doigts. Puis, un grain de poussière lui chatouillait le nez, elle éternuait bruyamment, et nous partions toutes les deux d’un éclat de rire qui n’en finissait plus.

Sa salade bien calée au fond du panier, Tante Babette s’arrêta devant un étal sur lequel le mot « biscuits » , baigné d’une lumière jaune éblouissante, mêlée à une fine odeur de sucre brûlé, fit gargouiller mon ventre. Elle paraissait ravie. Depuis que je lui avais dit ce matin avoir gagné le premier prix de dissertation à l’école, je la sentais préoccupée.

« Choisie une madeleine ! », m’ordonna-t-elle. Je tendis mes doigts, pris un biscuit au goût exotique de fleur d’oranger, et aperçu son sourire coquin.

Ce n’est qu’en lisant Proust, quelques années plus tard, que je compris la portée de ce geste, incongru et délicat, qui lui ressemblait tant. Si je m’en souviens bien, il me semble même avoir un peu pleuré et retrouvé par magie, au fond de ma mémoire, pendant quelques secondes, l’odeur poussiéreuse et raffinée de son appartement douillet.

24 janvier 2008

Badenheim 1939, Aharon Appelfeld

  heart

L'histoire (quatrième de couverture) : "A badenheim, l'été est un moment de transition : les ombres de la forêt battent en retraite, la lumière se répand d'une place à l'autre et les rues s'animent en prévision de la saison estivale. Mais en cette année 1939, tandis que les premiers vacanciers déposent leurs bagages à l'hôtel, que Papenheim et son orchestre arrivent pour le festival de musique, que Sally et Gertie, les prostituées locales, flânent dans l'avenue, deux inspecteurs du service sanitaire passent devant la patisserie couverte de fleurs. [...] Ainsi commence ce récit d'une sinistre métamorphose : celle d'une station thermale fréquentée par la bourgeoisie juive en antichambre de la "délocalisation" vers la Pologne."

Avis d'Antigone : Ce roman est un chef d'oeuvre !

Dès le départ, en quatrième de couverture, l'éditeur compare l'auteur à Kafka, comparaison que je ne comprenais pas au début de ma lecture, comparaison que j'ai mieux comprise alors que la transformation de la station balnéaire se met en place et que les acteurs de ce "drame" se rendent compte du piège dans lequel ils sont enfermés.

Plusieurs éléments se métamorphosent tranquillement jusqu'à donner au lecteur un sentiment de malaise attentif. Il y a notamment l'existence de ce service sanitaire, discret puis tentateur, vantant tout d'abord un voyage salvateur vers la pologne, puis obligeant chaque juif à s'inscrire sur ses registres. Et ce festival qui bat son plein, engourdissant les consciences, tandis que les estivants se gavent de patisseries et flânent au bord de la piscine, et qui se termine en pagaille désorganisée.

La ville est fermée, devient un ghetto, l'étau se resserre. L'intrigue avance doucement, sûrement, inconsciemment, inexorablement vers un wagon à bestiaux sale qui mènera certainement "où l'on sait". Et cette phrase terrible du Dr Papenheim : "Si les wagons sont aussi sales, c'est signe que nous n'irons pas loin."

Je vous recommande cette lecture, chaudement ! Doucement ennivrant, puis terriblement angoissant, ce roman là ne vous laissera certainement pas indifférent.

Extrait (début du roman) :   "Le printemps était de retour à Badenheim. On entendait carillonner les cloches de l'église du village proche de la ville. Les ombres de la forêt battaient en retraite. Le soleil dispersait les vestiges de l'obscurité et sa lumière se répandait dans la grand-rue, d'une place à l'autre. C'était un moment de transition. Les estivants se préparaient à envahir la station. Deux inspecteurs passèrent dans la ruelle pour contrôler le bon foctionnement des canalisations. La ville dont la population s'était beaucoup renouvelée au fil des ans conservait sa beauté, une beauté discrète."

La lecture de Clarabel

20 janvier 2008

Pitiés, Philippe Raulet

Hier au soir, je suis allée ici, au Grand R, à une soirée "hommage" à Philippe Raulet, décédé le 22 mai 2006.

      

(fiche auteur sur le site Verticales)

La soirée a commencé avec une conversation entre Dominique Bondu (un des fondateurs du site remue.net) et Gérard Potier (acteur et conteur né en Vendée), au sujet de la personnalité de cet auteur, que je ne connaissais pas, et dont la vie tournait autour de l'écriture, et de la liberté de l'écriture (beaucoup d'éléments à retenir et de conseils à suivre...).

Puis, elle s'est enchaînée avec la lecture complète de Pitiés, édité aux éditions Verticales en 2003, lecture effectuée par quatre acteurs/lecteurs.

Début du roman : "Une femme rêvait de voir la mer, pas n'importe où, et c'est le drame, ou presque, on va comprendre

elle est mariée, ils manquent d'argent, ça se paie cher, pitié, c'est déjà commencé

à cette heure-ci on ne trouvera chez eux que l'homme, prénom Louis, assis en bout de table et immobile - le temps peut s'égoutter - on croit voir une image

cuisine peinte en jaune, murs et plafond que barre un long néon, mais éteint pour l'instant, l'après-midi débute à peine..."

L'histoire : Une famille, modeste, deux enfants adolescents, un désir de voyage, une affiche sur le frigo, un désir de mer de la mère, de la désespérance, du désir d'ailleurs, de l'amour, de l'espoir...

Je vous l'avoue d'emblée, je ne suis pas restée jusqu'à la fin de la lecture, pourtant elle était de qualité et le texte de Pitiés est intéressant (je pense que je vais le lire), très théâtral finalement...mais la soirée avait commencé à 18h et se terminait à 23h30... Malgré les pauses, c'était un peu long pour moi, et je m'étais levée bien tôt (les enfants !) et la journée avait été fatigante (euh, encore les enfants...!).

En bref, voici un auteur, peu connu, dont l'écriture est à découvrir !

15 janvier 2008

Les invités de l'île, Vonne Van der Meer

Résumé : Située sur une île, au large des côtes hollandaises, une maison nommée Duinroos (Rose des vents) accueille chaque année de nouveaux occupants, du mois de Mars à la fin de septembre. Les vacanciers se succèdent et leurs histoires, individuelles, défilent : un couple tente de réparer son amour, une jeune fille et une femme plus mûre confrontent leur désir de maternité, un veuf reprend goût à la vie, une famille évite le pire et trouve le meilleur, un couple se forme en en séparant un autre, une femme convalescente renoue avec elle-même et ses souvenirs... Près d'eux, une femme de ménage, une gardienne, les surveille, les bichonne, en secret, puis referme la porte, après leur passage, et ramène les coquillages sur la plage.

Avis d'Antigone : Ce roman est très agréable à lire, et a presque un air de recueil de nouvelles car à chaque passage, à chaque location, nous suivons des personnages différents, des histoires uniques. Les seuls liens entre ces habitants provisoires sont cette maison charmante, et un peu démodée, une maison de vacances, et l'ange gardien de ces lieux, cette femme de ménage qui jette un oeil sur la maison, comme sur un bien précieux, remet les objets et le livre d'or en place, puis s'efface . J'ai aimé lire ce doux roman qui laisse un goût délicieux de sel, de sable et de vent, un goût d'été presque hors saison.

Extrait (début du roman) : "Il est grand temps que je termine. S'ils ont pris le bateau de midi, ils peuvent être ici dans une demi-heure. Ca m'est arrivé une fois : en nage, contente de mon travail, je ferme la maison, glisse la clef sous le paillasson et les découvre là, plantés à côté d'une carriole de plage où trônent bagages et enfants, au bord du sentier de coquillages. La déception sur leurs visages. Depuis, je sais que je dois demeurer invisible. S'ils me croisent ici, la maison ne sera plus autant la leur, et s'ils ne s'approprient pas la maison, ils ne vont pas passer un bon séjour. Même s'ils savent qu'ils ne la louent que pour une semaine, deux semaines, voire même un mois, ils doivent pouvoir se figurer qu'elle est à eux. Si c'était moi la locataire, cela irait tout seul. De toutes les maisons où j'ai fait le ménage, Duinroos est celle que je préfère. Torenzicht, Kiekendief, Jojanneke et d'Instuif, je m'en suis débarassée au fil des années. De belles maisons, je ne dis pas, où l'on a posé du carrelage et du lino, bien plus faciles d'entretien que Duinroos, mais ça faisait trop, il a fallu que je choisisse."

Le bel article de Papillon

J'ai noté cette lecture chez Bellesahi et en plus, chouette, il y a une suite !!

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Les lectures d'Antigone ...
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