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Les lectures d'Antigone ...
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Ardoise magique

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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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12 mars 2009

Stage d'écriture (suite3)

exercice3Allez, continuons notre petit jeu de piste...interrompu mardi.

Après avoir établi une liste d'animaux, écris un texte d'après cette énumération, sorti une phrase de son contexte pour écrire un extrait d'essai...nous avons lu un passage d'une réflexion de Derrida sur les animaux, les hommes et la pudeur.

Il s'agissait ensuite d'écrire, en vingt minutes chrono, un texte commençant par cette phrase : "L'animal me regarde".

Voici le résultat :
"L'animal me regarde, l'oeil fixe et les moustaches figées. Tout son corps est en attente, prêt à bondir. D'évidence, je l'ai dérangé. Ses muscles tremblent et attendent mon pas de plus, celui qui guidera son prochain mouvement.
Il me semble avoir entendu quelque part que regarder un chat dans les yeux gagnait sa confiance. Je plante avec conviction mon regard dans le jaune de ses pupilles. Mais pourquoi ai-je donc si peur ? Sans doute parce que l'animal me surplombe ainsi perché sur les tuiles du porche que je voulais franchir - s'il s'était tenu à terre, je l'aurais ignoré, comme je le fais d'ordinaire avec ses congénères - sans doute parce qu'une image terrible me traverse, celle d'un envol iréel fait de griffes et de poils, un envol qui trouverait forcément sa chute sur le sommet de mon crâne."

© Les écrits d'Antigone - 2009
Un texte écrit dans le cadre d'un stage d'écriture animé par Olivia Rosenthal.

A demain !

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18 février 2009

Emmanuelle Pagano...

emmanuelle_pagano...était l'invitée de la Maison Gueffier (Grand R - La roche sur Yon) la semaine dernière. Une occasion que je ne pouvais manquer.

Lors d'une séance lecture, le jeudi soir, elle nous a lu en intégralité sa nouvelle Le Guide automatique, dont je vous avais déjà parlé ici. Il a également été question de sa manière de traiter le réel et de sa classification qui me semble étonnante en "écrivain du terroir", et qui ne peut l'être effectivement tout à fait, tant son écriture semble ne partir que d'un seul lieu, le centre du corps. J'ai découvert sa voix, son accent, sa personne...mais encore une fois je n'ai pas trouvé le courage d'aller lui parler, tant je suis impressionnée et impressionnable.
Je me suis tout de même procurée Le tiroir à cheveux, dont je prévoyais la lecture depuis un moment...

Le samedi, a débuté notre stage d'écriture. Nous étions une petite dizaine. Le sujet : comment utiliser dans un texte de fiction, un manuel technique ou un mode d'emploi ? Pas si simple, au départ. Lorsque nous lisons des romans, nous oublions souvent que l'auteur a fait des recherches pour réussir à retranscrire certains détails, nous oublions dans la limpidité des mots l'aspect technique. J'ai tenté quelque chose, je vous le livrerai plus tard... Emmanuelle Pagano a dirigé l'atelier avec respect et attention, c'était bien, décomplexant...enfin pour moi qui l'était, complexée.

Le dimanche, j'étais bien décidée à présenter mon identité virtuelle à Emmanuelle Pagano car j'avais souvent laissé des messages sur son blog...ce que j'ai finalement fait sous le prétexte d'une dédicace. Le troisième jour me direz-vous, il était temps. Puis, nous avons tous tenté, concentrés, de répondre au mieux à la consigne suivante : suite à la lecture du Guide automatique, essayez d'imaginer le dialogue du vieil homme, ce qu'il peut dire lorsque les estivants ouvrent la porte de son abri...pas facile...pas facile du tout. De la même manière, je vous liverai bientôt le résultat de tout cela.

Une seule chose à dire, pour conclure ces moments "hors du temps", merci à Emmanuelle, pour ce week-end d'écriture ! Merci, vraiment.

Mes lectures des livres d'Emmanuelle Pagano

Son site personnel

Petite information, pour les nantais de passage ici, Emmanuelle Pagano sera présente à la bilbiothèque de Rezé (médiathèque Diderot) le mardi 26 mai à 19h dans le cadre d'une "lecture-rencontre". A noter sur vos tablettes !!

photo © evene.fr

10 mars 2009

Stage d'écriture (suite2)

exercice2Vous vous souvenez de mes élucubrations d'hier ? Bien, voici donc la suite de l'exercice... Il s'agissait de piocher dans le résultat précédent de son voisin, une phrase, et d'écrire ensuite un texte de caractère scientifique ou mimant un essai de sciences humaines.

J'ai choisi la phrase de ma voisine "C'est si beau une libellule !" et je suis partie dans une forme rencontrée parfois lors de mes lectures, celle d'essais psychologiques et compte-rendus d'entretiens. Nous avions vingt minutes.

Le texte :
"C'est si beau une libellule ! C'est ce que disent les enfants en général. Ils grattent du bout de l'ongle le relief des ailes peintes sur l'album usé et finissent par lisser l'image du plat de la main, tout en levant les yeux vers moi. Ils ressortiront plus tard du cabinet des paillettes plein les doigts.
Louis est un cas à part. Son regard ne s'arrête sur rien, pas même sur sa mère qui, à chaque rendez-vous, esquisse un pas vers moi, hésite toujours à rentrer dans mon bureau et finit immanquablement par refermer la porte sans un bruit, dans un lumineux sourire. Elle patientera dans la salle d'attente, un tricot sur les genoux, nous laissant seuls l'enfant et moi, lui avec ses yeux qui ne regardent rien, et moi avec mon livre, mes lunettes carrées et ma libellule. Comme à chaque fois, je la lui présente, et comme à chaque fois, il l'ignore. Des tests ont été faits. Louis ne souffre ni de déficits mentaux neurologiques ni de déficits occulaires. Il est simplement ailleurs. Mon travail est d'aller le chercher là où il se trouve, de capter son attention, de le ramener parmi nous.
Ma libellule est mise de côté , dans toute sa beauté inutile et colorée. Je sors de mes tiroirs mon attirail habituel. Louis le connaît bien. Il sursaute parfois, à l'écoute de quelques bruits, mais juste après, juste un peu tard, comme s'il me faisait une faveur.
Je ne sais pas encore ce qu'il me cache, ni dans quel chemin il s'est perdu. Pour l'instant, nous en restons là. Je lui présente des objets, son regard traîne ailleurs et ne s'accroche à rien."

© Les écrits d'Antigone - 2009
Un texte écrit dans le cadre d'un stage d'écriture animé par Olivia Rosenthal.

La suite, jeudi !

22 décembre 2008

De l'écriture... et de la disparition

_criture"[...] y a-t-il un prix à payer pour écrire, pour avoir le droit de franchir cet "au-delà", cette face obscure du miroir ? L'écriture se mérite-t-elle par des sacrifices comme une déesse païenne et impie réclamant son dû, sa part de malheur et de sang ?"
Alain POZZUOLI

"Quand nous écrivons, plus rien n'existe. En somme, nous nous supprimons du monde sans avoir besoin de nous détruire. C'est un privilège qui classe la littérature."
André BLANCHARD

(Source : édito de Joseph VEBRET, Le Magazine des livres, déc08 et janv09)

17 novembre 2008

Le poème

phare

Détruire les mots
Presser le silence
Au carrefour chaque visage et chaque phare
Menaceront la ville

Mais tu progresses
Invincible présence du poème

La nuit dans ma pensée tu entraînes la mer
L'ombre roule en labours paisibles
Se déploient les prairies les eaux

Que le ciel se descelle
La langue se délie
Le poème bat comme un coeur et je respire dans son souffle

Sur les chutes de neige ou de fruits riches
Sur les buissons de bourgeons et d'oiseaux
Qu'il étende l'éclair d'une cinquième saison.

Jeanine Mitaud (Départs, 1953)

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25 août 2013

Une sortie en format poche ! Des vies d'oiseaux ~ Véronique Ovaldé

Alors que la présence en librairie du dernier roman de Véronique Ovaldé, La Grâce des brigands, a été annoncée pour le 21 août (mais je vous en parlerai certainement bien plus tard), sort simultanément en format poche ma lecture de 2012... Des vies d'oiseaux. Je vous recommande donc chaudement aussi ce titre lumineux... 

desviesdoiseauxpoche

Un extrait de mon billet d'alors...

"Voici un joli roman de Véronique Ovaldé. Les premières lignes de cette lecture m'ont plutôt étonnées, me donnant le sentiment d'être entrée de plein fouet dans une intrigue policière. Et puis non. Parce que Véronique Ovaldé ne peut se contenter de poursuivre les principes d'un genre, nous voici ensuite propulsés dans le quotidien d'une desperate housewife qui se morfond depuis que sa fille adolescente a quitté le nid. Pour enfin se laisser bercer par une fable qui donne à l'amour un A majuscule, aventureux et imprudent."

Mon billet dans son intégralité par ici [clic].

"Le bonheur privé ordonnait et conférait du sens à sa vie, Paloma était son seul système de repères et sa balise, elle se rendait compte du danger de cette unique lorgnette, et elle en ressentait une étrange douleur amoureuse (une sorte de chagrin qui opresse la poitrine, mais un chagrin délicieux parce que exclusif, un chagrin qui vous dit combien vous êtes vivante et combien ce que vous aimez vous est précieux) [...]."

Editions J'ai Lu - 7.60 € - 21 Août 2013

 Le billet de Cathulu sur La grâce des brigands

7 janvier 2008

Les adolescents troglodytes, Emmanuelle Pagano

    heart  Livre de la sélection de l'"Eté des Libraires" 2007

Résumé (extrait de "Page des libraires" de juin-juillet 2007) : "Adèle est conductrice de bus scolaire dans une région perdue du côté de l'Ardèche. Contre vents et congères, elle conduit son bus et prend soin des enfants. Le temps d'une moitié d'année scolaire, elle raconte. Elle se raconte. Adèle est comme la nature de cette région retirée, tourmentée, oubliée mais forte et combative. Petit à petit, nous faisons connaissance avec "ses" enfants, du plus petit aux plus grands, leurs tracas, leurs premières amours... Petit à petit, nous apprenons à comprendre Adèle en découvrant son secret, bien caché dans son corps de femme. Adèle est revenue dans cette région dans laquelle elle est née mais où personne ne la reconnaît parce qu'elle était alors un autre, parce qu'elle était alors un petit garçon. Elle est née dans un corps d'homme, dans un corps qui n'était pas fait pour elle. Le combat d'Adèle et de sa navette scolaire contre la nature hostile, est à l'image du combat d'Adèle contre cette erreur de la nature qui l'a fait naître femme dans un corps d'homme"

Avis d'Antigone : Quel roman magnifique ! J'ai été surprise, étonnée, chamboulée par ce récit étonnant et subtil. Car malgré l'aspect un peu "téléréalité" du secret de l'héroine, ce livre n'a rien d'indécent ou de voyeur, il n'est que finesse et grandeur. Le personnage principal, Adèle, est tout de suite sympathique, forte et touchante. Nous la suivons avec plaisir dans ses déplacements quotidiens. Nous craignons, avec elle, que la neige entrave la route et que les enfants arrivent en retard à l'école. La montagne devient belle, sous les mots d'Emmanuelle Pagano, dure et inquiétante, comme ses habitants, et puis, tout à coup, douce et enveloppante, rassurante. Je vous recommande ce livre, chaudement, vous y trouverez beaucoup de force, et de respect !

Extrait : "La navette qui fait ma vie depuis dix ans, c'est un petit fourgon, portes coulissantes, quatre roues motrices, neuf places. C'est la première année que toutes les places sont prises. Huit enfants, huit ados, matin et soir.

Avec eux un trajet - parfois des écarts l'hiver, le détour des congères. Le trajet des grands n'est pas tout à fait celui des petits. Si beaucoup de grands ont des petits frères et soeurs, certains grands sont les petits derniers. Et certains petits sont les tous premiers, mais ne seront pas, sûrement pas fils uniques, ici je n'en connais pas, même dans les familles rapportées.

Quand j'étais petit, y'en avait bien une, mais ses parents l'avaient eu très en retard, c'est pour ça. Elle sentait mauvais.

Les derniers et premiers des nouvelles familles, il faut les prendre à d'autres hameaux, d'autres fermes. Mon circuit change à chaque fin de fratrie, à chaque début.

Aujourd'hui pas d'engueulade. C'est la rentrée, c'est normal."

La lecture enthousiaste de Clarabel

Le blog d'Emmanuelle Pagano

3 octobre 2013

Deux sorties du moment... et un peu de bla bla

* Mudwoman de Joyce Carol Oates, LE pavé dans lequel je suis plongée en ce moment, avec une délectation bien plus grande que je ne le supposais en début de lecture. Dedans, il y a des phrases comme celle-ci... "Ce que sa vie était devenue lui était incompréhensible, et cependant elle n'avait pas le choix, c'était la vie qu'elle devait vivre." ou "Reconnaître cet amour c'était reconnaître que je ne l'avais jamais connu avant. Comme d'être enfin nourrie. Après avoir été affamée si longtemps."
Je me surprends à être suspendue au souffle de cette femme, la narratrice, Mudgirl, comme l'auteure l'appelle. Mais vous en saurez plus longuement plus tard. (sortie du 2 octobre)

* Nouons-nous d'Emmanuelle Pagano, LE roman de la rentrée pour moi, celui que j'attends sans doute avec le plus d'impatience, tant j'aime cette auteure. Mais ceux qui me suivent régulièrement le savent déjà... Je ne l'ai pas encore acheté, mais cela ne saurait tarder. J'ai hâte. (sortie du 3 octobre)

mudwoman                           livre-nouons-nous

* Et puis, un peu de bla bla pour vous dire que ma vie matérielle ayant changé de rythme je cours un peu après le temps en ce moment. Je suis fatiguée, et je sens bien qu'il y a un pli à prendre qui tarde à se mettre en place. Les billets de lecture vont sans doute être moins nombreux, mes visites chez vous également, mais comme je tiens à ce lieu, ne vous en faites pas, l'impression de jachère ne sera certainement que provisoire...

Bonnes lectures !

30 novembre 2013

Rencontre... Léonora Miano ~ Prix Fémina 2013

leonora miano culturebox

Hier au soir, j'étais toute heureuse de pouvoir me rendre finalement à cette rencontre organisée par ma médiathèque. Une éternité que je ne m'étais par rendue à ce genre de manifestation...

Léonora Miano est une auteure agréable à écouter. J'ai beaucoup aimé son détachement vis à vis du monde littéraire, et sa grande élégance verbale. Je ne l'ai pas encore lue, j'ai hâte à présent de mieux la connaître.

Elle nous a surtout parlé, vous vous en doutez, de son dernier livre La saison de l'ombre, qui vient de recevoir le Prix Femina 2013. Il ne faut pas oublier que ce titre a également obtenu le Grand prix du roman métis, qu'elle va d'ailleurs recevoir ces jours prochains à La Réunion.

Née en 1973 au Cameroun, cette écrivain est surtout connue pour sa trilogie se déroulant au Mboasu, pays imaginaire de l'Afrique Subsaharienne, composé donc de trois livres : L'intérieur de la nuit, Contours du jour qui vient (Goncourt des Lycéens en 2006) et Les aubes écarlates.

Je vais essayer de vous reproduire ci-dessous le peu que j'ai réussi à griffonner discrètement lors de cette soirée... où il a été essentiellement question de la trame de La saison de l'ombre...

Ce roman tente en effet de combler cette part manquante de l'histoire connue de la traite trans-atlantique. Léonora Miano a voulu raconter le vécu des populations sub-sahariennes qui ont vu leurs proches disparaître, ce choc immense de l'enlèvement et de la capture, et la collaboration des populations locales dans la traite négrière.
Pour elle, la naissance de l'intérêt pour cette face cachée et obscure de l'histoire, l'éveil de sa conscience, a eu lieu en CM2 alors qu'ils venaient en classe d'aborder le sujet, avec seulement un très court paragraphe dans un manuel et une illustration représentant un chef heureux de brandir des trophées de pacotille et derrière lui une colonne de captifs malheureux. 
Venant elle-même de la côte du Cameroun, elle s'est alors heurtée à tout un tas de questions sans réponses... Qui étaient ces chefs ? D'où venaient ces captifs que l'on précisait "venir de l'intérieur des terres" ? Toute sa scolarité s'est déroulée sans qu'elle obtienne des réponses à ses multiples questions, mis à part un silence gêné. 
Aujourd'hui, alors que les afro-américains peuvent passer des tests pour savoir d'où ils viennent, qu'elle était leur tribu d'origine, la parole semble s'ouvrir. Avec leurs visites sur le continent africain sont enfin venues quelques réponses... 
Il est évident que rien n'est aussi simple que l'on voudrait nous le laisser à penser. La "capture" a été perpétrée par des êtres eux-mêmes blessés, et qui ont rendu captifs d'autres populations qu'ils considéraient comme des étrangers.

Léonora Miano continue encore à se poser des questions aujourd'hui, à creuser avec intelligence et un profond respect pour les particularités de chacun, au delà des apparences. Elle s'intéresse par exemple aussi à l'art africain, mais pas à la manière occidentale, à l'usage réel et usuel que les populations pouvaient avoir de ces objets devant lesquels les occidentaux se contentent de s'extasier dans nos musées.

Je vais me plonger de mon côté bientôt dans La Saison de l'ombre et continuer de suivre, bien sûr, l'actualité de Léonora Miano...

Une très belle rencontre.

 

Je suis un peu en avance pour le challenge de Stephie... [clic ici]

MIANO

 

5 septembre 2013

Les joyaux du Paradis, Donna Leon

lesjoyauxduparadis"[...] l'espoir de tomber sur des partitions intéressantes avait contribué, au moins en partie, à lui faire renoncer à son poste à Manchester : on lui donnait ici une possibilité pour laquelle tout bon musicologue offrait son bras droit. Deux malles qu'on pouvait espérer remplies des papiers d'un musicien de l'époque baroque, célèbre en son temps..."

Caterina Pellegrini est musicologue, et en poste à Manchester, lorsqu'elle obtient cette proposition inespérée de pouvoir travailler à Venise et d'ainsi retourner pour au moins quelques mois dans sa ville. Deux cousins ont récupéré les malles d'un glorieux ancêtre et se disputent son trésor supposé. Caterina est engagée en tant qu'experte multilingue et doit éclairer les deux hommes sur les volontés testamentaires du grand Agostino Steffani, compositeur baroque du XVIIème siècle.
Ayant répondu précipitamment à l'annonce de la "Fondazione Musicale Italo-Tedesco", elle reste à son arrivée surprise par ses conditions de travail, les motivations des pseudo-héritiers, de leur avocat, et découvre que la vie d'Agostino Steffani contient des méandres plus tortueux qu'elle ne se l'imaginait. Tout en compulsant les archives à sa disposition, elle se prend de passion pour sa recherche, mais ira sans doute un peu trop loin...

Je suis une spectatrice assez assidue des tribulations de l'inspecteur Brunetti à la télévision, autre personnage créé par Donna LEON, son plus célèbre, et dont j'ai pu lire aussi les aventures romanesques en version livre. J'aime particulièrement les images de cette Venise réaliste, souvent cachée, que l'auteure y laisse voir, ainsi que le cynisme affectif avec lequel elle brosse toujours les moeurs de ses habitants.
Pour ce titre, Donna LEON s'est associée avec Cécilia Bartoli, cantatrice italienne et amie de longue date de l'auteure. Toutes les deux étaient décidées à remettre à l'honneur celui qu'elles considèrent comme un génie de la musique baroque. Le roman grand format et le disque Mission sont d'ailleurs sortis simultanément dans le monde entier.
Pour tout vous dire, j'ai beaucoup aimé m'immerger encore une fois dans la Venise de Donna LEON, même si ici son intrigue met du temps à déployer ses ailes et qu'il faut aimer en remuer du papier en général dans sa propre vie, et avec le personnage, pour apprécier au mieux le résultat de ses recherches. Cependant, Les Joyaux du paradis s'avèrent au final un roman passionnant, riche historiquement. Il m'a donné furieusement envie de continuer à lire Donna LEON... Elle sait indubitablement apporter à ses intrigues une touche humaine irrésistible et attachante.

Editions Points - 7.60€ - 5 septembre 2013

 La lecture audio a été en demi-teinte pour Sylire - Les avis sont partagés sur Babélio

 

16 octobre 2016

Jean-Luc Lagarce

"Raconter le Monde, ma part misérable et infime du Monde, la part qui me revient, l'écrire et la mettre en scène, en construire à peine, une fois encore, l'éclair, la dureté, en dire avec lucidité l'évidence. Montrer sur le théâtre la force exacte qui nous saisit parfois, cela, exactement cela, les hommes et les femmes tels qu'ils sont, la beauté et l'horreur de leurs échanges et la mélancolie aussitôt qui les prend lorsque cette beauté et cette horreur se perdent, s'enfuient et cherchent à se détruire elles-mêmes, effrayées de leurs propres démons.
Dire aux autres, s'avancer dans la lumière et redire aux autres, une fois encore, la grâce suspendue de la rencontre, l'arrêt entre deux êtres, l'instant exact de l'amour, la douceur infinie de l'apaisement, tenter de dire à voix basse la pureté parfaite de la Mort à l'oeuvre, le refus de la peur, et le hurlement pourtant, soudain, de la haine, le cri, notre panique et notre détresse d'enfant, et se cacher la tête entre les mains, et la lassitude du corps après le désir, la fatigue après la souffrance et l'épuisement après la terreur."

Extrait de De luxe et de l'impuissance, Jean-Luc Lagarce - In Juste La fin du Monde - 7.50€ - Les Solitaires Intempestifs

lagarce

Ci-dessus, le CD, et le texte de la pièce à l'origine du film de Xavier Dolan, par Jean-Luc Lagarce, mort du sida en 1995 avant que sa pièce connaisse le succès. La lire et constater cet intéressant travail de réécriture cinématographique.

5 juin 2016

Dimanche

... quand la veille tu as tenté la plage, parce que nous sommes en juin (quand même).

stgilles

[La Grande Plage - St Gilles Croix de Vie] Sinon, pendant ce temps, je lis Gaspard ne répond plus de Anne-Marie Revol, sympathique roman de plage, me dis-je d'ailleurs en le lisant. Je ferai sans doute en menu en haut du blog tout l'été une Sélection d'été... Plein de jolies choses débarquent dans ma boîte aux lettres ces temps-ci... Je vous prépare une surprise en coulisses pour juillet. Je vous souhaite une belle journée !!

21 février 2016

The Movement

[Aimer un clip avant de se rendre compte que le chanteur est Justin Bieber... ;)] Sinon, pendant ce temps, j'abandonne quelques lectures : Fermez les yeux de CJ Cooper, l'histoire d'une manipulation entre un fascinant hypnotiseur et sa patiente Sara (roman léger qui annonce beaucoup, mais m'a très très très vite ennuyée) ; Séraphîta de Balzac, chez une toute nouvelle maison d'édition Sur le fil, que je remercie pour l'envoi (un Balzac très surprenant, mystique, démonstratif sans doute dans l'oeuvre du romancier que j'adore lire habituellement... mais là il faut bien avouer qu'il y a sans doute une raison pour que ce titre soit méconnu. Ennui, étonnement et déception. Pour autant c'est un livre à prendre en compte pour qui souhaite regarder l'oeuvre balzacienne d'un autre oeil.) J'ai ouvert hier soir Le Dernier message d'Eva de Pierrick Gazaignes, un polar distrayant qui risque bien de réussir lui à me relancer... ouf tant mieux. J'en profite pour vous donner le lien vers un billet de Sophie Andriansen [clic ici] qui énonce en ce moment quelques vérités assez bonnes à dire sur la réalité de l'activité de blogueur littéraire, les fantasmes liés, la pression des auteurs auto-édités et notre façon de gérer les services de presse. Je partage son analyse, et son vécu.

seraphita fermezlesyeux

3 décembre 2014

Autour du monde, Laurent Mauvignier

autour du monde

 "Ils ne bougent plus. C'est comme une danse. Au début, un bruit comme les vieux télégraphes dans les films en noir et blanc. Et puis un bruit plus fort, un bruit de castagnettes. Ils voudraient rire, mais ils ne peuvent pas. D'autres bruits de castagnettes, de verre qui vibre. Quelque chose les retient de rire, quelque chose les tient tous les deux. L'un deux laisse échapper de sa bouche quelque chose comme un oh étonné et presque timide, incrédule. L'autre ne répond rien, s'il le faisait sa voix ne serait peut-être pas audible parce que les vitres elles-mêmes commencent à vibrer puis à trembler trop fort, puis les murs à l'unisson aussi tremblent et laissent monter cette vibration qui bientôt saisit toute la maison et la fait craquer et se tordre. A l'intérieur, tous les objets semblent soudain avouer qu'ils sont vivants, qu'ils ont toujours été vivants. Et ils geignent, chuintent, crient, hurlent et se contorsionnent, se déforment, tirent, poussent, cassent et cette fois la vie semble surgir de l'intérieur des objets, mais c'est une vie malade, qui grince, éructe, grogne et à l'intérieur des vivants une autre vie s'anime - la vibration parcourt les corps et fait sonner les os comme une caisse de résonnance dans les membres, des bruits qui remontent le long des corps, quelque chose de trépidant dans les murs, dans les objets, quelque chose comme des pulsations instables se répandant, se diffractant, explosant partout à l'intérieur des choses et des corps."

(Je suis tombée amoureuse de ce passage, rien de moins...)

En mars 2011, un tsunami terrible déferle sur le Japon. Le monde regarde, médusé devant son poste de télévision, l'énorme vague, les maisons, les véhicules et les corps emportés, puis la menace nucléaire. Deux amants étaient alors réfugiés dans une cabane, la violence du phénomène les séparera. Et puis, Laurent Mauvignier nous emmène ailleurs, comme si si il zappait avec nous le monde, la lumière est soudain braquée sur d'autres tranches de vies, kaléïdoscope étrange de notre humanité inquiète et en quête d'affection. Des heureux gagnants d'un jeu concours se retrouvent ainsi artificiellement regroupés sur un paquebot, deux femmes débarquent à Tel Aviv, des amants s'égratignent à Moscou, une jeune femme devient la maîtresse de son beau-père, certains rêvent de faire naître l'espoir dans la perspective du gain facile...

Je suis littéralement tombée en extase devant l'écriture sublime et précise de Laurent Mauvignier, qui fait visiblement fi de toutes modes mais recherche dans ses phrases la justesse qui saura laisser apparaître l'image, le sentiment présent, l'atmosphère imaginée. Autour du monde nous embarque dans un voyage à la fois étourdissant et terrifiant, qui montre à quel point les destins privés dépassent les phénomènes collectifs, tout en s'y imbriquant étroitement, et qui montre aussi combien nous sommes tous sur le même bateau, la terre. Un roman magistral, forcément un coup de coeur !

Editions de Minuit - 19.50 € - Septembre 2014 - Merci ma bibli !!

challengerl2014

Je participe toujours au challenge 1% rentrée littéraire de Hérisson... qui consiste à lire au moins 6 livres de la rentrée littéraire [clic ici pour plus de détails] - et je suis en partance cahin caha vers le 2% - n°11/12

Les tentatrices... Clara - Cuné - Cathulu

11 novembre 2014

En cours de lecture...

"[...] ainsi donc, le monde est bien plus vaste que le petit territoire propre et verouillé que je parcours depuis l'enfance, il est traversé de mille frontières dont une première vient de m'apparaître, il intègre ce qu'on a toujours cherché à tenir éloigné de moi, dans un souci évident de protection mais qui, loin de me procurer un quelconque apaisement, génère en moi la plus vive des angoisses : la vie n'est pas seulement ordre, clarté, cohérence, verticalité, unicité, maîtrise, toutes ces choses qui, lorsqu'elles existent seules, sont effrayantes - mais aussi désordre, ombre, folie, aliénation, effondrement. On n'est pas toujours debout. On est parfois à terre. On est parfois hurlant. En mille morceaux. Oui, la vie est immense, ouverte sur des abîmes. Ouverte sur des espaces. La vie est bien vivante."

Extrait de Une vie à soi de Laurence Tardieu, Flammarion 2014

inrocks

(copyright - photo chipée sur le twitter des Inrocks)

25 mai 2014

Bric à brac du dimanche... avec du courage, une lecture, un liseur et deux Sophie

Un dimanche qui serait fait de [courage], de verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide, de jolies tasses et de bisous pour la fête des mères, et de tout un tas de marques d'amitiés touchantes (ils ou elles se reconnaîtront). Savoir qu'on a raté la visite de Thierry Beinstingel dans sa ville vendredi soir mais que quelqu'un d'autre en a été heureuse [Eve merci pour tout], alors savourer malgré tout cela comme si on y était allé aussi. Etre ravie des liens qui se tissent autour des livres. Croire encore et toujours que lire n'est plus un acte solitaire, qu'il se partage aujourd'hui, via le net surtout, et que c'est une chance. Ne pas penser que le corps lâche, ne pas penser qu'il lâchera encore, puisque c'est ainsi, qu'il faut l'accepter, regarder la vérité en face. Enfin, savourer avec hébétude et reconnaissance l'arrivée constante d'enveloppes joufflues dans sa boîte aux lettres et se dire que, malgré tout, oui, la vie est souvent bien plus intéressante que vaine. Ah, et puis, ne pas oublier d'aller voter aussi...

[Le site de Thierry Beinstingel Feuilles de route] J'aime absolument ses étonnements [clic].

leliseurdu6h27

Par ailleurs, comme promis à [une autre Sophie], je publie ses réflexions (que je partage) envoyées par mail autour de sa lecture du liseur de 6h27, le roman plein de fantaisie de Jean-Paul Didierlaurent dont nous avons fait une lecture commune... "J'ai bien aimé la lecture, facile et rapide. J'aime beaucoup cette idée de partage gratuit de lectures décousues et le fan club de vieilles dames est charmant ! J'ai apprécié aussi la description de la Zestor et des collègues attachants : Yvon, Giuessepe et sa folie (de récupérer des jambes par fragments, c'est drôle) finalement, ou insupportable. J'ai été touchée par l'idée de faire un travail que l'on exècre... L'histoire fleur bleue m'a fait sourire mais ce n'est pas, pour moi, le point fort du livre... Le récit de la trivialité quotidienne d'une dame pipi est amusante mais un peu appuyée, selon moi, (j'aime beaucoup l'idée du décompte de la faïence !)." [mon billet du 10 mai par ici] Merci Sophie !

Sinon, pendant ce temps, je suis plongée dans le dernier roman de Camille de Peretti (Petits arrangements avec nos coeurs), que je remercie d'ailleurs aussi pour son joli mot, sa dédicace et son envoi... Ce que j'aime tenir un ouvrage de chez Stock entre mes mains, qu'il soit bleu, vert, ou rouge comme celui-ci !! 

Et puis, toujours, deux poches de chez J'ai lu à gagner [par ici].

 

27 septembre 2013

La Vie domestique = Arlington Park

Cathulu en avait déjà parlé par ici [clic]. La vie domestique, version cinéma français, est une adaptation libre du roman de Rachel Cusk. Il sort mercredi 2 octobre au cinéma. Le film me tente beaucoup, mais j'attire surtout votre attention sur le changement de couverture effectué à cette occasion par les éditions Points, et qui a bien failli m'embrouiller moi-même... car le risque est grand d'acheter le même livre deux fois.

la vie domestique

arlington park

Arlington Park était un coup de coeur de lecture de l'année 2010...

"Etre une femme à Arlington Park signifie beaucoup de petites choses imprécises et enfermantes, et surtout être là pour les autres, son mari, ses enfants, tenir sa maison. Chacun sait ici que l'on ne montera plus bien haut dans l'échelle sociale, qu'on ne tombera pas plus bas non plus. Dans le confort douillet et coquet d'intérieurs briqués, les femmes d'Arlington Park se détruisent peu à peu, de leur présent pesant de solitude, et de leur avenir à jamais entravé. Alors, pour jeter un sort au temps qui passe, elles se coupent les cheveux, jettent leur colère sur les murs de leurs cuisines, essayent des vêtements provocants dans des galeries commerciales ou tout simplement se saoulent en rêvant de changements. Pour Amanda, Juliet, Maisie, Solly et Christine, la vie a comme un goût de déconvenue."

Mon billet d'alors dans son intégralité par ici [clic] 

4 août 2013

Les Heures souterraines, Delphine de Vigan

lesheuressouterraines"Parce qu'elle y a passé des nuits entières, parce qu'elle y est revenue des centaines de fois, elle est capable aujourd'hui de nommer ce qui lui arrive. Elle est capable d'en identifier les différentes étapes, le début et l'aboutissement.
Mais c'est trop tard.
Il veut sa peau."

Mathilde subit ce qu'elle ne pensait jamais subir dans le travail, ce harcèlement sournois qui consiste en une mise à l'écart progressive, pour rien. Elle qui était si heureuse de ce poste qui lui avait peu à peu permis de s'en sortir. Devenue veuve si brutalement et en charge depuis de trois garçons, elle a cherché au début à comprendre où était sa faute, le pourquoi du désamour.
Elle sait seulement aujourd'hui qu'elle n'y arrive plus.
Thibault est médecin et il sait aussi qu'il n'y arrive plus. Il s'enlise depuis longtemps dans une relation sans avenir avec une femme si distante, Lila.
Aujourd'hui, nous sommes le 20 mai, et une voyante a promis à Mathilde une rencontre décisive pour cette journée-là précisément. Thibault, lui, a décidé qu'il était temps qu'il quitte Lila.

Je tournais autour des romans de Delphine de Vigan - sans m'y atteler - depuis un moment. Et je suis heureuse d'avoir ouvert celui-ci suite au billet de Sylire. Je m'en faisais une idée fausse, et sa découverte a été finalement une belle surprise. J'ai été très touchée par le quotidien de Mathilde, par son courage et son désespoir, sa volonté de s'accrocher. La description du monde de l'entreprise y est juste et malheureusement assez fidèle à certaines réalités. Les incursions, plus brèves, dans l'univers de Thibault qui intervient en tant que médecin à domicile, sont elles aussi très riches, montrent sans détour la misère humaine et la solitude de nos vies modernes.
La vie que Delphine de Vigan brosse ici sans ménagements est réaliste, non misérabiliste, et portée avant tout par l'humain. 
C'est une lecture qui dresse des constats alarmants mais sait également laisser allumer dans les esprits une petite lumière d'espoir, la possibilité d'une rencontre qui pourrait tout changer.
Allez, me voici définitivement conquise par cette auteure que je vais continuer de lire.

Editions du Livre de Poche - 6.60€ - Mars 2011 - Merci ma bibli !!

Saxaoul l'a lu dernièrement et a été touchée - Gambadou a également beaucoup apprécié cette lecture ! - D'autres avis sur Babélio... ;)

7 juin 2013

En Vieillissant les hommes pleurent, Jean-Luc Seigle

envieillissantleshommespleurent"Aimer. C'était le seul mot qui le faisait encore respirer. Albert n'avait plus d'autre désir que de vouloir sauver son fils Henri, comme s'il avait gardé en lui ce sentiment en attendant le jour idéal pour le reconnaître lui-même bien plus que pour l'exprimer. Ce jour était arrivé. Ce fut une découverte, en même temps qu'un soulagement."

Nous sommes en 1961. Albert partage son temps entre l'usine Michelin où il travaille et ses terres. Marié à Suzanne, il a eu deux fils. L'aîné a été envoyé en Algérie, le second est passionné par la lecture, notamment par ce roman de Balzac, Eugénie Grandet, qu'il vient de commencer.
Ce jour de grosse chaleur où la télévision fait son entrée dans la maison est le théâtre de grands changements. Gilles est présenté à Monsieur Antoine, ancien maître d'école, avec qui il va pouvoir échanger sur les livres. Henri apparaît dans un reportage à la télévision, maladroit, bien éloigné de l'être sûr de lui qu'il était avant son départ. Suzanne succombe au désir. La grand mère Madeleine serre plusieurs doigts perdus dans ses mains frippées ; et même Albert, derrière le masque de sa carrure imposante, se transforme...

Vous vous en doutiez déjà je pense... ce titre s'avère un énorme coup de coeur ! Malgré une fin qui est ce qu'elle est, mais je ne vous en dis pas plus...
Dans ce petit roman, il y a effectivement une poésie de l'instant, et des petites choses, si rare en littérature et si précieuse que En vieillissant les hommes pleurent est de ces livres dont on fait durer sciemment le plaisir de lecture. On y parle du toucher, de la peau, des sentiments, de ce qui remue à l'intérieur, tout profond, de ce qu'on est capable de transformer en nous, ou pas, et de l'amour des livres. Il a reçu le Prix RTL-LIRE en 2012.
Une lecture qui réconcilie avec le genre humain (et parfois on en a bien besoin).
Petit bonus, l'Antigone de Sophocle est citée p 24 !

Editions J'ai lu - 6.40€ - 15 mai 2013

Gambadou n'a pas aimé du tout l'écriture - Jack a adoré   

2 mai 2013

Passager de la fin du jour, Rubens Figueiredo

passagerdelafindujour"Il n'avait pas besoin de rester au Tirol. Il en repartait toujours le dimanche en début de soirée, pour n'y revenir que le vendredi suivant. [...] Le Tirol, pour lui, c'était à horaires fixes. Pedro pouvait très bien ne pas y aller, en vérité, il pouvait tout à fait rester chez sa mère [...].
Sauf que, dans le cas de Pedro, dernièrement, il y avait plus que cela. Le Tirol, se confondant avec Rosane, ou prenant presque sa place, ou même prenant la place des gens qui, comme Rosane et sa famille, habitaient là, le Tirol exerçait une sorte d'attraction, parfois violente, contre laquelle Pedro voulait lutter. Mais montait en lui, sans qu'il comprenne son origine, un désir impulsif de s'agréger à cet endroit, d'y disparaître : la suggestion quelque peu brutale que tout cela était une qualité intrinsèque de sa personne, une inclination naturelle, et que cela faisait partie de lui plus que n'importe quoi d'autre."

Pedro, comme chaque vendredi soir depuis plusieurs mois, se rend en bus dans le quartier du Tirol pour rejoindre Rosane avec laquelle il passe dorénavant tous les week-ends. Il tient par ailleurs une librairie, consacrée principalement aux livres juridiques, dans un autre quartier du centre ville de cette métropole brésilienne aux multiples visages qui ne sera jamais réellement nommée.
Le temps du voyage vers cette banlieue pauvre et violente qui l'hypnotise pourtant, Pedro partage avec nous le fil de ses réflexions, de ses souvenirs et de sa lecture. Dans ses mains, il tient le livre des aventures que Darwin a vécu dans ce même pays, quelques siècles plus tôt, alors que l'esclavage régnait.
Mais des rumeurs d'émeute font dévier le bus de Pedro de son trajet habituel...

Voici un roman qui m'a beaucoup plu, et qui m'a redonné en toute simplicité le goût de la lecture. Comme quoi le talent n'a que faire des fioritures stylistiques ! Rubens Figueiredo a d'ailleurs été par deux fois lauréat du prix Jabuti, l'équivalent brésilien du Goncourt. 
Il est vrai que la narration nous donne bien parfois le sentiment de passer du coq à l'âne mais tel est le cours de la pensée, non ? J'ai été profondément touchée par la vision du Brésil que donne l'auteur ici, par les portraits qu'il nous délivre. J'ai retenu notamment avec émotion un épisode qui se déroule dans un supermarché et qui nous montre combien l'on peut broyer parfois de l'humain avec sauvagerie et froideur.
Une lecture qui ouvre avec finesse une fenêtre vers cette Amérique du Sud si souvent ignorée.

Un grand merci à Books Editions pour l'envoi !! - 20 € - 24 Avril 2013

5 janvier 2014

La 37ème heure, Jodi Compton

LA 37e HEURE - e-book (2) "Dans l'entrée, le crochet auquel Shiloh suspendait ses clés était vide. Sa veste de tous les jours avait disparu, elle aussi. Il avait joué la carte de la prudence et était parti sans m'attendre.
Sans laisser de mot."

Alors que Sarah Pribek regagne sa maison de Minneapolis, après un séjour chez une amie, elle découvre que son mari, Shiloh, ne l'a pas attendue pour partir au centre de formation du FBI en Virginie où il doit passer quelques semaines. Suite à un appel du centre, elle se rend compte qu'il n'est en fait jamais arrivé, et Sarah, inspecteur à la brigade des personnes disparues, mène tout de suite son enquête. Elle sait d'expérience qu'après trente-six heures d'absence, les chances de retrouver quelqu'un sont quasiment nulles. Elle questionne son entourage proche, ses voisins, les rares amis de son mari et se tourne enfin vers la famille de ce dernier, avec laquelle il n'a pas eu de contact depuis des années...

La 37ème heure répond avec brio aux exigences du genre auquel il appartient. C'est un véritable page turner, qui sait également conduire son lecteur vers de fausses pistes et le laisser piaffer d'impatience quand il le faut à l'aide de quelques flash back intrigants. La sympathie du lecteur pour l'inspecteur Sarah Pribek lui est immédiatement acquise, et ce dès les premières lignes, grâce à une action héroïque. Il n'est ensuite pas difficile de frémir à ses côtés pour Shiloh son mari, et de se demander avec elle, au final, qui elle vient réellement d'épouser.
Un e-book haletant lu avec déléctation sur ma liseuse, une très bonne surprise de lecture, qui pêche peut-être cependant par la taille un peu réduite de ses caractères.

Les Jeux sont faits, la deuxième enquête de l'inspecteur, vient également de sortir en format e-book.

Editions des 2 terres - 6.99 € - Format e-book - Octobre 2013

[toutes les infos sur le site de l'éditeur] - Poussif pour Laure

2 avril 2011

Zombillénium t1, Arthur de Pins

zombill_nium

"C'est la crise... pourquoi les gens iraient voir des zombies le week-end alors qu'ils supportent déjà leur patron la semaine durant ?"

Zombillénium va mal, ce parc d'attractions où l'on ne recrute que des loups-garous, des zombies ou des vampires - et ce en contrat indéterminé pour l'éternité - est en manque de matière nouvelle pour faire frissonner ses visiteurs. Le zombie qui imite à la perfection Michael Jackson dans Thriller ne fait plus recette. Heureusement, Aurélien leur est tombé dessus, trompé par sa femme, passé à trépas devant Gretchen - la stagiaire-sorcière aux super pouvoirs - il est recruté en ni une ni deux, et s'avère à l'usage franchement très prometteur !

Depuis que j'avais lu un billet tentateur (je ne sais plus sur quel site de BD), cet album était dans mon collimateur et cette couverture est de celles que l'on garde en mémoire.Zombillenium_Casting_Aout2010

 Allez, ne gardons pas le suspens plus longtemps !! En effet, malgré l'aspect un peu lissé du dessin et le côté franchement un peu trop dans l'air du temps du sujet, j'ai adoré faire un tour à Zombillénium. J'ai énormément ri. Les répliques et situations sont réellement très cocasses. De plus, il y a suffisamment de profondeur dans les personnages pour que les tomes suivants soient une réelle promesse de plaisir à venir. Chouette ! Voici une belle découverte BD !

Editions Dupuis - 13.95€ - Août 2010
Un tome 2 est prévu pour septembre 2011

(Pioché en bibliothèque rayon Ados) - Tamara, conquise, en parle ici

Un petit clip pour s'en faire une idée plus précise ?

4 mars 2011

Edlyn, Cécile

edlyn  edlyn1

Sylire en avait déjà parlé ici, et j'ai trouvé ce petit trésor en médiathèque.
Dommage que cet album sorti en 2007 soit épuisé aux éditions du Soleil car malgré quelques petits défauts esthétiques (les bulles mériteraient d'être écrites manuellement et l'intérieur des habitations y est curieusement reproduite) cette BD est un véritable petit bijou !! J'adore particulièrement comment sont dessinés les enfants (la fluidité de leurs petits corps en mouvement) et la mer. 
L'histoire, pfiou aussi, est terriblement émouvante.
N'hésitez donc pas à aller fouiner dans les bacs de vos bibliothèques...je recommande chaudement !

De quoi est-il question ? Edlyn est une petite fille de sept ans qui vit avec sa famille sur l'île d'Yeu. Son père est marin, et très autoritaire, violent. L'enfant avoue facilement préférer les absences de cet homme renfrogné qui fait régner dans la maisonnée un climat tendu, mais elle surveille aussi son bateau du haut des rochers sur la côte dès qu'il part. Un beau jour, elle y rencontre un petit garçon qui deviendra un ami dont elle cherchera ensuite régulièrement la présence ...

10 juillet 2010

Virginia

woolf

"Observez perpétuellement, observez l'inquiétude, la déconvenue, la venue de l'âge, la bêtise, vos propres abattements, mettez sur le papier cette seconde vie qui inlassablement se déroule derrière la vie officielle, mélangez ce qui fait rire et ce qui fait pleurer. Inventez de nouvelles formes, plus légères, plus durables."

Citation de Virginia Woolf, en incipit du roman de Geneviève Brisac Les filles sont au café

14 juin 2011

Dans le petit wagon belge

Tandis que t'appuyant à la vitre brouilléetrain
Qui sait donner au jour la douceur d'un regard
Tu guettes, comme le chasseur guette un chevreuil,
Le passage de la frontière dans les bois,
Et que, malgré le train qui me cogne le dos,
Je fais peser toute mon âme au même point
Pour deviner si quelque chose va finir
Et si commencera quelque chose, des hommes,
Prisonniers avec nous de ce lieu fugitif,
Nous entourent d'une pensée où l'on a chaud.

Ils sont nés avant nous, dans une autre patrie.
Ils vivent. Le milieu de leur face barbue
Tient une pipe courte et fait un bruit de mots.
Tu ne vois pas leurs yeux qui se collent sur nous
Comme des mouches bleues sur des pêches sucrées.
C'est en vain que ton âme est penchée au dehors.
Ramène-la. Ne cherche pas à te défendre.
Sens l'impalpable exil nous entrer dans la peau,
Imprégner l'épaisseur de la chair, membre à membre ;
Sens le monter, comme la force du sommeil
De tes pieds à ton coeur, et de ton coeur au mien.

In Le voyage des amants, Jules Romains

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  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
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