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Les lectures d'Antigone ...
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Ardoise magique

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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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17 octobre 2009

Portrait de LAL...

Mes_images9

...soit à ce jour 633 Livres A Lire notés.
Vous avez dit "n'importe quoi" ? Non ?
Ben moi, je me le dis, de temps en temps.
Cela dit, je raye, je grifouille, j'avance...;o) enfin, je crois (?!).

Par ailleurs, ma PAL (Pile A Lire) se porte bien, merci, elle n'a -en fait - maigris que de 3 livres. Une autre, secrète, officieuse, honteuse, une que je ne vous dévoilerai pas, a vu le jour sur une autre étagère...plus loin. Bien entendu, c'est par cette dernière que j'ai envie de commencer, pas par l'autre, déjà vieille, déjà moins tentante, attractive..forcément. Allez, gardons le cap, des pépites m'attendent, j'en suis certaine !!
Et vous, vous en êtes où de votre Objectif Pal ?
(Pour les petits curieux, un récapitulatif des blogs participants est en ligne [ici]. )

Bon samedi !!

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18 janvier 2010

En cours de lecture...

jet__cris"Je me suis levée juste avant la fin de la nuit, dans le sommeil de mes enfants et de mon mari. Je t'écris cette lettre alors qu'un peu de jour déteint au tournant du chemin. Je t'écris cette première lettre comme en cachette, dans la maison encore endormie où il y a pourtant du bruit, parce que j'ai mis une machine en route.

Je pense à toi. Je voudrais te donner la force de m'écrire, mais tu dois la trouver tout seul. Sinon, c'est comme si je ne valais pas la peine."

Extrait de L'Absence d'oiseaux d'eau d'Emmanuelle Pagano, POL. Janvier 2010.

29 novembre 2009

Manhattan, Anne Révah

manhattan"J'aurais aimé avoir des soucis, toutes ces préoccupations humaines qui rongent le quotidien, et le bercent d'une plainte savoureuse. Les soucis nous protègent, ils sont là toujours présents, solides comme les murs de la maison, on les sent, on ne s'y perd pas, on s'y retrouve, c'est comme une poésie d'enfance, on peut la reprendre dans n'importe quel sens, le par coeur la rend si fluide qu'elle n'a pas de début ni de fin."

Cela commence par une douleur dans l'avant du bras, ou plutôt une insensibilité dure, qui prend la forme du plan de Manhattan... Cela continue par la révélation, médicale, de tâches blanches dans le cerveau... Cela se termine par une fuite, de tout, du quotidien, de l'époux, des enfants.
L'héroïne d'Anne Révah se cache au creux d'un appartement loué le temps de se retrouver. Anéantie par l'annonce de la maladie qui a pris corps en elle, elle écrit une lettre, à sa mère. Elle se révèle, enfin, après toutes ces années de compromissions, d'illusions...

Voici un petit roman qui cache bien son jeu dans les premières pages, et qui nous amène tout doucement au fil des paragraphes vers l'émotion et l'horreur...et ce à l'aide d'une écriture fluide, très belle, qui m'a enchantée.
Je savais déjà que cette collection de chez Arléa recelait quelques trésors, c'est ici encore le cas. J'ai peut-être simplement été gênée par la construction du récit, par cette coupure dans le fil de la narration qu'engendre la rédaction de la lettre. Oh mais si peu... Il y a tellement de lignes que l'on a envie de noter, tellement d'émotion contenue dans le rythme des phrases, tellement de trouvailles littéraires que j'ai enviées.
Un premier écrit très prometteur !! Et une auteure à suivre...c'est certain.

"Ma vie doit changer, c'est en entendant la voix du neurologue que j'ai compris que cela ne pouvait plus durer, ma fuite est un début de changement. La première étape a été de prendre la décision. Prendre une décision, ça n'a l'air de rien, les pensées se déplacent, se décalent jusqu'au bord de soi, et surgissent dans un ordre inattendu. La décision est là, debout, dans tout son déploiement et sa force. Un sauvetage. Une fois que j'avais accepté la décision, je devais la rendre possible, lui ouvrir l'espace dont elle avait besoin."

Un grand merci à l'auteure !!

bouton3 Note de lecture : 4/5

ISBN 9782869598645 - 13€ - mai 2009

Leiloona en parle aussi aujourd'hui - L'avis de Laure, que je rejoins également...

La collection 1er mille chez Arléa

26 avril 2009

Tu t'en vas, Magali Thuillier

tutenvas"Autour de la maladie d'Alzheimer, cette douloureuse absence, Magali Thuillier tisse un écrit d'amour. Ces brèves proses poétiques disent, au plus juste des mots, les désespoirs présents et les échos de bonheurs passés." (quatrième de couverture)

Tu perds ton sac, ton manteau, tes lunettes, tes bagues, tes boucles d'oreilles, tes colliers, ton pantalon, ton dentier, ta culotte. Tu te perds.

Je venais d'arriver. Aussitôt, tu ouvrais la porte du placard à balais. Je m'y adossais. Tu inscrivais d'un trait noir ma taille avec la date à côté.
Un jour, tu m'annonças que je dépassais la porte. Je faisais partie des "grands".

Tu marches sans fin. Tu marches. Tu marches. Tu marches jusqu'à ce que tu rencontres une voisine qui te ramène chez toi.

Pour une fois, je m'étais levée la première. J'entrai dans la salle de bain sur la pointe des pieds pour ne pas te réveiller. Je restai interdite devant tes dents posées sur le rebord de l'évier.

Une étrangère s'est glissée dans ton corps. Elle prend ta voix. Elle vit chez toi. Elle me vouvoie. Je ne lui réponds pas. J'attends que tu reviennes. Reviens.

Le site éditeur - La lecture du Matricule des Anges - Des extraits des oeuvres de Magali Thuillier, et d'autres liens à poursuivre...

ISBN 2 84031 187 9 - 11€ - 2005

2 février 2009

Les noces rebelles

NOCES_REBELLES

Alors voilà, comment vous parler au mieux de ce film ? Sans le dénaturer, sans en faire des tonnes, sans l'amoindrir non plus...
Vous dire d'aller le voir, en tout premier point, comme cela ça c'est fait. Vous dire ensuite que le couple Di Caprio et Winslet fonctionne, mais cela vous vous en doutiez un peu, je pense. Vous exprimer enfin mon émotion, mon admiration devant la qualité des images, des acteurs et du reste... (Di Caprio sublime !)
Mince, "Les noces rebelles" sont tout ce que j'attends de la littérature en général, et parfois du cinéma ! Je me suis sentie si proche d'April. On ressort de la salle les bagages plein de questionnements, de désarroi et de chagrin...mais flûte ce que c'est bien.


Les Noces rebelles - Bande-annonce FR

Le synopsis par Allociné : "Dans l'Amérique des années 50, Frank et April Wheeler se considèrent comme des êtres à part, des gens spéciaux, différents des autres. Ils ont toujours voulu fonder leur existence sur des idéaux élevés. Lorsqu'ils emménagent dans leur nouvelle maison sur Revolutionary Road, ils proclament fièrement leur indépendance. Jamais ils ne se conformeront à l'inertie banlieusarde qui les entoure, jamais ils ne se feront piéger par les conventions sociales.
Pourtant, malgré leur charme et leur insolence, les Wheeler deviennent exactement ce qu'ils ne voulaient pas : un homme coincé dans un emploi sans intérêt ; une ménagère qui rêve de passion et d'une existence trépidante. Une famille américaine ordinaire ayant perdu ses rêves et ses illusions.
Décidée à changer de vie, April imagine un plan audacieux pour tout recommencer, quitter leur petite routine confortable dans le Connecticut pour aller vivre à Paris..."

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8 juin 2009

Il pleut, Jean-Philippe Peyraud

ilpleutEt oui, dans ce livre là "il pleut" mais "chut" que le ciel ne nous entende pas ! Trop tard, me direz-vous peut-être, car ce matin, il pleut aussi dans mon jardin...

Autour de la pluie, des averses et de cette atmosphère particulière que procure ce moment où des gouttes fouettent notre visage, les vitres de notre appartement, nos corps vite frigorifiés...Jean-Philippe Peyraud esquisse des petites saynettes comme prises sur le vif, effleurées.

Il y a ce garçon qui aurait pû abriter sa voisine sous son parapluie, ce couple qui se dispute, ce groupe que les gouttes de pluie disperse, ces amoureux qui s'abritent sous leur couette...
Et il y a nous qui nous retrouvons si facilement dans un geste esquissé, des actes manqués, une attente.ilpleut0_pla

J'ai aimé cette lecture touchante, mine de rien, son humour, et la finesse du regard de l'auteur.

A découvrir !

ISBN 978 2 7459 2774 3 - 10€ - Milan 2007

Une lecture sur le site bédéthèque - Et une autre sur planète BD

29 mai 2009

The Visitor - DVD

thevisitor

Une petite curiosité pour vous aujourd'hui...
The Visitor raconte la rencontre improbable, en plein coeur de New York, entre un professeur d'université morose, Walter, et un joueur de Djembé enthousiaste, Tarek.
Ce film à l'esthétique réaliste et aux personnages attachants traite un thème fort et actuel - celui de l'immigration et des conditions d'expulsion des "illégaux" - qui ne m'a pas laissée indifférente. Un moment de cinéma très touchant, et plein d'espoir...un grand moment d'humanité à partager aussi. Cette histoire particulière montre également combien les visages de l'immigration sont individuels, loin des stéréotypes médiatisés. A voir, vraiment !!

Le synopsis par allociné..."Professeur d'économie dans une université du Connecticut, Walter Vale, la soixantaine, a perdu son goût pour l'enseignement et mène désormais une vie routinière. Il tente de combler le vide de son existence en apprenant le piano, mais sans grand succès... Lorsque l'Université l'envoie à Manhattan pour assister à une conférence, Walter constate qu'un jeune couple s'est installé dans l'appartement qu'il possède là-bas : victimes d'une escroquerie immobilière, Tarek, d'origine syrienne, et sa petite amie sénégalaise Zainab n'ont nulle part ailleurs où aller. D'abord un rien réticent, Walter accepte de laisser les deux jeunes gens habiter avec lui.the_visitor
Touché par sa gentillesse, Tarek, musicien doué, insiste pour lui apprendre à jouer du djembe. Peu à peu, Walter retrouve une certaine joie de vivre et découvre le milieu des clubs de jazz et des passionnés de percussions. Tandis que les deux hommes deviennent amis, les différences d'âge, de culture et de caractère s'estompent.
Mais lorsque Tarek, immigré clandestin, est arrêté par la police dans le métro, puis menacé d'expulsion, Walter n'a d'autre choix que de tout mettre en oeuvre pour venir en aide à son ami..."

La bande-annonce :

Plus d'infos sur ce film

19 juin 2009

De la chanson et puis c'est tout...

makali Il faut du temps au temps...tout juste !

Le site du groupe : http://chezmakali.com/
En dessous, c'est pour les oreilles, exclusivement...parce que l'image est bien médiocre, dommage, mais j'aime cette chanson, la première de l'album.

Une autre vidéo, pour vous donner un aperçu de la diversité de l'ensemble, et là, c'est pour les yeux, aussi...attention, ça donne un peu le tournis ! Sympathique, non ?


Mais Bon !
par chezmakali

30 mai 2009

Fin de l'histoire, François Bégaudeau

findel_histoireFlorence Aubenas est revenue, libérée après cinq mois de captivitée. Elle donne une conférence de presse. Elle est là pour répondre aux attentes des journalistes, avides de détails croustillants, de révélations ; elle est là pour donner des faits en pâture...mais ce n'est pas réellement ce qu'il va se passer. En 45 minutes et 14 secondes de récit, Florence Aubenas va incarner, avec humour, une femme...dans l'Histoire, une femme qui ne souhaite pas rentrer dans la légende...et François Bégaudeau est là, attentif aux sens cachés, aux sous-entendus, à ce qui peut-être compris et incompris, à ce qui est tu.

Mon avis ? J'ai lu ce titre, loin de la polémique qu'il a suscité, loin de l'indécence que l'on peut trouver dans ses lignes... J'ai lu ce titre comme si le temps avait fait son oeuvre, et l'oubli aussi... Et j'ai aimé le lire.
Bien entendu, je me suis demandée en le parcourant, si Florence Aubenas était en accord avec le fait que l'on parle d'elle, aussi intimement. Apparemment, une décharge a été signée... Apparemment, elle n'a pas lu ce roman. Et là n'est sans doute pas l'important, en somme, et autant le comprendre, pour apprécier le fond de cette
fin d'histoire.
François Bégaudeau y est égal à lui-même, à ce qui fait son charme, à ce qui provoque l'agacement aussi. Sur le même ton sur lequel il rédige, dans Muze, sa rubrique "Accroc à mon héroïne" il nous dresse ici le portrait de Florence Aubenas. Il s'appuie sur son discours, et en profite pour parler des femmes, de sa vie, avec des mécanismes d'écriture reconnaissables, par moment un brin macho, mais pour moi assez attrayants. En bref, j'ai aimé ce jeu d'écriture, sorti à mon avis trop tôt après la libération de l'ex-otage...

Un extrait...
"Donc c'que je vous propose, la façon d'faire qui me paraît la plus simple...je suis désolée j'ai la voix cassée, parce que j'ai pas parlé pendant cinq mois, là j'ai repris mon niveau normal, c'est-à-dire pour ceux qui me connaissent parler tout le temps rires donc du coup les cordes vocales se remettent en service Pendant cinq mois c'est pas sa famille qui lui a manqué, pas les Vins divins de son pays, ni ses livres si elle lit, ni ses enfants si elle en a, ni les crèmes hydratantes de sa salle de bains si elle habite quelque part. C'est parler. Là on lui offre une plage de quarante-cinq minutes, quarante-cinq minutes de talk show prononcez à l'américaine, trop beau pour être vrai, elle s'en lèche les babines avec sa langue bien pendue, la vie c'est parler ou alors c'est pas la peine, pour le silence on a toute la mort devant soi Donc c'que je vous propose... si vous n'en n'êtes pas d'accord poussez un hurlement, j'vous fais confiance... c'est de vous faire un récit un peu chronologique des choses"

bouton3 Note de lecture : 4/5

ISBN 978 2 07 078472 1 - 12.50€ - 08/07

Pour en savoir plus, ou peut-être mieux... Un article sur Remue.net - Et un autre sur Rue89 -

 

21 avril 2009

Demain, à l'affiche...

lesecretdesabeillesle_secret_de_Lily_Owens...la version cinéma d'un de mes coups de coeur de lecture de 2007, Le Secret des abeilles, qui sort sous le titre Le Secret de Lily Owens.

heart L'histoire ?
En 1964, Lily a quatorze ans et vit en Caroline-du-Sud avec son père, un homme brutal, et Rosaleen, sa nourrice noire. Le décès de sa mère dans d'obscures conditions la hante. Lorsque Rosaleen se fait molester par des Blancs, Lily décide de fuir avec elle cette vie de douleurs et de mensonges. Elles trouvent refuge chez les sœurs Boatwright, trois apicultrices tendres et généreuses dont l'emblème est une Vierge noire. À leurs côtés, Lily va être initiée à la pratique quasi mystique de l'apiculture, à l'affection, à l'amour et à la tolérance. (allociné)

Mon avis de l'époque sur le livre...
"Dans ce roman, Lily, la narratrice, fascinée par les abeilles, nous raconte son histoire avec le langage de ses quatorze ans : la dureté de son père, sa solitude d'orpheline et sa fuite, à la recherche de l'amour d'une mère, pourtant disparue. J'ai aimé cette héroïne, malhabile et forte, et tous ces personnages aux caractères singuliers, qui m'ont beaucoup fait penser au film "la couleur pourpre", en plus généreux et moins durs peut-être ! Je n'en dirai pas plus, à part que ce roman vous donnera envie de déguster du miel à grandes louchées. Une lecture à ne pas rater ! "

La bande-annonce du film...

12 avril 2009

Bonne journée !!

p_quesPeut-on se souvenir de ce que l'on n'a jamais fait ?

Avec des mots, je pourrais recréer ces journées où nous sortions des habits du dimanche tout neufs des placards, tenues identiques, petits oeufs en sucre versés au retour de la messe dans une soucoupe, tintement de leurs carapace dure, craquement sous la dent, sucre au fond de la gorge...

Avec des mots, tout est possible, on peut reconstruire la mémoire, s'imaginer riante au milieu des fleurs, la main mouillée d'avoir cherché parmi elles des oeufs bien cachés...oublier la fermeté des pupilles, des manières contraintes, de toutes ces paroles qui sortaient de ta bouche, si pleines de craintes...

Avec des mots, avec des gestes, je peux élargir le cercle dans lequel mes bras se tenaient avant, serrés contre mon corps, je peux amener du rose au joues de mes enfants, des sourires, des rêves en chocolat, des rires.

Tout à l'heure, je n'y manquerai pas.

9 avril 2009

Bonace

cequ_ilfautdepatience"L'amour parfait que j'ai pour toi et que tu ne peux me rendre aujourd'hui, me laissera-t-il pantelant ou plus riche, de toi de moi et du monde, je tourne et je retourne le gant de mes pensées, quel chahut tu as mis dedans ma pauvre vie, chaque nuage passe avec une étoile sur le dos, comment aurais-tu pu savoir tout ce tout, et toi, l'amour, d'où te sera-t-il adressé et vers qui ? Je suis en souffrance de toi, c'est si peu de douleur et tellement de bien, cet accident, un ange se serait-il égaré en chemin, à qui, un jour, tu confieras le miracle de ton amour, ce qui éclate en déraison avec la force et l'effroi des tempêtes, j'ai tellement de bourasque dans mon pays, ce soir, elle a passé les seuils de ma maison, je ne protège rien, je lui offre nu mon visage et je me donne tout à sa violence pure, j'attends, je t'attends, je t'imagine dans la bonace*."

Bernard Bretonnière, Ce qu'il faut de patience, éd. le dé bleu, 1999

La fiche du livre sur le site éditeur - L'idée bleu - Un autre titre lu, avec plaisir...

*définition trouvée sur internet : "Calme, tranquillité de la mer après ou avant une tempête; Tranquillité, repos."

28 mars 2009

Une "sortie poche" à ne pas rater !!

aunomdela_m_re

Erri De Luca

AU NOM DE LA MÈRE

FOLIO 96 pages - 4,30 € - Présentation du site Gallimard :

« La grâce, c'est la force surhumaine d'affronter le monde seul, sans effort, de le défier en duel tout entier sans même se décoiffer. C'est un talent de prophète. C'est un don et toi tu l'as reçu. Tu es pleine de grâce. »

Erri De Luca s'empare de l'histoire la plus connue de l'humanité, et l'articule autour de la figure de Marie. Ou plutôt de Miriàm, une simple jeune femme juive, fiancée à Iosef quand elle tombe enceinte, et qui sait ce que cette grossesse avant le mariage signifie aux yeux de la Loi. Sous la plume du romancier italien, l'histoire de la Nativité trouve un ancrage nouveau dans le contexte hébraïque, et se fait éloge d'un corps et d'une âme, ceux d'une mère...

AU NOM DE LA MÈRE [2006], trad. de l'italien par Danièle Valin. Collection Folio (No 4884) (2009), Gallimard -ess. ISBN 9782070379767.
Parution : 26-03-2009.

heart Ce livre est un des mes coups de coeur de l'année 2007 (Ma lecture ayant disparue avec mon ancien blog, je vous renvoie sur celle de Sylvie.)... ou comment Erri De Luca brosse avec talent le portrait d'une simple femme, symbole de toutes les autres, dépeinte dans son humanité la plus terrienne et la plus magnifique. Un moment très beau et très émouvant, que je vous recommande chaudement !!!

27 mars 2009

Dormir ensemble, Hervé Brunetière

dormir_ensemble"Une partie, ou la totalité, de ce récit est vraie. Il y a une vérité de ce récit. Il y a une vérité de cette nuit. Mais est-ce que la vérité du récit recouvre la vérité de cette nuit ?

Je ferme les yeux et c'est cette nuit. Le corps de cet homme que je ne connais pas. Son corps à elle. A côté dans le lit.

On a dormi ensemble...mais il ne s'est rien passé entre nous."

Un homme raconte cette nuit où il n'était pas là, cette nuit où celle qu'il aime a dormi contre un autre homme. Il se demande pourquoi elle le lui a dit, pourquoi cet aveu. Il imagine la scène, les effleurements, cette affreuse intimité du sommeil partagé. Il lutte contre le malaise et la jalousie qui envahit son être, son corps et son imagination.

"Ils ont dormi tous les deux à côté toute cette longue nuit. Ils étaient si proches. [...] Dans la tiédeur ou la chaleur des draps, leurs odeurs se mêlent, s'arrangent entre elles, construisent une nouvelle odeur, une odeur unique, inoubliable, l'odeur de cette nuit. L'odeur de cette nuit à eux qui est la mémoire de cette nuit à laquelle je n'aurais jamais accès.

C'est une nuit de juin, je crois."

Un grand merci à Anne pour la découverte de ce court récit, encore une belle surprise des éditions de l'escarbille !! J'ai lu ce livre d'un trait, envoûtée. Il m'a peut-être manqué de la densité, comme une impression de "pas assez", mais j'ai aimé l'émotion qui s'est dégagée des phrases de Hervé Brunetière, une quête à poursuivre, donc.

bouton3 Note de lecture : 3.5/5

ISBN : 2 913399 08 8 -6€ - 2004 - L'escarbille/Nantes

La lecture de Clarabel

Chez le même éditeur, ma lecture Des gourmandises sur l'étagère de Françoise Moreau, un coup de coeur !

1 avril 2009

Ma vie balagan, Marceline Loridan-Ivens

maviebalaganMarceline Loridan-Ivens, ex-Rozenberg, nous raconte sa vie à l'aube de ses 78 ans.
Ses souvenirs forment un tas dans lequel elle pioche quelques fragments pour nous transmettre leurs images avec finesse et dignité... Car juive, elle sera obligée de fuir la france occupée, avec sa famille, lorsque les menaces se préciseront. Juive, elle sera découverte et déportée à Auschwitz-Birkenau. Juive, elle sera libérée physiquement, mais prisonnière pendant longtemps d'une parole tronquée, lourde de ce que les autres ne veulent pas entendre, pourtant marquée, tatouée, pour toujours.
Femme engagée, passionnée, membre du PC, elle rencontrera en Joris Ivens le grand amour et une carrière dans le cinéma.

J'ai beaucoup aimé ce témoignage d'une femme hors du commun, combative, militante et forte. L'amitié de l'auteure avec Simone Veil (spécifiée en quatrième de couverture et en bandeau) n'est qu'un détail du récit - la politicienne y passe, rapidement, telle un fantôme à peine aperçu - et cela suffit. Non, l'intérêt du livre est bien ailleurs, dans la mémoire esquissée d'une époque, dans tout ce que l'on devine derrière ces silences qui jalonnent l'histoire de ces années de camp terribles, dans toute l'ardeur de cet après-guerre où tout était à reconstruire et à faire, différemment.
Le seul reproche que je pourrais faire à ce livre est son manque de densité. L'écriture de ce document m'a tellement plu qu'il ne m'aurait pas été désagréable d'en lire plus. Mais il y a ici une voix, indéniable, celle de Marceline Loridan-Ivens sans doute, celle peut-être aussi de la journaliste qui l'a aidée dans son écriture, Elisabeth D. Inandiak. Même conjuguée au pluriel, elle se dévoile bien belle.

Un extrait...
"C'est un rêve.
Je suis dans une ville, je ne trouve plus mon hôtel. J'ai une valise à la main. Pourquoi ai-je une valise ? Je ne sais pas. Je ne connais pas la ville. J'arrête des gens, sur la place, je leur parle, ils ne comprennent pas ma langue, je ne comprends pas la leur, ils rient, ils s'en vont. Je me perds de plus en plus en cherchant mon chemin. Je grimpe la pente d'une énorme montagne en tirant cette valise, et plus je monte, plus la valise est lourde. Personne ne m'aide...[...]

Je vis sous le signe des valises. Les valises qu'on emporte rapidement. Celles que nous avons dû abandonner à l'arrivée du camp, celles qui se sont accumulées à Auschwitz, avec leurs étiquettes et leurs noms. Les valises que l'on fait pour partir avec un homme, longtemps, dix-sept valises. Je croule sous les valises. Je dois toujours me retenir d'en acheter."

bouton3 Note de lecture : 4/5

Un livre lu dans le cadre du grand prix des lectrices de BOOKPAGES 2009
Catégorie Document

ISBN 978-2-221-10658-7 - 19 € - 10/2008

La lecture d'Annie -

27 février 2009

Derrière toute chose exquise, Sébastien Fritsch

derri_renouveau2

Jonas Burkel est photographe. Lors d'un voyage en train, de retour de Meaux, il rencontre une très belle jeune femme absorbée dans sa lecture du Portrait de Dorian Gray. Intrigué, déjà amoureux, il l'aborde et lui tend sa carte. La jeune femme, perdue dans Paris, lui demandera son aide plus tard, au cours de la soirée ; il ne sera que trop heureux de l'héberger, et de rompre ainsi le quotidien monotone de son appartement confortable...

Même si la quatrième de couverture du nouveau roman de Sébastien Fritsch est beaucoup plus bavarde que moi, je ne dévoilerai rien de plus de l'intrigue de ce "policier" bien particulier, qui ne découvre ses cadavres que dans une pirouette romanesque intrigante. Comme dans Sixième crime, on se laisse bercer doucement et en préambule par le récit du narrateur, et puis les étaux se resserrent, les personnages - des femmes et un homme - se mettent à courir, à s'inquiéter, à trépigner, et c'est là que tout commence et que tout finit aussi, les poches remplies d'indices. Ensuite, une fois le livre refermé, il ne reste plus qu'à refaire en pensée le chemin inverse, à suivre le fil d'Ariane qui nous avait été tissé en silence, et à se dire "tiens mais à quel moment ai-je été inattentive, quels détails m'ont donc échappés ?" J'ai beaucoup aimé les personnages de ce roman, son héros séducteur et toutes ces belles femmes brunes, délaissées mais présentes. Encore une fois, des livres sont au centre de l'affaire, un surtout en particulier, vous devinez lequel ?

Une voix singulière et reconnaissable se fait jour au terme de cette seconde lecture, et il est toujours agréable de se faire mener ainsi en bateau par un auteur.
Chapeau Sébastien, et merci !

Un extrait...
"Elle garde son regard suspendu au mien, sa main serrée sur la mienne, retardant son départ, dans l'espoir, sans doute, que je lui parle enfin. Mais je ne peux rien lui dire. Et elle pourra garder pendant des heures cette posture attentive et patiente, je ne lui dirai rien. Elle ne peut pas comprendre, personne ne peut comprendre ce sentiment d'absence qui me ronge. Je ne le comprends pas moi-même. Je ne peux que constater ce paradoxe : depuis dix-neuf ans, je collectionne les départs de femmes sans broncher, et c'est une fille avec laquelle je n'ai rien vécu, sinon un trajet en train et un petit-déjeuner, qui me plonge dans un vide glacial."

ISBN : 978-2-35291-028-2 -19€-02/09

 

4 mars 2009

Dis oui, Ninon - Maud Lethielleux

disouininonnouveau 
                    ...sort aujourd'hui en librairie !

Ninon est une petite fille espiègle, chez qui les mots sont un peu en désordre, mais gardent un sens naïf et vrai. Ninon aime sa mère Zélie, sa jeune soeur Agathe et son père Fred. Un peu déboussolée par un monde d'adultes fait d'adolescents devenus parents trop jeunes, qui se séparent et qui mentent, Ninon décide de rester auprès de son père et de le soutenir dans un rêve un peu fou, construire une maison de bric et de broc et mener un élevage de chèvres...

C'est la voix de Ninon que nous entendons d'emblée en ouvrant ce premier roman de Maud Lethielleux, la voix d'une enfant de neuf ans qui prend des petits bouts de monde au creux de ses pensées pour en faire un puzzle instable qui ressemble à sa vie. Ninon est heureuse, et bien plus que la plupart des adultes elle assume ses choix. Elle veut vivre avec son père, l'aider à la ferme, aller le moins possible à l'école, là où on la traite de guenon, traire les chèvres, serrer sa mère contre elle mais pas L'Autre avec qui elle vit à présent, dormir avec sa petite soeur mais la trouver bien plus jolie qu'elle, différente.
La grande force de ce récit est de garder le même ton du début à la fin, un ton qui donne du poids aux mots, les rend crédibles et denses. J'ai aimé cette qualité d'écriture là et cette petite fille, très attachante qui cherche à se construire un monde confortable et rassurant au milieu du chaos.
Bravo Maud, et grand merci !

Un extrait...
"Elle me pose des questions. Je n'ai pas envie de mentir, alors je me contente de hocher la tête, elle me dit qu'on va bientôt avoir les clés de sa maison, elle a fait un emprunt mais ça va aller, elle aura une aide de la Kaffe. Je sursaute dans moi-même : pourquoi madame Kaffe fourre son nez partout et qu'elle s'occupe de nous ? Pourquoi on est des assistés, on ne sait pas se débrouiller ? Pourquoi elle nous achète des robes cerises, madame Kaffe ?
Je vois bien qu'on me cache quelque chose de grave, un secret. Madame Kaffe est peut-être de la famille du côté des coeurs de Chine, quelqu'un de très riche qui nous surveille en nous donnant des sous, ou alors on vit dans une sorte de prison spéciale et elle s'occupe de tout le monde, et nous, parce qu'on est des enfants, on ne sait pas tout ça. Si ça se trouve, madame Kaffe est une directrice de prison, comme les directrices d'école mais en pire, ou alors ce n'est pas du tout ça, c'est juste une vieille dame gentille qui nous a pris sous son aile, une sorte de poule."

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ISBN : 978-2-234-06230-6 - 17.50 € - 03/09

Le blog de Maud Lethielleux - La lecture de Lily - Celle de Cathulu
Clarabel en parle aussi

"Dis oui, Ninon" part en voyage !
Si cela vous intéresse, merci de me contacter en cliquant en haut à droite sur "contactez l'auteur".

23 février 2009

L'amateur de poèmes

paul_valerySi je regarde tout à coup ma véritable pensée, je ne me console pas de devoir subir cette parole intérieure sans personne et sans origine ; ces figures éphémères ; et cette infinité d'entreprises interrompues par leur propre facilité, qui se transforment l'une dans l'autre, sans que rien ne change avec elles. Incohérente sans le paraître, nulle instantanément comme elle est spontanée, la pensée, par sa nature, manque de style.

MAIS je n'ai pas tous les jours la puissance de proposer à mon attention quelques êtres nécessaires, ni de feindre les obstacles spirituels qui formeraient une apparence de commencement, de plénitude et de fin, au lieu de mon insupportable fuite.

UN poème est une durée, pendant laquelle, lecteur, je respire une loi qui fut préparée ; je donne mon souffle et les machines de ma voix ; ou seulement leur pouvoir, qui se concilie avec le silence.

JE m'abandonne à l'adorable allure : lire, vivre où mènent les mots. Leur apparition est écrite. Leurs sonorités concertées. Leur ébranlement se compose, d'après une méditation antérieure, et ils se précipiteront en groupes magnifiques ou purs, dans la résonnance. Même mes étonnements sont assurés : ils sont cachés d'avance, et font partie du nombre.

MU par l'écriture fatale, et si le mètre toujours futur enchaîne sans retour ma mémoire, je ressens chaque parole dans toute sa force, pour l'avoir indéfiniment attendue. Cette mesure qui me transporte et que je colore, me garde du vrai et du faux. Ni le doute ne me divise, ni la raison ne me travaille. Nul hasard, mais une chance extraordinaire se fortifie. Je trouve sans effort le langage de ce bonheur ; et je pense par artifice, une pensée toute certaine, merveilleusement prévoyante,- aux lacunes calculées, sans ténèbres involontaires, dont le mouvement me commande et la quantité me comble : une pensée singulièrement achevée.

Paul Valéry

13 janvier 2009

Kolja

koljaKOLJA est le diminutif de Nicolas en russe. Ce jeune artiste a été un des premiers auteurs-compositeurs-interprètes français a avoir été révélé grâce à un concours organisé sur internet. Cela lui a permis de signer et d’enregistrer « Wide Open », un premier album, entièrement chanté en anglais.

Ecoutez le, c'est tout bonnement magnifique !

Son site MySpace


Kolja Universe (Live)

20 février 2009

L'étrange histoire de Benjamin Button

benjamin_button

Quel étrange film que cette étrange histoire... Quelle étrange idée a eu l'auteur du livre, dont ce film est l'adaptation, que de créer ainsi un enfant né déjà vieux, un monstre, appelé de toutes évidences à mourir, et qui survit et qui rajeunit sans cesse... Quelles étrange impression de malaise que de voir ce personnage vieux, à la limite du repoussant, devenir un homme plus jeune, devenir Brad Pitt...

Cette fresque implacable parle du temps, du temps qui passbenjamin_button2e, qui se joue de nous, celui que l'on perd aussi, irremplacable... Je ne saurais dire si j'ai aimé tant que cela voir ce film de bout en bout, je n'en suis pas si sûre. Et pourtant, je sais que je ne l'oublierai pas, que certaines images resteront gravées dans ma mémoire longtemps. La fin a beaucoup touché mon coeur de mère...
Ah oui, bien sûr, les métamorphoses sont d'un réalisme extraordinaire.

Quelques images...


L'Etrange histoire de Benjamin Button - Teaser / BA [VF]

Des opportunités de cinéma, grâce à une amie, et hop voilà une nouvelle rubrique qui prend forme, car à présent je vais au "cinéma...parfois".

17 janvier 2009

Air magique

livre_fen_treLà-haut sur le toit même souffle un air magique
Frisant continuel le flot et les forêts
Un air si rare au milieu des formes tragiques
Harmonieuses par l'intense ciel creusé ;

L'air baigne
Les poumons et le coeur et la chair ou douleur
Le chagrin l'espérance et la mélancolie,
L'air revêtu de foin et d'absente chaleur,

Effaçant jusqu'aux haines d'un amour - magique,
Des forêts comme l'orgue aux prologues du vert
Il engendre un grand être
Jouant le vrai théâtre en notre éternité.

Pierre Jean Jouve, Moires

3 février 2009

Meurtres en bleu marine, CJ Box

meurtres_en_bleu_marineAnnie et William ont vu ce qu'ils ne devaient pas voir. Malheureusement, Annie et William ont également été vus.
Témoins d'un meurtre et poursuivis, les enfants fuient et se réfugient chez un rancher solitaire, Jess Rawlins, laissant Monica, leur mère, sans nouvelles et folle d'inquiétude.
Dans cette vallée où des policiers en retraite viennent chercher refuge et calme, chacun devra choisir son camp. Car les assassins, justement des anciens flics de Los Angeles, prennent sournoisement en main l'enquête menée pour les retrouver.

Et bien le voilà enfin, le roman policier que j'attendais avec impatience, celui qui devait me passionner. Ce livre est en effet pour moi un "presque coup de coeur". "Presque" car il s'en est fallu de peu pour qu'il le soit complètement, peut-être un peu moins de violence en fin d'ouvrage... Allez, ne tergiversons pas, j'ai aimé l'histoire de ces deux enfants, frère et soeur, celle de leur mère, et de tous les habitants de cette petite ville américaine au charme en déclin. De beaux personnages, courageux et intègres, des vilains très vilains, quelques acteurs saisis de remords et la lectrice que je suis s'est laissé emportée, sans complexes, dans ce thriller inquiétant et haletant, mené de main de maître par CJ Box.

"Si Annie Taylor, douze ans, n'avait pas emmené son petit frère William à la pêche ce vendredi après-midi d'un mois d'avril humide du nord de l'Idaho, elle n'aurait jamais assisté à l'exécution, ni croisé le regard des assassins. Mais elle était en colère contre sa mère. [...] La trahison avait eu lieu le matin même lorsque Tom était descendu et leur avait demandé ce qu'il y avait pour le petit déjeuner. [...] Tom leur avait posé la question comme si c'était la chose la plus naturelle du monde, alors que ça ne l'était pas du tout. C'était la première fois qu'il était là pour le petit déjeuner ; il n'avait encore jamais passé la nuit chez eux."

bouton3 Note de lecture : 4.5/5

Un titre lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices BOOKPAGES 2009
Catégorie Policiers

ISBN 978 2 02 094928 6 - 22 € - 09/2008

La lecture d'Amanda

1 février 2009

Séraphine, Françoise Cloarec

s_raphineSéraphine est née d'une famille pauvre de l'Oise, en 1864. Orpheline, elle est placée très jeune dans des familles bourgeoises, elle devient alors aide cuisinière, servante, réside quelques temps dans un couvent, puis devient femme de ménage.
Mais Séraphine porte en elle un don mystérieux, Séraphine peint en secret des natures mortes, des fleurs magnifiques, des bouquets chatoyants. Très croyante, elle dit répondre ainsi à un ordre sacré, celui de la vierge Marie.

Le destin de Séraphine bascule lorsqu'un collectionneur parisien, Wilhelm Uhde, venu s'installer à Senlis, découvre sa peinture. La gloire viendra se mêler à la guerre, puis à la folie...

heart   Françoise Cloarec, l'auteure, est psychanalyste et peintre, mais elle est peut-être aussi un peu poète.
J'ai en effet été très conquise par la beauté de son écriture, et par sa manière pudique et respectueuse de faire naître son personnage et de le faire évoluer. Lorsqu'elle était étudiante, "Séraphine de Senlis" était déjà le sujet de thèse de Françoise Cloarec, et ce en psychologie clinique. On sent aujourd'hui à quel point l'écrivain est devenue intime avec cette femme qu'elle n'a pas connu, et combien l'histoire étrange et un peu fantasque de cette artiste peintre est pour elle si dense et si réelle. Un joli livre qui, malgré des passages plus sombres, laisse des couleurs dans les yeux et un désir de plonger plus avant dans l'histoire de la peinture. Un vrai coup de coeur, tout en légèreté.s_raphine2

"Séraphine, tu dois te mettre à dessiner !

Tout a commencé par un ordre.
Impératif.
Il vient de la Sainte Vierge, ou d'un ange, la version varie.
L'aventure de la peinture a commencé comme cela.

De son enfance, presque rien.
Nous connaissons son prénom, ce prénom d'anges de la première hiérarchie, les anges les plus proches de la présence divine. Ardents."

bouton3 Note de lecture : 5/5

Un livre lu dans le cadre du grand prix des lectrices de BOOKPAGES 2009
Catégorie Document

ISBN 978-2-75-290364-8 - 12 € - 10/08

La lecture de Lily

23 novembre 2008

Toutes ces vies qu'on abandonne, Virginie Ollagnier

toutes_ces_vies_qu_on_abandonneNous sommes en décembre 1918, l'armistice vient d'être signée, mais des hommes meurtris ne cessent de revenir du front. Claire, jeune novice, est là pour les accueillir, apaiser leurs souffrances. Parmi eux, un inconnu, recroquevillé sur lui-même ne semble pouvoir se réveiller.
Le professeur Tournier, chef du service de psychiatrie, confie le soldat aux soins de Claire. Celle-ci aura spontanément à coeur de ramener ce corps muet à la vie, par des soins attentifs et des massages progressifs. Le dialogue intérieur du jeune homme fera alors écho aux questionnements de la jeune femme, entre engagement et apprentissage du désir.

Attention émotion ! 
Tout en brossant pour nous un des pans de l'histoire des débuts de la psychiatrie, Virgnie Ollagnier raconte ici une belle histoire, celle d'une rencontre en huis clos entre un corps d'homme et une jeune femme, entrée en noviciat, qui doute de ses choix et se questionne.
Le personnage de Claire, orgueilleuse, impertinente et généreuse, est attachant. J'ai pioché beaucoup d'amour, d'amitié et de respect dans ce roman qui s'avère étonnament lumineux, malgré le sujet sombre. Je vous avoue avoir littéralement dévoré ce livre au titre évocateur, en quelques jours, heureuse de profiter d'une pause romanesque très agréable et bienvenue... Voici donc une lecture apaisante, qui se révèle vivifiante, et que je vous recommande chaudement !!

Un extrait...
"Elle marchait silencieusement sur la neige sale, respirant, calme, l'air glacé. Le visage de l'homme s'insinua sous ses paupières closes. "Je sais, tu es vivant... C'est justement cet espoir que tu portes que j'aime. C'est la violence de la vie que tu refuses, que je combats aussi, qui nous lie. C'est le renouveau, le printemps de tes yeux dans ce corps, saisi. J'ai envie de t'aider à revenir. J'aimerais que tu reviennes..."

bouton3 Note de lecture : 4,5/5

La lecture de Sylvie et celle de Sylire (décontenancée par le style)

1 octobre 2008

Une dernière citation...

manguel

"Les vieux truismes restent valables : la violence engendre la violence, tout pouvoir est abusif, le fanatisme quel qu'il soit est ennemi de la raison, la propagande est propagande même lorsqu'elle nous propose de nous mobiliser contre l'iniquité, la guerre n'est jamais glorieuse sauf aux yeux des vainqueurs qui croient que Dieu assiste les grandes armées.
Sans doute est-ce pour cela que dans les périodes de ténèbres nous revenons aux livres : afin de trouver des mots pour ce que nous savons déjà."

Alberto Manguel, Journal d'un lecteur

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Les lectures d'Antigone ...
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  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
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