Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Les lectures d'Antigone ...
Publicité
Ardoise magique

Ce blog a dorénavant une page Facebook...
https://www.facebook.com
/antigone.lectures

Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

Newsletter
90 abonnés
19 septembre 2010

Ils en ont de bonnes ...

aragon"[...] Ils en ont de bonnes ceux
Qui parlent d'amour comme d'une histoire de cousine
Ah merde pour tout ce faux-semblant
Sais-tu quand cela devient vraiment une histoire
L'amour
Sais-tu
Quand toute respiration tourne à la tragédie
Quand les couleurs du jour sont ce que les fait un rire
Un air une ombre d'ombre un nom jeté
Que tout brûle et qu'on sait au fond
Que tout brûle
Et qu'on dit Que tout brûle
Et le ciel a le goût du sable dispersé
L'amour salauds l'amour pour vous
C'est d'arriver à coucher ensemble
D'arriver
Et après Ha ha tout l'amour est dans ce
Et après [...]"

Aragon, extrait de La Grande Gaîté

Publicité
20 juillet 2011

Objectif Pal de juin et juillet... Le bateau du matin, Lorraine Fouchet

le_bateau_du_matin"Tout le monde a rêvé un jour d'habiter sur une île. Elle en avait eu envie comme les autres, mais elle se croyait condamnée aux brumes de la capitale.
Si on lui avait raconté un an plus tôt ce qui allait se produire pendant ces deux semaines, elle ne l'aurait pas cru. Il y a des limites.
Si on lui avait décrit les protagonistes de cette aventure, convergeant de partout vers l'île en bateau, elle aurait franchement ri.
Si on lui avait parlé du coeur à l'envers, si on lui avait dit que le hasard n'existe pas, elle aurait haussé les épaules.
Et pourtant... "

Eva se réfugie à Groix suite à une dispute violente avec son père. Là-bas, elle apprend soudain le décès brutal de celui qui résume à lui seul sa famille. Aucun des deux n'a eu le temps de dire à l'autre combien il était désolé de cette fâcherie stupide. Découvrant que c'est un accident de la circulation, puis une négligence médicale qui sont à l'origine de la mort inexpliquée de cet homme dans la force de l'âge, la jeune-femme, éperdue de douleur et de culpabilité, décide de se venger. Elle ne se doute pas que celui qu'elle prend pour un chauffard, ou l'interne débordé par la canicule, n'auront de cesse de clamer auprès d'elle leur innocence...

Voici un petit roman idéal pour les vacances !! Si vous aimez la Bretagne, vous serez conquis. Lorraine Fouchet décrit avec force détails, précis, l'Ile de Groix, ses habitants et ses lieux privilégiés. Le style n'est pas ici ce sur quoi il est nécessaire de s'attarder - ce n'est pas forcément une écriture dont je suis d'ailleurs familière - mais l'auteure excelle à raconter, avec simplicité, une histoire d'été qui déroule sa trame un peu à la manière d'une intrigue policière... J'ai aussi aimé la galerie de portraits concoctée par la romancière qui nous permet de faire quelques allers et retours, en TGV, entre Paris et l'Océan.
Une lecture de PAL qui attendait sagement son moment... 

bouton3 Editions J'ai lu - 6.70€ - juillet 2006objectif_pal_le_retour

Ce livre a été acheté en famille en 2010

Pour déposer son billet de juin et juillet                                 Objectif Pal : 11/12

13 août 2010

The Hours ... en DVD

...enfin, je l'ai vu, ce film qu'il me tardait tant de voir. Il est magnifique, émouvant et bouleversant. Pfiou.

Il parle on ne peut mieux du pouvoir de l'écriture et de la lecture sur la vie, et puis si bien des femmes et des prisons quotidiennes dans lesquelles elles s'enferment parfois. Un moment de cinéma fort en émotions diverses.

thehours

"A Londres dans les années 20, Virginia Woolf écrit Mrs Dalloway, un roman qui accompagnera 30 ans plus tard le quotidien de Laura une jeune mère de la banlieue de Los Angeles. A new York aujourd'hui, Clarissa, incarnation moderne de Mrs Dalloway, mène une existence dévouée à un ami poète sur le point de mourir. Trois femmes, trois époques, trois destins. Le roman qui les lie va changer leur vie."

Evidemment, à présent, ne me reste plus qu'à lire à mon tour Mrs Dalloway...;o)

La bande-annonce est en vo (pas trouvé mieux) mais si fluide que l'on s'en étonne à peine.

Le roman de Michael Cunningham est disponible aux éditions Pocket sous le titre Les Heures

17 mai 2010

Cinq mille kilomètres par seconde, Manuele Fior

cinqmillekilom_tresparseconde"Bonjour Lucy.
Moi ? Bien, bien. En Egypte. Tu l'as vu dans le journal ?
Pardon ? Non, il y a comme une seconde de décalage.
Tu m'entends maintenant ?
C'est normal, nous sommes à...
Tu m'appelles d'Oslo ?
Plus ou moins cinq mille kilomètres.
Cinq mille kilomètres et une seconde."

Lors de l'emménagement de Lucia dans une résidence, son regard croise celui de Piéro, son voisin d'en face. Elle a seize ans et ce dernier vient de réussir son diplôme de fin d'études. Ils s'aiment un moment puis s'éloignent. Lucia part en Norvège, y rencontre Sven et tombe enceinte. Piéro devient entre temps un archéologue reconnu...

Cinq mille kilomètres par seconde est une bande-dessinnée qui conte par touches colorées les aléas de leur deux parcours de vie, ou comment à force de tenter de choisir entre plusieurs voies possibles, on perd le nord et passe allègrement à côté de l'amour. Une réflexion un brin désanchantée sur le temps qui passe, aussi...

J'ai beaucoup aimé l'esthétique de cet album coloré. Les aquarelles sont superbes et la mise en place des vignettes m'a beaucoup fait penser à Dans mes yeux de Bastien Vivès. A découvrir, résolument !

Biblioth_que_et_LALEditions Atrabile - 19€ - Janvier 2010

(Quelques planches et des commentaires d'internautes à voir et à lire par ici.)

21 avril 2010

Tu vas bien

plongeoirTu t'étonnes même d'aller si bien. Il est entendu que tu aimerais que certaines choses se construisent enfin. Tu en as assez d'être sur le plongeoir. De regarder les autres nager dans la piscine, sans toi. Toujours ce sentiment futile d'être à part, et alors ? Est-ce que l'on te demande d'être comme les autres ? Est-ce cela que tu veux pour toi ? De la normalité bête et méchante. Bête surtout. M'étonnerait. M’étonnerait beaucoup.

Des mots à sourire, voilà ce que tu as en toi aujourd'hui. Et de cela tu es riche. De ce pays là, tu es reine.

.

Présence. La leur, celle des enfants, et puis bruit et couleurs de leurs jeux, bruit et encombrement de leurs gestes.
Présence aussi, dense, de ceux qui ne sont pas toujours près de toi. Même absents, les autres te parlent, bougent avec tes mouvements, sont là. Tu ne sais pas vivre sans les autres, sans penser à eux de temps en temps. Tu ne sais pas vivre sans te dire, tiens mais que font-ils à cet instant précis, maintenant ?

.

Prends soin de toi, s'il te plaît. Ignore-le, ne contemples plus ce sourire de connivence qui te plonge dans des profondeurs obscures, qui crée ce creux en toi, te trouble. Aide-toi  enfin à oublier mieux, à prendre ceux qui te bouleversent pour n'importe qui, pour des gens ordinaires, indifférents, qu’ils soient eux ou personne. Que peu t'importe finalement leur présence ou non, leur absence ou non, leur regard ou non sur toi.

Que peu t'importe son prénom à lui, le bleu de ses yeux, ce qu’il deviendra dans dix ans, ce qu’il est dans ta vie, ce que tu n’es pas pour lui.

.

Un coup de fil ce matin. Un numéro inconnu. Une erreur, sans doute. Ton portable qui sonne, fort, et vous quatre médusés qui le laissez sonner. Aucun message laissé. Un mystère.
Ou un signe. Cela peut être un signe.

Bon, d'accord, c'était un signe. Mais un signe pour quoi faire ? Un signe pour que tu ne laisses pas tomber ? Mais quoi ? Mais qui ? Lui ?

.

Qu’il ait ce courage alors, qu’il découvre son jeu à la fin. Zut.

Toi, à force d'être à nue devant lui, tu as attrapé froid.

.

© Les écrits d'Antigone - 2010

Publicité
23 janvier 2010

Une sortie poche à ne pas rater

pointsdesventscontrairesFuir la ville. Fuir cette maison où tout se meurt depuis que Sarah est partie, les murs, le jardin, ses habitants.
Prendre les enfants avec soi, déménager. Aller voir la mer. Le pays de son enfance. Retrouver son frère, l'auto-école de ses parents, se fabriquer de nouveaux repères à partir d'un nouveau lieu. Investir le présent, coûte que coûte, parce qu'il le faut bien, parce que tout est devenu si difficile depuis qu'elle n'est plus là.
Se remettre à écrire - non peut-être pas - mais vivre, le moins mal possible...profiter de chaque instant.
Et renaître. Espérer renaître…

(Ma lecture coup de coeur ici)

10 octobre 2009

Ce soir...

emmanuelle_pagano1...Emmanuelle Pagano sera sur Arte, dans Metropolis, à partir de 22h25 car elle vient de recevoir le prix européen du livre 2009 pour Les adolescents troglodytes. Un de mes coups de coeur de lecture !! 

Vous vous en souvenez peut-être, j'ai eu la chance de participer à un atelier d'écriture avec cette auteure que j'affectionne, en février 2009. Vous retrouverez mes modestes productions ici, et ici aussi.

Ses livres lus, présents sur ce blog ... Le tiroir à cheveux, Les adolescents troglodytes, Le guide automatique, Les mains gamines...

Son blog à elle, http://lescorpsempeches.net/, est toujours en sommeil mais on peut y trouver ici et là, quelques mises à jour et signes de vie à son image (j'y ai d'ailleurs puisé cette photographie via Google, que je trouve très belle).

© Crédit photo - http://lescorpsempeches.net

Le lien du reportage sur Arte.Tv/emmanuelle_pagano2

(ajout du dimanche 11 octobre - pas de video)

30 septembre 2009

Cécile Mainardi

livremer"Je suis le capitaine qui sombre avec le livre qu'il écrit. J'écris le livre dont je suis le capitaine à y sombrer avec. Je suis le capitaine d'un livre écrit pour sombrer. Je suis sombre, vous le savez, et j'ai une âme de capitaine. Je sombre avec le livre que j'écris pour en être vraiment le capitaine. A en être éxagérément le capitaine, on peut faire sombrer un livre. Je suis le livre que le capitaine fait sombrer droit dans son axe de capitaine debout (car un livre sans capitaine ne sombre pas, ne peut pas sombrer). Je suis capitaine hélas, et j'ai fait sombrer tous les livres. J'écris sombrement un livre sur le capitaine que je suis, et l'eau commence à le recouvrir. J'écris un livre sur ta blondeur."

Extrait de La blondeur, poème lui-même extrait de Poé/tri "40 voix de poésie contemporaine" chez Autrement, 2001

2 septembre 2009

Perla, Frédéric Brun

perla"Après la mort de ma mère, j'ai perdu la plupart de mes repères. Etrangement, au même moment, je me sens attiré par le roman d'apprentissage allemand, le Bildungsroman et tous ces héros qui portent des noms d'un autre temps : Wilhem Meister, Henri d'Ofterdingen, Andreas Hartknopf... Il y a deux Allemagne. Celle des camps et des barbelés contraste avec celle des plaines embrumées, des couchers de soleil orangés, des poètes idéalistes, Novalis, Hölderlin, qui ont attrapé l'âme du monde (Weltseele). Pourquoi suis-je si fasciné par ce pays écartelé entre le lied et la voix sèche, le raffinement et la barbarie ? Je m'étonne de vouloir trouver en lui ma littérature préférée et les traces d'un passé qui ont brisé Perla."

Le narrateur, fils de Perla, raconte sa mère, alors qu'elle vient de décéder, son passage dans les camps, la dépression qui la tenaillait, le silence qu'elle gardait sur son histoire. Il cherche à la connaître mieux, tout en partant -parallèlement - à la découverte des romantiques allemands, de ce que l'Allemagne a fait de plus beau, de plus délicat, puis de plus monstrueux aussi. Il a besoin de ce périple pour veiller sur la grossesse de la femme qu'il aime, et se préparer ainsi à la venue de son fils, Julien.

Ce livre était dans ma PAL car j'en avais entendu dire le plus grand bien. Il s'agit effectivement d'un très beau portrait de femme, un hymne à la mère, écrit par un fils qui ressent le besoin de tourner une page de son histoire afin de pouvoir "faire son deuil" et accueillir son enfant nouveau-né. Il y a beaucoup d'amour dans ce texte ; quelques images illustrent les propos de l'auteur : des tableaux, photos, couvertures de livres, plans... Une belle suite à ma lecture de Une année étrangère de Brigitte Giraud, je trouve.

"A quelques jours près, elle ne serait jamais partie en Silésie. Elle aurait sûrement vécu autrement, l'esprit allégé, la chair apaisée. Elle aurait rencontré un autre homme et je ne serais pas né."

objectif_palbouton3 Note de lecture : 4/5

ISBN 978 2 253 12353 8 - 4.50€ - 02/08

Perla a obtenu la Bourse Goncourt du premier roman 2007

Clarabel a été touchée - Pour Florinette, il est à lire sans hésiter - Pour Anne, c'est un joyaux - Je me rends compte que je suis plus mitigée...

Défi Objectif Pal : 2/50

16 mai 2009

Valse avec Bachir - DVD

Un homme, vingt ans plus tard, se rend compte qu'il a tout oublié des années de guerre, de cette nuit du massacre de Sabra et Chatila, du rôle qu'il a pû tenir dans cet évènement là... Seul lui reste en mémoire son corps immergé dans la mer, la présence de deux camarades, comme une image...obsédante. Il décide de partir à la recherche de témoins, de survivants, afin de reconstituer un passé enfoui au plus profond de lui-même.

Valse avec Bachir

Je redoutais un peu de voir ce film... Je suis heureuse d'avoir attendu que mes lectures pour ELLE (parfois assez violentes dans leurs thèmes) se soient légèrement dissipées pour l'apprécier réellement à sa juste valeur. Dans Valse avec Bachir il est en effet question de guerre, mais surtout de mémoire et de traumatisme...
Ce film peut-être considéré comme un pendant visuel assez réussi du document Sans blessures apparentes de Jean-Paul Mari, lu pour ELLE, et un plaidoyer efficace pour la paix, contre les absurdités et les violences inutiles des conflits du monde.

10 mai 2009

Devant mes yeux

devant_tes_yeux

Plonger dans la nuit, dans ce bain mort du sommeil, et renaître au matin, ton prénom sur mes lèvres, tes yeux près des miens, en pensée.

La passion a ceci de fou, qu’elle n’existe pas en dehors de la douleur. Elle n’a sa place, dirait-on, que dans la tragédie, l’angoisse et le supplice. Moi, je voudrais t’aimer doucement.

Laisse- moi t’aimer… s’il te plaît.

Pierre écrivait ces lignes sur le carnet qu’il traînait avec lui depuis quelques semaines. Il avait trouvé ce moyen là pour calmer ses sentiments, leur donner un lieu raisonnable ou s’exprimer.
Il ne comprenait toujours pas comment tout cela lui était arrivé, à lui, ne pas parvenir à oublier un visage, une voix, toujours se maintenir au plus près du sillage de l’être aimé. Se détester d’être comme cela, en attente, se détester de ne rien oser.

Était-elle heureuse ? Il n’en était même pas certain. Il adorait sa manière de tourner la tête vers lui, de lui tendre des documents, de lui sourire. Il tentait de cacher ce qu’il ressentait pour elle en fuyant, toujours, le plus possible, son regard. A quoi bon ? Elle avait des enfants, son mari appelait chaque midi, et elle semblait si légère, si insouciante. Il aimait attraper du bout des doigts les éclats de soleil que son rire laissait dans son bureau lorsqu’elle passait lui proposer de déjeuner ensemble. Comment détruire ces petits moments de bonheur là par des révélations fracassantes ?

Pierre glissa le carnet dans la boîte à gants de sa voiture, respira bruyamment et s’extraya de son véhicule en soupirant encore, persuadé de vivre cette journée de la même manière qu’il avait vécu la précédente, sans difficultés apparentes mais avec une peine toujours plus lourde à porter le soir venu. Devrait-il finir par envisager un changement de poste ? Une mutation ? Faudrait-il en arriver là pour réussir à vivre enfin sans ce poids mort en lui ?

Estelle était là, devant lui, ses sandales claquaient dans le couloir.

Il lui prit le bras, légèrement, et elle se retourna, à peine surprise, lui plaquant rapidement un baiser sur chaque joue. Savait-elle ? Se doutait-elle ? Ce moment. Pour rien au monde, il ne l’aurait échangé, avec personne. Ce moment. Chaque jour. Chaque jour, sauf les week-ends et les jours fériés.

Son bureau, ses affaires, ses dossiers. Il arrivait à faire abstraction de la présence d’Estelle à quelques pas de lui en se plongeant dans des chiffres et des tableaux. Il avait cette faculté là, heureusement, de réussir à se plonger dans le travail, comme dans le sommeil, sans réfléchir, une masse.

Mais cette journée n’était pas semblable à toutes les autres, il aurait dû s’en douter.


Il entendit juste de grands cris affreux derrière sa porte fermée - il releva la tête - et puis son cri… à elle.

© Les écrits d'Antigone - 2009

Un écrit largement inspiré de ce film là...ou plutôt "sous effet" de ce film là... Un écrit qui aurait besoin d'une suite, mais je ne sais pas...peut-être pas, comme d'habitude.

23 avril 2009

Le vrai cul du diable, Percy Kempt

levraiculdudiableAnna Bravo, femme politicienne à responsabilités, est certaine de connaître à la perfection l'image qu'elle donne d'elle même, et ce depuis toujours. Sa grand-mère, bigote, et son père athé, l'avaient tous deux autrefois prévenue contre le maléfice narcissique des miroirs, appelés au moyen-âge "le vrai cul du diable". Lors d'une exposition, elle acquiert pourtant, comme subjugée, un petit meuble vénitien du XVIIIème siècle qui recèle en son sein une étrange surface réfléchissante. Celle-ci lui transmet en effet, et ce grâce à un savant stratagème, une image réelle d'elle-même, et non l'image inversée que ses congénères lui renvoient d'ordinaire... La vie de la jeune femme va s'en trouver dorénavant complètement bouleversée.

Ce livre était dans ma PAL depuis quelques temps. Je savais déjà que Cuné l'avait trouvé à son goût, il m'était donc plaisant de me dire que j'allais le lire...
J'ai entamé les premières lignes pourtant bien dubitative. Le style de l'auteur m'a semblé tout d'abord peu entraînant, assez moyen, et puis, et puis...j'ai enchaîné les pages et me suis laissée subjuguée par cette histoire d'image de soi, de reflet, et de ce que le regard que l'on porte sur nous peut avoir de troublant, de destructeur et de métamophosant. Nous avons tous et toutes eu ces passages dans notre vie, à l'adolescence, ou après l'arrivée d'un enfant pour les femmes, cette conscience de perdre un peu les contours de notre image, de notre corps... Ici, Anna Bravo est entraînée dans une perte de repères plus fantastique mais dans laquelle on peut trouver quelques échos des nôtres. J'ai pensé aussi aux miroirs de Cocteau et à tous ces mythes qui animent notre imaginaire... Au final, et même si ce livre n'est pas un "grand" livre, voici une lecture bien divertissante !!

Un extrait...
"C'est donc ainsi, se dit-elle, effarée, que je suis vraiment ! C'est ainsi que Noël me perçoit ! Ce miroir, c'est l'oeil de Noël ! Ce miroir, c'est l'oeil de la caméra ! Ce miroir, c'est l'oeil du monde entier ! Les autres ne me voient pas du tout comme j'ai toujours cru qu'ils me voyaient, conclut-elle, bouleversée. Ils ne me voient pas du tout comme je me vois quand je me mire dans ma salle de bain ou devant ma commode. Ils me voient comme je me vois là ! A l'envers ! Ou plutôt à l'endroit ! Car c'est moi qui, d'ordinaire, me vois à l'envers !"

bouton3 Note de lecture : 4/5 - ISBN 978 2 7491 1359 3 - 15€ - 01/09

La lecture de Leiloona - Et merci à Solène, et aux éditions du Cherche Midi !

16 septembre 2009

Assez parlé d'amour, Hervé Le Tellier (Rentrée littéraire 2009)

assez_parl__d_amour"Que celle - ou celui - qui ne veut pas - ou plus - entendre parler d'amour repose ce livre."

Anna et Louise sont deux femmes mariées, apparemment heureuses, qui ne se connaissent pas, mais qui vont vivre, à quarante ans et en simultané, la naissance d'un nouvel amour, tout neuf. Un amour bouleversant et régénérant. Leurs destins vont se croiser sans jamais se toucher, les sentiments envers leurs amants se développer en douceur, sans drame, comme une évidence.
La première rencontre Yves, écrivain. La seconde, Thomas, psychanalyste.

Près d'elles, les maris savent mais ne disent rien ; les enfants voient et acceptent, à peine inquiets.
Anna et Louise n'ont plus qu'à sonder en elles leurs désirs profonds pour guider leurs pas vers un avenir indécis mais amoureux.


Voilà une histoire, découpée en très courts chapitres, dans laquelle j'ai eu du mal à m'immerger totalement dans sa toute première moitié. Sans doute une indisponibilité d'esprit passagère, car le charme du récit a finalement réussi à me séduire. En effet, la banalité de l'adultère dépassé, nous plongeons dans une douceur de sentiments assez délectable, une description de l'état amoureux assez précise et jubilatoire.
J
'ai refermé ce livre, complètement enthousiasmée par ma lecture !

Par ailleurs, Hervé Le Tellier, l'auteur, est membre de l'Oulipo. J'ai donc cherché naturellement dans son roman une clé à comprendre, un code. Yves, l'écrivain de l'histoire, semble en donner un indice page 189 : « Yves veut écrire un roman à six personnages. Il associera chacun d’entre eux aux numéros des dominos, le zéro valant pour un personnage secondaire, jamais le même. Le roman reproduira le déroulement d’une partie de dominos abkhazes… », et l’on se prend à penser que l’on est sans doute en train de le lire ce fameux roman, pour lequel Anna suggère qu’Yves mette « amour » dans le titre ...

Mais ne rien savoir d'un éventuel stratagème préexistant, ne rien deviner de l’attribution des rôles, ne gêne en rien cette lecture, qui restera certainement pour moi un bien joli souvenir.

« Mentalement, Louise a d’abord rempli des listes, aligné des colonnes. Elle a construit un quadrillage aussi rationnel que les blocks d’une ville américaine. Une colonne Pour quitter Romain. Une colonne Contre. « Je t’aime encore », dans la colonne Pour. Ou plutôt, elle aime encore l’avoir aimé, c’est comme l’arrière-goût sucré d’un café. « Je ne t’aime plus », dans la colonne Contre. Ou plutôt, elle ne l’aime plus comme il faudrait qu’elle l’aime pour continuer à l’aimer. »

bouton3 Note de lecture : 4,5/5

ISBN 978 2 7096 3342 0 - 17€ - AOUT 2009

« Ce blog a décidé de s'associer à un projet ambitieux : chroniquer l'ensemble des romans de la rentrée littéraire ! "
Merci à Ulike et au site

            chronique_de_la_rentree_litteraire

Hervé Le Tellier sera présent en mai 2010 au Grand R (La Roche sur Yon) pour un stage d'écriture

La lecture de Cathulu - Et celle de Cuné...toutes les deux sont enchantées !!

Défi 1% littéraire 2009 : 5/7

3 octobre 2011

Mes petites machines à vivre, Maryse Vaillant

"Il me fallait être sur mes gardes. Tout ce qui se déchaînait ou se figeait m'annonçait des catastrophes. Je devais toujours craindre le pire. Je devais retenir le ciel pour qu'il ne s'écroule pas et les ombres pour ne pas qu'elles m'envahissent, scruter la tombée de la nuit, épier le brouillard, garder un oeil sur les averses et les giboulées. Et, surtout, toujours savoir où était ma mère. Plus que tout je craignais de la voir surgir à mon côté, silencieuse et immense, bavarde et minuscule. Intrusive. Invasive. Elle avait les mille bras et les mille têtes de l'angoisse la plus insidieuse."

mespetitesmachines_vivre

Mes petites machines à vivre n'est pas un livre de recette ; il n'apprend pas à mieux vivre. Maryse Vaillant y raconte en fait son enfance près d'une mère source d'une angoisse profonde, ses débuts laborieux en tant qu'éducatrice et puis ce qu'elle est aujourd'hui, combien elle use encore de toutes ces astuces de défense personnelle dont elle aimerait tant se passer.
Elle tente d'expliquer, nous suivons le fil de ses réflexions, et nous nous tenons près d'elle sur ce point d'étape dont elle a fait un ouvrage.
J'aurais peut-être aimé y trouver des méthodes, plus de densité, mais je ne suis pas déçue de la trace que ce témoignage a laissé dans mon esprit, bien au contraire.

"Accepter de vivre sous l'emprise du passé, sans la maîtrise du présent, sans la peur de l'avenir. Lâcher la vigilance anxieuse, n'en éprouver ni tension ni pression. Débrancher le fil qui relie à tout ce qui fait mal, les amours, les enfants, les désirs et les peurs. Et rester avec soi-même sans craindre d'être trop seule ou en trop mauvaise compagnie."

 JC Lattès - 16€ - Mars 2011

Cathulu l'a lu aussi

15 mai 2009

Chârulatâ, Rabindranath Tagore

Chârulatâ est une épouse délaissée. Son époux, Bhupati, consacre tout son temps à la survie du journal qu'il a fondé, mais soucieux tout de même de distraire sa femme il confie à son jeune cousin Amal, étudiant, l'éducation de la jeune femme et les encourage à discuter littérature. Ceux-ci se rapprochent, s'amusent à des jeux affectifs innocents. Leurs rapports prennent très vite un caractère exclusif qui effraie le jeune homme. Ce dernier acceptera en hâte un mariage arrangé qui l'éloignera finalement du pays et le fera émigrer vers l'angleterre...

"charulataTagore a 39 ans quand il écrit Chârulatâ. Plusieurs de ses biographes ont vu dans ce court roman le souvenir des relations que le jeune Rabindranath entretenait avec la femme d'un de ses frères aînés. Elle n'avait que sept ans de plus que son beau-frère dont elle partageait les goûts littéraires. Elle se suicida à l'âge de 25 ans, quelques mois seulement après le mariage du poète." (quatrième de couverture)

Ce petit livre est le deuxième roman inédit de Tagore édité chez Zulma.
Il est plus profond qu'il n'y paraît au préalable. On en commence les premières pages en se demandant où les jeux d'écriture des deux personnages désoeuvrés vont les mener et on en referme les derniers feuillets avec l'impression d'avoir lu un petit bijou littéraire.
J'ai surtout aimé ces passages très forts pendant lesquels Chârulatâ se questionne, ne comprend pas cette peine qui la submerge suite au départ d'Amal. Son désespoir quand elle réalise, un peu tard, les sentiments qu'elle ressentait pour le jeune étudiant est ce qui m'a semblé de mieux rendu par l'auteur. Me sont revenus étrangement en mémoire quelques passages de La chartreuse de parme de Stendhal...sans doute à cause de cette manière un peu excessive qu'à l'héroïne d'exprimer sa souffrance.
Un roman que je vous conseille chaudement, surtout si vous êtes adeptes de drames amoureux - vous serez servis !!

Un extrait...
"Châru était elle-même stupéfaite du caractère insupportable de sa douleur et de son agitation intérieure. Elle craignit une maladie mentale incurable. Elle n'arrêtait pas de se demander pourquoi elle avait tant de peine. (Qu'est-il pour moi, cet Amal, qu'il me faille tant souffrir à cause de lui ? Que m'est-il arrivé ? Que m'est-il arrivé après si longtemps ? Les servantes, les serviteurs, les porteurs, tous circulent dans la rue sans soucis, pourquoi, moi, ai-je subi cette épreuve ? O Seigneur Hari, pourquoi m'avoir exposé à un danger pareil ?) Elle ne cessait de se poser des questions et de s'étonner. Sa douleur n'admettait pas de répit. Le souvenir d'Amal occupait tant de place à l'intérieur comme à l'extérieur qu'elle ne voyait pas où s'enfuir."

bouton3 Note de lecture : 4.5/5

ISBN 978 2 84304 441 0 - 15€ - Février 2009

Satyajit Ray en a fait un film en 1964... L'extrait a un petit côté kitsch assez éloigné du roman, mais très rafraichissant !

13 juin 2008

Henry Bauchau

bauchau3A propos d'Antigone, toujours...

"J'ai écrit Antigone à l'ombre redoutable de Sophocle. Sophocle est inégalable, il y a en lui la lumière d'aurore qui a éclairé la Grèce et qui n'est plus celle de notre temps. Je me suis risqué pourtant et je n'ai pas fait une tragédie mais tout autre chose : un roman. Le roman m'a fait don d'une autre dimension du temps, et l'Antigone de mon livre n'est pas la jeune fille d'un acte décisif, d'un débat, d'un refus entraînant sa condamnation et son suicide. Elle est la fille patiente, intrépide, d'un monde nouveau, qui, après dix ans d'inititation et d'échec, devient celle dont une autre femme peut dire avec confiance : "Si elle tombe, elle se relèvera. Elle est comme ça !"

(extrait de Antigone, dirigé par Aliette Armel)

23 janvier 2009

Moment d'écoute

Comme je vous l'annonçais en blog-it, je me suis donc rendue mercredi soir à une lecture publique menée par Didier Daeninckx...
La salle était pleine. Arrivée un peu tardivement, je me suis retrouvée grâce à quelques chaises rajoutées juste en face de lui. Voilà qui était bien intimidant mais bien pratique aussi pour écouter...

Didier Daeninckx nous a lu des nouvelles inédites (qui seront publiées l'année prochaine) et un article (extrait de La Mémoire longue), appuyant de ses gestes et de sa voix les phrases auxquelles il semblait tenir le plus, les adjectifs décisifs.
Ses récits sont baignés d'une atmosphère particulière, d'alcool, de tropiques et de livres, mais également empreintes d'admiration (Jack london, Billy Wilder, Willy Ronis).

Il nous a ensuite raconté quelques anecdotes, sur la création des fameux Poulpe par exemple, ou comment naissaient ses articles, comment ils pouvaient s'intégrer ensuite dans ses livres...

Je suis ressortie de ce moment d'écoute enchantée. Didier Daeninckx est un écrivain engagé, riche de multiples influences, dont il me tarde de lire à présent les livres. Lequel me conseilleriez vous ? 

Biographie de son éditeur Verdier : Né en 1949, à Saint-Denis, Didier Daeninckx a exercé pendant une quinzaine d’années les métiers d’ouvrier imprimeur, animateur culturel et journaliste localier. En 1984, il publie Meurtres pour mémoire dans la « Série Noire » de Gallimard. Il a depuis fait paraître une trentaine de titres qui confirment une volonté d’ancrer les intrigues du roman noir dans la réalité sociale et politique.
Plusieurs de ses ouvrages ont été publiés dans des collections destinées à la jeunesse (Syros-Souris Noire, « Page Blanche » chez Gallimard, Flammarion). Il est également l’auteur de nombreuses nouvelles qui décrivent le quotidien sous un aspect tantôt tragique, tantôt ironique, et dont le lien pourrait être l’humour noir.
Il a obtenu de nombreux prix (Prix populiste, Prix Louis Guilloux, Grand prix de littérature policière, Prix Goncourt du livre de jeunesse...), et en 1994, la Société des Gens de Lettres lui a décerné le Prix Paul Féval de Littérature Populaire pour l’ensemble de son œuvre.

Son site personnel

21 janvier 2012

Milady De Winter t2 par Agnès Maupré

enfantmilady  miladydewinter  MILADYDEWINTER1

Snif, voici la fin des aventures de Milady De Winter...
Vous vous souvenez sans doute de ce personnage sulfureux ? Elle est la méchante des Trois Mousquetaires. Celle par qui tous les drames arrivent.
Enfin, je dis snif, j'ai été ravie oui d'ouvrir de nouveau une BD de cette dessinatrice, Agnès Maupré, un deuxième tome que j'attendais avec impatience. J'avais tellement aimé le premier déjà [ma lecture ici].

L'objet est toujours magnifique, quel plaisir ! L'histoire inventée par Dumas est connue mais traitée encore une fois avec modernité et finesse. J'ai eu le sentiment de la redécouvrir via ces deux albums, d'en lire des facettes méconnues. Le sujet est filé avec beaucoup de talent. J'ai été touchée par cette Milady, haineuse et marquée, mais multiple, mère aussi d'un petit garçon.

Milady de Winter, espionne de Richelieu, se fait rattraper par son passé. D'Artagnan connaît son secret d'infamie, cette marque en forme de lys qu'elle porte sur son épaule, elle doit se venger, l'éliminer si possible. Retenir Constance Bonacieux prisonnière est un moyen tout trouvé pour l'atteindre...

"Je ne sais pas si c'est une part de féminisme qui m'a poussée vers Milady ou son destin tragique. Les deux se rejoignent un peu. Son destin est tragique parce qu'elle est une femme. [...] Les femmes qui se mêlent de politique risquent gros. C'est quelque chose qui est souvent présent chez Dumas. Il crée des personnages de femmes plus fortes, plus intelligentes, plus courageuses que les hommes, mais qui finissent toujours mal parce qu'elles sont des anomalies, des moutons noirs." Agnès Maupré

Editions Ankama - 15.90€ - 12 janvier 2012

Le blog d'Agnès Maupré

Pour se laisser séduire et découvrir les premières pages

2 mars 2009

La fille de Carnegie, Stéphane Michaka

la_fille_de_carnegie"Dans une ville comme ça, géante comme ça, dangereuse, imprévisible, perverse en ses moindres recoins, on ne se promène jamais sans craindre une mauvaise rencontre. Mais vue de très haut, dans l'oeil d'une mouette ou d'une escarbille, New York ne fait plus peur. C'est une bande de terre étroite, bruyante et chaude, sur laquelle l'escarbille se propose de planer un moment."

Un homme a été assassiné de trois coups de feu et est tombé d'une loge en pleine représentation de la Flûte enchantée au Métropolitan Opéra. Robert Tourneur, chef des inspecteurs à la brigade des homicides, est dépêché sur les lieux mais l'enquête à peine entamée trouve vite son coupable, un individu a été stoppé dans sa fuite et arrêté. Cet homme, l'inspecteur Tourneur a toutes les raisons de le détester, il s'agit d'un ancien collègue, Lagana, déjà coupable selon lui de la mort d'une amie très chère, Fran. Mais que faisait-il dans la loge de Sondra Carnegie, héritière richissime et critique d'opéra reconnue ? Une longue nuit de garde à vue commence dont seule la vérité sortira blanchie.

heart Attention talent !
Je ne pensais pas pouvoir dire cela d'un roman policier un jour, mais j'ai été subjuguée par l'écriture de celui-ci, et par la manière toute particulière de l'auteur de nous amener par des chemins détournés, magnifiques, vers le dénouement de l'intrigue.
Stéphane Michaka a cette aptitude étonnante et pas si courante (Est-ce dû à ses activités d'homme de théâtre ?) de savoir peaufiner des dialogues percutants, des réparties fines qui m'ont amenée à sourire bien souvent, et des scènes remarquables, comme des tableaux, très visuelles, qui sont un régal pour le lecteur. Parfois, l'écriture tourne, nous perd un peu, se ménage des petites absences, et j'ai aimé être ainsi ballottée puis rattrapée. Les personnages, extrêmement bien brossés prennent vie devant nous, ils sont sans conteste de chair et de sang. Ce livre est un premier roman, sans doute, mais quelle maîtrise, j'en redemande ! Le voilà enfin mon coup de coeur, dans cette catégorie !

bouton3 Note de lecture : 5/5

Un titre lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices BOOKPAGES 2009
Catégorie Policiers

ISBN 978 2 7436 1853 7 - 10.50 € - 09/2008

26 janvier 2009

Déjà !

d_j_Hé quoi ?... Déjà ?... Amour léger comme tu passes !
A peine avons-nous eu le temps de les croiser
Que mutuellement nos mains se désenlacent.
Je songe à la bonté que n'a plus le baiser.

Un jour partira donc ta main apprivoisée !
Tes yeux ne seront plus les yeux dont on s'approche.
D'autres auront ton coeur et ta tête posée.
Je ne serai plus là pour t'en faire un reproche.

Quoi ? sans moi, quelque part, ton front continuera !
Ton geste volera, ton rire aura sonné,
Le mal et les chagrins renaîtront sous tes pas ;
Je ne serai plus là pour te le pardonner.

Serait-il donc possible au jour qui nous éclaire,
A la nuit qui nous berce, à l'aube qui nous rit,
De me continuer l'aumône éphémère,
Sans que tu sois du jour, de l'aube et de la nuit ?

Sera-t-il donc possible, hélas, qu'on te ravisse,
Chaleur de mon repos qui ne me vient que d'elle !
Tandis que, loin de moi, son sang avec délice
Continuera son bruit à sa tempe fidèle.

La voilà donc finie alors la course folle ?
Et tu n'appuieras plus jamais, sur ma poitrine,
Ton front inconsolé à mon coeur qui console,
Rosine, ma Rosine, ah ! Rosine, Rosine !

Voici venir, rampant vers moi comme une mer,
Le silence, le grand silence sans pardon.
Il a gagné mon seuil, il va gagner ma chair.
D'un coeur inanimé, hélas, que fera-t-on ?

Et bien, respire ailleurs, visage évanoui !
J'accepte. A ce signal séparons, nous ensemble...
Me voici seul ; l'hiver là... c'est bien... Nuit.
Froid. Solitude... Amour léger comme tu trembles !

Extrait de Le beau voyage, Henry Bataille

4 décembre 2008

Andrée Chédid

terreetpo_sieTerre et poésie (extraits)

Vivre en poésie, ce n'est pas renoncer ; c'est se garder à la lisière de l'apparent et du réel, sachant qu'on ne pourra jamais réconcilier, ni circonscrire. [...]

Si la poésie n'a pas bouleversé notre vie, c'est qu'elle ne nous est rien. Apaisante ou traumatisante, elle doit marquer de son signe ; autrement, nous n'en avons connu que l'imposture. [...]

Il est vital pour le poète de lever des échos, et de le savoir. Nul mieux que lui ne s'accorde aux solitudes ; mais aussi, nul n'a plus besoin que sa terre soit visitée. [...]

La poésie - par des voies inégales et feutrées - nous mène vers la pointe du jour au pays de la première fois.  [1956]

16 janvier 2012

Arthur De Pins

zombilléniumt2Forte de ma première expérience avec Arthur de Pins, plutôt réussie (Zombillénium t1), et en panne de lectures plus denses pour le moment, j'ai profité des ressources de ma bibliothèque samedi pour me faire une petite récréation BD avec deux des opus de l'auteur (ben oui finalement, j'ai réussi à lire un peu quand même...).

Zombillénium T2. Ressources humaines - 13.95€ - Dupuis - Août 2011

"Ici, on embauche... pour l'éternité."

Le parc d'attraction du même nom fonctionne au mieux... Nous suivons dans ce tome-ci une famille d'apparence banale en visite, et des bandits bien décidés à infiltrer les locaux, à leurs risques et périls.

Même si j'aime toujours autant l'humour indéfectible des personnages et des situations inventées par Arthur De Pins, j'ai trouvé ce deuxième volet beaucoup plus fouillis et moins percutant que le premier. On perd de vue les protagonistes principaux de l'épisode précédent, Aurélien et la petite sorcière, pour s'intéresser à de nouveaux arrivants... Allez, espérons qu'un troisième tome, dévoile enfin le mystère qui entoure la présence mystérieuse d'une Gretchen bien vivante parmi un personnel trépassé et heureux de l'être.

Un avis chez Canel

lamarcheducrabeLa marche du crabe T1 - 17.95€ - Editions Soleil Noctambule - Novembre 2010 

"Je ne sais pas si tu saisis, mais à nous deux on peut devenir les maîtres de la plage... et même au-delà !"

Le Cancer Simplicimus Vulgaris, ou crabe carré, espèce de crustacés peuplant les rivages de l'Estuaire de la Gironde est frappée, depuis des millénaires, d'une étrange particularité, il ne peut changer de trajectoire, et est condamné à marcher toute sa vie selon une même ligne droite. Son pire ennemi est l'homme, ou plutôt le petit d'homme. Cependant, un été, sur la plage, tout change...

La marche du crabe démarre doucement... les premières pages ont même failli m'ennuyer un peu, mais c'est compter sans l'humour décidément décapant et absurde d'Arthur De Pins. La détermination d'un petit crabe à changer les choses, à lutter contre la fatalité, et à prendre son destin et celui de ses congénères en main, est irrésistible et, oui tiens, un brin émouvant... Les humains sont évidemment grotesques. Ah, j'adore !

Cathulu m'avait convaincue

Le tome 2, "l'empire des crabes" est en librairie depuis novembre 2011 - Merci ma bibli !!

11 décembre 2008

Le Pays sans Adultes, Ondine Khayat

lepayssansadultes"J'ai onze ans, et je vis dans une famille complètement tordue. Heureusement qu'il y a mon frère Maxence. Lui, c'est mon manuel de savoir-survivre. Le soir, on ferme nos oreilles à double tour, pour ne plus entendre les cris de nos parents qui se disputent.
Croyez-moi sur parole, la vie, c'est pas pour les enfants."
(extrait de la quatrième de couverture)

Imaginez-vous cette scène : vous êtes un enfant, vous êtes au collège, à la piscine plus exactement, quelqu'un, un camarade sans doute, vous a poussé dans le grand bassin. Vous êtes tombé dans l'eau, la tête la première, mais vous ne savez pas nager, personne ne vous a appris, et vous coulez, vous le savez, votre corps glisse vers le fond, vous pouvez même raisonnablement penser avec une acuité insoutenable que vous êtes en train de vous noyer. Au plus profond de votre angoisse, une barre en fer vous choque la poitrine, alors vous vous accrochez à elle, par instinct, le nez plein de chlore. C'est désagréable cette lutte pour remonter à la surface, étouffant, mais soudain votre tête sort de l'eau, l'air mêlé d'espoir s'engouffre dans votre bouche, vous ne mourrez pas aujourd'hui, vous êtes sauvé, vous respirez.

Cette scène n'existe pas dans Le Pays sans Adultes, je l'ai inventée. Et pourtant, elle correspond exactement à mon impression de lecture. Difficile en effet d'expliquer avec d'autres mots cette descente inexorable dans l'horreur et cette remontée, en fin d'ouvrage vers un avenir meilleur. Difficile de juger cette écriture, à la limite de la facilité, et qui pourtant n'y tombe jamais...

Slimane a onze ans. Il est le narrateur de cette histoire. Il vit un enfer quotidien fait de violence, de misère et d'injustice. Son père, le "Démon", sème la terreur et les coups. Lorsque le grand-frère, Maxence, disparaît, parti rejoindre le "Pays sans Adultes", Slimane décide de le suivre. Ce qui aurait pu être entraîner sa perte deviendra finalement son unique planche de salut...

bouton3 Note de lecture : 4/5

ISBN 978 2 8433 7508 8 - 19€ - 11/08

Un grand merci à Chez les filles pour cette découverte !

La lecture de Cathulu (qui en a eu les larmes aux yeux), celle de Saxaoul, celle de Aifelle et celle de Lily.

12 novembre 2008

Au bord de l'Oise

auborddeloiseUne page par jour ajoute régulièrement sa petite touche poétique à vos commentaires sur mon blog... Mais il ne fait pas que cela, il écrit aussi.
Il me manquait jusque là du temps pour le lire...au fil de l'eau...et comme un de ses textes Au bord de l'Oise était disponible en Pdf, je l'ai imprimé et lu ainsi. Bien m'en a pris, car cette nouvelle vaut le détour... Une belle écriture, du rythme, une ambiance onirique, un très beau texte.

L'histoire ? Tout commence dans un restaurant, isolé, au bord de l'Oise, tout près. Y dînent une jeune-fille, trois garçons - très différents les uns des autres - et un bébé, prénommée Fleur... Fleur est la fille de Marie, la jeune mère dont les trois garçons sont amoureux - bien entendu - mais c'est compter sans les souvenirs, les fées et les sorcières !

Je vous invite à présent à découvrir ce texte à votre tour, pour le faire c'est par ici : http://www.unepageparjour.com/mes-histoires-compltes.html

(L'illustration est une carte de Misstigri - Merci Bel Gazou !!!)

17 octobre 2008

Il y a longtemps que je t'aime

ilyalongtempsquejetaime

Juliette est accueillie par sa soeur Léa, après 15 ans de séparation. Elle sort de prison.
Léa lui ouvre sa maison, sa famille, son coeur, mais beaucoup de confiance et de patience seront nécessaires pour que Juliette lui confie enfin ses secrets...

Attention émotion !
Ce film réalisé par Philippe Claudel m'a profondément émue. J'aime Kristin Scott Thomas, j'étais donc déjà partiellement conquise. Mais voilà que le jeu d'Elsa Zylberstein m'a également touchée, son regard...et puis il y a l'histoire, ce secret, l'ambiance de la maison, ces personnages...
Mais pourquoi les critiques ont elles été si sévères ? Ce film est magnifique !
Une photo, très belle, et une bande-annonce pour se faire une idée...tout en écoutant la BO du film !!

Il y a longtemps que je t'aime - Kristin Scott Thomas et Elsa Zylberstein


F-A Il y a longtemps que je t'aime

Le site du film : http://www.ilyalongtempsquejetaime-lefilm.com/


Découvrez Jean-Louis Aubert!

Publicité
Les lectures d'Antigone ...
Publicité
Les lectures d'Antigone ...
  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Visiteurs
Depuis la création 697 112
Publicité
Derniers commentaires
Publicité