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Les lectures d'Antigone ...
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Ardoise magique

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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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10 avril 2011

Comme prévu...

... j'ai été tout sauf raisonnable !
Car en ce dimanche ensoleillé, nous sommes allés nous promener en famille et faire un petit tour dans un salon du livre à une foulée de voiture de chez moi, et hop hop hop, voilà voilà !

calvados6

Côté enfants, petit dernier a craqué sur un des titres des éditions Gulf Stream (ce stand est devenu un rituel annuel), cette fois-ci ce sont Les bêtes qui pincent, qui pissent, qui percent à la campagne qui ont eu sa préférence. Mes deux zouzous ont d'ailleurs été pris en photo par la personne du stand, ils se retrouveront peut-être un de ces jours sur leur blog (bon ça, c'était avant que mon fils soit affublé pour l'après-midi d'un maquillage bleu-robot, pfff).
Ma grande fille s'est arrêtée elle devant la couverture d'un roman jeunesse illustrée par Cécile Vallée (Les toiles d'Az), Le voyage du chat par Yves Pinguilly. L'histoire lui a plu. Et moi, l'accueil très chaleureux de cette petite maison d'édition Volpilière m'a emballée. Merci à eux !
M Antigone a aimé rencontrer Alix de Saint André qui vient d'obtenir le Prix Ouest 2011 pour En avant, route ! Il a embarqué en même temps Archives des Anges. Deux autres poches en poche, le voici bien pourvu question évasion et voyages.
Pour ma part, et après avoir dit bonjour bien entendu à Maud Lethielleux (quel plaisir que de la revoir ! ...et puis je n'avais toujours pas lu Tout près le bout du monde), j'ai eu envie d'essayer un titre d'une auteure que je ne connais pas encore Déjà l'automne d'Astrid Eliard (j'avais repéré ses livres lors d'un premier tour, quel étonnement de la voir enfin débarquer si jeunette et si sympathique !). Fanny Brucker était là aussi, avec ses trois romans devant elle et son beau sourire. Comme j'aime ce titre J'aimerais tant te retrouver, c'est vers celui-ci que se sont tournées mes envies de lecture ! Dire que je l'avais râtée deux ans auparavant, ouf !

Allez, ma PAL ne me dit pas merci mais tout le monde est bien content !

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11 avril 2011

La poussette, Dominique de Rivaz

Attention attention, j'en dis peut-être de trop...

lapoussette"Tout ça ne serait pas arrivé si au cours de puériculture de l'école, quatre semaines avant le brevet, la poussette ne s'était pas renversée. [...] Ca a été un freinage tellement brutal que la suspension avant a lâché, l'avant avec le petit duvet est parti vers l'arrière, le bébé (il s'appelait Luca) a fait un demi-salto en l'air, il n' a même pas crié, il devait être un peu étonné, et il est tombé la nuque la première sur le béton devant la grille."

Comment se remettre d'un évènement pareil lorsque l'on a à peine quatorze ans et que l'on se destine à un métier ayant trait aux enfants ? Compliqué. Alors, on choisi l'horticulture, moins dangereuse, on y rencontre son mari lors d'une journée "aérée", on se met avec lui à arpenter les parcours de golf à la recherche de petites balles rondes perdues, rondes comme ce ventre qui ne portera jamais d'enfant, l'a-t-on appris enfin avec effarement.
C'est son histoire qu'une jeune femme raconte, sur un ton hésitant entre la naïveté et la folie...

Ce petit livre, à la thématique psychologiquement violente, se lit d'un trait car l'écriture en est fluide et agréable. Cependant, je n'ai pas ressenti d'attachement envers le personnage principal et je n'ai pas adhéré à une histoire qui semble hésiter volontairement entre l'absurde, la fable et le réalisme franc. J'aurais aimé une ligne plus claire, certainement. Je n'ai pas trouvé que l'on rentrait dans le psyché d'une jeune femme en mal d'enfant mais que ce texte était une pirouette d'écriture, accréditée par sa fin.
Une petite déception, en somme.

bouton3 Editions Buchet Chastel - 11€ - Mars 2011

Liloubi l'a lu (son avis plus enthousiaste) - Cathulu, la tentatrice !

6 février 2011

En cours de lecture...

changement"Qu'on le veuille ou non, le changement fait peur car il nous conduit à hypothéquer un présent connu, prévisible et par là même rassurant, au profit - mais quel profit ! - d'un avenir incertain et par conséquent anxiogène. En réalité, ce qui fait peur, ce n'est pas le changement lui-même, mais la représentation que nous nous en faisons. Et c'est précisément parce que nous restons bloqués sur cette représentation que nous entrons dans une dynamique d'angoisse. Si nous étions capables de percevoir en nous cette peur du changement et si nous pouvions l'accepter comme faisant partie intégrante de notre difficulté à nous imaginer dans un autre contexte d'habitation, nous serions moins tourmentés par cette perspective. Au lieu de cela, nous jouons crânement les héros impavides alors que nous en avons mal au ventre."

Extrait de La Maison sur le divan de Patrick Estrade, Editions Pocket, Octobre 2010
Un essai psychologique qui tourne autour de la maison, comme le souligne son titre, mais qui parle aussi beaucoup de nous et de ce qui nous est important, du foyer. J'y picore de temps en temps de petites choses intéressantes. Pour preuve, mon ouvrage est strié de pages cornées. Merci Cathulu ! (son billet)

18 janvier 2011

La blessure la vraie, François Bégaudeau

la_blessure_la_vraie"Deux pieds et deux jambes pour moi, les minutes et les secondes contre moi. Une course contre la montre, exactement. Fendant une foule de Hollandais et d'Allemands, comme un vélo champion au sommet d'un col.
C'est comme ça que ça a commencé la blessure.
La blessure et courir dessus."

Eté 86, la chaleur, Saint Michel en l'Herm, la côte vendéenne et la Faute sur Mer bien avant la marée, et avoir 15 ans, et ne penser qu'à une seule chose, devenir un homme, coucher avec une fille... Qu'on en finisse une fois pour toutes avec ce passage obligé, qu'à la rentrée ce soit fait et voilà. Pas si facile, pas si simple. Le petit François né à Luçon, et qui a grandit dans ce village semblable à tant d'autres, est devenu entre temps Le Nantais. Retour au pays pour l'été. On retrouve le groupe d'amis, le café Chez Gaga et des stratégies de copinages à faire pâlir les candidats de Koh-Lanta (cela dit on ne les imagine pas encore). Les filles sont des caricatures de Madonna. Les garçons friment en mobylette. Bardé de son 17 sur 20 en anglais, notre héros fait pâle figure devant les cadors du coin qui râflent largement la mise malgré leurs dents manquantes et leur propension à boire de la Kro plus que de raison... L'amour sortira-t-il gagnant de cette histoire ? Pas si sûr. La vérité, la vraie, aura-t-elle été évoquée ? Pas certain.

Je ne pouvais passer à côté de cette enfance vendéenne qui malgré ses accents de couverture semble en grande partie fictionnelle. Ayant déjà lu, vu et entendu François bégaudeau à plusieurs reprises (ma lecture de Fin de l'histoire) je n'ai pas été surprise de retrouver ce même petit accent macho et ce rythme d'écriture vif et haletant qui fait sa signature. Tout cela est souvent cru sans être vulgaire du tout, d'une inconvenance toute adolescente qui passe très bien, c'est drôle aussi et cocasse, par moments assez inconcevable. Ca ne plaira pas à tout le monde, moi j'ai aimé le lire. C'est un peu, j'ai trouvé, le côté verso de cette nouvelle de Brigitte Giraud, Baby foot qui conte un amour d'été, version adolescente... Alors que les filles regardent les yeux des garçons, les garçons eux pensent parfois à autre chose...

bouton3 Editions Verticales - 19 € - Janvier 2011

Un titre sélectionné aussi pour le prix Landerneau 2011

30 janvier 2011

En Janvier dans vos Pals...

20072011il y avait toujours beaucoup de livres en attente.
Mais vous avez lu ...

Véro l'encreuse - Seul la nuit de R.J. Ellory - un roman noir captivant qui livre un magnifique portrait d'homme en lutte contre ses fantômes.
                        Bonheur fantôme d'Anne Percin - une très belle plume et un roman de reconstruction et d'amour tout en douceur et en pudeur.
                        Bottomless Belly Button de Dash Shaw - un gros roman graphique tendre et touchant.
Vilvirt - L'homme qui rétrécit de Richard Matheson - un très bon classique de la science-fiction.
           Lolita de Nabokov - Un coup de coeur pour ce chef d'oeuvre et une lecture inoubliable !
Marie-bulle se lance et nous présente ses lectures de Pal en un billet [lien] -
La formule préférée du professeur de Yoko Ogawa : un roman japonais étonnant réconciliant littérature et mathématiques.
Belle-mère de Claude Pujade-Renault : tout simplement magnifique.
Ripeur de Jeff Sordin : le quotidien d'un éboueur en Mayenne. Pas forcément très "vendeur" mais une très bonne surprise.
Ouragan de Laurent Gaudé : la Louisiane ravagée par une tempète en 2005. Un récit d'une grande virtuosité.
Un autre amour de Kate O'Riordan : un homme retrouve son grand amour de jeunesse. Bouleversant.
Valérie - Le troizième Jumeau de Ken Follett - un très bon page-turner.
            Moon Palace de Paul Auster - un peu plan-plan mais de beaux personnages.
            The man who loved books too much d'Allison Hoover Bartlett (en VO) - Une découverte très intéressante des collectionneurs et voleurs de livres rares.
             Oh boy! de Marie-Aude Murail - une histoire d'amour originale mais un peu trop mélo.
             Le dernier Coyote de Michael Connelly - plutôt mieux réussi que la moyenne de cette série (Harry Bosch).
             Falaises d'Olivier Adam - une écriture qui me touche, des thèmes qui rappellent peut-être un peu trop ceux des autres romans.
Tiphanya - L'apprenti épouvanteur tome 1 de Joseph Delaney - j'ai adoré me faire peur !
               Son bilan photo !!
Alexiel - La Quête d'Ewilan T.2 de Pierre Bottero - Un 2e tome encore plus captivant avec un souffle épique et une poésie omniprésents ainsi que des personnages plus développés.
            La Quête d'Ewilan T.3 de Pierre Bottero - Une fin de saga toujours aussi épique et poétique qui augure le meilleur pour la prochaine série de Bottero.
            Brokeback Mountain de Annie Proulx - Une histoire qui a réussi à me tirer des larmes sur le papier comme sur le grand écran.
Enna - La Part de l'autre d'Erik Emmanuel Schmitt - Un coup de coeur !
          Portrait Sépia de Isabel Allende - Une belle découverte!
          Apocalypse Bébé de Virginie Despentes  - Pas mal mais pas abouti à mon avis...
Sharon - Oscar Wilde et le cadavre souriant de Gyles Brandeth - un roman policier décevant.
             Sans un mot d'Harlan Coben - un thriller efficace et palpitant.
Lya - L'Elégance du hérisson de Muriel Barbery - Il était temps que je le lise, il est magnifique.
        Le chevalier au lion de Chrétien de Troyes - épique et magique !
        La cantatrice chauve suivi de La leçon de Ionesco - un avis mitigé mais une lecture qui permet de souffler un peu !
Patacaisse - Le barbier de séville de beaumarchais - J'ai beaucoup aimé, c'était enjoué. Un bon moment de détente !
                  Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos - Un véritable bijou !
                  Le vieil homme et la mer d'Ernest Hemingway - Un véritable coup de coeur ! Magnifique ! (quand je pense au temps qu'il a passé dans ma PAL,quel scandale !)
                  J'irai cracher sur vos tombes de Boris Vian - bof bof écoeurant !
Aifelle - La petite dame en son jardin de Bruges - Une lecture absolument délicieuse, sur l'amour entre une grand'mère et son petit-fils.
Tiphanie - un recueil de nouvelles et extraits de la collection Folio Au pied du sapin, Contes de Noël de Pirandello, Andersen, Maupassant etc ... - recueil varié, de quoi trouver son bonheur.
               Les Nouvelles Petites Filles Modèles - Tome 1 - L'accident de Rosalind Elland-Goldsmith -
Une lecture agréable.
               La fortune des Rougon d'Emile Zola - Une lecture fort intéressante qui donne bien envie de découvrir tous les Rougon-Macquart!
XL - Le vieil homme qui m'a appris la vie de Mitch Albom - une réflexion sur la vie, la foi, la sagesse, l'humilité, l'espoir et la tolérance.
Anne (des mots et des notes) - Le retour de l'aube de Malorie Blackman - Je n'ai pas été déçue par la suite de la célèbre trilogie, contrairement à d'autres...
Liza Lou - Harricana de Bernard Clavel, 1er tome de la série Le Royaume du Nord - Un début prometteur pour une série qui s'avère passionnante!
EstelleCalim - Orgueil et préjugés de Jane Austen - sorti de ma PAL avec un très grand plaisir :)

Pour ma part, j'ai lu Luxueuse austérité de Marie Rouanet, et j'ai aimé cette lecture toute en simplicité !

Je retiendrai de ce mois-ci...

L'arrivée des classiques dans vos lectures, la présence de saga dans vos Pals et les quelques haltes policières lues avec délectation. Ce mois-ci, Marie-bulle et XL se sont jointes à notre défi et Valérie est promue grande dévoreuse de PAL du mois avec cinq livres lus !

Annie se joint à nous in extremis pour janvier - Elle a lu Invitation à la vie conjugale d'Angela Huth, Un noël en famille de Jennifer Jonhston, Les cousines d'Aurora Vanturini, Paola de Vita Sackville West, Plus jamais d'invités de Vita Sackville West et La Plage de Marie Sizun. - Bienvenue !!

Rendez-vous en Février, pour découvrir encore une fois les trésors cachés de vos PALs !

objectif_pal_le_retour

Sinon, il y a toujours aussi ce que j'arrive à piocher ici [clic]. (Petit mode d'emploi)

 

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1 novembre 2010

En cours de lecture...

immeuble_1024

L'immeuble d'en face, c'est drôlement bien. C'est une BD en 3 tomes dont je n'ai pour l'instant dévoré que les deux premiers, ça donne envie d'aimer ses voisins, c'est réalisé par deux jeunes filles qui signent d'un pseudo collectif Vanyda. Et voici ce qu'en dit Frédéric Boilet en préface, je partage son interrogation émerveillée... "Il n'y aurait donc que les femmes pour oser raconter dès 20 ans de vraies histoires ? Je veux dire des histoires avec de vrais gens, de vrais sachets de thé dans l'eau bouillante, de vrais bisous au dentifrice, de vraies portes qui ne s'ouvrent que quand on a de vraies clés ?"

Le troisième tome est en réservation en bibliothèque...qu'il se dépêche, qu'il se dépêche Monsieur ou Madame le lecteur précédent...j'attends.

1 décembre 2010

En Novembre, dans vos Pals

pal2il y avait toujours beaucoup de livres en attente.
Mais vous avez lu...

Lecture commune d'Anne (des mots et des notes) et de Véro (l'encreuse) - Une vie Française de Jean-Paul Dubois - Avis d'Anne : beaucoup aimé ce livre ! - Avis de Véro : un roman jubilatoire !
Vilvirt - L'Affaire Jane Eyre de Jasper Forde - C'était hilarant, un vrai coup de coeur pour l'auteur !
           La Reine des Lectrices d'Alan Bennett - léger et agréable !
           Le crime est notre affaire de Agatha Christie - J'ai passé un très bon moment avec ce recueil de nouvelles.
           Le tome 9 des aventures d'Anita Blake de L. K. Hamilton - J'ai passé un bon moment, et j'attaquerai probablement la suite très bientôt...
           La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier - Une lecture agréable et très instructive.
Latite - Cave Canem de Danila Comastri Montanari - Un livre intéressant au niveau de l'intrigue, mais je n'ai pas accroché au personnage principal, ce qui m'a gâché ma lecture !
Aifelle - Numéro Six de Véronique Olmi - une lecture captivante !
Setsuka - Les portes du secret t1 de Maria V Snyder - Cette brique de 500 pages est tout simplement délicieuse.
              Où on va, papa ? de Jean-Louis Fournier - un énorme coup de coeur !
              La trilogie des Charmettes t1 de Eric Boisset - quelques grincements de dents !
Sharon - Le souffle de la hyène de Pierre Bottero - un très bon roman, dont il est difficile de lâcher la lecture.
             Mauvais frère de Maud Tabachnik - un roman au style agréable à lire, mais l'intrigue est trop prévisible !
             Le maître des tempêtes de Pierre Bottero - un coup de coeur.
             Projections macabres de Brigitte Aubert - un thriller historique passionnant.
             La danse des illusions de Brigitte Aubert - un roman historique très soigné.
George - La vie de Marianne de Marivaux - Un livre magistral, à lire et relire !
Alexielle - Les Yeux jaunes des crocodiles de Katherine PANCOL - une lecture laborieuse!
Valérie - Les Enquêtes de Mma Ramotswe d'Alexander McCall Smith - une lecture dépaysante et agréable.
Liza Lou - La parfaite lumière de Eiji Yoshikawa et La fête à Boro de Franck & Vautrin - deux très bonnes lectures !
Theoma - Acacia, la guerre du Mein de David Anthony Durham - emportée par le souffle de cette belle saga.
Tiphanie - Solal d'Albert Cohen
- Belle écriture, histoire sympathique mais je ne comprends pas vraiment pourquoi le livre a été si encensé !
Clara - Le joueur d'échecs de Stefan Zweig - Du grandiose, du magnifique !!!!
Kayleigh - Starfish de Peter Watts - Une lecture laborieuse. Je l'ai abandonné en cours de lecture.
Bookybook - Martin cet été de Bernard Chambaz - récit rempli d'émotion.
Sofynet - Trolls de Troy, volume 1 de Arleston et Mourier - toujours aussi drôle !
Le bilan de Typhania !
Kayleigh - Seul à savoir de Patrick Bauwen - Un roman prenant et rythmé.
              La grotte aux fées de Marie-Bernadette Dupuy - Très bonne lecture, plus prenante que les précédents tomes.

Quant à moi, j'ai lu Rien de grave de Justine Levy, et j'ai aimé. J'ai failli ne pas rendre ma copie à temps...ouf, in extrémis.

Je retiendrai de ce mois-ci...

Le combat que Vilvirt et Sharon ont tenu contre leur Pals. Elles ressortent toutes les deux gagnantes de cet affrontement livresque avec un score pour chacune de cinq livres lus... Le crime a eu la main mise sur ce challenge du mois de Novembre. Merci encore une fois pour votre motivation !! Je découvre des univers passionnants et des blogs riches.

Rendez-vous donc en Décembre, pour découvrir encore une fois les trésors cachés de vos PALs !

objectif_pal_le_retour

Sinon, il y a toujours aussi ce que j'arrive à piocher ici [clic].
Le billet flottant de Décembre apparaîtra à droite dès que possible...
La marche à suivre par ici.

27 octobre 2010

Le dernier amour de George Sand, Evelyne Bloch-Dano

ledernieramourdegeorgesand"Moins célèbre, moins brillant, moins doué qu'Alfred de Musset ou Frédéric Chopin, Alexandre Manceau ne laissa pas de trace dans les mémoires. Cet homme dévoué, qui avait choisi de se consacrer à sa reine de coeur, ne sortit pas de l'ombre. [...] Seule George Sand [...] garda dans le secret de son coeur le souvenir de l'homme qui l'avait aimée. Il avait été son compagnon et son ami. Une femme n'oublie jamais un homme qui lui a fait du bien.
Dix jours après la mort d'Alexandre Manceau, elle avait commencé un nouveau roman. Elle l'intitula : Le Dernier Amour."

Evelyne Bloch-Dano revient dans cette biographie vers l'homme qui partagea les quinze dernières années de la vie de George Sand, femme connue de tous pour ses amours tumultueuses, son rôle dans le romantisme et ses tournures masculines. Dans ce compagnon, ancien camarade de son fils Maurice, elle trouve stabilité, confiance et amour véritable. Lui graveur doué, elle écrivain talentueuse et prolifique de quarante-cinq ans, ils ont su se trouver, partager de multiples moments joyeux à Nohant, traverser des drames intimes, les bouleversements politiques de leur temps.

Mais Evelyne Bloch-Dano ne se contente pas de brosser ici avec talent ces années d'apaisement amoureux, elle raconte l'avant, elle explique l'histoire, les contextes, elle entre dans l'intimité d'une famille qui marquera les consciences et l'époque, elle donne aussi parfois son avis sur les rumeurs, les récits tronqués. Elle a cherché, fouillé, sa documentation est riche et foisonnante, son écriture jamais ennuyeuse. J'ai appris beaucoup, j'ai retrouvé l'impression que m'avait faite enfant la visite de la maison de l'écrivain (à Palaiseau ou Nohant ?) très blanche et colorée, j'ai pensé à ce vieux professeur de faculté qui me donnait toujours le sourire  - érudit sur George Sand  - et qui ne croyait pas à l'amour.
Un riche moment de lecture.

bouton3 Note de lecture - 4/5 - Editions Grasset - 20€ - Septembre 2010

Cathulu en parle - Le blog de l'auteure - Une critique de connaisseuse... - La Lecture de Keisha -

J'avais relu en 2008 La Mare au diable - Un article sur le blog des maisons d'écrivain dans lequel vous pourrez admirer de multiples photos de Nohant.

Ce titre est en lice pour le Prix Fémina Essai 2010 - Résultats le 2 Novembre

23 août 2010

Grandir, Sophie Fontanel ... Rentrée littéraire

grandir"Ces temps-ci, quand je pense à ce que j'essaie de sauver, je ressens un tel besoin d'aide que ça me fait trembler. Aider quelqu'un, je le sais maintenant, c'est avoir aussitôt soi-même besoin de secours. Et ces jours, je bois toute sympathie comme un buvard, et la moindre bonté me fait l'effet de l'amour. Jamais je n'ai eu autant la conscience des autres, moi qui ai fondé ma vie sur la liberté."

Une mère, devenue âgée, accepte enfin que sa fille prenne soin d'elle quotidiennement... et c'est encore de grandir dont il est soudain question. Comme si pour une enfant, et même à quarante six ans rien n'était encore fini, les possibles encore ouverts. Cette femme qui se penche vers une autre a encore beaucoup à apprendre de la fragilité de la vieillesse, du laisser-faire de l'impuissance avouée, elle ne s'en doutait pas.

Sophie Fontanel est connue généralement comme étant l'auteure du personnage de Fonelle dans ELLE. Dans ce roman, sans doute de l'auto-fiction, l'humour est donc présent, surtout dans les répliques maternelles, mais tellement enrobé de tendresse qu'il touche plus qu'il ne fait sourire. Cependant, ne vous y trompez pas, il n'est pas le centre du récit, seulement une partie de son attrait. Cette histoire est une histoire d'amour entre une fille et sa mère, principalement.
Et l'on pourrait se dire aussi, encore une apologie parentale, une de plus, mais non, voilà, il est simplement un élégant récit sur soi, et les autres, sur la filiation...
Après avoir vécu les failles, les blessures, les fatigues, la narratrice expose le présent, et il est intéressant d'assister aujourd'hui à un moment intime d'apaisement.
Il n'a bien rien d'inutile ce récit, il est universel, il apporte. Je l'ai beaucoup aimé. Il m'a beaucoup touchée.

Une tendre lecture de rentrée et un livre qui aide à grandir, oui. Merci Sophie Fontanel !

bouton3 Note de lecture : 4/5 - Robert Laffont - 17€ - Sortie le 23 Aout 2010challengerentr_elitt_raire

Challenge 1% rentrée littéraire 2010 : 3/7

Pour Papillon, c'est également une belle surprise !

18 octobre 2010

Ne sera

Tu griffes - Tu plantes tes yeux dans chaque espace qui s'offre à toi - Tu cherches une place - Tu tempêtes - De plus en plus - Mais seulement à l'intérieur - Ça fait un bruit d'enfer, ce brouhaha - Des rides se creusent sur ton front - Le coin de tes yeux - Tu ne t'en fais pas - La vie ne veut pas attendre - Qu'elle s'en aille donc voir ailleurs - Si les poules ont des dents - Tu es occupée - A autre chose - Sa voix, sa voix, sa voix - Ta place - Et ses yeux - Jamais jamais jamais - Tu ne seras à lui - Jamais il ne sera à toi - Tu tournes des toupies - Et puis tu tournes avec elles - Être sûre de ses sentiments - A quoi ça sert ? - Dans les romans - Après - Les corps s'étreignent - Ici non - Ils se noient - Ils jouent aux auto-tamponneuses - Ils perdent le sens du vrai - Ils s'écaillent de stupeur - Tu griffes, de mieux en mieux.

nesera

© Les écrits d'Antigone - 2010

3 octobre 2010

Ne veux

Tu ne veux blesser personne, c'est entendune_veux
Juste libérer l'angoisse
Te défaire du serpent tenace
Qui serre ton cou
Tu mesures tes mots
Tes gestes
Le poids de tes regards
Tout
Mais rien n'est assez
Rien ne suffit
Le serpent serre toujours
Ne lâche rien
Tu as tellement entendu justement, ces mots
Que tout ce que tu faisais était mal
Malvenu, inconvenant, blessant, tâché
Que tu les as cru

La vie est compliquée
Le bonheur stupide
Ta légèreté une bulle de savon
Le serpent tenace
Ta peine, une prison

© Les écrits d'Antigone - 2010

3 juin 2010

Le Fou de l'autre, Sophie Képès

lefoudel_autre"C'est en observant le bref vacillement dans ton regard que j'ai entrevu une issue : ne jamais te donner ce que tu attendais, ne jamais jouer le rôle que tu me dictais. Etre ailleurs. Etre une autre. Je ne me le suis pas formulé clairement à ce moment-là. C'était intuitif, inarticulé. J'ai foncé dans le noir..."

Des nouvelles ou des extraits de vie, on ne le saura jamais vraiment. Il s'agit ici de raconter des histoires de femmes, d'une femme en particulier peut-être, de parler de ses passions, des hommes de sa vie, de ses choix amoureux.
Rien de toujours très reluisant, rien de toujours très assumé non plus, rien de bien abouti dans ces histoires de coeur que l'on nous sert, à part des raisons de s'enflammer, de se passionner ou de regretter.
Les époux deviennent des ex. Les hommes sont alcooliques, infidèles, séducteurs. Parfois ils font bien l'amour, on s'en étonne alors, mais souvent ils déçoivent. Parfois aussi, les hommes sont des pères.

"Stendhal dit quelque part que l'amour s'empare de nous par deux voies : les sens et l'imagination. Je ne sais plus où, mais qu'importe ? Ce salaud de Stendhal a tout écrit sur les états et les nuances infinies du sentiment amoureux."

A l'instar de Spéracurel, j'ai entamé cette lecture avec un enthousiasme certain. De plus, l'écriture de Sophie Képès m'a tout de suite beaucoup plu, voilà qui était un point positif. Le ton, la verve frondeuse, tout était là pour me séduire. Cependant, j'ai refermé ce recueil un peu dépitée. Pour moi la plupart des nouvelles ont une chute qui tombe à plat, et l'on sait oh combien cet élément est important. Pour moi, me reste à l'esprit un sentiment désagréable au terme des pages, non que rien ne le soit réellement dans ce livre mais cela reste en suspens au fil des mots et colle de plus en plus aux yeux à la longue ...

Je commence à me demander si je ne traverse pas une phase négative en matière de lecture, car après quelques délicieux récits qui parlaient si tranquillement de campagne, de douceur et de temps, le sentiment qui domine chez moi est celui de ne pas être en osmose avec les derniers volumes que j'ouvre depuis quelques jours. Je le regrette pour eux, et je le regrette pour moi.

Lorsque je m'inscris à Masse critique j'aime cocher plusieurs livres, et laisser le hasard faire ensuite son choix... J'ai rencontré cette fois-ci Sophie Képès, j'aimerais beaucoup découvrir d'autres de ses écrits et m'en faire ainsi une idée plus complète.

bouton3 Note de lecture : 3/5 - Les éditions Noir sur Blanc - 12€ - Avril 2010

Un livre lu dans le cadre de l'opération Masse critique de Babélio - merci à eux !!

Le Fou de l\'autre par Sophie Képès

Sophie Képès

Critiques et infos sur Babelio.com

6 septembre 2010

Un petit extrait...

loup"Vous ne connaissez ni le marchand de sable, ni le croque-mitaine, ni La Petite Sirène, ni La Chèvre de M. Seguin. En revanche, grâce à un disque que vous écoutez en boucle dès l'âge de six ans, vous découvrez que les enfants peuvent être mangés par le loup s'ils mentent à leurs parents. Cela ne vous affole pas outre mesure. Pour mentir, il faudrait parler de ce qui vous arrive, ce que vous faites le moins possible. De toute façon, il ne vous arrive rien ou presque, vous passez votre temps à imaginer votre vie."

Extrait de que font les rennes après noël ? Verticales 2010

23 mai 2010

Là-haut, tout est calme ~ Gerbrand Bakker

l__haut_tout_est_calme"J'ai mis Papa là-haut. Après l'avoir assis dans une chaise, j'ai démonté le lit. Papa est resté dans cette chaise, comme un veau né de quelques minutes et que la vache n'a pas encore léché, tête vacillant de façon incontrôlée, regard qui ne s'attache à rien. J'ai arraché du matelas couvertures, draps et alèse, posé le matelas et les planches du fond le long du mur, défait les vis qui maintenaient tête et pied aux côtés. J'essayais autant que possible de respirer par la bouche. La chambre d'en haut - ma chambre - je l'avais déjà débarrassée."

Helmer décide un beau jour de tout changer. Son père, devenu un vieillard grabataire et peu bavard, dormira dorénavant là-haut, dans son ancienne chambre. Le fermier s'approprie petit à petit l'espace du rez-de-chaussée, repeint, modifie la décoration. Rien n'avait bougé depuis trente-cinq ans, depuis la disparition de son frère jumeau, Henk, dans un tragique accident de voiture. Helmer ne se plaint pas, mais une sourde colère semble le ronger, et le faire agir méthodiquement. Etonnament, au milieu de ce bouleversement, Riet, l'ancienne fiancée de son frère, fait son apparition, lui demandant de s'occuper quelques temps de son plus jeune fils, prénommé lui aussi Henk...

Certains livres nous imposent leur rythme, nous obligent à ralentir notre lecture, nous retiennent et nous apaisent étrangement, Là-haut, tout est calme est de ceux-ci. J'ai cédé à l'envoûtement de son atmosphère bucolique et à la cadence de son personnage taiseux, qui tel Robinson sur son île se construit geste par geste son nid.
Cet homme dont tout le monde a oublié le chagrin - avoir perdu en cours de route sa moitié, son double - cherche le bonheur, une sorte de vérité intérieure qui serait également le fil de sa future vie à lui, celle où après le décès de son père sa famille ne serait plus.
Les rapports entre les êtres sont ici décrits par touches infimes d'humanité. Personne n'est parfait. Rien ne s'avère être de la faute de personne. Chacun est responsable de son propre destin.
Une lecture au charme étonnant et à la force discrète. Un roman que j'ai véritablement aimé lire.

bouton3 Note de lecture : 4.5/5 - Gallimard - 21.90€ - Octobre 2009

Ce titre est un livre voyageur de Cathulu, merci !!

Bellesahi l'avait lu la première ... "Etrange. Il est comme vide et pourtant il vous tient."

8 mai 2010

Bienvenue à Egypt Farm, Rachel Cusk

bienvenue_egyptfarm"Quoi qu'il en soit ça m'a fait réfléchir, tu sais, sur Egypt, ce que ça représentait au final. Je veux dire, papa en a toujours parlé comme d'une vraie ferme, comme de quelque chose qui devait être entretenu et travaillé. Dès qu'on a pu marcher, quasiment, il a fallu qu'on donne un coup de main, avec les moutons et les foins et les clôtures, et on l'entendait en parler jour et nuit, et aujourd'hui je commence à me demander si ce n'était pas un peu une arnaque. Tu sais, s'il ne s'en servait pas pour nous contrôler. Je veux dire, si ça n'est pas une ferme, alors qu'est-ce que c'est ? C'est juste une belle maison, c'est tout. Une belle maison."

D'Egypt Farm, Michael conserve une image idéale, proche de sa définition personnelle de l'"âge d'or".
Invité à l'adolescence par la soeur de son camarade d'études à venir y assister à une fête d'anniversaire, il est fasciné par la liberté d'esprit de cette famille loufoque et bohème qui semble passer outre les dissensions et les contraintes.
Devenu adulte, et père d'un petit garçon de trois ans, il décide un beau jour de reprendre contact avec Adam, son ami, et de repartir vers Egypt Farm... Chez lui, sa femme s'est éloignée de lui et il est resté troublé par la chute accidentelle du balcon de leur maison, qui aurait pu lui coûter la vie.
Mais, se confronter aux illusions de sa jeunesse est toujours un pari aventureux et Michael découvrira que derrière un souvenir enchanteur se terre parfois une noirceur insoupçonnée.

Egypt farm est le roman du désenchantement par excellence. On part d'une scène première, idéale, pour tomber jusqu'au mot final dans le réalisme net et sans fioritures le plus vif. Il est de ce récit comme des tragédies grecques, on nous propose d'emblée une sorte de fin annoncée que l'on espère pourtant pouvoir éviter en tant que lecteur.
J'ai eu une lecture laborieuse et morcelée de ce titre, ce qui ne m'a pas permis de l'apprécier à sa juste valeur. Cependant, la qualité d'écriture de Rachel Cusk est indéniable et je n'ai pas échappé à l'envoûtement de l'univers qu'elle nous propose, ni à sa manière de brosser ses personnages avec grâce et talent. J'ai aimé particulièrement sa façon de parler des tout petits enfants, qui peuplent ce récit de manière discrète en arrière-plan, de décrire leurs gestes, leurs positions, leur présence.
Je possède Arlington Park dans ma PAL, je l'espère seulement un peu plus optimiste...

bouton3 Note de lecture : 3.5/5 - Février 2010 - 7€ - Editions Points

Elles l'avaient lu en grand format sous le titre Egypt Farm...
Clarabel souligne avec justesse un sentiment de contradicition ressenti suite à cette lecture - Une déception pour Cathulu - Papillon est heureuse de l'avoir juste emprunté...

19 juin 2010

Burquette, Francis Desharnais

burquetteEn 2003, Francis Desharnais est sur Paris alors que les français débattent de la place des signes religieux à l'école. Cela lui donne les premières idées de Burquette, un projet qu'il finalisera de retour au Québec quelques années plus tard.

Un père, résolu à ce que sa fille adolescente réfléchisse davantage au sort de l'humanité plutôt que de se vautrer devant la télévision, a l'idée - un brin malsaine - de la contraindre à porter quotidiennement une burqa, et ce pendant une année.

"-Je crois que cette expérience t'aidera dans ton développement psycho-social.
-Est-ce que tu l'as pris chez Gap au moins ?"burquette1

Tout est à prendre ici évidemment sous le biais de l'humour même si le rire est souvent jaune et porte à la réflexion. J'ai aimé la manière de Francis Desharnais de filer le thème jusqu'au bout et de mettre à plat nos préjugés. De plus, le petit personnage féminin au langage sarcastique est terriblement attachant. Pourtant, on s'étonne au tout départ de son obéissance sans réserve, mais ce préalable participe certainement de la réflexion...

"Cette bande dessinée parle de choc des cultures, de nos perceptions et de celles des nouveaux arrivants. Elle ne prétend pas amener la moindre solution, ni même dénoncer quoi que ce soit. Elle servirait davantage à prendre du recul pour permettre de voir les choses d'une perspective différente."

Editions les 400 coups - 10€ - 2008

J'avais déjà lu sur le même thème l'excellent Burqa!

Burquette t.2 paraîtra en octobre 2010.

Vous pouvez retrouver l'auteur sur son blog http://www.francisd.com/

31 janvier 2010

Ces livres dont les héros sont libraires

lelibraireBientôt, je dois présenter devant un petit groupe de lecteurs Le libraire de Régis de sa Moreira. Je sais que ce livre rencontre un accueil très partagé sur la blogosphère. Pour moi, ce fut une belle découverte, un véritable coup au  coeur, une réminiscence par le biais du poétique de moments réellement vécus en librairie, voilà pourquoi j'ai tout spécialement choisi ce livre pour cet exercice un peu intimidant.

J'ai le sentiment que les discussions vont être houleuses, ou émerveillées telles que je les espère. Nous verrons bien.

Tout cela pour vous dire qu'aujourd'hui j'ai besoin de vous. Une fois n'est pas coutume, en ce dimanche d'hiver, je sollicite vos méninges afin que vous puissiez me donner des pistes de lectures à conseiller, des titres de romans dans lesquels vous vous souviendriez avec certitude qu'au moins un des héros est libraire. Il est nécessaire que son rôle soit important, et que ce soient de préférence des livres que vous ayez aimé !! Merci à vous !

Voici les titres que je retiens déjà...

L'ombre du vent, Carlos Ruiz Zafon où l'histoire d'un petit garçon - Daniel Sempere, le narrateur - que son père emmène un jour dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L'enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d'occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets « enterrés dans l'âme de la ville » : L'Ombre du Vent.

Dans Miel et Vin de Myriam Chirousse, un des personnages est libraire. Dans son intérieur, les livres servent de murs, de tables, de chaises et forment un cocon dans lequel Judith trouvera le réconfort et un abri.

84 Charing Cross (Hélène Hanff) relate la correspondance qui s'établira entre Helene Hanff, depuis New York, et la librairie Marks & Co., sise 84, Charing Cross Road à Londres. Passionnée, maniaque, un peu fauchée, extravagante, Miss Hanff réclame à Frank Doel les livres introuvables qui assouviront son insatiable soif de découvertes. Vingt ans plus tard, ils s'écrivent toujours et la familiarité a laissé place à l'intime, presque à l'amour.

Vos pistes de lectures...merci !!

Dans Le libraire de Selinonte de Vecchioni "le narrateur raconte son éveil à la littérature, à la poésie des mots lus à haute voix par un étrange libraire. Des passages magnifiques d’œuvres aussi diverses que L’Œdipe à Colone de Sophocle, de textes de Pessoa, de Tolstoï, Dante, Proust et Borges sont  présentés et commentés par un enfant Nicolino qui les entend, caché derrière une pile de livres." (La lecture complète de Mirontaine)

Au bon roman de Laurence Cossé : "Qui, parmi les passionnés de roman, n'a rêvé un jour que s'ouvre la librairie idéale ? Non pas ce qu'on appelle une bonne librairie, où l'on trouve de bons romans, mais une librairie vouée au roman où ne sont proposés que des chefs-d'oeuvre ? En se lançant dans l'aventure, Ivan et Francesca se doutaient bien que l'affaire ne serait pas simple. Comment, sur quels critères, allaient-ils faire le choix des livres retenus ? Parviendraient-ils un jour à l'équilibre financier ? Mais ce qu'ils n'avaient pas prévu, c'était le succès." (La lecture de Sandrine)

Brookyn Folies de Paul Auster : Nathan Glass a soixante ans. Une longue carrière dans une compagnie d'assurances à Manhattan, un divorce, un cancer en rémission et une certaine solitude ne l'empêchent pas d'aborder le dernier versant de sa vie avec sérénité. Sous le charme de Brooklyn et de ses habitants, il entreprend d'écrire un livre dans lequel seraient consignés ses souvenirs, ses lapsus, ses grandes et petites histoires mais aussi celles des gens qu'il a croisés, rencontrés ou aimés. Un matin de printemps de l'an 2000, dans une librairie, Nathan Glass retrouve son neveu Tom Wood, perdu de vue depuis longtemps. C'est ensemble qu'ils vont poursuivre le rêve d'une vie meilleure à l'hôtel Existence...
et Jours de Juin de Julia Glass : "Jours de juin est construit sous la forme d'un triptyque où se succèdent trois étés dans la vie des McLeod. À la mort de sa femme, Paul entreprend un voyage en Grèce. Là-bas, il s'éprend d'une jeune artiste peintre. Son fils aîné, Fenno, a fui l'Ecosse pour New York où il tient une librairie. Fenno noue une amitié particulière avec son voisin, Mal, critique musical, flamboyant gay atteint du sida. La perte douloureuse qui s'ensuivra transformera sa vie." (Ces deux livres sont conseillés par Florinette)

Lettres à mon libraire est un ouvrage collectif édité aux éditions du Rouergue en septembre 2009. (sur une idée de Caro)

1280 âmes de Jean-Bernard Pouy : "Si Pierre de Gondol est le plus petit libraire de Paris, sa connaissance de la littérature tous azimut est considérable. C'est ainsi qu'un matin, l'un de ses clients, dérouté par la lecture d'un célèbre roman de Jim Thompson, vient lui demander où sont passés les cinq personnes oubliées dans la traduction de ce texte qui, en anglais, se nomme Pop 1280 et, en français, 1275 rimes : Pierre va alors se transformer en détective littéraire, pour retrouver dans d'autres livres, mais aussi en effectuant le voyage jusqu'aux États-Unis, la trace de ces étranges disparus. Une enquête littéraire haute en couleurs, qui revisite les grands textes tout en posant sur l'Amérique un regard débarrassé de bien des clichés" (Merci Sylire !)

L'amour est à la lettre A, de Paola Calvetti : "Rêves et sortilèges, c'est le nom qu'Emma a choisi de donner à la librairie qu'elle vient d'ouvrir à Milan. C'est le premier pas sur le chemin d'une vie qu'elle souhaite très différente. Elle ne choisit et ne vend que des livres consacrés à l'amour, vaste programme. C'est bien évidemment par l'intermédiaire d'un livre qu'elle retrouve Federico, architecte, installé à New York. Leurs retrouvailles vont donner naissance à une relation épistolaire, très belle et très intense, qui nous fait découvrir également New York à travers ses grandes bibliothèques et ses cafés littéraires..." (Merci Marie-Hélène !!)

Des héros/libraires sévissent également dans les titres suivants : Seule Venise de Claudie Gallay, La librairie Tanabe de Miyuki Miyabe, La Petite chartreuse de Pierre Péju, Laurence Block et sa série de libraire cambrioleur, Claude Izner et sa série de l'enquêteur/libraire Victor Legris, Le libraire de Kaboul de Anne Seierstad, La libraire a aimé de Sophie Poirier, Firmin de Sam Savage et Les yeux bleus de Mitassani de Jacques Poulin. (Merci Choco !)

Et enfin pour les québecquois, car ce titre ne semble pas disponible en France, Le libraire de Gérard Bessette (merci Lali !!).

26 mai 2010

Le goût des pépins de pomme, Katharina Hagena

le_go_t_des_p_pins_de_pomme"Le mur était éblouissant de blancheur. Pourquoi Max se comportait-il d'une manière si bizarre ? Je me postai à côté de lui, mais cette fois encore, il ne leva pas la tête. Le mur était entièrement peint et pourtant, Max se tenait là, à peu près au milieu, et il continuait de badigeonner. Il me sembla qu'il recouvrait de peinture quelque chose qui n'avait pas tout à fait disparu. Y avait-il eu à cet endroit une autre inscription en rouge que je n'avais pas vue et qu'il n'avait pas voulu me signaler, peut-être pour me ménager ? Je remarquai alors qu'il recouvrait de peinture quelque chose qu'il avait peint lui-même sur le mur. Mon nom. Une douzaine de fois environ.
- Iris, je...
- Ce mur me plaît.
Nous sommes restés là à le regarder pendant un long moment."

Iris vient d'enterrer sa grand-mère, entourée de sa mère et de ses deux tantes. A sa grande surprise, elle apprend, lors de l'ouverture du testament que c'est à elle que Bertha a légué sa maison. Iris doit décider en quelques jours de ce qu'elle souhaite en faire, avant de rentrer à Fribourg où elle exerce le métier de bibliothécaire.
Alors, la jeune fille s'installe entre les murs lourds de souvenirs de la petite maison, farfouille dans la penderie de ses tantes, va nager dans le lac et parcourt en tous sens sur le vélo de son grand-père le lieu des étés de son enfance.
Viennent lui tenir compagnie les fantômes des absents, sa grand-mère et la disparition progressive de sa mémoire, son grand-père poète à ses heures, mais aussi Rosemarie, cette cousine aux cheveux roux morte à l'aube de ses seize ans. Et puis, il y a Max, l'avoué, le petit frère de son ex-amie, celui qu'elle traitait de nigaud autrefois, qu'elle ne cesse de croiser depuis son arrivée...

Voici une bien belle histoire que ce goût des pépins de pomme.
Ce roman m'a plongé dans ce qu'il y a de meilleur parmi mes souvenirs d'enfance. Il est rempli de sensations, de bruits et d'odeurs. J'en ai aimé la petite folie douce, engendrée par le personnage d'Iris, avec cette manière qu'elle a de se déguiser avec les robes de ses tantes, de retomber en enfance, d'agir tout à coup selon le goût du moment. On ressent à quel point la jeune fille a été touchée par la maladie de sa grand-mère, à quel point elle se protège, et combien dans cette maison elle se laisse soudain couler vers le passé, en confiance.
Et puis, il y a Max, et là mon âme romantique a encore été comblée. Pfiou.
Ce livre est un presque coup de coeur, il m'a semblé que quelques longueurs s'insinuaient dans ma lecture aux trois quarts du roman...mais allons, juste le temps d'une petite sieste à l'ombre d'un pommier.
Une lecture au doux parfum de campagne et d'enfance.

bouton3 Note de lecture : 4.5/5 - 19.50€ - Janvier 2010

Ce titre est un livre voyageur d'Aifelle, un grand merci à elle, j'ai adoré !! Elle souligne d'ailleurs à bon escient la gaieté et l'humour de ce texte, dont je ne vous ai pas parlé dans mon billet.

L'avis de Ptitlapin : "Il y a de la folie, de la jalousie, de l'amour, de la tendresse, de la peur. On passe du grave au superficiel tout en aimant redécouvrir le goût des pommes. Tout est léger même si les souvenirs sont lourds."

Mango : "Ce récit est comme une pyramide, large à la base,  très resserré à la fin sur ce drame qui a fait éclater tous les liens, chacun s’éloignant des autres, dans un immense chagrin silencieux. Tout ce livre cependant respire l’aspiration à un bonheur simple et paisible. Je l’ai beaucoup aimé !"

Cathulu en a abandonné la lecture, et Véronique La Pyrénéenne est plus pondérée :"Je ne me suis vraiment attachée ni à la maison ni à aucune de ces femmes, le plus touchant pour moi ayant certainement été Max, le petit frère de l'ancienne amie d'Iris, aujourd'hui avoué en charge de la succession et qui tombe amoureux sans avoir eu le temps de s'en rendre compte..."

Les avis sont partagés !!

17 février 2010

Le Serpent à Plumes pour Haïti (collectif)

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Pour info, Les éditions du Serpent à plumes publient une revue dont les bénéfices iront à l'Hôpital de la Communauté Haïtienne. Sa sortie est prévue pour demain, 18 février, en librairie.

En voici le sommaire :
•Dany Laferrière, Le Cri des oiseaux fous, roman (extraits).untitled
•David Damoison, Nuits noire et nuits blanches, photographies.
•Louis-Philippe Dalembert, Les dieux voyagent la nuit, romane (extrait) ; Liens de sang, nouvelle.
•Yannick Lahens, Dans la maison du père, roman (extraits).
•Gary Victor, Banal Oubli, roman (extrait).
•Frankétienne (en attente).
•Fred Koenig, photographies.
•René Depestre, entretien Depestre par lui-même.
•Thomas C. Spear, Lettre à Sergine. inédit.
•James Noël, témoignage, inédit.
•Rodney Saint-Éloi, La tendresse et l’élégance nous sauveront du séisme.
•Hervé Télémaque, tableaux.
•Evelyne Trouillot, roman à paraître, La Mémoire aux abois (extrait).
.
Syto Cavé, Fatras-Bâton, nouvelle.
•Émile Ollivier, Mère-Solitude, romans (extraits) ; Des nouvelles de son excellence, nouvelle.
. Frankétienne, D'un pur silence inextinguible, (extrait).

"Pourquoi publier un numéro hors-série du Serpent à Plumes ?
Depuis sa création, Le Serpent à Plumes a su construire un superbe catalogue d'auteurs francophones. Il s'est étoffé au fil des ans d'auteurs étrangers et de tous bords, mais la littérature haïtienne y occupe une place à part. Dany Lafarrière, Yannick Lahens, Emile Ollivier, Louis-Philippe Dalembert, tous on publié dans cette maison d'édition. [...]
A notre façon, nous avont voulu offrir au public un morceau de culture haïtienne. En recueillant des extraits de romans, des nouvelles, des entretiens et des témoignages, des photos et des tableaux. "

"L'Hôpital de la Communauté Haïtienne est l'un des rares centres médicaux à Portau- Prince qui se concentre sur les soins apportés aux plus pauvres, sans aucune aide de l'Etat. Sa capacité de 50 lits est, depuis le tremblement de terre, totalement dépassée : des milliers de victimes se présentent, jour après jour, et les besoins sont immenses. Manque de médicaments de base, de matériel orthopédique, de personnel : la plupart des patients, aujourd'hui, n'ont plus de maison, plus de foyer, souvent plus de famille, ne savent plus où aller. Les traumatismes sont ceux du temps de guerre : surtout des membres écrasés et des blessures à la tête. L'aide n'est pas seulement nécessaire : elle est urgente, vitale. Elle ira à ceux qui, depuis toujours, sont les délaissés, les nécessiteux, les sans-abri d'Haïti, et qui, plus que jamais, sont seuls. L'Hôpital de la Communauté Haïtienne est leur hôpital."

ISSN 2268069362 - 15 € - 176 pages

5 avril 2010

Un brillant avenir, Catherine Cusset

unbrillantavenir"Entourée de ces jeunes Américains qui parlent anglais entre eux et s'adressent à elle affectueusement, Helen se rappelle l'époque où son fils, étudiant de licence à Harvard, amenait ses amis à dormir dans le NewJersey après une fête tardive à Manhattan, sans même prévenir ses parents. Elle se réveillait le dimanche matin et trouvait sa maison, tel le château de la Belle au Bois dormant, peuplée de jeunes gens endormis sur les canapés du salon, sur la moquette de la salle à manger, ou au sous-sol. Elle en était heureuse. Tandis qu'ils lèvent leurs verres aux jeunes mariés rayonnants, elle oublie les mois d'insomnie et d'angoisse. Après tout, peut-être une épouse française n'empêchera-t-elle pas Alexandru d'avoir un brillant avenir."

Elena est roumaine. Le résultat d'une filiation obscure. Ses parents adoptifs, oncle et tante, seraient peut-être ses véritables parents. Elle n'en sera jamais certaine. En 1958, elle rencontre Jacob, lors d'un bal. Ils tombent éperduement amoureux, mais le jeune homme est juif et les parents d'Elena s'opposent au mariage. Le couple passera outre et quittera après la naissance de leur enfant la roumanie pour Israël, puis pour les Etats-Unis.
Devenu jeune-homme, Alexandru, leur fils, rencontrera à son tour l'amour, en la personne d'une jeune française, Marie, qu'il épousera finalement lui aussi malgré le désaccord de ses parents. En effet, Elena, qui se fait appeler désormais Helen, tremble devant cette belle-fille étrangère qui lui semble un danger pour l'avenir de son fils et pour l'équilibre de leur famille. Mais cette inquiétude est-elle fondée ?

J'ai beaucoup lu autrefois Catherine Cusset, notamment son roman Le Problème avec Jane qui a reçu en 2000 le Grand Prix des Lectrices ELLE. Il y a eu également ses autres écrits, plus autobiographiques, comme par exemple La Haine de la famille, Amours transversales, En toute innocence, que j'avais beaucoup aimés à une époque... Je me souviens être sortie d'une librairie de Nantes, il y a quelques années, un paquet de Folio blancs signés Catherine Cusset dans les mains. Un brillant avenir se classe pour moi dans la même veine que Le Problème avec Jane, nous y rencontrons la dimension de conteuse de l'auteure.
Sans disséquer particulièrement ce roman, je dirais que j'en ai apprécié ici les aspects historiques, cette incursion profonde dans une Roumanie inconnue, isolée. J'ai aimé le caractère d'Elena jeune, et ses contradictions d'adultes, le personnage de Marie aussi. L'auteure sait, avec talent, pointer du doigt les terreurs de mère, le bouleversement des moeurs entre deux générations que tout semble opposer. Il y a beaucoup de promiscuité dans ce livre, des canapés que l'on déplie pour un soir, ou quelques mois, de la dignité et de la fierté que l'on ravale douloureusement.
Un moment de lecture profond et intéressant.

bouton3 Note de lecture : 4/5 - Folio - Février 2010 - 7.10€

Biblioth_que_et_LALCe titre a reçu le Prix du Goncourt des Lycéens 2008

Solenn a apprécié ce "très beau portrait de femme" - Keisha a trouvé cet écrit plus plat que les autres romans de l'auteure - Un roman vraiment très réussi pour Cuné - Anna Blume est un peu déçue - Ce roman a parlé à Leiloona - Toutes les autres lectures sont chez BOB...

4 janvier 2010

La pêche aux mots, Joëlle Ecormier

lapecheauxmots"Il y a des pêcheurs de carpes, des pêcheurs de sardines.
Et il y a des pêcheurs de mots..."

Ce petit livre avec des mots tout simples, ceux de Joëlle Ecormier, des dessins stylisés à la manière du petit bonhomme à la craie de notre enfance (La linea), exprime avec talent et émotion les caprices et les méandres de la création littéraire et ce sous la forme d'une métaphore bien trouvée, la pêche.

"Il vient toujours
quelque chose
quand on attend.
Le pas des insectes.

La peau de l'eau qui tremble.
Le ciel à l'envers.
Le fil de l'eau.
On a été le flotteur.
On a tenu la canne.

Et puis, on a appris
le silence."

Tout est si juste, si vrai, si évident et si joliment dit dans ce tout petit livre, que je dois vous l'avouer j'ai été émue.

livre_22

ISBN 978 2 907354 95 0 - 4.50€ - AOUT2009

Un cadeau à faire et à se faire... Merci Véro !

- La fiche de présentation sur le site de l'auteure - http://joelle-ecormier.fr/ - http://motus.zanzibart.com/

21 mars 2010

Homme... (catégorie "Mes écrits")

hommechapeauFou.

Cache tes yeux, ton regard.
Si tu veux.

Trop tard.
Je t'ai vu.

Moi.

La lumière, floue, de ce matin-là, je m'en souviens. Mon coeur en mille morceaux, ouvert. Ce quotidien marqué qui blesse à chaque passage sur ma peau, même endroit toujours, ce lieu intime du manque et de l'espoir.

Homme. Fou. Je t'ai vu me chercher, ne pas me trouver, t'affoler. J'ai vu cet afflut étrange de panique te submerger. Je croyais être seule, et je ne le suis plus. Comment savoir si je dois m'en réjouir, ou pleurer ?

La lumière de cette journée, l'avais-tu remarquée aussi ? Un peu plus tôt, il y avait eu mes mouvements, le sourire des autres, le bonjour des pères, leurs filles au bout des bras, ma solitude. Je suis parfois comme cela, presque transparente aux émotions et aux évènements. Tellement de temps passé depuis le début. Tellement d'énergie envolée pour seulement se résoudre, oublier, passer à autre chose, quelqu'un d'autre. Tellement de rien et ma peau, mon corps collé à ce lieu où tu es, ce lieu que je ne peux plus quitter.

Homme. Stupide. Qui croyait sans doute que la raison suffit quand l'amour n'est plus. Comme moi.

Si tu savais combien je t'observe, combien je te laisse le temps de m'approcher. Le temps, c'est tout ce que j'ai. Toi aussi. Mais le tien court, il s'affole.
Tu étais là, debout, au milieu des autres, à observer ma place vide. Et je t'ai vu.

Tu te pensais invisible.

© Les écrits d'Antigone - 2010

Découvrez la playlist FIREFLIES avec Chris Garneau

10 mars 2010

En cours de lecture...

homme"Il y a un manque. Comme si j'étais amputé de choses qui n'existent pas encore. Il n'y a pas de mot pour décrire ces choses pas encore nées. Des gens que je ne connais pas me manquent. Je sais que je les rencontrerai un jour, qu'ils et elles seront mes amis, que j'aimerai cette femme dont l'empreinte spectrale flotte autour de moi.
Je suis enceint de ces êtres aimés à venir. Ils sont les fantômes, non pas les fantômes de ceux qui ne sont plus, mais les fantômes de ceux qui ne sont pas encore à mes côtés. Fantôme n'étant pas le bon mot pour parler de ces formes vaporeuses, j'ai inventé le terme émofant. Les émofants, les fantômes de ceux qui ne sont pas encore là."

Extrait de Une parfaite journée parfaite, Martin Page

23 février 2010

Breakfast After Noon, Andi Watson

breakfastRob et Louise viennent d'être licenciés de l'usine de faïencerie dans laquelle ils travaillaient tous les deux, et ce juste quelques semaines avant la date prévue de leur mariage. Autant Louise décide de multiplier les démarches afin de remettre le pied à l'étrier, autant Rob s'enfonce, persuadé de n'être capable que d'assembler de la porcelaine...
Voilà qui va l'éloigner de ses amis, de sa famille et surtout de celle qu'il aime.

9782203372351_1

J'ai beaucoup apprécié dans cette BD la peinture réaliste de la situation, tellement d'actualité malheureusement, les silences, la difficulté de Rob de passer "à autre chose", compréhensible. Même si mon résumé donne une idée manichéenne des évènements, qui donnerait à Louise le beau ou le mauvais rôle, selon les avis, les personnages ne sont pas du tout grossièrement brossés ici. Dans cette histoire, il est permis de cesser de comprendre mais également de se tromper, voilà qui est drôlement optimiste et réconfortant...

breakfast_afternoonJe poursuis ma découverte de la collection Casterman Ecritures commencée ici...et j'aime bien. J'y découvre des univers intéressants, plus déliés qu'en littérature pure (le dessin permet de libérer la parole, sans doute) et pourtant proches du roman par leur structure.

A suivre...

Casterman 2002 -

18 février 2010

En cours de lecture...

femmelivrebus"Elle est de nouveau dans un bus, le livre entre les mains. Elle respire doucement, comme à la minute qui précède l'endormissement, béate. Elle relit ces phrases sur un homme de fiction mais qui semble si vivant, même après sa mort de papier, survivant dans un amour de papier, mais si vaste, si absolu, qu'elle ressent elle aussi un mélange d'amour profond et de deuil. (Mais pour qui ? Quel visage voit-elle lorsqu'elle lit le nom de Malik ? Le reflet flou de traits anguleux ? Le souvenir du visage de Gabriel ? Un autre visage, où les deux se fondraient ? Et pourquoi pas celui d'Elias ? Pourquoi certainement pas celui d'Elias ?)
Elle relit ces mots qui lui offrent une autre vie, plus libre, reliée au vaste monde, à ses palpitations, aux seules vraies raisons de vivre, l'amour et l'art. Une vie qui tient ses promesses de richesse et d'intensité. Elle voudrait arriver au bout du livre, et dans le même temps elle voudrait qu'il ne s'achève jamais, qu'il reste une histoire dans laquelle elle a pris place et qui lui donne depuis hier le sentiment qu'un sang nouveau coule dans ses veines, le sang de Lila Kovner qui n'a pas eu une vie heureuse mais qui l'a vécue si intensément, qui a su ce qu'était l'amour, ce qu'était la guerre."

Extrait de Les âmes soeurs de Valérie Zenatti

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  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
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