Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Les lectures d'Antigone ...
Publicité
Ardoise magique

Ce blog a dorénavant une page Facebook...
https://www.facebook.com
/antigone.lectures

Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

Newsletter
90 abonnés
20 août 2012

Aral, Cécile Ladjali

aral

"Parce que la mer a commencé à s'effacer quand je suis devenu sourd, tout mon rapport au monde et à l'effroi a changé le jour où j'ai dû me dire que si je ne voulais pas mourir de peur, il fallait que je brave l'absence et que je la remplace par quelque chose d'autre. Depuis, ce quelque chose d'autre (la musique ? l'amour ? la folie ?marche à mes côtés."

Alexeï et Zena sont amis d'enfance. Ils se sont promis tout jeunes de se marier ensemble. Ils vivent près de la mer d'Aral asséchée, celle-là même qui en partant a laissé dans son sillage la misère et à l'air libre un sol pollué et nocif pour ses habitants. Alexeï est devenu sourd peu à peu mais est pourtant à l'âge adulte un musicien et un compositeur reconnu. Zena est une scientifique très concernée par l'environnement. Tous deux espèrent le retour de la mer d'Aral, mais entre incompréhensions et maladresses vont se forger une vie éloignée...

J'étais très intéressée par le thème qu'a développé ici Cécile Ladjali. Après l'avoir vue en interview, je me suis empressée de noter son livre. En 2006, son Louis et la jeune-fille m'avait également beaucoup plu.
Aucune déception avec ce titre donc, qui s'égrène pourtant avec lenteur et forte apathie. J'ai été séduite, et émue, par sa grande poésie, la recherche évidente du mot juste qui parcourt ce roman.
Alexeï est le personnage que l'on suit essentiellement, anti-héros assez peu sympathique qui se révèle au final, et heureusement, dans les dernières pages. Il est à la recherche de l'absolu, de la huitième note, au détriment de ceux qui l'entoure.
Mais l'intérêt est ailleurs, dans l'écriture de l'auteure, dans l'évocation du drame collectif qu'est cette mer disparue. Cécile Ladjali a su décrire au mieux l'acidité d'une fascination qu'un peuple entier partage avec ses héros de papier.
Une lecture d'un intérêt évident.

Editions Actes Sud - 19.20€ - Janvier 2012 - Merci ma bibli !!

Pour tout connaître sur la mer d'Aral [clic].

Le moment de TV tentateur... qui parle d'un roman sur le silence et la disparition

Publicité
18 août 2012

Une sortie poche...

noscheveux...à ne pas râter.

"L'idée de partir était comme un petit feu de bois placé au centre de son cerveau. Au bout de quelques temps, il comprit que les flammes ne s'éteindraient pas d'elles-mêmes." 

Ce roman s'articule en deux parties. Il y a tout d'abord "le dehors du dedans", où le récit d'un voyage conduisant Walther du nord au sud quittant tout pour vagabonder et aider un oiseau à migrer. Il a laissé, là-bas, la femme qu'il aime, Sally.
Dans la seconde partie, "le dedans du dehors", nous retrouvons un homme, devenu "je" et père, dans la contemplation de ce qui fait le sel des jours et du quotidien... Les deux parties du livre sont liées éditorialement, j'ai préféré moi les dissocier dans mon esprit tant leurs univers sont différents ; ils ont de plus chacun leur intérêt particulier...

Présenté comme un roman, Nos cheveux blanchiront avec nos yeux est en fait une continuité de petits textes, au charme poétique sûr, des photographies d'instants.

Editions 10/18 - 6.10€ - 16 août 2012

 

7 août 2012

1Q84 version Audiolib

1Q84"Dans le monde bien réel de 1984 et dans celui dangereusement séduisant de 1Q84 va se nouer le destin de Tengo et d'Aomamé..."

Pour bien parler de cet objet livre audio, il faudrait que je vous raconte tout d'abord mon périple pour simplement parvenir à l'écouter. Je n'avais pas saisi qu'il s'agissait de deux CD en version MP3. Bon, impossible pour moi - donc - de l'écouter sur ma chaine, apparemment trop vieille. Mon ordi a refusé tout net de synchroniser l'ensemble vers les baladeurs MP3 que l'on possède à la maison, manque de place sans doute. Seule solution véritable, écouter l'ensemble sur mon ordi qui a bien voulu, lui, enregistrer sur son disque dur les plages des deux CD, pratique pour écouter plus de 16h de texte... C'était vraiment mal parti, mon casque sur la tête, cliquant toutes les cinq minutes sur le bouton pause. Mauvais présage ?

Je remercie avant tout Audiolib pour l'envoi, et Maia Baran et Emmanuel Dekoninck pour leur deux jolies voix à tomber. Cependant, force est de constater que cet essai audio sera pour moi le dernier. Outre le fait que je n'ai pas accroché à l'histoire, je pense que ce format n'est vraiment pas adapté à ma vie quotidienne qui ne me laisse pas assez d'opportunités d'écoute alors que je peux lire un livre papier dans le brouhaha le plus absolu, j'ai l'habitude. Quel dommage !!

Allez, pour ne pas rester sur une note négative, écoutez et regardez cette petite vidéo ci-dessous qui vous donnera sans doute envie, adeptes du format que vous êtes, de vous plonger dans une telle histoire riche en atmosphère...

  Audiolib - 24.40€ - Janvier 2012

21 mai 2012

Au début, François Bégaudeau

audébutbégaudeau"La question ici c'est le début. Le désir, si c'en est un.
Le désir ne doit pas être confondu avec les causes, qui elles-mêmes n'équivalent pas aux circonstances. D'un système complexe de circonstances est né un enfant. Rencontre d'un mec super + inconséquence de l'amour + goût incurable pour l'enfance + facteur X = je me retrouve maman."

Oubliez cette couverture. Un brin effrayante je dois l'admettre.
Oubliez ce que j'ai pu vous dire autrefois sur l'auteur (combien il était macho dans ses propos, etc...).
Oubliez que vous lisez un livre écrit par un homme.
Puis, écoutez parler ces femmes, des commencements, du début, du moment ou est venue l'envie, l'idée de l'enfant.

François Bégaudeau a retranscrit ici, dans son roman, le récit de plusieurs grossesses, difficiles ou parfois terriblement simples. L'amour n'y est pas si évident, naturel, la vérité bien crue, pas celle que l'on imaginait. La mort et la douleur sont en lisière, à l'affut, prêtes à dégainer leurs armes cruelles à l'occasion. La solitude aussi. Autour de ces femmes en gestation, en attente d'enfants, il y a parfois foule, un compagnon, ou le vide, mais il y a toujours en conclusion cette rencontre unique entre une mère et son bébé.

Je suis toujours très sensible sur le sujet. J'avais accueilli le roman d'Eliette Abécassis à sa sortie, Un heureux évènement, comme une bénédiction. J'ai été très émue par ce recueil de nouvelles, à la délicatesse bien inattendue.
Merci monsieur Bégaudeau ! Cette fois-ci, vous avez su toucher mon coeur !

Quelques petits détails m'ont amusé également, qu'un des personnages accouche dans le même hôpital de Nantes que moi par exemple, ou reconnaître dans le récit-hommage halluciné d'une future mère l'héroïne angoissée de Rosemary's baby.

"Je me suis dit : maintenant ça rigole plus, maintenant tu es en vie. Pendant vingt-cinq ans j'avais flotté dans une certaine incrédulité quant à la réalité de ma présence au monde. Là j'en étais. Les deux pieds dedans."

Une lecture étonnante et très féminine, axée sur ce qu'est la véritable maternité. Un coup de coeur !!

heart   Alma éditeur - 18€ - Février 2012 - Merci ma bibli !!

La collection Pabloïd/Roman chez Alma (l'éditeur qui monte !!)

J'avais noté ce titre chez George et je la remercie pour son billet qui a su me convaincre. 

19 mai 2012

La croisière d'ultime espérance, Alain Keralenn

alainkeralenn"Dissuader Kenji et Samir d'agir en prouvant que leur entreprise n'avait pas de sens : voilà ce à quoi elle allait s'attacher."

Marie se rend au Japon, juste après le séisme qui a dévasté une grande partie du pays. Consultante française en matière de déchets nucléaires, en charge de la certification d'une cargaison qui ira bientôt rejoindre l'Europe pour retraitement, elle est accueillie à son arrivée par un jeune japonais attachant, Kenji, pour lequel elle éprouve tout de suite beaucoup de sympathie. Ils resteront en contact.
Ce dernier est ami avec Samir, un chrétien d'Iraq. Tous les deux vont entraîner la jeune femme dans un complot qui mènera le trio jusqu'à Valparaiso...

Voici un premier roman très prometteur. En effet, malgré quelques défauts de rythme et de fluidité, de vraisemblance également parfois, il est doté d'une belle écriture et d'une intrigue assez prenante. J'ai été très agréablement surprise par ce titre moi qui n'accepte aujourd'hui de recevoir des livres qu'avec une grande circonspection. Je ne regrette pas d'avoir dit oui cette fois-ci et je remercie l'auteur pour sa confiance.
Ce qui m'avait intéressé ici est la modernité et l'originalité du sujet, très réactif face à l'actualité, et puis l'albatros de la couverture avait terminé de me convaincre.

Le contenu de ce livre aux allures de roman d'espionnage est documenté et son style sûr. Quelques scènes sont même très visuelles et fortes. J'espère lire encore Alain Keralenn !

Editions France-Empire - 19€ - Février 2012

Publicité
14 mai 2012

Les mains libres, Jeanne Benameur

lesmainslibres"Il voulait remettre dans ses mains le livre qu'il ne peut pas lire et qu'il se passe quelque chose.
Et elle avait fait ce que plus personne n'avait fait pour lui depuis sa mère. Elle lui avait lu l'histoire.
Le jardin, ce ne pouvait être qu'à elle qu'il le devait.
Il y a dans le monde des jardiniers invisibles qui cultivent les rêves des autres."

Madame Lure a une vie solitaire dans son petit appartement. Son mari, grand lecteur, est décédé depuis longtemps. Autrefois, il est allé en Afrique. Elle à présent voyage aussi, mais seulement en pensées, via des brochures touristiques qu'elle se procure régulièrement auprès d'une agence de voyages. Un jour, sa vie bascule. Elle rencontre Vargas. Son regard est attiré par les mains du jeune homme alors qu'il vole une tablette de chocolat. Elle le suivra jusqu'au campement de nomades où il séjourne avec sa tante et son grand-père. Le lendemain, elle dépose un livre près de chez eux, sur une pierre. Et c'est le début d'une histoire de livres, de lectures et d'amitié...

Voici un bien joli titre de Jeanne Benameur. Il n'est pas celui qui a ma préférence dans son oeuvre, ma préférence allant sans doute aux Demeurés. Mais on retrouve dans ce roman les thèmes qui sont chers à l'auteure, comme le nomadisme (voir aussi Les reliques), la relation mère/fille (Laver les ombres) et plus largement comment l'apprentissage des mots, du langage, de l'écriture peuvent devenir des vecteurs essentiels de communication et d'union entre des êtres que tout sépare. Au contraire de la méconnaissance qui isole. Les mains libres est un roman qui croit fortement au pouvoir des livres et en cela il est très beau. Je suis peut-être restée un peu insensible à l'histoire, moins touchée cette fois-ci mais Jeanne Benameur sait parler directement à nos émotions, profondes et enfouies, et ouvre l'esprit... toujours, et voilà pourquoi j'aime la lire... souvent.

Editions Folio - 5.95€ - Janvier 2006 - Merci ma bibli !!

Tout Jeanne Benameur sur ce blog - Un coup de coeur pour Clara ! - La lecture aussi enthousiaste de Géraldine ! 

 

9 mai 2012

Anne Morrow Lindbergh

annemorrowlindbergh-large"Une île, des rochers sauvages ne vous isolent pas de ceux que vous aimez. C'est dans les régions sauvages de l'esprit et dans les déserts du coeur que l'on se sent perdu, étranger. Quand on est étranger à soi-même, on l'est également à autrui. Si l'on n'est plus capable de se trouver soi-même, on ne peut espérer rejoindre les autres. Que de fois, à la ville, entre amis, j'ai senti qu'un désert s'étendait entre moi et l'autre ! [...] On ne peut communiquer avec ses semblables qu'à la condition d'être soi-même relié à son propre centre vital. Et, pour moi, c'est dans la solitude que je retrouve le mieux cette source intérieure."

Extrait de Solitude face à la mer (édité chez Pocket en 2003 et épuisé depuis... dommage !). Ce texte a été publié pour la première fois en 1955.

Sur une île sur laquelle elle s'est retirée pour quelques temps, Anne Morrow Lindbergh, épouse du célèbre aviateur, goûte à la solitude et s'adonne à la contemplation des coquillages. Mère de cinq enfants, elle a par ailleurs une vie bien remplie.

Malgré ses quelques traits un peu datés, Solitude face à la mer est un très beau texte d'introspection et de méditation. L'écrivain pose un regard sur la femme américaine d'alors et forte des préceptes de Virginia Woolf (Une chambre à soi) lui souhaite du temps pour elle, pour la solitude et pour l'échange, une vie simple pour garder conscience de sa vie, de l'espace pour restituer aux choses leurs valeur et leur beauté.

"Les vagues font écho derrière moi. Patience, foi, ouverture du coeur et de l'esprit, simplicité, solitude, intermittence, voilà ce que la mer enseigne. Mais il y a d'autres plages à explorer, d'autres coquillages à trouver. Ceci n'est qu'un commencement."

30 avril 2012

Forêt noire, Valérie Mréjen

foretnoire"Un soir en revenant chez lui après une brève absence, il avait remarqué une flaque de sang par terre et découvert au fur et à mesure qu'il parcourait les pièces que son colocataire avait décidé d'en finir de la façon la plus atrocement douloureuse qu'il avait pu trouver, en avalant du produit déboucheur pour canalisations."

Quel étrange livre ! Mais quelle fascination aussi, bizarrement douce, à l'évocation de toutes ces disparitions qui jalonnent la vie de la narratrice, comme autant de passages... Pourtant, ils sont souvent d'une violence insoutenable, ces décès, quand on y réfléchit un tant soit peu, terriblement injustes.

Apparemment, Valérie Mréjen a écrit ce texte, cet inventaire partiel qui passe sans transition d'une histoire à une autre, en se référant notamment aux débuts d'épisodes de la série "Six Feet Under", et aussi à une phrase de Mirelle Havet dans son journal de 1918, "...et je suis pleine de morts comme une crypte, pleine de souvenirs et de rêves".

Histoire de revenants donc, comme cette femme qui - à un moment - se promène aux côtés de celle qui raconte. Histoire d'esprits nous cotoyant. Histoire du temps qui passe. Histoire de ce qui n'est plus. Forêt noire est tout cela.
Une lecture spéciale qui ne demande rien au lecteur, sauf de se laisser envoûter.

"Cela vous fait penser à quoi ?
Aux fantômes.
Mais encore ?
A des cerises sur un gâteau.
Oui.
Un gâteau d'anniversaire, qui porterait le nom d'une forêt épaisse et peuplée de fantômes.
Et puis ?
A des couleurs, comme dans un conte : noir comme l'ébène, rouge comme le sang, blanc comme la neige."

Editons Minuit - 10€ - Mars 2012

http://valeriemrejen.com/folio/

Cathulu l'a lu et nous propose une vidéo que je vous rajoute ici

22 avril 2012

La Belle année, Cypora Petitjean-Cerf

labelleannée"Au début, les élèves ne respectaient pas  mademoiselle Kuntz, alors que maintenant ils sont calmes dans son cours. Plus tard, je voudrais être exactement comme elle : douce et paisible. [...] En fait, cette femme est la version parfaite de l'être humain, l'aboutissement de millions d'années d'évolution. Je ne vois même pas pourquoi notre espèce continue à se reproduire puisqu'elle est née."

Tracey a 11 ans et vient d'entrer en sixième dans un collège de Saint-Denis. Affublée de quelques "facilités", elle a par ailleurs à coeur de faire régner dans sa classe calme et sérénité. Pour ce faire, elle n'hésite pas à intervenir lorsque certains professeurs se font chahuter. Tracey est respectée, tout le monde connait ses crises de colère et sa dégaine androgyne. A la maison, c'est une autre affaire, sa mère lui hurle dessus depuis sa naissance et elle n'aime pas trop son beau-père d'origine japonaise qui s'exprime pour l'instant très mal en français. Heureusement, elle a son copain Cosimo, son ami depuis le CP. Tous les deux se sont déclarés homosexuels et passent beaucoup de temps ensemble. Heureusement aussi, il y a son père, même si il reste terré chez lui. Son congélateur est toujours rempli de glaces.
Tout ce petit monde va évoluer au cours de cette année scolaire riche en rebondissements, et Tracey devenir petit à petit une jeune-fille...

J'ai démarré ma lecture un peu dubitative - je n'aime pas toujours entendre la voix des enfants en littérature - mais j'avais très envie de suivre une année de sixième, celle-là même que ma fille allait bientôt connaître, et ce depuis ma lecture du billet de Cathulu...
Et puis, j'ai tourné les pages et j'ai oublié très vite mes a-priori malgré ce qui pouvait parfois ressembler à des clichés. Suivre Tracey et ses tribulations, ce qui l'attire, la révulse ou la tient à distance s'est avéré très attachant et passionnant. La belle année est l'histoire d'une métamorphose, celle d'une enfant/chenille se transformant en jeune-fille/papillon. Voilà qui me prépare doucement aux changements qui vont naître rapidement chez ma grande-fille !
Une lecture addictive donc, qui en plus d'être souvent joyeuse, n'oublie pas non plus de nous présenter en marge une galerie de personnages hauts en couleur. A découvrir !

Editions Stock - 19.50€ - Février 2012

Une chronique adolescente "toujours sur la bonne ligne" pour Leiloona - Une lecture plaisante pour Clara ! 

15 mars 2012

Mon Plan d'Action pour jeunes Sorcières Très Amoureuses

mélanielafrenière... de Mélanie Lafrenière.

Un peu de sorcellerie, une ambiance collégienne, quelques jeunes gens, un zeste d'imagination et voici la suite des aventures de Gigi la petite sorcière. Elle qui avait déjà eu un Plan d'Action pour détruire les pouvoirs de son petit frère (chez Plon en 2008), elle est aujourd'hui amoureuse, et bien déterminée à faire de Lucas l'homme de sa vie. Aidée de Mélie, sorcière également de son état, et meilleure amie, tout est bon pour faire succomber l'homme de ses rêves, quitte à oublier la plus élémentaire prudence. Car personne ne doit connaître leurs pouvoirs. Alors, elles usent et abusent du sortilège Gomme-mémoire afin d'effacer toutes leurs bourdes et maladresses. Ouf, heureusement que la bande des Sept Cupidons est là pour tout arranger...

Mélanie Lafrenière a une écriture alerte et joyeuse qui donne à cette petite histoire de sorcières pas très sages un caractère humoristique très plaisant. J'ai beaucoup pensé en le lisant à la série que je regardais plus jeune, Sabrina l'apprentie sorcière. J'en ai retrouvé l'atmosphère, et l'accumulation de gaffes.
Le roman m'a semblé adapté pour un lectorat de début collège, un peu jeune d'esprit pour les adultes peut-être, quoique. Je conserve en tous les cas précieusement cette charmante petite histoire pour ma fille, pour dans quelques temps, quand elle sera elle aussi amoureuse...
Un chapeau supplémentaire à Laurence Cornou pour les illustrations très réussies !

Disponible en version papier sur le site officiel de l'auteure http://llyuworld.fr (13€) et en version ebook sur Amazon (2.68€), enfin je crois qu'on appelle ça un format Kindle !!

So very cute ! pour Karine qui l'a lu également !!

sabrina la petite sorcière

11 mars 2012

Last night... en DVD

Nous sommes à New York. Joanna et Michael sont mariés depuis 4 ans, et se préparent pour une soirée. A cette occasion, Joanna découvre à quel point son mari semble attiré par une de ses collègues, et réciproquement. Le lendemain, il est censé partir en déplacement professionnel, avec elle. Joanna est inquiète. Une fois rentrés chez eux, elle lui fait une scène. Michael la rassure, il ne se passera rien. La même nuit, alors que Michael est à Philadelphie avec Laura, Joana recroise Alex, l'autre grand amour de sa vie...

Ce film, que je prenais pour une bluette sentiment à quatre sous, a été une agréable surprise, pleine de subtilité, dotée de plus d'un excellent jeu d'acteurs (Keira Knightley sublime, Sam Worthington intérieur, Eva Mendes surprenante et Guillaume Canet émouvant).
Elle pose la question pas si évidente de qui trompe qui, de celui qui transgresse l'interdit de l'acte physique (sans amour), ou de celui qui aime (sans passer à l'acte). L'ambiance y est sensuelle et élégante, sans vulgarité, intelligente. Un huis clos troublant, très new yorkais.

last night


LAST NIGHT : BANDE-ANNONCE VOST HD

DVD sorti en juin 2011

10 mars 2012

Amour, Hanne Orstavik

amourhanneorstavik"Le bruit de la voiture. Quand il l'attend, il n'arrive pas à s'en souvenir dans sa tête. Je l'ai oublié, se dit-il. Puis il vient, souvent quand il s'interrompt dans son attente et n'y pense plus. Alors, elle arrive et il reconnaît le bruit, il l'entend, dans son ventre, c'est mon ventre qui se souvient du bruit, pas moi, et juste après avoir entendu la voiture, il la voit, dans un coin de la fenêtre, sa voiture bleue débouche du virage derrière la congénère en contrebas, elle la fait tourner vers la maison et remonte la petite côte jusqu'à l'entrée."

Vibeke s'est installée depuis quelques temps avec son fils Jon dans cette ville du nord de la Norvège où elle occupe désormais un poste qui la contente enfin, elle est conseillère à la culture. Demain, Jon aura neuf ans. Elle rentre chez elle, prépare à manger, songe à l'homme qu'elle pourrait rencontrer, l'homme de sa vie, et se fait une joie d'aller en soirée à la bibliothèque. Car Vibeke aime lire. Alors qu'elle est toute à ses pensées, son fils Jon sort dans le quartier vendre des billets de tombola. Puis Vibeke sort à son tour, persuadée que son fils est au lit ou occupé dans sa chambre. Elle se heurte aux portes fermées de la bibliothèque municipale et se laisse finalement attirer par le bruit du cirque ambulant installé non loin.
Vibeke et Jon passeront la nuit à suivre des inconnus, à se croiser et à se perdre...

Voici un petit roman acheté à l'occasion de la rencontre organisée par ma bibliothèque avec Sophie Divry. Les derniers titres des Allusifs étaient présentés à la vente... Comment résister ? Il y avait trop longtemps que je n'en avais ouvert un. J'ai été attirée inexorablement vers cette couverture rose bonbon, et gourmande.
Hanne Orstavik est d'après la quatrième de couverture une des voix les plus importantes de la littérature norvégienne et ce titre est apparemment reconnu là-bas comme un classique parmi les romans contemporains.
J'ai ressenti pour ma part en refermant ce livre un sentiment très fort d'opression, et en cela la tension de l'écriture est véritablement une réussite. Cependant, malgré sa qualité littéraire évidente, ma lecture n'a jamais été réellement plaisante. J'ai eu en effet beaucoup de mal à adhérer à la désinvolture de cette mère qui ne laisse pratiquement aucune place à son fils dans ses pensées et j'ai eu bien trop peur pour le petit Jon... De plus, l'écriture passe sans prévenir d'un narrateur à l'autre (Jon et Vibeke) au fil d'un paragraphe ou au cours d'un chpitre, ce qui rend le tout assez désagréable. Ames sensibles s'abstenir. ;)

Editions Les allusifs - 14€ - 14 février 2011

Canel a trouvé cette lecture très fastidieuse - Yves est plus enthousiaste

27 février 2012

La liseuse, Paul Fournel

laliseuse"J'ai soudain une vision de ce que sera mon bureau un jour prochain : rien. Un petit écran noir posé à plat sur une belle planche en loupe de noyer. Des étagères vides point encore démontées. Pas d'autre odeur que la mienne. Peut-être quelques photos rétro de livres sur les murs ? [...] Plus de canyons de manuscrits, plus de pile de courrier posée sur le clavier de l'ordinateur. Des post-it de Sabine : "penser à ne plus commander de papier", "penser à ne pas passer chez l'imprimeur", "penser à aller à l'enterrement du brocheur", "penser à ne pas corner la page", "penser à ne pas balancer le livre contre le mur même s'il est très mauvais", "penser à garder un vrai bouquin en douce dans un tiroir avec une bougie en cas de panne", "penser à être le contraire de vous-même"."

Robert Dubois a l'habitude d'emporter une pile de manuscrits en week-end. S'encombrer ainsi de papier fait partie intégrante de son métier d'éditeur. Un jour, une jeune stagiaire lui tend une liseuse. Tout d'abord dubitatif, il se prend d'affection pour l'objet, le teste et l'adopte. Il prend conscience ainsi de l'ère dans laquelle il vit, et sa vie fourmille tout à coup de projets novateurs...

Autant le dire tout de suite, je ne crois pas à la mort du livre papier, comme on ne passe plus son temps aujourd'hui à croire à la mort du cinéma français. Les pessimistes et les inquiets passifs m'ennuient terriblement. Alors non pourtant, je n'ai pas l'intention d'acheter une liseuse. Alors oui, je préfère encore les livres papier, leur odeur et leur encombrement. C'est mon choix, et je respecte celui des autres aussi, ceux qui voyagent beaucoup ou sont addicts de la tablette tactile (je peux comprendre). Je pense que l'important est de lire, et de continuer à aimer lire. Conserver le goût de la lecture, voilà ce qui compte.
Et c'est ce que j'ai aimé dans cette Liseuse, qu'elle traite aussi bien de modernité (ah oui, moi aussi je crois à l'avenir électronique des textes courts et de la poésie) que de littérature, qu'elle regarde vers aujourd'hui sans oublier hier. On pourra trouver le style du tout un peu anodin et l'intrigue légère mais peu importe on se sent bien dans ce livre, on y parle un langage connu, on sait que l'on aime lire de cette même manière-là aussi. Il y a comme un petit quelque chose de familier dans ce roman qui donne à cette lecture le caractère d'un moment privilégié.

Editions POL - 16€ - Janvier 2012

D'autres lectures... Cathulu la tentatrice !! - A lire absolument pour Aifelle -  Véronique est plus pondérée - Bluffant et très réussi pour Cuné

18 février 2012

L'envie, Sophie Fontanel

l'enviesophiefontanel"Une personne qui se délivre à l'univers devant elle. J'ai vu des gens à qui cela arrivait à 90 ans. Surtout si je repense à mes années de lycée, je constate que c'était en moi : derrière mon habitude d'obéir, j'avais la pulsion de m'enfuir. Le cours où je n'allais pas, la sève que ce cours séché faisait circuler en moi. C'est affreux de comparer la sexualité à la servitude d'une scolarité."

Lorsque l'on se tient trop longtemps éloigné de ce que notre corps souhaite pour lui-même, il est tout naturel de chercher à le préserver. C'est ce que fait Sophie dans cette histoire pudiquement intitulée "roman". Elle décide un jour d'arrêter toute activité sexuelle avec les hommes. Mais ce qui au départ fait rien moins qu'"un bien fou" s'avère très vite s'apparenter à une "excentricité" honteuse que l'on préfère taire...

De Sophie Fontanel, j'avais énormément aimé Grandir, lu en 2010. Il contait le cheminement d'une femme adulte confrontée à la dépendance d'une mère. J'ai donc pris mon temps pour ouvrir celui-ci, de peur d'être déçue, d'autant que sa sortie à déclenché de nombreux billets sur la blogosphère à l'époque, plus ou moins positifs d'ailleurs. 
Le propos y est effectivement différent, encore plus intime en ce qui concerne le sujet mais plus distant il me semble dans l'écriture. J'en ai aimé personnellement les premières pages, fluides et personnelles, le journal d'une remontée à la surface nécessaire, mais bien moins celles qui s'ensuivent et se contentent de dresser le portrait d'amis ou de proches.
J'aurais aimé ne pas perdre ainsi Sophie Fontanel de vue en cours de lecture... Voici cependant un témoignage courageux sur ce qui reste encore un tabou, l'abstinence sexuelle, quand pour notre société moderne l'absence de toute activité sexuelle épanouie rime encore avec l'image d'une vie tronquée.

Editions Robert Laffont - 17€ - Août 2011

Quelques lectures ... Clara,  Aifelle, Sylire, Keisha, StephieLiliba, Emmyne.  

27 septembre 2011

Une fille formidable, Mary Wesley

Bonjour à tous ! Allez, je reviens... mais doucement, hein.
(Merci pour vos petits mots. La lecture m'est devenue douloureuse en ce moment... je ne sais pas pourquoi. Je reprends pied peu à peu...)

Il me tardait de découvrir Mary Wesley, après avoir lu tant de billets élogieux sur vos blogs... En bibliothèque, j'ai donc mis le grappin sur un exemplaire disponible, peu importe qu'il soit en gros caractères (ce ne serait pas la première fois)...
Cependant, je ne me doutais pas que la couverture (au charme tout oriental ?!) de ma trouvaille ne correspondrait pas du tout au roman qui se cachait à l'intérieur, ni que l'ouvrage recelait de petits coquilles rayées nerveusement par les lecteurs précédents, ni que le titre que j'avais choisi n'était plus disponible du tout chez l'éditeur...
Pfiou, ça c'est tout moi.

unefilleformidable

Bon bon bon, mais de quoi est-il donc question ? L'intrigue commence à Londres, en 1941, durant les bombardements. Une jeune-fille, Junon Marlowe, environ seize ans, erre dans la ville. Elle vient de laisser au train ses amis d'enfance, deux jeunes gens qui ont profité de ce moment spécial, leur départ pour la guerre, pour abuser lourdement de sa naïveté. Alors que dans la ville règne une atmosphère de folie, un homme distingué lui permet de se réfugier chez lui pour la nuit. Autour d'un whisky, ils noient ensemble leur inquiétude. Son hôte lui remet une lettre de recommandation pour son père, gentleman farmer installé en Cornouailles, puis décède subitement dans son sommeil. Effrayée, Junon s'enfuit, et ne sachant où aller, se rend finalement en Cornouailles où elle fera ainsi la connaissance de Robert Copplestone le père, et de son destin...

Je ne suis pas certaine d'avoir commencé par le meilleur opus de l'auteure tant plébiscitée, soyons honnête, mais ce petit roman au charme romantique, champêtre et désuet, a été une belle manière de remettre le pied à l'étrier du plaisir de lecture... Je n'en garderai pas un souvenir mirifique mais il recèle de beaux portraits, des conversations assez savoureuses et du burlesque en pagaille.

Une lecture à chiner, pour les inconditionnelles... ;)

Emprunté en médiathèque 

26 août 2011

Le Tumulte des vagues, Anita Shreve

letumultedesvagues"Trois heures de l'après-midi, l'heure immobile. Le léger crissement de grains de sable sur le plancher foulé pieds nus. Des serviettes de bain qui sèchent sur les montants de lit et la balustrade de la véranda. Une bourrasque fait claquer une porte et arrache à quelqu'un le cri de surprise attendu. Un vent de sud-ouest, inhabituel même en août, envoie un air étouffant dans les nombreuses pièces de la maison de vacances. On espère un vent d'est venu de la mer, et régulièrement quelqu'un le dit.
Un vent d'est serait une aubaine."

Sydney a déjà été mariée deux fois. Elle a quitté son premier mari, un aviateur, et le second, un médecin, est décédé subitement. A vingt-neuf ans, elle cherche à oublier ces deux tragédies affectives et est en quête d'un certain équilibre qui la conduirait plus sereinement vers l'avenir. Pour ce faire, elle vit depuis quelques temps de petits travaux. Elle a accepté, pour l'été, d'être le professeur particulier de la fille des Edwards qui ont une maison de famille spacieuse et élégante, donnant sur l'Océan. Cependant, les deux fils aînés, Ben et Jeff, semblent sous le charme de la jeune-femme et se disputent son attention...

Voici un roman d'été, noté depuis fort longtemps, qui m'a entouré très rapidement de son charme et de son ambiance douce. Nous suivons les tribulations d'une famille, sur un rythme de vacances. Des dîners sont organisés, ainsi que des parties de baignade bruyantes. Sydney a du mal à trouver sa place, elle se sent parfois simple employée et quelquefois une invitée comme les autres. Au fil du temps, on se rend compte que rien ne se déroule comme prévu. Les liens se nouent et se dénouent curieusement. Et les désillusions montrent encore une fois leur capacité à ouvrir d'autres voies.
Une très agréable lecture de fin de vacances...

bouton3 Editions Belfond - 20.50€ - Mai 2009 - Emprunté en bibliothèque

28 septembre 2014

Pas gagné

genou

Il faudrait écrire sur la peur
Et c'est ton toi de dix ans pédalant frénétiquement sur ton vélo rouge rouillé que tu vois

Il faudrait écrire sur cette fatigue qui prend régulièrement le contrôle de ton corps
Sur cette étrangère
Et c'est serrer des torses vaillants dans tes bras que tu souhaites, l'amitié

Il faudrait écrire, tout simplement
Mais ne s'adresser à personne, laisser tes mots résonner dans une pièce vide
Ecrire pour écrire
Et ce sont des mots valises vides que tu traînes derrière toi

Il faudrait avoir du courage 
Pour une fois ne pas faire de désordre
Etre pragmatique, efficace, concentrée, s'attaquer aux problèmes à résoudre
Mais tu n'en peux plus de la transparence, de l'invisibilité

Alors tu chahutes, tu luttes et tu te blesses
Ta vie, parfois, c'est pas gagné

© Les écrits d'Antigone - 2014

 

9 novembre 2014

Plein hiver, Hélène Gaudy

"La couleur de la glace. C'était l'une des premières choses que l'on apprenait aux enfants de Lisbon. Là où la glace est bleu pâle, l'eau est gelée en profondeur. La glace blanche est une glace de neige, plus fragile, incertaine. Glace grise, risque de dégel. Ne pas y poser un pied."

David Horn avait disparu à l'adolescence de cette petite bourgade située au Nord des Etats-Unis, mal nommée Lisbon, laissant derrière lui une population atterrée et anesthésiée, déjà habituellement transie par le froid, une mère éplorée et des amis sidérés. Soudain, alors que l'on pensait ne plus jamais le revoir, il réapparaît. Ce retour imprévu perturbe la petite communauté qui doute soudain de la sincérité de cet homme taiseux, fils prodigue un brin décevant, qui semble ne pas correspondre vraiment au David dont on avait conservé le prégnant souvenir...

J'ai lu ce très subtil roman d'Hélène Gaudy dans de biens mauvaises conditions, en pleine panne de lecture. Pour autant, en le refermant hier, j'ai su que j'avais lu là un très beau livre, à conseiller, qui sait avec une écriture magnifique et précise décrire les différentes couleurs de la neige, le flux douloureux des émotions cachées, le tumulte de l'adolescence, la rudesse évidente d'une vie dans le Nord, avec ses contraintes et ses limites, mais aussi avec le vertige de ses espaces infinis. Un titre à découvrir, indubitablement, même s'il vaut plus par l'ambiance qu'il décrit que par l'histoire qu'il raconte, soyez en avertis.

Editions Actes Sud - 20€ - Janvier 2014 - Merci ma bibli !!

La lecture de Cachou, mitigée [clic] - Val également mais elle salue l'ambiance [clic] 

10 avril 2014

La marche à l'amour... extrait

je marche à toigastonmiron
je titube à toi
je meurs de toi jusqu'à la complète anémie
lentement je m'affale tout au long de ma hampe
je marche à toi, je titube à toi, je bois
à la gourde vide du sens de la vie
à ces pas semés dans les rues sans nord ni sud
à ces taloches de vent sans queue et sans tête
je n'ai plus de visage pour l'amour
je n'ai plus de visage pour rien de rien
parfois je m'assois par pitié de moi
j'ouvre mes bras à la croix des sommeils
mon corps est un dernier réseau de tics amoureux
avec à mes doigts les ficelles des souvenirs perdus
je n'attends pas à demain je t'attends
je n'attends pas la fin du monde je t'attends
dégagé de la fausse auréole de ma vie

Gaston Miron, in Une anthologie de poésie contemporaine francophone, mars 2013

Quoi de mieux, (n'est-ce pas ?) qu'un peu de poésie pour retrouver du sens au vacarme ! - Sinon demain, si tout va bien, je vais voir Laurence Tardieu en rencontre... très hâte.

17 février 2014

Curiosité

situvoulais

Si tu voulais me trouver
Tu me chercherais sous mes phrases
C'est là que je suis

Si tu voulais savoir
Il te suffirait d'un souffle
Eparpiller les confettis, la poudre aux yeux

Dégager la surface

© Les écrits d'Antigone - 2014

 

Sur le principe qu'il ne faut pas lâcher ça... écrire. Malgré.

La poésie, c'est "quelque chose qui me sert chaque jour, chaque matin, à me remettre droit, à me nettoyer les yeux, à étirer mes rêves, à muscler ma lucidité..." dixit Thomas Vinau [clic ici]

 

 

29 octobre 2013

En cours de lecture...

"Le froufroutement de la couverture est assourdissant. Elle pèse sur mon corps comme une personne inconsciente. Le motif rose imprimé rend l'étoffe dure. Le drap est taillé dans une matière qui s'appelle coton gratté, cela signifie sans doute qu'on s'écorche la peau quand on se retourne. Et puis il y a des miettes dans le lit, elles sont d'avant-hier, sèches et pointues comme des gravillons, elles s'enfoncent dans mes cuisses. Je me noie dans l'oreiller moelleux, il se glisse sous mon nez, ma bouche, se place dans la trajectoire de ma respiration et me souffle en retour dans la figure. Le matelas menace de m'engloutir. Il faut que je me lève, tout de suite. D'un mouvement énergique, je m'assieds au bord du lit et vois danser des points argentés devant mes yeux. Le sang gronde dans mes oreilles et j'entends un bourdonnement aigu. Une tension basse est parfois comme un voyage en vaisseau spatial."

dormir

 

Extrait de L'Envol du Héron de Katharina Hagena...

...peut-être pas un coup de coeur à ce stade de ma lecture, mais je me régale avec de très beaux passages. Mon billet bientôt.

21 octobre 2013

Prix Wepler-Fondation La Poste 2013 - 16ème édition

Voici la liste des titres en lice pour ce prix dont j'affectionne en général les choix. L'année dernière, c'est Leslie Kaplan, avec Millefeuille qui l'avait emporté [mon billet].
Remise du Prix le 11 novembre à la brasserie Wepler.

Sylvie Aymard, C’est une occupation sans fin que d’être vivant, Grasset
Nicolas Bouyssi, Les rayons du soleil, P.O.L
Marcel Cohen, Sur la scène intérieure. Faits, Gallimard
Brigitte Giraud, Avoir un corps, Stock [ma lecture]
Emmanuelle Heidsieck, À l’aide ou Le rapport W, Inculte
Thierry Laget, Provinces, Atlas des amours fugaces, Arbre vengeur
Loïc Merle, L’esprit de l’ivresse, Actes Sud 
Céline Minard, Faillir être flingué, Rivages 
Philippe Rahmy, Béton armé, La Table ronde 
Tiphaine Samoyault, Bête de cirque, Seuil 
Marina de Van, Stéréoscopie, Allia 
Philippe Vasset, La conjuration, Fayard

Je note tous ces titres pour le plaisir de la découverte... 

7 septembre 2013

Francis Ricard

 

francisricard


Il y a un autre monde
l’envers est possible
l’ailleurs
de chair
d’ici
ce réel terrestre
la vie qui vit
quand l’énigme se déshabille
claire formule
impérieuse évidence
quand l’orage éclate et qu’on est apaisé
tout ruisselant dans le seigle des larmes
quand la guerre se mue en riant armistice
quand la lumière filtre au travers des cailloux
quand on a pied très loin l’horizon dans la main
quand le corps de l’autre calfate nos renoncements
et qu’il n’y a plus à écoper
quand on voudrait mourir dans cette extase là
quand les signes attestent qu’on se rapproche
que la quête s’achève et que s’ouvre la porte
la roue du temps est un tournesol ivre
la lame tranchante du noir couteau
ouvre l’œil
et il voit 
la vie élucidée
l’avidité du vivre
la grande santé
l’enchantement
le totem charnel du Grand-Tout
la légende est vraie
tu es là
tu es venue


Un poème inédit (2007) pioché sur le site du Printemps des Poètes [ici]

21 juin 2013

Valérie Rouzeau

 

bottes


Si j'avais les jours à compter je marquerais soir après
soir mes petites croix de récompense
Je tiendrais des mois des saisons mon calendrier de
forçat mon agenda de pénélope
Ca me ferait ni chaud ni froid juillet janvier en
solitaire je traverserais les années
Si grand d'amour était en vue ou à revenir quel beau jour
je l'appellerais mon cher Ulysse et puis je choisirais
la danse plutôt que la tapisserie
Je bouserais les mauvais génies en faisant jazzer mon
seul coeur
Je mettrais le chagrin en boîte avec un jeu de mots facile
Je trangerais l'éternité pour en découdre avec les nuits
tchatchatchatcherais jusqu'au matin dans une autre
histoire aussi vrai si j'avais de quoi de l'espoir

Extrait de Va où, Le Temps qu’il fait, 2002 [pioché ici]

5 mai 2013

En cours de lecture...

hommefoyer"J'étais donc homme Et femme [...]. Je devais rester à l'écart, loin de la cuisine, garder une certaine distance avec les enfants, non seulement pour définir la féminité de mon mari mais aussi pour apaiser mes valeurs masculines. La forme la plus classique du sexisme est le besoin féminin d'avoir le contrôle des enfants. Je percevais dans le narcissisme et le sentimentalisme de la maternité une menace à l'objectivité qu'en tant qu'écrivain je plaçais au-dessus de tout. Mais ce n'était pas le contrôle des enfants qui me manquait. C'était quelque chose de plus subtil - le prestige qui est la récompense décernée à la mère pour avoir porté sa progéniture. Et ce prestige revenait à mon mari. Je le lui avais donné et il l'avait pris - quoi qu'il arrive, c'était ce qu'il gagnait dans notre arrangement. Les tâches domestiques que j'accomplissais étaient, en un sens, au service de ce prestige car elles englobaient le subalterne, l'insignifiant, le franchement ennuyeux, comme si je m'activais en coulisses pour que le spectacle se déroule sans heurts. Je n'étais pas masculine après tout - car les hommes ne versent pas dans la corvée ingrate. Et je n'étais pas non plus féminine : je me sentais laide, car tout ce qui me revenait - le linge sale, les impôts - n'était pas particulièrement joli. En fait, il n'existait pas de jolie chose capable de me renvoyer mon image."

In Contrecoup de Rachel Cusk qui donne, entre autres, un point de vue original sur l'égalité dans le couple

Quel plaisir que de retrouver cette auteure !

Publicité
Les lectures d'Antigone ...
Publicité
Les lectures d'Antigone ...
  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Visiteurs
Depuis la création 697 112
Publicité
Derniers commentaires
Publicité