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Les lectures d'Antigone ...
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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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15 octobre 2007

Cour de récréation

cour_de_r_cr_ation Moments acides !

L'heure de la récréation.
Un brouhaha accompagne la sonnerie stridente qui résonne dans les couloirs et les escaliers. Des dizaines d'élèves dévalent les marches en criant, pressés d'envahir la cour.
Je descends lentement à leur suite, je n'ai pas besoin de courir.
Depuis que ma meilleure amie m'a préféré cette autre fille, depuis que ça a commencé, j'ai le temps. Personne ne m'attend plus. A chaque marche, je goûte la douleur de cette solitude. Elle a un goût de poison.
Un pas lourd, dans mon dos, me crie :"Dehors ! Plus personne dans les bâtiments !"
Je file rejoindre ma place sur le banc, à gauche de la porte des toilettes pour filles. Une autre adolescente me fait pendant, à sa droite, le regard absent.
Je n'ai pas envie d'aller la trouver. Je voudrais pouvoir être sauvée, encore.
Les voilà à nouveau, ils arrivent, accrochés les uns aux autres, rieurs. Ils ont fait le "tour de la cour". Avant, ils m'attendaient. Avant de comprendre, je les ai plusieurs fois rejoints à mi-parcours. Et puis, j'ai choisi cette place sur le banc. J'ai vu que ça ne changeait rien, que c'était même mieux.
Dix minutes...entre la sonnerie d'annonce et la fin du calvaire...deux fois par jour...sans oublier la longue traversée du retour de cantine.
Et ma place, toujours libre, à côté des toilettes.

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14 octobre 2007

Les autres

les_autres

Un moment d'éternité !

Camions et voitures glissent devant moi dans un chuintement mouillé. Il pleut. J'attends. Pour l'instant, je suis seule, presque toujours la première au pied de cet arbre.
Je sens les gouttes de pluie s'aplatir sur mes cheveux, s'insinuer dans mon cou, mouiller mon pantalon en toile grise, le rendre lourd.
Du bout des doigts, je touche au fond de ma poche le petit rectangle dur d'une capuche pliée. Quand ma mère me l'a donné, il y a quelques jours, comme un présent précieux, j'ai eu envie de vomir. Panoplie de mémère !
Comme si TOUT n'était déjà pas assez suffisant.
Les "autres" sont de l'autre côté de la rue, eux aussi têtes-nues. Ils traversent. Leurs cheveux sont propres ; ils brillent. Les quelques gouttes qu'ils reçoivent font délicatement boucler leurs mèches rebelles. Le bus ne va plus tarder. Les "autres" n'ont pas peur. Ils ne se sentent pas sales. Ils jouent à "je te regarde le plus longtemps parce que je suis le plus fort". C'est vrai, ils sont plus forts, ils sont cinq, et je suis seule.
Le bus est en retard. Lorsque nous arriverons, la cour sera vide d'élèves. Il faudra frapper à la porte de la classe, s'excuser, voir leurs regards s'attarder sur mon pantalon bon marché, puis glisser sur moi comme sur une page vide.

13 octobre 2007

Un jour, je serai grande !

Na !

unjourJ'ai mis trois livres sur les étagères de ma chambre. Ils trônent, comme des trophées. Le soir, je regarde leurs tranches abîmées et je me raconte leurs histoires, avant de m'endormir.
Un jour, quand je serai grande, j'en aurai des centaines ; ils encombreront mon salon ; ils seront mon trésor.

Un jour, je serai grande...

Pour l'instant, lire est un plaisir "autorisé". Ma mère réfléchit longuement lorsque, juchée sur sa chaise, elle sort un livre jauni du haut de son placard. "Oui, celui-ci tu peux le lire !", me dit-elle en me tendant l'objet précieux.

Un jour, quand je serai assez grande. Moi aussi, debout sur sa chaise, j'atteindrai le placard interdit. Alors, il n'y aura plus de barrières entre moi et le monde, entre moi et les pages jaunies.
Je lirai du matin jusqu'au soir, à m'en fatiguer la tête, à m'en faire bouillir le cerveau. Et s'il n'y a plus de livres à lire, et bien j'en écrirai.

"Bon, tu éteins. Je veux dormir. Tu fais quoi, là, à regarder tes étagères ?"

Je pose mon quatrième livre sur ma table de nuit.

Quand je serai grande, jamais je dormirai !

12 octobre 2007

Tire le fil de ta vie

fil

Tire, doucement, dessus.

Regarde ce qui vient : toutes ces faiblesses, toutes ces joies, tous ces moments incongrus.

Tire le fil, plus fort.
Là, il devient plus épais, plus lourd.

Alors, tu sauras que tu tiens le fondement, de tout, de toi. Que tu vas pleurer, encore. Sur l'enfant que tu étais, coincée dans sa carapace maladroite.

Tire encore. C'est fini.

Tu es là où tout commence. Et tu ne sais plus pourquoi tu es...là.

11 octobre 2007

Mama

mama

 

Mama Mama

 

En langage de petite tête blonde, ce mot signifie parfois « papa », parfois « maman », parfois « Emma ».

 

 

En langage de petite tête blonde, ce mot peut aussi ressembler à « à moi » ou à « je t’aime ».

 

Puisque je t’aime, tu es à moi. Puisque tu m’aimes, je suis à toi. Puisque vous êtes trois, vous voilà dans ce seul mot que je jette dans les airs : « Mama ». L’un de vous, sans aucun doute, le rattrapera, se retournera, me sourira.

 

 

Dans mon monde de petite tête blonde, les mots font un peu n’importe quoi. Ils naissent et vivent dans ma mémoire, fins et ciselés. Je les connais et les reconnais dans votre bouche mais, sur ma langue, incongrûment, les voyelles se mélangent et les consonnes ne sont pas toutes là.

 

 

Voyez-vous, alors, entre tous autres mots, j’ai choisi ce « Mama », écho lointain de mon aquarium ouaté. Lorsque maman criait « Emma », tout le corps tendu, et qu’elle passait tendrement sa main sur son ventre déformé, touchant ma tête, ou mes pieds, j’entendais ce « Ma…Ma… », et je savais que j’étais chez moi.

 

 

 

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6 octobre 2007

Petit trajet matinal

 

 

 

 

 

 

 

 

ours_bleuLundi. 8h00 du matin. Allez, ouste ! Tout le monde dans la voiture.

 

Claquements de portières, rires complices, ceintures attachées.

Odeurs de poussière, de plastique et d'humidité.

 

 

 

 

 

De la musique ! De la musique !

 

 

 

 

 

Le moteur démarre en toussant ; la radio se met en marche.

Les essuie-glaces nous saluent joyeusement tout en nettoyant le pare-brise.

 

 

 

 

 

Lundi. 8h10. Deux enfants sur la banquette arrière se disputent un doudou bleu.

Envie de dormir, de café. Envie de tranquillité.

Circulation.

 

 

 

 

 

Lundi. 8h30. Premier arrêt.

Sac. Paquet de couches. Un enfant sous le bras ; l'autre un peu plus loin devant moi.

Nourrice. Conversation.

Serait bien restée.

 

 

 

 

 

Lundi. 8h45. Deuxième arrêt.

Cartable. Blouson. Petit tête blonde sautillante court tout autour de moi.

Ecole. Encombrement de poussettes.

Badger pour la cantine. Bisou volé.

 

 

 

 

 

Lundi. 9h00. Dernier arrêt.

Pointeuse. Ascenseur.

Mon bureau silencieux.

 

 

 

 

 

Ouf ! Il est l'heure de travailler.

Je vais enfin pouvoir souffler.

 

 

 

 

 

 

 

15 avril 2015

"Tu me demandes pourquoi j'écris.

La seule vraie question me semble plutôt être : mais pourquoi tout le monde n'écrit pas ?"

jardinage

 

(La photo n'a rien à voir - juste envie de la mettre là)

"J'écris parce que c'est un plaisir infini, parce que j'aime voir mes idées se transformer en un livre, parce que c'est ainsi que j'affronte la mort, parce que ça me permet des rencontres, parce que c'est une façon de continuer à m'inventer, parce que je peux jeter mes angoisses et mes obsessions sur le papier comme dans une arène, parce qu'ainsi ma conscience et mon inconscient entre en conversation, parce que c'est une manière de m'en sortir. J'écris pour contre-attaquer et manger ce monde qui essaye de me dévorer. J'écris pour équilibrer le rapport de force avec le réel. J'écris pour avoir une bonne excuse d'être à l'écart et de me soustraire aux jeux sociaux. J'écris parce que l'encre sur le papier m'émeut. J'écris par plaisir, pour en recevoir et pour en donner. J'écris parce que j'aime la fiction et que je crois en son pouvoir. J'écris aussi pour des raisons moins nobles parce que ça me donne l'occasion de prendre une revanche, et parce que, désespérement, je veux qu'on m'aime."

Extrait de Manuel d'écriture et de survie de Martin Page. 

J'ai acheté ce titre lors d'une rencontre vendredi soir dernier. Une soirée pendant laquelle j'ai également fait la bise à Emmanuelle Pagano. Mais ça c'était avant le dîner, et que tout le monde s'extasie sur les délicieux cakes thon/olives faits par mon mari. Je n'ai pas tout retenu de l'entretien (prendre des notes me semble toujours un peu inapproprié, et pas très discret). Ce qui m'a marqué personnellement est son soucis constant de ne pas rester figé dans un rôle, coincé derrière une étiquette, de faire bouger les limites et de s'adresser à tout le monde (livres fantastiques, romans, récits pour enfants), mais aussi d'utiliser tout ce qui permet de communiquer (le dessin, le numérique, etc...). Martin Page, qui se définit lui même comme un inadapté considère internet comme une bénédiction et salue son potentiel d'échanges et de rencontres. Pour savoir qui est l'écrivain, et un peu l'homme également, il suffit peut-être simplement de suivre son blog (http://www.martin-page.fr/blog/) et de lire le livre dans lequel je suis plongée.

1 janvier 2015

L'Oeil du prince, Frédérique Deghelt

loeilduprince

 "Je sais bien maintenant que la souffrance, ce n'est pas ça. On ne va pas mal, on est comme éparpillé en soi-même. On ne peut plus se rassembler. Et ce qu'on donne à lire aux autres, n'est-ce pas le résultat de cette disperson effrayante ?"

Chacun à leur tour, à des époques différentes, cinq personnages nous racontent leur histoire. Nous les suivons à un moment clé de leur vie. Alors que Mélodie assiste au festival de Cannes dans les années 80, en 1964 Yann fuit le décès de sa femme et de l'enfant qu'elle portait. Puis, c'est une conversation épistolaire entre deux amants résistants que nous parcourons, la seconde guerre en France les ayant étrangement réunis. Pour revenir à une époque plus récente à Yann rencontrant la femme de Benoît, Anna. C'est cette dernière, la dernière voix du livre qui nous fournira, alors qu'elle porte un regard désabusé sur ses années de vieillesse, les éléments ultimes qui clôtureront l'histoire de tous ces personnages.

Lire cet Oeil du Prince de Frédérique Deghelt n'a pas été chose désagréable, loin s'en faut. L'auteure a une écriture prenante et elle a su avec quelques passages arrêter parfois ma lecture. Il y a facilement des petites remarques à prendre pour soi ici et là. J'ai été cependant déstabilisée dans les premières pages par le ton adolescent et acide de Mélodie, pas emballée à ce moment là par le style, et puis plus accrochée par la suite, surtout par des personnages tels que Yann, Benoît et Anna. Mais il est dommage, il me semble, que l'ensemble soit si éparpillé, manquant de force et d'unité, et que le poids narratif des explications n'arrive véritablement qu'à la fin.  Un arbre généalogique est éventuellement à consulter en début de roman, je l'ai fait mais j'ai oublié d'y revenir. Bref, une lecture en demi-teinte, donc.

De l'auteure j'ai préféré Les Brumes de l'apparence et La vie d'une autre.

J'ai lu - 14€ - Septembre 2014

D'autres lectures... Une petite déception pour Sylire - Canel n'a pas été conquise - Enna n'a pas aimé non plus - Un très bon moment de lecture pour Gambadou - Une belle découverte pour Sandrine - Un très joli roman pour l'Irrégulière ... - Les avis sont très partagés !

12 mars 2015

Beauté parade, Sylvain Pattieu

beauteparade

 "Le diable s'habille en jogging. Il porte un pull à capuche, façon lascar, mais débonnaire. Crâne rasé et courte barbe, comme le gardien algérien et le gardien américain, pendant la coupe du monde de foot 2014. [...] Sékou est gérant de boutique. De ceux qui emploient les sans-papiers, qui relèvent la maille, qui payent ou ne payent pas, ensuite."

Leur patron est parti, sans leur avoir réglé ni décembre, ni janvier. Alors, les chinoises du salon de beauté ont décidé de mettre tout le monde en grève, avec occupation des lieux 24h/24. Ils vont tous continuer à travailler bien sûr, mais pour eux. La solidarité s'organise, la CGT intervient, une certaine routine de lutte s'installe, les clients sont là, et peu à peu l'espoir naît, il serait même question d'une régularisation possible...

Je n'ai pas lu ce livre dans les meilleures conditions possibles mais j'ai aimé sa structure très particulière, faite de bribes d'interview, de remarques générales, et de petites scènes de vie. J'ai appris beaucoup sur l'extension du cheveux, son utilité esthétique, l'intérêt d'avoir des ongles parfaits pour certaines femmes, mais aussi sur la condition des sans-papiers, leur quotidien et leurs attentes, leur regard sur La France. J'ai peut-être été un peu gênée de ne pas pouvoir suivre certaines personnalités et de ne pas pouvoir mieux les repérer d'un chapitre à l'autre. Cependant, le fouillis apparent de l'écriture de ce roman, que l'on pourrait qualifier de social, reproduit avec brio l'effervescence que l'on pressent exister dans ces boutiques du Xème arrondissement de Paris, si petites et concentrées, remplies d'odeurs et de bruit. Et voir, entendre, et sentir cela était un moment très intéressant.

Editions Plein Jour - 18€ - Janvier 2015

La lecture de Clara - Hélène 

4 mars 2015

Parfois, je compense...

... en achetant des livres pour mes enfants. Et bizarrement, ça marche aussi. Compliqué de trouver un titre pour petit dernier qui a des goûts de grand mais qui reste un petit lecteur. Grande fille s'est lancée elle dans la série des Coeur et a déjà dévoré Coeur cerise (les couvertures sont gourmandes non ?).

DSCF1844[1]

31 décembre 2014

Bye Bye 2014 !

Erik Johansson

Photo d'Erik Johansson pour The Swedish Childhood Cancer Foundation  - L'écriture, c'est un peu comme cette photo trouvée sur Facebook chez Anne [clic], une manière de partir de la réalité, mais d'embellir la vie, de lui donner d'autres couleurs, de la rendre plus profonde, paradoxalement plus vraie, plus vibrante... Merci à Laurent d'Incoldblog [clic] d'avoir porté mon attention sur la vidéo afférente. Voilà sans doute pourquoi nous aimons tant lire, parce que nous aimons vivre pleinement, et que les auteurs nous aident en cela, par leur imagination, leur regard, leurs mots.

L'année 2014 aura été pour moi ainsi, souvent un peu bizarre, parfois presque trafiquée par Photoshop, mais pleine de partages, et bourrée de marques d'amitié, la vie en somme, avec de la couleur et des présences autour, en plus. Merci à ceux qui étaient là. Vive 2015 !

 

2 mars 2014

En cours de lecture...

taxi"Je me rappelais un New York où les seules personnes qu'on voyait remonter Broadway en se parlant toutes seules étaient les fous. Qu'est-ce qui s'était passé depuis dix ans pour qu'il y ait soudain tant à dire - à dire de si urgent que ça ne pouvait pas attendre ? Partout où j'allais, il y avait quelqu'un qui s'approchait de moi en parlant au téléphone, et quelqu'un derrière moi qui parlait au téléphone. A l'intérieur des voitures, les conducteurs étaient au téléphone. Quand je prenais un taxi, le chauffeur était au téléphone. Moi qui pouvais souvent passer plusieurs jours de suite sans parler à personne, je ne pouvais que me demander de quel ordre était ce qui s'était effondré, qui jusque-là tenait fermement les gens, pour qu'il préfèrent être au téléphone en permanence plutôt que de se promener à l'abri de toute surveillance, seuls un moment, à absorber les rues par tous leurs sens et à penser aux millions de choses que vous inspirent les activités d'une ville. Pour moi, cela donnait aux rues une allure comique, et aux gens une allure ridicule. Mais cela avait aussi quelque chose de tragique. Eradiquer l'expérience de la séparation ne pouvait manquer d'avoir un effet dramatique. Qu'elles allaient en être les conséquences ? Vous savez que vous pouvez joindre l'autre à tout moment, et si vous n'y arrivez pas, vous vous impatientez, vous vous mettez en colère comme un petit dieu stupide."

Extrait de Exit le fantôme de Philip Roth

Une lecture à laquelle je me surprends à trouver de l'intérêt... (à suivre)

8 mai 2014

Yeu à la bouche

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... John Paul Carmona, un chef à l'île d'Yeu

"De tous les endroits que j'ai eu la chance de découvrir à travers le monde, l'île d'Yeu est l'un des plus beaux, et certainement l'un de mes préférés. J'y suis arrivé pour y travailler un été sans avoir la moindre idée d'où je mettais les pieds. J'en suis tombé instantanément amoureux. [...]
Il faudrait être poète pour dire la beauté naturelle de l'île. Les plages toutes différentes et toutes magnifiques, la lande qui se transforme d'une minute à l'autre, le mélange du minéral et du végétal, tout semble sorti d'un livre de contes. Et quand je suis là-bas, je voudrais que l'histoire ne finisse jamais. Ma mémoire, mes photos me font tenir jusqu'à l'été suivant. J'attends avec une impatience d'enfant le moment de revenir, de retrouver les visages familiers et l'odeur des dunes, de regarder le ciel la nuit, de vivre encore et encore ma passion."

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Aujourd'hui, j'ai décidé de vous mettre l'eau à la bouche, avec ce livre de recettes au goût certain de mer et de sel. John Paul Carmona y délivre une quarantaine de recettes nées d'un mariage réussi entre une île et un chef. Les auteurs aux commandes de l'ouvrage sont Sophie Archambeau, journaliste, et Angélique Villeneuve, romancière, dont j'ai lu dernièrement Les Fleurs d'hiver [clic], un coup de coeur ! Merci encore à cette dernière pour ce joli cadeau qui va très vite trouver une place naturelle dans notre cuisine, Monsieur Antigone étant très adepte à la fois de cuisine, de mer, et d'îles...

Le livre est très beau, les photos réveillent la faim, les recettes semblent abordables et donnent envie d'être déjà là tout de suite en vacances.

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Et cela me donne aussi de mon côté l'occasion de vous parler d'un lieu que j'affectionne particulièrement bien sûr - même si je l'ai trop peu visité - mais encore une fois de ce qui est beau dans mon plat pays, de ce que j'aime à voir et à partager, notamment son rivage. 

Les éditions de l'épure - 20€ - 11 avril 2014

En dessous, une vidéo trouvée sur le site touristique de l'île. Il est fortement recommandé de couper le son. Bonne promenade !

24 novembre 2014

Deux, Stanislas Wails

deux stanislas wails

 "Simon est désemparé par la brusquerie avec laquelle tout s'arrête, mais c'est exactement comme de sortir d'un rêve : les premières secondes, en équilibre, entre deux sortes de réalités, sont emplies de douceur. La douleur vient après."

Clorinde, jeune étudiante en cinéma, décide un beau jour de suivre dans la rue ces deux hommes qui lui plaisent, par goût du jeu et de l'aventure, et dont elle surprend charmée la conversation. Le hasard décide finalement pour elle et, des deux hommes, il choisit Simon, scénariste. Son attention se focalisera alors sur lui. Elle décide de le séduire et y parvient. Commence alors entre eux deux une relation dans laquelle la légèreté est de mise, l'effleurement. Il s'agit de ne pas réveiller la réalité, la lourdeur ou le sérieux, de disparaître au bon moment, avant la lassitude, l'habitude, l'ennui. Mais l'entrée de Clorinde dans l'univers de Simon, sa participation à son prochain tournage, mettra soudain toute la douceur de leurs échanges en coulisses. Promue stagiaire, Clorinde apprend à se taire, à observer, à attendre, à faire dix choses en même temps, change, grandit.

Le ton des premières pages de ce petit roman m'a soufflé, par sa modernité, sa fraîcheur, et l'énergie de son style. Je suis restée scotchée par les nombreuses petites trouvailles d'écriture de l'auteur (un régal), et le sourire m'est à de nombreuses reprises venu aux lèvres pendant cette lecture. Stanislas Wails écrit bien, qu'on se le dise, et il me tarde de le lire de nouveau. J'ai cependant un gros bémol sur l'intrigue, peut-être un peu trop attendue, et sur ce souffle qui se perd en milieu d'ouvrage, sur le virage qui est pris et qui amène Clorinde à se métamorphoser en super stagiaire efficace. J'aurais aimé continuer je pense sur le même fil tendu dans les premières pages et regarder se tisser jusqu'à la fin la toile des amours poétiques et cruelles de Clorinde et Simon. Je salue cependant la superbe couverture, ai beaucoup pensé en parcourant les pages de ce livre au très bon film Lost in Translation (le passage dans l'hôtel sans doute), et note le premier roman de l'auteur, La Maison Matchaiev, sorti en 2011. Un titre qui m'a remis définitivement sur les rails perdus de la lecture, et une délicieuse petite découverte malgré mes bémols... 

Editions Au Diable Vauvert - 17€ - 1er octobre 2014

Un avis trouvé sur Sans connivences assez vif et pertinent à lire [ici]

23 novembre 2014

David De Rueda

Hier, petite promenade sur Nantes. Nous sommes rentrés dans une galerie YellowKorner, rue Crébillon, essentiellement commerciale (il ne faut pas se le cacher) mais nous sommes tombés en extase devant plusieurs photographies superbes ! J'ai une préférence marquée pour celle ci-dessous. N'hésitez pas à jeter un oeil sur leur site (http://www.yellowkorner.com). Bon dimanche !

glasshouse

14 juillet 2014

Au présent, Helle Helle

aupresent"Il y a tant de choses qui sonnent bien, tant de choses qu'on pourrait écrire. On peut tout écrire. Mais il faut qu'il y ait une raison. N'importe quel imbécile peut introduire dans un texte un petit homme rigolo à chapeau."

Dorte s'installe dans une petite maison au confort spartiate à quelques lieux de Copenhague. Elle est apparemment une jeune fille ordinaire, mais fait semblant de faire des études, trompe son entourage, ne laisse aucune aspérité retenir ses premières amours. Détachée, elle donne son corps sans hésiter bien longtemps, passe son temps à faire les boutiques, à épuiser petit à petit son plan d'Epargne, et pourtant sait composer des chansons, et est très attachée à sa tante qui possède le même prénom qu'elle. C'est évident, elle pourrait prendre ce prochain train, qu'elle entend siffler près de chez elle, donner sa chance à Hase, au lieu de laisser sa vie se perdre dans le fil de ses pensées...

J'avais beaucoup aimé Chienne de Vie, du même auteur, édité en 2009 au Serpent à Plumes. J'ai donc sauté sur l'occasion de lire ce nouvel opus, traduit du danois. On y retrouve la même ambiance lente et constructive que dans son précédent roman. On suit avec minutie le personnage de Dorte s'installer dans sa nouvelle maison, se souvenir des pas qui l'ont amenée jusqu'ici, des hommes tristes qu'elle a déjà laissée derrière elle dans sa courte vie. Il y a des gestes à faire, qui tiennent le quotidien, une nonchalance feinte qui cache les bouleversements de l'âme, et une jeune-fille encore juvénile et fragile que l'on rêverait de prendre par la main... Une lecture, dévorée, toute simple, qui confirme combien j'aime ce type d'écriture-là aussi.

Editions Buchet Chastel - 18€ - 13 février 2014 - Merci ma bibli !!

21 juillet 2014

Le Bruit des autres, Amy Grace Loyd

lebruitdesautres

 "La nuit dernière, elle a tapé sur le plancher de sa chambre, au-dessus de la mienne, du moins je crois. Un-deux-trois, une pause, puis encore un-deux-trois. Ai-je tout inventé, dans un demi-sommeil ? Avec un manche à balai, j'ai répondu. Oui, j'étais là. J'étais là."

Celia maîtrise tout depuis la mort de son mari, même son chagrin, qu'elle a enfermé hermétiquement avec leur livre préféré dans un sachet en plastique. La vie n'a pas de prise sur elle. Propriétaire d'un immeuble dans Brooklyn, elle tient fermement à ce que chaque locataire respecte l'intimité de ses voisins. Alors lorsque George lui propose une sous-locataire, tandis qu'il partira quelques temps en voyage en Europe, Hope, Celia est contrariée. Elle a à coeur de choisir scrupuleusement les personnes qui entrent dans ses appartements. Finalement, fascinée et attachée par les choix audacieux et douloureux de cette jeune divorcée qui bouleverse l'immeuble par ses cris et ses épanchements, Celia tangue...

Voici le troisième et sans doute le dernier titre que je lis sur le thème des immeubles [après L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes et Je ferai de toi un homme heureux]. Ici, ce qui m'a assez vite étonnée est l'exploration sans tabou du deuil et de la perte. Celia et Hope ont cela en commun, elles ont perdu toutes les deux l'homme qu'elles aimaient et elles n'imaginent pas vivre sans lui. Mais Celia a pris de l'avance et elle reconnaît chez Hope les signes évidents d'une auto-destruction annoncée. Alors, elle surveille, elle se met en danger pour quelqu'un d'autre qu'elle, et finit par s'ouvrir. C'est ce qui m'a le plus plu dans ce titre, l'éveil de Celia... et j'ai été surprise - je l'avoue - par la volupté qui se dégageait de ces pages. Pour autant, je regrette peut-être un peu la fin que Amy Grace Loyd a choisi, presque trop belle, quoique réconfortante. Je crois que les fins à la mode Asterix et Obelix (assez courantes au cinéma, le sanglier en moins) m'agacent un peu (peut-être parce que cela arrive si peu dans la vraie vie ?!)... Cela dit je vous recommande tout de même ce premier roman qui a le mérite d'accrocher son lecteur, et que Richard Russo vous conseille très chaudement en quatrième de couverture (belle référence).

Editions Stock - 20€ - Mars 2014

Les lectures, très enthousiastes, de Clara, Anne et Cathulu ! Je suis moins séduite que vous, les filles.

11 décembre 2013

Lumières de Noël... photos

vudemonobjectif

Un ami vient d'ouvrir un blog de photos. N'hésitez pas à aller lui rendre une petite visite... et à soutenir ses premiers pas [clic ici]. Déjà, vous pourrez admirer ma ville la nuit, ses belles illuminations, et en cliquant à droite et à gauche... faire d'autres découvertes comme cette photo ci-dessous...

insolite

Merci pour lui. ;)

10 juillet 2013

Au jardin...

été 008

Décidément, je me régale avec ma nouvelle vue dans ma nouvelle maison ! Des bottes sont apparues dans le champ d'en face en fin d'après-midi hier. Pour moi, c'est synonyme d'été... (ouf enfin, osons-nous dire).
Mes deux petits sont partis en colo, l'une mardi et le second ce matin très tôt. Ils étaient ravis de s'en aller à l'aventure, alors de mon côté la séparation sera moins rude. Ils vont tout de même me manquer. C'est long trois semaines.

Côté lectures, je viens de terminer le tout petit roman de Michèle Lesbre Ecoute la pluie... Malgré la violence et le drame qui se joue dans ce livre, je garde comme un goût de déception. L'impression que la force du point initial se noie dans le reste des propos de l'auteure... Je ferai sans doute tout de même un billet et irai voir ce que vous vous en avez pensé.

12 septembre 2012

En cours de lecture...

bookrouge"[...] c'est avec ce professeur qu'il avait commencé à lire Shakespeare, dans son rêve il lui demandait si les oeuvres sauvent, il se rappelait en même temps dans le rêve qu'il avait réellement posé cette question, et le professeur lui répondait. Elles ne sauvent pas mais elles consolent, nous sommes les fils de nos oeuvres, nos oeuvres nous enseignent, nous protègent, nous consolent comme des parents, et dans le rêve Millefeuille intrigué, se disait, je suis intrigué, et demandait, quelles oeuvres, toutes les oeuvres ? Et le professeur répondait, les oeuvres qui durent [...]."

Extrait de Millefeuille, Leslie Kaplan - éditions POL - Août 2012

 

3 juin 2013

Les résultats du jeu en images !!

creermonlivre1

Souvenez-vous, vous aviez jusqu'à hier soir minuit pour gagner Le Petit livre à offrir aux amoureux des mots du site Créer mon livre.com. Six d'entre vous ont participé.
Ci-dessous, le tirage de ce soir, effectué par une main encore innocente malgré ses presque 12 ans.
Grande Fille s'est prêtée avec bonheur au tirage au sort...

  MAISON 038

MAISON 039

MAISON 040

MAISON 041

et la gagnante est : Isa 48.
Isa, je transmets tes coordonnées à l'éditeur qui prendra contact avec toi pour l'attribution de ton cadeau. Merci aux participants !!

Erratum du 04/06 (18h26) : comme Isa, trop heureuse sans doute, n'a pas réussi à laisser un commentaire ici, voici une partie de son mail ... ;)
"Je voulais mettre un commentaire sur le blog mais, joie de l'informatique et des connexions hasardeuses : "Erreur de connexion ; réessayer plus tard" !!!!!!! Alors, je le copie/colle ici !!!!! C'est mieux que rien, non ???!!!!!!
Trop trop trop contente !!!!!!! MERCIIIIIIIIIIIIIIIII .... J'ai hâte de découvrir ce manuel d'amateurs de Zolis mots !!!!... Je vous en dirai des nouvelles !!!!! Merci encore et ... je t'envoie mes coordonées en MP ... Bonne journée, longue vie à ton blog et au plaisir de te lire ... toujours !!!!!! - Isa48"

23 octobre 2011

Bientôt !

halloween

(Source Le blog de Retro Mama)

Je pensais qu'Halloween était dépassé mais mes enfants me réclament des déguisements, des bonbons, des bricolages, des squelettes, des vampires, du orange et du noir, du "qui fait peur" quoi... Allez, ne reste plus qu'à se creuser un peu la tête... et à rire de ce qui effraie d'ordinaire.

Bon dimanche à tous !

27 avril 2010

Avez-vous remarqué ?

bookplageLorsque arrive le printemps, les beaux jours, les livres aussi aiment sortir, prendre l'air, se montrer.

Je me suis faite cette réflexion samedi sur la plage qu'un livre pouvait devenir pour certains comme un accessoire de mode, le dernier objet "must have" à avoir sur soi, une sorte de signe distinctif qui renseignerait comme un autre sur notre capacité ou non à être "dans le coup", enfin je voulais dire "in". Ou bien un signe d'appartenance, oui pourquoi pas... On ne va pas s'en plaindre, de la lecture reste de la lecture et j'aime par dessus tout voir quelqu'un un livre à la main.

En fait, lorsque j'aperçois quelqu'un en train de lire, j'ai cette curiosité instinctive d'essayer d'en découvrir la couverture. Je sais, ce n'est pas très correct, mais je suis à peu près certaine que vous le faites aussi, non ? Sans doute, cette crainte obsessionnelle d'être peut-être passée à côté de quelque chose, surtout quand le lecteur semble happé par sa lecture, concentré. Ce serait tellement dommage de râter bêtement une révélation, ou un lien de connivence invisible potentiel.

Samedi, donc, sur la plage, j'ai vu un quidam plongé dans la lecture de ce titre là... Comment j'ai liquidé le siècle de Flore Vasseur.

Mais qu'est-ce donc ? Me suis-je aussitôt dite.

comment_j_aiEn voici un bref résumé... "Une septuagénaire redoutable, à la tête du « Bilderberg » - un gouvernement mondial secret qui a organisé la domination de l'Amérique sur la planète - charge un as de la finance, génie des mathématiques, de détruire de l'intérieur le système économique afin de provoquer l'effondrement d'un monde acculé à la faillite."

Ce titre est catalogué dans les meilleurs ventes de romans chez La F**AC en ce moment, voilà pourquoi je l'ai facilement retrouvé, car non je n'ai pas des yeux bioniques, et la couverture est assez flashie pour être repérée en toute discrétion.

Je n'avais pas encore entendu parler de ce roman... Pas certaine d'être tentée par le résumé non plus. Et vous, l'avez-vous lu ? Sinon, quels livres croisez-vous en ce moment sur les pelouses, bancs publics, plages, strapontins de métro, fauteuils de bus ou de train ? Un peu comme les Twilight et autres Millenium que l'on voyait partout à leur sortie... Ca m'intéresse. Parce que vous l'avez compris je suis une petite curieuse. ;o)

10 septembre 2010

L'arbre du père, Judy Pascoe

l_arbredup_re"C'était pour moi une image pleine de puissance, la rencontre de mes parents. Les yeux qui se croisent pour la première fois. Dans un autre monde, quatre enfants attendaient déjà d'être parachutés sur terre pour les rejoindre."

L'Arbre du père est une histoire de mort et d'âme, de ces âmes qui ne veulent pas s'en aller, qui préfèrent s'aggriper aux branches des arbres, plutôt que de laisser les siens se dépêtrer sans elles dans une vie toute nue, une vie désemparée.

Simone vient tout juste de perdre son père, elle a neuf ans. Des branches du Flamboyant qui jouxte la maison, elle entend une voix qui l'appelle, la voix du défunt. Sa mère, mise au courant, semble puiser très vite de la ressource dans cette communication particulière qu'elle partage. Mais l'addiction se transforme en danger lorsque l'arbre et ses racines prennent possession de la maison, la menaçent. Il faudra alors prendre des décisions, se battre, continuer d'exister, avec ou sans l'arbre du père...

Voici le roman dont l'adaptation est sortie dernièrement au cinéma sous le titre l'Arbre avec Charlotte Gainsbourg. Dans ses lignes, il est beaucoup question de deuil, mais également de liberté et d'attachement. J'en ai aimé l'atmosphère, les protagonistes, les images, et j'ai aimé également que le personnage maternel soit là partagé entre folie et maladresse, je pense que c'est comme cela que l'on vit parfois les pertes...
Une jolie lecture toute en nuance et subtilité qui donne à réfléchir avec une colère tendre au sens que l'on veut donner à sa vie.

bouton3 Note de lecture : 3.5/5 - 6.50€ - 10-18 - 19 Août 2010 - Merci Cathulu !!

14 avril 2011

Piercing, Viviana Lysyj

lysyj_piercing_9782268071121_Small"Elle se dit que ce ne serait pas une mauvaise idée de sortir dans la rue avec un carnet de notes, comme l'on fait Balzac ou Zola, paraît-il, ou avec un petit magnéto pour écrire le grand livre de la vie sexuelle des habitants de Buenos Aires, qui n'aurait rien à voir avec ces émissions de la télé qui rendent le vécu si trivial [...]."

Et c'est exactement ce qui arrive dans ce roman de Viviana Lysyj, une famille de Buenos Aires est regardée à la loupe, côté vie sexuelle, de ce côté qui nous est édulcoré d'ordinaire, caché. Il y a là une petite fille de onze ans qui aime les poupées mais se questionne sur le baiser, une grande soeur qui est déjà loin depuis qu'elle a un copain. Les parents, en pleine crise de la quarantaine, ne savent comment gérer ce cap et pourtant découvrent avec étonnement l'étendue de leurs émotions physiques encore possibles. En périphérie, les oncles et tantes vivent chacun des histoires singulières avec des amants de passage...

Moi qui d'ordinaire n'aime pas vraiment reprendre les termes des services de presse que l'on m'adresse, je ne peux m'empêcher ici de vous en donner un aperçu tant ils correspondent à mes impressions de lecture.
Mots de l'éditeur... "Un roman sur la sexualité, traité avec humour et ironie par un grand auteur argentin."
Les inrocks... "Un pari réussi d'une force narrative originale."
En quatrième de couverture... "Viviana Lysyj peint la dérision du quotidien dans l'Argentine contemporaine, et plus particulièrement le désarroi qu'inspire la sexualité, à tous les âges."

En effet, et si l'on veut bien ici mettre un peu sa gêne au placard ou sa pudibonderie, on passera un excellent moment en compagnie de cette famille qui regarde sans faux-semblants ses propres désarrois face à une sexualité pas toujours évidente, parfois audacieuse, souvent maladroite. J'en ai aimé l'humour, la galerie de portraits qui donne à l'ensemble un aspect roman choral, la sensualité, l'humour. J'ai également apprécié les multiples références érudites (qui marquent une culture française très présente en Argentine, ce que j'ignorais) et politiques, qui apportent définitivement à ce roman une profondeur inattendue et forte.

Un presque coup de coeur étonnant ! Mais n'est-ce pas tout ce que je demande désormais à mes lectures, de m'étonner avec qualité, voilà qui est fait. Pour preuve, mon exemplaire est terriblement corné.

"[...] oui, elle les entend déjà : quelle femme compliquée, tous ces trucs intellectuels tellement français, c'est sûrement une perverse, les intellectuelles sont les plus vicelardes, elles font comme si elles se contentaient de lire des livres, mais allez savoir ce que leur mettent dans le bourrichon toutes ces lectures du Marquis de Sade..." [...] Elle leur confiera à voix basse que son sous-vêtement préféré est un pull-over troué qui a rudement rétréci au lavage, et ce qu'elle préfère qu'on lui fasse sous la douche, c'est la laisser se laver tranquillement. Sur ces bonnes paroles, elle quittera le studio de télévision en se disant "Lisez, brutes, lisez au moins Sexus, ou Plexus, ou Opus Pistorum, ou un autre livre excitant d'Henry Miller."

bouton3 Le Serpent à Plumes - 22€ - Sortie le 14 avril 2011

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Les lectures d'Antigone ...
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  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
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