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Les lectures d'Antigone ...
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Ardoise magique

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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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30 décembre 2011

Tournée... ou l'envers du Music Hall

J'ai enfin pu voir le film Tournée de Mathieu Amalric... Je redoutais d'être déçue, mais en fait pas du tout. D'esthétique documentaire, il nous entraîne en coulisses, bien plus que sur cette scène violemment éclairée où se dévêtent avec art et burlesque des femmes bien en chair venues d'Amérique. Trimballée de ville en ville, de train en train, et un peu dépaysée, la troupe composée essentiellement de grandes filles joyeuses s'amuse et se questionne sur les motivations de leur producteur qui s'avère au fil du voyage soucieux et peu fiable...
Quelques scènes sont véritablement marquantes, c'est un film qui ne laisse pas indifférent, j'ai aimé.
Sorti en DVD en Novembre 2010.

 

L'idée de ce film est, d'après mes recherches sur internet, librement inspirée d'un récit de Colette L'envers du Music-Hall. Cette dernière a en effet été quelques temps, de 33 à 39 ans, actrice de pantomine orientale et s'est présentée au Moulin Rouge ou au Bataclan dans des tenues suggestives. Voici un extrait du texte...

"La lumière du théâtre, les paillettes, les costumes, les figures maquillées, les sourires, ce n’est pas un spectacle pour moi, tout ça... Je ne vois que le métier, la sueur, la peau qui est jaune au grand jour, le découragement... Je ne sais pas bien me faire comprendre, mais mon imagination travaille là-dessus... C’est comme si j’étais seule à connaître l’envers de ce que les autres regardent à l’endroit..."

Colette--f4c88 (Source de l'image, et etc...)

 

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3 mars 2008

Réveil

Des draps blancs.
Froissés.
Tout à l’heure.
Ce baiser.
Avec violence.
Sur sa bouche.
Déposé.

femmesongeuse

Elle s’assied, sur le lit défait, les jambes croisées.

Du bout des doigts, elle caresse ses lèvres, cette bouche, qu’il a pressé encore une fois, avant de s’en aller.

Elle sourit. Le souvenir de ses mains dans ses cheveux, sur la peau de son cou, sur tout son corps.

Le souvenir, comme une brûlure.

Elle s’allonge, la tête dans l’oreiller. Au plafond, de longues fentes de plâtre craquelées la contemplent.

Elle sourit, et des larmes coulent sur ses joues, rigoles jumelles qui finissent dans le fouillis de ses cheveux roux.

Mais pourquoi pleure-t-elle ?

D’un geste, elle essuie ses tempes. Elle remonte le drap, s’y emmêle, le regard soudain vide, perdu.

La fenêtre est ouverte. Les rideaux roses flottent doucement dans l’air léger, donnant à cette chambre silencieuse une clarté irréelle, éphémère.

Il est parti. C’est ainsi.

Il ne reviendra plus.

2 janvier 2008

Mon beau miroir

monbeaumiroir

Essaye de te concentrer.

Je ferme les yeux très forts, les mains sur l’émail froid du lavabo de la salle de bain. En face de moi, le miroir. Je ne le vois pas. Pour l’instant, les paupières closes, des lumières doucement orangées valsent devant mes yeux.

Ouvre-les à présent.

La clarté éblouissante de l’après-midi, tout ce blanc, m’aveugle un moment. Mon reflet dans le miroir n’a pas changé. Toujours ce visage que je ne reconnais pas, pourtant le mien, si éloigné du visage gracile et pâle dont je m’attends parfois à croiser le regard.

A l’intérieur, je suis belle.

J’ai quinze ans. Mon corps ne me ressemble pas. Combien d’années me faudra-t-il attendre encore pour que quelqu’un pose un regard tendre sur ma bouche, y dépose un baiser, caresse mes cheveux ?

La semaine dernière, une lointaine connaissance a dit à ma mère : « Vous avez vraiment une belle fille, Madame. » Cet homme-là ne parlait pas de moi... J’étais là, transparente, même pas laide, ordinaire.

A l’intérieur, je suis belle.

Qui le verra ?

31 décembre 2007

Les heureuses surprises de 2007

Avec le recul du temps, certaines lectures nous laissent des traces et d'autres, qui nous avaient tenues sur le moment, s'effacent...

heart Voici mes lectures fétiches de 2007, donc, celles qui me tiennent encore... (en cliquant sur les titres, vous retrouverez les commentaires publiés)

Le secret des abeilles  Sue Monk Kidd, Le Secret des abeilles

Un siècle de Novembre  WD, Wheterell, Un Siècle de Novembre

Un territoire fragile  Erci Fottorino, Un territoire fragile

Un heureux évènement  Eliette Abécassis, Un Heureux évènement

cochon d'allemand Knud Romer, Cochon d'allemand

Au nom de la mère Erri de Luca, Au nom de la mère

[L'ensemble des lectures "coups de coeur" de mon ancien blog]

8 janvier 2008

Amour

Soudain, elle ne sait plus où elle en est.

Soudain, celui qu’elle ne voyait pas, qui était près d’elle,

Depuis tout ce temps, si doux, si beau.

Soudain, elle le voit, enfin.

Et elle l’aime.

Mais rien n’est possible.

Ni les épanchements, ni les doutes.

Que le chaos, à la place d’un cœur qui saigne,

Pour rien.

.........................................

Parfois,

Elle cherche, dans les yeux de l’autre,

Au hasard d’un mouvement,

L’amour en retour.

N’y voit que du bleu.

Alors, doucement,

Elle étreint

Le bouton de rose de ce feu,

L’insère en elle,

Espérant le cacher.

Mais tout au fond de son corps,

L’amour explose.

La fleur rouge s’épanouit.

Les épines, dures, rayent ses organes,

S’accrochent aux artères.

S'incrustent.

.......................................

Alors,

Elle se cache,

Sous des draps et des couvertures.

Pleure.

Tente d’étouffer,

De faner,

Cet amour naissant

D’une beauté

Insolente,

... Inutile.

En vain.

(Deuxième mouture de ce texte, déjà posté sur mon ancien blog. Je le triture dans tous les sens et n'arrive pas à me satisfaire du résultat. Je n'arrive pas à le supprimer, non plus. Peut-être, une prochaine fois, en trouverez-vous une troisième mouture...)

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26 décembre 2007

La vie, mutine

La vie brouille les pistes de mon écriture.

Elle la bouscule, la chahute,

Irrémédiablement…

crayon

La vie s'insinue dans le blanc de mes phrases,

Vient me prendre par la main,

M'emprunte mon crayon.

La vie a un joli rire, bruyant,

Elle a le regard fragile

Et les doigts blagueurs.

La vie fait soleil, ou bien pluie.

Elle fait ce qui lui chante.

Elle n'a plus de saisons.

La vie ne comprend pas toujours

Le besoin de silence, la bulle

Epaisse, et dense, construite patiemment.

La vie sait m'attirer, m'amuser, m'éloigner…

Mais elle ne sait pas

Que je ne parle que d'elle

A longueur de mots,

Qu'elle est toute ma raison.

15 décembre 2007

Une lettre intime

Alors qu’un café brûlant fume doucement sur ma table, je vous écris, crayon levé, une lettre impossible, des mots  intimes, inutiles et silencieux…

Je voudrais tant vous parler des gouttes de pluie, tôt le matin, sur mon pare-brise, des essuie-glaces et de leur danse, bruyante et saccadée. Vous dire le plastique familier du volant, sous mes doigts, sa texture et le son de la radio, jumelés. Vous parler, enfin, de l’entrechat de mes pieds, de cette vigilance constante, et du panneau vers l’Océan, que je ne suivrai jamais.

Je voudrais vous dire, aussi, les livres, l’écriture, et cette encre dans mon crayon levé, asséchée, ce sentiment d’imposture qui paralyse mes doigts, et me fait douter. Vous parler d’eux, peut-être, au détour d’une phrase, de mon père, de l’absence, et de ce que je ne suis pas.

Je voudrais écrire ces mots qui parleraient d’un été qui n’en finit plus de ne pas commencer, de ces nuits trop sombres, et de la lumière de câlins d’enfants, comme des réverbères. Vous dire l’amour, celui que l’on donne et que l’on reprend, celui qui ne s’exprime pas. Vous dire les cris aussi, la fureur et la jalousie, la difficulté d’être douce. Comprendre, par votre lecture, ces chemins que je ne prends pas et ceux, inconnus, que je devrais prendre.

Je voudrais vous décrire tendrement, avec des lettres rondes et ourlées, le goût du café, chaud et voluptueux, qui coule dans ma gorge, à cet instant, et le plaisir retrouvé, mêlé de soulagement, de la course de l’encre sur le papier.

lettreintime

10 décembre 2007

Dialogue avec mon jardiner

   

Résumé : Un peintre parisien reconnu revient dans sa maison natale, abandonnée depuis le décès de ses parents. Fuyant une situation de couple en rupture, il s'installe dans les lieux, souhaitant repeindre les murs et entretenir le grand jardin. Pour ce faire, il passe une annonce afin de trouver un jardinier. Le premier candidat est un ancien camarade d'école, perdu de vue depuis bien longtemps. Se côtoyant de jour en jour, ils se découvrent une véritable amitié, faite de franchise, d'émerveillement et de simplicité.

Avis d'Antigone : Le film commence par cette image d'une route de campagne, en été, vide de voitures, une photographie qui nous met immédiatement dans une ambiance douce, idéale, et qui m'a évoqué à moi une foule de souvenirs d'enfance. Et puis, il y a cette couleur verte, omniprésente, qui vivifie. Enfin, cette amitié, ces dialogues qui font sourire, puis rire franchement. Que dire, à part que les acteurs sont bons, que cette histoire est belle, bien que simple et que c'est un de ces films qui devraient être prescrits contre la morosité ! Je n'ai pas encore lu le livre, il se trouve que le hasard a voulu que je visionne le DVD en premier, mais je suis certaine que le plaisir sera renouvelé.

Bande-annonce :


Dialogue avec mon jardinier
envoyé par cinemaleclub

Je rassure Arlette, j'ai toujours le livre dans ma Pile à lire. Je le lirai un peu plus tard...

Petite info pour les fans (11/12/07): "120 paysages que je ne peindrai jamais", de Henri Cueco est sorti aux éditions Le Temps qu'il fait en mars 2007 (lien fnac.com).

8 décembre 2007

Julia Margaret Cameron (1815-1979)

Dans le cadre de la semaine sur Virginia Woolf, organisée par le Grand R, j'ai assistée à une lecture d'un choix de pages de son journal, jeudi dernier (voir ici). Dans l'attente d'un compte-rendu, qui se fait attendre, voici deux photographies semblables à celles de l'exposition qui se tient en ce moment à la maison Gueffier (La Roche sur Yon). (Les photographies présentées dans ce lieu ne sont pas disponibles sur le net).

    cameron_julia_jackson_1_ 

Expostion du 5 au 22 décembre 2007

Ce n'est qu'à 48 ans, alors que sa fille lui offre un appareil photo pour son anniversaire que Julia Cameron démarre sa carrière artistique. Elle maîtrise rapidement l'art de la photographie alors naissante et en devient l'une des pionnières, avec sa capacité à utiliser des lumières tamisées et des temps de pose très longs. Elle reste connue pour ses portraits d'hommes célèbres et de femmes romantiques. Son modèle préféré est sa nièce, Julia Jackson, la mère de Virginia Woolf (portraits ci-dessus). La ressemblance est effectivement frappante.

Pour plus de renseignements cliquer ici

1 décembre 2007

Repas de famille

repasdefamille  Les assiettes et couverts font un bruit de cliquetis et de carillon, couvrant à peine le brouhaha des conversations.

            Les enfants jouent dans la cour, leurs bras blancs, dénudés, voltigent en tous sens, sous les premiers rayons du soleil d’été. Parfois, un adulte émerge à la lumière, les yeux plissés, appelle un enfant, remet un chapeau en place, disparaît de nouveau, comme happé, accueilli par des exclamations joyeuses.

            Il est de ces journées où il fait bon n’être qu’un enfant, et se contenter de grappiller dans une assiette à peine entamée.

            Il est de ces journées où les chaises deviennent dures à force de se dandiner dessus, à force de vouloir être ailleurs, à force de sourire.

            Il est de ces journées où le dessert à la fraise a un goût de dîner, où les paroles, les regards, masquent si mal les contrariétés, les disparités.

            Il est de ces journées où l’on se retrouve par habitude, par envie, pour une date, ou pour faire plaisir.

            Les enfants ne courent plus dans la cour. Un bébé s’est endormi sur le canapé. La journée s’épuise, doucement, tandis que des mains récupèrent des sacs, attachent des ceintures, claquent des portières de voiture.

            Il est de ces journées qui laissent un goût amer, paradoxal, de turbulence joyeuse et de profonde solitude.

25 novembre 2007

Naissance

Elle est née d’une femme, comme tout un chacune.

Lancée dans l’existence, comme un chaton perdu, par inadvertance, ou par miracle, elle a survécu. 

Au détour de sa vie, tu l’as prise contre le corps, tous ses muscles tendus.

Elle était maigre, pour ne pas peser, douce, calme, apeurée.

Elle est née, de toi, réellement, un soir d’Août, à ton insu. Epuisée par ses douleurs de femme, doucement, tendrement, tu as lavé sa peau. Sa membrane s’est ouverte, déchirée.

Elle est née, pour la seconde fois, d’un homme.

Tu lui as donné ton nom, pour habiller sa naissance.

Tu lui as donné ton avenir, pour la maintenir debout.

Tu as aimé son corps ; tu as aimé son âme.

Elle est devenue fleur.

Elle est devenue femme.

naissance

18 octobre 2007

Petit plaisir minuscule

brin_d_herbe

S'allonger dans l'herbe, les yeux dans les nuages.

Le bruit du vent dans les feuilles des bouleaux bercent doucement mon après-midi.

Je cherche du regard le brin d'herbe folle qui aura ma préférence. Lorsque enfin je l'ai trouvé, je le grignote doucement. Son sucre doux a un goût d'été.

Les bras en croix, je sens la terre respirer sous moi. Des yeux, je suis la course des nuages, et je me sens si petite. Une poussière.

Un jour, je saurai peut-être tous les "pourquoi" et les "comment". Je me sentirai utile. J'aurai des personnes à aimer.
J'aurai oublié les plaisirs minuscules et tous les brins d'herbes mâchouillés de mon enfance.

29 décembre 2011

Hester Lilly, Elizabeth Taylor

hesterlilly"La première chose que Muriel ressentit fut un soulagement railleur. Le nom - Hester Lilly - lui avait évoqué une fragilité souffreteuse, préraphaélite. [...] Dès qu'elle la vit, une confiance malavisée apaisa ses doutes. Les lettres que son mari échangeait avec cette jeune cousine ne paraissaient plus si coupables et torturantes ; cette correspondance filiale cessait d'être une menace."

Hester Lilly, devenue orpheline, est recueillie par son cousin, directeur d'école, Robert, et sa femme Muriel. Pour cette dernière, il est évident que la jeune-fille nourrit des sentiments à l'égard de son mari. Alors Muriel s'inquiète et fait régner dans la maison une ambiance lourde et méfiante. Hester Lilly, elle, provoque maladresses sur maladresses... Qui aura donc le dernier mot ?

Dans ce court roman, qui a bien plus le format d'une grosse nouvelle que d'un roman d'ailleurs, les personnages sont en déséquilibre émotionnel constant, et leur apparence est en contraste permanent avec leurs émotions intérieures. Voilà qui est propice au plaisir de lecture.
L'intrigue en est relativement classique - le summum étant la chute d'un petit objet de porcelaine fragile cristallisant les frustations de tous - mais l'écriture assez subtile pour retenir l'attention. Un délicat moment, des pages tournées plutôt vites, mais une couverture absolument pas adaptée au contenu (et utilisée pour Cette main qui a pris la mienne plus tard, et à l'envers, ce qui m'exaspère toujours un peu, je veux dire la réutilisation d'images semblables pour des romans différents, bon bref...).

Editions Rivages - 6€ - Mars 2009

Mango est restée dans une adhésion partielle mêlée d'admiration - Un régal pour Clarabel !

(Sinon, Clara met un clap de fin à son blog... A très très bientôt Clara !!)

20 octobre 2011

Quelle est la couleur préférée de Non-Non ?

... de Magali Le Huche

Non-Non l'ornithorynque a un succès fou à la maison. Rien de mieux qu'un nouvel album, donc, pour enchanter petits et grands !!
Après avoir eu très faim dans un autre épisode [lien], eu envie de faire du sport et/ou plus rien à se mettre, le voici en quête de couleurs pour changer son petit chez lui, rayé habituellement de bleu et de blanc. Ses amis sont enchantés à l'idée de l'aider mais chacun a sa couleur préférée, qui n'est pas forcément celle de Non-Non. A la fin, et suite à une bataille rangée, il faut bien avouer que sa chambre ne ressemble plus à grand chose... Résigné, Non-non construit un peu plus loin un deuxième logement, qui lui ressemble lui, mais de quelle couleur est-il... vous devinez ?

images4

Mes enfants sont des adeptes convaincus de ces petits volets que l'on soulève à chaque page, et de ce très bel objet qu'est toujours un album de Non-Non, dont j'aime moi la texture épaisse, l'esthétique et la friponnerie. "Trop bien", m'a-t-on dit à la maison... ce qui veut dire - en traduction - "On aime maman, un point c'est tout !".

Editions Tourbillon - 11.95€ - Sortie le 20 octobre 2011

Magali Le Huche était invitée dernièrement à la Soupe de l'Espace

On peut suivre a présent Les éditions Tourbillon aussi sur leur blog

11 décembre 2011

Muette

feuillessoufflerventAmi

Ma parole n'est plus que l'ombre d'elle-même
Devant toi elle a perdu ses armes
Pour consoler

Tel que toujours tu es
Miroir silencieux de ce qui m'agite
Paroi sur laquelle je me heurte et rebondi

A peine lèves-tu un sourcil de ponctuation
Que d'un mouvement de tête tu tournes la page
Et te referme

Ami

La clé est le temps
 Et le souffle du bonheur présent
Le tourbillon dans lequel tu peux
Réinventer ta vie

© Les écrits d'Antigone - 2011

Allez... aujourd'hui, c'est un poème de mon cru. Cela faisait longtemps. Il faut bien justifier de temps en temps son titre de blog. Bon dimanche !!

26 juillet 2011

Une carte postale de St Gilles Croix de Vie

Je vous écris aujourd'hui de St Gilles Croix de Vie, en Vendée. Pour tout vous dire j'y étais en fait dimanche.
Alors, le ciel était bas, lourd.
St Gilles est devenue une jolie petite ville, aux rues piétonnes agrémentées de petites boutiques. Elle pourrait être encore plus belle, ambitieuse... cela viendra, elle se cherche encore.
Lorsque j'étais petite, St Gilles ne sentait pas les gaufres et la crème solaire, mais le poisson et le fioul, elle était avant tout un port de pêche. On pouvait d'ailleurs y déambuler entre des caisses colorées, des filets à couleur dominante bleue ou verte, croiser des hommes affairés. Tout change.
Ce que j'aime chez elle aujourd'hui, c'est sa manière personnelle de mettre en avant ses bateaux, son fleuve (La Vie), son port devenu de plaisance, et de cacher ainsi sa plage - et la mer - derrière une colline et une barre d'immeubles hideuse...
Peut-être parce que découvrir ces petites cabanes bleues demande un effort certain, on se sent soudain récompensé par la beauté de l'endroit.

stgillescroixdevie

4 septembre 2011

En cours de lecture...

sous_le_bureau"Je suis assise au pied du bureau. Je suis assise sous le bureau. Je suis assise par terre sous le bureau et je ne vais plus me lever. Je ne vais plus me lever. Je suis assise pliée en deux sous le bureau, dans l'espace noir sous le bureau, dans l'espace noir sous le bureau où personne ne s'assied jamais, où personne ne pense même à s'asseoir, c'est trop petit et c'est trop noir et dans cet espace trop petit et trop noir il ne tient que moi pliée en deux et je n'en sortirai plus. Je vais trembler sous le bureau dans le noir jusqu'à oublier la cause même du tremblement de mon corps et plus rien au dehors ne m'appelle, il n'y a plus rien au dehors qui puisse m'appeler, le téléphone peut continuer de sonner, les enfants dans la cour de l'immeuble continuer de crier, et le soir sur la ville qui commence à tomber, les réverbères s'allument et c'est la nuit qui tombe, le silence de la nuit et les bruits qui tombent les uns contre les autres, les mêmes bruits que la nuit d'hier, les mêmes bruits étouffés et les pas des voisins sur le parquet au-dessus de ma tête, au-dessus du bureau, je suis sous le bureau et aucun bruit ne pourra m'en déloger, je suis repliée sous le bureau dans le noir et tout l'espace autour, tous les bruits et l'espace de la ville et du monde me font mal au coeur et mon corps tremble d'entendre encore résonner au-dehors les bruits de la nuit qui tombe, je reste assise et je ne me lèverai pas, la nuit peut tomber et les jours se lever, je reste assise jusqu'à oublier le tremblement de mon corps et la tête repliée sur les genoux je reste cachée à la face du monde sous le bureau de Samuel, sous le bureau de Samuel qui m'enlace comme un grand corps pour m'étouffer aux bruits du monde qui tombe."

Extrait (magnifique !!) de Les Oiseaux de Paradis de Lise Benincà, Août 2011

25 août 2011

La Chartreuse de Parme... en parachutage, chez vous !

lachartreusedeparmeAujourd'hui, sort en librairie cette version magnifique et Point2 de La Chartreuse de Parme de Stendhal.

Plus subtil, plus long, moins symbolique sans doute que Le Rouge et le Noir, ce roman a été pour moi en son temps (hum, période lycéenne lointaine) une véritable révélation littéraire faite d'attente amoureuse, d'aventure, de célébration de la nature et d'empreinte historique. Ah, Fabrice Del Dongo ! Ah, Clélia Conti !

L'ayant déjà depuis lors en version plus ancienne, et plus jaunie, dans ma bibliothèque, je vous propose un petit tirage au sort afinparachute de gagner cet exemplaire ci-dessus  - pour une fois sur ce blog sous forme de jeu... Une occasion pour vous de tester aussi ce nouveau format original des éditions Points.

Il vous suffit de laisser un commentaire sous ce billet. Vous avez jusqu'au samedi 27 août prochain 18h. De petites mains innocentes puiseront ensuite dans vos pseudos rassemblés sur petits papiers. Les résultats seront publiés sur ce blog le dimanche 28 août dans la journée avec photos à l'appui si tout se passe bien... ;)
Tout le monde peut participer.

(Merci de m'indiquer si vous souhaitez participer, ou non, au tirage au sort dans votre commentaire !!) 

30 août 2011

Une petite sélection de romans graphiques

Lus dernièrement et appréciés.

Ce n'est pas que du récent mais d'excellentes trouvailles de bibliothèque.

jenetaijamaisaim_Je ne t'ai jamais aimé - Chester Brown
Mai 2010 - 13.95€

Chester Brown vit une adolescence fragile. Il faut dire qu'à la maison l'ambiance est un peu spéciale, les gros mots sont interdits et la messe obligatoire. Au dehors, il y a celle qui l'aime et celle qu'il croit aimer, la musique qui l'intéresse, ses amis. Pendant ce temps, chez lui, sa mère glisse abruptement vers la folie.lucie_s_en_soucie

 

 

Lucie s'en soucie - Catel et Grisseaux
Février 2000 - 13.90€

Lucie vient d'avoir trente ans et elle angoisse. Ses amies lui rappellent que l'horloge tourne, lui conseille de s'habiller autrement pour plaire, de parler enfin à son si gentil voisin. Doit-elle se ranger ? Ou faire confiance au destin ? 

 

pilulesbleuesPilules bleues - Frederik Peeters
Novembre 2001 - 20€

Les histoires d'amour sont déjà bien compliquées alors lorsque l'on y ajoute la maladie, la complexité des précautions à prendre et du traitement contre le VIH à absorber quotidiennement, la fragilité est là. Heureusement, la tendresse est tellement là aussi, la compréhension, l'affection, que tout cela ne devient qu'un apprentissage vers plus de maturité et de construction.

28 mai 2012

En cours de lecture...

livre forêt"J'aime les interférences [...], les intrus, les curiosités, j'aime quand un monde étranger s'invite dans le nôtre, comme ces talons au bord de la falaise, ou encore des paillettes de petite fille découvertes collées dans les pages d'un livre difficile emprunté à la biblio. Quand je tourne des pages c'est toujours pour découvrir de touchantes ingérences, des interactions, des inattendus. Parfois il n'est pas nécessaire de tourner des pages, il suffit d'être à l'écoute."

Extrait de Un renard à mains nues (Nouvelles) - Emmanuelle Pagano - Avril 2012

Quel plaisir que de la lire de nouveau !

26 février 2011

Celle que je ne suis pas...

celle_que_je_ne_suis_pas... c'est le premier tome d'une BD qui compte trois volets, de Vanyda (l'auteure de l'excellente trilogie l'Immeuble d'en face). Contrairement à ce que j'avais cru voir alors cette jeune dessinatrice est d'ailleurs bien seule aux commandes de son prénom/pseudo, mea culpa la préface de l'autre BD était bien ambivalente.

Là, je viens de terminer de lire le premier tome, le second est en réservation (Celle que je voudrais être) et la sortie du troisième étant prévue pour le 1er semestre 2011 (Celle que je suis)... il me faudra attendre ! Les dessins sont toujours parfaits et gracieux, l'histoire est encore prenante et si réaliste dans ses mouvements et ses expressions. En bref, j'adore, et c'est encore une belle surprise !

On suit ici Valentine, jeune-fille à la recherche d'elle-même, tout au long de son année de troisième, entre amours adolescentes, groupe de copines et difficultés à communiquer avec les adultes.

A découvrir, sans modération ! C'est drôlement bien.

Dargaud 2008 - http://vanyda.free.fr/ - Emprunté en médiathèque

Saxaoul aime aussi - Théoma m'avait donné envie...
 celle_que_je_voudrais__tre

 

15 juin 2014

Objectif Pal de juin... Partir, Tahar Ben Jelloun

partir "Alors ainsi vous voulez déguerpir, partir, quitter le pays, aller chez les Européens, mais ils ne vous attendent pas, ou plutôt ils vous attendent avec des chiens, des bergers allemands, des menottes, et un coup de pied dans le derrière, vous croyez que là-bas il y a du travail, du confort, de la beauté et de la grâce, mais mes pauvres amis, il y a de la tristesse, de la solitude, de la grisaille, il y a aussi de l'argent, mais pas pour ceux qui viennent sans être invités."

Nous sommes au Maroc, avant 1999 et l'accession au trône du nouveau roi. Azel est un des nombreux jeunes à souhaiter quitter le territoire, la pauvreté, le chômage malgré les longues années d'études, l'impossible avenir. Ils sont tous agglutinés dans des cafés à observer au loin les côtes d'Espagne, et à chercher par tous les moyens à y accéder. Certainement, là-bas, ils trouveront le bonheur. Azel suit ainsi Miguel, un riche homme d'affaires, qui le prend sous sa protection et en fait son amant. Kenza, sa soeur, le suivra dès qu'il sera bien installé en Espagne. Mais le bonheur ressemble de plus en plus pour Azel à un emprisonnement à perpétuité, il n'arrive plus à faire semblant d'aimer les hommes, à jouer le jeu que l'exil lui demande de jouer. Kenza saura, elle, mieux déjouer les pièges, affirmer son caractère. Mais à quoi les rêves ressemblent-ils quand la réalité les rattrape et les bouleverse ? Pendant ce temps, restée à Tanger, une petite fille de quatorze ans, Malika, ouvrière dans l'usine aux crevettes, pousse son dernier souffle. Vers quoi l'instinct de survie entraîne-t-il donc les hommes ?

Voici un roman d'une grande force, sans doute un peu daté en ce qui concerne son contexte, mais profondément d'actualité pour le reste, tant l'obligation de l'exil existe tellement encore dans le monde. J'ai beaucoup aimé, et l'écriture de Tahar Ben Jelloun, et les histoires qu'il nous raconte. Chaque chapitre suit un personnage particulier et permet au lecteur de rentrer dans son intimité. J'avais déjà lu Tahar Ben Jelloun, je savais donc que je ne serai pas déçue. Certaines scènes ont pourtant été à la limite du soutenable pour moi. Mais comme elles servent le récit et ne sont pas là gratuitement elles m'ont semblé nécessaires. Encore un livre resté bien trop longtemps dans ma PAL.

Folio - 7.40€ - Avril 2007

Objectif Pal 2014 : 6/12 (#objectifpal2014) 

objectifpalVous pouvez encore déposer votre lien mensuel sur le billet du mois de juin qui se trouve [par là] !! 

 

 

 

 

 

 

4 février 2014

La Piste de Chajnantor, Alain Keralenn

 

lapistedechajnantor

"Avec une fierté à peine dissimulée, Vincent contemplait le spectacle. Pour mener à bien ce chantier, il avait fallu combiner le meilleur des talents humains et les avancées technologiques les plus novatrices."

Vincent est responsable d'un projet de grande envergure, appelé ALMA. Près de la frontière bolivienne, s'édifie en effet le plus grand observatoire d'astrophysique jamais réalisé et l'enjeu est important. Les travaux sont presque terminés. A quelques jours de l'inauguration, l'homme se voit cependant affublé d'une stagiaire chinoise, Julia, qu'on lui recommande d'emmener partout avec lui. Il est débordé mais ne peut refuser ce service à la directrice générale. Il ne lui faudra que quelques heures pour tomber sous le charme de la jeune-fille, enthousiaste et curieuse. Pendant ce temps, Fidel, son fidèle et fiable contremaître indien aymara, semble nerveux et est très pris par un militantisme délirant qui flirte dangereusement avec des groupuscules extrémistes. Vincent saura-t-il démêler le vrai du faux, reconnaître ses véritables amis, et comprendre les stratégies qui entourent le lithium, minerai abondant dans la région ?

J'avais beaucoup aimé le précédent ouvrage d'Alain Keralenn, La croisière d'ultime espérance. Et même si, encore une fois, je me suis heurtée à une écriture qui manque (pour moi) de fluidité, j'ai été peu à peu prise par l'histoire que nous raconte l'auteur, et finalement séduite par ce livre. Car, comme dans son précédent opus, l'écrivain sait nous planter un décor, asseoir ses personnages - attachants - et nous emporter dans un tourbillon de rebondissements dignes des plus grands romans d'espionnage. Il suffit simplement de se laisser porter sans a-priori par le vent du désert d'Atacama...

Un grand merci à l'auteur pour cet intéressant voyage !

Editions Beaurepaire - 16€ - Janvier 2014

2 février 2014

Les quatre soeurs T1 Enid ~ Cati Baur et Malika Ferdjoukh

 

enid

"Au bout du bout" comme dit Hortense... juste avant le bord, avant la falaise et la mer, à l'aplomb du vide, il y a... la Vill'Hervé."

Enid (9 ans) a quatre soeurs : Hortense, Bettina, Geneviève et Charlie. L'aînée qui a à peine 23 ans gère la demeure et veille sur ses benjamines. Les parents des soeurs Verdelaine sont décédés il y a peu. D'ailleurs, leurs fantômes apparaissent quotidiennement aux filles leur apportant conseils, soutien mais aussi espièglerie. Enid, l'héroïne de ce premier tome, est à la recherche de sa chauve-souris qui a disparu lors d'une violente tempête, celle-là même qui a définitivement déraciné le sycomore et l'a jeté sur le puits. Depuis, d'étranges hurlements troublent les nuits de la Vill'Hervé...

Je lis la série à l'envers. Ayant déjà beaucoup aimé le second tome [clic ici], il me tardait de découvrir le premier, sorti en 2011 chez Delcourt, et réédité en janvier chez Rue de Sèvres. Même si j'ai été moins séduite par ce premier tome, j'ai retrouvé avec plaisir la maisonnée et ses cinq habitantes. J'ai par contre été très gênée par la taille des caractères et la typo des bulles de mon exemplaire édité chez Delcourt, mais je pense que la réédition résoud ce problème car le tome 2 est dans un format plus large. Bon, on peut le dire, ça y est, j'ai développé une affection démesurée pour les soeurs Verdelaine, et il me tarde donc de lire le tome 3 à présent... (hâte !)

Editions Rue de Sèvres - 15€ - Janvier 2014 - Merci ma bibli !!

George a aussi lu ce premier tome - Enna a été émue et amusée 

16 février 2014

La Belle et la Bête

labelleetlabete

Très proche, mais également très loin de l'album de mon enfance...

Nous sommes allés cet après-midi, en famille, voir la nouvelle version de La Belle et la Bête au cinéma avec Léa Seydoux dans le rôle de Belle et Vincent Cassel dans le rôle de la Bête. Les décors sont magnifiques et j'ai retrouvé - malgré quelques inventions suprenantes -, ce qui me plaisait dans l'histoire originale (mon album ci-contre que je conserve avec soin et que j'ai transmis à mes enfants). Tout le monde a en tête la version édulcorée de Disney... et voilà qui est bien dommage. Les acteurs sont dans cette dernière version cinématographique excellents, le rythme est tenu et le tout grandiose, du grand spectacle. J'ai peut-être seulement regretté avoir le sentiment en fin de film de me retrouver devant un épisode bien lissé de Once Upon a Time, mais si peu. Dans l'ensemble, c'est un petit régal.

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