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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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21 mars 2014

Attente

Les hirondelles du souvenir
perroquetVoyagent d'un doigt à l'autre
Et sur le bout du doigt
Le Lézard vert de l'avenir
Mange les mouches du coeur.
Je donnerai cette pastille
A la langue qui baisera l'ennui fidèle,
J'accepterai la main
Qui donnera des graines de soleil,
De lune, d'étoiles et de nuages
A mon perroquet vert.
Je crie :
A moi, à moi, à moi !
Mais je sais bien que ce n'est qu'un perroquet à l'oeil vorace,
Car je n'appelle pas, ni moi, ni vous ni personne.
Sous le masque j'ai mis le vide.
Dans le vide j'ai mis les mille lettres de l'alphabet,
Cela fait un beau concert
Bien qu'il n'y ait personne.
Et pourtant j'attends, j'attends,
J'attends le zéro qui ne viendra jamais.

Georges Ribemont-Dessaignes

in "Poèmes à dire" Une anthologie de poésie contemporaine francophone -7€ - Mars 2013

Acheté sur un coup de tête jeudi, et j'ai bien fait.

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26 décembre 2013

Objectif Pal 2014 ~ Les inscriptions

objectif pal

Allez, c'est parti !

Je prends officiellement avec ce billet les inscriptions pour l'Objectif Pal 2014. 

Ma proposition pour ce challenge - qui a déjà fait ses preuves - est de s'astreindre à prélever un titre par mois de sa PAL ("Pile A Lire" pour les petits nouveaux), soit 12 livres de janvier 2014 à décembre 2014, en intitulant si vous le souhaitez ce rendez-vous mensuel Objectif Pal du mois de... à vous d'adapter la chose à votre convenance !! (Vous avez le droit également d'utiliser votre propre logo ou un logo plus esthétique, pas de soucis)

Pour ma part, je pense ne pas prendre en compte les titres empruntés entre temps en bibliothèque, les nouvelles acquisitions ou les titres parus à partir de janvier 2014. Vous trouverez dans le menu au dessus un lien visible vers l'Objectif Pal 2014, enfin je l'espère ;o)...

Je mettrai en place dès le début de chaque mois un billet sur lequel vous pourrez poster, en commentaire le titre et le nom de l'auteur de votre lecture de Pal mensuelle, ainsi que le lien vers votre billet, à tout moment et à votre convenance. J'aimerais également beaucoup que vous rajoutiez à tout ceci un petit commentaire tel que "coup de coeur", "déception", "bonne surprise", etc... à vous de voir, merci !!
Le billet sera réédité avec vos liens et en une sorte de petit bilan, à chaque fin de mois sur ce blog, à partir de janvier donc. Cela vous convient ?

Les blogueurs et blogueuses d'ores et déjà intéressé(e)s...

Anne (des mots et des notes) - Gambadou - Tiphanie - Sylire - Aifelle - Nanou - L'or rouge - Géraldine - Winniethepooh/Ptitlapin - Jack - In cold blog - Eimelle - Clara - George - Caro -  Val - Marilyne  - Sharon -  Enna - Praline - Géraldine - Mélanie -  Stephie - EstelleCalim - Marchand - Nanou - Marjorie - Claudialucia - Elodie - Secrète Louise - Mrs Pepys - Belledenuit - Mademoisellezo - Eve-Yeshe - Patacaisse - ...

Les commentaires sur ce billet sont fermés. Vous pouvez vous inscrire pour le challenge sur le billet mensuel (voir menu en haut) et bien sûr y déposer vos liens vers vos billet du mois. Merci à vous !!

15 février 2014

Juste après la pluie, Thomas Vinau

 

justeapreslapluie

  "Le poème est ce pain qui se coupe à la main lorsque l'on a très faim. Je vous donne mon gâteau de miettes." "Ma poésie n'est pas grand chose. Elle est militante du minuscule, insignifiante, et je l'écris au quotidien, à la mine de rien." "Je défends une poésie sans chichis, sans lyrisme excessif, une poésie du présent. Je ne tords pas la langue, je l'élague.  Je ne chante pas le monde, je le chuchote. Je veux qu'elle dise cet au-delà de nous, qu'elle écope cet essentiel, ce qu'il nous reste après la tempête et les mensonges, mais sans grands gestes. Je travaille beaucoup sa simplicité. Elle doit sentir l'odeur de chaque matin."

Je suis très en phase avec l'idée que Thomas Vinau se fait de la poésie. J'aime, moi aussi, qu'elle nous parle du quotidien et - comme il le fait si bien - de la pluie, du ciel, des matins la mine brouillée au réveil, des oiseaux qui s'envolent, de ce qui nous échappe, des rêves, de cet infinie attente et de ce qui reste d'essentiel le soir et la solitude venus, comme des petits cailloux sur le chemin de la vie...

Dans ce recueil (un petit pavé), vous retrouverez la voix qui traverse son blog (http://etc-iste.blogspot.fr), pour moi toujours un peu en contre-jour, mêlant insolence et tendresse, impertinence et détermination. J'ai passé un excellent moment en compagnie de ce livre.

La forêt déchirée

Tous ces obstacles
ces bâtons dans les roues
ces caillasses dans les jambes
et le noeud dans ton ventre
qui est comme une famille
tous ces obstacles
dans lesquels tu navigues
dans lesquels tu habites
n'aie pas peur
ma douceur
la forêt déchirée
de ton coeur
s'ouvre sur un sourire
puisque nous sommes 
le propre paysage
de notre amour

Editions Alma Editeur - 17€ - 30 janvier 2014

20 janvier 2014

Lanester... à ne pas manquer mercredi sur france 2

 

lanester

Mercredi 22 Janvier 2014 à 20h45, aura lieu la première diffusion du téléfilm "Lanester" adapté du premier polar de Françoise Guérin, "A la vue, à la mort", publié aux Editions du Masque.  

Le casting est tentant : Richard Berry dans le rôle titre, Emma de Caunes, Bruno Salomone, Isabelle Candelier, Hippolyte Girardot, Nicky Marbot, Agnès Blanchot, Maher Kamoun... 

Mon billet de lecture de janvier 2013 [clic]...

"J'ai dit : "Je n'ai besoin de rien" et j'ai refermé lentement la porte qui menait à l'enfance trouée dont je ne voulais rien savoir.
J'ai dit : "le passé n'existe pas. Seul compte le présent et cet avenir que je voudrais préserver de la violence."
J'ai dit : "Je suis un homme." Mais ça marche comment, un homme ?
Rien n'est comme je l'avais souhaité. Ma vie, je ne l'avais pas rêvée ainsi."

Le commandant Lanester perd soudainement la vue sur la scène d'un crime atroce. Profileur chevronné, il tente de comprendre ce coup du sort, non expliqué médicalement parlant. Pour ce faire, il consulte Jacinthe, une psychologue qu'on lui a chaudement recommandé et souhaite par ailleurs continuer à enquêter avec son équipe sur le tueur en série qui sévit ces derniers temps, Caïn. Ils l'ont surnommé ainsi à cause de cet oeil noir peint au-dessus des corps mutilés. Mais se déplacer et effectuer les gestes du quotidien sans rien voir n'est pas chose aisé. Heureusement, un chauffeur de taxi prend l'aveugle en sympathie et l'escorte avec enthousiasme...

Ce que j'ai aimé ce roman policier d'une belle simplicité et d'une efficacité remarquable ! 
J'ai premièrement été prise, et ce dès les premiers mots, dans les mailles du filet de cette pathologie anxiogène qu'est la cécité. Puis, Françoise Guérin mêlant avec brio psychologie et enquête, j'ai été entraînée par l'intrigue. Le portrait de notre enquêteur, dorénavant culte pour moi, après seulement un opus, M Lanester, est creusé en profondeur, ce qui est fort agréable et renforce l'empathie. Je dois avouer que j'ai tremblé pour lui et qu'il m'a émue, ce charmant personnage, ainsi que ceux qui l'entourent avec sollicitude.

A la vue, à la mort est une lecture policière de grande classe.

Toutes les infos sur le blog de Françoise Guérin [clic]

 

13 novembre 2013

Je sais qui tu es, Yrsa Sigurdardottir

jesaisquitues

"Il y avait quelque chose d'affreux qui entourait cet enfant. Et quoi que ce fût, ce n'était rien qu'ils pourraient réparer."

Dans un village perdu des fjords islandais, au beau milieu d'un hiver rigoureux, débarque un drôle de trio, trois jeunes gens bien décidés à retaper une vieille demeure qu'ils désirent plus tard convertir en gîte. L'été, le village revit. En témoignent les quelques maisons fermées pour la morte saison. Mais pour l'instant ils sont seuls et l'expérience s'avèrera très vite éprouvante et terrifiante. En effet, l'ombre d'un enfant semble décidé à effrayer les naïfs aventuriers...
Loin de là, en ville, une école est saccagée, une vieille femme se pend, et ressurgissent pour les témoins vivants des histoires du passé étrangement mêlées au présent.

Je voulais sortir un peu des sentiers battus. Me voici servie avec ce livre. Je n'avais pas frémi autant depuis le Shinning de Stephen King, c'est dire. Sans doute ai-je perdu l'habitude ? Ou bien est-ce signe de talent ? Dommage peut-être que le récit pêche parfois par manque de crédibilité. J'adhère difficilement à l'existence des morts vivants. Mais l'intrigue m'a tenue jusqu'à sa fin et le genre a rempli son office.
Brrrr...

Editions Points - 7.90€ - Octobre 2013

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12 octobre 2013

Sortir ses bougies

... après avoir chiné un joli bougeoir à trois branches, qui risquait d'être mis au rebut pour un défaut très mineur à mes yeux. 
Se dire que le soleil que l'on met dans sa journée tient parfois à si peu de choses, à la beauté de quelques objets, au plaisir d'avoir enfin compris comment fonctionne le chauffage de sa nouvelle maison, et à la présence fourmillante - et collante - d'êtres tendres et aimants autour de soi.

bougies2

Allez, même si j'ai toujours du mal avec mon nouveau rythme, la fatigue semble moins me peser ce week-end... tant mieux.

15 septembre 2013

La prime, Janet Evanovich

laprime

J'ai passé mon week-end en compagnie de Stéphanie Plum... Et quoi de mieux, n'est-ce pas, lorsque l'on ne ressemble plus qu'à une vieille bouée dégonflée échouée sur un canapé que de s'alléger le cerveau (pourtant déjà bien amoché) avec les aventures rocambolesques d'une apprentie chasseuse de primes ?

Dans les premières pages de ce premier volet, intitulé sobrement La prime, Stéphanie Plum n'a plus de job, presque plus de meubles, et terriblement besoin d'argent. Alors elle saute sur la proposition ironique de son cousin Vinnie de l'engager dans son agence de cautionnement. L'idée lui vient de ses parents chez qui elle ne manque pas - ou presque - un dîner. La prime est tentante, et la proie une ancienne connaissance, avec qui la jeune femme ne serait d'ailleurs pas fâchée de régler quelques comptes. Joe Morelli a abusé de sa naïveté lorsqu'elle était plus jeune et Stéphanie en conserve aujourd'hui un souvenir gênant. 
Armée de sa seule pugnacité, la trentenaire aux abois, va vite se rendre compte que traquer les hors-la-loi est un véritable et dangereux métier. Heureusement, la chance lui sourit et quelques alliés, dont un inattendu, viendront veiller sur ses maladresses de débutante...

"Tout bien considéré, je ne m'en tirais pas si mal que ça. J'étais sur cette affaire depuis moins de quarante-huit heures et j'avais déjà retrouvé l'homme à deux reprises. Bon, d'accord, je n'avais pas été foutue de le capturer, mais je me formais sur le tas. On ne pouvait pas demander à un étudiant en première année d'ingénierie de bâtir le pont du siècle."


Lire Janet Evanovich était pour moi une expérience inédite, et il s'avère que j'ai beaucoup aimé parcourir ce petit poche dont j'avais si souvent entendu parler. Il va sans dire qu'assiter aux déboires des autres est infiniment réconfortant. La galerie de portraits est haute en couleurs et l'énergie de Stéphanie Plum complètement attendrissante. Le ton alerte de l'écriture fait le reste.
Une lecture sans "prise de tête", pour les dimanches pluvieux, à consommer sans modération.

Editions Pocket - 3.50€ - Juin 2013 - Merci B. !

10 août 2013

Je participe !

Cette année encore la rentrée littéraire verra arriver sur les étals des libraires de nombreux romans, un peu moins pour l'occasion, seulement 555 parutions sont prévues pour celle de 2013. Pour faire le tri, Hérisson nous propose de lire 6 romans de la rentrée littéraire, soit 1%, et de participer à son challenge.

bandeaublogjeunesse

Je ne manquerai pas ce rendez-vous, le seul que je parviens en général à honorer avec constance sur la blogosphère... En cliquant sur le logo ci-dessous vous trouverez tous les renseignements nécessaires liés à l'organisation de ce challenge. Merci Hérisson !

challengerentree2013

http://delivrer-des-livres.fr/challenge-1-rentree-litteraire-2013-les-participants-et-les-titres/

24 février 2013

Le détour, Gerbrand Bakker

ledetour"Elle l'a entendu se lever, l'a vu du coin de l'oeil écarter le chien avec son genou, a senti sur son dos une main, un avant-bras tout entier, a perçu l'odeur de son souffle. Elle a pressé sa tête contre l'abdomen du garçon. "Je suis bien contente que tu sois là", a-t-elle dit. Ses yeux, dirigés vers le sol impeccablement balayé de la cuisine, glissaient le long des jambes de pantalon de Bradwen. Un L sur une chaussette. Un R sur l'autre. Des pieds larges.
"Je suis là."

Qu'est-ce qu'une jeune femme peut bien venir chercher dans une maison isolée du Pays de Galles ? On devine assez vite qu'elle a laissé là-bas dans sa fuite, en Hollande, un mari, un amant étudiant, et un scandale à l'université où elle travaillait. Peu importe, elle recommence ici et dans les traces de présence d'une précédente occupante, une nouvelle vie. Elle jardine, bricole, est troublée par ce troupeau d'oies qui semble peu à peu décroître, va chercher au-delà des murs en pierres d'autres chemins, tombe trois fois sur un blaireau vindicatif...
L'arrivée soudaine du jeune Bradwen, qui s'installe petit à petit dans son intérieur va rompre sa solitude et l'écarter de sa fascination obsédante et courroucée pour la poétesse Emily Dickinson.

Après avoir succombé à son étonnant et profond roman Là haut tout est calme en 2010, il me tardait de découvrir le nouvel opus de Gerbrand Bakker. Encore une fois, le rythme est tranquille et apaisant, mais ici faussement serein et finalement très troublant. Loin de chercher à se reconstruire, l'héroïne du Détour lutte et se débat, prenant chaque rayon de soleil comme une aubaine mais également chaque contrariété avec le détachement des vaincus. J'ai aimé et ai été gênée à la fois par la grande sensualité qui se dégage des pages de ce roman, rythmé par des citations de la poétesse. C'est un livre que j'ai pour autant dévoré avec une avidité rare.

Une lecture qui sort ses griffes dans des mots de velours.

Editions Gallimard - 19.90€ - Février 2013

Un pur bonheur pour Cathulu la tentatrice !!

 

16 février 2013

Mon petit chaperon rouge

Mon petit chaperon rouge... par Parisa Baro et Nathalie Wyss.

Il est rare que je parle d'un livre sur ce blog sans le tenir en même temps sur les genoux. Mais voici une occasion toute trouvée de faire un clin d'oeil à mon amie bibliothécaire qui m'a mis cet album dans les mains ce midi lors de mon passage afin de savoir ce que j'en pensais.
Merci à elle car ce conte a tout à fait sa place ici ! Et je n'en pense que du bien.

Prenant comme structure narrative le célèbre conte de Charles Perrault ou/et des frères Grimm, Parisa Baro nous emmène en perse où, par le biais de la parabole, nous est narré une histoire terrible d'enfermement. Ce n'est pas le loup que l'enfant au magnifique chaperon rouge rencontre en chemin mais un ogre qui s'empresse de troquer son peu convenable habit écarlate contre un foulard sombre. Heureusement, la jeune fille est fûtée et trouve le moyen de s'enfuir...

Surprise à la lecture, trompée par l'angélisme du titre, j'ai eu des frissons en fermant les pages de cet ode subtil et fort à la liberté. Apparemment, Parisa Baro a voulu dénoncer ici ce qu’elle a elle-même vécu dans son enfance.

Editions Rouge Safran - 14.20€ - Octobre 2010

Gaëlle la libraire l'a lu à sa sortie et a trouvé que "passer par le biais du conte pour faire passer ces idées est d’une grande sagesse. Les illustrations, dans les tons de rouge, bleu et noir, sont splendides. Voilà un album à connaître, à conseiller largement et dont il faut parler!"

Par ailleurs, et si vous habitez aux environs de La Roche sur Yon (Vendée), n'hésitez pas à découvrir avec vos enfants la très intéressante collection de Pop Up et de livres animés exposée à la Médiathèque Benjamin Rabier en centre ville. Jusqu'au 2 mars. Mes enfants adorent. [Toutes les infos]

19 mars 2013

L'Ile des beaux lendemains, Caroline Vermalle

liledesbeauxlendemains"Chaque pas chassait l'inessentiel, le pressé, l'anxieux, l'insatisfait."

Jacqueline a soixantre-treize ans et découvre tout à coup à cet âge l'urgence de vivre ce qu'elle n'a pas vécu depuis trop longtemps. Elle laisse son mari Marcel seul et part retrouver sa jeunesse en la personne de sa cousine Nane qui habite sur l'Ile d'Yeu, en Vendée. Tout d'abord désarçonnée par le personnage sur lequel elle tombe, qu'elle n'avait plus vu depuis ses dix-sept ans et qui a bien changé, elle se laisse bientôt faire par l'ambiance de la maisonnée. Le soir, elle fouille même mystérieusement dans les trésors oubliés de l'atelier de son hôtesse, à la recherche d'un passé qui semble encore aujourd'hui la bouleverser...

Quel joli livre que ce nouveau roman de Caroline Vermalle ! Nous nous penchons de nouveau, après L'avant-dernière chance, sur le sort de personnages à l'âge avancé, bardés de courage et d'allant. De quoi se sentir ragaillardis ensuite pour quelques semaines !
L'auteure a choisi de raconter ici l'histoire de Jacqueline via la voix de papillons et d'insectes (très belle couverture) décrits avec force détails savants, et j'ai vraiment beaucoup aimé cette idée très poétique qui passe très bien et qui apporte une petite touche très subtile au style de la narration. Elle permet également de passer d'un protagoniste à un autre avec fluidité. Car en effet, outre la fuite de notre héroïne, nous suivons en parallèle le défi fou de son mari qui décide de descendre La Loire plus ou moins à la nage, puis de traverser l'Atlantique afin de retrouver son épouse. Le projet m'a semblé sur ce point assez étonnant, surtout que je lisais concrètement ce livre (petit apparté sur mon quotidien de cette semaine) tout en traversant en train matin et soir La Loire (celle de Nantes) et ses bouillons déchaînés, et que je le connais assez bien aussi du côté d'Ancenis ce grand fleuve sauvage que j'adore. Cependant, je suppose que quelqu'un a certainement eu un jour l'idée d'exécuter ce projet incroyable et même pourquoi pas de se passer de la navette qui relie le continent à l'Ile d'Yeu. Mais peu importe, car je pense que Caroline Vermalle peut bien m'emmener sur la lune (Paul nous y embarque presque) ou en l'occurence ici chez moi sans que rien ne vienne troubler mon adhésion à l'histoire qu'elle me raconte. Et puis, quel plaisir que de retourner ainsi faire une balade, même imaginaire sur une île que j'ai visité il y a déjà trop longtemps avec bonheur.
Bref, vous l'aurez compris, voici une lecture lumineuse au goût de sel, de celles qui font du bien. A goûter sans modération.
(Ah tiens, je n'ai pas non plus parlé des seconds rôles qui amènent chacun à leur façon du vivant au récit, et de la gourmandise avec laquelle j'ai apprécié leurs réparties et leur gouaille...)

Merci à Caroline Vermalle et aux éditions Belfond ! - 18€ - 14 mars 2013

Caroline Vermalle sera au salon du livre de Montaigu (Vendée) les 20 et 21 avril !

Quelques autres lectures... Un moment de rêve et de poésie pour Aifelle - Une bouffée d'oxygène et de tendresse pour Clara - Keisha évoque le printemps et un brin de fantaisie - Saxaoul a autant aimé celui-ci que les précédents de l'auteure !

Le blog de Caroline Vermalle 

29 décembre 2012

Scintillation, John Burnside

scintillation"Par moments, le monde entier désigne une chose qu'on ne voit pas, une essence, un principe caché. On ne la voit pas, mais on la sent, bien qu'on ne sache pas du tout comment la formuler à l'aide de mots. Et par moments, c'est simplement que tout est beau, sauf que ce qu'on entend par beau est différent de ce que les gens veulent généralement dire quand ils emploient ce mot. Ca ne veut pas dire sentimental ni cucul la praline. C'est beau et c'est aussi terrible."

A Intraville, on ne fait pas grand cas de ces adolescents qui disparaissent depuis des années, à intervalles aléatoires. On est un peu triste - un temps - et puis on les oublie. Il faut dire que Morrison, le policier, fait tout ce qu'il faut pour étouffer l'affaire et s'évertuer à considérer ces disparitions comme des fugues. 
De toutes façons, il ne fait pas bon vivre à Intraville. L'usine qui y a été construite autrefois a empoisonné le secteur, et la gestion du nettoyage a été mise entre les mains d'un personnage très corrompu. Depuis, les habitants héritent d'obscures maladies qui rongent leur vie. Leonard vit seul avec son père très affaibli, il a quatorze ans. Il aime lire, se montre très curieux, s'intéresse à ceux qui comme lui cultivent leurs passions, et entretient une relation suivie avec une jeune fille un peu délurée, Elspeth. S'acquoquiner avec Jimmy et son gang sera sans doute sa plus grande erreur...

Dans ce livre, terriblement bien écrit, la noirceur et la fange scintillent d'une étrange beauté, mêlant le mythe de Peter Pan et des Enfants perdus à des images déjà vues dans certains Manga japonais, ceux où la nature cherche à prendre le pas sur la ferraille... vous voyez ? J'ai beaucoup aimé lire ce roman particulier mais je ne pourrais pas lire continuellement que ce type de récit où la mort plane sans cesse et l'espoir est inexistant. Je crois même que certains passages ont investi mes rêves me créant quelques cauchemars. Cependant, mon exemplaire est beaucoup corné, à l'endroit de tous ces passages qui m'ont semblé si parfaits, d'écriture et de réflexion. Et puis, comment ne pas aimer le personnage de Leonard, ce lecteur en herbe qui a déjà lu Dostoïevski et Moby Dick, et qui laisse s'étendre sur cette histoire une douce résignation ?
Une lecture à la fois sombre et belle, terrifiante et scintillante.

Editions Points - 7.20€ - Août 2012

Ce roman est dans la sélection 2013 du Prix de Meilleur Roman des lecteurs de Points
Et je suis membre du Jury !! ;) [clic ici pour en savoir plus et lire le premier chapitre]

Epoustouflant pour Clara - Somptueux pour Keisha - Un roman secouant pour Aifelle !  - Un coup de coeur pour La Pyrénéenne.

7 janvier 2013

Mildred Pierce

mildredpierceAh quand la TV ressemble à ça...
J'ai passé un excellent moment hier au soir sur France 3 avec les trois premiers épisodes de cette mini série qui nous conte le destin d'une mère, à la tête d'une famille mono parentale, dans le Los Angeles des années 1930.
Mildred gagne son indépendance dans un contexte de crise important et contre les vents contraires que la vie lui sert. Un très beau portrait de femme.

Il s'agit de la seconde adaptation du livre éponyme de James M.Cain.
Kate Winslet a reçu pour ce rôle un Emmy Award en 2011 et un Golden Globe en 2012. Pour ceux qui l'ont vu, on trouve quelques similitudes entre cette performance d'actrice et son rôle dans Noces Rebelles... enfin c'est mon avis. ;)

Sortie du DVD le 3 janvier 2013

Pour ceux qui ont râté cette première diffusion, le replay est disponible encore 6 jours [par ici].

La bande-annonce en VO... 

22 janvier 2013

A la vue, à la mort ~ Françoise Guérin

alavuealamort"J'ai dit : "Je n'ai besoin de rien" et j'ai refermé lentement la porte qui menait à l'enfance trouée dont je ne voulais rien savoir.
J'ai dit : "le passé n'existe pas. Seul compte le présent et cet avenir que je voudrais préserver de la violence."
J'ai dit : "Je suis un homme." Mais ça marche comment, un homme ?
Rien n'est comme je l'avais souhaité. Ma vie, je ne l'avais pas rêvée ainsi."

Le commandant Lanester perd soudainement la vue sur la scène d'un crime atroce. Profileur chevronné, il tente de comprendre ce coup du sort, non expliqué médicalement parlant. Pour ce faire, il consulte Jacinthe, une psychologue qu'on lui a chaudement recommandé et souhaite par ailleurs continuer à enquêter avec son équipe sur le tueur en série qui sévit ces derniers temps, Caïn. Ils l'ont surnommé ainsi à cause de cet oeil noir peint au-dessus des corps mutilés. Mais se déplacer et effectuer les gestes du quotidien sans rien voir n'est pas chose aisé. Heureusement, un chauffeur de taxi prend l'aveugle en sympathie et l'escorte avec enthousiasme...

Ce que j'ai aimé ce roman policier d'une belle simplicité et d'une efficacité remarquable !
J'ai premièrement été prise, et ce dès les premiers mots, dans les mailles du filet de cette pathologie anxiogène qu'est la cécité. Puis, Françoise Guérin mêlant avec brio psychologie et enquête, j'ai été entraînée par l'intrigue. Le portrait de notre enquêteur, dorénavant culte pour moi, après seulement un opus, M Lanester, est creusé en profondeur, ce qui est fort agréable et renforce l'empathie. Je dois avouer que j'ai tremblé pour lui et qu'il m'a émue, ce charmant personnage, ainsi que ceux qui l'entourent avec sollicitude.

A la vue, à la mort est une lecture policière de grande classe.

Editions Le Masque - 6.60€ - 2007

Un polar vivant, humain et des personnages attachants pour Clara !

Le blog de Françoise Guérin [clic]

12 décembre 2012

Sous le sapin

Si vos achats de Noël ne sont pas encore terminés, pensez aux librairies indépendantes !
Bauchette vous expliquera tout sur le logo ci-dessous en suivant [ce lien].

ilovemylibraire

Et puis, moi qui trouve que l'esprit de Noël a du mal à s'installer cette année dans l'esprit des gens, je remercie les Editions Audiolib de gâter la maisonnée, avec Les Sages paroles du Dalaï Lama qui vont certainement plaire à Monsieur. Il est, plus que moi, venu au format audio, avec notamment leur catalogue Spiritualité et le coffret qui regroupe 12 méditations guidées pour s'ouvrir à soi et aux autres (il aime !)... Quand j'y pense, cet intérêt est d'ailleurs apparu grâce à un petit CD cadeau donné par mon libraire. ;)
Chez eux, il y en a pour tous les goûts. Ce serait bien que je retente l'aventure avec un texte court ou une nouvelle, plus littéraire... Je vais y songer.

décembre2012

11 novembre 2012

Se retenir aux brindilles, Sébastien Fritsch

seretenirauxbrindilles"Finalement, si l'on s'en tient aux apparences, ce n'est pas si compliqué de tout envoyer balader - tout, sauf mes enfants. Mais si l'on creuse davantage, il est évident que ma fuite n'est qu'une illusion."

Ariane revient sur les lieux de son enfance pour y trouver refuge, chargée de ses deux jeunes enfants. Avant de partir, de fuir la peur, elle n'a jeté que quelques affaires dans sa voiture. Tout a changé dans le village dans lequel elle débarque après tant d'années. Sans trop y croire, elle sonne chez une vieille femme qui l'accueillait toujours généreusement lorsqu'elle était petite, Marthe. Celle-ci la garde près d'elle pour quelques jours malgré une mémoire qui s'envole et Ariane reprend espoir, tout en s'interrogeant sur son avenir. Mais le danger rôde encore...

Sébastien Fritsch a l'art de surprendre, et le fait encore une fois avec ce roman qui m'a profondément émue. Se retenir aux brindilles nous conte une histoire, au plus près du réel, celle d'une femme victime de violence conjugale en fuite. Alors confrontée à ses souvenirs d'enfance, elle recrée en mémoire le trio qu'elle formait alors avec Tristan et Mathias, deux petits voisins. La peur était la compagne de leurs jeux d'enfant, elle suivait de près l'imagination gothique de Tristan. Elle permettait à Ariane de s'extraire aussi d'une atmosphère familialle opressante. Mais rien ne surpasse la crainte qu'elle ressent aujourd'hui.

J'ai beaucoup aimé ce roman, la faculté de l'auteur de ne jamais tomber dans la facilité narrative, que l'on retrouve trop souvent par ailleurs. Sébastien Fritsch sait créer des atmosphères riches et ne se contente pas de survoler les faits. Ariane a des réactions normales, multiples et parfois dérisoires. Elle cherche avant tout à nourrir ses enfants, à trouver un toit pour eux, et les souvenirs se bousculent souvent peu à propos dans son esprit. J'ai ralenti ma lecture à divers moments, de crainte de devoir quitter ce personnage auquel je m'attachais de plus en plus, et ces enfants que je souhaitais à l'abri.
Une lecture profonde et remuante qui sait également nous tenir en haleine comme un thriller.

Editions Fin mars début avril - 18€ - 6 novembre 2012

Pour en savoir plus sur l''auteur http://sebastienfritsch.canalblog.com/ ou comment se procurer ce livre http://marsavriledition.canalblog.com/

20 octobre 2012

Cartons, Pascal Garnier

cartonspascalgarnier"Il lui restait une bonne petite heure avant que les Déménageurs bretons viennent porter le coup de grâce à dix ans d'une vie si parfaite qu'on aurait pu la croire éternelle."

Brice déménage seul, car sa femme Emma ne donne plus de nouvelles depuis des lustres, elle est partie en reportage en Egypte et son hôtel a sauté. Mais Brice ne croit pas à la disparition de la femme qui partageait sa vie, personne n'a retrouvé son corps. Ce déménagement vers une maison à la campagne était son idée à elle. Brice est désemparé avec tous ces cartons à déballer et cette nouvelle maison qu'il ne sait pas vraiment comment prendre. Fort heureusement, dans le petit village dans lequel il s'est installé, tout le monde est plutôt sympathique, on vient à sa rencontre, un chat tout d'abord et puis Blanche, une jeune-femme bien énigmatique qui l'enveloppe rapidement de son attention bienveillante...

Roman inédit et posthume de Pascal Garnier, ce petit opus est un petit régal.
Comme toujours chez l'auteur, le familier rencontre à un moment donné la noirceur mais ici avec talent et grâce. On frôle même par moment le gothique, ce qui est assez amusant.
On compatit facilement aux émois du déménagement, au déni d'une disparition inexpliquée et à tout ce que Brice fait pour retrouver sa sérénité parmi des cartons qu'il n'a plus très vite envie d'ouvrir.
Une lecture de qualité.

Editions Zulma - 17.50€ - Février 2012 - Merci ma bibli !!

Encore une réussite pour Kathel - Un style parfait pour Emmyne -

J'avais adoré Lune captive dans un oeil mort et moins aimé La Théorie du panda 

19 octobre 2012

Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, Jonas Jonasson

levieuxquinevoulaitpas"Il avait maintenant compris qu'il n'obtiendrait rien d'un centenaire qui prétendait avoir rencontré Franco, Truman, Mao Tsé-toung et Churchill."

Une maison de retraite sans histoires d'une petite ville de Suède s'apprête à fêter le centième anniversaire d'un de ses pensionnaires. Mais au dernier moment, Allan se fait la belle par la fenêtre, plantant là l'infirmière Alice, et semant dans son sillage un sacré remue ménage.
Derrière le frêle vieillard se cache un éternel optimiste qui depuis toujours a pris la vie comme elle vient, voilà pourquoi il embarque sans complexe dans sa fuite la valise d'un jeune homme un peu louche, et part en cavale à travers la Suède accompagné d'une ribambelle d'amis improbables.

Je voyais ce roman en tête de liste des meilleures ventes depuis de nombreux mois. Moyennement attirée par la couverture saugrenue, j'ai un peu trainé à l'ouvrir, mais la curiosité a été la plus forte. Au final, je n'ai pas regretté ma rencontre avec Allan. Ce livre est un vrai coup de coeur !!
En effet, outre de nous emmener avec lui en promenade à travers la Suède, Allan nous raconte aussi l'histoire du XXème siècle, et en devient peu à peu aux yeux du lecteur ébahi un acteur essentiel, héros malgré lui. Ce qui est franchement absurde, drôle et vraiment bien fait.
Si vous aimez Les racontars de Jorn Riel ou Les chaussures italiennes de Henning Mankell, cette lecture est peut-être faite pour vous !

heart - Coup de coeur !  - Editions Pocket - 8.10€ - Mars 2012 - Merci ma bibli !!

Gambadou ne s'est pas ennuyée une seconde - Un excellent roman pour Dasola - Sharon a eu une petite indigestion historique  - Un roman très drôle pour A propos de livres qui préfère la couverture originale !

25 août 2012

"Et je revois les voisins plus riches

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des collègues à maman qui vivaient
dans les petits pavillons plus chics
la lutte des classes c'est un jardin
une table de ping-pong
une chambre pour chacun
une cheminée dans le grand salon
un mari qui fume la pipe
une voiture neuve un frigo plein
des vacances été hiver
des chouettes habits c'est propre et ça sent l'air."

Pascal Bouaziz, Mendelson, Barbara 1983

...et en incipit du roman d'Olivier Adam, Les Lisières

10 septembre 2012

Les bébés animaux, de Sophie Bordet-Petillon et Amandine Laprun

lesbebesanimaux"Pourquoi le kangourou porte-il son petit dans sa poche ?
Combien la panthère noire peut-elle avoir de petits en même temps ?
Que mange le petit flamand rose ?"

Autant de questions et autant de réponses dans cet album illustré qui a la particularité, comme tous les ouvrages de la collection, de posséder des petits volets à souveler, derrière lesquels se cachent des photos plus réalistes qui déplacent le point de vue dans le réel.

Petit dernier adore tout ce qui tourne autour des animaux, mais plus encore ce format là qui lui parle énormément. Mon tour du monde des animaux est son livre préféré, celui qu'il emmènerai très certainement sur une île déserte. Alors sa joie a été totale de découvrir son petit frère avec Les bébés animaux. Il a énuméré les espèces que nous avions eu l'occasion de voir en vrai cet été, ceux qui n'étaient pas abordés dans l'autre livre, une impression toute gratifiante pour lui d'étendre ainsi son savoir... Je reste d'ailleurs de plus en plus étonnée des connaissances que mon fils engrange sur le sujet. ;). Il a également emprunté A la campagne à la bibliothèque, lors de notre dernière visite !

Un succès confirmé pour cet album et cette collection Le derrière des choses qui plait énormément aux enfants.

Editions Tourbillon (merci !) - 10.65€ - Août 2012 - Conseillé dès 4 ans

Testé positivement par Kidissimo - La collection sur le site Tourbillon - ci-dessous, la page préférée de Petit dernier !

lesbebesanimaux 003

 

26 septembre 2012

Ce que cache ton nom, Clara Sanchez

cequecachetonnom"Jusqu'à présent, j'avais été dans l'ignorance de tout cela et, si je n'étais pas venu passer quelques jours à la plage, j'y serais encore. Mauthausen, Auschwitz. J'avais entendu très souvent ces noms, mais ils étaient à des années-lumière de moi, aussi loin qu'Orion, perdus dans un passé qui n'était pas le mien. Je les avais maintenant à un mètre de moi, parfois à quelques centimètres de mon visage."

Sandra est enceinte et elle est venue passer la fin de l'été dans la maison de vacances de sa soeur. Une occasion pour elle de faire le point sur sa relation avec le père du futur enfant et sur sa vie en général. Sur la plage, elle fait la connaissance d'un couple de personnes âgées et est invitée à rentrer peu à peu dans leur intimité. Ils se prennent d'amitié pour la jeune-fille qui rêve soudain à un avenir différent...
Mais les apparences peuvent être trompeuses. Et c'est ce que lui apprend Julian, un vieil homme venu à sa rencontre. Malgré son grand âge, il n'a pas renoncé à son rôle de chasseur de nazis. Les Christensen, les nouveaux amis de Sandra, sont dans son oeil de mire...

J'ai beaucoup aimé ce roman, son ambiance assez douce, son sujet intéressant. Il m'a tenu en haleine avec dextérité. Les personnages sont très bien campés par l'auteure, ils nous paraissent facilement vivants et sensibles, attachants. L'évolution psychologique de Sandra qui perd peu à peu sa naïveté est d'ailleurs très réussie, ainsi que l'évocation de la quête de Julian qui transforme avec élégance ce récit en thriller. Dommage que la fin soit un peu molle, mais elle ne gâche en rien le plaisir de lecture ressenti auparavant.
Une bonne lecture de rentrée à la fois profonde (par son thème) et légère (par sa grâce).

Un grand merci aux Editions Marabout ! - (Prix Nadal 2010) - 19.90€ - 26 septembre 2012

Mango a aimé aussi - Un très bon roman pour Pimprenelle !

challenge2012

 

 

 

 Challenge 1% rentrée littéraire 2012 : 4/7
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14 octobre 2012

Bientôt Halloween !

Et me voici en quête de quelques idées de bricolage, de préférence décalées et sympathiques...
En furetant sur le net, je suis tombée sur l'image ci-dessous chez How about Orange. J'aime beaucoup.
Je n'ai pas trouvé encore quoi en faire exactement chez moi mais vous trouverez le pas à pas par ici [clic] pour ceux et celles que ça intéresse aussi.

Bon dimanche !

Halloween-Cross-Stitch-Canvases

Edit de 16h08 : après un petit recopiage laborieux du modèle sur une feuille A4, j'ai sorti ce que je possédais en récup (un bout de tissu à broder, quelques fils et un cadre vert), et quelques points de croix plus tard, voici mon résultat ! Je me suis bien amusée, et grande fille s'est lancée en même temps dans l'apprentissage du point de croix... ou comment occuper son dimanche pluvieux !

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21 août 2012

Ici ça va, Thomas Vinau

icicava"Difficile de savoir exactement à quel moment les choses commencent à renaître. Peu importe, l'essentiel étant qu'elles renaissent. D'une façon ou d'une autre. Dans la boue. La nouvelle lumière du soleil. Les protéines. Les cendres. Les larmes."

Ema et le narrateur s'installent dans une maison bringuebalante qu'ils tentent de retaper. On apprend petit à petit qu'elle appartenait au père du jeune-homme et qu'un drame s'y est déroulé, faisant fuir sa mère et ses deux enfants au loin.
Pour l'instant, aucun des membres du couple ne travaillent, enfin si ils travaillent, à se reconstruire, se retrouver, retrouver les souvenirs d'un passé d'avant les sept ans du garçon devenu grand.
Ema apprend la langue des signes, soigne un petit rongeur, s'épanouit sous les yeux de son compagnon. La vie est douce, sereine, authentique, présente enfin, et elle transpire par toutes les pores de leur peau qui change et s'aguérit.

Ce petit roman de Thomas Vinau est beau, dans sa douce et naïve simplicité apparente. Il explore des thèmes qui me sont chers comme la lenteur, la vie d'une rivière, le regard que l'on porte sur l'autre, la renaissance, la reconstruction.
J'y ai croisé cette lumière particulière qui éclaire parfois les romans que l'on aime.

Une lecture de rentrée, délicate et poétique, qui mérite son joli coup de coeur !

Editions Alma - 14€ - 16 Août 2012 - Coup de coeur !!

Anne l'avait lu la première et m'a incitée à l'ouvrir

challenge2012

 

 

 

Challenge 1% rentrée littéraire 2012 : 1/7
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5 juillet 2012

Le Cherche bonheur, Michael Zadoorian

lecherchebonheur"Quand John et moi nous sommes passé la bague au doigt, nous avons fait comme tout le monde à l'époque. Une célébration toute simple dans l'église de ma paroisse, une petite fête chez ma tante Carrie avec nos parents et nos amis, un gâteau confectionné par ma mère, quelques sandwiches et du café. Des réjouissances modestes, contrairement aux représentations à grand spectacle que sont les mariages de nos jours, avec cathédrale, château et limousines. [...] A quoi bon une telle folie je vous le demande ? Les plus belles cérémonies du monde ne préparent pas à ce qui nous attend au final : nous faire conduire dans un  fauteuil roulant au milieu de grottes à touristes criardes par l'homme qui est le père de nos enfants. Mais le temps de l'apprendre, nous y sommes."

John et Ella, l'un frappé d'Alzheimer et l'autre de cancer, ont plus que jamais besoin de vacances. Faisant fi de toutes recommandations médicales, et sans prévenir leurs deux enfants adultes, ils montent dans leur camping car, baptisé Le cherche bonheur et prennent la route 66, destination Disneyland.
Leur étrange équipée arrive cahin caha à avancer, trainant dans son sillage quelques inquiétudes, des diapos du passé et une volonté de fer...

J'ai aimé lire ce roman en forme de road movie, que je pensais pourtant plus léger qu'il ne l'est à la lecture. On ne peut en effet oublier les maladies dont souffrent les deux personnages principaux, la douleur est présente quotidiennement - même si elle est masquée sous le terme pudique de "gêne". Heureusement, les paysages décrits, les moments de complicité et les rencontres permettent de conserver au livre sa saveur dépaysante. Et puis, on ne peut que saluer le caractère bien trempé d'Ella.
Une lecture qui interpelle et permet le voyage.

Editions 10/18 - 7.50€ - Octobre 2011

Un livre très lu sur la blogosphère... Keisha a quitté ces deux-là le coeur un peu serré - Canel l'a trouvé flippant - Aifelle souligne son côté drôle et émouvant - Une magnifique histoire d'amour pour Theoma - Une jolie balade sur la route 66 pour Kathel - Un bonheur pour Anne !!

16 juillet 2012

Karoo, Steve Tesich

karoo"La vérité, me semble-t-il une fois encore, a perdu le pouvoir, du moins le pouvoir qu'elle avait, de décrire la condition humaine. Maintenant, ce sont les mensonges que nous racontons qui, seuls, peuvent révéler qui nous sommes."

Saul Karoo est un cinquantenaire désabusé que même l'alcool ne parvient plus à enivrer. Toujours sur le point de divorcer de son ex-femme Dianah, et le père imparfait de leur fils adoptif Billy, il est un anti-héros idéal, dont la vie est un désastre relatif. Le point d'orgue semble être d'ailleurs son dernier statut de non-assuré médical. Au creux d'une descente aux enfers annoncée se loge Jay Cromwell, un producteur que Saul Karoo déteste, avec lequel il s'est juré de ne plus travailler mais qui sera à l'origine de son plus grand bonheur et de son plus grand malheur. En effet, malgré ses nombreux défauts, Saul Karoo est un écrivaillon de talent, qui n'a pas son pareil pour reprendre un scénario défaillant, alors pourquoi ne pas transformer un chef-d'oeuvre en un insipide succès commercial ?

Après avoir assisté à un éloge unanime de ce roman dans le dernier numéro de La Grande librairie, je n'ai pu faire autrement que de l'emprunter lors d'un passage en bibliothèque. Autant l'annoncer immédiatement, je suis loin de crier au miracle littéraire même si ce titre est d'une remarquable qualité. J'ai sans doute été trop marquée dans ma lecture par cette insistance de l'auteur à nous faire comprendre combien le personnage principal est répugnant. J'ai pensé à Humbert Humbert dans Lolita (Nabokov)  ou au anti-héros de La Nausée (Sartre), et même à certaines figures des romans de Paul Auster. Cette littérature du désenchantement a un charme certain que je ne suis pas certaine d'avoir toujours goûté ici. Pourtant, quelques scènes sont très marquantes et visuelles, d'une grande force. En quatrième de couverture, on nous parle aussi d'"humour corrosif", de cynisme, et des "névroses particulières" de Saul, et je suis d'accord avec tout cela. Et puis, le tout est porté par des mythes antiques qui me touchent tels qu'Oedipe ou Ulysse, ah là là, oui mais voilà, quelques longueurs ont eu raison de moi et l'atmosphère est ici bien pesante.
Une lecture qui au final me laisse aussi enthousiaste que partagée. Maintenant, c'est à vous de juger !

Editions Monsieur Toussaint Louverture - 22€ - Février 2012

Lily était très tentante en Février - In cold Blog souligne le fait que l'on s'attache malgré ses défauts au personnage, et nous mène vers d'autres liens...

Le moment de télévision dont je vous parle ci-dessus ! 

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Les lectures d'Antigone ...
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  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
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