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Les lectures d'Antigone ...
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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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22 février 2012

"Ce qu'un autre aurait fait aussi bien que toi, ne le fais pas.

andrégideCe qu'un autre aurait aussi bien dit que toi, ne le dis pas - aussi bien écrit que toi, ne l'écris pas. Ne t'attache en toi qu'à ce que tu sens qui n'est nulle part ailleurs qu'en toi-même."

André Gide

Une petite citation extraite de L'atelier noir d'Annie Ernaux. Il n'y aura pas de billet sur cette lecture d'ailleurs, je l'ai abandonnée... Mon attention défaillante du moment n'a pas suffisamment été retenue par ce journal d'écriture difficile à suivre hors contexte mais intéressant pour qui se pencherait globalement sur cette oeuvre qui explore le Moi avec talent. 

 

 

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11 octobre 2011

Pomelo et les couleurs

... est sorti depuis le 5 octobre, qu'on se le dise !

Dans la famille Antigone, depuis que nous avons découvert et apprécié ce petit éléphant rose spirituel [lien], c'est surtout la maman qui craque. Alors, ni une ni deux, je me le suis offert. Bon, en fait, c'est grande fille qui a lu la première l'album, aussi rapide que l'éclair. Elle a ri (gloussé devrais-je dire), et lorsque je l'ai lu à mon tour et lui ai montré mes passages préférés, nous avons bien ri ensemble. Normal, Pomelo est garanti irrésistible.

pomeloetlescouleurs

... de R Badescu & B Chaud - Albin Michel -11.50€ - 2011

Je partage ainsi l'enthousiasme de Clarabel et de Gaëlle 

4 octobre 2011

La table des enfants, Isabelle Hausser

latabledesenfants"En soupirant, elle s'assit devant son couvert. Rien ne lui était plus douloureux, certains matins, que la vue de cette table. Agnès l'avait achetée avec Jean-Baptiste voilà trente ans. Ils y avaient pris leurs repas. Elle y avait écrit ses premiers romans tout en surveillant Elisabeth. Ce n'était pas une très jolie table ; elle n'avait pas coûté cher ; ne disposait même pas d'allonges. Un meuble ordinaire. Il les avait suivis dans tous leurs déplacements en Europe depuis vingt ans. Vite reléguée à la cuisine, couverte ou non d'une nappe au gré des humeurs et des lessives, elle avait longtemps servi aux repas des enfants et aux petits déjeuners. Elle était la gardienne de cette époque révolue où les quatre enfants dînaient en se chamaillant. Elle était la table des enfants."

Elisabeth est morte, en Allemagne, en compagnie de son mari. Un accident de voiture tout bête, une plaque de verglas. Agnès est effondrée, elle quitte la Belgique, ses enfants adolescents, son mari pour se rendre aux obsèques de sa fille aînée. Là-bas, elle tente de comprendre pourquoi cette dernière avait depuis plusieurs années coupé les ponts avec elle malgré la tendresse qui les liait si visiblement, et pourquoi aussi elle avait fait de sa mère l'unique tutrice de ses deux enfants, et de ses biens. Faire son deuil, s'occuper de deux orphelins presque inconnus, réconforter la jeune-fille au pair, et mener l'enquête qui s'impose à elle donnera finalement à Agnès beaucoup d'occupation et les clés d'un nouvel avenir.

La Table des enfants croise quelques thèmes intéressants, ceux plus particulièrement de la relation mère-fille et celui de l'écriture (Agnès est auteure à succès de romans policiers). J'ai aimé également suivre les réflexions de cette femme d'âge mûr, sommée par les évènements de choisir son destin, et comprendre ainsi qu'à tout moment de la vie, tout est encore possible, transformable. Les ambiances sont posées tranquillement, chaque détail est minutieusement étudié, l'Allemagne devient présente, palpable, les personnages consistants. Tout m'a plu dans ce roman qui n'oublie pas de distiller aussi, et jusqu'à la dernière page un suspens troublant.
Un bon roman confortable, et un coup de coeur !

  Editions du Livre de Poche - 7.50€ - Avril 2003  heart

La lecture de Keisha - Merci ma bibli !!

31 août 2011

L'annonce, Marie-Hélène Lafon

l_annonce"De Nicole et des oncles on devinait tout ; on finissait par savoir, même elle, Annette, l'étrangère, comment ils se tenaient autour de la table sans Paul, avec, à la droite de Nicole, cette chaise vide qui ne serait pas repoussée contre le mur. La place du frère était là, restée là, marquée, comme en attente. On ne changeait rien, on ne changerait rien ; qui savait le fin mot de l'histoire, et si."

Paul a passé l'annonce. Annette y a répondu. Lui est agriculteur dans le Cantal, elle vient du Nord. Ils se sont vus et ont décidé d'associer leurs solitudes. C'est une histoire d'amour, enfin presque, de celles qui se taisent, atténuées par le silence de la campagne et le regard du voisinage... Près d'eux, le fils d'Annette cherche doucement une place, loin du souvenir de son père violent, dans l'attente de ce quelque chose qu'il porte en lui, avide de former à sa manière une nouvelle cellule familiale.

J'ai beaucoup aimé l'écriture de ce court roman, son ambiance, sa trame narrative. On est sans cesse à hauteur des personnages ou au coeur de cette ferme dans laquelle six personnalités se pressent les unes contre les autres... et voilà qui est au départ déconcertant et puis drôlement bien fait et ensuite troublant, et émouvant. Entre l'âpreté du quotidien et une détermination farouche pour le bonheur, contre la fatalité, Annette et Paul ont choisi une voie, très respectable.
Une lecture qui croit à l'amour dans les prés.

heart Coup de coeur ! - folio - 5.10€ - Avril 2011

J'ai envie de dire merci à La Pyrénéenne qui avait réussi à me convaincre grâce à son très beau billet, je ne regrette vraiment pas ma lecture !
Sylire m'a remis en mémoire le fait que j'avais lu aussi Le soir du chien !!
D'autres lectures... Cathulu, Keisha, Clara, etc...

14 août 2011

En cours de lecture...

inspiration1"Je me réveille d'un seul coup, aveuglée par un rayon jaune m'expulsant de mes rêves. Il fait pourtant nuit noire.
J'entends la voisine s'agiter doucement de l'autre côté de la cloison. Je fais le moins de bruit possible. Je n'allume pas. Je ne veux pas qu'elle me croit insomniaque. Je n'aimerais pas entendre quelque chose sur mon tapage nocturne interne. Je me déplace à pas de loup.
J'erre, je ne pouvais pas rêver meilleur lieu que mon appartement pour une promenade nocturne. Ce qui est étrange, avec la piqûre d'écriture, c'est la réalité des contours, la précision des perspectives, le calcul des angles, la prise de mesure, la table du temps, l'absorption des lumières, tout est vu, traité, retenu. L'oeil importe, la mémoire engrange, la machine mentale ne se repose pas. Il faudrait pourtant, parfois, faire le vide un moment. Mais le monde entier sollicite, convoque, appelle, appelle au secours."

Extrait de Les Cris de Claire Castillon, in Le Livre de Poche, Mai 2011

Claire Castillon, c'est toujours assez dérangeant, spécial, fascinant... et drôlement bien écrit.

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25 mai 2011

"Grandir,

c'est voir revenir ses vieilles peurs... et en rigoler.
Pomelo n'a plus peur de partir. Il découvre que grandir, c'est peut-être dire "au revoir". Et entendre l'"au revoir" qu'on lui dit.
Maintenant, il se sent assez grand pour la grande aventure."

pomelo

Chez les Antigone, on découvre enfin Pomelo, et avec bonheur... Pomelo Grandit est l'album idéal pour tous ceux qui savent que l'année prochaine se profile une étape décisive (l'entrée en CP par exemple). C'est quoi grandir ? On hésite entre envie et crainte... Il faudrait faire très attention à ne pas déborder. Est-ce que grandir c'est arrêter de faire le clown ? Est ce que l'on devra aussi faire des choses que l'on a pas du tout envie de faire ? Grandir, c'est faire des choix. Et de nouvelles expériences.

Oserai-je vous avouer que travaillée moi aussi par quelques craintes en ce moment j'y ai puisé également quelques jolies graines ? Pomelo est adorable.

Editions Albin Michel - 2010

Emprunté en médiathèque

Un éléphant rose rencontré à plusieurs reprises chez Clarabel - Gaelle a confirmé

5 mai 2011

Les reliques, Jeanne Benameur

les_reliques"Soulever le couvercle de bois.
Retrouver.
En mémoire le corps.
Dans le souffle toujours vivant de leurs trois poitrines.
Qu'importe les lambeaux, rien ne ternit sous la terre. Qu'importe le lieu où les os de Mira oublient ce que fut le poids de cette femme sur la terre. Ils ont leur trésor. Non, elle ne repose pas là-bas, au milieu des autres de la terre, sagement alignés dans les allées bordées de graviers. Non. Elle est avec eux. Entière. Vive. Dans l'éclat des paillettes dérobées au cirque.
Le temps n'existe pas.
Le mémoire est comme la souffrance. Intacte."

Que reste-t-il donc d'une femme que l'on a aimée ? Presque rien, sauf le souvenir.
Ils sont trois, ils sont issus du cirque, Hésior le magicien, Zeppo le clown, Nalbatar le soigneur de fauves, ils sont vieux et ils ont aimé Mira, tous les trois. Maintenant qu'elle n'est plus là, l'amante, la trapéziste, ils fabriquent de fausses reliques qu'ils enterrent dans la terre, pour perpétrer ce qu'elle a été, pour l'avenir...

J'ai rencontrée Jeanne Benameur, dernièrement lors d'un apéro littéraire... Je n'ai pas parlé de cette rencontre ici car je n'ai pas pris vraiment de notes sur l'instant, et que les phrases que j'ai retenu de ce moment je les ai logées dans un petit coin de ma tête pour ne pas les oublier mais qu'elles en disent peut-être finalement un peu trop sur moi... Jeanne Bennameur est une personne très intéressante à écouter, concernée, une personne d'opinion qui aime les gens, lance - comme ça en l'air - des phrases pansements inattendues sur les liens humains, sur la vie... J'ai adoré l'écouter. Interviewée par Eric Pessan, le temps est passé très vite.
Il a beaucoup été question, bien entendu, de son dernier roman Les insurrections singulières (2011) mais c'est vers celui-ci, Les reliques, tout juste sorti en poche mais publié chez Denoël en 2005 que s'est porté mon choix.
Comme ce que j'ai déjà lu d'elle, ce texte fait la part belle à l'écriture poétique, à la sensualité brute, au lyrisme contenu. La ponctuation arrête souvent les phrases au bord du trop, juste avant. Il ne faut pas y chercher un sens réaliste, vous y perdrez la raison, mais se laisser porter par la musique des mots, à la limite lire tout haut, et oublier l'ordre du temps.
Jeanne Benameur nous a rappelé avoir commencé sa vie éditoriale par un recueil de poèmes, Naissance de l'oubli (1989) et nous a promis quelque chose dans ce sens pour la rentrée, comme un retour aux sources... A suivre, donc !

bouton3 Babel - 6.50 € - Février 2011

Et une illustration trouvée chez Ptitlapin aujourd'hui - Signée Walter Ottokar - complètement dans l'esprit du texte !

walter_ottokar

21 mars 2011

Images

femmelivreUne étendue de carrelage
Qui brille
Et juchée sur une chaise
Une femme satisfaite d'avoir
Tout si énergiquement serpillé

Une tartine beurrée
Et un visage pareil
De crème épaisse
Barbouillé

Un groupe d'enfants
Un peu turbulents
Enrobés dans un même cri, affectueux.
Des zouzous tendres à envoyer se coucher tôt

Le même groupe d'enfants
Mais ici l'on fronce du sourcil
Dieu, qu'ils sont insupportables !

Tantôt, ce sera cet après-midi
Lorsqu'on aura le temps
Et que le soleil brillera si fort
Qu'il écrasera tout.
Alors, je viendrai.

Carrossable est la route.
On entend ainsi le bruit lourd de diligences pressées.
Pourtant, ce ne sont que quelques graviers
Dans les roues de ma bicyclette.

Tu rigoles ? Non
Tu suis le chemin que l'eau suit.
Tu formes un lit

Là-bas, un homme tresse de l'herbe
Demain, j'y mettrai mes clés.
Les cheveux du dehors font de jolies corbeilles

© Les écrits d'Antigone - 2011
(Images imaginées lors d'un stage d'écriture)

17 mars 2011

Viens, on va chercher un poème...Catherine Leblanc et Olivier Thiébaut

viens_on_va_chercherAujourd'hui, continuons si vous le voulez bien notre périple en quête de poésie via ce très bel album pour enfants, pas récent mais que je viens de découvrir, qui nous conte justement comment chercher et surtout trouver toute présence de poèmes dans une ville... Un gros coup de coeur !
Quand la simplicité et la justesse du texte rencontrent des illustrations soignées et une mise en page excellente...

"Est-ce que tu as vu passer un poème dans le couloir de bus ?
Un poème ne klaxonne pas comme un malade.
Un poème n'écrase personne.
Un poème ne pollue pas.
Il donne de l'air."

C'est si vrai !

Editions Sarbacane - 13.90€ - 2008 - Le blog de Catherine Leblanc

viens_on_va_chercher_un_poeme350

Sinon, je ne suis pas très présente ici et sur vos blogs cette semaine, j'essaye d'assister à quelques divertissements poétiques ici et là, en plus de mon temps de travail et de celui consacré à ma famille... Je vous en parlerai peut-être bientôt, ou un peu plus tard via des lectures... Ce soir, j'ai écouté lire Jean-Pascal Dubost, j'ai été sensible plus particulièrement à quelques textes (malheureusement pas encore édités), c'est une langue qui caracole, qui racle la terre et part à la recherche du son des mots, j'aime bien...

31 octobre 2010

Invitation pour la petite fille qui parle au vent, Sébastien Fritsch

invitation_pour_la_petite_fille_qui_parle_au_vent"L'une et l'autre s'étonnèrent de voir la première carte de loup collée au mur. L'une et l'autre gardèrent cette impression pour elles. Et aujourd'hui encore, l'une et l'autre y repensent souvent. Mais ni l'une ni l'autre n'en dira rien. Autour de Christophe, elles font tinter leurs verres de rosé pour trinquer à leurs retrouvailles, au mariage si proche et à la vie, tout simplement. [...] Estelle est loin maintenant. Clara et Salomé doivent revenir à leurs personnages de fleuriste amoureuse et de médecin humanitaire désabusé. Elles doivent reprendre leur place dans cet étrange film de la vie. Le seul dont le scénario n'est pas connu d'avance. Le seul dans lequel les premiers rôles peuvent être dévolus aux absents."

heart Tout commence comme un thriller qui mettrait sur le devant de la scène un médecin légiste amoureux et une vendeuse de bijouterie au chignon impeccable... Mais c'est mal connaître Sébastien Fritsch, rien n'est si simple, car nous plongeons tout à coup dans le futur, dans le passé, et nous comprenons vite qu'il est bien entendu question ici de cadavres - objet de toutes les préoccupations de Thomas, le père - mais surtout d'amour, fatalement imparfait, celui qui lie entre eux les membres d'une même famille, un couple et ses trois filles.
Clara, la seconde, la plus raisonnable, va se marier. Elle est fleuriste. Salomé, la plus jeune, au Kenya depuis deux ans en profite pour revenir, lourde de tout ce qu'elle a laissé là-bas. Estelle manque, c'est l'ainée, elle manque depuis si longtemps que la blessure de son absence est un récit à lui tout seul, une présence. Elle envoie des cartes, à l'effigie du loup qui la représente, une unique phrase au dos, bouleversante, "Je cherche toujours". Tout ce qui gravite autour est histoire d'amitié, d'imaginaire, d'enfance, d'écriture et de chemin de vie.

Je connais Sébastien Fritsch depuis quelques temps déjà, principalement via son blog... Il me fait d'ailleurs de temps en temps la gentillesse de commenter mes petits textes. J'ai lu ses deux précédents romans (Le sixième crime et Derrière toute chose exquise). Il m'avait déjà surprise et conquise à l'époque par sa capacité à inventer une structure savante et subtile. Il m'a étonnée encore une fois, émue au possible par ce roman-ci, que je ne peux qu'ajouter à mes autres coups de coeur. Sans doute quelques éléments ont dû faire écho en moi, sans doute... J'ai été touchée par le regard délicat qu'il posait par exemple sur l'adolescence. J'ai aimé cette toute nouvelle touche de profondeur qu'il donne à ses personnages, des êtres de papier soudain vivants que l'on se prend à aimer. Mais surtout, plus j'avançais dans cette lecture, plus je me suis sentie fière de le connaître, plus j'ai pensé qu'il aurait été dommage qu'elle ne soit jamais publiée cette histoire. Car c'est une belle histoire, une histoire merveilleuse d'amour, de tolérance et de liberté, ne passez pas à côté.

bouton3 Note de lecture  : Coup de coeur ! - Editions fin mars début avril - 17€ - Sortie le 23 Octobre 2010

Toutes les informations pour le commander sont ici http://marsavriledition.canalblog.com/
Des avis de lecteurs  - Pour lire les trois premiers chapitres...

Dans la région, vous pouvez vous procurer des exemplaires dans cette librairie : Maison de la Presse  6, place du Champ de Foire 85600 Montaigu (Vendée)

Je me permets d'ajouter en point final une des petites variations que Sébastien Fritsch a inventé sur le thème du joli nom de sa maison d'édition...

"Il sera là fin mars, début avril au plus tard. On n'est jamais vraiment sûr, tu sais. Enfin non, tu ne sais pas. Tu ne sais plus. J'aurais bien aimé que tu saches. Et je me demande déjà, au cas où il te ressemblerait, si je devrais en pleurer ou en être heureuse."

27 juin 2010

Ce que je suis en réalité demeure inconnu, Virginia Woolf

CE_QUE_JE_SUIS"Je n'arrive pas à écrire avec cette plume vicieuse, mais il me faut continuer cahin-caha pour vous dire que j'admire réellement ce pauvre Henry [James], que j'ai effectivement lu Les Ailes de la colombe l'été dernier et que j'ai trouvé que c'était là une telle prouesse, à la fois de sa part et de la mienne, que j'estime désormais que lui et moi sommes de vrais compagnons de mérite - je veux dire que nous avons également mérité de la littérature. J'ai tout démêlé. Mais après, je me suis sentie très mal pendant quelques temps. Je suis en train de lire Joyce, et au bout de 200 pages (sur 700), mon impression est que ce pauvre jeune homme n'a guère que des reliefs d'intelligence, comparé même à un George Meredith. Ce que je veux dire, c'est que si l'on pouvait peser le sens d'une page de Joyce, on s'apercevrait qu'il est 10 fois plus léger que celui d'une page de James." Lettre à Lady Ottoline Morrell - 18 août 1922

La correspondance que Virginia Woolf a tenu (dont ici nous ne connaitrons que ses lettres), nous donne à lire un personnage riche, exalté, qui ne mâche pas ses mots, ni ses passions, ni ses aversions. Elle écrit à tout le monde, à de simples connaissances, à sa famille, à ses amis, à son mari, à des confrères. Elle donne des rendez-vous, se plaint du peu de temps que lui laisse les mondanités, parle de littérature, de son peu d'estime pour Henry James, de son admiration pour Proust et Shakespeare, de son amitié avec Katherine Mansfield, de sa rencontre avec Leonard Woolf, de l'attachement qu'elle a pour le groupe Bloomsbury. Le doute la travaille quotidiennement, la soif d'écrire aussi. La douleur qui accompagne son travail, la maladie qui rôde autour d'elle et qui parfois la terrasse, la reconnaissance de son travail d'écrivain, tout cela la rend sensible aux marques d'amitié et d'amour dont elle semble faire son sel journalier. Elle se juge vaniteuse, mais chaque lettre de ses correspondants lui procure un plaisir immense.

"Parcourir les lettres de Woolf, c'est retracer l'histoire du Bloomsbury Group, en découvrir la géographie, depuis Cambridge jusqu'à Londres, en passant par les lieux d'adoption, Paris ou le sud de la France. C'est rencontrer ses peintres, Vanessa Bell ou Duncan Grant, ses mécènes et ses philosophes, ses théoriciens, Roger Fry ou Clive Bell pour l'art, Maynard Keynes pour l'économie, ses écrivains, Lytton Strachey, Edward Morgan Forster, dont Virginia pensait qu'il était sans doute le seul à avoir compris le sens de ses recherches, ou ses journalistes, Leonard Woolf ou Desmond MacCarthy. C'est aussi découvrir tous ceux, amis ou ennemis, qui gravitent autour du cercle, soit parce qu'ils en sont exclus [...], soit parce qu'ils choisissent de rester sur la frange [...]. C'est connaître leurs passions, pour la peinture impressionniste ou la Grèce, leurs amours, homosexuelles pour la plupart, et leurs amitiés, solides malgré de flagrantes imcompatibilités d'humeur, leur ouverture d'esprit aussi bien que leur snobisme. C'est vivre au quotidien leurs illusions, le pacifisme entre autres, leurs succès et leurs deuils."  Extrait de la préface de Claude Demanuelli

heartCe que je suis en réalité demeure inconnu est une lecture passionnante que je suis bien heureuse d'avoir entreprise. Elle révèle combien l'écriture côtoie sans cesse le doute et la frustration. Elle met la lumière sur un personnage dont on a bien souvent, et à tort, une image compassée.
Une lecture essentielle et forte, et un exemplaire terriblement corné auquel je suis dorénavant très attachée.

bouton3 Note de lecture : coup de coeur ! - Editions Points - 7.80€ - janvier 2010

J'avais également lu Une chambre à soi, que je vous recommande

4 avril 2010

Bastien Vives

Aujourd'hui, pas d'oeufs de Pâques sur ce blog, non, mais de la couleur, oui.

Mes_images21

Pourquoi ? Parce que ces deux albums ont croisé mon chemin mercredi dernier, bien en vue sur un présentoir de ma bibliothèque, et que tiré en avant par petit-dernier bien pressé, ni une ni deux, je les ai embarqués.
Bel Gazou m'avait déjà alléchée avec ses billets, notamment celui sur Dans mes yeux très évocateur...et puis Le goût du chlore a été beaucoup lu sur la blogosphère...alors je voulais y jeter mon propre oeil acéré, pour voir si moi aussi j'allais être conquise.
Et bien, bien m'en a pris, j'ai bien fait. Déjà, l'objet est joli, épais. Il y a du silence dans les vignettes, des regards, beaucoup d'élégance, des mouvements proches du réel, des rencontres, des ruptures, des départs, et encore du silence. L'action de l'un se déroule dans une piscine, tous les mercredis. L'autre raconte une rencontre étudiante, entre BU, partiels et sorties... J'ai eu vrai coup de coeur pour ces deux albums !

En plus, lorsque l'on voit le minois tout jeune de l'auteur en cherchant des images sur un moteur de recherche bien connu, on se dit qu'il y a aussi énormément de maturité dans ces pages, et du talent précoce. Voilà, j'aime beaucoup.

Casterman - 2008, 2009

http://bastienvives.blogspot.com/

19 mars 2010

La Femme de l'Allemand, Marie Sizun

lafemmedelallemand"Elle t'entraîne jusqu'à la maison d'une main ferme. Tu es confondue d'amour et d'effroi."

Marion grandit, après guerre, auprès de sa mère Fanny. Cette mère est bien un peu fantasque, un peu folle, lourde du secret d'un amour interdit mais Marion l'aime, absolument, entre inquiétude et bonheur. Cependant, les incidents se multiplient, les actes de folie, de démence, les séjours chez des grands parents froids et distants aussi, et Marion finit par mettre un nom sur la maladie de celle qu'elle admire et redoute à la fois, sa mère est maniaco-dépressive. Alors, comment se construire une vie normale dans cet univers oscillant ? Comment exister, trouver sa voie, sous l'ombre du souvenir d'un père allemand dont on ne dit rien ?

Il est compliqué pour moi de vous parler de ce livre...car je n'ai pas été emballée plus que cela par l'écriture de Marie Sizun dans cet opus, son écriture m'a en fait semblée très simple, trop simple, et pourtant...comment résister à ce paquet d'émotion affolante qui vous tombe sur les genoux à sa lecture ? Impossible. Il y a une voix, indéniable, quelque chose ici qui vous prend les tripes, vous tient par la main sans faiblir, sait retenir votre attention et la garder jusqu'à la fin.
On se dit également qu'elle est bien ténue la distance entre la raison et la déraison... On se dit surtout, et particulièrement après avoir déjà lu Le Père de la petite, que Marie Sizun revit sans cesse dans ses écrits le même trajet d'enfance, qu'elle tente d'exorciser sans doute, et que pour cela on la comprend si bien.

"Un père, tu as toujours su que tu en avais un. Mais un père mort. Fanny t'a dit qu'il était mort.
Mort. Un drôle de mot, dont la musique souffle du vide. Du froid. Un mot dont tu as saisi le sens avant de le connaître.

Elle t'a dit aussi qu'il était allemand, ton père, mais qu'il ne faut pas en parler, ma chérie. Jamais. A personne. C'est un secret."

bouton3 Note de lecture : 4.5/5 - Livre de Poche - Aout 2009 - 6.50€

objectif_palObjectif pal : 50-9

Toutes les autres lectures disponibles sont chez B.O.B.

15 janvier 2010

Les Monologues du Vagin, Eve Ensler

lesmonologuesduvagin" Alors, j'ai décidé de faire parler des femmes, de les faire parler de leur vagin, de faire des interviews de vagin."

Parus aux Etats-Unis en 1998, ces monologues ont déclenché un phénomène sans précédent. Rarement une pièce aura été autant jouée. Rarement le tabou de la sexualité féminine aura été autant mis en lumière. Et ce n'est pas si évident de raconter mes émotions face à ce livre...

Je dois vous l'avouer, j'en attendais tant, et je retardais depuis si longtemps sa lecture que, forcément, je suis un peu déçue...mais peu importe car Les Monologues du vagin, ont avant tout le grand mérite d'exister, ils sont importants, ils vont dans le bon sens, dans le sens du féminin et du respect.
J'ai ressenti un étrange sentiment de détachement à parcourir ces témoignages pourtant forts. J'aurais aimé, je pense, assister à une version théâtrale, me sentir bousculée par le style, une certaine emphase, la douleur, la joie...

Et pourtant, posséder cet ouvrage, le voir vivre dans ma bibliothèque me paraît aujourd'hui un acte féminin essentiel, presque militant, et en cela il me plaît cet ouvrage, il me plaît énormément.

Et puis, il y a ces quelques listes, imaginées par Eve Ensler, que j'ai trouvé très fortes dans leur sobriété, très subtiles...

"Si votre vagin était habillé, que porterait-il ?"

Un béret.
Un blouson de cuir.
Des bas de soie.
Un vison.
Un boa rose.
Un smoking d'homme.
Un jean.
Un truc moulant.
Des émeraudes.
Une robe du soir.
Des sequins.
Que de l'Armani.
Un tutu.
De la lingerie transparente.
Une robe de bal en taffetas.
Un truc lavable en machine.
Un loup.
Un pyjama en velours violet.
De l'angora.
Un noeud papillon rouge.
De l'hermine et des perles.
Un grand chapeau à fleurs.
Un chapeau en léopard.
Un kimono de soie.
Un pantalon de survêtement.
Que de l'Armani."

Une lecture qui entre de plein fouet dans le cadre de mon Objectif Pal et des Coups de coeur de la blogosphère compilés par Théoma. - On parle "un peu" de la pièce par ici - Je rajoute l'avis de Sandrine que je trouve intéressant et que je rejoins -
Denoël - ISBN 978 2 207 25755 5 - 2005

Le site - http://www.lesmonologuesduvagin.com/

Objectif Pal : 7/50       objectif_pal       coeur_vs3

13 mai 2009

Qui touche à mon corps je le tue, Valentine Goby

QUITOUCHEAMONCORPSJELETUEMarie G. attend dans sa cellule l'heure de son exécution. Elle est une "faiseuse d'anges", une des dernières femmes guillotinées.

Lucie L. attend que son enfant sorte d'elle car rien ne doit toucher son corps. Elle procède à son deuxième avortement clandestin, loin d'un mari qui l'aime...sans doute, loin de l'amour de sa mère. Nous sommes en 1943.

Henri D., lui, est le guillotineur, celui qui va tuer la femme fautive, celui qui pense avoir déjà tué sa propre mère...par trop de fatigue et dépuisement. "Vous faites tellement de bruit les enfants. Tu m'épuises, Jules-Henri, tu me tues."

Chaque protagoniste du récit de Valentine Goby suivra le fil de son destin jusqu'au terme d'une histoire qui ne dure que 24 heures et qui oscille sans cesse entre la vie et la mort...

heart Difficile de mettre un coup de coeur sur cette lecture au thème si dur, et pourtant je le fais, avec conviction.
Je dois avouer que j'ai aimé ce livre, son écriture très belle, son thème aussi. Ce récit regorge d'histoires de mères et de désirs d'amour. En suivant les pensées de Lucie L., j'ai songé à April des
Noces rebelles (pour ceux qui l'auraient vu). Il y a chez Lucie ce même désir de vivre sa vie, de maîtriser son corps, ce que les femmes avaient si peu l'opportunité de faire à l'époque. Que de chemin parcouru, mais que de chemin à parcourir encore !
Difficile d'adhérer aux émotions d'Henri D., l'exécuteur !! Et pourtant Valentine Goby parvient à nous faire éprouver de la tendresse pour cet homme, victime d'une hérédité auquelle il n'a pas tenté d'échapper, vicitime de son rôle, et prisonnier de ses sentiments pour les victimes. On imagine très bien les traumatismes qui jalonnent son esprit et qui ont infiltré sa vie.
Difficile de ne pas vouloir en savoir plus sur Marie G., sur ses convictions, mais on la laisse avec l'amour qu'elle porte à ses enfants, et sur cette image de bord de mer avec laquelle tout finit.
Qui touche à mon corps je le tue est réellement un très beau roman.

Un extrait (monologue de Lucie) qui me touche, et que je trouve magnifiquement écrit...
"Est-ce que j'ai eu tort, qui a eu tort de ma mère ou de moi, de mon père, de mon mari, qui n'a pas vu n'a pas su qui j'étais avant que je n'en vienne à ça, risquer ma mort pour survivre, qui n'a pas eu les yeux pour voir, pour me voir, pour ne pas se mirer en moi, qui aurait pu balayer son reflet et me chercher en dessous, me trouver, est-ce que j'ai aimé qu'on me dessine, était-ce plus facile ; ai-je voulu ce rapt de moi-même, ai-je le droit d'être en colère, triste, contre qui, contre quoi ? Est-ce ma faute ? Suis-je victime, bourreau, les deux à la fois, quelle est ma part de consentement, de libre arbitre, où est "je", où est-ce qu'il commence, quand aurait-il dû naître et s'ancrer et dire non refuser repousser tout ce qui n'est pas lui ? Quand devrais-je être quelqu'un et qui pouvait m'aider, ai-je été faible ou juste pas avertie, le temps est-il rattrapable, est-ce que je peux espérer l'homme qui me tiendra au bout de son sexe, dois-je sangloter sur un fantasme, existe-t-il des réponses à mes questions, en moi, hors de moi, faut-il cesser de penser, de sentir, ou bien cette torture en vaut la peine parce qu'à la fin, peut-être, il y a une promesse de bonheur, ce que j'entrevois du bonheur, une sorte de plénitude où coexistent mon corps ma voix ma tête dans une seule enveloppe palpitante, et tout bat en même temps ? Ai-je raison de vouloir ? D'espérer ?"

Valentine Goby parle ici de son livre...

bouton3 Note de lecture : 5/5

ISBN 978 2 07 012057 4 -13.90€ - 09/08

La très belle lecture de Clarabel - Celle plus réservée de Chiffonnette - La pyrénéenne l'a trouvé froid - Je partage l'avis de Elfe, bouleversée - Les autres lectures sont chez BOB...

26 janvier 2017

Encore faut-il rester vivants, Anne Ferrier

encorefautilrestervivants

Allez hop ! Un livre jeunesse, c'est toujours la perspective de rester en éveil... Alors tant mieux tant mieux, car il t'en reste encore quelques uns à lire dans ta Pile à Lire urgente. Dans celui-ci, que tu as ouvert pour sa couverture bigarrée (tu avais envie de couleurs), ça tombe bien, il s'agit justement de tout faire pour rester en vie... En ouvrant sa première page, tu prends le train en marche. (Fidèle à ton habitude, tu n'avais pas lu la quatrième de couverture)... La fin du monde a déjà eu lieu. Julia, Shawn, Mouette et leur chien sont en pleine course poursuite... Tu as le sentiment d'avoir déjà vu des scènes semblables quelque part, dans Divergente ou Hunger Games, ou au détour d'un des dédales du Labyrinthe... (Ah d'accord, voilà où nous en sommes) Une éruption solaire a dévasté le monde tel que nous le connaissons, une épidémie s'est répandue transformant en errants (sorte de zombies agressifs) les survivants contaminés au moindre contact humain. Toi lectrice, tu souris très vite à ce dépaysement garanti et t'attache aussi rapidement aux personnages, à ces trois adolescents courageux et fatigués qui vont n'avoir de cesse au fil des chapitres de se déplacer, de sauver leur peau, de se méfier des adultes, et de se débrouiller au mieux pour se nourrir, dormir et ne pas se laisser prendre. L'hostilité est partout, sauf dans leur trio, où confiance et sentiments s'éveillent rapidement... Mais comment aimer, avoir un avenir, dans ce nouveau monde où le moindre contact, la moindre marque physique d'affection est une condamnation à mort ?... Tendue comme un arc, tu n'as pas pu laisser courir sur les dernières pages ces enfants sans savoir si ils allaient effectivement s'en sortir... Tu as éteint la lumière un peu tard ce soir là, le soir où tu as terminé ce livre terriblement addictif et divertissant. Pfiou, quelle course !... Qui aurait dit que tu prendrais plaisir à lire une telle histoire ? Tu te surprendras toujours un peu...

Editions Magnard Jeunesse - Octobre 2016

Hérisson l'a lu aussi

2 juillet 2016

Et pour toujours ce sera l'été, Valentin Spitz

etpourtoujours

 "Je ne suis jamais parvenu à les aimer."

Fils d'un acteur célèbre, Lucas passe à dix-sept ans ses vacances d'été dans la superbe villa que ce dernier possède à Saint-Tropez. Pour autant, ses relations avec son père ne sont pas faciles. L'adolescent profite donc de l'extérieur, des plages, mais surtout de ce qui se passe la nuit, fait des rencontres, notamment cette jeune-fille, Manon, qui partage pour les vacances un appartement avec des jeunes de son âge. C'est à ce moment-là que débarque Marie-Baptiste, l'agent de Marc, que Lucas surnomme Darth Vader. Les deux adultes annoncent au jeune homme leur intention de se marier. Mais Lucas ne pense qu'à sa mère, disparue quand il était enfant, et l'insistance d'Alain Van Meks, un policier, ancien ami de Marc, pour relancer l'enquête, perturbe beaucoup le jeune homme...

Avec ce roman, je pensais rentrer dans une bluette d'été, sans doute un peu orientée par cette couverture estivale. Et puis, dans les premières pages, je me suis assez vite rendue compte qu'il n'en était rien. Ce que je préfère je crois. J'ai finalement surtout pensé très vite à ma lecture de Bonjour Tristesse de françoise Sagan, à cette atmosphère de paresse vaguement érotique que l'été et l'adolescence conjugués générent. Et puis, l'intrigue gagne peu à peu en étrangeté, la violence, le doute, le chagrin s'invitent, en même temps que cette future belle-mère, qui semble s'arroger des droits sur un adolescent visiblement en souffrance. Peu à peu, le lecteur se sent en danger, est troublé, frémit jusqu'au verdict final. Valentin Spitz est chroniqueur sur iTélé, il étudie par ailleurs la psychanalyse et travaille à la Maison de Solenn (une maison pour adolescents). Il est connu pour être l'auteur de deux biographies : une de Najat Vallaud-Belkacem et une de Arnaud Montebourg. Ce roman est son premier roman et il est plutôt réussi.

A glisser dans sa valise pour l'été et à rajouter à ma petite Sélection Plage qui s'étoffe [clic ici].

Editions Jc Lattès - 17.50 € - Juin 2016

19 juillet 2016

Dans mes boîtes

... il y aura aussi tout ça !! Très gâtée par les éditions du livre de poche, que je remercie chaleureusement pour leur générosité. Et puis des petites bricoles, chinées par ma grande fille (15 ans aujourd'hui) et moi. Oserais-je vous avouer que j'ai adoré faire ça ? Mais que maintenant il faut être sage et arrêter de remplir.

Il est toujours temps de jouer pour ces boîtes, une seule, ou les deux [en cliquant ici] !!!

A gauche, la boîte littéraire. A droite, la boîte bricolage/détente. Quelques surprises supplémentaires ne seront découvertes que par les gagnantes. Rendez-vous dorénavant début août pour les résultats du tirage au sort. Bonne chance ! 

NB : modification de la date de fin des inscriptions, le 30 juillet au soir minuit, pour un résultat le 31 juillet dans la journée.

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19 mai 2016

L'enjoliveur, Robert Goolrick

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 "C'est alors que la voiture avait bougé."

L'enjoliveur est un tout petit livre, minuscule même, dirais-je... dont on n'a guère envie de dévoiler l'intrigue de peur de trop en dire. Personnellement, il m'a suffit de savoir que l'auteur en était Robert Goolrick, celui qui avait écrit La chute des princes, que j'avais beaucoup aimé lors de la rentrée littéraire 2014, pour avoir envie de l'ouvrir sitôt reçu. Robert Goolrick est également l'auteur de Arrive un vagabond, que je n'ai pas lu, mais qui est un roman connu pour avoir eu Le Grand Prix des lectrices de ELLE en 2013.

A l'intérieur, vous trouverez des enjoliveurs, des garçons (très jeunes) qui font des expériences dangereuses, une Buick 1943, une maison coupée en deux, une grand-mère qui fume, la présence de Tom Barrett et les deux yeux de Betty Boop. Et ah j'oubliais... de bien jolis dessins de Jean-François Martin.

L'enjoliveur est une grosse nouvelle dont on a fait un livre. Mon petit doigt m'a dit que Robert Goolrick l'aurait écrit spécialement pour ses lecteurs français. Même si j'ai pris beaucoup de plaisir à lire cette nouvelle, et que l'objet livre est très soigné, il ne m'aurait pas déplu de lire un roman plus long. Je lirai de nouveau l'auteur avec enthousiasme. En attendant, il me reste à découvrir son Arrive un vagabond.

Editions Anne Carrière - 12€ - 19 mai 2016

 

13 mars 2016

Rue des livres

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Rencontre de blogueurs et blogueuses hier à Rennes à l'occasion du festival Rue des livres. Pour ma part, cela a été l'opportunité de rencontrer enfin Enna, Gambadou, Claire (A propos des livres), Géraldine, Sylire, Sandrine, CanelYvon et sa femme Nicole. Gambadou avait organisé des navettes entre la gare et le festival (merci pour cette organisation !!). Comme je suis arrivée très tôt, j'en ai profité pour voir un ami (à qui je fais un petit coucou ici) et qui m'a conduite le matin sur les lieux. Petit moment de flottement à l'arrivée quand je me suis rendue compte que je ne connaissais visuellement qu'assez vaguement celles que j'allais rencontrer pour la première fois. Je pensais repérer facilement un groupe de filles (ah ah) et aussi qu'on me repérerait facilement avec mon écharpe orange (ah ah aussi, couleur en réalité grandement répandue). Ouf heureusement, Sylire m'a reconnue grâce à une photo mise dernièrement sur facebook. Nous avons ensuite déjeuné en pizzeria et c'est ce qui est magique avec les blogs, avec le fait que nous nous connaissons déjà, les conversations sont faciles et l'éventuelle gêne de la première rencontre s'envole rapidement. Ensuite, quelques unes d'entre nous sont allées écouter Sorj Chalandon, auteur intéressant et plein d'humour. Il était question surtout de son dernier livre, Profession du père, qui raconte son enfance, avec la distance nécessaire pour lui du roman... Il faudra que je le lise. Puis, Canel m'a entraînée à la découverte de Hubert Ben Kemoun. J'ai acheté La fille seule dans le vestiaire des garçons pour ma fille, mais j'ai en fait commencé le roman hier dans le train du retour (elle ne m'en voudra pas). Plus tard, je suis retournée voir l'auteur en compagnie d'Enna (nous nous sommes bien amusées). Toutes les deux, nous avons gâté nos fils avec un exemplaire de la revue Pop Corn (Star war for ever). Petit dernier était plongé dedans très tard hier soir (passionnant apparemment). Oh, il y a eu aussi ce mur couvert de post-it (coups de coeur de lecture), les photos de groupe rigolotes, des papotages... tout ce qui fait une rencontre réussie en somme.

31 juillet 2015

Un coeur en silence, Blanca Busquets

uncoeurensilence

 "Anna, cette même Anna qui joue là, maintenant, avec moi, la même qui me balance un regard de haine chaque fois qu'elle le peut, une haine qui a une odeur, qu'on remarque, qui se perçoit, une haine qui brille dans ses yeux et qu'elle n'essaye même pas de dissimuler, une haine qu'elle met dans la musique alors que nous jouons ensemble, eh bien cette même Anna fut la meilleure élève que j'aie jamais eue."

Alors qu'un concert se tient à Berlin, en hommage à un chef d'orchestre réputé, dix ans après son décès, des tensions règnent en coulisses. Anna, Teresa, Maria et Mark sont tous liés à Barcelone et à la musique. Ils prennent chacun à leur tour la parole dans ce roman pour raconter leur version de l'histoire, pour expliquer ce qui les a amenés jusqu'ici dans cette ville, loin de chez eux, leurs liens. Au milieu de tout cela, au fil des années, se promène de main en main un Stainer précieux au son et aux pouvoirs magiques. Qui du fils, de la servante, de l'amie, de l'amante, en héritera ?

J'ai fait avec ce livre une petite incursion assez inattendue dans la littérature hispano-portugaise. L'histoire m'a semblé au départ assez classique, le tout facile à lire, mais j'ai été ensuite littéralement happée par les histoires individuelles des personnages, auxquels on s'attache rapidement. Il y a tout d'abord le mystère de ce violon qu'une petite fille trouve dans une décharge, et qui lui donnera sa vocation de violoniste, et puis Maria, qui se révèle pleine de talent sous sa condition d'employée de maison, et Anna la petite fille riche à l'âme perdue. Tout un tas de hasards et coïncidences, petites duretés de la vie qui éraflent, finissent par retenir l'attention, ou ce sont sans doute ces petites phrases en fin de chapitres qui promettent des réponses aux questions. Un roman qui se joue du lecteur, comme un doux thriller, lu d'une traite, sur une journée, autant dire... dévoré.

Editions Les Escales - 19.90€ - Avril 2015

Un livre gagné sur la page Facebook des éditions Les Escales ! [clic ici] - Grand merci à eux !

lesescales

Un autre avis sur le blog de blablablamia

Un coup de coeur pour Camilla 

30 juillet 2015

Le Caillou, Sigolène Vinson

lecaillou "Monsieur Bernard voulait tout connement mourir. Il préparait sa mort en la doublant d'une création : une statue du commandeur qui aurait mes traits. Je me dis que c'est à cause de la tête que je me trimballe."

La quatrième de couverture de ce roman résume l'intrigue comme suit : C'est l'histoire d'une femme qui voulait devenir un caillou. Alors, en ouvrant ce titre, on s'attend à un peu d'étrangeté (on sera servi) mais pas vraiment à tout ce panel de tendresse et de poésie que l'on y découvre. 

En fait, Le caillou, c'est au départ l'histoire d'une jeune femme qui se terre dans son appartement parisien, et ne sort que pour descendre ses poubelles et aller travailler dans un bar comme serveuse. Là-bas, elle y a rencontré un client, dont elle est tombée amoureuse. Mais leur amour, après une nuit d'ivresse, restera lettre morte. Le voisin de pallier de la jeune femme est un étrange vieux monsieur, qui traîne dans son sac une serpillière à l'odeur nauséabonde et aime l'art. Suite à un incident, ces deux solitaires deviennent très proches. Monsieur Bernard révèle ses ambitions de sculpteur acharné, il aimerait tant réussir le portrait de sa jeune voisine. Tout naturellement, à la mort du vieil homme, la demoiselle voudra aller à la rencontre de La Corse et du village où il séjournait régulièrement. Une manière de redonner un nouveau sens à sa vie, un élan. 

J'ai beaucoup aimé me perdre dans ce roman tout particulier à la gouaille tonique mais à l'univers assez onirique, et presque fantastique, minéral. Le caillou est un roman avec beaucoup de charme à l'intérieur, et de belles rencontres, avec des gestes doux et de la rudesse tendre. A lire pour sa beauté et sa singularité.

Editions Le Tripode - 17€ - Mai 2015 - Merci ma bibli !!

Un très beau billet enthousiaste chez CharlotteUn roman triste et beau, déstabilisant et viscéralement attachant… pour Noukette - Derrière l'étrangeté, la réflexion est là... pour AifelleUne liberté de ton et une originalité qui font mouche, incontestablement... pour Jérome

12 novembre 2014

Une vie à soi, Laurence Tardieu ~ Rentrée littéraire 2014

unevieasoi"Je m'appelle Laurence T., je suis écrivain, je viens d'avoir quarante ans. J'ai été au bord de l'effondrement pendant deux ans, incapable d'écrire une ligne, incapable d'accrocher le réel. Plus rien n'avait de sens, les mots n'avaient plus de sens. Les mots étaient vides. Et aujourd'hui j'écris ce livre."

Cela reste un étonnement constant l'inattendu de ce qui parfois nous réveille. Il suffit souvent juste d'un miroir tendu, d'une phrase, d'une rencontre. Pour Laurence Tardieu, rattrapée par une douloureuse panne d'écriture, ce fut cette exposition de Diane Arbus, ses photographies, un choc visuel, puis l'exploration d'un destin qui faisait tant écho au sien. Devant elle, il y a cette même enfance privilégiée qui se mure derrière des parois de verre, mais aussi le choix d'une vie différente, sincère, moins facile, moins tracée, honnête, et tous les sacrifices que cela engendre, le désordre que cela crée autour de soi, l'incompréhension et la solitude. Alors l'écrivain va se nourrir du parcours de la photographe, s'appuyer dessus, y puiser de la force, des impulsions, et peu à peu retrouver goût au jour qui se lève.

"Il n'y a qu'en écrivant que je ne triche pas. Que je reste la même que moi."

Ce titre de Laurence Tardieu est véritablement dans la continuité de ses derniers livres, du choix d'écrire La confusion des Peines [clic] par exemple, au constat que l'écriture a disparu en même temps que le brouhaha créé par ce récit (L'Ecriture et la vie [clic]). On ne rentre pas dans Une vie à soi comme dans un roman confortable. C'est l'histoire d'une quête qui nous est donnée, via des fragments de souvenirs, des scènes du quotidien, une enfance retrouvée. Personnellement, je suis très touchée par le chemin d'écriture que prend Laurence Tardieu, par ses questionnements, par son courage, sa sensibilité aussi. Certaines phrases m'ont percutée violemment, la résonnance est évidente, et ouvre de nouvelles portes, des réflexions, sur l'exigence dans laquelle on tient soi-même son existence.

"J'aurais pu continuer ainsi, en écrivant des romans : "touchants", qui ne dérangent personne. Qui inventent des histoires."

Un très personnel coup de coeur que, je l'espère, vous partagerez.

Editions Flammarion - 18€ - 20 août 2014

challengerl2014

Je participe au challenge 1% rentrée littéraire de Hérisson... qui consiste à lire au moins 6 livres de la rentrée littéraire [clic ici pour plus de détails] - et je suis en partance vers le 2% - n°10/12

Clara a été touchée-coulée [clic] - Un coup de coeur et au coeur pour Cathulu [clic] - Une plume délicate et lumineuse pour Leiloona [clic] - Bouleversant pour Mirontaine [clic] - Un coup de coeur pour Eimelle qui a la bonne idée de rajouter des photographies de Diane Arbus [clic]

31 octobre 2014

On s'est juste embrassés, Isabelle Pandazopoulos

onsestjusteembrasses"J'ai gardé un souvenir très confus de toute cette période. Comme une douleur diffuse et continue. Il me semble que tout est arrivé en même temps, dans la même journée. Il me semble aussi parfois que ça dure encore aujourd'hui. Comme si le temps n'avait pas passé. Comme si j'avais grandi avec cette peur-là qui ne me quittera jamais.
Parce que c'est arrivé. En vrai. Je ne l'ai pas rêvé.
On m'a abandonné.
J'ai failli en crever."

Aïcha, jeune collégienne de quinze ans, vit seule avec sa mère, en banlieue parisienne. Elle passe beaucoup de temps chez sa copine Sabrina, et est fascinée par le frère de celle-ci, Walid. Un jour, Walid l'embrasse, et tout le collège la traite soudain de traînée, Sabrina en tête. Aïcha ne comprend plus rien, s'isole, sèche les cours, et la dépression qui atteint soudainement sa mère lui semble juste une tuile de plus dans un quotidien de plus en plus désespéré. Koto, son amoureux depuis la maternelle, son meilleur ami, la rattrape alors au vol, avant qu'elle ne s'écrase et sombre. Vigilant, attentif, il préfère être à ses côtés lorsqu'elle recherche la famille perdue de sa mère et tente de renouer des liens...

Ce petit livre, noté depuis un moment déjà, est une bien jolie découverte en matière de lectures pour ados... J'ai aimé son ton assez juste, son rythme, le personnage d'Aïcha, perdu et frondeur, la note d'espoir de la fin. Il est recommandé pour les plus de quatorze ans, je ne sais pas effectivement si ma fille de treize ans peut adhérer à cette histoire, elle a envie de l'essayer. Il traite assez bien, je trouve, de la solitude adolescente, de la perte de repères, des secrets de famille, mais aussi de cette énergie que l'on peut trouver en soi pour s'en sortir et atteindre d'autres repères, plus bienveillants. Une belle pioche de bibliothèque !

Gallimard jeunesse - Scripto - 8.90€ - juin 2009 - merci ma bibli !!

Un livre authentique, pudique et positif pour Clarabel [clic] - Karine a eu du mal [clic] - Une très belle lecture pour ados pour Théoma [clic] - Une belle découverte pour Cathulu également [clic] - ...

12 octobre 2014

Des brèves, du vrac et quelques déceptions

Aujourd'hui, exceptionnellement, je vous offre un billet fourre-tout BD, pour évoquer quelques titres reçus dans ma BAL mais dont je ne sais comment vous parler plus longuement.
Et je vais commencer par une heureuse surprise...

peupeur

lerisqueduperil

Car en effet, autant j'avais été un peu gênée par l'écriture du Mychtère du Château Dichparu [clic ici], bien que très séduite par le concept, autant ces deux nouveaux opus réalisés par la région centre qui allient documentaire et BD sont pour moi très réussis.
La collection Les mystérieux Mystères insolubles, série de docu-fictions a pour ambition de sensibiliser les jeunes lecteurs au patrimoine grâce à une approche ludique. Dans Peupeur sur la Viville (tome 5) vous retrouverez ainsi les châteaux d'Amboise, de Chaumont sur Loire, de Blois et de Chambord, alors que Le Risque du péril dangereux (tome 6) se situe dans la ville de Chartres et visite plus particulièrement sa Cathédrale.
Il y a beaucoup d'humour dans ces albums qui ne se prennent pas au sérieux, les personnages semblent gagner en densité... et l'esthétique de l'ensemble est réellement très sympathique, même si le choix de la typographie m'a laissée encore une fois souvent circonspecte. La partie documentaire reste légère mais suffisamment détaillée pour attirer la curiosité. Une idée originale et de beaux albums ! Une initiative de région à saluer.

N'hésitez pas à aller fouiner sur le blog dédié [clic ici]. Chaque album est à 15€. Editions L'Atelier du poisson soluble

Deux déceptions inattendues...

arsene

Arsène Lupin - Les origines. J'attendais beaucoup de cette évocation des premières années d'Arsène Lupin, où comment Arsène serait devenue Lupin, ce cambrioleur au grand coeur, roi des voleurs que l'on connaît.
Et j'ai été désorientée de me retrouver dans un bagne pour jeunes garçons, duquel le jeune Arsène est extrait par le Comte de la Marche, qui l'adopte. J'ai trouvé le traitement de cet album assez classique, cela m'a déçu, avec une organisation des cases très sage et à l'ancienne. J'aurais aimé je pense que ce soit l'Arsène Lupin adulte qui évoque son enfance, même si ce traitement là aurait été assez peu original également, mais il aurait permis au lecteur de faire le lien entre le futur et le présent. Rien n'évoque dans cette enfance ce qu'Arsène deviendra plus tard, et ce lien m'a manqué, ainsi qu'une certaine élégance que j'associais indubitablement au personnage. 
Monsieur Antigone, lui, a adoré, ravi de connaître enfin l'enfance d'Arsène Lupin, comme quoi.

Editions Rue de Sèvres - 13.50€ - 1er octobre 2014

journaldunchat

Journal d'un chat assassin - Véronique DEISS d'après Anne FINE. Le chat Tuffy ne comprend pas la colère de ses maîtres, ni qu'on l'accuse du meurtre du lapin des voisins. Enfin, lorsqu'il ramène souris et oiseaux sur le tapis du salon, il ne fait pourtant que son job de chat !!
Grande fille n'a pas aimé cet album que j'ai tenté à mon tour de lire. Nous ne connaissons pas à la maison la version petits romans des aventures de Tuffy. Sont-ils meilleurs ? J'ai pourtant ri beaucoup au cours de cette lecture mais je n'ai pas été séduite par les dessins de Véronique DEISS, et l'ensemble m'a paru un peu court. 

Editions Rue de Sèvres - 10.50€ - 1er octobre 2014

Malgré ces deux petites déceptions, qui restent très personnelles, je vous invite à continuer de suivre les publications des excellentes Editions rue de Sèvres... dont toute l'actualité est disponible sur leur page facebook 
https://fr-fr.facebook.com/ruedesevresBD

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Les lectures d'Antigone ...
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  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
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