11 octobre 2009

Retour d'un livre voyageur

alice_munroUn peu, beaucoup...pas du tout, un titre de Alice Munro, parti en voyage depuis quelques mois, est de retour, rempli de vos lectures.

"Neuf histoires de femmes. Histoires de baisers donnés comme on ramasse une fleur au bord du chemin. Histoires de meubles encombrants dont on ne parvient pas à se séparer. Histoires de trahisons nécessaires. Neuf histoires d'amour." (quatrième de couverture)

Voici un extrait de mon avis de lecture de l'époque, un coup de coeur pour moi : "Chaque nouvelle nous entraîne dans un chemin inattendu et déconcertant. On s'attend à ce que cette femme un peu banale se prenne une déconvenue, que cette autre suive un chemin tout tracé ou que celle-ci, encore, nous étonne : une farce se termine en happy end, Jinny attend son mari en plein soleil et se fait surprendre par une rencontre, Alfrida n'est pas la tante rebelle qu'elle semblait être, un mari attentionné s'efface pour le bonheur de son épouse malade.
Le style est impeccable et agréable à lire. Les personnages, plus qu'attachants, nous renvoient à nous-mêmes. Chaque parcelle de poussière, d'émotion, de frémissement est décrit avec précision par une Alice Munro posant sur ses contemporains un regard bienveillant et ironique."

Vous avez eu à son encontre un accueil plus mitigé, dû sans doute à l'écriture particulière d'Alice Munro et à l'atmosphère de ces nouvelles, parfois déroutantes. Voici ce que vous en avez pensé...

"Je ne sais pas vraiment pourquoi l'écriture m'a rebutée, un peu froide, un peu crue à mon goût et je ne me suis pas attachée aux personnages pourtant fort intéressants à leurs histoires qui l'étaient tout autant, ni à ce décor de l'Ontario. J'ai pensé que peut-être je n'étais pas dans les bonnes conditions pour ci pour ça, j'ai attendu, je l'ai repris et non, définitivement." La suite de l'avis de Bel Gazou sur son blog. "Peut-être n'était-ce pas non plus le moment pour moi..." Servanne "J'ai bien aimé toutes ces histoires de femmes si différentes les unes des autres avec comme dénominateur commun l'amour ! J'ai par contre été un peu rebutée par l'écriture que je trouve un peu brouillonne et confuse, m'obligeant quelquefois à revenir sur ce que j'avais déjà lu pour bien comprendre ce que l'auteur voulait faire passer. A part cette petite chose, un bon moment de lecture !" La fiche de lecture de Lucy "Une lecture tout à fait intéressante... Plusieurs histoires qui nous offrent autant de visions de vie. Une bonne découverte de cette auteure que je ne connaissais pas." Tristale "Surprenant parcours où l'atmosphère y est spéciale. Chacune de ces nouvelles se greffant autour d'un drame, ou d'une douleur. Alice Munro évoque au fil des histoires les grandes questions portant sur l'amour, l’amitié. Ai-je aimé ce livre ? Ma réponse sera un peu, beaucoup pour quelques unes. La chute de l'ours traversa la montagne est inattendue. L'écriture est par moments déroutante." Le billet d'Arlette "J'ai un peu déchanté à la lecture de ce "Un peu, beaucoup... pas du tout" de Alice Munro. Il s'agit d'Un recueil de neuf nouvelles où des femmes parlent d'amour, de couple, de leurs déceptions... Il ne se passe pas grand-chose en fait. Tout est dans le rythme, l'ambiance, l'atmosphère tranquille qui est recréée. On ne peut pas vraiment s'attacher à ces femmes. On passe à côté d'elles. On les effleure. Mais l'émotion ne va pas plus loin. C'est un peu dommage..." Le blog de Martine "Merci pour cette lecture dans laquelle j'ai découvert de très beaux portraits de femmes, bien que pas très gais..." Le blog de Liliba

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Merci à toutes pour tous vos petits mots laissés dans ce livre. Je vous renvoie par ailleurs sur l'avis de Laure, pioché sur Amazon, qui offre une autre tonalité de lecture, et qui compare assez justement Alice Munro à Laurie Colwin.

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10 octobre 2009

Ce soir...

emmanuelle_pagano1...Emmanuelle Pagano sera sur Arte, dans Metropolis, à partir de 22h25 car elle vient de recevoir le prix européen du livre 2009 pour Les adolescents troglodytes. Un de mes coups de coeur de lecture !! 

Vous vous en souvenez peut-être, j'ai eu la chance de participer à un atelier d'écriture avec cette auteure que j'affectionne, en février 2009. Vous retrouverez mes modestes productions ici, et ici aussi.

Ses livres lus, présents sur ce blog ... Le tiroir à cheveux, Les adolescents troglodytes, Le guide automatique, Les mains gamines...

Son blog à elle, http://lescorpsempeches.net/, est toujours en sommeil mais on peut y trouver ici et là, quelques mises à jour et signes de vie à son image (j'y ai d'ailleurs puisé cette photographie via Google, que je trouve très belle).

© Crédit photo - http://lescorpsempeches.net

Le lien du reportage sur Arte.Tv/emmanuelle_pagano2

(ajout du dimanche 11 octobre - pas de video)

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09 octobre 2009

Rentrée littéraire 2009 - Un bilan...et un challenge

challenge_du_1_litteraire_20091Ci-dessous, un récapitulatif des lectures de la rentrée littéraire 2009, chroniquées sur ce blog jusqu'à présent, et qui entrent de plein fouet dans le challenge de Levraoueg (lire au moins 7 livres de la rentrée littéraire, soit 1% des sorties en librairies) ~
au final, un bilan plutôt positif avec des coups de coeur, des bonnes surprises ...mais aussi des déceptions.

La Perrita, Isabelle Condou - Noté 5/5 - heart

Une année étrangère, Brigitte Giraud - Noté 5/5 -  heart

Assez parlé d'amour, Hervé Le Tellier - Noté 4.5/5

Ce que je sais de Vera Candida, Véronique Ovaldé - Noté 4.5/5

Le jour de votre Nom, Olivier Sebban - Noté 3/5

Le voyage vers l'enfant, Vonne van der Meer - Noté 1/5 - une grosse déception...

Contretemps, Charles Marie - Non noté - Un abandon de lecture...

Challenge terminé !

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Un contretemps... (Rentrée littéraire 2009)

...et malheureusement un abandon de lecture !contretemps

Voilà qui ne m'est pas courant, mais c'est ainsi, je jette l'éponge, enfin ma lecture, à la page 50. Je dois en effet me rendre à l'évidence que, malgré une écriture très belle, et cette manière de découper l'histoire en courts chapitres que j'ai trouvée originale et surprenante (dans le bon sens), cette fiction surréaliste me laisse dans un état d'incompréhension totale.

Dommage, car cette proposition de Blog-O-Book était assortie d'une charmante lettre de l'éditeur des Forges de Vulcain, que je remercie au passage pour l'envoi !

L'histoire ? (ou du moins ce que j'en ai saisi) Melvin, le héros du roman, est chargé de retrouver un dénommé Bruno Bar. Ce qui l'entraînera dans les catacombes de Florence, où il se fera tirer dessus et séduire (derrière le bar d'ailleurs, est-ce un jeu de mots ?) par une belle jeune femme, Lorraine, qui ne lui demandera rien de plus que cet instant étrange (étrange car ils s'aiment derrière le comptoir, alors que de l'autre côté le sol est jonché de cadavres ?!). Il est épris par ailleurs, en vain, de Morgane, mariée à Harold, qu'elle ne se résoud pas à quitter, même si elle déclare à notre détective que "Moi aussi, tu sais, c'est ton amour qui me donne une raison de vivre. Sans lui, je me sentirais disparaître." Sans parler de ce bras qui change douloureusement de couleur depuis qu'un poisson a mordu Melvin à la main, dans une église de Florence, tout occupé qu'il était à suivre une femme mystérieusement belle affublée d'un éventail noir, et alors qu'il plongeait la main dans un bénitier à l'eau douteusement trouble...
J'en suis restée là. ;o)

ISBN 9782953025910 - 15€ - AOUT2009

Toutes les autres lectures sont en lien sur le site de Blog-O-Book. A noter, la lecture de Levraoueg, pleine d'enthousiasme, qui fait par ailleurs voyager son exemplaire.

Ce titre clôt étrangement ma participation au challenge 1% rentrée littéraire inauguré par Levraoueg.

Défi 1% littéraire 2009 : 7/7

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07 octobre 2009

Valérie Rouzeau

val_rie_rouzeau"Je pars le coeur tapant prendre le train en marche

Pile au signal sonore monterai mon bagage avec ma vie entière

Sur les rails je penserai à toute vitesse au bonheur étrange de sentir mon poids de chagrin lancé par des plaines jamais vues

J'apercevrai peut-être un vrai oiseau dont on me dira plus tard que c'était un hiatus

Tant de vide où se jeter qu'on parle de ciel pour remettre les choses à leur place qu'on croit

Un vrai oiseau une authentique joie ça va où

Nous serons bien avancés quand j'aurais posé pour moi cette question waouh

Et cette question de ma peine et des plaines pleines de ma peine et du vent je la laisse en suspens

On m'attendra sur le quai à l'heure exacte je saluerai coucou par la fenêtre j'aurai fait bon voyage

La nourriture sera bonne le lit confortable je n'aurai ni faim ni sommeil mais je ferai comme si parce que ça ne mange pas de pain contrairement aux oiseaux

Puis je repartirai le coeur en miettes toujours tapant et éperdu"

Extrait de Poé/tri "40 voix de poésie contemporaine" chez Autrement, 2001

Biographie/bibliographie chez Inventaire/Invention

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05 octobre 2009

L'homme que l'on prenait pour un autre, Joël Egloff

l_hommequel_onprenaitpourunautre"Voilà comment, d'une heure à l'autre, quand on a la tête que j'ai, on se retrouve époux, père et chef de famille sans avoir rien demandé à personne. Même si ce n'est que le lendemain au réveil que je m'en suis rendu compte, que j'ai pu en mesurer toutes les conséquences, quand les enfants m'ont sauté dessus aux aurores en dansant sur le lit, sur l'air de Papa est revenu. J'aurais dû y penser, à eux, pourtant, j'aurais dû m'en souvenir. Je les entendais quelquefois depuis chez moi, je les avais déjà croisés dans l'escalier. Ils n'étaient que deux. Un garçon et une fille. Mais ils s'agitaient tellement et faisaient tellement de bruit, qu'il m'a semblé, sur le coup, qu'il en venait de partout, qu'ils étaient au moins cent, une armée, un essaim, tandis que leur mère, à mes côtés, s'étirait comme une chatte, en souriant tendrement. Ils avaient tous l'air content de me voir. Ils n'étaient pas rancuniers pour un sou. Ni même le chien qui me léchait le visage avec beaucoup d'affection. Je faisais très bien l'affaire pour tout le monde, apparemment."

Notre narrateur a un visage très commun. En conséquence, on le prend toujours plus ou moins pour quelqu'un d'autre. Bizarrement, cette méprise s'étend facilement à sa porte d'entrée, ou à sa boîte aux lettres. Son facteur ayant la fâcheuse tendance d'y déposer du courrier qui ne lui est pas destiné.
Sa principale occupation est d'aller voir une tante, ou peut-être une grand-tante, ou une cousine de sa tante - il ne sait plus très bien - dans un foyer logement éloigné, un dimanche sur deux.
Tout dérive lorsque fatigué de lutter contre ces vies inconnues qu'on lui assigne, il commence à laisser les évènements se dérouler comme ils le souhaitent. Une spirale dangereuse dans laquelle notre homme, un peu las, risque bien de se perdre tout à fait...

Voici un titre qui était dans mes intentions de lecture (LAL pour les initiés) depuis fort longtemps. Je ne savais plus très bien où, ni pourquoi, je l'avais noté. Je n'avais aucune idée de ce que j'allais y trouver.

Il y a du Kafka dans le récit de Joël Egloff, ou le sentiment de croiser un personnage à la Sartre, errant dans les rues, les escaliers, vivant dans un monde un peu flou, proche de la nausée. Mais cette histoire de méprise, répétitive à l'excès, est à prendre largement au second degré, au risque d'être terriblement déçu par l'intrigue. L'homme que l'on prenait pour un autre est en fait une fable, au lecteur je suppose d'en comprendre la morale. 
Je me suis surprise à sourire à plusieurs reprises aux trouvailles verbales de l'auteur, aux quipropos rocambolesques des situations. A un moment seulement, j'ai eu le sentiment de retrouver les paroles d'un scketche de Bigard (celui qui parle d'une chauve souris intelligente, vous voyez), alors j'ai un peu tiqué, mais sans plus.
Joël Egloff a un talent d'écriture certain. Cet exercice de style particulier qu'est ce roman en est la preuve. Il possède également un goût de l'ironie et de la loufoquerie assez délectable. Cette lecture est plaisante mais pas inoubliable, comme un goût de déjà-vu, ou de déjà lu.
En fait, j'aimerais beaucoup lire "autre chose" de cet auteur...pour voir.

"C'est à mon physique très ordinaire que j'attribue cela. Avec un visage aussi commun que le mien, on ne passe pas inaperçu. Deux yeux, un nez, une bouche, ça rappelle forcément toujours quelqu'un à quelqu'un."

bouton3 Note de lecture : 3.5/5

ISBN 978 2 266 18431 1 - Pocket - SEPT2009

Un grand merci aux Edtions Pocket pour l'envoi, et à Blog-o-Book pour la proposition !

Clarabel l'a lu aussi "ce petit roman étrange", et en fait je l'avais noté chez elle - L'auteur est en interview chez AuteursTv - Gambadou a été conquise - La lecture de Uncoindeblog...qui a préféré Kafka - Valdebaz n'a pas adhéré au comique de répétition - Xiane est bien malheureuse de sa déception - ... je remarque que, malgré tout, la qualité de l'écriture a été appréciée par tous, et qu'une certaine curiosité est titillée, tout de même ;o).

 

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04 octobre 2009

Toutes les réponses sont dans les livres...ou presque

Taguée par Levraoueg, me voici bien marrie devant tant de réponses à donner, mais je me lance, allons-y… Il me faut répondre aux questions posées par des titres de livres lus et chroniqués sur ce blog depuis un an, ou plus.
Envie de le faire à la manière d'un nuage, c'est parti !

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tagDécris-toi. Antigone 256   (assumons jusqu'au bout) Comment te sens-tu ? Sans blessures apparentes ( Oui, finalement ça va, merci.) Décris là où tu vis actuellement : Vue sur mer (enfin pas vraiment, mais elle n'est pas si loin) Si tu pouvais aller n’importe où, où irais-tu  ? Pieds nus dans le jardin (car ce temps est un peu terminé, du moins pour l'hiver) Ton moyen de transport préféré : Le bateau du soir (ou celui du matin, d'ailleurs, ça marche aussi) Ton/ta meilleur amie est : celle avec qui souvent nous contemplons Tout le chemin parcouru Toi et tes amis vous êtes : atteints du Vice de la lecture Comment est le temps ? Je crois que demain, Il pleut Ton moment préféré de la journée : j'en ai plein, mais j'aime particulièrement aussi quand je suis Tout d'un blog, dans ma bulle Qu’est la vie pour toi ? Pas encore tout à fait telle que je la voudrais (jamais contente, en somme), il y a Celle de ma vie, Celle de mes rêvesTa peur : j'ai peur Des vents contraires Quel est le meilleur conseil que tu as à donner ? Ecoute s'il neige (voir autrement, c'est toujours bien) Pensée du jour : On n'empêche pas un petit coeur d'aimer (pensée universelle, non ? et d'ailleurs pourquoi l'empêcher) Comment aimerais-tu mourir ? Pas très envie de mourir, drôle de question, mais à choisir ce serait dans Le doux murmure du silence La condition actuelle de mon âme : mon âme prendrait bien Un café viennois (l'heure et la lumière de ce dimanche après-midi d'automne s'y prête).

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Je tague à mon tour... Nanne, Sylvie et Gambadou, mais c'est seulement si elles le souhaitent !

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J'ai également été taguée par Lili Bohème, je fais donc d'une pierre deux tag !!lilitag

Il s'agit cette fois-ci de nommer 3 choses qui me mettent du baume au coeur...c'est facile, juste un choix à faire, forcément injuste pour les "choses" oubliées.

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Il s'agit donc...

1 - des bras de mes enfants autour de mon cou pour un câlin ; et quand petit dernier me dit, très sérieusement le doigt pointé vers moi : "toi, tu es une reine !",

2 - des gestes amicaux gratuits : des appels, des mails, des sourires, des attentions, du temps passé ensemble,

3 - et trouver le soir en rentrant du travail, après une journée pas toujours satisfaisante, les bras chargés de sacs et de cartables d'enfants (oui, je sais, ils devraient les porter eux-mêmes), ma boîte aux lettres pleine de livres.

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Et cette fois-ci, je tague Bel Gazou, Anne et Ptitlapin

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03 octobre 2009

Coeur d'encre - DVD

coeurd_encre coeurd_encre1

Vous étiez toutes et tous déjà persuadés depuis longtemps du pouvoir des mots...mais après avoir vu ce film là vous ne considérerez plus la lecture à haute voix de la même manière...
Je vous prédis également un joli moment de cinéma, féerique, où le livre est à l'honneur comme jamais !
Ce film est fait pour nous, lectrices addictives que nous sommes, incontestablement.

Nous sommes ici dans l'univers dépaysant du Fantasy. Meggie, jeune-fille de 13 ans est en voyage avec son père Mortimer. D'ailleurs, depuis son enfance, et le jour où la mère de Meggie a disparu subitement de leur vie, ils ne font que cela, voyager, fuir et chercher un livre rare intitulé Coeur d'encre, et ce dans toutes les bouquineries d'Europe. Ce que Mortimer n'a jamais expliqué à sa fille, c'est qu'il cache un secret, un pouvoir ; il est depuis toujours une langue magique, un lecteur capable de donner vie aux personnages des ouvrages qu'il lit à haute voix.
Il y a neuf ans, alors qu'il ignorait encore ce don, il a eu le malheur de commencer les premières pages d'un roman, Coeur d'encre...

La bande-annonce :

Plus d'infos sur ce film

Tiré du roman éponyme jeunesse de Cornelia Funke disponible chez Gallimard

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01 octobre 2009

Ecoute s'il neige, Cathie Barreau

_coutes_ilneige"Ses yeux n'étaient pas clos. Ils étaient d'un bleu très pâle, éteint comme une pierre, une aigue-marine abandonnée. Ses paupières restaient immobiles et son sourire s'attachait à sa bouche, ses pommettes, son front. Le contact de ses mains fut si sensible que le souvenir ne me quitta pas. Quand ils me souhaitèrent le bonsoir et que je me décidai à entrer dans le jardin de nos hôtes, j'étais dans un rêve dont je ne distinguai pas la cause exacte : était-ce ma solitude soudain rompue ou la rencontre avec mes voisins, avec elle si belle, au regard absent ?"

heart Voici un coup au coeur qui m'a prise par surprise. Comme quoi, fureter dans sa PAL a parfois du bon...mais ce titre n'est pas si vieux, loin sans faut.

L'histoire ? Paul emménage dans une maison, au coeur d'un hameau, à présent seul, suite à un divorce dont il se remet doucement. Il cherche le calme et la tranquillité ; il espère se retrouver face à lui-même. Mais un matin, une femme apparaît à la fenêtre, chez ses voisins, nue, le buste offert au soleil, apparemment impudique.  Cette femme s'appelle Blanche et elle ne voit pas. Par le toucher et les sensations, un dialogue se noue entre ces deux âmes, tissant au fil des rencontres une relation amoureuse peu ordinaire.

Il est assez rare de lire un roman en ayant déjà entendu et vu l'auteure. Cathie Barreau a en effet dirigé pendant de nombreuses années le lieu de littérature dans lequel je me rends souvent, dans ma ville. Dans les premières pages de ma lecture, c'est donc une voix féminine que j'ai entendu, brouillant un peu les pistes, et puis la transposition s'est faite, le souvenir de sa dédicace, de ce qu'elle m'a dit, s'être mis ici aisément dans la peau d'un homme. Et l'émotion est venue, ensuite, de manière inattendue, dans ce rapport tactile peut-être entre deux êtres, dans tout ce que j'ai ressenti de connivence avec les personnages, dans ce rapport aussi avec la nature et les autres, dans cette facilité de lecture qui pour une fois et pour ce roman est un compliment.

bouton3 Note de lecture : 5/5 (le maximum, forcément, pour cause de frissons !)

ISBN 978 2 916010 37 3 - 15€ - AVRIL 2009

Les autres titres lus ... Trois jardins (2006) - Journal secret de Natalia Gontcharova (2006) - Visites aux vivants (2007), avec une préférence nette pour les deux derniers (mes billets ont disparu avec mon ancien blog).

objectif_palUn extrait différent sur remue.net - Une très jolie critique sur le blog des habitants de St Nazaire - et un élan d'admiration chez Poézibao -

Défi Objectif Pal : 3/50

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30 septembre 2009

Cécile Mainardi

livremer"Je suis le capitaine qui sombre avec le livre qu'il écrit. J'écris le livre dont je suis le capitaine à y sombrer avec. Je suis le capitaine d'un livre écrit pour sombrer. Je suis sombre, vous le savez, et j'ai une âme de capitaine. Je sombre avec le livre que j'écris pour en être vraiment le capitaine. A en être éxagérément le capitaine, on peut faire sombrer un livre. Je suis le livre que le capitaine fait sombrer droit dans son axe de capitaine debout (car un livre sans capitaine ne sombre pas, ne peut pas sombrer). Je suis capitaine hélas, et j'ai fait sombrer tous les livres. J'écris sombrement un livre sur le capitaine que je suis, et l'eau commence à le recouvrir. J'écris un livre sur ta blondeur."

Extrait de La blondeur, poème lui-même extrait de Poé/tri "40 voix de poésie contemporaine" chez Autrement, 2001

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