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Les lectures d'Antigone ...
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Ardoise magique

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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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6 septembre 2008

Léo Ferré

       Madame,
                               Le bonheur ça n'est pas grand-chose
                               Madame,
                               C'est du chagrin qui se repose
                               Alors
                               Il ne faut pas le réveiller.

                                          (Paroles extraites de Le bonheur , et inscrites également en incipit du roman Fausse Veuve de Florence Ben Sadoun, mais de manière inversée, ce qui est étrange...c.a.d. le mot bonheur est mis à la place de chagrin et vice versa, ce qui change diamétralement le sens du propos, isn't it ?)

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21 mai 2008

La Dame blanche, Christian Bobin

LADAMEBLANCHEChristian Bobin nous conte ici l'histoire d'Emily Dickinson, célèbre poétesse américaine.
Née
en 1830 dans une petite bourgade nommée Amherst, au nord-est des Etats-Unis, et recluse dans la "maison de son père", cette jeune fille sensible trouve refuge dans l'écriture. Ses poèmes n'auront quasiment pour seul public que l'auteure elle-même. La poétesse n'a, en effet, rencontré le succès qu'après sa mort. Ne quittant jamais sa demeure, elle y écrit en permanence. Ses relations amoureuses sont épistolaires. Durant toute sa vie, cette femme, habillée toujours de blanc, noircit des pages, obsédée par la peur du vide. Très tourmentée intérieurement, Emily Dickinson doit également supporter les nombreux décès consécutifs qui se produisent dans sa famille. Elle décède elle-même en 1886.

Il fallait bien s'en douter- puisqu'il s'agit de Christian Bobin - que cette histoire ne nous serait pas racontée chronologiquement, froidement, comme une biographie ordinaire. D'ailleurs, l'éditeur de la collection "L'un et l'autre" dans lequel ce titre s'inscrit nous prévient : "Des vies, mais telles que la mémoire les invente, que notre imagination les recrée, qu'une passion les anime. Des récits subjectifs, à mille lieues de la biographie traditionnelle."
Par petites touches infimes,gracieuses et colorées, le "conteur" d'Emily Dickinson nous parle au coeur et à l'âme, directement, mélangeant les époques et les points de vue.
J'ai aimé cette rencontre avec une poétesse dont je ne connaissais rien... Ce n'est sans doute pas l'écrit de Christian Bobin dont je conserverai le meilleur souvenir mais le plaisir de lire son écriture est là, intact, et cela fait du bien. A découvrir !

Un extrait (tous les chapitres contiennent des phrases à citer ! Difficile de choisir...) :
"Le monde est plein et froid comme un galet. Un éclair fracasse le galet et en délivre l'âme : Emily voit une chaise vide au milieu des flammes de l'enfer. Elle écrit au ras de ce qu'elle voit.

Elle peut griffonner un poème sur l'enveloppe du chocolat dont elle se sert pour faire un gâteau, comme elle peut écrire dans la remise fraîche et calme où elle écrème le lait. Elle s'y prend à plusieurs fois, multiplie les brouillons, ne ménage pas sa peine. Il faut que tout soit sur la page comme le contraire d'un orphelinat : que plus personne ne soit abandonné."

EmilyDickinsonbouton3 Note de lecture : 4/5

Lire aussi l'excellent billet de Katell

La page MySpace de Christian Bobin

21 juin 2008

Rêve d'amour, Laurence Tardieu

r_ve_d_amour"Nous sommes le 21 juillet 2006. Il est vingt heures. Je m'appelle Alice Grangé. J'ai trente ans. Gérard Oury est mort hier. Tout cela est certain. Vérifiable. Le réel. Je marche vers un homme que je ne connais pas. Ca encore, le réel. Cet homme a aimé ma mère. Ma mère a aimé cet homme. Je n'en suis déjà plus sûre. Cet homme va me parler de ma mère. Je ne sais pas. Je vais retrouver quelque chose de ma mère. Je ne sais pas.
Les chose les plus importantes sont-elles celles que l'on sait, ou celles que l'on cherche ?
Je m'appelle Alice Grangé. J'ai trente ans. Je cherche ma mère."
(extrait et quatrième de couverture)

heart J'avais déjà lu Puisque rien ne dure, de Laurence Tardieu, et les émotions suggérées alors m'avaient semblées un peu "too much" à mon goût...et puis voilà, j'ai ouvert son dernier opus et je ne l'ai plus lâché !!
Voici donc un roman lu d'une traite, dans un souffle, en un après-midi, l'émotion au bord du corps. Voici donc, pour moi, un énorme coup de coeur de lecture !!!

L'histoire...
Alice apprend sur le lit de mort de son père que sa mère en avait aimé un autre, quelques mois avant de mourir... Rien ne reste à présent de cette mère adorée que le souvenir flou d'une robe bleue. Son père a tout jeté à l'époque, ses photos, ses tableaux... Seule a subsistée la douleur, comme une présence froide et tendre, entre eux deux. Elle décide donc de partir à la recherche du seul être qui puisse encore l'aider dans sa quête - un être surgi brutalement du passé - lui parler de sa mère, et peut-être l'aider à s'aimer mieux...

Un extrait encore...
"Je crois que j'ai passé mon enfance à attendre ma mère. Je l'attendais, des heures durant, assise dans ma chambre, immobile, obstinée, je l'attendais, je ne pleurais pas, pour ne pas compter les jours je comptais les moutons, elle allait revenir, c'était évident, comment une mère peut-elle abandonner son enfant, comment ma mère aurait-elle pu m'abandonner, je l'attendais sans rien dire à personne de la brûlure de cette attente, je l'attendais, ma mère, son rire, l'odeur de sa peau, ses robes en coton, elle allait revenir, ce soir, ou demain, ou la semaine prochaine, je la verrais apparaître sur le seuil de la porte et sourire et me faire tournoyer comme s'il ne s'était rien passé, et dans ses bras je redeviendrais légère, ces longues journées sans elle n'auraient été qu'une mauvaise farce, je l'attendais, elle ne m'avait pas dit adieu or on dit adieu lorsqu'on ne revient pas, je pouvais attendre ma mère sans crainte, elle allait revenir."

bouton3 Note de lecture : 5/5

La lecture de Sylvie, de Clarabel, de Laure...(toutes trois subjuguées)
Papillon s'est ennuyée (Ah bon ?)

Laurence Tardieu en interview par AuteursTv...


Laurence Tardieu
par auteursTV

7 juin 2008

Le pianiste de Trieste, Aliette Armel

le_pianiste_de_triesteAnne, passionnée de musique, et à la tête d'une émission sur France Culture, se prépare à quitter la France pour la Palestine en compagnie de son amant Nicola, chanteur italien que son engagement conduit dans ce pays. Mais contre toute attente, ce dernier la quitte brutalement à la veille du départ, et lui suggère plutôt de se rendre en Bretagne, retrouver la maison de son enfance, qu'elle délaisse depuis des années. "Tu as une autre route à prendre : suis le cours de tes larmes jusqu'à la mer..." Effondrée, Anne obtempère malgré ses réticences, et retrouve le lieu où son père naturel, Guido Turatti, célèbre pianiste est décédé en 1946.
Renouant avec ses souvenirs, avec ses anciens amis, avec son passé, et avec cette figure paternelle à la fois proche, écrasante et mythique, qu'elle porte comme un fardeau, elle découvre finalement être également aux centre d'enjeux qui la dépasse.
Une partition originale de l'artiste dont tout le monde a perdu la trace attend quelque part qu'Anne la déniche...

Il y a de très beaux moments dans ce roman qui a le mérite de nouer intrigue, musique et héritage émotionnel. On se passionne pour la quête d'Anne, pour son histoire, pour la vie des personnages qui l'entourent, pour ce petit coin de Bretagne où la simplicité apparente des êtres cache des complexités plus profondes (on s'en doutait un peu). Ma lecture s'est, par instants, un peu emmêlée dans des digressions musicales que les mélomanes avertis vont sans doute grandement apprécier mais que je n'ai pu apréhender à leur juste valeur, faute de savoir adéquat (ce qui est un peu dommage).
Malgré cela, je conserve de ce livre, une fois les pages refermées, une impression de douceur indéniable qu'il serait dommage de ne pas goûter à votre tour !!

Un extrait (début du roman)...
"Parfois, j'ai peur de la musique, de toutes les musiques. Pas seulement des chansons de Nicola ou du piano de Guido Turatti. De tout ce qui résonne, à l'intérieur comme à l'extérieur de mon appartement. Le silence m'opresse, le moindre bruit m'agresse : le chant des oiseaux, le vrombissement d'une voiture manoeuvrant sous mes fenêtres, le martèlement rythmé des canalisations d'eau ou le calme bruissement d'une conversation entre deux passants. Tout me fait mal. Mon mal-être me fait honte, et plus encore mon impuissance à me lever : si j'allais jusqu'à ma chaîne stéréo pour dresser Schubert, Marianne Faithfull ou les chants du Radjasthan contre le vide, je resterais étrangère à leurs appels vers l'apaisement ou la révolte, la simplicité ou la grandeur, et mon incapacité à entrer avec eux dans l'enchantement ou le chaos du monde renforcerait cette souffrance intérieure qui me met hors d'atteinte, me sépare de tout, même de la musique. Je ne suis plus que rupture et déchirement. Encore une fois abandonnée.
Nicola est parti et m'a interdit de le rejoindre."

bouton3 Note de lecture : 3.5/5

Le blog de Aliette Armel, qui semble tout récent.

J'ai acheté ce roman ce jour-là après l'avoir noté chez Clarabel

7 avril 2008

Toutes choses scintillant, Véronique Ovaldé

ovaldetouteschosesscintillantNikko est née au Pôle, sur une île polluée, le jour où tous les bébés sont arrivés, bien trop tôt, dans la cabane de Kumiku, la plus chaude et la plus solide, "nés dans un grand tonnerre, perplexes d'apparaître en même temps au jour, à la glace et à l'humanité". La colère des pères fait fermer l'usine, coupable du décès des enfants contaminés. Seule, Nikko survit, au milieu d'un peuple abasourdi par l'alcoolisme, les subventions et le pouvoir des hommes "blonds"...

Mon avis...
Après Et mon coeur transparent, lu précédemment, voici un roman de Véronique Ovaldé dont le point commun avec ce dernier est de traiter également d'écologie (la femme du héros de "Et mon coeur transparent" était une fervente militante), mais d'une manière bien différente, plus largement. Ici, le récit est au coeur de la pollution, elle colle au corps et aux âmes des habitants du Pôle, au propre comme au figuré. L'usine est au centre de tout, du mystère et de la fascination, qu'elle soit fermée au départ du roman puis finalement réinvestie par les "hommes blonds", plus tard. Objet de malheur, elle pourrait tout de même être la clé du départ, pour une petite Nikko miraculée, devenue femme, départ vers un ailleurs que l'on espère meilleur.
J'ai été chamboulée par ce récit, fort et violent, voire même éprouvant, que je n'ai pu lâcher !!

Un extrait : "Elle disait - et le bruit de sa bouche était un petit bruit mouillé -, elle disait "la cabane de Kumiku nous a toutes abritées". Je regardais au dehors, la neige et son scintillement tranquille sous le soleil ; je la laissais continuer, je laissais ma mère ressasser ; elle me jetait un oeil, observant mon sourire, s'interrogeant sans doute, mais n'ignorant rien de moi, connaissant ma gentille bizarrerie, s'en accomodant finalement puisque j'étais bien la seule à écouter son histoire."

bouton3 Note de lecture : 4/5

ovaldeCe titre existe également en format poche...

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25 mars 2008

Balayer, fermer, partir de Lise Benincà

balayer_fermer_partirFermer une maison suite au décès de son père n'est jamais facile, mais cela l'est encore moins lorsque l'on revient dans ces lieux après tant d'années de rupture. Lorsque notre narratrice se retrouve seule dans son propre appartement, son compagnon parti en déplacement professionnel, la solitude s'empare d'elle, se mélange à ses souvenirs et rejoint la folie de son père pour cette maison construite de ses mains et de sa sueur, les murs deviennent ennemis, l'angoisse prend toute la place. Le soulagement ne pourra venir que de cette idée, imaginer des enfants "dessiner sur les murs de (son ancienne) chambre des bonhommes avec un gros ventre et une bouche qui sourit."

heart Ce que je suis heureuse d'avoir reçu ce livre...

J'ai très vite été touchée par les émotions de cette narratrice, presque dès le début de ce petit roman. Ses étranges manies m'ont semblé si familières : celle de compter les carreaux de la cuisine et de tenter d'en comprendre la logique, celle de rester des heures à observer les détails d'une tapisserie, celle de demeurer songeuse, trempée, assise sur le bord de la baignoire, apparemment sans rien faire, celle de laisser mon imagination s'emparer des lieux, des ombres et des possibles, celle de parfois me laisser doucement sombrer dans ce qui m'émeut et me bouleverse. Et puis, il y a ces allusions, parsemées au fil du récit, aux contes et peurs enfantines, cette fameuse pièce interdite, par exemple, du château de Barbe-Bleu qui m'a moi aussi toujours marquée. Je ne sais pas si ce livre vous atteindra de la même manière que moi, mais je ne peux que vous le recommander !!

Un extrait...
"Mon corps s'est assis sur le bord du lit. La tête penchée dans les mains, je contemple imbécile ce combat qui dessine de petites taches sombres sur le brun du parquet. Je réfléchis. J'essaye de me souvenir. Mon esprit n'a enregistré que des images matérielles, palpables. Pas de sensations, rien d'indéfini. Du concret, qui m'empêche d'établir un lien, quel qu'il soit, entre les évènements de ma vie et cette avalanche interne. A l'intérieur, tout s'effondre. Mon corps est poreux. Mon corps est sujet aux intrusions de l'extérieur. S'il y a un courant d'air, je m'enrhume. Et les mots que j'entends, les mots qu'on me dit. Calme toi, dit Jean. Quelque chose à l'intérieur se dénoue un instant. Le corps est mon lieu. Y suis-je enfermée ?"

Ouf ! Je sais que c'est pour lire ce type de phrases que je lis...

bouton3 Note de lecture : 5/5

L'auteur nous explique d'où vient le projet du livre en postface...
"L'année où j'ai commencé à écrire ce livre, je louais un appartement dont l'une des pièces m'était interdite par les propriétaires. Ce qu'il y avait à l'intérieur, je ne le savais pas. Elle était fermée à clé.
De cette pièce inhabitée (ou habitée par autre chose), et tandis que je vivais autour d'elle, un questionnement a surgi. Que signifie
habiter un lieu ? S'installer dans un lieu qui appartient à quelqu'un d'autre ? Que symbolise cette porte fermée sur un espace intouchable ?"

Ce livre est le cinquième titre de la collection "déplacements" dirigée par François Bon, éd. du Seuil, 13€

Voici un
livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com et je tenais particulièrement à remercier ici Babélio et Guillaume pour me l'avoir gentiment envoyé suite à la défection étonnante des éditions du Seuil.

Une belle critique également sur Ligne de fuite et d'autres échos...

13 décembre 2007

Moderato Cantabile, Marguerite Duras

Hier au soir je suis allée à la deuxième séance de l'Atelier livres en poche, sorte de club de lecture, organisé par la Maison Gueffier.

Atelier livres en poche

Voici le livre lu et présenté :

Résumé (extrait d'une critique de Dominique Aury) : "De quel poids le destin pèse-t-il sur ceux qui en sont témoins ? Pourquoi le cri soudain d'une inconnue et la vue de son corps en sang ont-ils troublé si fort Anne Desbaresdes, qui est une femme jeune et riche, uniquement attachée à son petit garçon ? Pourquoi retrourne-t-elle au café sur le port, où le cadavre de l'inconnue s'était écroulé dans le jour tombant ? Pourquoi interroge-t-elle cet autre inconnu, Chauvin, témoin comme elle ? Une étrange ivresse s'empare d'elle, où les verres de vin qu'elle se fait servir, et qu'elle boit lentement, ne sont au mieux que des prétextes. Sur le lieu du crime commis par un autre elle revient chaque jour. Chaque jour elle interroge plus avant, parle elle-même un peu plus longuement. L'enfant joue dehors pendant qu'elle s'attarde. Mais un jour elle viendra seule. Un jour elle aura la réponse. Que cherchait-elle donc ? L'amour de Chauvin ? La mort des mains de cet homme qu'elle désire, et qui la désire, comme l'avait obtenue de son amant la femme assassinée ? Un immense scandale silencieux s'est enflé autour d'Anne et de Chauvin et se résout dans le silence par leurs mains qui se joignent une seconde seulement, les lèvres posées sur les lèvres une seconde. Adieu. Tout est dit."

Avis d'Antigone : J'avais déjà lu ce court roman pendant mes années universitaires. Il m'avait troublé à l'époque, comme tous les romans de Marguerite Duras que j'ai pu lire depuis : des personnages fragiles, sensibles et passionnés, ballotés par une vie qu'ils n'ont pas toujours choisie, avides de rencontres libératrices qui surviennent finalement dans des moments inattendus, voire désespérés. Une deuxième lecture, a réveillé chez moi des émotions différentes car aujourd'hui je suis mère et je pourrais avoir l'âge de cette héroïne perdue dans sa vie. Cette histoire qui me paraissait lointaine se rapproche tout à coup de moi. Mais la comparaison s'arrête là, car il est difficile de comprendre les motivations de cette femme se rendant chaque jour dans ce café et qui semble subir sa vie, comme les faits et gestes de son petit garçon. Symboliquement, il semble que ce premier meurtre, dont le cri a envahi la ville, a ouvert un gouffre dans les rues tranquilles de cette bourgade de province, maritime, un appel d'air de passion et de folie dans lequel deux êtres, ce Monsieur Chauvin et Anne Desbaresdes, déjà fragilisés, l'un par le chômage et l'autre par une sorte de baby blues jamais soigné, vont s'engouffrer et se perdre. Et puis il y a le style de Marguerite Duras, cette impression de ne pas y toucher, fausse, et qui remue toujours en profondeur !

Extrait : "L'homme qui était au bar essaya de caresser au passage les cheveux de l'enfant - celui-ci s'enfuit, sauvagement.

- Un jour, dit Anne Desbaresdes, j'ai eu cet enfant-là.

Une dizaine d'ouvriers firent irruption dans le café. Quelques-uns reconnurent Chauvin. Chauvin ne les vit encore pas.

- Quelquefois, continua Anne Desbaresdes, quand cet enfant dort, le soir je descends dans ce jardin, je m'y promène. Je vais aux grilles, je regarde le boulevard. Le soir, c'est très calme, surtout l'hiver. En été, parfois, quelques couples passent et repassent, enlacés, c'est tout. On a choisi cette maison parce qu'elle est calme, la plus calme de la ville. Il faut que je m'en aille.

Chauvin se recula sur sa chaise, prit son temps.

- Vous allez aux grilles, puis vous les quittez, puis vous faites le tour de votre maison, puis vous revenez encore aux grilles. L'enfant, là-haut, dort. Jamais vous n'avez crié. Jamais.

Elle remit sa veste sans répondre. Il l'aida. Elle se leva et, une fois de plus, resta là, debout près de la table, à son côté, à fixer les hommes du comptoir sans les voir. Certains tentèrent de faire à Chauvin un signe de reconnaissance, mais en vain. Il regardait le quai.

Anne Desbaresdes sortit enfin de sa torpeur.

- Je vais revenir, dit-elle.

- Demain."

Résumé de la séance : Chaque participant de l'"Atelier" a eu sa propre lecture de cette oeuvre là, car l'écriture de Duras laisse la part belle à l'interprétation et à l'imagination. Tous ont aimé, même si il y eut quelques frustrations d'un texte qui peut sembler ne pas en dire assez de prime abord. Mais cette histoire est envoûtante et a séduite les deux protagonistes masculins présents qui n'avaient jamais lu cet auteur et qui vont sans doute à présent continuer de la lire. Une histoire d'amour improbable entre deux êtres différents, issus de deux mondes qui ne se côtoient pas, une histoire de rencontre inaboutie, d'attente. Et un style, épuré, efficace, qui reste dans une focalisation externe, en observateur, et qui émeut, paradoxalement, d'emblée.

28 mai 2017

Dimanche

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... tandis qu'il pleut, que des fleurs sont apparues hier soir dans ton salon portées par de petits bras, que tu te dis que tu as de la chance, et que tu lis Les primates de Park avenue par Wednesday Martin en te faisant cette réflexion qu'en gros... tout s'explique. Un titre de circonstance pour ce jour, puisque les mères y sont à l'honneur... mais tu en diras plus plus longuement plus tard. Bon dimanche !

7 mai 2017

Dimanche

albindelasimone

[Albin de la Simone - L'un de nous] Recevoir un album en cadeau hier, comme ça, pour rien, juste pour faire plaisir, une sorte de présent de fête des mères en avance, pour fêter la femme plutôt que la mère (et j'aime l'idée)... et c'est du plaisir - aussi - pour les oreilles. J'adore la désinvolture ironique et douce d'Albin de la Simone (vu en concert déjà et avec bonheur). Tandis que je poursuis mon en-cours tricot délaissé depuis trop longtemps... et que je lis en avant première Hier encore, c'était l'été de Julie de Lestrange dans une version poche qui sortira le 10 mai prochain. N'oubliez pas d'aller voter. Bon dimanche !! 

10 novembre 2016

Tentative d'organisation

paljeunesse

Alors qu'un week-end prolongé s'annonce tout juste, je retire de ma PAL (Pile A Lire) urgente les quelques titres jeunesse/ados reçus dernièrement, dans une tentative d'organisation ubuesque. Je parlerai tout bientôt de Comme frère et soeur de Clémence Guinot, et j'espère lire les autres titres de la photo d'ici Noël. Sinon, Le challenge Objectif Pal de Novembre, qui concerne des titres bien plus anciens, et voués à l'oubli probable, suit son petit bonhomme de chemin ici [clic]. N'hésitez pas à nous rejoindre, même en cours de route !! Quelquefois, notre petite folie livresque, me fait bien sourire... Petite pensée pour ceux qui travaillent ces prochains jours et pour les autres... bon week-end ! 

7 février 2016

Dis maman, dessine moi des visages !

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Vingt ans au moins que je n'avais pas dessiné. Dimanche gribouillage. Je reprends le stylo BIC. Je me souviens du collège, du Lycée, de mes classeurs griffonnés. J'essaye des trucs, je m'amuse, je croque ma fille et elle s'encadre. Je chipe le livre de mon fils sur les mangas. Demain, il y aura un texte pour l'atelier d'écriture de Leiloona sur ce blog, je suis en week-end créativité.

29 avril 2015

Le fabuleux voyage de NON-NON et ses amis, Magali Le Huche

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Petite présentation/mise en scène de ma fille pour parler d'un des derniers albums de Non-Non sortis, en fait une réédition d'un titre de 2007.

Grouillette est porteuse d'une lettre. Non-non est invité, avec son groupe, par son cousin Maybi, à venir donner un concert à Wouden-Derze-Ouateur. Quel voyage !

Il faut dire que Non-Non a très bonne presse à la maison, et que nous aimons l'esprit de fantaisie de Magali Le Huche. Nous avions découvert cet ornythorinque délicieux en bibliothèque et ses aventures ont toujours conquis mes enfants. Nous connaissions Non-Non surtout en petit format. Ma fille, même grande aujourd'hui, a tenu à garder les deux petits albums aux rayures bleues que vous voyez ci-dessus et les garde précieusement dans sa chambre. Elle a donc eu une petite déception à réception du livre de constater que le format avait changé, et que les petits volets avaient disparus de ces nouvelles versions. En effet, beaucoup de l'attrait de ces albums tenaient pour elle de l'épaisseur douce et enfantine des petits livres, et de ces petites fenêtres curieuses qu'il fallait soulever ici et là. Bien sûr, on retrouve dans Le fabuleux voyage de Non-Non l'humour que l'on aime, le foisonnement des dessins et l'esthétique colorée, la finesse du trait, mais ce n'est pas pareil, et le tout somme toute est définitivement plus classique...

J'y ai moi même jeté un oeil et ai été un brin décontenancée par la surabondance des pages. Peut-être ne sommes nous pas la cible ? Et avons nous été surpris de devoir partager notre personnage préféré avec autant de monde ? L'intimité des petits albums nous convenait très bien je crois. 

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nonnon2

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Editions Tourbillon - 11.98€ - février 2015

21 septembre 2014

Le Quatrième mur, Sorj Chalandon

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 "Et voilà. Sans la petite Antigone, c'est vrai, ils auraient tous été bien tranquilles."

Le quatrième mur, c'est cette illusion créée par les acteurs sur scène, ce mur invisible, qui permet d'accepter le caractère fictionnel de la pièce et d'oublier la présence des spectateurs. Dans la pièce d'Anouilh, seul le personnage qui représente Le Choeur s'adresse au public, il brise l'illusion, présente les personnages, raconte, anticipe, est en marge, unique messager de la mort.

"Voilà. Ces personnages vont vous jouer l'histoire d'Antigone. Antigone, c'est la petite maigre, qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu'elle va être Antigone tout à l'heure, qu'elle va surgir soudain de la maigre jeune-fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans la famille et se dresser seule en face du monde, seule en face de Créon, son Oncle qui est le roi. Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n'y a rien à faire. Elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout."

Samuel a eu comme projet fou de monter la pièce d'Anouilh à Beyrouth, et de faire de la petite maigre un étendard de paix, juste pour quelques heures. Il croit au pouvoir de ce personnage, qui a déjà fait ses preuves. Il a trouvé son casting, des acteurs prélevés dans chaque camp, parfois ennemis. Mais il est à l'hôpital, très mal, en France, incapable de mener son rêve à terme. Alors, il fait appel à son ami, son presque frère, et l'envoie là-bas en février 1982, juste avant que la guerre et les massacres n'éclatent et bouleversent à jamais le destin de ce père de famille tranquille.

Vous vous doutez sans peine que je me suis sentie à la maison dès la première page de ce roman. Et il est vrai que dans son livre, Sorj Chalandon a fait d'Antigone son fil rouge. Mais attention, il n'y est pas question que de théâtre. Le quatrième mur explore avec brutalité le thème de la guerre et de l'amitié, thèmes chers à l'auteur, et ce sont ces thèmes qui portent véritablement le texte et lui donnent une force à la fois émouvante et terriblement éprouvante. Je n'avais pas été très séduite par Mon traître, mais malgré un style similaire cette fois-ci le charme a pris. Les bombes explosent tout près de notre oreille, nous pleurons de désespoir avec les survivants devant des corps mutilés, la poussière assèche nos pupilles, la vie connue bascule et perd peu à peu de sa substance. Le monde entier semble tourner à la tragédie alors que s'entendre et se parler paraissait hier presque simple, réalisable. Pourtant, en France, la vie continue, docile et pâle. Aurore a peur, attend que le père de Louise revienne et s'installe dans leur quotidien étroit. Qui en serait capable ? Un livre de poche, troublant, qui laisse son lecteur exsangue. A découvrir, indubitablement.

Editions du Livre de Poche - 7.10€ - 20 août 2014

D'autres lectures sur Babélio [clic ici]
20 novembre 2014

Fun Home, Alison Bechdel

funhome "Sa gentillesse était aussi incandescente que sa colère était sombre."

Dans Fun Home, nom du salon funéraire où officiait sa famille, Alison Bechdel explore son enfance particulière, et surtout ses relations avec un père à la fois aimé et détesté, finalement prisonnier de ses propres désirs, obsessions et tyrannies. Avec une minutie et un soucis troublant du détail, l'auteure raconte comment alors que jeune-fille elle informe sa mère de son homosexualité elle apprend celle de son père en retour. Quelques jours plus tard, un camion percute cet homme mystérieux qui a caché pendant vingt ans derrière le masque de l'époux parfait une autre vie. Suicide ? Accident ? Alison ne cesse d'échaffauder des hypothèses et de chercher à trouver un sens aux scènes du passé, un sens à leur parcours inversé.

Il a fallu sept ans à Alison Bechdel pour élaborer ce magistral roman graphique autobiographique que Points publie en poche. Le petit format ne gêne d'ailleurs pas la lecture, qu'on se le dise. Et oh combien il est intéressant de suivre ainsi cette jeune femme qui se questionne, ne jette pas la pierre, mais sait dire ce qui a été bien, ou beaucoup moins, ce qu'elle a retenu des liens qui l'unissaient à sa famille, met en perspective son cheminement en regard de celui de son père, leurs choix différents. Un coup de coeur complet pour cette BD de grande qualité, dans la droite ligne de Blankets de Craig Thompson [clic], et que je rapprocherais également de ma lecture de Cet été-là des Tamaki [clic].

Editions Points - 9.90 € - 20 novembre 2014

Pour Pénélope Bagieu, sa nouvelle BD préférée de tous les temps [clic]

funhome1

31 juillet 2017

Objectif Pal de juillet

Oyé oyé, voici l'heure de présenter le bilan de l'objectif pal de juillet !! Il est un peu léger (vacances et aussi lectures pour la rentrée littéraire obligent) mais toujours intéressant et plein de diversité. Personnellement, tu as déjà lu quatre titres de ce cru (Juliet, Naked - Ni terre ni mer et La dame blanche... sans oublier La Vierge en bleu qui est ta propre lecture de Pal du mois), des titres que tu conseilles absolument... alors n'hésitez pas à cliquer sur les couvertures ci-dessous !! Les blogueuses fouillent dans leurs vieilles Piles A Lire et ça vaut le détour. ;)

thelost         jemesuistue          juliet
         Cryssilda                               Eimelle                                Tiphanie

niterrenimer         comme-des-larmes-sous-la-pluie          viequandelleetait
        Gambadou                          Chantal                                    Kathel

antemortem         laviergenbleu          lesquatresaisons

            Enna                                 Antigone                                Aifelle

shore          ladameblanche           vernonsubutex
         Cryssilda                                Chantal                                  Edyta

objectif pal

28 août 2017

Rentrée littéraire 2017 et changement de blog

rentreelitteraire2017

Ayé, c'est la rentrée !!
Vous retrouverez finalement tout cela dans un nouveau lieu
créé depuis peu et qui va prendre dorénavant le relais de ce blog-ci...

https://leslecturesdantigone.wordpress.com/

Vous pouvez cliquez sur les couvertures pour accéder directement aux lectures suivantes...

lescomplicitesinvolontaires          davidbowie            lanuitlamer

cestlecoeurquilacheendernier          unlouppourlhomme         nitromountain

gabriele         lespleureuses       unbruitdebal   

Les Matchs de la rentrée littéraire de Price Minister Rakuten ont lieu en ce moment... Vous avez jusqu'au 9 septembre pour tenter de gagner un des livres ci-dessous contre une critique (cliquez sur l'image pour en savoir plus)

mrl2017

3 juin 2017

Le mois anglais

Bonjour à tous !! Un très court billet pour vous rappeler que le mois anglais a démarré depuis le 1er juin sur la blogosphère, administré de main de maître par Cryssilda et Lou. Plein de lectures communes sont prévues mais la liberté est de mise, du moment que les lectures soient so british. N'hésitez pas à aller vous inscrire chez elles !! Ta lecture de Pal du mois sera certainement anglaise et vous trouverez très certainement beaucoup de romans anglais dans le bilan de fin de mois de l'Objectif Pal de juin ici... Juin sera donc anglais, qu'on se le dise !! ;)

lemoisanglais

28 avril 2017

Week-end !

comitedelecture

Un week-end de trois jours s'annonce, tandis que tu termines Avec mon corps de Nikki Gemmel et que tu restes estomaquée par cette lecture, et assez bouleversée (un billet bientôt)... Et puis tu voulais parler aussi de cette bibliothèque, celle de ta ville, dans laquelle tu passes énormément de temps depuis trois ans, et dans laquelle tu as fais d'importantes rencontres, partagé des moments conviviaux autour de la lecture (dans le groupe romans et BD). Hier soir, l'idée était de ramener un plat typique du pays de l'auteur du livre présenté (la photo ci-dessus)... Et voilà c'était tout simple, littéraire, doux, une respiration différente de ce qu'il se passe sur ton blog (mais comme un alter ego), qui t'oblige à parler, à faire entendre ta voix. Cette année, tu as intégré en supplément le groupe BD et tu ne regrettes pas, comme tu ne regrettes pas d'avoir poussé cette porte là il y a trois ans... Tout cela est de la nourriture pour ta vie, et tu es heureuse de savoir que les rendez-vous vont continuer...

24 avril 2017

Atelier d'écriture

combi

Tracer la route. C'est ce que je te propose. Le temps est idéal. Tu n'auras pas trop chaud. Ni trop froid non plus. Tracer la route et oublier, chasser ce voile gris qui assombri encore parfois ton visage. J'ai patienté tu sais, pendant les jours noirs. Et puis ton rire est revenu. Et comme j'ai aimé ça, le sentir de nouveau gronder dans ton ventre et monter jusqu'à ta gorge, puis éclater tendrement dans mon cou. Peu importe si il était là pour se moquer de moi, de ma lubie des voyages, de cet achat d'un camping car vieillot, et de cette couverture à petits carreaux verts et blancs que tu as pris au départ pour des envies de paternité. Une couverture pour bébé. Elle recouvre ton corps ce soir. J'ai eu tellement peur tu sais, ces derniers mois, toutes ces fois où tu pleurais, où tu sombrais, où j'étais incapable de t'aider. Tu pensais ne rien mériter, et surtout pas les bouées de douceur que je te tendais. Je t'ai vu te noyer, tous les jours un peu plus. Et comme je les redoutais, ces moments où je te retrouvais au milieu des draps, prostrée, le regard dans le vide, des larmes ruisselant sur tes joues, ta parole éteinte, la mâchoire bloquée. A quoi bon alors mes muscles, ma force, les efforts que je déployais. J'ai haï ceux qui t'avaient mis dans cet état, et puis j'ai haï la mort qui rodait près de toi et qui voulait t'emporter, toi et notre bonheur. Et tu as été la plus forte. Tu as lutté plus durement que ce que tu montrais. Tu n'as cessé de fixer ce point au-delà de moi, qui te ramenait à chaque fois la tête hors de l'eau. Je pouvais presque voir tes phalanges bleuies agripper le bord carrelé de la piscine. La vague est passée, ça ira mon chéri. Ces mots qui ne rassuraient pas. Le retour probable de la vague, le rythme des marées. ma volonté de te sortir de là. J'ai vu d'un bon oeil ceux qui, peu à peu, t'ont dit en écho à ma vigilance que tu valais la peine. Parce que tu valais la peine ma chérie. Je n'ai jamais compris comment tu avais pu en douter, comment le mécanisme avait fonctionné, sournoisement, fendillant tout à l'intérieur de toi, brisant ta confiance fragile. Quelqu'un avait posé le doigt sur le point qui tenait tout en toi, et tu étais tombée, comme une marionnette cassée. Le bonheur est revenu avec tes mots, le rire, l'envie de marcher, de sortir, le soleil sur ta peau, tes bras autour de mon cou et l'espièglerie. J'ai envie de croire aussi que chaque baiser donné t'a forgé peu à peu une solide carapace, que tu promènes ainsi mon amour avec toi, inscrit sur ton épiderme. Car chacun de tes sourires est à présent une fête. Je veux t'emmener, sans tarder davantage, sur les chemins caillouteux, serrer ton corps à chaque halte, ne plus avoir peur de te perdre. Et je sais que la route sera belle, puisque tu es là, puisque nous sommes deux. 

Un texte rédigé pour l'atelier d'écriture de Leiloona... une photo quelques mots [clic ici]

30 avril 2017

Objectif pal d'avril

Hello ! C'est le jour du bilan. Et comme d'habitude, tu es ravie de la diversité des lectures de PAL (Pile A Lire) de ce mois-ci. N'hésitez pas à cliquer sur les couvertures ci-dessous. Tu promets aux curieux de bien tumultueux voyages... Et grand merci aux participantes pour cette très belle cuvée !! Les PALs se vident peu à peu (si si).

alagracedeshommes      badgirl      lesapparences
          Aifelle                          Chantal                          Eimelle

netirezpassurloiseaumoqueur      monsieurorigami      lideeridiculedeneplusjamaisterevoir
        Géraldine                 Reading bibliophile                     Enna

ecoutemoi     labatailledulabyrinthe     laspectaculairehistoire
         Antigone                      Alexielle                         Ptitlapin

grace     disclamer     memoiredefille

           Edyta                            Enna                           Jostein

entrecieletterre     cequilsnontpaspunousprendre      laporte

          Hélène                          Chantal                          Jostein

thedoor     lolabensky       chroniquesdeloccidentnomade

The readingbibliophile              Tiphanie                             Aifelle

 objectif pal

3 avril 2017

Atelier d'écriture

talons-aiguillesTu es mon histoire. Banale. Et j'écris pour toi ce soir. Pour te séduire. Avec mes pauvres armes, les mots. Mais ça tu ne le sais pas encore. Tu crois que je suis passée à autre chose, quelqu'un d'autre, que j'ai, comme tu me l'as glissé la dernière fois, repris mes esprits. En réalité, je suis montée depuis ton refus sur des échasses. J'ai enfilé mes talons hauts, et j'ai pris de la hauteur. J'ai essayé de t'oublier comme ça, en jouant un personnage, en m'étourdissant, les orteils en feu, le talon blessé. Autant de manières de ne pas sentir la douleur qui s'est logée au creux de ma poitrine, dure et tranchante. Elle me réveille parfois la nuit. Ou quand je te croise. A quoi il sert cet amour qui n'a que du vide en retour ? Qui se balance entre espoir et mélodrame. Tu es mon défi, quotidien. Je note chaque jour scrupuleusement mes avancées sur un carnet, à quel point j'ai réussi cette fois-ci à t'éviter, à aller mieux, à ne pas chuter. Journal de bord d'une naufragée. On ne le dit jamais assez combien renoncer à quelqu'un est une des plus grandes batailles de la vie, combien c'est difficile. Je me réveille avec toi, et je dois te chasser de mes pensées. Je marche avec toi, et je me concentre sur mes talons. Je te vois, et je dois t'ignorer. Tu es cette pierre qui roule sous mes semelles et qui me fait flancher. Il n'est marqué dans aucun livre comment t'oublier. Ni comment te séduire non plus. Avec mes pauvres mots, ma pauvre voix, mes pauvres sentiments. J'ai acheté des pansements, qui rendent ma démarche moins bancale, plus aisée. J'ai l'impression que je vais mieux. Pourtant, je déambule sur une poutre, j'oscille, et bien souvent je tombe. Un jour, tu me seras de nouveau indifférent, je porterai des talons plats. Ou alors j'aurai réussi à t'atteindre, là où tu es, et tu seras là. Fol espoir. Balance sentimentale. Moi sur mes talons.

Ce texte est ta participation à l'atelier d'écriture de Leiloona [clic ici], une photo quelques mots...

31 mars 2017

Objectif Pal de mars

Oyé oyé, c'est le jour du bilan. ;) Et tu aimes décidément cette diversité qu'offre à chaque fin de mois ce petit rendez-vous. Qu'ont donc déniché dans leurs vieilles Piles A Lire les blogueuses de l'Objectif Pal ? Mars a commencé par s'éloigner un peu des romans... puis a déniché un roman québécois, lu de nouveau Elena Ferrante (déjà présente dans un épisode précédent), côtoyé Racine, fait une lecture commune, lu des romans de chez Picquier (quelle bonne idée !)... et ouvert quelques BD. Mais cliquez plutôt sur les couvertures ci-dessous, vous comprendrez mieux ! Une petite voix te dit que les Pals diminuent diminuent en ce moment...

ilestaventageuxdesavoiroualler       lameute      lafianceeamericaine
         Sylire                     The reading bibliophile               Eimelle

lamieprodigieuse       titus    lejourou
          Enna                              Eimelle                         Enna 

lechiendesbaskervilles       la confidential    lapartdesflammes
        Crissylda                        Tiphanie                        Eimelle

sylvaintesson       magique-aujourdhui    lapartdesflammes
    Le livre d'après        Voyage au bout de mes livres        Jostein

monbeloranger       lespetitspainsdelapleinelune    lafinduchant
       Gambadou                          Aifelle                        Kathel

defaitedesmaitresetpossesseurs       lesvieuxfournauxt2     seresoudreauxadieux
           Aifelle                            Sylire                       Antigone

olivier       lemaitredeballantrae       theprincess
            Jostein                           Tiphanie                        Cryssilda

lemortvivant        lesupernaturaliste       objectif pal
         Cryssilda                      Lady double H

 

 

6 mars 2017

Atelier d'écriture

japon-fillettevincent hequet

Tous les matins, résonne au loin un bruit de canon qui déchire nos tympans, et nous force à nous lever. Il provient visiblement de la ville la plus proche. Mais pour quelle raison ? Tous les matins, nous nous prenons tous dans nos bras, comme si c'était la dernière fois, l'esprit encore embrumé par la nuit, la mine sérieuse et souriante. Ici, dans notre village, nous sommes quinze, dix adultes et une poignée d'enfants. Plus loin, à quelques kilomètres de là, vivent d'autres personnes. Quatre adultes. Mais cela fait plusieurs semaines déjà qu'ils ne donnent plus de nouvelles. Ils évitent sans doute de se faire remarquer. En réalité, nous ne savons pas si ils sont encore vie, nous faisons comme si. La guerre civile est venue doucement creuser son nid, sans grands cris et fracas, dans notre quotidien. Il a suffit d'un changement de gouvernement, des restrictions, des lois de plus en plus hostiles. Et puis un jour, une partie de la population s'est soulevée, des insurgés ont manifesté, et tout à coup le pays était à feu et à sang. Lors des premiers cris à la radio, à la fin des programmes de télévision, nous nous sommes regroupés dans le village, étonnés de nous découvrir tous bienveillants, loin de la rivalité habituelle des voisins. Nous avons très vite compris que nous nous aimions suffisamment pour tenir à chacun d'entre nous. Il fallait alors s'organiser, préserver les enfants, améliorer les potagers, garants de notre survie, tout faire pour continuer à manger et à prendre soin de nous, sans l'école, le travail, les déplacements. Mais hier, un faon est venu se nourrir dans la main de ma fille. Les animaux quittent la forêt, cherchent du réconfort. C'est plutôt mauvais signe. Sommes nous donc cette fois-ci physiquement en danger ? Je voudrais savoir ce que le reste du monde a prévu pour nous. Sans doute pas grand chose. Et le soleil est là, qui écrase tout de sa lumière lucide, donnant le sentiment que rien n'a changé, distribuant son espoir fou. Le printemps arrive, malgré tout, malgré la terreur. Sur l'herbe tendre, les enfants jouent. Mais l'alerte est réelle, et je prépare ce soir avec ma femme trois sacs à dos. Les voisins sont venus nous donner un coup de main, quelques provisions. Ils vont rester encore quelques temps dans le village, avant de prendre la route à leur tour. Nous ne pouvons nous permettre de nous déplacer en bande. Les yeux sont humides, les voix plus douces, les peaux se touchent à la moindre occasion. Elles disent je vous aime, vous nous manquez déjà, ne nous oubliez pas, et surtout prenez soin de vous... elles disent juste ce que les peaux savent dire quand la parole est sans voix. Je voudrais avoir le choix.

Une photo quelques mots... tous les autres liens de l'atelier d'écriture sont chez Leiloona [clic] - Photo de Vincent Hequet

Alors que j'avais déjà rédigé ce texte, le billet d'Enna [ici] a fait un drôle d'écho à celui-ci. N'hésitez pas à cliquer et à soutenir son action... Marathon de Paris d’Anne Gilles pour la Syrie avec l’UNICEF. Merci.

3 mars 2017

Mars

hellomars

Tu commences mars avec un lumbago et clouée à la maison... Il faut croire qu'être restée vautrée ici et là à lire, pendant tes vacances, tandis que le mauvais temps régnait au dehors n'était pas une si bonne idée... De plus, en mars, ton planning est très très tendu (d'où la crispation du dos, sans doute). Il va donc falloir trouver le moyen de malgré tout se détendre un peu, pour pouvoir tout faire comme tu le souhaites... Côté vie matérielle, de nombreux déplacements sont prévus. Tu viens déjà d'en râter magistralement un (et un peu furieuse contre toi-même tu es). Côté blog, le 18 mars, tu seras à Rennes pour le Festival Rue des livres, le 25 mars à Paris pour le bookday2 de Mazarine... et puis sans doute le dimanche 9 avril au Printemps du livre de Montaigu. Croisons les doigts pour que le dos tienne... (merci ton ostéo) !! Allez, sinon, tu as lu un peu aussi pendant cette pause forcée, quelques BD dont tu parleras, le mercredi exclusivement (puisque tu as intégré depuis quelques temps le groupe très actif des bédéphiles du net), et un livre sur la joie d'être bordélique, qui dit, entre autres, que posséder une ardoise avec craie, des plantes, et des tas de livres partout est un signe évident de propension à être bordélique... mince toi qui te croyait organisée et... même maniaque. Tu parleras de tout ça bientôt, et aussi du Bal mécanique de Yannick Grannec que tu viens enfin de commencer. Et il y aura peut-être même de nouveau un texte pour l'atelier d'écriture lundi... Allez, soyons fous et bon week-end !

3 janvier 2017

Pendant ta pause...

initiales

... tu as aimé Noël, ses décorations, aller au restaurant, rencontrer des gens, discuter, tromper ta panne de lecture avec de la vie bruissante et intéressante, discuter avec tes amis (oui tu as beaucoup discuté), et puis recevoir des cadeaux dans ta boîte aux lettres, comme ce numéro 4 du magazine Initiales et ce petit opus Sur tes genoux, d'Angélique Villeneuve, offert avec aux lecteurs du groupement de librairies du même nom. Du doré au coeur de l'hiver. Un dialogue muet entre une fille et son père. Et tu te rends compte, avec ce cadeau, de la chance de ce que tu vis sur ce blog depuis dix ans. Encore merci. [Un magazine à télécharger gratuitement ici] [Et un titre de Thomas Vinau, par là pour les adeptes]

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Les lectures d'Antigone ...
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  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
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