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Les lectures d'Antigone ...
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Ardoise magique

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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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1 mai 2013

Un 1er mai sous des gouttes de pluie

... et une occasion de vous présenter ici ma future nouvelle vue (cela remplace aisément pour aujourd'hui le brin de muguet). Lorsque je vous écrirai bientôt, ces arbres là seront devant moi, derrière ma baie vitrée. Espérons que ce bouquet de verdure vous portera chance aussi !!

MAISON 021

Et un grand merci à Herbe Folle, toute jeune blogueuse de 17 ans, de m'avoir décerné un Liebster Award. Bravo pour son joli et élégant blog, que je vais suivre dorénavant avec plaisir !! [clic]

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28 mars 2013

Nocturne, Pascal Blanchet

nocturne1"Août 1948. New York suffoque sous la canicule. Alors que la nuit s'étend sur la ville, la voix d'Anne Scheffer, reine des ondes, transporte loin des cuisines et des rares clients une serveuse de cafétaria de la 33e rue et ajoute au drame banal d'un auteur sans succès de Brooklyn."

J'ai pioché par hasard cette très belle BD dans ma bibliothèque et c'est un joli coup de coeur !!

Coment vous expliquer le sentiment qu'elle procure... ?
En fait, c'est comme si les personnages de peinture de Hopper se mettaient tout à coup à sortir de leur cadre et à courir sur les pages. En fond sonore muet (des paroles de chansons s'inscrivent légèrement ici et là), il y a des airs de jazz. Et tout ce qui est demandé au lecteur est de se laisser porter par cette histoire sans paroles qui moi m'a énormément séduite.

Je recommande.

Editions La Pasteque - 28.80€ - Février 2012 - Merci ma bibli !!

nocturne

nocturne2

nocturne3     nocturne4

D'autres images sur le blog de l'auteur : http://pascalblanchet.blogspot.fr/2011/04/nocturne-in-still-of-night.html

 

27 mars 2013

Un Père en colère, Jean-Sébastien Hongre

unpereencolere"Comment en sommes-nous arrivés là ? Je ne sais pas. Sans doute, comme pour beaucoup de parents, par ces abandons successifs de territoire, ces reculs de notre autorité, dès la naissance, qui sont peut-être la faiblesse principale de notre génération. Nous n'avons plus su dire non quand tout autour d'eux disait "just do it". Et si nous n'avons plus su dire non, c'est d'abord à nous qu'il faut nous en prendre : car pour dire un grand non, il faut porter en soi un grand oui. Or notre génération n'a pas su aimer la vie, tout occupée qu'elle était à accumuler des objets, à gagner de l'argent, à prendre sa revanche sur des siècles d'opression des masses."

Lorsque Stéphane, ingénieur, et Nathalie, enseignante, se rencontrent, ils s'installent très vite dans une confortable maison à proximité de Paris pour élever leurs enfants. Vingt ans plus tard, Fred et Léa sont devenus deux jeunes adultes. Logés à Saugny, ils ont dû s'adapter à la violence croissante de leur environnement et ont choisi de passer du côté des plus forts, de celui des "bourreaux", au grand dam de leurs parents. Mais un drame se produit, Nathalie a un accident et est plongée dans le coma, Stéphane pense au suicide. En colère contre ses enfants qu'il juge coupables de la dépression de leur mère, il décide alors d'ouvrir un blog et devient le porte-parole malgré lui des parents déboussolés. Les médias s'emparent de son histoire. Aurait-il mieux valu rester dans le silence ?

Ce qui m'a attiré au tout départ dans ce titre est le contre-pied émotionnel qui nous est proposé, le renversement d'autorité qui semble régner dans cette famille au fond du gouffre. Dans les premières pages, j'ai cependant tiqué sur certaines expressions, un brin caricaturales pour mon goût. Et puis, j'ai compris que j'étais tombé dans le piège du politiquement correct, et du style, et qu'il fallait se laisser faire par l'intrigue, plutôt bonne, qui a le mérite de creuser son sillon dans une certaine réalité.
Il est intéressant au final d'accompagner ce père dans son combat, non pas "contre" ses enfants, mais "pour" leur avenir. Ces deux parents, dépassés par la violence d'enfants impliqués dans des réseaux de drogue où l'argent coule à flot, quelle autre alternative ont-ils donc à proposer ? Dans le récit, on apprend que Nathalie, professeure, a su se battre avec d'autres mères à une époque puis qu'elle a ensuite baissé les bras. Stéphane tente de croire encore à la science et s'attache ainsi à Kamel, le vrai rayon de soleil de cette histoire.
Une lecture qui sort de mes lectures habituelles mais que j'ai finalement beaucoup aimé.

Merci aux éditions Max Milo ! - 18€ - 21 mars 2013

24 mars 2013

Le Silence, Jean-Guy Soumy

LESILENCE"[...] il y avait eu un empêchement, c'est ainsi qu'ils appelaient tout ce qui contrariait un de leurs projets. Que de fois avaient-ils été une famille empêchée !"

Alexandre Leroy se tire une balle dans la tête dans une chambre anonyme d'un hôtel sans charme et toute sa famille (sa femme et ses deux enfants adultes) se questionne sur ce geste étonnant et brutal.
A Chicago où il habitait, il était un mathématicien reconnu et estimé, et même si leur couple s'était un peu endormi, sa femme Jessica ne s'explique pas un tel acte qui ressemblait si peu à l'homme qu'elle pensait connaître. Estimant qu'elle doit chercher à savoir, au moins pour ses fils, elle fouille peu à peu les archives de son mari et tombe sur des détails troublants, des citations de son poète préféré disséminées ici et là, une photo de ses beaux parents inexplicablement falsifiée, un appartement secret, et une correspondance avec un certain Samuel, menuisier en France.

Je suis heureuse d'avoir ouvert ce roman de Jean-Guy Soumy avec lequel j'ai passé de charmantes heures de lecture. Car, malgré la candeur du style, on s'attache à une intrigue munie de multiples rebondissements inattendus qui nous emmène là où elle avait décidé de nous emmener, tout en laissant par ailleurs son personnage principal faire son travail de deuil.
L'auteur, professeur de mathématiques, a su ne pas encombrer son propos de romancier par des détails théoriques qui auraient pu éloigner l'intérêt du lecteur. Les mathématiques ne sont ici que la toile de fond d'une histoire humaine, faite de secrets, de colères et de pardon.
Une lecture d'une douceur désarmante, à découvrir.

Editions Laffont - 18€ - Janvier 2013
Ce livre était en compétition pour le prix-relay-logo (clic sur le logo pour plus de détails) dans la sélection de Février : http://prixrelay.com/book/le-silence/ - La page facebook - @PrixRelay 

L'auteur sera au salon du livre de Montaigu (Vendée) les 20 et 21 avril 2013 !

11 janvier 2013

Freedom, Jonathan Franzen

freedom"D'où venait l'apitoiement sur soi ? Cette quantité extraordinaire d'apitoiement sur soi ? Selon presque tous les critères possibles, elle menait une vie très heureuse. Elle avait toutes ses journées pour penser à une façon décente et satisfaisante de vivre, et pourtant tout ce qu'elle semblait récolter avec tous ses choix et toute sa liberté, c'était de plus en plus de malheur."

Patty et Walter ont tout pour être heureux. Ils forment un joli couple. Et même si leur garçon, Joey, est un électron libre, rien ne prédispose cette petite cellule familiale à imploser. L'infidélité de Patty avec Richard, le musicien que rien n'attache, sera pourtant l'incident qui fera insidieusement tout basculer.
Sera alors le temps de revenir sur les choix de l'adolescence, les voies empruntées à ce moment là, l'importance de ce qui se joue à cet âge et qu'on ne mesure pas. Et aussi à cet avenir inconstant que l'on s'épuise à tenter de maîtriser...

Freedom  brosse le portrait de plusieurs personnages sur plusieurs décennies. Et cette épopée de l'intime est loin d'être ennuyeuse malgré l'épaisseur du volume (plus de 700 pages). Elle nous pose sans cesse la question du choix et de ce que les humains font de leur libre-arbitre. Et puis, la famille est cette masse informe autour de soi qui parfois se comporte comme une alliée et aussi se plaît à exclure. Alors, à qui faire confiance et contre qui se laisser aller ? Jonathan Franzen apporte ses réponses et nous laisse le temps d'y ajouter les nôtres.
Une lecture au long court qui laisse sans voix.

Editions Points - 9€ - Août 2012

Ce roman est dans la sélection 2013 du Prix de Meilleur Roman des lecteurs de Points [clic ici pour en savoir plus et lire le premier chapitre]

Asphodèle a abandonné par trop de désenchantement - Copieux d'accord mais pas indigeste pour Keisha - Malgré des bémols pas d'abandon chez Clara !

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18 février 2013

Anna de Noailles

 

Ai-je imprudemment souhaité
annadenoaillesGuérir de toi? Quelle ignorance
M’irritait contre ma souffrance!
— Ah! Que rien ne me soit ôté

De la détresse qui me cache
Le passé, le lendemain!
Sois La seule chose que je sache
Et qui blesse ! Rien ne déçoit
Dans la sombre et féconde ivresse
D’un désir encore ascendant.
— Lèvres rêveuses sur les dents,
Regard qui se meut ou se pose,
Gardez votre pouvoir ardent,
Vous qui, dans une chambre close,
Par le souvenir obsédant,
M’inondez d’une odeur de roses!

 in Poème de l'amour

Et plein d'autres merveilleux poèmes d'Anna de Noailles (1876-1933) à découvrir [par ici]

10 février 2013

Un printemps à Tchernobyl, Emmanuel Lepage

unprintempsatchernobyl"Pripriat, ville désolée, colle à ce que j'imaginais de la catastrophe, correspond à l'image que je me faisais du désastre.
Mais ici, dans la zone ?
Cette vibration subtile des couleurs comme l'effroyable réalité qui se cache à mes yeux.
Dessiner, c'est soulever la surface du visible et je me sens impuissant.
Va pour Pipriat et ses rues vides et grises, mais les forêts bleues ?
Quoi, alors ?
La beauté ?
Comment ça, la beauté ?"

Le 26 avril 1986, se produit à Tchernobyl la catastrophe nucléaire que l'on connaît. Vingt-deux ans plus tard, Emmanuel Lepage se rend sur les lieux, pour témoigner au travers de ses dessins de l'horreur. C'est un voyage risqué qui met ses nerfs à rude épreuve mais la motivation est forte, celle d'être un acteur militant et le témoin des effets néfastes du nucléaire.
Quelle surprise alors de découvrir la beauté, les couleurs et la joie transparaître dans ses dessins et dans la zone interdite !

Emmanuel Lepage sort manifestement grandit et libéré de cette expérience extrême. Loin de la Bretagne où il vit habituellement, il fait des rencontres paradoxales où le rire et la mort se partagent un gâteau empoisonné.

J'ai dévoré cette BD qui pour moi est un immense coup de coeur de lecture ! Car Emmanuel Lepage ne se contente pas de relater son expérience, son voyage, mais part aussi en quête de lui-même, remet en question le sens de son travail de dessinateur, passe du brun attendu au pastel coloré, éclate les cases pour se laisser envahir par le paysage et les visages heureux des enfants. C'est beau et terrifiant à la fois, terriblement magnifique !

Coup de coeur ! - Editions Futuropolis - 24.50€ - Octobre 2012 - Merci ma bibli !!

Je l'avais noté chez Bauchette chez qui on peut admirer quelques pages

23 décembre 2012

Un Noël en famille, Jennifer Johnston

unnoelenfamille"Tu sais, c'est la première fois que je le dis à quelqu'un, mais c'est un rêve qui me trotte dans la tête depuis longtemps. J'imagine ma voix vibrante emplissant une salle de théâtre." Elle ouvrit grand les bras comme si elle voulait embrasser la pièce. "J'apprendrai. Je jouerai tous les grands rôles et je les aimerai tous, même Lady Macbeth, je les aimerai vraiment tous. Maman, je suis tellement impatiente. C'est ce qu'on appelle un rêve, non ? Nous devrions nourrir des rêves, plutôt que de décider d'être normaux, non ?
- Oui, chérie, bien sûr. Je pense que nous allons ouvrir une bouteille de vin et boire aux rêves de chacun d'entre nous."

Henry vient d'être victime d'un accident de voiture. Il s'éveille à l'hôpital et sa mémoire flanche un peu. Il ne se souvient plus vraiment si il est encore marié à Stéphanie ou avec cette nouvelle épouse qui tenait le volant et qui est décédée dans l'accident. Va-t-il reconnaitre autre chose chez sa fille Ciara que sa superbe chevelure rousse ? Et enfin de qui était-il réellement amoureux juste avant le drame ? Jeremy, le bel homme qui veille sur lui, semble en avoir une idée bien précise... Tandis que Tash, sa mère, sombre dans une douce et folle vieillesse, Henry récupère, retrouve souvenirs, sensations et espoirs. Pour une fois, tout le monde sera là pour Noël, même Georges le jeune frère canadien.

Je vous espère une période de Noël bien moins compliquée que celle de cette famille qui s'agite beaucoup autour d'un Henry défaillant, d'une vieille femme perdue et d'êtres en quête d'une normalité inutile.
Je n'ai pas été spécialement séduite par l'écriture de ce petit roman, assez fragile, mais plus par l'esprit qui s'en dégage.
Il est demandé à chaque personnage d'être sincère avec lui-même et les autres, avec ses sentiments. Les faux-semblants sont des chausses trappes qui ne servent à rien, qu'à perdre un temps précieux. Et à Noël, tout le monde est réunit, pour le meilleur, mais aussi pour le pire.
Une lecture de saison.

Merci Clara ! - Editions 10/18 -8.10€ - Décembre 2010

Une lecture Easy Reading pour Annie

6 février 2013

Janvier sous haute tension Février en relaxation

Depuis que 2013 a pointé le bout de son nez (et peut-être aussi depuis que j'ai eu mes 40 ans), le stress et la crispation se sont invités dans mon corps, me créant ainsi quelques douleurs dorsales franchement fatigantes. Les multiples petits soucis du quotidien trouvent à se loger dans des lieux jusqu'alors préservés. Bref, la détente n'étant pas au rendez-vous, il fallait prendre les choses en main. Mon médecin m'a prescrit des séances de kiné, et je suis tombée sur la proposition d'Audiolib de tester en avant-première leurs nouveautés.
Le titre ci-dessous m'a sauté aux yeux comme une bénédiction.

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Dès réception, ce matin, j'ai inséré le CD dans ma chaîne, profitant d'un moment de solitude et de tranquillité, assez rare.
La voix de Clarisse Gardet est à elle seule une invitation au lâcher prise... quel envoûtement et quel enveloppement ! La première séance nous invite à prendre conscience du toucher et de notre peau, et à faire venir à notre conscience des images positives.
Pour l'instant, le relâchement est difficile, mais ça vient... Je garde les autres séances pour plus tard, il n'est pas recommandé de les enchaîner, mais je dois avouer que j'ai apprécié cet instant de pause.

Explorez vos cinq sens pour vous relaxer intensément de Clarisse Gardet - Un grand merci aux Editions Audiolib (www.audiolib.fr) ! - Sortie officielle en librairie le 13 Février 2013
Un extrait à écouter en suivant [ce lien]

En écoutant ce CD, j'ai pensé à cette vidéo vue à la TV il y a peu. Un instant de grâce. Regardez-là tranquillement, et dites moi si vous aussi vous n'avez pas envie que l'on vous chouchoute un peu en ce moment... 

8 décembre 2012

Paillettes sur Nantes aujourd'hui

Allez, hop hop hop, ce matin on a décidé qu'on ferait les devoirs et les tâches ingrates du week-end plus tard... destination Noël.
Et on a eu raison, Nantes s'était paré de ses plus beaux atours. Avec, près du château, une jolie vitrine animée qui n'avait rien à envier aux parisiennes !
(Pour info, c'est bien mon reflet dans les vitres.)

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Une rue, où chaque boutique possédait sa petite bestiole de Noël lumineuse.

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Un Passage Pommeraye écarlate.

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Et un père Noël endormi qui attend patiemment le jour J. (Un haut parleur diffusant de bruyants ronflements).

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Promis, bientôt de la lecture sur ce blog.

10 octobre 2012

Décharges, Virginie Lou-Nony

Décharges"Tenir !
On n'a que ce mot à la bouche depuis deux ans. Ou faire comme si. [...] Tenir en suspension dans une parenthèse, entrer dans les critères de Pôle emploi, se faufiler dans leurs procédures, avancer dents serrées sur le fil de leurs formations. [...] On tient comme les boxeurs, K.-O. debout.
On tient sans avoir l'impression de tenir, on a oublié qu'on tient. D'avoir décroché tous les deux un contrat, d'entrevoir le renouvellement nous paie de tout."

Eva et Manuel sont des exilés de l'intérieur, de ceux qui voyagent au coeur de l'hexagone pour fuir la perte de leur emploi et trouver "autre chose", le CDI étant le St Graal convoité, si hypothétique et si difficile à obtenir.
Eux, après avoir lutté dans le Sud contre le pouvoir d'actionnaires anonymes qui ont fermé leur usine, sont partis dans le Nord pluvieux avec leur trois enfants. Tandis que Manuel s'enferme dans sa passion pour la vidéo, Eva, devenue aide soignante s'attache aux patients abîmés du centre de rééducation dans lequel elle travaille. Elle tombe plus particulièrement sous le charme de Gabriel qui a la beauté des anges mais l'immobilité du tétraplégique qu'il est devenu après son accident.

Voici un roman dont l'écriture, et le thème, m'ont profondément touchée. Virginie Lou-Nony sait trouver des mots sensibles pour exprimer la souffrance, elle sait effleurer l'émotion sans y tomber lourdement. J'ai aimé son langage, de grande qualité, et j'étais toute prête à faire à ce livre une petite place à côté de mes coups de coeur. Mais la fin de Décharges, en pirouette, m'a un peu trop désarçonnée...
Malgré cela, ce récit à la voix élégante est une belle lecture, forte, l'histoire d'un amour impossible, décrit comme une lumière au milieu du chaos.

Editions Actes Sud - 18€ - Février 2012 - Merci ma bibli !!

http://lou-nony.litteratures.fr/

26 décembre 2012

La Patiente, Jean-Philippe Mégnin

lapatiente"Nous nous sommes rencontrés par hasard.
Je n'ai pas compris tout de suite.
Je n'ai pas compris tout de suite la nature de l'attirance que j'ai éprouvée pour ce garçon."

Le narrateur voit un jour entrer dans son cabinet une femme énigmatique, Camille D. Il est gynécologue et elle pense être enceinte, rien que de très banal. Seulement, son attitude trouble beaucoup notre docteur car la jeune femme lui parle abruptement de son homosexualité et semble étrangement bien connaître son compagnon, David. Contre son mutisme en ce qui concerne le père de l'enfant, le médecin n'aura de cesse de se heurter et de vouloir mettre en lumière la vérité, quitte à risquer le drame...

Ayant plutôt aimé ma lecture de La Voie Marion et ayant vu l'auteur en interview chez La Grande Librairie, je voulais découvrir ce titre que je me suis offert en librairie (en pensant à Bauchette) !
J'aime beaucoup et encore ici l'écriture de Jean-Philippe Mégnin, et sa manière d'amener ses personnages à la rencontre. Mais le noeud de l'intrigue m'a semblé dans cet opus un peu moins fort que dans son précédent roman et le suspens moins réussi. Dommage.
Je ne regrette pourtant pas cette lecture en demi-teinte que j'ai paradoxalement dévorée.

Editions Le Dilettante - 15€ - Sept 2012

Sandrine a été emballée - Une autre bonne critique sur Libfly 

30 octobre 2012

De retour de bibliothèque...

Alors que petit dernier (7ans) est toujours fan des Sciences naturelles de Tatsu Nagata chez Seuil Jeunesse, grande fille (11 ans) se penche sur la collection de chez Tourbillon, Mon premier Exploradoc par Anne-Sophie Baumann. On s'était déjà demandé [là] d'où venait le verre de mon verre... à présent on se demande D'où vient le coton de mon tee-shirt ? ou Comment poussent les salades et autres légumes ? Alliant dessins et photographies, ces petits albums ont tout pour plaire et instruisent agréablement tout la famille !
On aime.

RETOURDEBIBLI

 

16 décembre 2012

Plus que les autres

DECORATION NOEL

... ils ont marqué mon année ! J'avais envie de vous présenter dès aujourd'hui mon top 3 de 2012.

Et pourquoi pas vous donner encore quelques idées de cadeaux à mettre sous le sapin !!

 

l'hommeinquietJ'ai découvert Henning Mankell via Les chaussures italiennes (catégorie roman) qui avait été également un gros coup de coeur en 2011 ! Début 2012, j'ai récidivé avec L'homme inquiet et je suis tombée naturellement sous le charme de cette version plus policière de l'auteur, celle que les habitués de polars connaissent principalement. Alors bien entendu, j'ai commencé par la fin de la série, car Kurt Wallander sévit depuis quelques temps déjà - mais peu importe - car la compréhension a toujours été au rendez-vous. J'ai pu situer sans soucis chaque personnage, et je me suis laissée bercée par l'intrigue sans heurts ni tracas. Dans ce livre-ci, on prend son temps, les fils sont dénoués avec finesse et minutie, la vie quotidienne tient toute sa place et il est permis de réfléchir sur le sens de sa vie, ou du monde. Bref, j'adore !
(L'article complet - Wallander m'avait séduite aussi sous les traits de Kenneth Brannagh )

 

icicava"Difficile de savoir exactement à quel moment les choses commencent à renaître. Peu importe, l'essentiel étant qu'elles renaissent. D'une façon ou d'une autre. Dans la boue. La nouvelle lumière du soleil. Les protéines. Les cendres. Les larmes."
Ce petit roman de Thomas Vinau est beau, dans sa douce et naïve simplicité apparente. Il explore des thèmes qui me sont chers comme la lenteur, la vie d'une rivière, le regard que l'on porte sur l'autre, la renaissance, la reconstruction. J'y ai croisé encore une fois chez cet auteur cette lumière particulière qui éclaire parfois les romans que l'on aime. Un joli coup de coeur de rentrée !
(L'article complet - Tout Thomas Vinau sur ce blog)

 

leslisieres

J'avais été moyennement touchée par Le coeur régulier, le dernier roman d'Olivier Adam. Cependant, forte de mon souvenir Des vents contraires, j'avais envie de lire celui-ci. Et j'ai eu raison de faire confiance car j'ai eu avec ce livre un très intense moment de lecture. Pourtant, le personnage de Paul Steiner est loin d'être pleinement sympathique, ses prises de position sont évidentes et sans appel, trop tranchées, son attitude souvent égoïste et détachée. Ce qui m'a plu ici est la sincérité des phrases, ce style qui semble s'être véritablement lâché, plus ample, moins facile, moins commercial. Et comme le fait Annie Ernaux dans Les Années, il est agréable de lire l'actualité dernière le regard d'un auteur, ici la montée du FN avant les élections, le drame du tsunami au Japon, etc... Il est évident qu'Olivier Adam se cache à peine derrière son double de papier, auteur à succès comme lui. De nombreuses réflexions m'ont touchée en plein coeur. La relation que cet homme de quarante ans entretient avec les siens fait écho. Une lecture dont la grande qualité est de ne pas être lumineuse et simple, mais dérangeante, obscure, désagréable, et au final assez grandiose. Ah, et j'aime ça aussi. Encore un coup de coeur de rentrée !!
(L'article complet - Tout Olivier Adam sur ce blog)

etoilesnoel

(Source)

Chaque année qui commence, je me demande si l'exaltation littéraire sera au rendez-vous, et chaque année qui commence m'ouvre de nouvelles portes, des découvertes inattendues... En suivant [ce lien] vous trouverez mes autres coups de coeur de 2012 en photos, et en suivant [ce lien] tous les coups de coeur de ce blog !!

Et vous, c'est quoi votre top 3 ?

29 octobre 2012

Ca t'apprendra à vivre, Jeanne Benameur

catapprendraavivre"Il y avait eu l'ambre qui brûlait au fond de chaque couleur. Cuivre et parfum. Henné tatoué en très petits dessins aux talons, au creux des paumes des femmes.
De la lumière éclatée partout. Même dans le mat. Jamais de terne.

Ici, c'est le sombre.
Dehors il pleut ou c'est pareil."

En 1958, une petite fille arrive en métropole, à La Rochelle, après avoir vécu ses premières années en Algérie, choc des contrastes et de l'exil. Depuis toujours, elle se sent différente, la fille d'une mère blonde mariée à un gardien de prison arabe, son père. Dans sa fratrie de quatre enfants, elle est la plus jeune et elle se sent seule, mal aimée, laissée de côté pour diverses raisons, manipulée plus que calinée.

Ce court roman de Jeanne Benameur nous conte le récit d'une enfance où chaque souvenir semble avoir laissé une trace désagréable dans l'esprit de la narratrice. Il n'est pas forcément intéressant de connaître la part autobiographique de ces lignes, mais il est étonnant de lire un écrit de Jeanne Benameur où sa lumière habituelle a tellement de mal à percer le brouillard terne du quotidien. Je me suis questionnée, j'ai été troublée, peinée pour cette petite fille visiblement malheureuse, essayant de faire coïncider avec le livre l'image que j'avais conservée de l'auteure suite à une rencontre...
Une lecture épineuse.

Editions Babel - 6.50 € - Avril 2012 - Merci ma bibli !!

Jack l'a lu aussi 

26 novembre 2012

Pas l'indifférence

GNRATI~1

J'accepterai la douleur
D'accord aussi pour la peur
Je connais les conséquences
Et tant pis pour les pleurs

J'accepte quoiqu'il m'en coûte
Tout le pire du meilleur
Je prends les larmes et les doutes
Et risque tous les malheurs

[…] 

J'apprendrai le froid des phrases
J'apprendrai le chaud des mots
Je jure de n'être plus sage
Je promets d'être sot

[…]

Je donnerai dix années pour un regard
Des châteaux, des palais pour un quai de gare
Un morceau d'aventure contre tous les conforts
Des tas de certitudes pour désirer encore

Échangerais années mortes pour un peu de vie
Chercherais clé de porte pour toute folie
Je prends tous les tickets pour tous les voyages
Aller n'importe où mais changer de paysage

Effacer ces heures absentes
Et tout repeindre en couleur
Toutes ces âmes qui mentent
Et qui sourient comme on pleure

[…]

Tout mais pas l'indifférence
Tout mais pas le temps qui meurt
Et les jours qui se ressemblent
Sans saveur et sans couleur (refrain)

Extrait de Génération Goldman pour une chanson reprise par ZAZ dans l'album - Nov 2012

Flash back vers hier et mon adolescence. Et oui, je n'ai pas pu résister à cet hommage collégial de la nouvelle génération pour un artiste qui a compté dans mon enfance. On m'a offert cet album. C'est une manière de transmettre aussi. Vous auriez du voir le regard étonné de mes enfants devant leur maman qui chantait et qui connaissait tout à coup "absolument tout" par coeur ! La qualité des interprétations est inégale mais le plaisir intact, j'ai compris également ces jours derniers combien ces chansons avaient semé des graines en moi et combien elles m'expliquaient.

 

25 novembre 2012

On se met doucement en mode Noël

novembre2012 001b

A l'instar de Cathulu qui commence aujourd'hui le décompte ! ;) Ou d'Isabelle qui nous donne envie de croire au Père Noël.
 
Et comme l'année dernière [là], je suis à l'affût des bricolages pas bêtes, sans grands frais et jolis qui fleurissent sur le net.

J'aime beaucoup généralement l'esthétique de ce que produit, ses adorables petits coussins nuages par exemple.
Elle a eu l'idée de nous proposer cette fois-ci sa version du calendrier de l'avent. Merci à elle !

J'ai décidé pour ma part que ses cônes seraient à l'unité des petites suspensions tout à fait réussies (voir ci-contre), à vous d'en faire ce qui vous chante, une décoration de table par exemple, les tutos sont par [ici].


Pendant ce temps, côté lectures, je teste une liseuse électronique reçue pour mon anniversaire il y a quelques jours (j'avais opté pour la Sony Reader sur les conseils judicieux de Saxaoul et de Laure). Et oui, moi aussi je n'ai pas résisté à l'attrait de la nouveauté, c'est mon côté geek !! Le confort de lecture est celui d'un poche et je suis assez ravie. J'en profite pour remercier Laurence Caron du Texte vivant qui m'a bien aidé à la remplir !! (Mes avis bientôt !)

 

30 septembre 2012

Regards sur ma ville

Depuis quelques temps, des visages sont apparus sur les murs des quatre coins de ma ville...
A la manière d'affiches ou de publicités, ces dessins sur papier sont simplement collés.
A l'initiative de qui ? Mystère.
En tous les cas, c'est un joli jeu de piste à effectuer qui embellit des lieux un peu laids et donne le sourire.

regards sur ma ville 001b   regards sur ma ville 003b

 

regards sur ma ville 006b

25 septembre 2012

Père d'Antigone

bauchauantigone... lui aussi, via entre autres le superbe roman qu'il lui avait dédié en 1997, Henry Bauchau est décédé il y a quelques jours à l'âge de 99 ans.
Je lui devais un mot sur ce blog, pour tout l'amour que nous partagions pour ce personnage mythique qu'est Antigone, pour la lumière qu'il a su donner à sa personnalité, sans la dénaturer, pour la force que son écriture a donné aux pas de cette jeune-fille qui prend la route à la suite de son père Oedipe, pour la personne passionnée qu'il semblait être.

"Oui, moi Antigone, la mendiante du roi aveugle, je me découvre rebelle à ma patrie, définitivement rebelle à Thèbes, à sa loi virile, à ses guerres imbéciles et à son culte orgueilleux de la mort.
Par un soudain désillement des yeux je vois que c'est le sens profond de toute ma vie. Si j'ai suivi Oedipe c'était pour lui apprendre - ce que j'ignorais, ce que je n'aurais jamais osé penser sans ce dernier crime de Créon - pour lui apprendre, oui moi, sa pauvre Antigone, à devenir ce qu'il était."
Extrait de Antigone, Henry Bauchau, Editions Actes Sud, 1997

9 septembre 2012

Ce matin

... les animaux de la place se sont sagement laissé photographier. Ou comment l'esprit nantais arrive peu à peu en Vendée.
Vous reconnaissez sans doute le savoir faire des parents du célèbre éléphant.
Bientôt, il y en aura d'autres sur cette étendue jusqu'alors inoccupée, vouée depuis toujours au seul Napoléon (fondateur de la ville). Bientôt, des bassins verront le jour aussi, à l'image de l'île de Versailles sur Nantes.
Ces travaux, leur coût, sont ici très controversé. Moi, je suis juste contente... ;)

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A voir en ce moment Place Napoléon à La Roche sur Yon

16 août 2012

Rentrée littéraire 2012

challenge2012

La rentrée littéraire démarre officiellement aujourd'hui. Et contrairement aux années précédentes, j'ai un peu de mal à m'y mettre. L'enthousiasme est très relatif. Je me suis donc inscrite au challenge du 1% de Mimi et Hérisson pour booster un peu mon envie. Il faut dire que je n'ai rien non plus reçu de la part des éditeurs... tant mieux je vais pouvoir laisser voguer ainsi mes désirs vers les vertes vallées qui m'enchanteront. Je n'ai pas non plus fait de liste de prévision, rien.

Bizarrement, c'est vers ma LAL (Liste A Lire) que se porte mon intérêt du moment, vers ces livres que j'ai noté chez vous, à droite et à gauche. J'ai encore l'esprit en vacances. Les années précédentes, quelques déceptions de rentrée m'avaient plongé dans des pannes de lecture titanesques. J'ai envie d'éviter cela cette année, de prendre du plaisir à lire, et puis c'est tout. Et ma LAL regorge de jolies choses, c'est certain.

Pour s'inscrire au 1%, c'est par ici [clic]. 
A suivre sinon... pour savoir si Les écrits d'Antigone vont bouder la rentrée littéraire, ou pas. :) Je ne le sais pas encore moi-même.

22 juillet 2012

Sur la plage de Chesil, Ian McEwan

surlaplagedechesil"Elle mesurait [...] à quel point sa conduite était pitoyable. Pour survivre, pour échapper à un moment horrible, elle était obligée de faire monter les enchères, de passer à l'étape suivante en donnant, bien malgré elle, l'impression qu'elle mourait d'impatience. Le dénouement ne pourrait pas être différé indéfiniment. Il se rapprochait d'autant plus qu'elle se précipitait vers lui tête baissée."

Deux jeunes mariés se retrouvent, le soir de leur mariage, dans une chambre d'hôtel, au bord de la plage de Chesil. Ils sont venus passer là leur lune de miel. Mais nous sommes dans l'Angleterre de 1962, et ces deux-là ont attendu ce moment précis pour passer à l'acte et accéder à plus d'intimité. Edward est impatient, intimidé et fougueux, Florence effrayée et tendue...

Dans ce drame rythmé et minutieusement analysé, la vie se joue à un mot ou un geste de trop, ou de moins. Entre présent et incursions vers le passé, le récit monte petit à petit vers ce moment fatidique et cruel qui décidera de tout. Plus nous connaissons Edward et Florence moins nous comprenons pourquoi ils ne se parlent pas plus, victimes sans doute de leurs histoires personnelles et de leur éducation.
Même si les deux personnages de ce livre peuvent sembler par moments agaçants avec leurs hésitations prudes, il est évident que ce roman est de bonne qualité, doté d'un petit côté précieux et daté qui a son charme.

Editons Folio - 6.50€ - Janvier 2010

Amanda avait aimé - Dasola est déçue - C'est un coup de coeur pour Canel -  Un vrai régal pour Clara, son billet vous mènera vers d'autres liens...

21 juillet 2012

Le Rendez-vous, Justine Lévy

lerendezvous"Maman n'a jamais été si en retard. Et je commence à me demander si elle finira jamais par venir. Me serais-je trompée de rendez-vous ? Non, puisqu'elle a fait appeler. D'heure ? Elle a dit qu'elle arrivait. Aurait-elle un problème ? Une bêtise qui la retiendrait ? Ca oui, c'est bien son genre."

Je prends les écrits de Justine Lévy à rebours... Une occasion pour moi de constater combien la jeune écrivain était déjà précoce et combien aussi son écriture s'est améliorée. Voici donc son premier roman publié. Après viendront chronologiquement Rien de grave et Mauvaise fille.

Louise a dix-huit ans et attend Alice, sa mère, dans un café. L'attente s'éternise, Alice ne vient pas.
Le temps s'étire, les serveurs passent et les souvenirs ressurgissent. Louise a vécu jusqu'à ses huit ans auprès de sa mère, une enfance où elle était une petite fille chahutée par une fantasque, inconstante et sublime maman. Entre adoration et colère, Louise dresse le portrait d'une cohabitation chaotique et blessante...
Heureusement, la jeune-fille est aujourd'hui étudiante et sourit enfin à la vie, et à cet Adrien si beau qui pourrait devenir une histoire, un rendez-vous réussi, lui.

Encore une fois, ce roman a été un joli moment de lecture, sensible, fondateur de l'oeuvre à venir, moins dense peut-être, dans un sens traité plus légèrement. J'ai retrouvé quelques moments évoqués depuis dans ses autres romans, sous un autre angle. Justine Lévy pratique l'autofiction avec une grande grâce et beaucoup de talent. Dans Mauvaise fille - sans conteste mon préféré - elle revient à nouveau sur cette relation maternelle compliquée alors que l'une lutte contre le cancer et que l'autre s'apprête à donner la vie.

"Maman, ma maman, mon anti-modèle absolu. Voilà. C'est comme ça. C'est là que nous en sommes.
Je pourrais t'expliquer mieux, aller plus avant dans la dette et la rancune. Mais à quoi bon ? Pourquoi revenir sur le mal que tu m'as fait et sur ce que, sans le vouloir non plus, tu m'as donné ? Tout cela est si loin."

Editions Pocket - 5.20€ - Septembre 2011 pour cette couverture et Décembre 1997 pour la précédente édition

Midola a aimé  

7 juillet 2012

Retour de bibliothèque

... et une occasion pour moi de vous présenter les collections préférées de mes enfants !!
Ces petits livres sont à chaque passage presque certains d'être dans le panier.

 

BIBLIO

Tandis que grande fille (10 ans) ne jure que par les Max et Lili de chez Calligram - une manière pour elle de comprendre un peu mieux la vie, enfin je suppose - petit dernier (7 ans) est fan des Sciences naturelles de Tatsu Nagata chez Seuil Jeunesse, qui allient avec brio humour et connaissance - à force les animaux les plus divers n'ont plus de secrets pour lui.

Bon week-end !

26 août 2012

Les Lisières, Olivier Adam

leslisieres"Qu'est-ce qui me poussait à toujours imaginer les gens rongés par l'ennui, usés par le quotidien, blessés d'être ainsi réduits, leurs vies tenant dans des boîtes à gants ? Pourquoi voulais-je donc toujours que tout le monde soit malheureux, dépressif, usé, à contresens de son être profond ? Moi qui au fond n'avais jamais été apte à quoi que ce soit. Qui avais tout déserté. Qui me réfugiait dans l'écriture pour vivre, sentir, goûter chaque chose, chaque heure comme elle disait. Moi qui était incapable de saisir la vie dans sa plus simple expression, d'en prendre possession, d'y être présent."

Paul Steiner est tout juste séparé de sa femme, et malgré la présence de l'Océan devant les fenêtres de son appartement, la situation lui pèse, ses enfants lui manquent. Il monte quelques jours en région parisienne afin d'aider ses parents. Sa mère vient de se faire opérer et son frère s'inquiète de ses quelques absences. Retrouver ainsi le lieu de son enfance, cet environnement où il lui semble avoir été si malheureux, enfermé, étouffé, est un supplice en même temps que le début d'une quête salvatrice. Quelques vingt ans plus tard, c'est la cartographie d'un passé qui se recrée devant ses yeux mettant à jour les failles sociales, les différences et les difficultés de cette classe moyenne reléguée en banlieue, oubliée en lisière...

J'avais été moyennement touchée par Le coeur régulier, le dernier roman d'Olivier Adam. Cependant, je partais confiante vers celui-ci, forte de mon souvenir Des vents contraires. Et j'avais raison de faire confiance car je viens de passer en compagnie de ce roman un très beau et fort moment de lecture.

Pourtant, le personnage de Paul Steiner est loin d'être pleinement sympathique, car ses prises de position sont évidentes et sans appel, trop tranchées, son attitude souvent égoïste et détachée.
Ce qui m'a plu ici est la sincérité des phrases, ce style qui semble s'être véritablement lâché, plus ample, moins facile, moins commercial.
Et comme le fait Annie Ernaux dans Les Années, il est agréable de lire l'actualité dernière le regard d'un auteur, ici la montée du FN avant les élections, le drame du tsunami au Japon, etc... Il est évident qu'Olivier Adam se cache à peine derrière son double de papier, auteur à succès comme lui, confrère - ou presque - de Nothomb en cette rentrée.
Et puis, bon, soyons honnêtes, de nombreuses réflexions m'ont touché en plein coeur. La relation que cet homme de quarante ans entretient avec les siens fait écho. A l'heure de certains bilans, rien n'est vraiment comme on l'aurait voulu, les autres ont bougé à côté de nous, en parallèle, vécu leurs vies, leurs bonheurs et leurs douleurs. Et, comme l'a dit si bien Jeanne Benammeur lors d'une rencontre, on a que deux bras pour entourer les gens que l'on aime...

Une lecture dont la grande qualité est de ne pas être lumineuse et simple, mais dérangeante, obscure, désagréable, et au final assez grandiose. Ah, et j'aime ça aussi. Encore un coup de coeur de rentrée !!

Editions Flammarion - 21€ - Août 2012 - coup de coeur !

En complet accord avec le superbe billet de Enfinlivre - Mimi est également convaincue - Clara est plus réservée

challenge2012

 

 

 

 Challenge 1% rentrée littéraire 2012 : 2/7
(clic sur le logo pour plus de détails)

 

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Les lectures d'Antigone ...
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  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
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