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Les lectures d'Antigone ...
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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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23 janvier 2014

Mauvais genre, Chloé Cruchaudet

 

mauvaisgenre

"Ce qui compte, c'est que je vais pouvoir sortir, aller cueillir des violettes au bois... Tu sens le printemps qui arrive ?
- Paul... une robe ça suffit pas."

Paul et Louise se plaisent, s'aiment, mais la Première Guerre mondiale éclate. Alors, les deux tourtereaux se marient en urgence, et Paul part sur le front. Convaincu qu'il doit échapper à l'enfer des tranchées, il devient déserteur. Risquant la mort, caché dans une chambre d'hôtel près de sa dulcinée, lui vient soudain l'idée de se travestir en femme. Le déguisement est efficace, Paul se prend au jeu. Désormais, il sera Suzanne. Mais le couple va plus loin et dépasse tous les interdits, jusqu'au drame...

Mauvais genre est une histoire inspirée de faits réels. La quatrième de couverture est d'ailleurs illustrée par la photographie d'un homme travesti. Et j'ai été à la fois bluffée par la grande qualité de cette BD, et aussi troublée par la crudité de certaines scènes, marquantes. Comme dans Le bleu est une couleur chaude, ici c'est le rouge qui s'étire de case en case, l'indice fort d'une féminité qui s'affirme et s'expose. Les dessins sont à la fois légers et fluides, puis glauques lorsqu'il s'agit d'évoquer les horreurs et les traumatismes de la guerre, les disputes conjugales, la dérive d'un couple qui se perd. 
Une BD coup de coeur !! Une véritable claque. Vous êtes prévenus.

Editions Delcourt/Mirages - 18.95€ - Septembre 2013 - Merci ma bibli !!

Noté chez Stephie qui vous renverra vers plein d'autres lectures [clic]

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12 janvier 2014

Le russe aime les bouleaux, Olga Grjasnowa

 

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"J'imaginais qu'Elischa était allongé à côté de moi. Je tendrais la main vers lui et il serait là, de son côté du lit, les genoux repliés et les cheveux ébouriffés. Je me pencherais au-dessus de lui et lui dirais bonjour. Sa barbe gratterait. Je le toucherais. Son corps serait chaud. Je le serrerais contre moi et ne le lâcherais plus. Puis il me repousserait, se lèverait, irait à la salle de bains, se recoucherait peut-être encore un petit peu avec moi. Il porterait des vêtements qui n'iraient pas ensemble et je le taquinerais. Les draps avaient encore un peu son odeur, je portais ses affaires pour dormir. Ce n'était qu'au matin que je commençais à le chercher dans le lit et que je me souvenais."

Mascha est le fruit d'une génération cosmopolite, une jeune fille juive qui vit en allemagne, et parle mieux l'arabe littéraire que l'hébreu. Sa famille a autrefois fuit l'Azerbaïdjan et les massacres. Elle conserve au creux de sa mémoire des images fortes de cette époque, qui parfois la hantent dans ses cauchemars. Pour autant, son quotidien se limite à Elias, son petit ami, et les murs de leur appartement. Alors, lorsqu'Elias meurt subitement, des suites néfastes d'une blessure mal guérie, Mascha vit de nouveau au milieu des fantômes. Elle décide de partir en Israël, en quête d'un "chez soi", d'une petite place au soleil...

Ce titre est pour moi un presque coup de coeur de lecture. J'ai aimé lire ce roman tout en délicatesse... Je me rends compte qu'une certaine sensibilité d'écriture allemande me touche beaucoup. A l'instar de ce que peut faire par exemple Katharina Hagena [clic]. Les personnages de cette histoire passent beaucoup de temps au lit, laissent traîner partout des miettes de leur petit-déjeuner, accordent une place privilégiée à la camaraderie, à l'amour, n'hésitent pas à voyager, à se donner des rendez-vous improbables, à faire confiance, à aller au bout du bout de leurs douleurs... Et puis, entre les pages de ce roman, se glisse aussi l'incompréhensible Israël. Et tant de silences, de manque et d'absences. 

Editions Les escales - 20.90€ - 9 janvier 2014

8 janvier 2014

Quatre soeurs T2 Hortense ~ Malika Ferdjoukh et Cati Baur

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"C'est quoi une maison sous l'influence du feng shui ?

- Imagine la vill'Hervé avec le linge lavé, plié, rangé, la vaisselle étincelante... la vieille horloge jetée, le tableau de faisans morts de tante Lucrèce à la poubelle... les bouquins pas emplilés par terre mais rangés. Voilà. On serait peut-être, je dis bien peut-être sous l'influence du feng shui."

Hortense a 11 ans. Elle est plutôt timide et passe sa vie le nez dans les livres ou dans son journal intime. Elle vit avec ses quatre soeurs, toutes différentes. Ses parents sont décédés et depuis c'est sa soeur aînée, Charlie, qui prend la famille en charge. Un jour elle rencontre Muguette, une jeune fille malade, qui l'incite à aller vers le théâtre. C'est une révélation pour Hortense !! Mais comment vaincre sa terrible peur ?
Pendant ce temps, Bettina, repousse un garçon puis se rend compte qu'elle en est à son insu follement tombée amoureuse... Que faire pour rattraper, pour ravaler, tout ce qu'elle lui a déjà malencontreusement dit ? Elle le trouvait si laid.

quatresoeurs1

Et bien voici avec cette lecture - une BD -, le deuxième tome d'une série, mon premier coup de coeur de l'année !!
Je ne connaissais pas la version roman éponyme et jeunesse des Quatre soeurs. C'est donc en toute innocence que j'ai ouvert cet album qui a été réellement un délicieux moment...
J'ai aimé cette famille bigarrée, son histoire, mais également la mise en page, la dynamique des cases et des dessins, le choix judicieux du texte écrit soit en bulle ou en légende.
J'ai très très envie de me procurer les autres tomes... Enid (le tome 1) est déjà sorti le 5 janvier.

Editions Rue de Sèvres - 14€ - 8 janvier 2014

3 janvier 2014

Deux petites déceptions de 2013...

lasagessedesanciens

La sagesse des anciens - Un livre idéal à priori pour Monsieur Antigone, féru de ce type d'ouvrages.

On y trouve ici des grands textes de maîtres tels que Bouddha, Confucius, Lao-Tseu, Rumi, etc... Autant les textes choisis ont été appréciés pour leur poésie et leur originalité, que les anecdotes personnelles des auteurs de l'anthologie et les conseils prodigués en fin de chapitre un peu moins. Dommage.

Editions J'ai lu - 6.70€ - Août 2013

 

Les illusions d'optique - Un livre idéal encore à priori pour mes enfants...

lesillusionsdoptiqueIci, malheureusement, les miens ont trouvé très peu d'illusions d'optique à contempler, mais beaucoup d'idées de défi à faire, à l'extérieur et/ou plus tard avec du matériel. Ce type d'albums emporte très peu l'adhésion chez moi. Le fait que le concept ne soit pas à effet immédiat y est pour beaucoup. A prendre plus sans doute comme boîte de jeux (type petit scientifique) que comme livre.

Editions Tourbillon - 14.95 € - Novembre 2013

 

2 novembre 2013

Vents dominants ~ Wauters et Chapron (BD)

ventsdominants

" [...] si tu n'arrives pas à être plus tolérant, sois plus hypocrite !
Tu verras c'est moins fatigant !

Prends plus de bon temps et accepte qu'on t'aide un peu...
S'il te plaît."

François, sa femme et ses deux enfants, arrivent comme chaque année dans la maison de ses parents pour des vacances au bord de la mer. Son frère est là également, avec sa femme et leur fils. Il est celui qui a réussi, vers qui semble se concentrer toute l'admiration parentale. François est nerveux, irritable et désagréable. L'ambiance tourne souvent à l'orage et la tension est palpable. Tous ne se voient qu'une fois par an et c'est l'occasion de passer de bons moments en famille et de se remémorer des souvenirs d'enfance, mais ce n'est pas si simple...

J'avais noté depuis très longtemps cette BD que j'ai déniché en bibliothèque tout à l'heure et tout de suite dévorée. Elle parle très bien de ces retrouvailles familiales, qui quand elles sont rares et occasionnelles peuvent se passer ainsi, dans l'urgence de profiter des uns et des autres et éventuellement dans la rancoeur. Le malaise est là, les non-dits, et chacun semble ignorer la vie de l'autre, ou s'en faire une fausse idée... 
Un album au ton juste, et aux dessins en noir et blanc, simples et expressifs, très réussis. J'ai beaucoup aimé.


Editions Sarbacane - 16.50€ - 2009 - Merci ma bibli !!

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5 décembre 2012

C'est tout de même bien joli...

... ce que l'on peut faire avec du simple papier. Un lien trouvé sur le site Omyage Blogs.

mitaines

http://sarahlouisematthews.blogspot.co.uk/

Sinon, en ce moment, je suis en pleine lecture de A défaut d'Amérique de Carole Zalberg et c'est assez plaisant. Je pioche quelques pages quand le quotidien m'en laisse le temps, pas assez à mon goût.
Le temps file à toute vitesse, pfiou. C'est un quotidien de pré-fête dont je profite plutôt sereinement cette année alors tout va bien !!

12 janvier 2013

Savoir où chercher l'Océan...

décembre2012 027

En ce moment, à la maison, nous sommes toujours très portés sur les oiseaux, qui sont de plus en plus nombreux à visiter notre jardin. J'ai fait le plein de boules de graisse tout à l'heure. J'ai une préférence marquée pour les mésanges qui sont ravissantes et gracieuses, j'ai crains un temps qu'elles ne viennent plus se poser chez nous à cause des grosses grives voraces qui prenaient facilement toute la place. Le spectacle est permanent et addictif, je ne pensais pas y prendre autant de plaisir quand j'ai regardé d'un oeil dubitatif M Antigone accrocher un peu partout des cages, des mangeoires et des échelles de fortune en Novembre. 
Le livre lu précédemment, Freedom, met à l'honneur la préservation et l'amour des oiseaux, nous restons dans le thème... Bon bref, tout cela pour oublier la semaine un peu rude qui vient heureusement de se terminer et repartir d'un bon pied.

Bon week-end ! 

9 décembre 2012

A défaut d'Amérique, Carole Zalberg

adefautdamerique"C'est très récent. Après toutes ces années de violent corps à corps avec ma lignée, d'un rejet si ardent que c'était une passion, j'ai réalisé il y a peu que je pouvais enfin faire un pas de côté ; regarder - comme du bord de la route une procession, avec cette même curiosité vaguement solennelle - le chemin de ces femmes auxquelles j'avais tremblé de ressembler."

Deux familles, très différentes l'une de l'autre, ont filé le fil de leur vie de chaque côté de l'Atlantique et c'est par le regard et le témoignage de Suzan et de Fleur, leur descendantes, qu'elles vont revivre de nouveau sous nos yeux leur histoire.
Stanley l'américain est tombé amoureux d'Adèle à Paris lors de la libération. Adèle n'était pas libre, mariée et amoureuse de son Louis. Alors Stanley a épousé la mère de Suzan de retour au pays et a fait fortune, ignorant tout des renoncements secrets de son épouse et des blessures intimes de sa fille.
Adèle accoure lorsque dans ses vieux jours elle reçoit l'appel de Suzan qui lui demande de venir rendre visite à son père, veuf depuis peu. L'Amérique, enfin, depuis qu'elle en rêvait ! Mais rien ne fonctionne, et l'amertume prend finalement le pas sur les souvenirs factices. En France, Adèle a marqué d'une empreinte forte ses enfants et ses petits enfants, distribuant son amour de manière désordonnée, créant ainsi une lignée en morceaux dont Fleur se sent tout à coup la dépositaire...

J'ai aimé dans ce livre beaucoup de petites choses précieuses qui ont contribué à étirer ma lecture, le ton désinvolte de l'écriture tout d'abord, mais aussi la manière de l'auteure de nous retourner comme une crêpe au fil des pages, et puis le lien douloureux et compliqué qui unit les femmes de ce roman. Carole Zalberg m'a surprise, émue, étonnée, happée par une histoire qui met en scène l'exil juif de l'entre deux guerre et la difficulté d'être, tout simplement.
Ce petit livre remet en cause les a-priori de départ, parle d'engagement, fonctionne mine de rien, et est véritablement une lecture à tenter !

Editions Actes Sud - 18.50€ - Février 2012 - Merci ma bibli !!

http://carolezalberg.com/ - Je l'avais noté chez Lucie !

31 octobre 2012

Ferme les yeux, Amanda Eyre Ward

fermelesyeux"J'ai le sentiment bizarre d'avoir laissé quelque chose, ou quelqu'un, sur le divan de Jane Stafford. Une petite fille. Une poupée. Une part de moi-même, ou quelque chose d'aussi impalpable."

Lauren a la trentaine, et alors que son frère Alex part en Irak elle est contrainte de regarder enfin dans les yeux le traumatisme de son enfance. Il y a des années, son père a été condamné à la prison pour le meurtre de leur mère. Les enfants dormaient dans une cabane au fond du jardin et leurs parents étaient seuls à la maison. Son frère est pourtant persuadé de l'innocence de ce dernier et est toujours resté en contact avec lui. Lauren lutte sans cesse contre des crises de panique alarmantes et un épais brouillard qui l'empêche d'accéder aux évènements de cette fameuse nuit. De plus, elle apprend soudain la disparition de son frère dans une explosion, sur le lieu où il exerçait ses activités auprès de Médecins sans Frontières. Gerry, son fiancé, la presse de réagir et de reprendre l'enquête d'Alex.

Il est précisé en quatrième de couverture que ce roman a été courronné par le Grand Prix des Lectrices de ELLE USA, et je dois dire que j'en ai beaucoup aimé la lecture. La personnalité de Lauren, qui se bat contre elle-même et pour se souvenir, est très attachante et m'a beaucoup touchée.
Bien que l'énigme soit assez convenue, les pages se tournent avec frénésie et envie, celle de savoir si l'apaisement est au bout de la route pour chacun...
Une lecture délicate et très prenante.

Editions Buchet Chastel - 20 € - Mars 2012 - Merci ma bibli !!

Clara a adoré !!

5 septembre 2012

Ordalie, Cécile Ladjali

ordalie"[...] rien de la douleur des autres ne me touchait. J'étais absolument incapable de compassion. Je me protégeais de l'agression que je pressentais toujours dans le malheur, la souffrance et la mort, en me construisant une thébaïde d'indifférence. J'étais moi aussi toujours seul et sans doute n'avais-je encore jamais aimé quiconque sincèrement. Mon ingratitude face à la vie ne me pesait en rien. Je cultivais une passion morbide et sale pour ma cousine, je développais mes clichés dans la cave autrichienne d'un ancien nazi, je filmais des visages qui me ramenaient à mon propre bonheur sans qu'aucun de leurs rictus ne m'atteignît. J'évoluais sur l'océan constrasté que créait mon heureuse indifférence, surnageant au-dessus d'un monde à l'agonie. Et je n'en recueillais pas même une éclaboussure."

Orphelin, Zak est receuilli par son oncle et sa tante. Il passe son adolescence en leur compagnie en Autriche, alors que l'allemagne se relève difficilement de l'après-guerre. Il est à ce moment-là amoureux de sa cousine Ilse, une jeune-fille attirée par la philosophie. Mais elle lui présente son amant, un poète d'origine juive, rescapé de l'holocauste, Lenz, un jeune-homme plein d'avenir que Zak n'aura de cesse de détester en silence. La relation amoureuse entre les deux amants, Lenz et Ilse, sera aussi tumultueuse et riche, que destructrice. Zak restera malgré tout fidèle à ses sentiments pour sa talentueuse cousine, se révélera dans l'art photographique, et nous emmènera en quête de ses démons jusque dans les quartiers littéraires de Paris...

Forte de ma lecture récente d'Aral, je me suis mise à fouiller dans ma PAL à la recherche d'un autre titre de l'auteure et j'ai trouvé celui-ci, que j'avais déniché en bouquinerie il y a quelques temps. J'ai cependant été beaucoup moins séduite par cette lecture, sincèrement. Pourtant, l'écriture de Cécile Ladjali y est toujours aussi belle et irrésistible.
J'ai simplement été moins touchée par le thème et les personnages. Dans ce roman, se mêlent romantisme, histoire de la littérature et ambiance gothique. De nombreuses allusions et références m'ont clairement échappées, et voilà ce qui m'a sans doute déplu aussi, en plus de l'antipathie profonde que j'ai ressenti tout du long pour le narrateur. Dans ses sources, Cécile Ladjali évoque une allusion forte et des extraits empruntés à l'oeuvre d'Ingeborg Bachmann et de Paul Celan, et comme je ne les connais pas du tout...

Une lecture qui a, malgré mes réserves, encore une fois la qualité de brosser l'histoire avec un grand H en même temps que les petites histoires de ses protagonistes de papier.

Editions Actes Sud - 18.30€ - Août 2009 

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Mango a trop détesté Zak et est restée en retrait du couple - Lilly recommandait chaudement lors de la rentrée littéraire 2009 - une impression en demi-teinte pour Stephie qui souligne malgré tout la qualité de l'écriture - ...

13 août 2012

Lambeaux, Charles Juliet

lambeaux"Le sentiment de ne rien valoir, de n'être rien, de n'avoir rien à espérer. Et mêlée à ce sentiment, la vague sensation qu'une plainte cherche à se faire entendre. Une plainte, ou un cri, ou bien encore une toute simple parole qui dirait la fatigue, le non-sens d'avoir à subir une vie qui se refuse, la désespérance de celui que ronge la nostalgie du pays natal et qui sait ne pas pouvoir le retrouver.
Après avoir couvert un certain chemin, tu te rends compte que ton besoin d'écrire est subordonné à un besoin de connaissance, que tu veux moins enfanter des livres que partir à la découverte de toi-même.
Plus tard, tu découvres cette autre évidence : puisque tu ne t'aimes pas, il t'appartient de te transformer, te recréer. Une certaine exigence t'habite. Elle te soutiendra, te guidera, te fournira la petite lumière qui te permettra de te frayer un sentier dans la nuit."

Dans ce livre, Charles Juliet a voulu faire revivre ses deux mères, celle qui lui a donné la vie et celle qui l'a élevé. Pour la première, il a les mots de la compréhension, de ce qu'il a perçu de semblable en lui. Cette jeune-femme, paysanne, après une enfance au service de sa famille a connu un drame amoureux puis s'est mariée et a sombré, avec les maternités, dans la solitude et la dépression. Elle est morte en internement, de faim, pendant la seconde guerre mondiale. Le narrateur est le dernier enfant de cette femme, un bébé lors de son départ, il sera élevé par un autre couple, et pour sa deuxième mère il a les mots de l'amour...

On me conseillait depuis longtemps ce titre, qui est effectivement très beau. Charles Juliet n'a pu écrire tout de suite Lambeaux tant il était douloureux pour lui de faire revivre ainsi ses fantômes.

"Si tu parviens un jour à le mener à terme, il sera la preuve que tu as réussi à t'affranchir de ton histoire, à gagner ton autonomie."

J'ai été remuée, révoltée par ce qui arrive à la mère de l'auteure, une vie flouée. J'ai puisé ça et là quelques précieuses phrases.
Une lecture qui confirme encore une fois le pouvoir salvateur de l'écriture.

Editions Folio - 5.95€ - Avril 1997

Quelques autres lectures sur Babélio

 

3 juillet 2012

Avoir une fille

... et lui apprendre à tricoter, tout simplement parce qu'elle souhaite habiller une poupée dépourvue de pantalon.
Rester étonnée de son plaisir, et de ma propre capacité à transmettre quelque chose que je pensais perdu.
Quelle jeune-fille a donc encore envie d'apprendre cela de nos jours ?

TRICOT 001

Lui faire aussi découvrir Dirty Dancing hier soir, et me rendre compte que les films cultes et kitchs ne vieillissent pas, et puis que je n'ai plus de bébé à la maison. Grande fille rentre en sixième à la rentrée.

30 juin 2012

Hôtel des adieux, Brad Kessler

hôteldesadieux"Ana voulait sentir l'eau sur son visage. Elle se dirigea vers l'endroit où les rochers, plus lisses, retenaient des flaques d'eau de mer, d'un vert de liquide de refroidissement. Des membres de la police montée étaient postés tous les dix mètres pour empêcher les gens de rejoindre le bord des rochers. Un ruban jaune avait été tendu le long de la mer elle-même. Tout l'Atlantique, songea Ana, était devenu le lieu d'un crime."

Alors que la fin de l'été s'annonce sur l'île de Trachis Island, un avion sombre près de ses côtes. Kevin et Douglas, gérants d'un hôtel, sont aux premières loges. Ils participent aux secours et accueillent les familles des victimes en lieu et place des touristes partis quelques jours plus tôt. L'évènement bouleverse profondément la vie de l'île. Et les proches des disparus trouvent dans cet havre de paix bien plus qu'un lieu de mémoire, le courage d'un nouveau départ. Ana, spécialiste de la migration des oiseaux, attend que l'on retrouve le corps de Russell son mari, tandis que les autres restent tétanisés de cette perte si absurde et brutale qu'est celle d'une fille, d'une nièce, d'un père et d'une mère, d'un amour de toujours.

Hôtel des adieux nous conte l'histoire d'un crash aérien, mais pas seulement. Il met également en scène notre capacité à survivre à la perte, au deuil, à la mémoire. La métaphore filée tout au long du récit est celle de la migration des oiseaux, via le personnage d'Ana -personnage auquel on s'attache essentiellement - et cela donne au texte une poésie subtile, tout en remettant l'être humain à sa place, un être vivant parmi d'autres.
Une lecture, à la fois profonde et légère, qui m'a pourtant laissée comme un goût de pas assez.

Editions 10/18 - 8.10€ - Juillet 2011 

 

16 mai 2012

Je voulais te dire, Louisa Young

jevoulaistedire"Et mes motivations à moi ? Ah, oui, échapper à la grande honte d'avoir reçu une éducation particulière de la part d'un garçon. Permettre à Mr et Mrs Waveney de refuser à leur fille l'homme qu'elle aime. Prouver que j'étais un homme, alors que ce n'était clairement pas le cas. Bon Dieu, quelles raisons de se vautrer dans le sang et la souffrance ! Et quelle est ma motivation maintenant ? Faire mon possible pour aider les gars à ne pas devenir fous et gagner la guerre..."

Riley a eu la chance de bénéficier très jeune d'une éducation assez éloignée de son milieu d'origine. Un artiste l'a pris sous son aile et en a fait son aide. Mais ce qui l'instruit d'un côté va le détruire d'un autre. Jamais il ne pourra épouser celle dont il est l'ami depuis sa plus tendre enfance, l'autre élève de Sir Alfred, Nadine. C'est alors qu'éclate la première guerre mondiale. Riley s'engage, pensant oublier là-bas ce qui les éloigne. Il y trouvera bien plus, en passant trois ans dans les tranchées de Flandres, et y perdra une partie de son visage. A son retour en Angleterre, voulant épargner Nadine, il fera tout pour la repousser, sans qu'elle puisse connaître la vérité. Elle partira alors vers la France en tant qu'infirmière, en colère et bouleversée, ignorant tout de la gravité des blessures de celui qu'elle aime.

Voici un roman qui m'a largement tenue en haleine. Les personnages sont attachants et l'histoire originale. Je voulais te dire est de ces opus qui savent nous raconter des histoires, sans grandes figures de style. Ce livre ferait certainement un très bon film.
C'est à la fin d'un monde auquel on assiste dans ces pages. Et les désillusions sont grandes, les remises en question nécessaires. La vie est soudain reconnue comme fragile et précieuse, et à vivre plus intensément, en vérité. J'ai aimé les diverses réflexions qui parcourent le livre, elles donnent un sel évident à l'intrigue, renforcant également la matière des protagonistes.
Il est assez rare par ailleurs que soit évoqué de manière romanesque ces gueules cassées de 14-18 dont l'image est toujours si terrible à imaginer. Les chirurgiens plastiques de l'époque accomplissaient leurs premiers pas, des miracles techniques et humains sur lesquels Louisa Young revient longuement et avec justesse.

Une lecture sur la guerre et ses absurdités, qui a par ailleurs la grande force de donner foi en l'amour et en l'humanité. N'hésitez pas à l'ouvrir ! Il s'en est fallu de peu que je le rajoute à mes coups de coeur !

Editions Baker Street - 21.50€ - mai 2012 

8 mai 2012

Stoner, John Williams

stoner"Cet amour de la littérature, de la langue, du verbe, tous ces grands mystères de l'esprit et du coeur qui jaillissaient soudain au détour d'une page, ces combinaisons mystérieuses et toujours surprenantes de lettres et de mots enchâssés là, dans la plus froide et la plus noire des encres, et pourtant si vivants, cette passion dont il s'était toujours défendu comme si elle était illicite et dangereuse, il commença à l'afficher, prudemment d'abord, ensuite avec un peu plus d'audace et enfin... fièrement."

William Stoner est né pauvre, dans une modeste ferme du Missouri, à la fin du XIXème siècle. Il suit alors ses études avec application mais ne doute pas que son destin soit de continuer à aider plus tard ses parents à tirer de cette terre ingrate de maigres fruits. Contre toutes attentes, et suivant ainsi les conseils du conseiller rural du village, ces derniers l'incitent à s'inscrire à l'université afin d'obtenir un diplôme en agronomie. Mais c'est vers la littérature que Stoner se dirigera finalement, et d'amitié en soutiens, se retrouvera finalement professeur dans cette université qui lui semblera très vite être son havre, son refuge, le centre de tout. Car Stoner ne trouvera par ailleurs guère de plaisir dans son mariage avec Edith, une jeune femme éthérée, hystérique et fragile, ni avec sa fille Grace, que sa mère n'aura de cesse de malmener...

Il faut dire avant tout - et puis vite oublier - que ce roman est paru pour la première fois en 1965 puis traduit dernièrement par Anna Gavalda. Car, en premier lieu, il est évident que ce roman est très moderne et, en deuxième lieu, bien éloigné de l'univers habituel de la traductrice, quoique magnifiquement traduit (dans la limite de ce que je suis capable de juger, bien entendu). On pense aussi à l'univers de David Lodge en lisant les premiers chapitres, mais John Williams évite heureusement toute caricature alors on fait fie de toutes références et on apprécie.
J'ai beaucoup aimé ce roman, suivre William Stoner de son enfance à sa mort. Voici un personnage très en retrait, anti-héros par excellence, qui observe le monde avec recul, les deux guerres qui ont embrasé le siècle dernier, et se plonge avec fougue et enthousiasme dans la littérature et l'enseignement. Il connaîtra aussi quelques désillusions, rancoeurs et outrages, mais également l'amour avec un grand A. Un personnage complet qui m'a rappelé quelques vieux professeurs rencontrés autrefois à la Fac.
Une lecture en forme de bain de jouvence donc, mais aussi un hymne à la littérature qui ne m'a pas laissée indifférente, un coup de coeur ! (et oui encore !)

 heart  Editions Le Dilettante - 25€ - 27 Août 2011 - Merci ma Bibli !!!

D'autres lectures aussi enthousiastes... Laure et Théoma (même extrait cité d'ailleurs)
Je l'avais noté en tout premier chez Cuné !!

28 février 2012

Auprès de moi toujours... en DVD

Adaptation cinématographique du livre éponyme de Kazuo Ishiguro (mars 2006, éditions des deux terres), ce film relate l'histoire d'une bande d'enfants, élevés dans un pensionnat de la campagne anglaise dans les années 80. Ils découvrent un beau jour le secret qui va guider leur avenir, et leur rôle réel dans la société qui les entoure.
Un film d'anticipation bluffant et esthétiquement parfait, qui allie avec art angoisse et poésie. La naïveté et la grâce des premières images ne préparant pas au drame qui attend au final Kath, Ruth et Tommy. Bizarrement, le texte écrit ne me disait rien. Le hasard a voulu que je découvre la version filmée en premier. Je ne regrette pas et je conseille sans réserves.

auprès de moi toujours


NEVER LET ME GO : BANDE-ANNONCE VF HD

Un DVD sorti en Août 2011

4 décembre 2011

Tout passe, Bernard Comment

tout passe"Que reste-t-il d'une vie ? Qu'est-ce qui, une fois éliminés les parce que quoique donc en effet néanmoins, reste d'une vie ? De la subtile tessiture d'une vie ? Très peu de choses. Quelques moments forts, trois, quatre, cinq. Vingt peut-être, dans les existences trépidantes. On vit, au jour le jour, dans l'exagération des petits évènements, j'ai fait ceci, pas fait cela, et telle démarche à entreprendre, et du retard à rattraper, des urgences à résoudre, des engagements à honorer, mais au décompte final, rien ou si peu de toutes ces années, et même décennies, qui restera."

Dans les nouvelles de Tout passe, le temps s'est arrêté, et le passé n'est plus qu'un agrégat d'évènements parfois indécents souvent révolus qui n'ont pas prise sur un présent aujourd'hui vide de sens. Les personnages de Bernard Comment sont plus ou moins âgés, ont eu des enfants, des amours, la passion du livre, ou connu le succès, mais peu importe... à l'heure où l'auteur écrit ces lignes qui cloueront pour toujours leur destin plus rien ne compte que l'état de flottement dans lequel ils se retrouvent.

Voici un livre dont j'attendais beaucoup, j'aime les nouvelles, et puis il a eu un prix ayant déjà récompensé des auteurs aimés. Pourtant, malgré ses qualités littéraires évidentes, je dois avouer qu'il m'a au final un peu déçue. J'en ai apprécié l'écriture, très fine, mais moins cette ambiance déprimante, sombre et fataliste, qui parcourt les divers petits récits. De plus, et même si il est agréable que pour une fois une nouvelle ne présente pas sa chute en dernière phrase de façon systématique, quelques indices supplémentaires à l'intrigue m'auraient parfois permis de simplement comprendre... loin du dénouement obscur et esquivé qui nous est souvent présenté. Zut et flûte. Vous y trouverez cependant, pour les adeptes, de bien jolies ambiances glauques et solitaires, et des rideaux démodés tirés sur des meurtres silencieux.

Christian Bourgeois éditeur - 13€ - Avril 2011 - Merci ma bibli !!

(Prix Goncourt de la nouvelle 2011)

Une tentation contractée sur le blog de Enfin livre 

16 novembre 2013

En cours de lecture... "Le début de la fiction"

"Quand on ne voit plus sa famille ou quand elle a disparu corps et biens, alors ce qui pose problème c'est la façon dont on raconte l'histoire, la vilaire soeur, ce qui est ajouté, ce qui est soustrait, la façon dont je vis l'histoire, différente de celle dont ma soeur l'a vécue ou ma mère ou mon père, chacun de nous a une version de l'affaire, et ces versions n'ont aucun point d'achoppement, elles ne se recoupent jamais, et les évènements remémorés ne sont pas les mêmes, les dates ne sont pas les mêmes, alors il faudrait pouvoir confronter ces versions, mais puisque la famille a disparu ou bien qu'elle est muette ou démantibulée cette entreprise est impossible et ma vérité devient mensonge, elle n'est que ce que j'ai pu vivre et ressentir, elle est incomplète et blessante et invérifiable, nos versions sont comme deux ou trois droites parallèles qui jamais ne se rejoignent, raconter ma propre histoire devient un projet si artificiel et si solitaire, l'élaboration a posteriori donne l'impression d'une trajectoire, d'une volonté et d'un désir, mais ce n'est qu'une vue de l'esprit. Les détails m'emmènent toujours plus loin que je ne l'aurais voulu, ils ouvrent des digressions, des parenthèses, des souvenirs, je vois mes poupées russes s'accumuler, elles me submergent, tombent du bureau, c'est la fantasia des poupées russes. Que faire de ces imbrications ? On se voudrait clinique, on devient baroque. Et quand tout s'est calmé, il ne reste que des fragments disjoints, les dalles disjointes du carrelage, et les interstices laissent voir la terre même, la terre battue, sa poussière, sa sécheresse et sa profondeur."

Extrait de La Grâce des brigands de Véronique Ovaldé

Malgré les quelques défauts que je lui trouve, cette lecture (et des extraits comme celui ci-dessus particulièrement) me donne tellement de frissons (au sens propre du terme), me parle tellement... que je ne pourrai que l'affubler prochainement d'un coup de coeur.
Mon billet bientôt.

ovaldeextrait

 

14 avril 2013

En cours de lecture

Nu et pâle, les bras sous la tête

cerf

 

Elle m'a rêvé un soir et je suis sorti.
J'ai longé les arbres et les bancs allongés,
J'ai suivi les rails et les pistes des bois,
J'ai couru dans le noir, je n'ai rien trouvé.
Elle m'a rêvé le jour suivant. Une heure,
J'ai parlé dans une langue inconnue.
J'ai chanté des rois sans planète, délaissés.
J'ai ouvert ma porte aux êtres de brume.
Et je n'ai rien entendu.
Elle m'a rêvé toute une semaine et j'ai tué
Un cerf. J'ai arraché son cœur fumant,
Je l'ai mangé. J'ai peins ma poitrine de
Ses sirupeuses traînées. Je me suis endormi.
Et je ne l'ai pas senti dans ma chair.
Elle m'a rêvé une minute, à l'orée d'une heure.
J'ai claqué dans mes mains, j'ai perdu la tête.
J'ai puisé dans mes souvenirs, j'ai cherché
Mon nom. J'ai oublié mes vieilles terreurs.
Et je ne me suis pas souvenu d'elle.
Elle m'a rêvé les yeux ouverts, elle a dit mon nom.
Je suis devenu un nuage emmargé, j'ai plu des larmes
D'eau douce, d'aquarelle. Des larmes sans pareilles.
J'ai vu son visage.
Doucement, j'ai épelé ton nom.

In Efflorescences de Ismaël Billy - Editions du Menhir - Février 2013

Je vous parlerai de ce recueil de poésies dans son ensemble plus longuement bientôt, mais je suis d'ores et déjà très heureuse de ma lecture. Je ne suis pas à même de juger de la qualité de la forme d'une oeuvre poétique, j'aime de toutes manières qu'elle soit libre. Cependant, je peux vous dire à ce stade de ma découverte que lire Ismaël Billy est extrêment rassurant, il rassure sur la vivacité de la poésie d'aujourd'hui, héritière du passé mais indubitablement moderne.

Je vous rappelle que le dimanche est jour de poésie chez Littér'auteurs, n'hésitez pas à aller lire chez Martine le poème coup de poing d'Albane Gellé qu'elle a décidé de mettre à l'honneur sur son blog [clic].

13 novembre 2011

Encore une belle journée, Annie Saumont

encoreunebellejournée"Ca commence comme d'habitude. On croit que le soleil qui vient de se lever ne se couchera plus. Va monter va tourner, se fixer au sud et n'en plus bouger, énorme et féroce. On enfile les vêtements propres qu'on trouve par miracle posés sur la commode. A la cuisine on boit un verre de lait."

J'avais conservé un souvenir assez ébloui de Gammes, lu en 2009, voilà pourquoi le nom d'Annie Saumont m'a sauté aux yeux dernièrement alors que je furetais dans les nouveautés poches. (Les croissants du dimanche sont eux toujours notés sur ma liste de lecture d'ailleurs, longue comme dix bras...)
Cependant, Encore une belle journée, recueil de 14 nouvelles, n'a pas été la rencontre attendue. Annie Saumont maîtrise l'art de la nouvelle, c'est un fait, mais le mystère qui entoure chaque court récit (pour mieux en préserver la chute, sans doute) n'a souvent été pour moi qu'un long brouillard que la dernière phrase (la chute, donc) n'a pas véritablement à chaque fois éclairci. Quel dommage, car l'écriture d'Annie Saumont est très belle, intelligente, fine et perspicace, pleine de promesses...
J'ai pour autant beaucoup aimé quelques pépites comme Tais-toi ou Pourquoi t'es jamais venu ?  qui ne relèvent malheureusement pas l'ensemble à elles seules.
Allez, malgré cette légère déception, je n'en resterai sans doute pas là avec cette auteure, j'ai repéré quelques autres titres en bibliothèque.

 Editions Pocket - 5.10€ - Juillet 2011

J'ai trouvé un billet sur "Encres vagabondes" qui précise que la plupart des nouvelles présentes dans ce recueil sont des reprises provenant de recueils aujourd'hui introuvables. Il semble que j'ai curieusement préféré les inédites. [Le lien

12 décembre 2011

C'est Noël à la maison !

 noel

Aujourd'hui, je vous montre mon chez moi embelli sur une route tracée par Un autre endroit  hier...
Leiloona se propose elle de recenser nos décos de Noël !
Cette année, nous avions décidé de ne rien acheter de nouveau et de fabriquer nous-même les éléments supplémentaires qui nous faisaient envie... Les blogueuses déco du net sont vraiment généreuses et diffusent largement leurs astuces et des tutos bien pratiques. J'ai, par exemple, découvert le site How About Orange qui dans son billet nous offre aussi quelques idées d'étiquettes cadeaux très chouettes ! 

10 décembre 2011

Camille Laurens

camille laurensComme je vous l'annonçais discrètement en blog-it, j'ai assisté à une rencontre toute en douceur et en finesse hier au soir avec Camille Laurens au sein de ma bibliothèque municipale, conversation animée par Eric Pessan.

Il y a été question bien entendu de la polémique qui l'a mise il y a quelques temps sur le devant de la scène contre Marie Darrieussecq, de la rupture qui en a découlé avec son éditeur des débuts, POL, mais surtout d'écriture... Camille Laurens nous a expliqué combien elle est dans ses livres, sans y être, car pour elle ce sont toujours des romans qu'elle écrit, elle y tient. Il y a ce qu'elle dit, mais également tout ce qu'elle tait et cette part là est plus importante que ce que l'on croit. Car en effet, on l'accuse bien souvent de déballage, mais c'est ce que l'on reproche aussi plus largement à l'autoficition. Camille Laurens a une idée très forte de ce qu'est la littérature, celle du moi en particulier, elle a cité Leiris ou Hervé Guibert. Son passé de professeur de Lettre Modernes y est sans doute aussi pour quelque chose...

J'ai connu pour ma part l'écrivain via Dans ces bras-là qui m'avait beaucoup émue lors de ma période fac, et bien entendu par Philippe, qui m'avait encore plus touchée, évidemment. Difficile pour elle alors quelques années plus tard d'imaginer que l'on puisse faire de ce drame là un thème d'écriture à traiter. Mais bref, n'en parlons plus.

C'est une auteure dont j'aime la musique des mots et dont j'ai envie d'oublier la présence médiatique dont elle même a décidé de jouer, en sortant en novembre 2011 un livre intitulé Les fiancées du diable, enquête sur les femmes terrifiantes, elle qui semble avoir suscité malgré elle la peur sur un plateau de télévision (réflexion d'un autre invité). Cette remarque est à l'origine de ce livre d'art mettant en avant la femme dans ce qu'elle a de plus terrible, Romance nerveuse ayant par ailleurs permis d'exorciser le reste.

Lors de cette rencontre, le point librairie a été dévalisé, je n'ai donc pas pu acheter Romance nerveuse comme je l'espérais, mais je le lirai très certainement, plus tard... Les fiancées du diable, beaucoup plus cher (c'est ce que l'on appelle dans le métier de libraire Un beau livre), semble vraiment intéressant. A suivre... donc.

lesfiancéesdudiable  romancenerveuse

12 octobre 2011

Toxique, Françoise Sagan

TOXIQUE"En été 57, après un accident de voiture, je fus, durant trois mois, la proie de douleurs suffisamment désagréables pour que l'on me donnât quotidiennement un succédanné de la morphine appelé le "875" (Palfium). Au bout de ces trois mois, j'étais suffisamment intoxiquée pour qu'un séjour dans une clinique spécialisée s'imposât. Ce fut un séjour rapide, mais au cours duquel j'écrivis ce journal [...]."

Voici comment nous est présenté ce petit texte, tout simple, de Françoise Sagan, où les mots glissent sans fioritures, plein de ces petits riens qui jalonnent des journées lourdes d'ennui, d'attente et d'intelligence. Les dessins de Bernard Buffet griffent les pages avec audace et noirceur ne laissant aucun doute sur l'état d'esprit de l'auteure dans ces moments de désarroi total, et de perte d'elle-même.

J'ai beaucoup aimé l'esprit qui anime l'écrivain dans ces pages, faites de détermination et de douleur, car on sent combien le courage est là, et la lecture le fil qui sauve.
Un récit qui m'a beaucoup touchée et m'a donné envie de lire bien plus avant une auteure que j'ai longtemps négligée depuis mes lectures adolescentes de Bonjour tristesse ou d'Un Certain sourire.

"Mon coeur bat trop fort ou pas assez."

Editions du Livre de Poche - 5.50€ - Janvier 2011

Clara l'a lu aussi

23 août 2011

Une jeune fille différente, Gérard Glatt

Il y avait la rivière. Après la rivière, la route nationale.

unejeunefillediff_rente"A Alain, lorsque Vivien était parti, Fée racontait toujours son enfance, presque avec obstination. Elle lui disait comment, ce jour où la mort l'avait épargnée, elle avait eu l'impression soudain que tout s'était arrêté. Et lui, il l'écoutait, il enregistrait ce qu'elle lui disait, il s'efforçait de ne rien perdre."

Fée raconte. Son enfance. Et cette mère qui était tant pour les autres, toujours souriante, attentive. Par sa faute, ainsi le pense-t-elle, sa mère a disparu. Depuis les vieilles femmes du village se sont mises à la maudire, elle. Son père et sa grand-mère ont, eux, regardé longtemps ailleurs, luttant contre ce qui en leur esprit lui en voulait encore de cette disparition injuste...
Alors Fée raconte l'enfance, à Alain, comme un remède, et pour qu'il transmette lui-même cette histoire à Vivien, le garçon qu'elle aime, qu'il aime aussi. Vivien et son besoin vif d'écrire. Cette histoire fera un roman, et ce roman elle veut le lui donner, comme un cadeau.

Voici un très joli livre, onirique, qui mérite que l'on prenne le temps de rentrer dans ses pages.
J'ai aimé l'histoire de Fée, cette adolescente craintive, et le brouillard qui entoure sa mémoire. La narration mélange son passé d'enfant et un présent de jeune-fille amoureuse et discrète. Tout cela est assez original et prenant. L'écriture est belle, fine. Lorsque l'on a situé les personnages, attachants, et les époques, le plaisir de lecture est réellement présent et nous emmène bien plus loin qu'on ne le supposait au tout départ. La scène finale est très émouvante et la présence du trio amoureux qui tient l'intrigue générale marque l'esprit de sa cruauté et de ses choix.
Je suis toujours étonnée et admirative de lire ainsi un aussi beau portrait de jeune-fille imaginé par un auteur masculin.

"Fée se disait que tout ça aurait été merveilleux : les vrilles du vent, les arbres, la rivière et la lune en croissant, si le malheur, un jour de printemps, à moins que ce n'eût été au milieu de l'été, n'était survenu par sa faute."

bouton3 Editions Orizons - 15€ - Juillet 2011

Un très grand merci à Gérard Glatt pour sa confiance !! [pour en savoir plus]

7 juillet 2011

Polina, Bastien Vivès

POLINA"Rien ne va !!!
Reprenez la pose.
Ici, le buste doit être droit, on appuie le temps.
Détendez-vous !
C'est la base !
Ne me faites pas regretter, Polina."

Polina est danseuse. Et au sein de l'école de danse dans laquelle elle est élève dès 6 ans, elle est repérée très jeune par un professeur, Bojinski. Il lui donne des cours particuliers, croit en elle. Cependant sa dureté légendaire mettra la jeune fille face à certains choix, comme celui de décider seule plus tard de ce qu'elle souhaite professionnellement pour elle...

La magie opère encore une fois avec ce nouvel opus de Bastien Vivès. Tout est dans un noir et blanc lavé auquel ses strips sur son blog m'avaient habituée. Et quel talent encore, autant dans la manière délicate qui lui est propre de croquer les mouvements que dans la délicatesse de son scénario !! Cependant, les couleurs flamboyantes rencontrées dans Le goût du Chlore ou dans Dans mes yeux m'ont manquées, espérons qu'elles reviennent...

Casterman - 18€ - Mars 2011

polina1

Bellesahi a beaucoup aimé aussi. - Emprunté en médiathèque

Je vous laisse sur ce billet pour une petite semaine... à très bientôt !

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Les lectures d'Antigone ...
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  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
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