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Les lectures d'Antigone ...
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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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9 août 2013

Piochés en bibliothèque

MER 006

Je profite de l'été pour aller vers des lectures qui me tentaient depuis un moment, et je fais ainsi de jolies découvertes... Mais grande paresse oblige, et devant ce qu'il me reste encore à chroniquer, je vous livre aujourd'hui un billet bref et collectif.

Lorsque j'ai ramené ces deux livres chez moi, c'est tout d'abord vers Le bruit des clefs d'Anne Goscinny qu'est allée ma préférence, (sans doute parce que ma fille effectuait au même moment une colo sur le thème de la BD en Belgique ?!). Je connaissais déjà cette collection de chez Nil, surtout depuis la découverte d'un autre titre, L'autre fille d'Annie Ernaux (comment oublier ce livre ?). Pour mémoire, les auteurs sont invités dans cette collection à écrire la lettre qu'ils n'ont jamais écrite. Ici, Anne Goscinny raconte ce moment où elle a appris le décès de son père (le créateur d'Asterix), et comment le bruit d'un seul trousseau de clefs sur un guéridon pouvait tant signifier désormais, après une telle disparition. C'est donc d'une lettre au père qu'il s'agit, pleine d'émotion, de colère et de tendresse... à parcourir avec empathie. [Editions Nil - Sept 2012 - 7.50€]

Blandine Le Callet [La ballade de Lila K] avait parlé avec emphase, lors d'un rendez-vous de La Grande Librairie, de ce projet d'écriture qu'elle menait depuis longtemps autour des inscriptions funéraires, et qui lui avait permis d'arriver finalement à ces Dix rêves de pierre là. Dans ce recueil les épitaphes sont authentiques mais les scènes autour des dernières heures imaginaires. Et même si l'ensemble est plein de charme, et prenant, j'ai eu un sentiment partagé en tournant les dernières pages. Est-ce le procédé qui m'a au final un peu lassé ? Pourtant, j'ai aimé la plupart des destins dressés par l'auteure, souvent romantiques, ancrés dans leur époque, et dont la course folle s'est arrêtée au pied d'une mort soit injuste, violente ou prévisible. A lire avec curiosité. [Editions Stock - Janv 2013 - 18€]

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12 septembre 2013

Giacomo Foscari - Livre 1 - Mari Yamazaki

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giacomofoscari1

 

 

 

 

 

 

"Le monde de nos ancêtres romans est vraiment extraordinaire, tu dois en être fier, Giacomo !"

Mari Yamazaki est connue pour sa série best seller Thermae Romae.
D'origine japonaise, et ayant vécu de nombreuses années en Italie, elle a su mélanger ces deux univers. Comme ici, dans ce premier tome d'une nouvelle saga, qui nous permet de suivre l'évolution d'un personnage au cours du XXème siècle, entre une Italie au bord du fascisme et plus tard le Tokyo intellectuel des années 60.

Giacomo Foscari est un être qui aime abîmer ses pensées dans la contemplation purement intellectuelle de son environnement, et est irrésistiblement attiré par ce qui est éloigné de son milieu bourgeois et aisé. Enfant, il sera séduit par l'intrépidité d'un garçon des rues et par sa beauté. Fasciné par ailleurs par la statue de Mercure que son père lui a légué, il pensera trouver plus tard dans d'autres visages, et notamment dans celui d'un jeune japonais le même éclat troublant, l'identique netteté d'un profil.

Cette BD est incluse dans le tout récent catalogue des éditions Rue de sèvres qui font un travail remarquable. Je les remercie d'ailleurs pour leur partage ! Je suis malheureusement restée opaque à ce manga, ne connaissant pas non plus la précédente série de l'auteure, et je l'avoue peu convaincue par le sujet et le graphisme. Il me manque sans doute quelques codes pour apprécier véritablement ces amalgames entre une culture et une autre, et l'histoire qui en découle. Bref, il faut parfois s'avouer que certains livres ne sont pas fait pour nous. Pourtant, j'avais été très charmée par cette couverture...

Editions Rue de Sèvre - 12.50€ - 11 septembre 2013

Le deuxième tome est prévu pour 2014

Un billet plus enthousiaste et il me semble bien plus connaisseur chez Argoul - La lecture partagée de Stephie - Anne a également peu apprécié cette BD

22 août 2013

Un bonheur insoupçonnable, Gila Lustiger

unbonheurinsoupconnable... Illustrations réalisées par Emma Tissier.

"Les enfants comptèrent sur leurs doigts toutes les âneries des adultes, en commençant par le pouce. Mais, comme il leur arrivait de compter deux fois la même ou d'en oublier une autre, ils prirent une feuille de papier et un crayon et dressèrent une liste par ordre de gravité. Ils obtinrent ainsi 377 âneries comme "perdre de vue ses amis" ou "regarder de haut les plus faibles", 48 demi-âneries comme "ne jamais avoir de temps pour jouer", 24 quarts d'âneries comme "forcer les enfants à manger du brocoli" et une ânerie suprême : la guerre."

Monsieur Grinberg est un homme sérieux qui n'a comme seules faiblesses que de gâter de façon exagérée son chien Holstein et de ne pas trop prêter attention à son entourage... Il ne voit pas par exemple que Mirabella, sa femme de ménage, est depuis longtemps amoureuse de lui, ni que les enfants du quartier l'observent, surtout Mathilde qui n'a pas sa langue dans sa poche. Mais Monsieur Grinbert n'est pas que cet homme grognon que tout le monde connaît, il a été lui aussi un petit garçon qu'un gros chagrin a autrefois fait souffrir. A l'époque, un ami lui avait transmis un remède magique, le "livre des questions".
Ce remède pourrait servir encore aujourd'hui, il s'en rend compte soudain - il serait temps de l'exhumer enfin -, alors que le petit Paul vient de perdre sa grand-mère adorée et que la jeune Juliette ne cesse d'être maltraitée et moquée en raison de sa grande taille.
Car il s'avère souvent d'un réconfort absolu de se rendre compte que l'on partage avec beaucoup des questions sans réponses.

"Toute la journée, il attendit avec impatience de pouvoir continuer la lecture de ce livre où les enfants, depuis des siècles, inscrivaient leur peines et leurs questions. Et de savoir qu'il ne faisait qu'un avec eux, qu'il connaissait leurs voeux les plus secrets et leurs peurs cachées, qu'il prenait part à leur destin, partageait leurs inquiétudes et leurs joies... que tous ces enfants étaient comme lui tantôt courageux, tantôt abattus, qu'ils étaient heureux ou angoissés, justes ou détestables... de savoir que chacun d'eux, chacun de ces enfants soutenait celui qui était dans la peine - car oui, il sentait qu'ils étaient solidaires les uns des autres depuis des siècles -, tout cela éveillait en lui un sentiment de joie insoupçonné. Je ne suis pas  seul, exultait-il, j'ai des amis, par centaines, par milliers, et ce depuis des siècles et pour encore des centaines d'années."

Ce roman (pour adolescents ?) gisait dans ma PAL ("Pile A Lire" pour les nouveaux venus) depuis bien trop longtemps. Et il s'agit d'une jolie découverte et d'un tendre coup de coeur de lecture !! Je suis donc heureuse de l'avoir enfin ouvert. Il parle à l'adulte que je suis, à l'enfant que j'étais, et à ce regard forcément subjectif que je porte sur mes propres enfants (malgré leur joie active ils me taisent certainement leurs peines parfois).
Ce petit conte philosophique qui est à lui seul un réel bonheur est à déguster sans a-priori.
Pour information, il est sorti en Février 2013 en format poche chez J'ai lu. J'espère que les illustrations d'Emma Tissier y sont incluses (pas sûr) car elles participent grandement à l'attrait du grand format.
Allez zou, voici un petit livre à mettre dans les mains de toute la famille !!

Editions Stock - 17.25€ - 2008

Ici Cathulu racontait comment elle avait craqué avec joie pour ce roman - La lecture de l'ours en peluche de Leiloona - Le blog de l'illustratrice

25 juin 2013

L'armoire des robes oubliées, Riikka Pulkkinen

 

"L'amour commence avec préméditation. Nous sommes imprudents ; nous ne faisons pas attention aux signes que nous aurions pu voir des semaines et des mois avant que ne se produise quoi que ce soit."

larmoiredesrobesoubliees"Tout commence par le fait que l'homme a franchi la porte pour sortir. Tout commence par le fait que l'enfant a demandé si nous nous reverrions et que je lui ai répondu que nous nous verrions le lendemain, même si je savais que c'était un mensonge. Tout commence par le fait que je suis restée couchée dans l'entrée pendant onze jours."

Enfant et petits enfants entourent Elsa, cette grand-mère qui vient d'apprendre qu'elle est atteinte d'un cancer qui lui laisse à peine le temps de profiter encore un peu de sa maison, de son mari et des bonheurs de la vie. Mais Anna, une de ses petites filles, va découvrir en tirant une vieille robe de l'oubli d'une armoire que le mariage heureux de ses grands-parents cachaient une autre histoire, et derrière cette histoire l'ombre d'une jeune fille, Eeva. Cette dernière avait été engagée pour garder la jeune Eleonoora tandis que sa mère, psychologue, voyageait pour son travail et que son père, peintre reconnu et moderne, oeuvrait dans son atelier...

L'armoire des robes oubliées nous raconte l'histoire d'un adultère qui pourrait nous sembler banal mais il n'en est rien. Aucune banalité dans ce texte, seulement une extrême douceur et beaucoup de grâce. La cruauté qui s'écoule par ailleurs des pages tient au fait que les enfants sont au centre des tensions et des peines, les victimes inconscientes des jeux des plus grands.
Riikka Pulkkinen n'oublie pas par ailleurs de nous brosser aussi l'histoire avec un grand H, les évènements de 68 notamment via Helsinki, et de nous décrire avec intelligence et finesse toute la palette des émotions des sentiments qui s'éveillent dans le coeur d'une jeune fille.
J'ai été très touchée par ce livre, et plus particulièrement par le personnage d'Eeva d'une sincérité et d'une innocence si dangereuse. Il me restera en mémoire certainement très longtemps.

Editions du Livre de Poche - 7.60€ - 5 juin 2013

Stephie a pris beaucoup de plaisir à cette lecture - Clara a été complètement sous le charme -  Et c'est le billet de Jack qui m'avait tenté !

22 juin 2013

Envie de...

peinture 002

Voici la première phrase sticker collée sur un des murs blancs de mon nouveau salon, près de la bibliothèque. Elle est discrète et isolée mais j'ai comme une envie folle d'en mettre partout. Pour l'instant, je me retiens.

Sinon, j'ai lâché hier soir le 22/11/1963 de Stephen King à la page 133. Je l'avais noté suite à des billets enthousiastes. Le principe du voyage dans le temps étant établi, je m'ennuie terriblement et l'intrigue ne m'accroche pas suffisamment, tant pis je passe à autre chose.
J'ai ouvert depuis L'armoire des robes oubliées de Riikka Pulkkinen, qui vient tout juste de sortir en poche et qui promet du bien mieux... à suivre donc. ;)

(Pour information, le 36ème prix relay des voyageurs a été remporté par Crime d'honneur d'Elif Shafak qui était pour moi un abandon de lecture ! [mon billet ici] Je suis donc bien dubitative sur ce résultat. Merci en tous les cas aux organisateurs pour le partage et toutes ces opportunités de lecture !)

Bon week-end !

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15 août 2013

Une adolescence américaine, Joyce Maynard

uneadolescenceamericaine"L'enfance, je crois, était autrefois un handicap et l'adolescence une période excitante, un horizon élargi, pantalons longs et liberté. Aujourd'hui, la jeunesse - pour ce qu'elle dure - est un temps auquel nous nous accrochons âprement, un temps exalté, surestimé, et si nous ne sommes pas vraiment dans le vent, du moins nous le fait-on croire, en nous affirmant que ce sont les meilleures années de notre vie - et qu'ensuite ce n'est qu'une longue descente."

Au début des années 70 et à tout juste dix-huit ans, Joyce Maynard publie un article dans le New York Times dans lequel elle porte un regard intelligent sur sa génération. Le public est conquis, et le célèbre JD Salinger, de trente-cinq ans son aîné, remarque sa plume et lui envoie une lettre. Ils vivront quelques temps ensemble, et c'est lors de cette relation que la jeune-fille rédigera cette Adolescence américaine, développant ainsi l'article paru dans le Times, sous l'oeil désapprobateur de l'écrivain.

Joyce Maynard utilise dans ce texte principalement le nous qui lui permet de parler pour tous ses camarades, et de tout, même de ce qu'elle n'a pas expérimenté elle-même. Des 12 ans de la jeune-fille à ses 20 ans, via un regard lucide et naïf, c'est un peu l'enfance de chacun qui y est tracé, celui d'une époque, et d'une certaine Amérique. L'attention est portée sur les détails, les attitudes, et ces changements de comportement qu'amène inévitablement une décennie en pleine métamorphose. Il y est question de coiffure, de vêtements, de flirts, de musique et de tout ce qui peut intéresser des adolescents, mais également de la guerre et des engagements politiques.
J'ai été happée par cette jeune écriture qui passe sans transition du plus futile au plus grave. Une adolescence américaine est en effet un texte remarquable, très intéressant, universel, qui a su brosser le portrait d'une société, tout en donnant l'impression du futile et du personnel. 
Un coup de coeur de lecture qui a le charme de l'inattendu !!

Editions Philippe Rey - 17€ - Avril 2013

La lecture de Sylire, qui a également envie de tout lire de Joyce Maynard dorénavant Celle de Clara qui ne se lasse pas de lire l'auteure - Je suis dans le même état d'esprit... et je suis d'accord avec Clara, la sincérité de cette femme écrivain est véritablement attachante.

19 mai 2013

Ne lâche pas ma main, Michel Bussi

nelachepasmamain"Cette île est une terrasse posée sur le rebord du monde pour observer l'avenir du genre humain. A l'ombre, en tongs, un verre de punch à la main."

Un couple de métropolitains coule des vacances tranquilles sur l'île de la réunion, dans un hôtel tout confort. Un après-midi, on signale la disparition de la femme. Son mari donne l'alerte puis est très rapidement soupçonné de l'avoir tuée. La capitaine envoyée sur les lieux trouve la chambre dans un désordre indescriptible, des traces de sang sont visibles. Les différents témoignages et preuves s'accumulent contre l'évident coupable. L'affaire aurait pu être résolue rapidement, puisque Martial Bellion semble coopérer sans problèmes, mais tout se corse lorsqu'il prend la fuite avec sa petite fille de six ans...

Voici un thriller rythmé qui, sans être un chef d'oeuvre du genre, a tout de même réussi à me tenir en haleine avec assez de brio pour que je tire mon chapeau à l'auteur. Je l'ai en réalité dévoré en à peine deux jours alors que j'avais bien autre chose à faire, et surtout du sommeil à récupérer.
La traque de Martial Bellion et de sa petite Josapha est assez réussie. Nous visitons une Réunion réaliste, métissée, aux paysages grandioses mais aux pièges mystérieux que seul un connaisseur de l'île peut sans doute comprendre et utiliser ainsi dans une intrigue.
Ne lâche pas ma main me paraît une très bonne lecture de vacances (je n'oserais dire de plage avec le temps qu'il fait en ce moment) à déguster au bord de la piscine un oeil rivé sur ses enfants qui barbotent dans l'eau !

Editions Presse de la cité - 21€ - Mars 2013

Vous trouverez l'avis des membres du jury Grand Public par ici [clic] - Saxaoul l'a beaucoup apprécié - Il a manqué quelque chose à Stephie -

Ce livre est en compétition pour le prix-relay-logo (clic sur le logo pour plus de détails) et a été retenu pour la sélection de mai : http://prixrelay.com - La page facebook - @PrixRelay 

 

savethedate Proclamation des résultats du Prix Relay le 20 juin à 18h.

 

26 janvier 2013

C'est autant d'amour que je t'envoie

cestautantdamour"Tu te souviens de l'odeur des pins sur le chemin de la plage l'été dernier ?
Les aiguilles qui tombent d'un seul arbre
Les tapis d'aiguilles sur le chemin
Imagine toutes les aiguilles de pin sur les chemins de toutes les forêts...

C'est autant d'amour que je t'envoie"

...par Coline Irwin

Chaque semaine, ils se parlent au téléphone. Il s'agit d'un père et de sa fille, et de tous les messages et les questions qu'il lui envoie, comme autant de souvenirs et de preuves d'amour.

J'ai pioché ce petit livre en bibliothèque ce matin, dans le coin des enfants. Je l'ai ouvert chez moi tranquillement.
Et c'est une tonne d'amour et de tendresse que j'ai prise sur les genoux. Quel joli petit album ! De belles photographies, des mots tout simples, de tendres moments qui pourraient aussi bien être les réminisciences d'un amour entre adultes.
Une poésie universelle de la tendresse, scandée, qui touche au coeur.

Editions MeMo - 15.20€ - Août 2010 - Merci ma bibli !!

"Tu te souviens des livres qu'on lisait ensemble ?
Le bruit des pages quand on les tourne
Et les phrases dans ces pages
Imagine toutes les lettres de tous les mots des livres qu'on lisait ensemble...

C'est autant d'amour que je t'envoie"

23 avril 2013

Les Vaches de Staline, Sofi Oksanen

lesvachesdestaline"Ce n'est qu'en maigrissant que je pouvais m'éloigner, m'enfuir, m'en aller, non, tu ne pourras jamais m'attraper, ni toi ni personne, je ne laisserai jamais personne m'attraper, même si le fait que je reste pétrifiée sur place pouvait signifier en réalité que je voulais rester là pour une fois, devant toi, devant toi qui t'approches, être ici... non ! Si le corps refuse d'obéir autrement, il ne reste qu'une façon de se déplacer ; en rapetissant et en rétrecissant. Mon évasion par kilos est la seule échappatoire, puisque mes jambes refusent de coopérer."

La mère d'Anna a tout fait au quotidien pour faire oublier à son entourage ses origines estonniennes. Ayant épousé un finlandais, elle a eu à coeur dans son pays d'adoption de gommer tout ce qui aurait pû permettre aux inconnus de la confondre avec ces filles de petite vie qu'elle croise dans la rue. Mais cela ne l'empêche pas de rendre visite régulièrement à sa famille restée derrière la frontière, et de tirer dans son sillage sa fille Anna qui est sommée de se conformer à ses ordres de discrétion. L'ère soviétique fait rage. Anna et sa mère, elles, oscillent entre deux mondes.
Devenue grande, puis adulte, Anna souffre de graves troubles alimentaires. Elle est fière de ses 45 kilos, de sa manière unique et tendue de sculpter son corps, et de sa capacité formidable à ne s'attacher à personne...

J'ai eu une lecture laborieuse avec ce roman de Sofi Oksanen, et pourtant je sais que j'en ai aimé l'atmosphère, le contexte, et ce qu'il m'a permis d'apprendre sur l'Estonie. Seulement, il m'a fallu quelques temps, plusieurs pages en fait, pour suivre au mieux les changement d'époques et de personnages que l'auteure opérait dans sa narration. Une fois les jalons compris, mon attachement acquis à Anna, j'ai aimé ce que j'ai lu.
Les Vaches de Staline, premier roman de Sofi Oksanen, raconte au mieux les ravages de la propagande et du communisme amenés à son paroxysme. De plus, il est intéressant de constater à quoi peut ressembler le bonheur aux yeux de ceux qui manquent de liberté, quelques vêtements modernes, des déodorants, du shampooing et des bananes en tas sur des étals.
Les affres de la boulimie d'Anna sont également bien décrites, et amènent aux yeux des larmes de compassion mêlées d'effroi.
Une lecture exigeante et fière.

Editions du Livre de Poche - 7.90€ - 17 avril 2013

Aifelle est restée partagée sur ce titre - Percutant pour Clara - Ptitlapin aime aime ! 

15 avril 2013

Efflorescences, Ismaël Billy

efflorescencesVous avez déjà eu un petit aperçu [ici] de la poésie incluse dans le recueil ci-contre. Je dois dire que j'ai passé un excellent moment à lire Ismaël Billy. Je n'ai pas tout aimé d'égale façon dans sa production, mais il ne s'agit là en l'occurence que d'une histoire de goût et de sujet, et non pas de manque de talent.
J'ai aimé surtout sa première partie, celle dédiée à l'amour (D'amour à l'arrachée Livre I), je suis moins sensible aux épopées et aux termes plus savants (inconnus) qui parsèment quelques poèmes (Des corps couchés sous d'autres lunes Livre II). Mais il est évident que nous avons affaire là à un véritable poète, comme le souligne Michel Cazenave dans sa préface.

Comment vous expliquer au mieux ? En lisant les mots de l'auteur sur ma liseuse, j'ai eu l'impression de faire le même voyage que j'avais fait dernièrement en découvrant, en français, la voix d'Emilie Dickinson [ici]. Et puis, j'ai trépigné de joie devant ma découverte, comme lorsque j'avais lu Le Trou de Thomas Vinau, bien avant son succès blogosphérique.

Voici ci-dessous le texte qui a retenu mon attention au préalable sur le site de l'auteur - http://ismael-billy.wix.com/ismaelbilly - inclus dans la troisième partie du recueil (Efflorescences Livre III). J'espère vraiment vous avoir donné envie de découvrir cette écriture à votre tour !!

Rouge

Carmin, dans les sangs d'une jument,
Dans les lèvres entrouvertes
Du pétale baisé par les lèvres.

Et rouge

Créé de double, unie par douleur,
Or comme il n'en est point

D'offrir luxe impie, rouge de voiles.
Encore rouge

Mais cuivré, presque brun, tâches
Éparpillées dans les lisières,
Et souffle mourant de fugace maelström.

Il n'est de rouge si fort que la Terre ne meurt
Encrevassée, déchirée de vengeance,
Ouverte dans la nuit, la boîte à lumières.

Il est un bois dur d'hiver et rouge de corolles
De sels, parfumé de résine.
Rouge maintenant dans son soupir sortant
Des épines, des cimes, des songes maudissant. 

Et le songe appelle à l'idiome, l'être éthéré
Sort de son somme et s'éveille asphyxié,
Détroussé de sa base, réduit à l'enfer,
De toucher de sa cime la profonde Terre.

Louis d'or et sols et ducats,
Bronzes noirs, argent ça et là,
Mais les chairs emmangées de vers,
Cruels, sans eau, l'or, commun comme verre.
Rouge de ne bientôt plus être pâle.
Rouge tant qu'il est encore tant.

Rouge tant que je le puis.

Rouge même mort,

Rouge par delà,

Rouge enfin,

Rouge.

 

Edition Le Menhir - 16.50€ - 26 Février 2013 

18 janvier 2013

L'alphabet des oiseaux - Illustrations de Nathalie Azémar et textes d'Eric Holder

"Qui plie mille grues en papier", dit un proverbe japonais, "voit son voeu exaucé."
Si je les envoie une à une, porteuses du même message, à la même adresse, avec le timbre approprié, ça peut marcher."

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Et oui, voici encore une fois la famille Antigone la tête dans les nuages, avec les oiseaux !
Suite à mon billet sur Les oiseaux des jardins, j'ai reçu un mail de la part de Nathalie Azémar qui attirait mon attention sur ce livre qu'elle avait illustré et dont Eric Holder avait écrit les textes.
Et je trouve ses illustrations magnifiques !! Ce serait vraiment intéressant de les retrouver d'ailleurs sous forme de cartes postales (enfin moi je dis ça...). Les textes d'Eric Holder sont assez inattendus, moqueurs, pas si enfantins que cela. L'album est très beau, chaque page est un tableau, mais son utilité est aussi d'étendre ses connaissances en matière de noms d'oiseaux. Certains sont connus d'autres moins. 
"Ca commence par le chant des signes, l'alphabet. Alouette, je te plumerai, avec tes plumes te dessinerai, histoire de te voir enfin posée sur une planche et t'entendre pépier au milieu du papier."

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Les oiseaux de l'alphabet sont : un Araçari, une Buse, une Chouette, un Dindon, une Echasse (et un Basset Hound), un Faisandeau (et un oeuf Fabergé), une Grue (et un Origami), un Harfang des neiges (et un bélouga), des Inséparables (devant le Taj Mahal), un Jaseur (sur un téléphone ancien), un Kiwi (sur un ballon de rugby), un Lori écarlate, une Mouette (et une coiffe Bretonne), une Ninoxe rousse (Australienne), un Oiseau mouche (et une mouche), un Paon (et une danseuse de flaminco avec un éventail), un Quetzal, un Rouge-gorge (et un appareil photo), une Sarcelle de bernier, un Troglodyte (et son spectrogramme), un Urubu, une Veuve dominicaine, une Wyandotte, un Xénique (qui fait des mathématiques), un Yuhina (amoureux d'un poisson, la quadrature du cercle) et un Zostérops (dans un crâne de zébu).

Editions Delphine Montalant - 21 € - Juin 2012

Un coup de coeur jeunesse pour la Librairie du Rivage

18 mars 2013

Indigo, Catherine Cusset

indigo"La vie vous rend sous une autre forme ce qu'elle vous prend."

Un festival en Inde. Quatre auteurs ont été réuni là par l'Alliance Française, et ce sous une chaleur accablante, pour participer à un marathon de rencontres et tables rondes. Cette semaine a été organisée par Géraldine, mariée à un indien et mère d'un petit garçon de dix mois. Elle joue sa carrière sur le succès de ce festival et accueille pourtant maladroitement Charlotte Greene la cinéaste, Roland Weinberg le vieil écrivain accompagné de sa belle et italienne Renata, et Raphaël Heuletère qui s'avère être son amour de jeunesse...
Comment cette petite troupe se sortira-t-elle des pièges d'un pays qu'ils connaissent peu et de leurs propres contradictions ?

J'avais vraiment envie de me plonger avec délectation dans ce roman d'une auteure que j'admire généralement beaucoup. Mais Indigo est sans conteste une déception. Je n'ai jamais eu le sentiment de retrouver dans cet écrit la plume acerbe et fine qui m'avait tant plu auparavant. Quel dommage !
Pourtant, l'Inde moderne constitue une véritable attraction de lecture dans ce roman qui pour moi ne remplit malheureusement pas ses promesses de qualité littéraire et de voyage. Je ne me suis pas non plus tellement attachée aux personnages et leur sort m'a semblé par trop tiré par les cheveux et irréaliste. En fait, j'ai seulement apprécié les quelques réflexions disséminées ici et là sur l'angoisse de l'âge et du temps qui passe, celle là même qui nous prend en défaut la première vraie ride venue.
J'ai hâte de retrouver Catherine Cusset dans ce qu'elle sait si bien faire, quand elle parle de sa propre vie par exemple [Mes autres lectures ici].

Editions Gallimard - 19.90€ - Janvier 2013 - (Certifié lu pour moitié dans le train !!) 

Ce livre est en compétition pour le prix-relay-logo (clic sur le logo pour plus de détails) et a été le roman "coup de coeur" de Mars. Il fera donc partie de la sélection finale de juin.. - La page facebook - @PrixRelay 

Quelques autres lectures... Clara n'est pas non plus convaincue - Même constat pour Saxaoul qui regrette aussi que l'Inde moderne ne soit qu'un décor de théâtre - Je partage le constat déçu de Enfin livre -

1 mars 2013

Room, Emma Donoghue

room

"L'âme choisit sa compagnie. Puis ferme la porte..." Emily Dickinson

Jack vient de fêter ses cinq ans. Il aurait aimé un vrai gâteau pour son anniversaire avec de vrais bougies dessus mais Maman a fait ce qu'elle a pu et lui a offert un joli dessin pour ce jour important. A hauteur d'enfant, tout semble normal dans cette Chambre, entre Monsieur Lit et Madame Table. Le monde du Dehors est dans Madame Télé et l'univers se résume aux quelques pas qu'ils font dans cette pièce dans laquelle Jack et sa mère vivent depuis sa naissance. Tous les soirs, le petit garçon s'endort dans le dressing, entend souvent le bip-bip de Madame Porte qui signale la visite du Grand Méchant Nick. Sa mère fait tout pour que ce dernier ne porte pas ses yeux sur l'enfant. Un jour, Maman évoque la possibilité d'une Grande Evasion mais Jack n'a pas envie d'être le Prince Jacker-Jack qui sauverait sa Maman, il se sentira certainement plus fort quand il aura six ans...

J'ai tout aimé dans ce roman haletant qui est un vrai coup de coeur ! Mais je le savais d'avance, qu'il me troublerait beaucoup. Voici sans doute pourquoi j'ai attendu sa sortie en poche. J'ai aimé sa structure narrative impeccable en pyramide dont le pic est la fuite enfin réussie, son écriture terriblement poétique (certainement très bien traduite du canadien) et ce regard tendre et tendu porté sur une relation mère-enfant bien particulière. L'abnégation de cette maman est remarquable ! Et nous sommes loin du récit d'un simple Fait-divers. L'attention du lecteur est concentré sur le huis-clos formé, sur la représentation verbale et imagée que s'en fait l'enfant, et sur la possibilité de s'en sortir qui se fait jour brusquement... mais je ne vous en dirai pas plus.
Une lecture sur le pouvoir inébranlable de l'amour maternel et sur le courage immense des enfants.

J'ai été très touchée par l'écho que ce livre a eu en moi, je me suis souvenue du séjour de petit-dernier en néonat, de mon attention constante pour qu'il aille bien, et je me suis dit qu'il y avait de nombreuses chambres finalement desquelles on souhaite un jour s'échapper avec son enfant. Ce qui montre combien ce livre ouvre aussi à une plus large réflexion, sur l'enfermement, mais également sur la valeur normative de nos apprentissages.

Editions du Livre de Poche - 7.60€ - Février 2013

Quelques lectures... Un roman-choc pour Stephie - Il a cloué Mango - Une intensité rare pour Clara - Un impitoyable miroir pour les parents que nous sommes pour Theoma - In Cold Blog rassemble de nombreux billets - Et je partage complètement l'analyse d'Aifelle sur ce roman qui elle nous le rappelle justement n'est ici heureusement qu'une fiction !

 

28 décembre 2012

Oiseaux des jardins, Valérie Tracqui et Jean Grosson

oiseauxdesjardinsA Noël, sous le sapin, le hurlement le plus audible de ma nichée a été pour ce petit livre, et ce de la part de petit dernier (7 ans), qui est devenu un expert en animaux de tout poils (ou plumes), depuis le temps qu'il lit tout ce qui existe sur le sujet. Un cadeau qui a fait mouche !!
Il faut bien dire que depuis quelques semaines, depuis que l'hiver est presque là, notre jardin est le théâtre d'un amusant spectacle. Cette année, nous avons installé un petit bassin d'eau propre, des mangeoires avec graines et accroché deux/trois boules de graisse près d'un perchoir. Les premiers visiteurs ont été deux rouge-gorges (un mince et un joufflu). Puis, deux mésanges nous sont devenues fidèles. Une grive aussi nous rend parfois visite (elle est vorace et aime faire de la balançoire sur un des piquets mal enfoncé du jardin). Quel bonheur que de les regarder tournoyer, se chamailler et se régaler !!

Ce petit livre permet d'observer et de comprendre ce qui se passe dans nos jardins, et plus généralement en ville. Quels sont les oiseaux que l'on peut y découvrir ?

"Les jardins sont peuplés d'oiseaux. Tu les aperçois et les entends chanter. Sans doute connais-tu le rouge-gorge, le merle ou la pie, mais tu voudrais identifier tous les autres."

Les dessins sont magnifiques, les explications assez brèves pour ne pas ennuyer les enfants, le classement ludique, le format adapté, un bon petit livre pour les ornithologues en herbe.

Editions Milan Jeunesse, coll "Carnets de Nature" - 5.95€ - Juin 2011

Ci-dessous, la page préférée de petit dernier qui rêve aussi d'oiseaux de nuit...

oiseauxdujardin

27 octobre 2012

Les oubliés de la lande, Fabienne Juhel

lesoubliesdelalande"Ce village est une enclave un peu spéciale, vois-tu. Il s'agit d'un No Death's land. Une expression calquée sur celle du no man's land. No pour "pas", Death pour "mort" et land pour "terre". La lande. Cette lande que tu as traversée pour te carapater ici. Voilà. Personne ne meurt, tu m'entends ? La Mort nous a oubliés. Nous sommes les oubliés de la lande..."

Un vieil homme termine ses jours à deux pas d'un village un peu spécial où personne ne vieillit et surtout ne meurt plus. Mais ce frôlement de la mort à quelques mètres d'eux met la communauté en émoi. Ils sont une trentaine à vivre là, dans les confins de la Bretagne, oubliés de la grande Faucheuse. Tom, le seul enfant du groupe, va mettre à jour de sombres agissements en menant une enquête discrète, porté par l'amour protecteur de ses deux parents adoptifs, Basil et Emma...

Je voulais lire Fabienne Juhel depuis notre rencontre en 2009 lors d'un petit salon du livre de mon coin de Vendée. J'ai beaucoup trop attendu, car Les oubliés de la lande, sorti en cette rentrée littéraire, est un vrai coup de coeur !! 
J'ai été plongée dès les premières pages dans un univers fantastique déroutant, un ouvrage minutieusement élaboré par l'auteure, comme une délicate toile d'arraignée de laquelle on ne peut s'échapper. Les évènements s'enchainent et construisent peu à peu une galerie de personnages extravagants. Et j'ai aimé être ainsi portée dans une réalité parallèle qui ouvre la porte à toutes les réflexions possibles sur la vie, la mort et le temps qui passe.
De plus, voici une lecture idéale en cette période de pré-fête d'Halloween, il y a largement de quoi frissonner dans ces lignes !!

heart Coup de coeur ! - Editions du Rouergue - 21 € - Août 2012

Lucie en a aimé la poésie - Clara la tentatrice !! 

challenge2012

 

 

 

Challenge 1% rentrée littéraire 2012 : 7/7
(clic sur le logo pour plus de détails) Et je termine mon challenge du 1% avec ce dernier titre !!

28 novembre 2012

Le prix Wepler Fondation La Poste 2012 a été attribué à Leslie Kaplan

millefeuille

... et à son Millefeuille. Je suis heureuse de l'apprendre, même si la nouvelle ne tombe sous mes yeux qu'aujourd'hui. J'avais aimé ce roman assez singulier. Pour mémoire vous retrouverez mon avis [ici].

Le Prix Wepler-Fondation La Poste se caractérise par son exigence littéraire. Chaque année son jury est renouvelé intégralement. Il est constitué de lecteurs et de professionnels qui explorent la création romanesque et soutiennent « des œuvres difficiles dont la visée n’est pas uniquement commerciale ». Conçu par Marie-Rose Guarniéri en 1998 - l’année où elle créait à Montmartre la librairie des Abbesses - le Prix porte le nom de ses deux mécènes. Il vient de fêter ses quinze ans. Vous trouverez toutes les informations concernant ce prix [par ici].

Pour mémoire, Emmanuelle Pagano l'avait reçu en 2008 pour Les Mains gamines et Olivia Rosenthal en 2007 pour On n'est pas là pour disparaitre...

21 octobre 2012

Nouvelles contemporaines ~ Delphine de Vigan, Timothée de Fombelle et Caroline Vermalle

nouvellescontemporainesCe recueil de nouvelles entre dans le cadre des Instructions Officielles du programme de français de 3ème, préconisant l'étude de "nouvelles porteuses d'une regard sur l'histoire et le monde contemporain". Trois auteurs sont réunis ici, Delphine de Vigan (No et moi, Rien ne s'oppose à la nuit), Timothée de Fombelle (Tobie Lolness) et Caroline Vermalle (L'avant dernière chance).

* Delphine de Vigan imagine une enfant si intelligente qu'elle croit que son coeur est devenu sec à force de compter. C'est une belle histoire, sensible et fraîche.

* Timothée de Fombelle explore au travers de sept courtes nouvelles d'une grande efficacité la dureté du réel, même enfantin. La seule règle qu'il avoue se donner au détour d'une phrase est "de laisser une échappée, un espoir, un trait de lumière". J'ai été bluffée par l'écriture de cet auteur.

* Caroline Vermalle apporte toute son humanité et son sourire doux à ses deux récits. Le premier met en scène un manège qui a le don mélancolique de recycler les souvenirs. Le deuxième nous permet d'accompagner un père, déménageur de métier, dans ses démarches pour sortir sa fille de sa détresse. J'ai été très touchée par ce dernier récit qui m'a remué le coeur !

Ce petit livre de poche est une belle surprise, on ne pense pas spontanément trouver une telle qualité d'écriture dans une collection qui s'adresse en quatrième de couverture aux jeunes adultes (quelle erreur !). Le format est souple, brillant et agréable au toucher, il participe largement au plaisir de lecture.

Je remercie Caroline Vermalle (que j'avais rencontrée en 2010) et Hachette Livre pour l'envoi !

"Aspiré par cette conversation qui réchauffait tout le carrousel, le vieil homme éteignit l'ampoule ordinaire qui pendait au plafond. Alors la nuit tomba sur une amitié toute neuve, sur les premiers pas et les derniers tours, sur tous les départs et toutes les arrivées, et sur les rizieres radieuses de l'autre côté du temps."

http://carolinevermalle.blogspot.fr/

Editions du Livre de Poche - 4.95€ - avril 2012

Stephie a été séduite  - Leiloona est heureuse de sa lecture ! - Saxaoul aussi ! 

7 septembre 2012

Pomelo est de retour !

pomeloetlagrandeaventure

"Il y a toujours un moment où il faut partir, pense Pomelo. Il lui semble avoir entendu autre chose aussi. Quelque chose comme : "Va aussi loin que tu peux" ou "Fais feu de tout bois". Vraiment, il ne sais pas très bien. Et il vogue déjà. Et déjà le gris n'est plus qu'une tache au loin."

Ce midi, le soleil était là, avec son petit ciel bleu associé et son été encore très présent... Et j'avais cette folle envie qui me trottait dans la tête de retrouver le nouveau Pomelo. Ni une ni deux, j'ai troqué la cantine contre un sandwich nomade et me suis fait ce gentil plaisir.

Cette fois-ci, l'éléphant rose nous invite au voyage, avec sa grande philosophie de vie et sa petite musique de mots qui m'émeut toujours autant. Rien moins qu'indispensable.

Editions Albin Michel - 13€ - 29 Août 2012

Sur la même longueur d'onde que Clarabel et Gaëlle !

10 juin 2012

Lettres d'Agathe, Nathalie Ferlut

lettres d'agathe"J'aime pas quand les gens sont gentils avec moi.
Surtout parce que je sais qu'ils vont se rendre compte que moi, je ne sais pas être gentille, avec personne, sauf un peu avec François...
Quand on est gentil avec moi, je fais vite l'idiote pour avoir la paix, et en général, ça marche bien. La vérité, c'est qu'au fond, je ne suis pas gentille : moi je le sais, et maman aussi..."

Agathe écrit à sa mère, alors que celle-ci est morte depuis longtemps, pour tenter de vivre au mieux son présent. Elle revient sur sa naissance d'après guerre, sur leur relation douleureuse, tente de comprendre cette indifférence marquée à son égard, une différence de traitement, visible et pourtant tue par l'entourage, entre elle et ses deux frères. Elle sait qu'elle a été non désirée, maltraitée de manière insidieuse, victime de désamour. Et puis, il y a cette découverte faite après la mort de cette dernière, cette vérité étonnante sur l'enfant présente sur une photographie, conservée comme un trésor par son frère François et chipée par Agathe avant son départ sur Paris... Mais comprendre est-il pardonner ?

Voici une BD, toute en émotion, que j'ai aimé lire, tout en pensant à Une autre fille d'Annie Ernaux et à tous ces récits de femmes blessées par la froideur et la violence verbale de mères mal aimantes. Cet album exprime avec talent l'horreur subtile de cette éducation, qui marque à vie, ainsi que l'handicap qui poursuit ces enfants à l'âge adulte, et combien ils se sentent coupables, de tout, et tentent malgré tout de donner sa chance au bonheur.

Editions Delcourt - 14.95€ - Avril 2008

Une lecture enthousiaste de Laure - Géraldine recommande chaudement  - Le billet d'In cold blog qui a aussi lu avant Annie Ernaux !

lettresd'agathe

11 août 2012

Holmes t1 et 2 de Cécil et Brunschwig

holmes1   holmes2

"Personne n'est venu chez vous aujourd'hui et vous n'avez jamais ouvert le dossier portant le nom du professeur Moriarty."

Sherlock Holmes laisse une lettre à Watson, expliquant sa disparition prochaine, son sacrifice. Il chutera, entraînant avec lui dans la mort son plus grand ennemi, le professeur Moriarty. Quelques jours plus tard, l’appartement du détective à Baker Street est violemment fouillé. Ce sont des hommes, diligentés par le propre frère de Sherlock qui ont fait le coup. Mycroft explique avoir ainsi tenté d'effacer les preuves de la folie de son frère, adepte de la cocaïne depuis quelques années. Pour lui, Holmes s'est suicidé. Le docteur Watson veut croire en son ami et en l'existence de Moriarty. Aidé de Wiggins, l'apprenti posthume de Sherlock Holmes, il mène son enquête...

J'aime beaucoup la série télévisée qui était passée sur France4 présentant un Sherlock Holmes moderne, et depuis Jude law on sait que Watson peut aussi devenir un personnage potentiellement très sexy. Cette BD là est un peu dans la même veine, on oublie le Sherlock Holmes des dessins animés en partant tout de suite dans un registre très réaliste. Et c'est vers Watson que la lumière est cette fois-ci dirigée, qui mène l'enquête, cherchant à réhabiliter son ami de toujours. Le noir et blanc, ou le jaune pour les flash-back, sait jouer avec les ombres pour distiller avec talent opression et mystères. J'ai adoré, c'est un coup de coeur !!

Le tome 3 (l'ombre d'un doute) est sorti en juin 2012... je sais ce qu'il me reste à faire !!

Editions Futuropolis - 11.20€ - Novembre 2008 - Merci ma bibli !!

Pour le plaisir, un extrait de la série... ;)

5 avril 2012

TOTO... Un sacré numéro

numérique15

"- La maîtresse m'a puni pour une chose que je n'ai même pas faite !
- Ah oui ? Qu'est-ce que c'était ?
- Mes devoirs..."
(blague préférée de grande fille)

Voici déjà le septième numéro de TOTO paru chez Tourbillon, où l'on retrouve ses meilleures blagues, publiées auparavant dans le magazine J'aime lire.
Mes enfants sont depuis longtemps très fans des petites vidéos qu'ils consultent essentiellement sur des sites. Je voulais donc tester sur eux la version papier avec ce joyeux numéro 7. Il est peu de dire que ma grande fille (10 ans) s'est littéralement jetée sur l'objet en s'exclamant "trop bien" et puis "j'adore" ! Elle l'a lu, en son entier, et en un seul souffle, à peine le manteau enlevé, tout haut pour son petit frère (6 ans) qui ne maîtrise pas encore très bien la lecture ! J'ai eu droit ensuite à un péremptoire "je veux les autres", c'est à dire les numéros de 1 à 6... Ca c'est un succès !
Le petit livre orangé, voire orangé fluo, esthétiquement très joli, a été relu depuis à plusieurs reprises, les meilleures blagues testées sur les parents.
A conseiller pour des élèves de primaire, pas trop jeunes car quelques blagues sont assez fines pour rester obscures aux plus petits (petit dernier, 6 ans)...

Merci aux Editions Tourbillon !! - 6.15€ - 5 avril 2012

On peut retrouver tout TOTO sur www.totosuperzero.com


La Tête à Toto - Ep. 03

20 avril 2012

La Fille de son père, Anne Berest

lafilledesonpere"A se frotter les unes contre les autres, pendant toutes ces années d'enfance, nos peaux s'étaient épaissies, créant entre nous des callosités difformes. Notre épiderme s'était durci, nous rendant râpeuses les unes aux autres, comme de mauvaises langues."

Trois jeunes femmes rousses et leur père fêtent un anniversaire, celui d'Irène, l'aînée. Catherine, la deuxième femme d'Albert, n'est jamais très à l'aise dans ce genre de circonstances et les filles de son mari ne font rien pour arranger les choses. Soudain, une colère éclate et des mots sont dits, qu'on ne peut plus ravaler. Le doute s'insinue. Et si, comme cette femme l'a crié, leur mère décédée avait aimé un autre homme ? Et si, une des trois soeurs n'était finalement pas la fille de leur père ?

J'ai beaucoup aimé ce petit roman très bien écrit et très bien construit qui s'est lu en une journée. Il ne contient pas de pirouette finale, lui, mais une fin qui se dépose avec la douceur des ailes d'un papillon.
Les relations entre les membres de cette famille sont intéressantes, faites de reproches, d'amour, d'éloignement et de fidélité. La vie n'épargne pas cette seconde fille discrète qui se trouve être aussi la narratrice du récit, la mort rode autour d'elle, mais elle sait avec légèreté écouter sa petite voix intérieure et puiser du bonheur dans le brouhaha que produit sa bruyante famille.
Une lecture charmante et un bon premier roman. Une auteure à suivre.

Editions Points - 6€ - Août 2011

Mon avis détonne un peu de celui des autres blogueuses qui l'ont lu, et qui l'ont trouvé en général convenu et pas assez consistant : Clara est restée sur sa faim - Chaplum est réservée - Liliba est un peu déçue  - Un roman lu d'une traite aussi pour Laure - Trop maigre pour Mango !

6 mai 2012

La Liste de mes envies, Grégoire Delacourt

lalistedemesenvies"C'est le besoin d'un tapis de bain antidérapant qui nous maintient en vie. Ou d'un couscoussier. D'un économe. Alors on étale ses achats. On programme les lieux où l'on va se rendre. On compare parfois. Un fer Calor contre un Rowenta. On remplit les armoires lentement, les tiroirs un à un. On passe une vie à remplir une maison ; et quand elle est pleine, on casse les choses pour pouvoir les remplacer, pour avoir quelque chose à faire le lendemain. On va même jusqu'à casser son couple pour se projeter dans une autre histoire, un autre futur, une autre maison.
Une autre vie à remplir."

Jocelyne Guerbette est mercière à Arras. Elle aime son mari Jo, malgré les périodes de doutes et de douleurs traversées ensemble, ses deux enfants à présent grands, elle aime sa vie. Un jour, poussée par deux de ses amies, elle joue au Loto et gagne. Se pose alors la question essentielle - quand tout à coup on peut tout s'offrir - que souhaite-t-elle vraiment pour elle, et pour ceux qu'elle aime ? Jocelyne établit la liste de ses envies, ne dépose pas son chèque à la banque, attend, et trouve des réponses...

Et bien, mais que voici un merveilleux livre ! Il aurait été dommage que je passe à côté.
J'ai lu ici et là qu'on lui reprochait beaucoup trop de douce naïveté en début de roman, à ce titre, mais cela ne m'a pas gêné personnellement. J'ai aimé le personnage de Jocelyne Guerbette, ses réflexions, son intelligence humaine, la luminosité particulièrement forte de ce livre dans son ensemble. Rien ne m'a déçu ou gêné.
Bien entendu, nous qui connaissons l'envers du décor, le succès de son blog de couture semble bien extraordinaire. Bien entendu, il s'agit ici d'une fable et le réalisme n'est pas vraiment le propos. Mais quel talent a cet auteur de connaître si bien le coeur des femmes, et combien sont-elles encore aujourd'hui à taire en elles sous des dehors communs, une âme riche et avide de vie ?
Une lecture coup de coeur pour moi !

heart Editions JCLattès - 16€ - 1er février 2012

D'autres lectures, plus mitigées que la mienne... Gambadou et Aifelle
La Pyrénéenne, Bauchette, Leiloona, Cathulu et Clara ont aimé !! 

18 mai 2012

Le bel âge - Désordre t1, Merwan

lebelage1 lebelage

"Qu'est-ce que t'écris ? Les mémoires d'une jeune fille dépassée ?"

Dans la pure ligne du Dans mes yeux de Bastien Vives (ils ont d'ailleurs déjà travaillé ensemble [clic]) ou dans celle des Autres Gens, le feuilleton créé par Thomas Cadène, voici donc Le Bel Age de Merwan qui promet de devenir à son tour une série addictive.
Si je vous en parle ainsi c'est que j'ai aimé ce premier tome qui conte l'histoire de trois jeunes filles en période de rupture, Violette, Lila et Hélène. Toutes trois ont à peu près 23/24 ans, elles sont en collocation ou plus ou moins en couple, en études ou en travail précaire. Et Merwan les prend là, juste à l'instant où leur jeune vie bascule, s'enlise ou cherche un sens.
Est-ce donc réellement le bel âge ? On peut en douter en parcourant ces vignettes qui rappellent également le trait épais du Polina du même Bastien Vivès cité précédemment.
Une excellente BD et un premier tome qui m'a mis l'eau à la bouche. Vivement les autres !!

Editions Dargaud - 14.99€ - Janvier 2012 - Merci ma bibli !! 

11 avril 2012

Nos vies romancées, Arnaud Cathrine

nosviesromancees"De l'enfant que j'étais, on a pu dire qu'il était "compliqué". Je pense plutôt qu'il est très "compliqué" de devenir soi-même quand la sacro-sainte norme nous souhaiterait tous identiques ; ça, je l'ai su très tôt. Le métier de vivre, ce n'est sans doute pas autre chose que ça : accepter sa liberté et, si tant est qu'elle ne nuise à personne, l'imposer sauvagement, obstinément, en serrant les dents tout d'abord, puis un grand sourire aux lèvres in fine. Cela prend sans doute toute une vie."

Livres de chevet, ou livres indispensables, il est de bon ton aujourd'hui, en tant qu'auteur, d'afficher ses goûts en matière de littérature et en somme finalement d'exposer sa bibliothèque idéale.
J'ai conservé un souvenir très fort d'une rencontre en 2007 où Geneviève Brisac et Arnaud Cathrine conversaient ensemble de leur admiration pour Virginia Woolf. Cet exercice d'admiration a été sans doute un des prémices de ce livre-ci, et je savais d'avance que le choix d'Arnaud Cathrine allait me toucher. J'avais déjà beaucoup aimé l'écouter.

De sa découverte de Carson McCullers à sa tendresse pour la femme qu'était Jean Rhys, en passant par le personnage de Françoise Sagan ou Les fragments d'un discours amoureux de Barthes, c'est avec sensibilité et intelligence qu'Arnaud Cathrine nous présente ici ses choix littéraires. Il y mêle désir de liberté, retour sur lui-même, féminisme et exigence littéraire. Et le tout est véritablement passionnant.
Loin de me donner envie pourtant de découvrir ses auteurs fétiches, il m'a surtout incité à continuer de le lire lui, tant j'ai aimé à cette occasion retrouver son écriture. Je connaissais déjà La disparition de Richard Taylor ou Les vies de Luka, me reste encore bien d'autres titres à piocher dans sa production... A suivre, donc.

Editions Stock - 18.80€ - Septembre 2011 - Merci ma bibli !!

Laure aime aussi beaucoup Arnaud Cathrine mais est un peu restée à l'écart

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Les lectures d'Antigone ...
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  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
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