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Les lectures d'Antigone ...
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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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2 octobre 2016

Je n'ai pas dansé depuis longtemps, Hugo Boris

jenaipasdansedepuislongtemps

"Il sent qu'il y a autre chose, qui lui interdit de se satisfaire des hypothèses que son imagination élabore pour lui."

Nous sommes en URSS, juste avant le chaos et les chamboulements qui ont entraîné la dissolution de l'Union soviétique. Ivan a été retenu parmi de nombreux postulants pour être le premier homme à rester plus de quatre cents jours en orbite autour de la Terre. Il va donc bientôt partir pour la station Mir. Il est cosmonaute, mais surtout médecin, ses taches seront donc différentes des pilotes qu'il accompagne. Père de deux enfants, Ivan est depuis toujours quelqu'un de très sûr de lui, et de ses performances. Pourtant, très vite, alors que les trois hommes cohabitent dans la station, Ivan commence à ressentir des maux liés à l'apesanteur [voir wikipedia ici] qui peuvent menacer son équilibre mental et la réussite de sa mission.

Je ne pensais pas être capable d'apprécier un récit traitant d'un tel sujet, le voyage dans l'espace. Et je ne serais pas allée naturellement vers ce livre si je n'avais pas décidé de faire confiance les yeux fermés à Hugo Boris après ma lecture de Police et du Baiser dans la nuque. Bien m'en a pris, car même si dans ce roman-ci l'écriture est plus classique, voire technique, la trame en est terriblement addictive, et le lecteur se prend très vite de passion pour l'univers restreint de cette station qui subit quelques soubresauts et incidents. Et puis, il y est surtout question de l'âme humaine, des décisions et des choix que l'on prend et qui engagent notre vie, de notre propension à prendre des risques et à accepter notre fragilité comme une force potentielle... Un excellent roman, qui regorge de très belles scènes.

Editons Belfond - 20 € - Janvier 2010 - Merci ma bibli !!

 

Le billet de Sébastien qui souligne la faculté d'Hugo Boris à nous surprendre - La lecture de Sophie Adriansen !

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23 mars 2016

Les Amis du Paradis, Caroline Vermalle

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 "Camille sourit d'un petit sourire fatigué. Et quand la rampe d'ampoules s'illumina peu à peu, en balbutiements de lumière, sur ses pupilles de vieux fantôme se dessina le reflet somptueux de l'amour d'Odette."

Rose vient de quitter Hong-Kong, sa carrière de violoncelliste, pour ce petit village de Vendée, Villerude, et cette maison de famille où elle a passé ses vacances d'enfance. Quelque chose s'est brisé en elle depuis longtemps, la musique ne lui apporte plus rien, elle veut retrouver sa liberté et vendre son précieux violoncelle. Antoine, lui, végète, passe d'un petit boulot à un autre, bricole, entretient une relation assez superficielle avec Lalie, l'antiquaire. Mais il y a aussi le Paradis, ce cinéma un peu décrépi qui rassemble le dimanche quelques passionnés et désoeuvrés, dont Rose, dont Antoine qui vient parfois porter main forte au projectionniste Camille. Cependant, un soir d'hiver et de tempête, Camille est retrouvé mort. Antoine est promu projectionniste de remplacement par l'assiociation Les Amis du Paradis, mais cela n'empêche pas le maire de vouloir vendre les lieux, les promoteurs de lorgner sur l'emplacement, le cinéma d'être en danger. Il faudra tout le poids des souvenirs d'enfance, des fantômes bienveillants, et de l'amour pour lutter contre ce qui semble inéluctable.

Les romans de Caroline Vermalle sont toujours de petites choses douces et généreuses, de ces livres qui font du bien, et celui-ci ne déroge pas à la règle. Il s'inscrit dans un coin de Vendée que je connais bien, dont la vue de la plage donnerait sur l'Ile de Noirmoutier. Villerude reste cependant un lieu imaginaire et l'intrigue permet assez vite d'oublier le sable, le vent, les embruns, pour se concentrer sur le cinéma et les personnages qui le hantent. Un bien joli moment de lecture, léger et positif, tout simple, bourré de bons sentiments, de gentils et de méchants, de fantastique assumé et fantaisiste. Bref, je n'ai pas boudé mon plaisir avec cette parenthèse là.

Editions Belfond - 18€ - Octobre 2015

Un très bon fell good novel mignon comme tout pour Caroline - Géraldine a été un peu déçue - Keisha est toujours bon public ! - Il fait du bien au moral confirme Saxaoul - Sandrine a été déçue - Stephie est restée pantoise sur certains ressorts de l'intrigue - 

Camille Vermalle sera présente au Printemps du Livre de Montaigu (85) le 23/24 Avril. 

D'autres lectures sur ce blog... L'île des beaux lendemains - Une collection de trésors minuscules - Nouvelles contemporaines

26 décembre 2014

Pietra Viva, Léonor De Récondo

pietra viva

 "Comment peuvent cohabiter en moi les certitudes d'être à la fois génial et misérable ?"

Nous sommes en 1505, à Rome, Michelangelo vient d'être chargé d'une commande par le pape Jules II quand il apprend par hasard la mort d'Andrea, un moine qui fascinait le maître par sa beauté parfaite, juvénile et lumineuse. Il part alors à Carrare pour choisir avec les carriers le marbre qui lui sera nécessaire pour sa prochaine oeuvre, et emmène avec lui la bible que lui a confié Andrea. Beaucoup de questions restent en suspend quant aux raisons de son décès. Michelangelo est préoccupé et peu affable avec les habitants du village dans lequel il débarque. Seuls ses hôtes semblent trouver grâce à ses yeux. Mais peu à peu, la douceur qui l'environne, la compétence et le courage des carriers, la folie intrigante de Cavallino amoureux de sa belle jument blanche, l'affection naïve et troublante de Michele, un petit garçon qui vient de perdre sa mère, vont lui ouvrir les portes depuis longtemps fermées de l'émotion...

Il est étonnant, et dépaysant, en ouvrant ce roman, d'être immédiatement plongé dans une autre époque. Et j'ai apprécié ce voyage vers un autre monde auquel je ne connaissais presque rien. Bien entendu, j'ai déjà vu des représentations de la Pieta de Michel-Ange et me suis à plusieurs reprises émerveillée du travail prodigieux du sculpteur. Ici, nous rentrons dans son esprit, ses motivations, et regardons la pierre avec ses yeux... Quel don sublime de faire sortir des corps si vivants de blocs de marbre !! Mais Pietra Viva est également un récit très poétique qui nous raconte l'éveil d'un homme à l'expression de ses sentiments et de son affection. Le sculpteur ne cesse d'ailleurs d'être tiraillé entre l'exigence froide et presque clinique de son métier, qui ne permet aucune erreur, et l'imprévu de ce qu'il ressent de plus en plus, le prend parfois à la gorge au détour d'une sensation ou d'une remarque. Un très beau moment de lecture.

Editions Sabine Wespieser - 20€ - Août 2013

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D'autres lectures... Une oeuvre d'art pour Lucie - Le blog du petit carré jaune a été subjugué - Enorme coup de coeur pour Anne de Des mots et des notes - Une pépite pour hélène - Sous les galets a été tenue un peu à distance par la minéralité du livre - Une parenthèse sensible et magique pour Kathel - Disponible en version poche chez Points [clic ici] à partir du 15 janvier !!

21 mai 2014

Paroles de femmes ~ La liberté du regard ... Objectif Pal de mai

parolesdefemmes

 "Je me suis [...] plongée dans les écrits des poètes, des mémorialistes, des historiens, des pamphlétaires, des critiques littéraires, des romanciers, des dramaturges... [...] Et dans les plus anciens de ces textes, j'ai découvert un monde inconnu de moi. Des dizaines de femmes étaient évoquées. Des reines, des régentes, des dirigeantes de grandes familles, des épouses, des soeurs, des maîtresses de rois ou de vrais princesses, étaient partie prenante de la vie politique, diplomatique et même militaire... Ces femmes mais également bien d'autres, étaient aussi impliquées dans la vie religieuse. Certaines étaient des mécènes puissants et recherchés. Plusieurs, en outre, avaient laissé des écrits et pas seulement de la poésie, comme on le pense souvent, mais du théâtre, des manifestes, des traités. Et beaucoup étaient féministes !"

Paroles de femmes est fait d'extraits de lettres, de journaux intimes, de récits autobiographiques, de blogs... ceux de femmes connues, écrivains, femmes politiques, ou d'anonymes. Depuis un siècle, les femmes s'expriment. Elles ont arraché au tout départ leur liberté avec leurs dents et leur courage, ouvert le chemin qui mène au droit de vote, à l'avortement, à l'égalité. Puis, se sont parfois trompées d'enjeux quand elles se sont enferrées dans un rôle de superwoman. Elles ont souffert, ont lutté, pour que nos générations aient aujourd'hui les mêmes chances que les hommes. 

Tous ces récits, intimes et sans fards, qui suivent un fil chronologique ponctué de pas en avant, sont bouleversants de sincérité et de force. Ils imposent le respect et la vigilance, le devoir pour toute femme de se regarder objectivement dans les yeux. Loin d'être un pamphlet, ce recueil remet simplement l'histoire en place, et a son utilité. J'espère le mettre bientôt dans les mains de ma fille.

Librio - 3€ - Sept 2007

Cathulu a été la tentatrice d'alors [son billet ici - clic]

Objectif Pal 2014 : 5/12 (#objectifpal2014)

objectifpal

Les sorties de Pal de mai s'enchaînent chez vous avec régularité. Vous pouvez encore déposer votre lien mensuel sur le billet du mois de mai qui se trouve [par là] !! Si vous ne savez quel livre choisir pour juin, Aifelle vous aide [par ici] à découvrir un mini-challenge anglais qui pourrait vous convenir... 

18 novembre 2014

Respire, Anne-Sophie Brasme

respire

"Même entourée, j'étais seule. Les autres n'existaient plus si Sarah n'était pas là. Son absence m'achevait, me torturait, m'écrasait. 
Oui, sans Sarah, je n'étais rien."

Charlène vit dans une famille sans grands reliefs. Exaltée, se sentant incomprise, elle rêve à l'adolescence de retrouver cette amitié qui l'avait liée plus jeune à une autre petite fille aux grands yeux. Mais l'arrivée au collège n'est pas très satisfaisante. Charlène traîne sa solitude, son mal-être, et un beau jour décide de se laisser entraîner au bord de l'étouffement par une crise d'asthme. Elle se retrouve alors à l'hôpital. Sarah apparaît. Et c'est cette camarade de classe, jusqu'à présent inaccessible, charismatique, qui lui promet une amitié éternelle, Charlène s'y engouffre avec émerveillement.

Il paraît hallucinant que ce roman d'une grande maîtrise soit sorti de la plume d'une jeune écrivain de 17 ans. Ancré de plein pied dans l'univers adolescent, il décrit en effet très bien le mécanisme subtil du harcèlement, et le jeu cruel qui se joue parfois entre les murs des classes, à l'insu de tous, à l'aide de moues indifférentes, de regards appuyés ou de stratégies douteuses. L'amitié est dans ce roman une aventure dangereuse, blessante, une addiction nocive. J'ai beaucoup aimé la fraîcheur du style d'Anne-Sophie Brasme, l'intention audacieuse de son roman et ses personnages. J'espère la relire de nouveau, et voir le film de Mélanie Laurent aussi, certainement. 

Editions du Livre de Poche - 5.10€ - Octobre 2002

Beaucoup de lectures chez Babelio [clic] - La fiche du livre sur le site du Livre de Poche [clic] 

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27 septembre 2014

Peine perdue, Olivier Adam ~ Rentrée littéraire 2014

peineperdue

 "Tout est calme et lumineux. D'ici rien ne semble avoir eu lieu. Aucune trace ne subsiste. La baie intacte déploie son croissant parfait, étendue scintillante sous le ciel lessivé."

Une tempête inattendue ravage une station balnéaire de la Côte d'Azur, très calme habituellement en cette période de l'année désertée par les touristes. Et les incidents se multiplient, sans avoir semble-t-il de liens entre eux. Des personnes disparaissent, emportées ou non par les eaux, certaines sont sauvées, Antoine est frappé à la tête et tombe dans le coma, des vols ont lieu dans un entrepôt. Chacun cherche quelqu'un, ou attend quelque chose, s'attache comme il peut à son quotidien, à son travail, à son maigre salaire, aux personnes qu'il aime, tandis que la mer, indifférente aux drames qu'elle a créé, brille de mille feux sous le soleil du sud.

Olivier Adam laisse la parole à chacun de ses personnages, leur consacre un chapitre, et s'immisce dans leur vie, l'intrigue dénouant peu à peu sa trame en arrière plan. Ce livre a une ambiance assez sombre qui laisse peu d'espoir à ses protagonistes. Et pourtant, il possède malgré cela un charme lumineux, distillé via quelques phrases, quelques gestes généreux et des destins préservés. J'ai retrouvé avec plaisir l'écriture d'Olivier Adam, j'ai été touchée, mais je n'ai pas complètement rencontré ce qui m'avait subjugué dans Les Lisièresindubitablement pour moi le roman le plus fort de l'auteur. Peine perdue est pour autant un très bon titre de cette rentrée ! 

Editions Flammarion - 21.50€ - 20 août 2014

challengerl2014

Je participe au challenge 1% rentrée littéraire de Hérisson... qui consiste à lire au moins 6 livres de la rentrée littéraire [clic ici pour plus de détails] - et je suis en partance vers le 2% - n°7/12

Le billet de Cuné [très tentateur] 

 

 

7 septembre 2014

La Langue des oiseaux, Claude Hunzinger - Rentrée littéraire 2014

LALANGUEDESOISEAUX

 "J'ai imprimé l'annonce tant elle semblait s'adresser à moi. Chaque samedi soir, il m'en arrivait une nouvelle. Cela en faisait déjà trois. Je me souviens de ma stupeur : il y avait quelqu'un, au loin, dans le Grand Vrac du consumérisme. Vivant."

Lorsque notre narratrice entre en contact avec Kat-Epadô sur internet, via son compte e-bay, elle est seule depuis quelques temps, dans une baraque isolée, au milieu d'une forêt. Elle a quitté Thomas, la ville, pris ses distances avec la sortie de son premier livre, et emporté avec elle des traductions à faire. Bien décidée par ailleurs à étudier la langue des oiseaux, elle s'est donnée une année pour vivre loin de tout. Elle ne s'attendait pas en cherchant un blouson d'occasion sur son écran, à tomber sur cette japonaise, maladroite et fascinante, dont les commentaires poétiques captivent la romancière. Un échange de mails s'installe, un danger semble rôder... Quand la réalité va-t-elle rejoindre le fragile refuge de ZsaZsa ?

J'ai commencé ce titre très enthousiaste, séduite par l'écriture de Claude Hunzinger, l'ambiance de retraite du personnage, et envoutée par un roman qui semblait avoir été écrit sous l'influence de la poésie d'Emily Dickinson. Le personnage de ZsaZsa est attachant, et on s'imagine très bien faire le même choix qu'elle, se retrancher quelques temps au calme, loin de tout, pour réfléchir et décider de son avenir. Cependant, très vite, la relation que la narratrice entretient avec sa jeune correspondante semble étrange, incompréhensible, moins captivante que dans les premières pages, et mon intérêt s'est distillé. Je suis cependant heureuse d'avoir rencontré par le biais de ce livre une auteure que je n'avais pas encore lue, car j'ai trouvé à ce roman malgré mes bémols un charme certain.

Editions Grasset - 18€ - 27 août 2014

challengerl2014

Je participe au challenge 1% rentrée littéraire de Hérisson... qui consiste à lire au moins 6 livres de la rentrée littéraire [clic ici pour plus de détails] - n° 5/6

La lecture d'Aifelle [clic]

30 septembre 2013

Etre celle

etrecelle

Je veux être celle qui boit le ciel 
Celle que l'aube berce jusqu'à l'extase
Un filet de pluie sur le magnolia 
Un fil à tes doigts
Je veux être celle qui n'a de cesse 
Celle qui lape le sel jusqu'à l'ivresse
La fièvre de vie posée sur tes lèvres
Un souffle à ma voix
Être celle qui laisse
La sève couler dans les arbres
Être celle debout dans l'averse
A la gifle du vent
Être celle que la rose ne blesse
Je veux être celle qui n'a plus peur
Être de celles qui ont laissé le sel rouiller les armures
Être en selle armée de joie
Être sans roi les rênes à mes doigts
Être celle qui laisse
La sève couler dans les arbres
Être celle debout dans l'averse
A la gifle du vent 
Être celle que la rose ne blesse

Être celle qui boit le ciel…

(VP/MK)


7 avril 2014

Les Fleurs d'hiver, Angélique Villeneuve

lesfleursdhiver"Le plus bel amour est celui qu'on se fabrique avec de la pitié. Voilà ce que les autres disent, ce qu'ils pensent peut-être. Elle n'y arrivera pas."

Toussaint est soudain de retour, après des années de guerre, et un long séjour à l'hôpital du Val-de-Grâce. Il est une gueule cassée. Nous sommes en 1918. La guerre est terminée mais les stigmates sont là, présents tout à coup avec leur violence contenue, dans un quotidien que les femmes restées au foyer avaient pris l'habitude de garder pour elles seules depuis quatre ans. Jeanne et sa fille font une place dans leur intérieur sommaire à ce grand homme silencieux et inutile qui porte jour et nuit un bandeau sur le visage. Le chemin à parcourir entre Jeanne et Toussaint, deux être devenus des étrangers l'un pour l'autre, se fera à tâtons, avec pudeur...

J'avais beaucoup aimé Un territoire, l'excellent précédent roman d'Angélique Villeneuve [clic ici], séduite par l'écriture de l'auteure et la minutie de son regard. Dans Les fleurs d'hiver, j'ai retrouvé ce même style qui m'avait déjà plu et l'émotion ressentie a été encore plus forte. Le thème n'y est pas pour rien, sans doute, mais c'est surtout cette lente approche entre deux personnes - les petits pas que Jeanne fait vers son homme - qui m'ont extrêmement touchée.
Un très beau coup de coeur pour cette lecture d'une grande subtilité et d'une douce et élégante sensualité !

Editions Phébus - 15€ - 3 avril 2014

Lu avec des frisson d'émotion par Clara !![clic] - Poignant pour Aifelle ! [clic ici] - Un coup de coeur aussi pour Cathulu ! [clic ici] - Une grande réussite pour Gwenaelle ! [clic ici]...

27 décembre 2013

La Saison de l'ombre, Léonora Miano

lasaisondelombre


"Aux résidents de l'ombre,
que recouvre le suaire atlantique.
A ceux qui les aimaient."

Un incendie vient d'avoir lieu dans le village des Mulongo, en Afrique subsaharienne. Douze hommes ont disparu. La plupart étaient des premiers nés. La consternation est de mise. De quelle force s'agit-il ? De quel envoûtement ? Ne sachant que faire, la tribu isole les mères éplorées. Le chef Mukano, et une mère courageuse, partent chacun de leur côté vers le pays des Bwele pour tenter de savoir, de percer le mystère... La tribu pense de prime abord que la disparition des hommes de son clan provient d'un maléfice, que ce ne peut être que le fait d'une certaine magie, ils sont loin d'imaginer le commerce triangulaire et les arrangements que le peuple voisin a passé avec ces blancs venus d'ailleurs, au delà de l'océan.

Ce roman de Léonora Miano est vraiment très beau, d'une grande poésie, mais également très féminin et instructif. J'ai véritablement apprécié écouter cette voix, le point de vue de ceux qui restent, un pan de l'histoire jamais lu pour moi jusque là. 
Un roman à lire, qui apporte, et une première rencontre réussie avec cette auteure en ce qui me concerne.

Editions Grasset - 17€ - Août 2013

La rencontre de Novembre avec l'auteure - Lu aussi pour le challenge de Stephie (et un exemplaire à gagner chez elle)... [clic ici]

MIANO

 

13 octobre 2013

La pluie, avant qu'elle tombe ~ Jonathan Coe

lapluieavantquelletombe"Ca peut sembler insignifiant, ce que ta grand-mère a pu subir dans son enfance. Et certes, partout dans le monde, il y a des enfants auxquels leurs parents infligent des choses bien pires, j'en suis consciente. Mais malgré tout, il me paraît important, il me paraît essentiel de ne pas sous-estimer ce qu'on doit ressentir quand on se sait mal-aimé par sa mère. Par sa mère, celle qui vous a donné le jour ! C'est un sentiment qui ronge toute estime de soi et détruit les fondements même d'un être. Après ça, il est très difficile de devenir une personne à part entière."

Rosamond vient de mourir. Et la vieille femme a été retrouvée inanimée, dans son fauteuil, un micro à la main. Gill, sa nièce, chargée de la succession, tombe sur des cassettes enregistrées, adressées à une certaine Imogen. Les recherches pour remettre en main propre les cassettes à l'intéressée se révèlent infructueuses, et Gill, découragée et curieuse, décide d'écouter les enregistrements en compagnie de ses filles. 
Il s'avère que ce sont vingt photos, qui balisent toute une existence, que Rosamond avait décidé de décrire à une Imogen non voyante, dans ces cassettes. Et petit à petit, c'est le récit d'une histoire douloureuse qui émerge, celle d'une génération de femmes mal aimées qui avancent dans la vie cahin-caha, semant le désordre autour d'elles, et parfois aussi le malheur...

Le ton qui règne dans La pluie, avant qu'elle tombe déconcerte un peu lorsque l'on a lu peu de temps auparavant Testament à l'anglaise [clic] (du même auteur), dont j'avais personnellement beaucoup goûté l'humour et la vivacité. Je dois avouer que les premières pages de ce roman-ci, plus sensible, ne m'ont pas emportées. J'ai eu le sentiment de ne rien lire de très nouveau, ni de très original. La description systématique des photos que Rosamond entreprend avec méthode m'a même un peu lassée. Et puis, je me suis laissée cueillir peu à peu par le thème, troublée par sa résonnance manifeste. Le désamour maternel est-il donc une émotion que l'on reçoit en héritage ? Y-a-t'il un moyen d'en arrêter le processus héréditaire ? Jonathan Coe tente des réponses et surprend encore une fois par sa propension à dénouer en fin de roman les fils d'une trame construite habilement au fil des chapitres précédents. Ses personnages - pour la plupart féminins - sont attachants, vrais, poignants. Les lieux, les demeures et les paysages, toujours grandioses (comme dans Testament à l'anglaise), jouent un rôle certain sur des destinés, sur lesquelles il apparaît très vite que personne n'a prise. Etonnante, par ailleurs, cette fin en mode pirouette !
Un très bon moment de lecture.

Editions Folio - 7.20€ - Avril 2010 - Grand merci à mes prêteurs !

D'autres lectures ... Magnifique pour George ! - Poignant, doux amer et presque magique pour Chiffonette - Val est restée perplexe - Clara a été captivée - Cathulu est restée un peu sur sa faim - Une belle lecture pour Liliba - Kathel a beaucoup aimé ! - C'est à l'époque le billet de Bellesahi (billet disparu avec son blog) qui m'avait tenté, "Un régal !" disait-elle enthousiaste !

Qui d'autre ? N'hésitez pas à me rajouter vos liens en commentaire. 

13 décembre 2013

La réparation, Colombe Schneck

lareparationcolombeschneck

 "Je ne comprends pas la colère de ma mère, pourquoi est-ce si difficile de parler de cela ? [...]
Pourtant, dix ans après, le jour où enfin, j'apprendrai, j'écouterai, je ne jugerai pas, j'approuverai, je serai heureuse de savoir, je serai rassurée, je n'aurai plus peur, j'aurai le droit de me plaindre, d'être de mauvaise foi, d'écouter la peine de ma mère, ma grand-mère, de leur rétorquer, Raya et Macha ont choisi la vie, elles ont bien fait, soyez comme elles, oubliez la honte et la culpabilité. Mais avant d'être capable de connaître l'histoire de Salomé Bernstein, de son cousin Kalman Blumberg, de leurs mères Raya Bernstein et Macha Blumberg, j'ai erré pendant dix ans."

Colombe Schneck reconstitue dans La réparation son histoire familiale. Pourquoi sa mère tenait tant à ce qu'elle donne à son enfant ce prénom de Salomé ? Que s'est-il donc passé en Lituanie pendant la guerre ? Pourquoi seules ses tantes sont-elles revenues des camps ? Pourquoi la joie de vivre a-t-elle pris le pas sur tout, au détriment de la vérité ? Pourquoi tant de silence, et de douleur contenue, cachée ?

Ce petit livre tout simple, d'une grande sincérité, d'aspect fragile et bancal, a été finalement une poignante surprise de lecture. J'ai aimé faire la connaissance de la famille juive de Colombe Schneck, traumatisée par la deuxième guerre mondiale, le ghetto et les camps, et déterminée à réussir pour autant, courageusement, son retour à une vie normale.
Le récit de l'auteure est mené comme une enquête, presque journalistique, qui permet la distance, évite le pathos et donne une force inattendue au contenu. Ce n'est pas qu'une énième histoire sur cette période. Colombe Schneck semble parfois douter de son droit à la parole, elle a tort. Etre par ailleurs frivole ou gaie dans la vie, n'enlève en rien à la petite pierre qu'elle pose là, personnelle, une parmi les autres, avec son utilité.

Editions J'ai lu - 7.10€ - Août 2013

Theoma a eu le sentiment de lire un documentaire inabouti - Clara est du même avis... Elles l'avaient lu toutes les deux pour le Prix ELLE

3 décembre 2013

Le Livre du Thé ~ Kakuzô OKAKURA... illustré d'estampes de KATSUSHIKA HOKUSAI

livreduthe"Le thé fut une médecine avant d'être une boisson. C'est au VIIIe siècle, en Chine, qu'il entra dans le domaine de la poésie comme un divertissement de bonne société. Le XVe vit le Japon l'ennoblir du statut de religion esthétique : la Voie du Thé.
Cette dernière est un culte fondé sur l'adoration du Beau au coeur même des contingences matérielles de la vie quotidienne. Elle enseigne la pureté et l'harmonie, le mystère de la bienveillance partagée, le romantisme de l'ordre social. Il s'agit essentiellement de vénérer l'Imparfait en tentant d'accomplir en douceur quelque chose de possible au sein de cette chose impossible que nous appelons la vie."

Le livre du Thé, publié pour la première fois en 1906, aux Etats-Unis, et en langue anglaise, est devenu aujourd'hui un classique. Kakuzö OKAKURA tente dans ses pages de nous expliquer l'âme japonaise, son raffinement, ses autres priorités, très éloignées des règles de vie à l'occidentale. A travers cet art du thé si spécifique, ses rituels, il nous invite aussi à revenir à l'essentiel, aux petites choses, à la recherche de cette perfection qui permet la transformation des esprits, et qui amène sans doute plus tard à la sagesse. 

J'ai énormément aimé ce petit livre qui a été dans mon quotidien une bouffée d'oxygène pur. Car l'auteur, en nous obligeant à faire un pas de côté, à changer notre regard, à s'éloigner de nos normes et de nos schémas occidentaux, laisse s'entrouvir la porte d'un ailleurs possible, d'une autre manière de vivre. Le livre du Thé est sans conteste un grand texte philosophique qui donne au raffinement asiatique toutes ses lettres de noblesse et sa véritable définition. A lire absolument.

Les illustrations d'Hokusai apportent une élégance tout à fait appropriée à ce délicieux petit livre qui va rejoindre d'autres textes essentiels dans ma bibliothèque, comme par exemple Le Prophète de Khalil Gibran. Un coup de coeur !!

hokuzai

Un grand merci à Synchronique éditions !! - 12.90€ - Octobre 2013

9 novembre 2013

Vies cruelles, Lorrie Moore

vies cruelles

"Dennis, franchement, pourquoi tu penses tout le temps à l'amour, pourquoi il t'importe tant de savoir si quelqu'un t'aime ou ne t'aime pas ? Tu ne lis que des livres sur ça, tu ne parles que de ça.
- Mets tous les affamés du monde dans une pièce, et tu auras beaucoup de conversations sur le rosbif."

Ils sont tous un peu à côté de la plaque les héros des nouvelles de Lorrie Moore, des intellectuels râtés perdus dans un monde brutal et agressif qui ne les comprend pas.
Mary, par exemple, hésite entre deux amants, mais sans doute est-ce simplement d'elle même qu'elle ne sait que faire ? D'autres se font piquer leurs idées, s'arrêtent devant le changement, ou aimeraient aller de l'avant, faire enfin ce qu'ils ressentent comme urgent pour eux, maintenant.
Mais chez Lorrie Moore, la vie est bien cruelle... empreinte d'une profonde solitude, et qui sait si la seconde chance ne partira pas tout simplement, comme souvent, avec l'eau du bain.

"Corrige-moi si j'ai tort, mais je ne pense pas avoir eu cette conversation tout seul." Il ressera son étreinte. "Je me trompe ?"

Vies cruelles est un recueil de nouvelles à l'ambiance assez spéciale, désenchantée, un brin absurde. Autant le dire d'emblée, ce titre ne plaira pas à tout le monde. Cependant, j'ai aimé lire ce Lorrie Moore là aussi (après mon expérience réussie avec le roman La Passerelle). Déjà, les nouvelles ne chutent pas de manière exagérée, mais dans une ellipse discrète, presque un silence, ce que j'ai vivement apprécié. De plus, l'impression, l'impact de cette lecture reste fortement en tête une fois le livre refermé. Et l'impression de malaise ressentie laisse très vite la place à l'admiration. Il est évident que l'on a affaire là à une auteure de grand talent, dans la droite ligne d'autres auteures telles que Alice Munro ou Rachel Cusk qu'elle va de suite d'ailleurs cotoyer physiquement dans ma bibliothèque... Je vais continuer de la suivre.

Editions Points - 7.30€ - Octobre 2013 

12 avril 2013

Baby Love, Joyce Maynard

baby love"A la télé quand une femme annonce à son mari qu'elle attend un bébé, il l'installe aussitôt dans un fauteuil confortable, et lui met un coussin dans le dos. Et puis il lui prend la main et l'embrasse très tendrement. Il veut savoir à quand ça remonte, pour quand est la naissance. Jill raconterait bien à Virgil qu'elle a dû se cacher dans son placard pour vomir dans la coupe à fruits."

Elles sont quelques jeunes adolescentes à se retrouver régulièrement près du lavomatique, dans cette Amérique profonde où le rêve est bien loin, et la seule ouverture sur le monde l'écran brillant de la télévision. Trois d'entre elles sont déjà devenues mères, une autre soupçonne qu'elle va le devenir bientôt, et la solitude est à la lisière de la vie qu'elles se construisent naïvement. Elles ne se doutent pas, tout en jouant avec leur bébé, que rien n'est acquis, que des adultes de passage vont modifier leur destin, et que la vie ne tient qu'à un fil, bien fragile...

C'est le premier titre de Joyce Maynard que je lis, et l'admiration s'est ici mêlée au malaise... Malaise, car il m'a été difficile d'assister au supplice de la petite Mélissa, brutalisée par sa mère adolescente. Malaise, car cette Amérique sans espoir que l'auteure nous décrit n'est pas du tout attirante mais qu'il est évident qu'elle existe réellement. Et puis malaise aussi, parce que sur tout le récit règne une lourdeur, une atmosphère un peu glauque, que j'ai eu du mal à trouver plaisante. Mais admiration cependant, parce qu'il y a une certaine excellence tout de même dans ce portrait d'une étonnante vérité, et que la naissance du désir maternel chez les jeunes femmes y est subtilement croquée, les désillusions qui s'ensuivent également.
Une lecture choc dont il n'est pas aisé de se défaire.

Editions Philippe Rey - 19€ - 11 Avril 2013

Touchant et dérangeant pour Clara qui l'a lu d'une traite

19 septembre 2012

Syster, Bengt Ohlsson

syster"Ce n'était pas tant le rire lui-même qui lui manquait, mais autre chose, une sensation juste avant le rire. C'était mieux que le rire, parce que cela durait plus longtemps."

La jeune Miriam a disparu depuis deux semaines. Ses parents s'angoissent et la cherchent désespérément partout. Ils décident finalement assez vite que Marjorie, sa soeur cadette, ira habiter quelques temps chez sa tante Ilse où elle pourra se reposer. Là-bas, il y a la solitude de cette tante que Marjorie ne connaît pas si bien, mais aussi ses histoires, la plage et un chat. La petite fille est partagée entre le soulagement et l'inquiétude pour cette aînée qu'elle n'aimait pas toujours. Bourrée de contradictions, de questions, elle se souvient des moments partagés avec sa soeur, avec cette famille qu'elle considère comme la plus drôle du monde, et goûte avec culpabilité à la nouveauté de sa situation. Ilse l'aidera à trouver le chemin vers plus de sérénité mais aussi l'espace pour laisser libre court à ses pensées...

Ce titre est traduit du suédois. Et c'est un roman effectivement très nordique, qui donne la part belle à l'imaginaire et à la féerie, tout en s'attachant étroitement au réel. Son intérêt premier est de suivre les angoisses d'une petite fille qui voit son quotidien bouleversé par la disparition de sa soeur, son intérêt second en étant certainement le huis clos créé entre deux personnes que rien ne rapprochait vraiment jusque là. J'en ai aimé l'ambiance, la douce tension narrative, le personnage énigmatique d'Ilse. Il est cependant dommage que l'intrigue s'enlise un peu en fin d'histoire, et que la relation entre l'enfant et sa tante soit moins exploitée et aboutie que l'on souhaiterait.
Une lecture à hauteur d'enfance.

Editions J'ai lu - 7.60€ - 3 septembre 2012 - Merci ma bibli !!

Pas une lecture inoubliable pour Chiffonnette

22 janvier 2012

La Petite fille de ses rêves, Donna LEON

lapetitefilledesesrevesLe commissaire Brunetti vient de perdre sa mère. Un ancien missionnaire, Antonin, vieil ami de son frère, lui a tenu compagnie dans ses derniers jours. Cependant, lorsque celui-ci vient trouver Brunetti à la questure pour lui demander d'enquêter sur un groupe spirituel douteux c'est vers lui que se tournent les doutes du commissaire. En parallèle, on retrouve une petite noyée dans un canal de Venise, des bijoux cachés dans ses vêtements. Des marques sur son corps montrent qu'elle est sans conteste tombée d'un toit.

J'ai eu l'occasion de regarder quelquefois, et toujours avec plaisir, les enquêtes vénitiennes du commissaire Brunetti, en version série télévisée allemande... Venise reste un décor fascinant et les personnages du téléfilm y ont souvent un humour fin et plaisant.
Dans le texte romanesque, la ville est brossée bien rapidement et les personnages aussi. Cependant, et heureusement, l'attrait de l'histoire reste fixée aux collègues proches de l'enquêteur, et au couple que forme le commissaire Brunetti et sa femme, et j'aime beaucoup leur manière de vivre l'un avec l'autre. J'ai été tenue par l'esprit du livre, par l'intrigue, mais suis restée au final un peu sur ma faim. Une lecture plutôt plaisante donc, mais parfois légère dans son contenu, à prendre comme l'occasion d'un voyage dans une des villes les plus fascinantes qui soient, au plus proche du réel.

"Nous ne sommes pas dans un de tes romans, où tout est expliqué au dernier chapitre, devant tous les protagonistes assis bien sagement dans la bibliothèque du château.
- Les livres que je lis ne sont pas comme ça ! protesta-t-elle, indignée.
- La vie non plus n'est pas comme ça", répondit Guido."

Editions Points - 7.20€ - Janvier 2012

 Pour en savoir plus sur la série

30 août 2012

A l'abri de rien, Olivier Adam

alabriderien"Combien de temps ça a duré ? Dix, quinze jours ? Je ne me rappelle plus très bien et désormais ça n'a plus la moindre importance. Je me souviens juste de ces matins où je me rendais sous la tente, des après-midi au centre d'aide, des soirées chez Isabelle. Je rentrais au coeur de la nuit, parfois même à l'aube. Une fois tout le monde endormi, une fois les lessives lancées, la cuisine et le salon rangés, assises l'une en face de l'autre avec nos verres remplis et la musique, nous avions tant à nous dire, Isabelle et moi."

Marie a tout d'une Desperate housewife que l'inactivité rend dingue, elle est confinée à la maison pour cause de chômage. Avant, elle était caissière chez Auchan, mais ne cessait de pleurer. Un beau jour, elle donne soudain un sens à sa vie en s'occupant des réfugiés qui abondent en ville, et néglige ainsi peu à peu et terriblement sa famille, ses enfants et son mari. Elle donne tout à ces personnes pour qui elle ressent tout à coup une attraction irrépressible, et s'attache à Isabelle, une bénévole du centre. La perte d'un être cher semble les réunir toutes les deux, malgré leurs silences...

J'ai profité du fait d'avoir lu le dernier roman d'Olivier Adam pour ouvrir enfin celui qui traînait depuis tellement longtemps dans ma PAL. Je savais déjà que ce n'était pas forcément le meilleur de l'auteur. Je confirme. Et pourtant, l'écriture est belle...
Mes réticences sont plutôt liées à l'histoire, à ce que Marie fait subir à sa famille, à ses enfants surtout, à ce qui rend ses gestes inadmissibles. Ainsi, le sujet des réfugiés n'est que le révélateur d'une folie plus grave, et non un sujet en soi. Ce biais m'a semblé dommage. Heureusement, l'auteur s'est depuis rattrapé avec le magnifique Welcome dont vous trouverez la bande-annonce plus bas !

Editions Points - 6.10€ - 2008

Tout un tas de critiques chez Babélio

22 août 2011

...à la folie, Sylvain Ricard et James

__la_folie"Un homme qui devient fou de rage, tu ne sais jamais jusqu'où il peut aller, surtout s'il n'a pas l'expérience qui lui permet de se contrôler un minimum. Le mien, je le connais, je sais qu'il est comme ça, je sais ce qu'il me fait subir, je sais aussi ce qu'il m'apporte."

Ouf, je n'ai pas vu la première gifle venir... Voici en effet une BD bouleversante, que j'ai découverte par hasard en bibliothèque, sur le thème de la violence conjugale.
Au départ, on se laisse bercer doucement par le récit d'une histoire d'amour et de rencontre. Un couple ordinaire sur un canapé se raconte, un peu comme si il était interviewvé pour un documentaire TV. Chacun prend la parole à tour de rôle. Les personnages ont des faciès animaliers, un peu à la manière de Maus, et encore une fois le décalage opère, suscite l'émotion.
Ouf, je n'ai pas vu la première gifle venir. D'une simple dispute à l'horreur quotidienne il n'y a véritablement qu'un pas, vite franchi.

A découvrir.

bouton3 Editions Futuropolis - 20€ - Septembre 2009

a_la_folie_p3  

Le billet de Choco

26 septembre 2010

Ne plus

Ne pas être comme sa mèrene_plus
Ne pas vivre mâchoire serrée
Ne plus être comme son père
Ne pas s'enfermer pour écrire
Ne pas se suffire
Arrêter de s'excuser
De geindre
Avant, la passivité
L'indifférence jouée
Travaillée à petits points
Avant, cette terreur incroyable de tout
Ne pas jouer, ne plus se cacher, ne plus feindre

Libre et nue, fragile et tendre
Accepter enfin dans son corps apaisé
L'amour d'où il vient

© Les écrits d'Antigone - 2010

16 mars 2011

Ma boîte à poèmes

Ce blog se met tranquillement en mode Printemps des Poètes et pour commencer se tourne du côté des enfants...

Depuis son entrée en primaire, ma grande fille a eu - comme d'autres élèves avant elle - quelques poèmes divers et variés à apprendre. Cependant, elle s'est assez vite prise d'affection pour ces mots incongrus, parfois placés sans queue ni tête mais qui gardaient toujours cette musique spéciale qui fait que l'on aime à les réciter, à les dire et à les donner. Réellement, elle a toujours aimé discuter avec moi de leur intérêt et du dessin qu'elle allait bien pouvoir y associer sur son petit cahier jaune... Bien-sûr, parfois les récitations sont éprouvantes et le par-coeur difficile à accepter mais heureusement le terme poésie a souvent rimé avec plaisir. Ainsi, elle a découvert Maurice Carême, La Fontaine et bien d'autres...
Tout ça pour vous dire que lorsqu'une certaine boîte à poèmes des éditions Tourbillon (ci-dessous) est entrée chez moi, elle a reçu un accueil des plus chaleureux.

boite_po_mes

Pas si étonnant, me direz-vous, car comme vous pouvez le constater, la boîte est jolie et déjà en elle-même un très bel objet, idéal pour une chambre d'enfant, mais elle n'est pas que cela. Elle contient de nombreuses fiches, véritable anthologie poétique (du 17ème siècle à nos jours) classée par thèmes (Bestiaire, Emotions, Saisons et temps qui passe, poèmes drolatiques, etc...). Le dernier compartiment propose à l'enfant via sa Fabrique à poèmes de l'initier aux haïkus et calligrammes... Petit plus, un tableau magnétique au dos du boîtier permet d'y apposer une cinquantaine de mots-magnets et de s'exercer ainsi à l'art d'associer les mots.

Ma grande-fille (9 ans) adore, s'est approprié la boîte sans tarder en passant rapidement des magnets aux petits cartons colorés, et j'ai eu toutes les peines du monde à en extraire quelques fiches pour m'en faire ma propre idée. Le soir-même, elle recopiait un des textes sur une feuille et s'amusait du Boeuf à la coque de Paul Fournel. J'ai pour ma part été assez bluffée du choix des poètes, et de retrouver des noms comme Anna de Noailles, Rosemonde Gérard ou Andrée Chédid accolés à des titres que je ne connais pas, me donne à penser que je vais sans doute aller y voir aussi dans cette boîte-là. En bref, nous voici toutes les deux complètement convaincues et séduites. Tout cela est bien épatant. Grand merci à Aurélie !

Une sélection de poèmes de Michel Piquemal - Editions Tourbillon - 21.95€ - Novembre 2010
Recommandé à partir de 8 ans - http://www.editions-tourbillon.fr/

Un petit extrait des poèmes drolatiques...

La boîte à sardines

En ouvrant sa boîte de sardines
Monsieur X, marié, trois enfants,
Jusqu'alors bien portant
Trouva dans l'huile
Six poupées Barbie
Qu'il mangea sur l'heure
Tartinées au beurre
Il laissa les arêtes
Partit au travail
Faisant une drôle de tête.

Jusqu'alors bien portant
Monsieur X, marié, trois enfants,
Dandinait du derrière
Anormalement.

Michel Lautru, Autour de tout, Cotcodi 2003

24 juin 2010

En cours de lecture...

Virginia_20Woolf_02"Il n'y a pratiquement plus personne à Londres maintenant avec qui je puisse parler de mon écriture ou de celle de Shakespeare. Je commence à penser que je ferais mieux d'arrêter d'écrire des romans, puisque, qu'on écrive ou qu'on n'écrive pas, tout le monde s'en fout. Est-ce qu'il t'arrive d'avoir l'impression que ta vie ne sert strictement à rien, qu'elle se passe dans un rêve, dans lequel ces espèces de buffles viennent donner un coup de corne de temps à autre ? Ou bien as-tu toujours la certitude que tu comptes, que tu comptes plus que les autres ? Je suppose que le fait d'avoir des enfants doit changer beaucoup de choses, en même temps peut-être que ce n'est pas une solution de les rendre responsables de sa propre inefficacité - ou plutôt de sa transparence, de son insignifiance, de son absence de réalité...enfin, tu vois ce que je veux dire."

Extrait d'une lettre à Vanessa Bell (13 novembre 1918)
in Ce que je suis en réalité demeure inconnu, Lettres de Virginia Woolf (1901-1941), éditions Points

26 août 2009

La Perrita, Isabelle Condou (Rentrée littéraire 2009)

laperritaheart Plon – 294 pages

La Perrita (en espagnol) signifie « petite chienne » ou « chienne bien aimée ». La Perrita dans le roman d’Isabelle Condou est une femme, une prisonnière, celle qui va donner naissance à l’enfant tant attendue, celle qui va hanter les pensées de Violetta (bourgeoise gâtée à qui rien ne doit manquer, surtout pas la possibilité d’être mère, au risque de s’arranger avec une conscience de toutes manières versatile).

Mais reprenons le fil du récit là où il commence…

Nous sommes en Argentine, en 1996, deux femmes préparent une fête. Elles attendent toutes les deux une jeune-fille, la même. Celle-ci va avoir 18 ans. Pour l’une, Violetta, la jeune-fille se nomme Malvina, elle est l’enfant qu’elle s’est appropriée, qu’elle a volée à cette femme, La Perrita , allongée sur son lit d’hôpital, le visage boursouflé de coups et d’ecchymoses. Pour la seconde, Ernestina, cette enfant est Rose, la petite-fille dont elle n’espérait plus l’existence, née de son fils disparu, enlevé, séquestré, tué, et d’une belle-fille au regard si bleu, si pénétrant, si doux, qu’elle ne verra plus jamais, elle non plus. Les deux femmes, au fil de leur préparations, se remémorent leur jeunesse, leurs attentes, leurs désillusions, leurs drames. Tout les oppose. Seule une enfant perdue dans son histoire réunit ces deux univers, symbolisant chacun une Argentine coupée en deux, blessée, malmenée par son passé.

Je suis tombée en amour avec l’écriture d’Isabelle Condou bien avant d’ouvrir ce livre-ci. Tout a commencé en 2007, avec la découverte de son roman la Solitude de l’aube (2006)  où la singularité de son style, sa voix particulière, le talent avec lequel elle semblait construire un univers, se l’approprier, le rendre  réel m’a frappé. J’ai continué mon parcours avec la lecture de Il était disparu (2004),  roman qui m’a également beaucoup plu. Chez Isabelle Condou, il est beaucoup question de disparition, d’attente, d’amour, de groupe, de fêlures et de distances, d’Histoire. La Perrita ne déroge pas à la règle, et ce n’était pas pour me déplaire. Malgré quelques difficultés, dans les première pages, à appréhender d’emblée les personnages – on passe d’une maison à une autre, d’une histoire à une autre –, je me suis glissée avec plaisir, et très rapidement, dans un univers argentin qui nous devient très vite familier, proche, sensible. Isabelle Condou a en effet, cette capacité fine de partir du corps, de la terre, des gestes quotidiens, des salissures et des faiblesses, pour nous raconter des histoires où l’amour règne, mais aussi la beauté, la grâce et l’héroïsme. Elle interroge par la même occasion nos propres faiblesses, nos incertitudes, nos manquements. Voilà donc encore un grand roman d’une auteure qu’il me semble urgent de lire, et de découvrir bien plus largement ! On aime ici Ernestina, Juan, Elena, et tous les personnages fêlés qui hantent le roman, et on voudrait avoir ce pouvoir-là de lecteur de préserver ce qui peut l’être, de les serrer –rien qu’une fois – dans nos bras. Un très beau moment de lecture.

« Rangés dans un placard, il y avait aussi les cadeaux de Noël que Juan et Elena n’avaient jamais ouverts. Et puis au fond d’un tiroir, le plus bas du buffet, se cachait le disque d’une berceuse de grand-mère qu’Ernestina s’était promis d’écouter au repas de baptême, et rien qu’à passer devant le buffet, maintenant, quelque chose à son oreille grinçait. Partout dans l’appartement elle se heurtait au souvenir d’un avenir qui n’avait pas eu lieu. Le vide tenait tant de place qu’elle pouvait le toucher, où qu’elle posât les yeux. Elle le sentait sur sa peau, dans ses oreilles et jusqu’au-dedans de la bouche, que ça ressemblait aux prémices d’un amour à naître. Ni les curés, ni les sorcières ne mentent, il y a bien une vie après la vie puisque l’absence prend corps dans la maison, comme un ventre qui gonfle et que l’on caresse, et qui donne l’envie de s’asseoir à attendre, sa propre mort, sans doute. Mais quelque chose lui interdisait de s’asseoir. Un fol espoir. Celui que peut-être l’avenir n’était pas tout à fait mort, que l’on y attendait son petit-enfant. De cet espoir, elle ne démordait pas. »

bouton3   Note de lecture : 5/5

ISBN 978 2 259 20765 2 - 20€ - 08/09

(Ce blog a décidé  de s'associer à un projet ambitieux : chroniquer l'ensemble des livres de la rentrée littéraire !  Vous retrouverez donc aussi cette chronique sur le site Chroniques de la rentrée littéraire qui regroupe l'ensemble des chroniques réalisées dans le cadre de l'opération. Pour en savoir plus c'est ici.)

En partenariat avec Ulike - Ma chronique sur le site

La lecture de Cathulu - Celle de Cuné -

25 octobre 2013

Il pleuvait des oiseaux, Jocelyne Saucier

ilpleuvaitdesoiseaux

"- Penses-tu mourir aujourd'hui, mon Charlie ?
- Si j'ai une autre nuit comme ça, peut-être demain. Mais s'il faut que ce soit demain, je voudrais que ce soit au coucher du soleil. J'ai toujours voulu mourir devant un coucher de soleil.
- Demain à la brunante donc.
- C'est ça, à la brunante. Mais si ça tardait trop, je remettrais ça à plus tard. Je veux pas mourir dans le noir."

Une photographe, un brin curieuse, débarque au fin fond d'une forêt, attirée là par l'histoire ancienne des Grands Feux qui ont ravagé autrefois le nord de l'Ontario au début du XXème siècle. Elle cherche à capter quelque chose, via les portraits des survivants, leurs récits, et ne s'attend pas à tomber sur trois êtres épris de liberté, caché là pour choisir leur vie, et surtout leur mort...

Je me suis tout d'abord perdue dans les premières pages de Il pleuvait des oiseaux et puis, j'ai été peu à peu touchée par la grâce presque iréelle de ce roman, beau, finalement lumineux malgré sa couverture sombre, et plein d'espoir. La galerie de personnages que Jocelyne Saucier convoque est réellement touchante, atypique, mais c'est celui, aérien et fragile de Marie-Desneige, qui apporte véritablement un souffle évident à l'histoire, créant un lien entre les protagonistes, la montée de sentiments - amoureux ou amicaux -, et apporte par son regard particulier beaucoup à la photographe, narratrice malgré elle d'évènements qui la dépasse.
Une lecture sensible et originale en cette rentrée littéraire.

Editions Denoël - 16€ - Août 2013

De nombreuses lectures enthousiastes pour ce livre... Aifelle (un mélange savoureux) - Cathulu (découverte difficilement oubliable et un vrai coup de cœur !) - Clara (touchée et coulée) - Karine (une réussite !) - Trop confus pour Alice ! ...

9 mars 2009

Stage d'écriture (suite)

Hier, je vous parlais du stage d'écritureexercice1 auquel j'ai participé la semaine dernière...

Je vous présente aujourd'hui le résultat du premier exercice que nous avons fait ensemble. Il s'agissait de, très vite, sans réfléchir, établir une liste d'animaux... (mais pourquoi commençons nous tous par les animaux de la ferme ?) puis d'écrire dans l'ordre et pour chaque animal cité une phrase, en décidant ainsi, sous l'impulsion, d'en faire un texte, ou pas. Une porte ouverte à de drôles de phrases et à des expressions toutes faites entrées dans le langage commun. Une franche partie de rigolade aussi !!

Vous trouverez ci-dessous ce que j'en ai fait - nous avions très peu de temps - je vous préviens c'est du grand n'importe quoi ! Les autres textes ne seront pas du même acabit...

"Le chat pelote. Les chiens aboient. Les poules picorent tandis que les cochons paissent. Les chèvres broutent et les serpents sifflent...sur nos têtes. Dindons et coqs s'entremêlent. Les pintades font la fête aux canards. Les truies ruminent dans leur coin. Les singes grimpent et l'ours n'en fait qu'à sa tête. Les lions sont ce qu'ils sont. Les dindes aussi. Les arraignées tissent des toiles imaginaires que les pies défient. Tout est histoire de faisans, de scorpions ou peut-être de loups. Les renards piègent. Les rats tricotent. Les souris sourient. Il n'y a que ça à faire, disent les mouches. Les ânes sont là qui guettent. On ne sait jamais, et si les libellules annonçaient le printemps ? Tigres en furie, léopards en guinguette, les autruches font leurs autruches et les vaches s'indiffèrent. Coccinelle, où seras-tu lorsque l'hiver sera venu ? Des tortues plein les champs, les rhinocéros se marrent."

Chaque participant, malgré des listes très approchantes, a lu un résultat bien différent... La suite demain !

© Les écrits d'Antigone - 2009
Un texte écrit dans le cadre d'un stage d'écriture animé par Olivia Rosenthal.

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  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
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