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Les lectures d'Antigone ...
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Ardoise magique

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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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3 juin 2012

La reine des lectrices, Alan Bennett

lareinedeslectrices"La lecture avait suscité en elle une passion telle qu'elle n'en avait jamais connue auparavant et elle dévorait les livres à une vitesse ahurissante - même si, en dehors de Norman, nul ne s'en apercevait vraiment.
Elle ne parlait d'ailleurs de ses lectures à personne, encore moins en public, sachant qu'une passion aussi tardive - si sincère soit-elle - risquait de l'exposer au ridicule. [...] A son âge, à quoi bon ? auraient pensé les gens. Pour elle, cependant, rien n'était plus sérieux et elle éprouvait à l'égard de la lecture le même sentiment que certains écrivains envers l'écriture : il lui était impossible de s'y dérober."

La Reine des lectrices est une oeuvre de fiction, toute ressemblance etc... Mais n'est-ce pas le meilleur jour qui soit pour ouvrir ce livre que celui de son jubilé dont j'écoute à l'instant la retransmission en fond sonore à la télévision ?

Voici un livre assez charmant qui imagine la reine des anglais se prenant à plus de quatre-vingt ans d'une passion aussi subite que surprenante pour la lecture. Tout commence alors qu'elle tombe un mercredi sur le bibliobus de Westminster, elle emprunte un livre puis un autre et s'enclenche un mécanisme et un plaisir qu'elle n'imaginait pas. Elle réalise alors tout le temps perdu, ces auteurs rencontrés auparavant sans les avoir lus, et que cet engouement est sans fin. La vie de la reine change, ses préoccupations également, et l'entourage commence à s'inquiéter, à intriguer pour retrouver une normalité plus rassurante. C'est compter sans la persévérance et l'inflexibilité de cette petite femme volontaire qui mène son monde avec fermeté.

Une lecture, bien agréable, qui partage notre goût immodéré pour la lecture.

Editions Folio - 4.20€ - Mai 2010

Un livre beaucoup lu sur la blogosphère qui compte 333 avis sur Babélio

Un grand merci à Véro l'encreuse pour ce cadeau !!

Pour rester dans l'ambiance, je pense enchaîner ce soir avec Le Discours d'un roi... qui nous conte l'histoire de son père.

 

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1 mai 2012

L'art poétique

À Charles Moricemuguet

De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

Il faut aussi que tu n'ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l'Indécis au Précis se joint.

C'est des beaux yeux derrière des voiles
C'est le grand jour tremblant de midi,
C'est par un ciel d'automne attiédi
Le bleu fouillis des claires étoiles!

Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance!
Oh! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !

Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L'Esprit cruel et le Rire impur,
Qui font pleurer les yeux de l'Azur
Et tout cet ail de basse cuisine !

Prends l'éloquence et tords-lui son cou !
Tu feras bien, en train d'énergie,
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'où ?

Ô qui dira les torts de la Rime ?
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d'un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ?

De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée
Vers d'autres cieux à d'autres amours.

Que ton vers soit la bonne aventure
Eparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym...
Et tout le reste est littérature.

 Paul Verlaine

29 février 2012

Nos étoiles ont filé, Anne-Marie Revol

nos_toilesontfil_"Mes absentes,
Deux mois que vous êtes mortes. Contre toute attente, la terre ne s'est pas arrêtée de tourner. La semaine dernière, je me suis fâchée avec le postier qui refusait de me monter un paquet. Hier, votre père m'a morigénée pour avoir cassé trois verres à pied : "Tu me soûles, Marie, c'est tout ce qui me reste de ma mère !" Et cet après-midi je me suis offert une paire - hors de prix - de bottes Roger Vivier. Il y a vraiment de quoi rire. Ou pleurer. Au choix."

11 Août 2008, deux petites filles décèdent dans un incendie, coincées dans leur chambre à l'étage. Les secours n'ont rien pu faire pour les sauver. Elles étaient en vacances chez leurs grand-parents, leurs parents étaient en voyage. Ce matin-là, la radio fait écho de ce malheur, la France entière apprend ce fait-divers et est effrayée et peinée. Dans les semaines qui suivent les magasins seront dévalisés de leurs détecteurs de fumée. Mais c'est à Anne-Marie Revol que ce drame est arrivé, ce sont ses deux petites-filles à elle qu'elle a perdu, elle et son mari. Aussitôt, se fait sentir en la jeune-femme le désir puissant de leur parler, de leur écrire des lettres, pour les atteindre où elles sont, pour leur donner vie chaque jour, pour ne surtout pas les perdre dans l'oubli...
Ce titre est un recueil de ces lettres, rédigées de l'avant veille de leur décès à la naissance de leur petit frère.

L'envie de lire ce livre m'est venu il y a un moment déjà, en lisant des critiques sobres et enthousiastes, et en visionnant une interview d'Anne-marie Revol (journaliste à France2). Je me souviens avoir été non pas émue mais profondément troublée par la force de l'amour assez rare qui semblait exister entre son mari et elle, et cette manière très spéciale d'être à la fois triste et heureuse de vivre après ce drame ultime. J'ai retrouvé cette impression dans son livre, et cela n'a fait que confirmer mon admiration. Mais loin de n'être qu'un témoignage, ce récit est aussi un beau texte (je ne l'aurai sans doute pas lu si je n'en avais pas été convaincue auparavant) et il remplit grandement son objet, permettre à Pénélope et Paloma de rester dans les mémoires pour longtemps. 

Je ne sais trop pourquoi en ce moment mes lectures se frottent sans cesse à la perte et au deuil... une manière de conjurer la peur sans doute. Heureusement, Nos étoiles ont filé ne tombe jamais dans le pathos ni l'impudeur. J'ai tout de même vécu cette lecture de manière éprouvante (je veillais en même temps mon fils un peu malade) alors qu'elle est terriblement optimiste.
Avec toute l'émotion ressentie en parcourant ces pages, je ne peux faire autrement que d'en faire un coup de coeur !

Editions J'ai lu - 7,60€ - Octobre 2011  heart

Lu aussi par Amanda et Théoma

4 février 2012

L'année de la pensée magique, Joan Didion

l'année de la pensée magique"Le mariage, ce n'est pas seulement le temps : c'est aussi, paradoxalement, le déni du temps. Pendant quarante ans, je me suis vue à travers le regard de John. Je n'ai pas vieilli. Cette année, pour la première fois depuis mes vingt-neuf ans, je me suis vue à travers le regard des autres [...]"

Ce livre est le témoignage d'un deuil réel. En 2003, alors que Joan Didion s'apprête à dîner avec son mari, celui-ci s'effondre, victime d'une crise cardiaque. Ils viennent de rentrer chez eux, après avoir rendu visite à l'hôpital à leur fille Quintana, elle-même plongée dans le coma. Joan Didion revient sur cette année étrange et difficile où il a fallu en même temps soutenir sa fille malade, intégrer cette vérité que la vie puisse changer ainsi à tout instant, qu'un être puisse seulement disparaître d'une seconde à l'autre, et se poser les questions essentielles que soulèvent de tels évènements. Tout d'abord celles de l'apitoiement. Et puis comment être seule ? Cesser de penser que le compagnon de toujours puisse revenir ? Comment reprendre le chemin de l'écriture ?

J'ai été très sensible à la manière précise, à la fois détachée et émouvante, de Joan Didion de revenir sur son expérience. Ces moments où elle plonge dans ce qu'elle appelle le vortex, flashs qui surviennent lorsqu'un objet ou un lieu ouvrent la porte aux souvenirs, sont frappants. Je crois que ce roman peut être d'une grande aide pour ceux qui traversent également un tel évènement, le décès d'un proche. L'auteure s'attarde en effet avec compassion et tendresse sur ce que les endeuillés éprouvent. Sans y être confronté, nous pensons réellement et en général, comme elle auparavant, que ce sont les premiers jours qui sont pénibles, qu'être à la hauteur est la réaction appropriée face à la mort, alors que la difficulté provient de l'absence infinie qui s'ensuit et de tout ce qui nous confrontera sans cesse à l'absence et à l'absurdité.

"Nous nous attendons peut-être, si la mort est soudaine, à ressentir un choc. Nous ne nous attendons pas à être littéralement fous, à être la cliente pas difficile  qui croit que son mari va bientôt revenir et avoir besoin de ses chaussures."

Editions du Livre de Poche - 6.50€ -2009

Un très grand livre pour Mango - Merci Cathulu !

Ce texte a été transformé par l'auteur elle-même en un monologue, incarné sur les scènes new-yorkaise et londonienne par Vanessa Redgrave. Et c'est, en France, Fanny Ardant, lors de sa création au théâtre de l'Atelier en novembre 2011, qui donne une nouvelle vie à ce récit. Une mise en scène de T. Klifa. Il semble cependant que cette pièce ne se joue plus à l'heure actuelle. [Un extrait intéressant de l'émission de Taddeï]

31 janvier 2012

Nos baisers sont des adieux, Nina Bouraoui

nosbaiserssontdesadieux"Il lui avait fallu du temps avant de se sentir en sécurité auprès d'une femme. Elle venait des hommes comme l'on vient d'un pays."

Ce texte de Nina Bouraoui est un voyage dans les contrées subtiles et mouvantes du désir. Carnet de notes, journal intime, souvenirs, le temps s'emmêle et la chronologie, libre, décide du tableau qui sera donné au lecteur. A lui de deviner vers quelle destination on le dirige subtilement. Il y a Alger, Paris, l'Allemagne aussi, l'enfance et la maturité, la découverte et la confiance...
Des textes courts, parfois juste un paragraphe, où chaque impression, objet, réflexion, fait sens.

Voici une lecture que j'ai commencée avec prudence, n'ayant jamais rien lu de l'auteure auparavant. C'était une découverte, je n'étais pas certaine d'aimer... Et puis, après les premières pages, une fois compris le mécanisme, le fait qu'il fallait se laisser porter par le texte sans lutter, j'ai vraiment aimé. Nina Bouraoui livre une intimité de femme, aussi pudique qu'universelle. Et elle nous conte l'éveil au désir, ses mésaventures et ce qui fait la vie, l'amour.
L'inclination de la narratrice la porte vers les femmes mais chaque amoureux ou amoureuse saura se reconnaître dans l'évocation de ces émois là.
Une lecture où le fond est sublimé par la forme, car l'écriture est belle, surtout lorsqu'elle revient vers l'enfance.

"Je pensais au poids de mon corps sur la terre, puis aux autres corps qui marchaient en même temps que moi, à tous nos souffles, je pensais aux voix qui pouvaient se répondre, je pensais aux mains qui pouvaient se saisir et former un pont imaginaire entre les récifs et les côtes et puis je pensais à toutes les possibilités amoureuses, à toutes les histoires, [...] je pensais alors qu'il ne fallait pas avoir peur de l'inconnu parce qu'il ne fallait pas avoir peur de la vie, qu'elle était là comme un océan autour de moi, dans lequel je nageais pour rejoindre quelqu'un que je ne connaissais pas encore."

Editions J'ai Lu - 6.80€ - Janvier 2012

Une intéressante vidéo sur le site INA pour Un livre, un jour 

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8 octobre 2011

Notre nom est une île, Jeanne Benameur

notrenomestune_le"Les étoiles incrustées sous la chair
il faut vautour et rage
pour nous arracher
un peu
de ce qui brille

Et tant d'amour sans attente
pour garder la lumière"

De Jeanne Benameur, on connaît surtout l'activité romanesque. Ce que l'on sait moins, c'est que Jeanne Benameur est entrée en littérature avec la poésie. Son premier recueil, Naissance de l'oubli, a été publié en 1989. Même si l'écriture poétique ne l'a plus vraiment quittée, avec Notre nom est une île, l'auteure signe ici son retour en poésie, comme elle nous l'avait annoncé lors d'une rencontre [mon billet]. C'est un retour aux sources qui lui tient réellement à coeur.
Je suis heureuse, donc, de m'être penchée sur ses mots, dans lesquels on retrouve sans peine toute sa délicatesse et son univers. Il y est question de marche, de corps, de chair et d'os, de chemins, d'étoiles, de souffle et de passage. A la fin de l'ouvrage, Jeanne Benameur revient sous la forme d'un court essai, sur la place de la poésie dans notre vie, sur ce qu'elle a d'essentiel, un lien vers nous-même.

"Le poème de notre vie nous appartient. C'est peut-être la seule chose qui nous appartienne, encore faut-il en faire la quête.
Parce que j'ai compris, de tout mon être, que l'alphabet est la seule et paradoxale chance qui m'était donnée pour faire lien avec les autres, tous les autres, dans le silence tissé par les mots justes, j'écris."

Tout m'a parlé dans ce petit livre qui donne aussi un sens à tout ce que je fais, notamment sur ce blog, depuis quelques années. J'aime ce qui anime Jeanne Benameur, ses intentions, sa démarche, et la personne qu'elle est... Ce recueil va rejoindre sans tarder mes essentiels.

Editions Bruno Doucey - 6€ - Septembre 2011 heart

11 décembre 2011

Des corps en silence, Valentine Goby

descorpsensilence"Les rideaux assortis aux coussins. Elle aurait dit ça en premier, avec une tendresse atroce, si on lui avait demandé ce qui n'allait pas entre elle et Alex : les rideaux assortis aux coussins."

Deux femmes, à un siècle de distance, assistent au terme de l'amour. L'une cherche encore à séduire celui qui part, qui était pour elle l'amant absolu, sans lui son corps n'est plus rien, sans son regard elle n'existe plus. La seconde a décidé la rupture, armée de sa fille de cinq ans elle erre sur la parvis de La Défense, comment aimer encore Alex alors qu'il est devenu pour elle un petit garçon et un étranger ?

Dans Des corps en silence l'écriture de Valentine Goby reste sensuelle et forte, telle que j'en conservais le souvenir depuis mes lectures de L'Echappée ou de Qui touche à mon corps je le tue. Cependant, l'attrait en est resté là pour cette fois. Les histoires racontées ne m'ont pas séduites et le parallèle recherché entre deux femmes que tout semble opposer ne m'a pas convaincue, trop artificiel sans doute... Petite déception, donc, mais ce n'est que partie remise.

Editions Folio - 4.60€ - Septembre 2011

Clarabel est du même avis - L'avis d'Anne (des mots et des notes) dont c'était le première découverte de l'auteure 

7 décembre 2011

Les Amandes amères, Laurence Cossé

lesamandesam_res"Fadila peut bien avoir été découragée par le fait qu'elle n'a pas été admise à suivre un cours d'alphabétisation, elle n'a pas baissé les bras pour autant. Elle a un immense désir de normalité (elle veut savoir lire comme tout le monde. Etre analphabète est plus qu'un handicap, c'est une honte) et un grand besoin d'autonomie (dépendre tout le temps des autres est pénible). Elle ne demande ni aide ni assistance, au contraire, elle voudrait avoir les moyens de se débrouiller seule."

Fadila n'est plus très jeune, licenciée de son précédent emploi, sa fille a sollicité le quartier pour lui trouver des heures de repassage. Edith l'a embauchée, et lui propose un jour de lui apprendre aussi à lire et à écrire. La tâche s'avère complexe, lente et délicate, ce qui semble acquis un jour ne l'est plus le lendemain et Edith peine à trouver une méthode efficace et adapatée au cas de Fadila, élevée sans scolarité au Maroc. De fil en aiguille, les deux femmes apprennent à se connaître, un climat de confiance se crée. Entre les maladresses d'Edith et les difficultés de Fadila, c'est un drôle de ballet fait de lettres, de numéros et de liens familiaux complexes auquel il nous est donné d'assister.

Voici un livre sur lequel je n'avais aucune attente particulière et qui m'a beaucoup plu. Peut-être parce qu'en ce moment, avec petit dernier en CP, je suis sensibilisée à l'apprentissage de la lecture, peut-être. En tous les cas, loin d'être ennuyeux ce lent cheminement hors de l'analphabétisme - le lettre à lettre remplacé de temps en temps par le chiffre à chiffre - est véritablement prenant. J'y ai pensé en dehors de mon temps de lecture de ce roman. Je trouve que la vie de Fadila, faite de multiples blessures, permet vraiment de relativiser nos petits tracas quotidiens. La motivation d'Edith peut bien sembler parfois hors norme allez, mais peu importe ici. C'est une lecture qui ouvre le regard.

heart Editions Gallimard - 16.90€ - Août 2011 - Coup de coeur ! - Merci ma bibli !!

Une tentation contractée chez Cathulu pour qui ce roman est "un récit sobre et plein d'humanité" -

15 octobre 2011

L'école des saveurs, Erica Bauermeister

l__cole_des_saveurs"Lilian lui raconta tout, les biscuits et les épices, Henry James, la purée et son impression qu'en fin de compte la nourriture n'était peut-être pas la magie qui pouvait tirer sa mère de son long sommeil littéraire, qu'en fin de compte le sommeil était peut-être la seule chose qui convînt à sa mère."

Lilian, petite fille, cherche à sauver sa mère de sa léthargie en cuisinant. Elle en est persuadée, les saveurs auront ce pouvoir magique d'éloigner cette femme pleine de chagrin du sommeil littéraire dans lequel elle s'échappe de la réalité.
Lilian, adulte, est devenue cuisinière, elle dirige son propre restaurant. Tous les lundis soir, elle transmet son savoir à un groupe d'élèves. Mais son école des saveurs est bien plus qu'un cours de cuisine, il a un pouvoir révélateur étonnant...

Attention, ne passez pas à côté de ce petit roman savoureux !! C'est un de ces livres rares qui font simplement du bien, qui prônent avec délices les vertus de l'amitié et qui nous rendent un peu meilleur rien qu'à la lecture... Moi qui ne suis pas grande cuisinière mais gourmande invétérée, j'ai aimé que l'on me décrive ainsi la conception de plats concoctés avec amour. Et les différents portraits des élèves de Lilian, petite bande hétéroclite attachante, m'ont amenés à plusieurs reprises les larmes aux yeux... Bref, j'ai été touchée.
Une lecture à s'offrir et à offrir, vraiment !

heart Editions du Livre de Poche - 6.50€ - Mai 2011

Une pépite pour Lucie - Clara en souligne le pouvoir magique 

9 août 2011

En poche...

l_absence_d_oiseau_d_eauC'est un échange de correspondance entre deux écrivains, une oeuvre de fiction dans laquelle ils auraient inventé qu'ils s'aimaient. L'un a quitté l'histoire, a repris ses lettres, brutalement, ne laissant que ses vides, son absence.
La lecture de ce récit à une voix, qui se mêle malgré tout à celle de l'autre en creux, questionne profondément sur la place de l'écriture dans la vie d'une femme, mère de famille, épouse, amoureuse. 
Se loge également la faculté accrue de l'écrivain de parler des corps qui se cherchent, se trouvent et se manquent, et ce avec un naturel désarmant, sans tabou. La métaphore trouvée, utilisée, est celle de la rivière, de l'eau et du lit qui la contient, elle parcourt le récit et en façonne la trame. Et tout cela est beau, car ce texte est définitivement composé de poésie. Il nous remplit, nous émerveille et nous chamboule un peu. Il raconte la vie, la vraie, celle qui nous laisse parfois aussi sur le côté avec nos choix et nos défaites. Une vie faite de matière, de cellules humaines et de sentiments. Et rien ne nous est caché, tu. Le réel peut alors sembler cru, je l'ai trouvé moi magnifique.

"Pourquoi j'écris ? Parce qu'écrire m'est indispensable pour vivre, le bonheur comme le malheur.
En ce moment précis, depuis trois mois, j'écris parce que tu me manques, j'écris pour te séduire, pour te garder, pour que tu sois et restes amoureux de moi. Je ne veux pas que tu me quittes. Alors j'écris. Je sais que mes mots ont un pouvoir sur toi, je l'utilise, peut-être même que j'en abuse.
Je t'embrasse."

heart (L'intégralité de mon billet original ici)

Folio - 5.70€ - Juin 2011

4 mai 2011

Moi, le loup et les vacances avec pépé

moileloupetlesvacancesavecp_p_... de Delphine Perret.

"Quand on est fatigués d'être assis, qu'on en a marre de compter les voitures et qu'il y a des miettes plein le siège, alors c'est là qu'on arrive."

Un thème d'actualité pour ces vacances de Pâques qui continuent pour ma zone... mais ce n'est pas la raison essentielle de ce choix d'album, il me tendait les bras sur un présentoir de bibliothèque et était sur ma LAL (Liste A Lire) depuis tellement de temps.

Alors ? Et bien, j'ai ri, j'ai ri, j'ai aimé. Et ma grande fille de 9 ans a trouvé la fin très chouette.

Louis est un garçon ordinaire qui n'aime pas faire ses devoirs, a peur des punitions et cache dans son placard le grand méchant loup. Ben oui, quoi, normal. Ce grand méchant loup est végétarien, ou presque. En fait, c'est un végétarien "sauf-boîtes" qui adore aussi les Chocos. Louis aime également beaucoup son pépé. Alors lorsque ce dernier lui propose de partir un peu en voyage tous les deux, Louis veut emmener son compagnon. A trois, c'est mieux. Pour passer inaperçu, le loup accepte de se faire passer pour un chien, mais un loup, au départ, c'est sauvage et tout, alors il est un peu vexé, c'est que tu vois ... c'est quand même le Grand Méchant Loup. Heureusement, tout cela n'entame la bonne humeur de personne, bien au contraire. Pépé est plutôt cool. Et la mer est au bout de la route.

Editions Thierry Magnier - Juin 2010 - 12€

Existe aussi Moi le loup et les Chocos (2005) le précédent opus.

emmalit Album approuvé par de petits lecteurs.

La Soupe en parle - Je l'avais noté chez Clarabel 

2 mai 2011

De chair et de sang, Michael Cunningham

de_chair_et_de_sang"Une jolie épouse, des meubles de pin massif, des pommes de terre et des côtelettes de porc qui vous attendent au chaud dans le four. Il voulait être heureux de façon permanente, consistante, heure après heure, pas seulement par petits accès qui s'emparaient de lui à l'improviste, en général quand il se trouvait seul. Il avait travaillé si durement. Il se disait qu'en se comportant comme quelqu'un d'heureux, en s'exprimant comme un homme heureux, il pourrait peut-être retrouver le bonheur. Il pourrait le saisir par ses ailes invisibles et le tenir serré contre sa poitrine."

En ce début des années 50, aux Etats-Unis, Constantin et Mary ont tout à prouver, descendants d'immigrants pauvres, la vie les a unis très jeunes (pour le meilleur espèrent-ils). Et la réussite est effectivement là au détour du chemin, bienvenue après des années de galère. Constantin fait fortune dans l'immobilier.
Mais la violence est très présente aussi. Constantin pique des colères terribles. Et le désir de perfection dans lequel Mary met tout son honneur et toute son énergie pervertit tout, et surtout le lien qui les unit à leurs enfants.
Susan devra s'enfuir pour rompre la relation - à la limite de l'inceste - initiée par son père. Billy se cherchera longtemps avant de se trouver dans un nouveau prénom, une autre vie. Zoé, la petite dernière, adoptée par un travesti de Manhattan, deviendra la mère célibataire d'un enfant noir.
Pour des parents, cherchant à tout prix à maintenir une façade de respectabilité au sein d'une haute société à majorité blanche, la pilule est difficile à avaler et le scandale total. Cependant, le temps qui passe lisse les aspérités de chacun et laisse - contre toutes attentes - entrevoir l'existence d'une famille soudée malgré les divergences...

Ce roman, épais et dense, est à la fois effroyable et magnifique. Effroyable par ce qu'il suppose de violence et de descentes aux enfers personnelles. Magnifique dans l'écriture, et dans cette particularité qu'à l'auteur de faire avancer le temps de scènes en scènes. Elles sont décrites au scalpel, d'une rare perfection. Avec elles, nous allons au creux du Moi et de ses ambivalences constantes.
Michael Cunningham est notamment l'auteur du roman Les heures, dont je n'ai vu que l'adaptation cinématographique, et qui aborde trois destins de femmes dont celui de Virginia Woolf. J'ai retrouvé ici quelques scènes terribles et similaires, comme par exemple celle de la confection du gâteau parfait. On retrouve également la description d'une femme confrontée au silence impersonnel d'une chambre d'hôtel. 
J'ai aimé lire ce roman car sa qualité est indéniable et l'expression de la solitude fort bien décrite. J'ai aimé aussi ce qui anime les personnages, malgré leurs erreurs, et tout ce qui amène en fin d'ouvrage à prôner la tolérance. J'ai moins aimé peut-être l'accumulation de moments qui m'ont parfois semblé un brin sordides, même s'ils servent de manière indéniable la narration. Un roman riche et profond, un presque coup de coeur !

bouton3 Les éditions du Livre de Poche - Avril 2011 - 6.95€

Lu dans le cadre d'un partenariat avec BOB ! Merci aux éditions du Livre de Poche !

Je me note dans un coin les deux autres romans de l'auteur Le livre des jours et La maison du bout du monde

22 avril 2011

Objectif Pal d'Avril ... L'épouse hollandaise, Eric McCormack

Peut-être faut-il d'abord aimer, sans vraiment savoir grand chose de l'autre.

l__pouse_hollandaise

"Sur le seuil se tenait un  inconnu, un homme robuste coiffé d'une casquette de toile marron qu'il ôta. [...]
"Oui ?" fit Rachel Vanderlinden. [...]
L'homme marmonna quelque chose qu'elle eut du mal à comprendre - il avait un accent, écossais peut-être.
"Pardon ?" dit-elle. [...]
Ses yeux bleux se fixèrent cette fois sur les siens et il s'exprima distinctement. "Je suis votre mari", dit-il en s'attardant sur le "Je suis". [...]
L'homme attendait, l'air embarrassé. Il semblait croire qu'il lui avait remis un message codé qu'elle était censée savoir déchiffrer et escomptait à présent une réponse. [...]
Elle l'observa un long moment. Elle dut s'éclaircir la gorge. "Entrez, lui dit-elle.
- Vous êtes sûre ?" répondit-il.
Elle réfléchit un instant. "Oui", fit-elle."
(scène hautement résumée pour rester digeste)

Alors que le narrateur de notre roman s'installe dans une nouvelle maison pour écrire tranquillement, il est pris à parti par son voisin, un vieil homme érudit qui lui promet de lui raconter l'histoire incroyable de sa mère qui a aimé deux hommes, tous deux nommés Rowland Vanderlinden. L'un était son véritable époux, féru de voyages et de découvertes, l'autre un inconnu, un imposteur disparu en pleine guerre avec ses secrets.
Thomas Vanderlinden s'avère être un formidable conteur qui, lancé jeune homme par sa mère à la recherche de son premier mari, aura ainsi l'occasion de vivre de multiples aventures et de percer les mystères qui entourent une bien surprenante mystification...

J'ai été subjuguée par ce roman, autant le dire sans ambages, écrit sous la forme je trouve du Voyage de Sindbad le Marin, de la modernité dans l'écriture en plus, voilà longtemps que je n'avais été si emballée. Beaucoup de points sont fortement intéressants : les réflexions du narrateur sur son travail d'écrivain, les récits de Thomas qui forment parfois des récits dans le récit, la personnalité féministe et pleine de caractère de Rachel, et une foule de détails qui rendent ce livre foisonnant passionnant. De plus, le dépaysement est garanti.
A la fin, on se dit que l'on se laisse souvent abuser par des impressions, des idées toutes faites sur les gens que l'on croise, et qu'en creusant un peu, la vie intime de ses voisins peut très bien s'avérer pleine de surprises.
Mon petit bémol serait sans doute cette propension de l'auteur à vouloir en fin d'ouvrage résoudre toutes les énigmes et ouvrir toutes les portes mais lorsque ce n'est pas le cas, je râle, donc soyons honnête ce n'est pas si mal de temps en temps de fermer un roman la boucle bouclée, tous les personnages et les faits bien rangés.
Une lecture de PAL qui cachait bien son jeu, en somme. Un coup de coeur !

heart Coup de coeur !! - Editions Points - 7€ - Mars 2007objectif_pal_le_retour

Papillon, emballée aussi - Noté chez Bellesahi en 2007 (ce que le temps passe vite !)

Sinon, pour déposer son billet d'Avril, c'est par ici.
La mise à jour se fait tout doucement, ne vous inquiétez pas, des enfants à préparer pour les vacances... mais que vais-je devenir sans eux ?!
 

 Objectif Pal : 9/12

30 novembre 2010

Objectif Pal de Novembre... Rien de grave, Justine Levy

rien_de_grave"Est-ce qu'il est temps, encore, de se blinder ? Est-ce que je pourrai aller jamais sans béquille, sans Xanax, les yeux grands ouverts, la vie en face ? [...] C'est difficile, le monde dans la gueule. C'est difficile, de bien voir, de bien entendre, de tout sentir, sans filtre. Est-ce que je pourrais vivre sans mes lentilles ? Est-ce que c'est pas elles qui me protègent ? Est-ce que je reverrai jamais le temps d'avant, le temps où je n'avais pas peur, où rien n'était si grave, où personne ne mourait, où le cancer n'arrivait que chez les écrivains, où Adrien était l'homme de ma vie, où papa arrangeait toujours tout ?"

Louise et Adrien étaient de jeunes mariés à l'amour lumineux, unique. Ils sont à présent un couple divorcé. Entre-temps, Paula est arrivée armée de son regard de tueuse, la dépendance aux médicaments a pris Louise pour cible, les désirs de carrière d'Adrien sont venus tout gâcher et puis l'incompréhension a occupé toute la place. C'est la vie, c'est celle de Louise, c'est un peu beaucoup celle de Justine Levy aussi, on le sait, ce livre a fait assez de bruit lorsque Paula est devenue première dame. Mais peu importe, malgré le décès de sa grand-mère, le cancer découvert bien trop tard de sa mère, Louise avance, rencontre Pablo, décide que peut-être elle souhaite aujourd'hui, pourquoi pas oui, avec lui ...faire un bébé.

La suite est contenue dans le roman suivant de Justine Levy, Mauvaise fille, que j'ai lu à sa sortie et beaucoup aimé. C'est donc ici à rebours que je reprends l'histoire... Les thèmes de cet opus là m'ont moins intéressée mais je suis toujours émerveillée par le talent de cette jeune-femme qui, mine de rien, mène sa barque de bout en bout sans faillir, d'une plume fluide et ferme, que je trouve très belle. Elle parle, elle nous raconte, elle est fragile, elle vomit entre deux chapitres, ne se lave pas toujours, ne se lève pas tous les jours, voit le monde à travers un brouillard dense, s'éparpille, tangue et se relève. Autofiction, ou pas, elle nous intéresse à sa vie. Avec ce deuxième roman, elle confirme tout l'intérêt que j'avais déjà eu avec ma précédente lecture pour elle. A suivre, donc...

bouton3  Note de lecture : 4/5 - Stock - Fev 2004

objectif_pal_le_retour

Objectif pal 2ème : 4/12

Comme je suis très très en retard pour tout, le bilan des lectures de PAL de Novembre ne sera en ligne que demain. Merci à vous !!

 

30 avril 2009

BURQA!

burqa"Essayez de boire, de manger, de marcher, d'embrasser ou même simplement de vous faire reconnaître de vos enfants ou de votre mari. Essayez de vivre avec une burqa..."
(quatrième de couverture)

(Les illustrations de l'album sont de Simona Bassano di Tufillo et le texte "Ma vie à Kaboul" de Jamila Mujahed. Cette dernière est journaliste, impliquée dans le combat des femmes afghanes, combat pour lequel elle a reçu de nombreux prix internationaux.)

Cette bande-dessinée particulière ne se raconte pas réellement, elle se parcourt en silence, avec un brin d'effroi. Elle est pleine d'humour, de décalage entre le manque de sérieux des dessins à droite et la gravité du texte sur la page de gauche, elle est pleine d'émotion contenue.

J'en avais entendu parler, je voulais la lire, voilà qui est fait !
Bien entendu, je vous la conseille vivement.

"J'entrepris donc de m'habituer à marcher en Burqa, et fis de multiples séances d'essais chez moi. Il m'est impossible de dire ce que j'ai ressenti, mais je peux affirmer que ce fut une expérience terrible. Le grillage qui constituait mon seul accès au monde extérieur était si petit, si odieux ! Je me sentais propulsée magré moi dans des temps nouveaux : les temps du malheur, de la discrimination, de l'ignominie et de l'opression, de l'abus de pouvoir et de la violence." (Un extrait)

Une autre lecture ici - Et un article sur sceneario

ISBN 9782732437729 - 12€ - Mars 2008

20 juin 2009

Des vents contraires, Olivier Adam

des_vents_contrairesFuir la ville. Fuir cette maison où tout se meurt depuis que Sarah est partie, les murs, le jardin, ses habitants.
Prendre les enfants avec soi, déménager. Aller voir la mer. Le pays de son enfance. Retrouver son frère, l'auto-école de ses parents, se fabriquer de nouveaux repères à partir d'un nouveau lieu. Investir le présent, coûte que coûte, parce qu'il le faut bien, parce que tout est devenu si difficile depuis qu'elle n'est plus là.
Se remettre à écrire - non peut-être pas - mais vivre, le moins mal possible...profiter de chaque instant.
Et renaître. Espérer renaître…

heart Inutile de garder le suspens plus longtemps. Mon petit coeur vous a déjà mis sur la piste. Ce roman d'Olivier Adam m'a touchée, énormément. Impression de lecture assez rare chez moi, je ne voulais plus en quitter les pages. Je me sentais si bien, au milieu de cette famille, pourtant blessée par la disparition de la mère, décidée à se créer une nouvelle vie en Bretagne, à Saint-Malo, une vie plus douce, si possible…
L'image du père, un peu bourru, assez imparfait, et pourtant terriblement attachant, aux petits soins pour ses deux jeunes enfants qu'il tente de préserver du désespoir et de l'attente, est une des plus belles qu'il m'ait été donné de rencontrer en littérature.
Baigné par le vent, le sel, des personnages lumineux en quête de bonheurs simples, par une écriture limpide et sans fioritures, ce roman est un voyage vers l'essentiel.
En toile de fond, surnagent des disparitions, des exclusions, des drames, des actes manqués…des retrouvailles, parce que la vie continue, malgré les désirs de quiétude, et qu'elle est faite de cela, aussi, la vie.
Un grand moment de lecture. Merci Monsieur Adam !
Et je reste sur cette impression étrange qu'une suite serait possible, que l'histoire de cette famille a poursuivi sa route en dehors des pages du livre…juste après le mot fin.

Un extrait...
" Les jours qui suivirent me firent l'effet d'une promesse, la vie prenait des airs de vacances, les gamins dormaient tard, se levaient sans grognements ni larmes, et les heures filaient comme un long trait de lumière. On a fignolé deux trois trucs dans la maison, dévalisé quelques boutiques, mais l'essentiel on l'a passé dehors, à profiter de la mer et du sable qui s'offraient sans compter sous un soleil suspect, trop généreux pour la saison. J'ai pris ce qu'on me donnait sans broncher, ça faisait trop longtemps que la vie nous battait froid pour rechigner. J'étais juste un peu sur mes gardes, la méfiance m'était devenue une seconde peau, la parenthèse se refermerait sans prévenir. En attendant, les petits étaient calmes et sereins, de temps à autre un éclair de joie illuminait leurs visages, le paysage agissait sur eux comme un baume. On jouait au ballon pendant des heures, on se lançait des frisbees sous le ciel limpide, Manon creusait le sable sans jamais s'en lasser. Je m'installais à une table en plastique de la buvette, Denise m'apportait mon café et rentrait se réchauffer dans son salon de cuir. Elle m'avait vu grandir et se réjouissait de me revoir. Elle ne m'a rien demandé concernant Sarah. Ici tout le monde était au courant. "

bouton3 Note de lecture : 5/5

ISBN 978 2 87929 646 3 - 20€ - JANVIER 2009

Un immense merci à Véro qui a fait voyager ce livre à travers les océans juste pour moi, et qui m'avait donné très envie de lire ce roman grâce à son billet et aussi grâce à cet extrait.

D'autres lectures : Clarabel l'a trouvé déprimant - Dda sur biblioblog a aimé, l'a trouvé lumineux et d'une force incroyable - Marie en est sortie complètement sonnée et lui attribue un coeur - Cuné nous parle de ciment, de famille, d'amour et j'aime bien - L'avis d'Amanda - Les buveurs d'encre sont enthousiastes -

Ce titre a reçu le Grand Prix RTL-Lire 2009

24 mars 2009

Albane Gellé

albane_gell__photo_ouest_franceJe suis de retour par ici aujourd'hui pour vous parler du moment de lecture déroulé avec Albane Gellé jeudi dernier dans ma ville...

J'ai peu de choses à en dire mais beaucoup à en penser. Que dire donc, sinon qu'elle est poète et que dans ses poèmes - ou textes courts - il y a du rythme, un rythme pas si simple, bourré d'ellipses, de surprises et de quotidien. Que dire, sinon que lors de sa lecture des extraits de son dernier texte Bougé(e) (paru aux éditions du Seuil, collection Déplacements, en février 2009), j'ai entendu des fragments de ce que j'aurais aimé écrire aussi bien, sur la difficulté de mêler l'écriture à la vie par exemple, et que cela m'a étrangement réconfortée.

Que vous dire, à part vous citer des extraits des livres achetés à l'occasion, édités chez Inventaire-Invention , et vous en laisser goûter les images, tout simplement ...

gelle_quelques

"Les mouvements d'ascenseur depuis vingt ans que ça dure, les coeurs à l'intérieur, est-ce qu'ils s'écoutent battre, au lieu de quel sale temps vraiment alors."

"Pour sa femme il dit maman, sans faire exprès, c'est depuis les enfants, tandis qu'au mur la jeune mariée est restée dans un cadre d'une vingtaine de centimètres."

"Elle crie contre sa mère, le chien et le facteur, n'appelle pas au secours, ne part pas en voyage, de toutes ses forces, un soir écrase sa cigarette sur l'interrupteur de l'escalier."

Quelques, Inventaire-Invention, 2004

UNBRUITDEVERREENELLE

"un homme ses mots restent bloqués dans sa bouche ça sort tout d'un seul coup et en désordre ça fait comme des cailloux qui tombent de la grêle quelque chose de dur devant on sait pas toujours comment recevoir on n'aime pas les grimaces en général et cet homme-là il panique pour presque rien c'est une grimace à lui tout seul"

"un homme sa mère lui téléphone tous les jours à midi pile il réinvente ses journées pour elle parce qu'il n'a rien de nouveau vraiment à dire c'est beaucoup pour lui tous les jours à midi ça encombre le reste de son temps alors on lui donne des médicaments"

Un bruit de verre en elle, Inventaire-Invention, 2002

Une biographie/bibliographie sur le site Poéizabo

24 août 2008

Les années, Annie Ernaux

LES_ANNEES"Au travers de photos et de souvenirs laissés par les évènements, les mots et les choses, Annie Ernaux donne à ressentir le passage des années, de l'après-guerre à aujourd'hui. En même temps, elle inscrit l'existence dans une forme nouvelle d'autobiographie, impersonnelle et collective." (extrait de quatrième de couverture)

heart Voici peut-être le travail d'une vie, le résultat de notes amoncelées au fil des années, la réalisation d'un projet qui semblerait gargantuesque à n'importe qui et un récit qu'Annie Ernaux nous livre ici pourtant sans faute de rythme, comme un cadeau, d'une douceur et d'une légèreté surprenante. Le "nous" devient "on", nous englobe, et le "je" est mis en retrait dans un "elle" derrière lequel on devine aisément l'auteure, dont on connaissait déjà des fragments de vie (ici et ici aussi). Des années 50 à nos jours, Annie Ernaux parle d'elle, de son histoire personnelle, de ses parents, de ses enfants, de ses amants, et du monde, un monde vu par le petit bout de la lorgnette, mais un monde réel dans lequel nous avons vécu nous aussi. On se dit sans cesse, au fil de notre lecture "Ah oui c'est vrai", et on se surprend à sourire de nos paroles, à se souvenir des objets à présent délaissés du quotidien, à adhérer (ou pas) aux réflexions de la romancière sur les évènements de l'actualité. Un exercice de style magistral, un défi relevé avec talent et un moment de lecture dont j'aimerais goûter la saveur plus souvent !!!

"Elle voudrait réunir ces multiples images d'elle, séparées, désacordées, par le fil d'un récit, celui de son existence, depuis sa naissance pendant la Seconde Guerre mondiale jusqu'à aujourd'hui. Une existence singulière donc mais fondue aussi dans le mouvement d'une génération."

"La forme de son livre ne peut donc surgir que d'une immersion dans les images de sa mémoire pour détailler les signes spécifiques de l'époque, l'année, plus ou moins certaine, dans laquelle elles se situent - les raccorder de proche en proche à d'autres, s'efforcer de réentendre les paroles des gens, les commentaires sur les évènements et les objets, prélevés dans la masse des discours flottants, cette rumeur qui apporte sans relâche les formulations incessantes de ce que nous sommes et devons être, penser, croire, craindre, espérer. Ce que ce monde a imprimé en elle et ses contemporains, elle s'en servira pour reconstituer un temps commun, celui qui a glissé d'il y a si longtemps à aujourd'hui - pour, en retrouvant la mémoire de la mémoire collective dans une mémoire individuelle, rendre la dimension vécue de l'Histoire."

bouton3 Note de lecture : 5/5

ISBN 978 2 07 077922 2 - 17€ - Mars 2008

Une lecture intéressante chez Le blog des livres, celle de Cathulu

L'article de C Sauvage pour LivresHebdo

Et un grand merci à ma perspicace prêteuse !!

9 juillet 2008

Une chambre à soi, Virginia Woolf

UNE_CHAMBRE_A_SOI

Interrogée par des étudiantes de Cambridge sur le sujet suivant, "la femme et le roman", Virginia Woolf tente dans ce pamphlet de répondre à leur attente et laisse s'exprimer son irritation et ses convictions sur le sujet, tout en revenant sur l'histoire féminine de la littérature...

Elle explique ainsi comment les femmes ont été depuis toujours dans l'incapacité d'exprimer un quelconque génie, placées qu'elles étaient sous l'emprise financière et intellectuelle des hommes, et privées de l'essentiel, c'est à dire de quoi vivre, du temps et une "chambre à soi".

Je voulais lire des écrits de Virginia Woolf depuis cette rencontre avec Arnaud Cathrine et Geneviève Brisac durant laquelle avaient été lus des extraits de son journal, et plus particulièrement cet écrit là.
Voilà qui est fait, et je suis heureuse d'avoir partagé pendant quelques pages le fil des pensées de cette auteure.
Toute mesure gardée, sa démonstration rencontre mes propres réflexions du moment. Comment écrire au milieu du salon et des enfants (apparemment Jane Austen y réussissait très bien), sans temps pour le faire et sans une solitude parfois nécessaire pour rêver un peu ?

Un extrait...
" Mais, ce qui me semble déplorable, continuai-je, regardant de nouveau du côté des rayons, c'est qu'on ne sache rien qui concerne les femmes avant le XVIIIè siècle. Rien ne permet de savoir si je dois m'adresser ici ou là. Me voici en train de me demander pourquoi, à l'époque élisabéthaine, les femmes n'écrivaient pas de poésie et je ne suis pas seulement sûre de la façon dont elles étaient élevées. Leur apprenait-on à écrire ? Avaient-elles un salon personnel ? Combien de femmes avaient-elles des enfants avant leur vingt et unième année ? En un mot, que faisaient-elles de huit heures du matin à huit heures du soir ?"

Virginia Woolf est née à Londres le 25 janvier 1882 - Victime de dépression chronique, elle met fin à ses jours le 28 mars 1941. Elle laisse des romans, des nouvelles, des essais et un Journal qui paraît après sa mort.

23 juin 2008

Lettres à Lou Andreas-Salomé, Rilke

lettres___lou"Au milieu du mois de mai 1897, René Maria Rilke rencontre Lou Andreas-Salomé à Munich. Il a vingt et un ans, elle en a trente-six. Rencontre déterminante : quelque temps plus tard, le poète abandonne son prénom pour celui de Rainer, signant là comme une seconde naissance.Car si Lou est l'amante [..] elle est surtout la mère nourricière et libératrice, intimement convaincue de la vocation de celui qu'elle qualifie d'"élu du destin". [...] Au printemps 1900, lors de leur deuxième voyage en Russie, Lou, éperdument avide de liberté, s'éloigne du poète tout en le conjurant de ne pas succomber au pathologique et de progresser seul vers la maturité de son art.
Désormais, elle ne sera plus la femme à laquelle il s'en remet - bien d'autres femmes l'inspirèrent -, mais elle restera la seule référence dans son existence, l'amie, la confidente. Leur correspondance - commencée dès leur première rencontre - reprend trois ans plus tard et ne cessera qu'à la mort de Rilke, le 29 décembre 1926." (extrait du dossier en fin d'ouvrage intitulé Lou et la naissance du poète)

Toujours à la recherche de Rilke, suite à ma lecture des Lettres à un jeune poète, je me suis penchée sur ces lettres là, très différentes.
Rilke n'a plus ici le rôle du maître qui donne conseils et règles d'écriture. Il n'est qu'un auteur à la recherche de son art, qui demande son avis à une amie, seule capable de le "comprendre" et d'écouter ses souffrances, doutes et hésitations.
Du lyrisme des premières lettres, enflammées, nous passons à des propos plus sombres, plus anxieux, ceux d'un auteur en proie à un état poétique déstabilisant, habité par le poids des années et par des questionnements constants.

Proche de Nietzsche, puis de Freud, Lou est pour Rilke l'interlocutrice idéale, intelligente et sensible, attentive, qui permet au poète d'accoucher de son oeuvre.
Ce recueil m'a moins touché que le précédent mais il permet d'apréhender Rilke de manière plus intime et plus réelle aussi.

Un extrait...
"Tu es mon jour de fête. Et quand je te visite en rêve, j'ai toujours des fleurs dans mes cheveux.
Je voudrais mettre des fleurs dans tes cheveux. Lesquelles ? Aucune n'est d'une simplicité suffisamment touchante. En quel mois de mai les trouver ? - Maintenant, je crois que tu as toujours une guirlande dans tes cheveux - ou une couronne...je ne t'ai jamais vue autrement."

5 juin 2008

Lettres à un jeune poète

RILKEheart Je me suis penchée sur Rilke...ou peut-être est-ce Rilke qui s'est penché sur moi, je ne sais plus.
Pourquoi avoir tant tardé à lire ces quelques pages ?

J'avais de ce recueil épistolaire une image déformée, fausse (la faute aux extraits choisis le plus souvent en citations ?).

Je pensais étrangement que ces fameuses "lettres à un jeune poète", jamais lues intégralement, n'étaient qu'une leçon d'écrivain reconnu, censé "décourager" les jeunes poètes (justement) de se lancer, de manière inconséquente, dans l'écriture. Alors qu'il n'en est vraiment rien...

Les lettres de Rilke regorgent, en fait, d'humanité, de douceur et d'"encouragement".
Elles résultent de son intérêt pour un autre jeune poète, apprenti, Franz Kappus qui, alors âgé de vingt ans, décide d'envoyer ses tentatives poétiques à Rainer Maria Rilke et de solliciter son jugement. Débute ainsi une correspondance régulière entre les deux hommes qui durera jusqu'en 1908. Ces dix lettres seront publiées en 1929, soit trois ans après le décès de leur auteur.

Rilke, au cours de sa correspondance, renvoie surtout le jeune poète en herbe Kappus, à sa solitude, seule lieu possible, pour lui, de création et de connaissance de soi.

Je vous livre enfin ces quelques lignes, qui termine sa lettre du 12 août 1904 - elles m'ont touchée au cours de ma lecture (résonnances toutes intimes) et elles m'ont véritablement données envie de lire et de connaître cet auteur plus avant...
"Et si j'ai encore une chose à vous dire, j'ajouterai ceci : ne croyez pas que celui qui cherche à vous réconforter vit sans difficulté parmi les mots simples et tranquilles qui, parfois, vous font du bien. Sa vie est pleine de peine et de tristesse, et reste très en deçà de la vôtre. S'il en était autrement, il n'eût jamais su trouver ces mots."

8 janvier 2017

Mon dernier continent, Midge Raymond

monderniercontinent

Tu avais envie que l'on continue à te raconter des histoires... alors quoi de mieux que d'ouvrir ce Dernier continent, roman écologique, et aussi de catastrophe, qui nous annonce dès le début le drame à venir... (Une semaine avant le naufrage) Pendant des pages, tu vis alors avec cette femme, Deb, une américaine, passionnée par les manchots, l'Antarctique, mais également prise de passion pour cet homme, Keller, qui ne cesse de lui échapper (pfffff)... Elle est à la fois une scientifique chargée d'observer l'impact du tourisme sur les animaux rencontrés, mais également une guide pour touristes en mal de sensations fortes. Paradoxe de la vie... très bien rendu dans ce livre où les personnages ne cessent de peser le pour et le contre de leurs engagements. Heureusement, Deb travaille sur le Cormoran, un vaisseau amiral respectueux de l'environnement, et non pas sur ce monstre de paquebot, l'Australis, qui s'engage dangereusement dans les mers du Sud. Encore cette fois, tu trouves la chronologie bizarre. Toi qui saute d'habitude allègrement le nom des chapitres, tu t'efforces là de te concentrer dessus, puisqu'ils sont marqueurs de temps, et que ça change tout le temps le temps dans ce roman, en désordre, entre des années ou quelques jours avant le drame. Et puis, malgré ce va et vient, et un style d'écriture qui au départ ne te prenait pas vraiment (trop léger ?), tu t'attaches au personnage principal, à cette femme qui cache un coeur tendre sous ses couches de vêtements superposés et sa solitude. Avec elle, tu as froid, tu doutes de tes choix, tu attends (parfois des années), tu t'énerves en silence, tu persévères, tu as peur, tu aimes... et tu espères. Tu as lu ce livre cachée sous des couvertures, bien au chaud, dans le confort douillet d'un pré réveillon tranquille... et pourtant il te semble avoir entendu le sifflement du vent sur la glace, ce silence si particulier sous les cris des oiseaux marins, et avoir senti tout près de toi la force des icebergs... mais sans doute as-tu rêvé ? 

Editions Stock la cosmopolite - Novembre 2016

Nicole l'a lu aussi

31 août 2016

J'ai tué papa, Mélanie richoz ~ Rentrée littéraire 2016

jaituepapa"Je tue papa tous les lundis au petit déjeuner"

Antoine est un enfant autiste. Ses parents ont l'habitude de gérer ses crises, d'aller le chercher en catastrophe à l'école, de ses questions bizarres et pourtant si naturelles. Antoine est passionné par les dinosaures, cherche à comprendre malgré son handicap le monde qui l'entoure, fait des fiches pour tout ce qu'il est utile de se rappeler, notamment le second degré, les métaphores, les règles d'usage et de politesse pour vivre en société. Malheureusement, et malgré ses progrès, ses nouveaux amis, Antoine est perturbé. Sa mère semble triste, et son père est allongé sans bouger dans cet hôpital où il lui rend régulièrement visite. Il faudra du temps à l'enfant pour qu'il comprenne pourquoi son père est ainsi muet, et du temps pour s'enhardir à le toucher...

Ce roman de Mélanie Richoz est un très beau texte, écrit de manière poétique et pudique. Le lecteur vit l'autisme d'Antoine de l'intérieur, intégrant ainsi une bulle ouateuse assez proche de l'image de couverture. On comprend alors très bien combien la communication est difficile entre ceux qui naviguent hors de cette bulle et celui qui y vit tout désorienté par leurs agissements, à l'intérieur. Le lecteur vit aussi l'autisme d'Antoine de l'extérieur, via le regard aimant de ses deux parents. Ce texte a été édité en 2015 en Suisse. Il a reçu un très bel accueil. Je suis peut-être restée personnellement un peu en dehors, mise à distance par le ton enfantin et la brièveté du texte, mais voici un roman indubitablement touchant et à découvrir !!

Mélanie Richoz est ergothérapeuthe en pédiatrie. Elle est spécialisée dans la prise en charge d'enfants autistes. J'ai tué papa est son troisième roman.

Editions Slaktine et Cie - 12€ - 25 août 2016

Un petit roman d'une beauté enfantine lu à hauteur d'adulte pour Sabine qui l'a lu sous sa version Suisse ! 

13 avril 2016

Rien ne résiste à Romica, Valérie Rodrigue

rienneresistearomica

 "Du jour où je suis devenue son Angelash, son Angel, Romica ne m'a plus vue comme une très grande personne ni elle en tout petit, au bas de la feuille."

Ce livre est un récit, celui d'une amitié (qui a véritablement vue le jour), entre Valérie Rodrigue et Romica, cette jeune femme roumaine, rom, enceinte, mendiant près du bureau de poste du quartier où habite la journaliste parisienne avec sa petite fille. A partir du moment où la journaliste prend Romica sous son aile, s'intéresse à ses conditions de vie, à sa grossesse, tout va être fait pour que la mendicité, la cabane dans le camp, ne soient plus une fatalité. Les deux femmes se disputent, se réconcilient, sont parfois dans l'incompréhension l'une de l'autre, mais dans l'affection aussi. La journaliste ouvre largement les portes de sa maison, se donne sans compter, pour celle qui si elle avait pu aurait voulu être médecin. Et Romica prend peu à peu confiance en elle, déploie son corps, grâce à l'aide de son ange gardien, fait valoir ses droits, trouve un logement pour sa petite famille, des heures de ménage, et rêve tout à coup qu'elle puisse devenir, peut-être un jour, à force de travail et de persévérance, aide soignante.

Ce livre a une force très intéressante, vive et attachante. J'ai beaucoup aimé avec lui mieux connaître tout ce que l'on ne nous dit pas sur les roms, l'actualité préférant leur attribuer des qualificatifs peu amènes, montrer les camps que l'on démonte, la nuisance, la mendicité, la peur de l'autre. Valérie Rodrigue apporte un point de vue différent, de l'intérieur, un point de vue de bénévole qui s'implique et croit en certaines personnalités, tout en ne cachant pas ce qui parfois ne fonctionne pas, les désillusions. C'est, il me semble, un livre utile que celui-ci, éclairant. En le refermant, on a envie qu'il soit lu plus largement et aussi de poser un autre regard sur ces femmes assises sur les trottoirs dans nos villes, parce qu'il y a les campements, les codes, la Roumanie au loin, tout ce que nous ignorons. Et puis l'histoire est belle, elle donne envie de croire en l'être humain, et c'est assez rare pour le souligner.

Editions Plein Jour - 17€ - Mars 2016 

Une interview très intéressante de l'auteure sur L'Express - Un très beau billet à fleur de peau et de lecture chez Mirontaine - Une lecture plus que nécessaire aux yeux de Clara !

6 avril 2016

Printemps du livre de Montaigu - 22-23-24 avril 2016... qui vient ?

En 2016, j'ai plein de projets fous fous fous... et l'envie de vous rencontrer. Et comme promis, ce billet déjà posté en février revient, un peu remanié !

bernard-werber-president-dhonneur-du-printemps-du-livre-de-montaigu

Le Printemps du livre de Montaigu aura lieu cette année les 22-23 et 24 avril 2016. Bernard Werber sera le président d'honneur. L'an passé, j'avais passé un super salon, plein de belles rencontres avec des auteurs, notamment Frédérique Martin, Anne-Véronique Herter, Clara Dupont-Monod et Catherine Leblanc [le résumé ici]. Mais j'avais à priori manqué les blogueuses Canel et Sandrine. Cependant, rien n'a été perdu, puisque depuis nous nous visitons mutuellement avec Sandrine sur nos blogs respectifs, et grâce à elle j'ai pu découvrir la librairie de Clémentine à Challans (Le Chat lent), et puis j'ai rencontré Canel à Rennes dernièrement [clic]. La liste des auteurs disponible sur le site [clic ici] est un peu moins alléchante que l'an dernier peut-être, quoique, mais je pense que l'on peut passer tout de même un super moment. En effet, j'ai par exemple déjà pris rendez-vous avec Sophie Lit (Sophie Adriansen) qui est aussi auteure [clic ici] et que je suis ravie de connaître à cette occasion !! Sera présent l'auteur jeunesse déjà rencontré à Rennes, Hubert Ben Kemoun [clic ici] et aussi Caroline Vermalle [clic ici]. Il y aura Alexandre Seurat, l'auteur de La Maladroite. Et puis d'expérience, je sais qu'il y a parfois des surprises (auteurs bizarrement non présents sur la liste et /ou heureuses découvertes). Je vous propose donc au final de se voir le samedi après-midi, vers 14h. N'hésitez pas à m'envoyer un petit message via Contactez l'auteur (en haut à droite du blog, sous les bottes rouges) afin que je puisse avoir votre adresse mail et préciser les choses en privé.

Alors, qui vient ? Sandrine a déjà dit oui - Et il y aura peut-être aussi Miss C - ...

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