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Les lectures d'Antigone ...
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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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1 août 2015

La Silencieuse, Ariane Schréder

lasilencieuse

 "La maison, vue du portail, pouvait sembler petite, noyée dans un fouillis de verdure, de printemps frais. Il avait plu, le ciel était encore gris mais le soleil perçait, comme exprès pour faire tout briller. J'ai senti tout de suite que j'allais l'aimer."

Clara et Barnabé ont partagé quelques années un spectacle de marionettes. Puis, Barnabé a voulu expérimenter autre chose dans sa vie de comédien, et a laissé tomber la jeune femme qui s'est repliée vers ses sculptures et son atelier parisien. La rupture amoureuse a suivi très vite la rupture professionnelle. Il fallait sans doute s'y attendre. Le jeune homme s'est laissé prendre par son nouveau milieu, a fait une rencontre. Lors de leur séparation, il reproche à la jeune femme son vide et ses silences. Clara cherche un lieu où se reconstruire, travailler ses sculptures aériennes. Elle trouve cette maison près du fleuve, à plus d'une heure de Paris, spartiate mais pourvue d'un bel espace pour créer. Petit à petit, Clara apprivoise l'endroit, les habitants du village proche, tisse des liens, adopte un chaton... mais l'exercice du bonheur est un équilibre fragile.

J'ai choisi ce titre sur ma PAL (Pile A Lire) urgente de manière tout à fait hasardeuse, sans me douter que les premières lignes de ce livre m'attraperaient comme un hamecon, et que je le finirai en fin de journée, la larme à l'oeil. J'ai ressenti beaucoup d'empathie pour le personnage féminin du roman, ses émotions, son envie de se terrer dans le silence puis de s'ouvrir irrésistiblement aux autres. Mais j'ai surtout aimé comment Ariane Schreider décrit son environnement, le fleuve, la nature foisonnante de détails, le bienfait que le temps, le passage des saisons, fait en passant sur toute peine. Il y a plein de passages très beaux et très doux dans ce livre, qui est une lecture délicate, et un véritable baume au coeur !!

Editions Philippe Rey - 8.50€ - Mars 2015

Un baume pour Charlotte Une très jolie parenthèse pour Mirontaine - Un très joli premier roman pour Marilyne - Aifelle a été charmée par cette parenthèse discrète - Un grand bonheur de lecture pour George

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21 septembre 2015

Cette porte qui mène à toi... atelier d'écriture [Livre #2]

atelierribotjulienElle est facile à refermer cette porte qui mène à toi. Ce n'est pas comme si tu allais tambouriner derrière. Magie de l'écriture, de l'imagination. Il suffit que j'écrive ces mots pour que je t'entende frapper des petits coups sur ma porte imaginaire. Tu tambourinerais donc ? Mais je préfère tenir bon et cesser de me faire des illusions. Depuis que j'ai rompu notre conversation, l'idée d'écrire un livre a pris toute la place. Et j'essaye de ne pas me laisser influencer par tes réactions, ou ce que j'imagine percevoir de tes réactions. Lorsque je croise ton regard, à l'atelier, tes yeux se rétrécissent et ton sourire revenu semble poser mille questions. J'ai trouvé une technique, imparable, pour esquiver cette lumière qui émane alors de toi, et qui pourrait sans peine tout absoudre. Je fais semblant de chercher un point au dessus de ta tête, l'inspiration, puis je replonge dans mon travail.
Le travail m'aide à t'oublier, mais le travail m'inflige ta présence quotidienne. Comment s'en sortir ? 
Heureusement, il y a l'écriture. Mais n'est-ce pas encore conserver un lien tangible avec toi, cette conversation que je continue là ?

Le cahier ouvert il y a quelques jours, celui destiné à mon livre, est déjà bien rempli. J'ai décidé d'être mon propre personnage, les autres sont déjà pris. J'ai finalement fait l'impasse sur mes premières années, sur l'adolescence, sur tout ce pan de mon existence qui attendait seulement que la vie commence enfin.  A poser les faits sur la page, j'ai pris conscience de la fragilité de ces enfances sages et bruissantes qui espèrent avec passion et mutisme l'envol. Le premier essai vers ce qui brille est souvent rapide, brutal, et la chute inévitable. Moi aussi je me suis écrasée, je me suis brûlée les ailes, et j'ai connu la passion. La désillusion et la perte ont suivi, accrochées derrière en ribambelle. Sur un coin de la table de ma cuisine, j'ai empilé hier des photographies, celles colorées de l'enfance, ma bouille ronde, mes fossettes. Le regard naïf et confiant de la petite fille blonde qui se retourne à chaque fois vers l'objectif, étonnée, me blesse un peu. Je voudrais la couver à distance, lui prendre la main, la soulever et la prendre dans mes bras. Elle ressemble à mon fils. J'ai fait un autre petit tas avec celles qui ont capté furtivement mon corps de jeune fille, les yeux sont plus sombres, les vêtements aussi, les cheveux permanentés. Je devine les bras trop minces sous les manches longues, la clavicule près du col roulé, le sourire large qui tente de cacher le bouleversement. Il y a une photographie qui m'impressionne, j'avais oublié le maquillage de cette soirée là, et mes lèvres ouvertes écarlates sur mes dents blanches, le reste du visage qui semble disparaître autour. J'étais peut-être heureuse à ce moment là, réellement, et cette fenêtre, cette pause dans le bouleversement, dans la noyade, elle donne le sentiment sur cette image de moi qu'elle allait m'absorber entièrement. Parce que je sais combien tout était brutal alors et que disparaître sur pieds, ne pas prendre de place, oublier de manger, était aussi finalement presque facile. Je suppose que j'oscillais entre les deux, entre la peur et le bonheur, qu'il y avait bien souvent des journées joyeuses, et que cahin caha je grandissais. Est-ce que cette jeune fille était jolie ? Possible. En tous les cas, l'intensité donne à ses traits une ferveur perdue aujourd'hui, j'ai changé.

Crois-tu que cela puisse faire un livre cette oscillation, cette jeunesse qui s'interroge et la douleur des premiers émois ? A relire mes essais, les quelques pages déjà griffonnées, j'ai envie de tout déchirer, de renoncer. Il faudrait savoir mieux écrire, amener les évènements à tâtons, ne pas ennuyer, parsemer le tout d'humour et de gaieté. C'est un peu mal parti. Et puis je songe à la lumière qui émanait de toi tout à l'heure dans l'atelier, à ce qui m'attire en elle. Ecrire un livre lumineux, voilà une meilleure idée. 

(Ce texte se veut la suite du dernier rédigé livre#1 Notre conversation, mais je trouve que le passage entre les deux manque de fluidité, que le ton n'est pas le même, bref ce n'est pas facile d'écrire long, dites donc.)

Une photo (de Julien Ribot), une inspiration, beaucoup d'imagination, et au final un texte... tout ça pour l'atelier d'écriture de Leiloona [clic].  

 

9 juillet 2015

Glenn Gould - Une vie à contretemps, Sandrine Revel (BD)

glenngould

 "Es-tu conscient que ta tenue sur scène dérange beaucoup de personnes ?"

Sandrine Revel tente dans cette BD une biographie du mystérieux pianiste Glenn Gould. De ses talents précoces, de sa tenue atypique sur scène, de ses bizarreries de génie, elle fait un magnifique kaléidoscope, bousculant toute idée de chronologie. Au lecteur de suivre, ou non. Mais si le lecteur aime Glenn Gould, il suivra. Car comme lui, elle fait ainsi fi des codes, et dresse sans doute un portrait très fidèle, qui ressemble à sa musique, qui ressemble au choc que j'ai ressenti dans mes oreilles à la première écoute de ses préludes de Bach. Une BD qui m'a scotchée, dont j'ai tout aimé, le rythme des cases, le choix des couleurs, et les dessins. Un coup de coeur évident !

Editions Dargaud - 21€ - Mars 2015 - Merci ma bibli !!

Le billet de Miss Alfie [clic]

glenngould1        glenngould2

 

15 février 2015

Nous ne sommes pas nous-mêmes, Matthew Thomas

nousnesommespasnousmemes

 "Il en allait ainsi de la vie, parfois ; pendant des années, les choses se passaient d'une certaine manière, et puis, en un clin d'oeil, presque sans que personne en ait conscience, ce n'était plus le cas, comme si une valve s'ouvrait, relâchant toute la pression qui soudait les apparences."

Fière de sa culture irlandaise, mais marquée par une jeunesse difficile dans un appartement du Queens où sa mère noyait son mal-être dans l'alcool, et son père ses regrets dans une notoriété de bistrot, Eileen veut s'en sortir, et décide d'avoir pour ses parents, pour sa famille, de l'ambition. Après la seconde guerre mondiale, les filles ont peu d'opportunités de réussite. Alors, elle entame des études d'infirmière, grimpe vite les échelons, épouse Ed, un scientifique à l'intelligence rare et décide de monter une à une avec lui les marches de la réussite, quitte à le pousser un peu. Mais Ed résiste, malgré la naissance d'un garçon, et les désirs de son épouse de déménager vers un quartier plus prestigieux. Son seul souhait est d'être un professeur respecté, de pouvoir écouter le soir des morceaux de musique classique sous son casque, et d'apprécier un quotidien sans chaos. La vérité sur l'état d'Ed n'apparaîtra que tardivement, obligeant Eileen à revoir ses priorités, à s'armer de courage, et à découvrir la douceur.

Voici un très beau roman, un pavé de presque 800 pages dans lequel je me suis complètement fondue. Je n'avais pas lu depuis longtemps une si belle histoire d'amour, dans laquelle la maladie d'Alzheimer (puisqu'il faut la nommer) s'invite malheureusement, mais donne au récit une belle dimension, pleine d'humanité. Il est intéressant de suivre dans ce récit l'évolution d'Eileen, presque au jour le jour, de sa vie de petite fille, dure et décourageante, à sa vie de grand-mère, apaisée, en passant par une vie de femme, complexe et remplie de souhaits. La densité du livre, qui peut sembler un défaut, est aussi sa force, car nous assistons à chaque petite victoire du quotidien, à chaque désir parfois couvé dans l'oeuf ou réalisé, et à chaque déception. L'auteur, qui a semble-t-il écrit ce livre dans un petit deux-pièces alors qu'avec sa compagne ils élevaient des jumeaux a su brosser le portrait méticuleux, précis et bouleversant d'une vie, celle d'une femme américaine dans la deuxième moitié du vingtième siècle. D'écriture et d'apparence classique, Nous ne sommes pas nous-mêmes s'avère en fait passionnant à lire, prenant. Il m'a par de multiples petites phrases laissée songeuse... Il est sans conteste une aventure à tenter.

Un grand merci à Babélio pour la découverte ! - Editions Belfond - 23€ - 8 janvier 2015

13 octobre 2014

Les Brumes de l'apparence, Frédérique Deghelt

lesbrumes

"Affronter sa peur, c'est refuser de souscrire à sa propre ignorance."

Gabrielle va bientôt avoir quarante ans. Organisatrice d'évènements de talent, mariée à Stan chirurgien plasticien, mère d'un grand fils, parisienne, elle est fière de n'avoir presque peur de rien aujourd'hui, d'être une femme fiable et de maîtriser au mieux sa vie. Sa mère, grande joueuse de casino, est morte il y a peu dans un accident de voiture, mais c'est avec son père qu'elle avait le plus de liens, lui ce scientifique rationnel qui lui a permis de se construire un avenir solide. Un beau jour, un notaire de province lui annonce qu'elle a hérité d'un terrain boisé et d'une ruine. Elle découvre alors que sa mère avait une soeur, et donc elle une tante et une famille. Bien décidée cependant à vendre ce bien dont elle n'a que faire, Gabrielle contacte un agent immobilier et se rend sur les lieux...

La quatrième de couverture de chez Actes Sud dévoile bien trop des aventures de Gabrielle suite à son voyage vers son héritage, et je suis heureuse, alors que je la découvre en rédigeant mon billet, de ne pas l'avoir parcourue avant ma lecture. Sachez cependant que Frédérique Deghelt ouvre dans son roman, et avec brio, les portes de l'irrationnel, un irrationnel qu'elle a le don de rendre compréhensible et tout à fait acceptable. J'ai beaucoup aimé ce titre, je l'ai dévoré en peu de temps, je l'ai trouvé passionnant, d'une écriture superbe et extrêmement bien documenté. On peut reprocher à l'auteure de faire évoluer ses personnages dans l'aisance financière, mais j'ai été à de nombreuses reprises, et surtout, touchée et émue par les bouleversements qui font basculer la vie de Gabrielle, touchée par ses renoncements, ses doutes et sa volonté constante d'être et de rester fidèle à elle-même. Un très beau roman, qui donne la part belle à l'amitié et aux sensations fortes, et avec lequel j'ai passé un très bon moment.

Editions Actes Sud - 21.80€ - Mars 2014 - Merci ma bibli !!

La Pyrénéenne a beaucoup aimé malgré quelques bémols [clic] Cuné a vibré, flippé et parfois tiqué mais reste également enthousiaste [clic] - Un très beau billet de Meelly qui a adoré [clic] !!

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5 février 2015

Ligne & Fils, Emmanuelle Pagano

ligne et fils

  "A mon fils, je chantais que pour comprendre le ruisseau, il faut mettre les pieds dans l'eau, comme le petit Indien des Andes. Lors de petits séjours chez mes parents destinés à nous aérer, à prendre l'air, à fuir la ville l'été, en laissant mon mari travailler, je commençais enfin à m'immerger, moi aussi. Nous nous encouragions, mon petit garçon et moi, à faire plouf. Nous prenions autant l'eau que l'air."

Ligne & Fils est la première partie d'une trilogie consacrée plus largement à l'eau et aux rivages. Dans ce premier volet, il est question de rivière et de moulinage mais aussi de toute cette région ardéchoise où coule La Beaume. La narratrice, descendante des anciens patrons d'une fabrique évoque leur passé, le dur travail des petites mains, l'amour du fil et du tissage. On l'a appelée pour qu'elle récupère son fils en pédiatrie, grand garçon ramassé saoul en coma éthylique. Elle le voit rarement, il a été confié tout petit à son père, après leur séparation, suite à cet épisode où elle l'a laissé se déshydrater, presque mourir, sans s'en apercevoir. C'est une occasion pour elle de comparer leur relation tumultueuse et pourtant franche à son plaisir de contempler la rivière et les autres souvenirs qu'elle charrie...

Ce n'est plus un secret que j'aime particulièrement l'écriture d'Emmanuelle Pagano, mais aussi les thèmes qu'elle aborde et sait explorer en tous sens, farfouiller de ses mots. Est-ce parce que j'ai passé tant de temps moi même auprès d'une rivière, ou tellement de temps à regarder l'herbe pousser un livre dans les mains auprès d'elle, qu'il m'a plu encore une fois de plonger dans les pages de ce livre-ci ? Sans doute, ou peut-être pas. Peut-être est-ce simplement parce qu'Emmanuelle Pagano y déploie cette langue qu'elle seule sait si habilement manier, et dont je rapprocherais ici le goût de mes souvenirs de son Tiroir à cheveux [clic]. En effet, pour ceux qui l'aurait lu, on y retrouve cette même impression de maternité incomplète, dure et partagée, entre une mère et son garçon, et puis le paysage alentour, à la fois familier et rude, gorgé d'histoires. J'ai été touchée par tous les épisodes consacrés à la relation mère et fils, mais pas seulement. Il est également très beau d'assister au résultat si fluide et intéressant des recherches de l'auteure sur le moulinage et le travail du fil, et de réaliser combien tout cela est habilement décrit, poétiquement tenu, la technique sublimée, le tout dans une démarche narrative qui ne perd jamais son nord ni sa voie et qui raconte au final une famille. Un coup de coeur rempli d'admiration !

Editions POL - 15€ - 5 février 2015 

4 février 2015

Moby Dick 1 & 2, Hermann Melville / Chabouté

mobydick

mobydick2 "Ce cachalot est la muraille qui me retient prisonnier... une force qui me défie, m'écrase, me torture !! Une insondable malignité ! Et c'est sur lui... que j'assouvirai ma haine !!"

Chabouté a adapté le célèbre roman de Melville (que je n'ai pas lu) et nous embarquons donc à ses côtés à bord du Pequod, avec un équipage hétéroclite, à la chasse au cachalot. Le navire est dirigé par un capitaine hanté par la folie et la vengeance. Loin de se contenter d'écouter les conseils de son second et de ramener comme on le lui demande au terme de son voyage son chargement d'huile de cachalot, le capitaine Achab souhaite retrouver ce monstre des mers, Moby Dick, qui lui a dévoré la jambe dans le passé, et sans doute aussi la raison. Pourtant, les conditions de vie ordinaire sur le bateau sont déjà très rudes pour l'équipage. Mais le capitaine n'entend que son désir, et son combat. Il ira au bout de sa quête, quoiqu'il en coûte...

Quelle magnifique BD !! J'ai retrouvé dans ces deux albums ce que j'avais aimé de Tout seul [clic] (sobriété et élégance), ce que j'ai aimé autrefois en lisant L'île au Trésor de Stevenson (l'univers), et puis l'épaisseur de l'encre, la place du noir (les petites tâches sous l'écriture en début de chapitre qui donnent à voir la plume qui gratte sur le papier, j'adore). Voilà ! Que vous dire de plus ? Laissez-vous tenter. Gros coup de coeur !!

Editions Vent d'Ouest - Livre premier janv 2014 - Livre second oct 2014 - 18.50€ l'album - Merci ma bibli !!

Jérome est le tentateur [clic] - Saxaoul a confirmé mon envie [clic]

mobydick11 mobydick12

 

15 décembre 2014

Les lumières de Noël

J'adore cet album [Noël song's] mais j'ai retourné la maison, impossible de mettre la main dessus... zut de flûte ! Sinon, en ce moment, je lis Tour de Plume de Caroline Deyns. Bon, je sais déjà que ce n'est pas un grand livre. Je persévère tout de même... Quelque chose me dit que la magie de Noël, ou celle des librairies (ça marche aussi !!), va faire son affaire de tous ces personnages un peu moroses.

noelsongs

22 octobre 2014

L'océan au bout du chemin, Neil Gaiman

loceanauboutduchemin

 "Où était-elle partie ? En Amérique ? Non, en Australie. Voilà. Quelque part très, très loin.
Et ce n'était pas la mer. C'était l'océan.
L'océan de Lettie Hempstock.
Je me suis souvenu de ça et, me souvenant de ça, je me suis souvenu de tout."

De retour dans les lieux de son enfance pour un enterrement, un homme se rappelle tout à coup enfin ses sept ans, son amitié avec Lettie, une jeune-fille du voisinage, et de tout ce qu'il leur était arrivé d'extraordinaire ensemble cet été-là. Mais qu'est-elle donc devenue ? Tout avait commencé avec le suicide d'un locataire de ses parents, d'un rêve duquel le garçon s'était réveillé muni d'une pièce étrange coincée au fond de sa gorge, de son idée d'en parler à la famille Hempstock si douce et accueillante, de la promenade des deux enfants à travers bois, et puis aussi d'une main lâchée... Défier ce quelque chose qui fait des histoires, donne de l'argent aux gens dans leur rêves, les rend fous, était à la portée de Lettie, même à seulement treize ans, mais emmener un si jeune-garçon avec elle, était sans doute l'erreur à ne pas commettre...

Ce roman - que je vais passer ensuite à ma fille - est un beau roman fantastique, qui a su assez subtilement et étonnamment me provoquer beaucoup d'émotions. Vous rentrez en tant que lecteur dans un univers dont il faut accepter d'emblée l'étrangeté, la violence supposée, mais également la douceur, et l'ambiance enfantine et candide. Le mélange est plutôt détonnant, déroutant et bourré de charme. Les scènes sont très visuelles et parfois impressionnantes. Je ne suis pas très familière de ce type de lectures mais j'ai vraiment apprécié le voyage, j'en redemande. Voilà, j'ai aimé avec ce titre découvrir Neil Gaiman, et vais m'empresser de le lire de nouveau, c'était bien. De plus, je trouve la couverture sublime, ce qui ne gâche rien. 

Editions du Diable Vauvert - 18€ - 22 octobre 2014

Pour blablablamia ce n'est pas son meilleur et elle se demande s'il est destiné aux ados (pour moi oui) [clic ici]

18 octobre 2014

Le Jour où la guerre s'arrêta, Pierre Bordage ~ Rentrée littéraire 2014

lejouroulaguerresarreta

 Un jeune-homme sans mémoire, armé du seul don de clairvoyance, lisant dans les pensées des hommes, arrive sur terre, et tente d'apporter de la lumière là où la violence règne, d'aider son prochain. Habillé seulement d'un drap, on le prend pour un pauvre type à qui il serait arrivé malheur mais le camp des bourreaux s'agite devant les paroles de cet étranger censées être apaisantes...

Voici un livre de rentrée qui est une très grosse déception. Je n'ai pas été du tout séduite par le conte philosophique que Pierre Bordage a voulu rendre ici. J'ai même été à plusieurs reprises gênée par les histoires qu'il racontait, le style, la naïveté du personnage (qui ressemblerait à celle du Petit Prince de St Exupéry). Ce titre m'est malheureusement assez vite tombé des mains... dommage, il n'était sans doute pas fait pour moi.

Editions Au Diable Vauvert - 18€ - 4 septembre 2014

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Je participe au challenge 1% rentrée littéraire de Hérisson... qui consiste à lire au moins 6 livres de la rentrée littéraire [clic ici pour plus de détails] - et je suis en partance vers le 2% - n°8/12

Une critique, bien plus positive, de Coeur de Chêne sur le site du Biblioblog [par ici] - D'autres avis enthousiastes sur Babelio [par ici]

1 octobre 2014

Contes choisis, Grimm

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 "Il était une fois [...]" Le Renard et le chat, Cendrillon, La Lune, Les Six Cygnes, La Mort de la petite Poule, La jeune fille sans mains, Chats et souris associés, Le Vaillant petit tailleur,... et tant d'autres contes de Grimm.


Il était une fois un superbe ouvrage reprenant tous ces contes, 20 au total, illustrés magnifiquement par Yann Legendre. Grande Fille s'est abreuvée de cet album, qui lui a fait briller les yeux. Déjà, l'ouvrage en lui-même semble sorti tout droit d'un conte de fées, tant il ressemble à un grimoire. J'ai aimé personnellement que sur sa tranche soit notée cette phrase toujours un brin inquiétante "Miroir, miroir, qui est la plus belle en ce pays ?", c'est une très belle idée. A l'ouverture, les pages ne déçoivent pas, bien au contraire, encore les magnifiques illustrations de Yann Legendre, qui annoncent à chaque fois le conte et préparent l'esprit au mystère. Grande Fille a beaucoup aimé, elle, en plus de l'esthétique de l'ensemble, découvrir des contes inconnus. En effet, dans notre imaginaire collectif, nous en revenons toujours aux mêmes, Le Petit chaperon rouge, Blanche neige (présents ici), alors que visiblement il en existe tant d'autres. Et puis, il n'est pas mauvais, pour une fois, de sortir de l'influence lénifiante des lectures de Disney en découvrant l'origine des contes, leur langue première. Il faut dire également, et pour être honnête, que Grande Fille a aussi mentionné cette série que nous avons regardé il y a peu et avec plaisir ensemble, Once Upon a Time [J'en parlais ici et ici]. A présent, il est presque certain qu'aucune référence obscure ne nous échappera, nous sommes parées, non mais.

Pour résumer, la famille Antigone adore, et plébiscite d'une seule voix cet ouvrage qui est de plus véritablement une très belle idée cadeau !

Editions Textuel - 29€ - 1er octobre 2014

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30 juin 2014

Pause vacances avec Mortelle Adèle ... et billet pour déposer vos lectures de juillet !

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Avant d'entamer une petite pause salutaire, je vous présente encore deux autres titres que Grande Fille va emporter dans sa valise !! Mortelle Adèle a toujours un franc succès à la maison !! Pas de pitié pour les nazebroques a le bon goût d'être la suite du précédent opus (point sur lequel Grande Fille a beaucoup insisté et qui l'a émerveillée). [clic ici pour voir mon billet sur Un talent monstre] Les petites planches de BD sont toujours aussi drôles et impertinentes. Extra mortelle Adèle est lui un album de jeux, BD, petits bricolages (vous pouvez en admirer quelques uns)... qui allie grande qualité et bon divertissement. Le tout est chez Tourbillon (8.95€ par titre). [voir sur leur site pour plus de détails]

Sinon, je vous propose de déposer en commentaires sous ce billet vos lectures du mois de juillet pour l'objectif pal !! Je serai de retour mi-juillet par ici !!! Tout rentrera alors dans le bon ordre... A très bientôt et belles lectures !

 

6 mai 2014

L'Avenir, Catherine Leblanc

lavenir "Agnès est partie découvrir le monde et moi, qu'est-ce que je fais ? Rien ! Je suis les rails, le chemin qu'on a tracé pour moi. J'attends, je me décompose. Comme tous les matins, je pars au dernier moment. Je marche à toute allure. Il faut qu'il m'arrive quelque chose ! Une rencontre, une aventure. Qu'il m'arrive quelque chose aujourd'hui ! Qu'il m'arrive quelque chose avant que je ne meure sur place, que je me déssèche et que ma tête se réduise comme chez les Jivaros."

Charlène a seize ans et vit avec sa mère et sa soeur aînée, Agnès. Cette dernière décide tout à coup de partir, sur un coup de tête, malgré les supplications de sa famille, pour suivre son amoureux jusqu'en arménie, où il trouvera certainement du travail. Pour Agnès, c'est l'aventure, la vraie vie enfin, un moyen de quitter un foyer sclérosé, mais pour Charlène c'est un abandon qui la laisse seule, en face à face avec sa mère. Son quotidien devient pesant, son avenir fermé. Elle souhaite ardemment que quelque chose vienne tout bousculer, donner du sens à sa vie. Ce sera Nathan, son charme incertain, et la découverte d'un nouveau monde, plus adulte, où les sentiments et la sensualité peuvent bouleverser une âme encore adolescente...

J'ai beaucoup aimé ce petit roman de Catherine Leblanc, le ton juste avec lequel elle évoque les émois d'un premier amour, le cataclysme qu'il peut provoquer dans une toute jeune vie, le passage à l'acte, l'affection à l'autre donnée sans retenue, les flèches de douleurs du doute et de la trahison. Ce livre est une grande réussite. A confier à des lecteurs adultes, autant qu'adolescents.

Editions de la Rémanence - 15.80€ - 14 avril 2014

Catherine Leblanc est un écrivain prolixe qui écrit sous divers formats. Petit dernier adore par exemple sa collection des Comment ratatiner... en jeunesse [clic ici] et [ici aussi]. J'avais adoré Viens, on va chercher un poème [clic] et lu également Fragments de bleu [clic] et Si loin, si près [clic].

http://catherineleblanc.blogspot.fr/

http://www.editionsdelaremanence.fr/l-avenir.html

17 juin 2014

Le GROS livre du P'TIT COIN ~ Textes de Laurence Gillot et Didier Levy - Illustré par Magali Le Huche

legroslivredupetitcoin

"Sais-tu ce qu'est la chartasignopaginophilie, qui était l'inventeur du papier toilette, ou que les romains avaient un impôt pipi ?"

Parce que ce livre est complètement de ceux qui plaisent à mes enfants (adeptes de l'humour à trois balles des blagues carambars par exemple)... parce que cela ne vous est jamais arrivé à vous (?) d'aller faire un tour au P'tit coin pour y trouver une inspiration défaillante (ou alors par abus de thé sans doute)... parce que certains aiment y lire longtemps et y cacher des livres... parce qu'on peut lire ce livre ailleurs qu'au P'tit coin d'ailleurs (ouf heureusement)... et qu'une fois refermée la dernière page vous aurez plein de petites connaissances farfelues à sortir pour briller en société (ça peut servir)... et aussi parce que grande fille [13 ans] l'a dévoré dès qu'elle l'a aperçu et lu tout haut pour moi (et qu'en général c'est plutôt bon signe) !

Le GROS livre du P'TIT COIN contient donc des anecdotes (incroyables mais vraies), des devinettes, des blagues (à trois balles donc, mais hilarantes), des proverbes ridicules ou très sérieux, de véritables citations littéraires, des connaissances inutiles, et même des poèmes (bon choix d'auteurs d'ailleurs)... mais également tout un tas de révélations pas si bêtes et originales qui éveilleront l'intérêt des petits comme des grands. Si vous commencez (comme moi) à récolter déjà quelques idées pour occuper vos enfants pendant le trajet qui vous emmènera vers votre lieu de vacances... pensez à ce livre-ci ! Chez les Antigone, on l'emporte bientôt. 

De plus, comme toujours, les illustrations de Magali Le Huche sont excellentes !

Editions Tourbillon - 9.95€ - Avril 2014

Mes images46

14 mars 2014

Dieu me déteste, Hollis Seamon

 

dieumedeteste

 "[...] récemment, ma mère a pris un congé dans ses deux boulots, quand l'expression phase terminale a commencé à fleurir partout dans mon dossier et que soins palliatifs est devenu mon adresse permanente."

Nous sommes à NewYork, hôpital Hiltop. Richard a presque dix-huit ans et une chambre dans l'unité des soins palliatifs. Son seul souhait est d'être considéré comme un adolescent ordinaire, et de pouvoir serrer dans ses bras Sylvie, l'autre adolescente de l'étage, qui lui demande d'ailleurs abruptement d'être son premier, avant que de... Forts de leur projet et de leurs sentiments naissants, les deux amoureux devront se confronter pourtant à l'hostilité des familles qui ne voient dans cette amourette que danger et sujet à colère.

Je ne suis pas très fan des récits qui miment le langage parlé, surtout quand ce langage mime un phrasé enfantin ou adolescent. Pourtant, j'ai aimé ce récit-là qui, dans son genre, est très bien fait et prenant. Hollis Seamon a, semble-t-il, voulu rendre hommage à la fougue et au panache des enfants rencontrés à l'hôpital, ainsi qu'au travail du personnel infirmier. Le résultat est enjoué et pudique à la fois, bien que rien ne soit caché des défaillances et des désirs de chacun. Il n'y a pas dans ce roman de pathos exagéré non plus, ni de larmes à l'oeil... juste du courage et du tonus à revendre, et quelques bêtises. Je salue la galerie de personnages (hauts en couleur) et le talent de l'auteure qui a su conserver un ton juste tout au long de son récit.
Un titre que l'on a envie de mettre dans d'autres mains après sa lecture. 

Ce roman est le fruit d'une nouvelle collaboration entre les éditions Anne Carrière (Stephen Bordes) et M Toussaint Louverture (Dominique Bordes).

Editions La Belle colère - 19€ - 13 mars 2014

Un coup de coeur pour Cathulu [clic] - Clara veut le mettre dans les mains des ados (je suis d'accord) [clic]

12 février 2014

Du Sang sur Abbey Road, William Shaw

 

dusangsurabbeyroad

"Breen se demanda s'il aurait le temps d'aller chez le coiffeur avant samedi soir. Quoique... en y repensant, ce ne serait peut-être pas une mauvaise idée de se laisser un peu pousser les cheveux."

Dans le Londres des années 60, quartier Abbey Road, une jeune-fille est retrouvée morte dans un coin de rue, sous un matelas. Elle est complètement nue, et la première difficulté est de savoir qui elle est. Breen est chargé de l'affaire. Et pourtant, il est mal vu dans son service, surtout depuis qu'il a laissé tomber un de ses collègues lors d'une échauffourée. Et puis, il vient de perdre son père. Mais on lui adjoint quand même une jeune inspectrice stagiaire,Tozer, pour l'assister. L'enquête emmènera tout d'abord le duo vers le studio où enregistrent parfois les Beatles, à deux pas du lieu de meurtre. Et si la victime était une de leurs fans ? 

Du sang sur Abbey Road est un roman policier très séduisant. Les premières pages sont en effet pleines de vivacité, et le rythme ne faiblit pas au cours de la lecture. Le duo Breen/Tozer fonctionne bien. De plus, il est plutôt excitant de s'imaginer croiser un des Beatles au détour d'une page et de connaître mieux cette époque. Dommage, peut-être que l'intrigue soit peu originale - bien que ferrant intelligemment le lecteur, et que les dialogues soient parfois incompréhensibles. Allez, malgré mes quelques bémols, je n'ai tout de même pas boudé mon plaisir avec cette lecture légère et à l'ambiance pop.

Editions Les Escales - 21.90€ - 23 janvier 2014

Val est contente de l'avoir lu  - La lecture de Keisha

2 avril 2014

L'or d'Eros ~ Arthur H et Nicolas Repac

Après un album intitulé "L'or Noir" consacré à la poésie de la Caraïbe francophone, Arthur H et Nicolas Repac se sont penchés sur la poésie érotique et ont concocté un petit album, intitulé lui "L'or d'Eros", deuxième volet de la collection Poetika Musika, à l'ambiance délicatement sulfureuse. La voix de Lou Doillon est également présente sur quelques titres de ce CD à part. Des poètes que j'aime s'y retrouvent, mais dans un registre inattendu, étonnant, comme Pierre Louys, Guillaume Apollinaire, Georges Bataille, mais aussi André Breton et Paul Eluard. 

Je connaissais déjà l'univers d'Arthur H, pour l'avoir notamment entendu en concert, avec sa manière toute particulière de chanter sur une musique mêlant rock, électro, et musique répétitive. Il y a une sorte d'hypnose à écouter cet album. J'aime particulièrement certaines chansons, comme "L'arbre" que je vous ai mis en écoute. Le moins que l'on puisse dire c'est que l'envoûtement fonctionne et que l'idée est bonne de mêler chant et mots, et de mettre ainsi en avant la poésie contemporaine. J'approuve. Mais attention, rien de doux ici, car les poètes peuvent passer en quelques vers du sentimental à l'image la plus sauvage, ou la plus crue.
Une collection à suivre.

 Editions naïve - paru le 31 mars 2013

"L'Or Noir" et "L'or d'Eros" pourront être entendus en concert le 20 et 21 mai au 104, à Paris. Une tournée est prévue pour présenter plus particulièrement l'album "L'or Noir" de mars à juin 2014, et écouter ainsi de la poésie de la Caraïbe francophone.

arthurh1 
(image - http://arthurh.skyrock.com/)

Un grand merci à Marika !!

 

16 mars 2014

Un petit détour, et autres racontars... en BD - Un coup de coeur !

unpetitdetour

 ... par Jorn Riel, Gwen de Bonneval et Hervé Tanquerelle

"[...] où le placide Siverts prend conscience qu'une bonne colère peut avoir du bon, et qu'au bout du compte le hasard fait bien les choses."

Jorn Riel est connu pour ses célèbres racontars, que l'on peut trouver en format poche chez 10/18.
Ma première rencontre avec l'auteur et son univers date déjà de 2008 alors que La Vierge froide et autres racontars [clic ici] était au programme du club de lecture des blogueuses. A l'époque, je suis tombée littéralement sous le charme de ses chroniques du froid. Un coup de coeur ! "Quelle surprise délicieuse que cette lecture ! Ces racontars "cocasses" et drôles, souvent gravement profonds, toujours décalés et philosophiques, ont été un régal ! Dans la solitude de l'hiver arctique, la parole a un pouvoir énorme, celle de sauver les hommes, et un prix, comme n'importe quel bien précieux. Alors, le dire s'échange, se vend, se troque et son absence peut se vivre comme un drame car dans cette solitude du Groenland elle a autant de poids que l'air que l'on respire."

Et puis, j'ai lu la première BD créée par le trio infernal, intitulé La Vierge froide et autres racontars [clic ici], émue, enthousiaste, heureuse comme tout de retrouver intact l'univers qui m'avait tant plu dans la version livre. Re-coup de coeur ! "Aussi jubilatoire que sa version romanesque La vierge froide et autres racontars - version BD - a le charme de l'absurde et de l'onirisme brut. En effet, au pays du froid, des hommes et de la solitude, on ne perd pas une occasion de se divertir, de se raconter des histoires ou de passer du bon temps. Cela donne au lecteur des scènes assez cocasses. Les chasseurs de l'Arctique vivent dans des cabanes perdues, aiment par dessus tout les visites, se tiennent compagnie deux par deux... J'ai encore une fois adoré l'univers de Jorn Riel, et je me demande bien pourquoi je n'ai pas persévéré avec cet auteur à l'époque où je l'ai croisé pour la première fois, c'est tellement bien."

racontars_1

Avec Un petit détour et autres racontars, troisième opus de la version BD donc, la magie opère toujours. Re-re-coup de coeur ! Trois nouveaux racontars trouvent leur place dans cet album parfait en tous points... La Balle perdue, Un petit détour et Ce qu'il advint d'Emma par la suite.

J'aime la gouaille de ces hommes croqués par Jorn Riel, leurs réactions (parfois bien étranges) face à l'adversité, l'importance qu'ils accordent à l'imagination et aux formes du récit. Je ris beaucoup à lire leurs mésaventures, elles me font étrangement du bien. Et puis, l'objet livre est beau, de ceux que l'on caresse, que l'on renifle (parce qu'il sent bon le livre neuf) et dont on admire même la qualité esthétique de la tranche !!

Un énorme merci à Priceminister pour l'opportunité et l'envoi !! - Et merci à Solenn d'avoir relayé l'info sur son compte twitter [clic]

banbd

Je vais réserver d'urgence Le roi Oscar et autres racontars à la bibli (le tome 2 de la version BD)... pas encore lu (mais pourquoi donc ?)

Editions Sarbacane - 22€ - Octobre 2013

20 octobre 2013

Zita t1 ~ Ben Hatke

zita

Joseph a disparu, apparemment enlevé par cet étrange appareil que lui et Zita ont trouvé dans les bois près d'un énorme cratère. Zita décide de prendre le même chemin pour retrouver son ami et débarque dans un monde différent, peuplé d'êtres extraordinaires. Elle est sur une autre planète, la planète Scriptorius, menacée de destruction. Pour les habitants de ce monde inconnu, Joseph est le sauveur, celui qu'ils attendaient, son sacrifice pourrait permettre d'éviter le pire...

Grande fille a lu d'une traite cette BD pour enfants qui a le format agréable d'un gros manga. Elle a aimé l'espièglerie de cette petite fille perdue dans un monde parallèle, la multiplicité des personnages, l'histoire. "C'est drôlement bien", m'a-t-elle dit. Si bien que j'ai décidé de jeter un oeil moi aussi sur ce premier tome et de faire connaissance avec Zita. Et bien m'en a pris. Car voici effectivement une petite BD bien réussie, j'en ai aimé les dessins, le rythme et l'inventivité romanesque. Les caractères des protagonistes ne sont pas brossés à grands traits, mais complexes, les mimiques et émotions joliment inscrites sur les visages, et Zita une petite fille attachante. Un véritable succès en somme !

Longue vie donc à Zita, qui déclinera ses aventures sur plusieurs tomes !! Le 2 et le 3 sont d'ores et déjà prévus pour 2014. Recommandé à partir de 8 ans.

Un grand merci aux éditions rue de sèvres ! - 11.50 € - 16 octobre 2013

Egalement très réussi pour Leiloona [clic]

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1 décembre 2013

Cette année Noël sera couleur POP

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Je commence tout doucement mes petits bricolages...

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La boîte de Noël vient de chez [clic ici], ainsi que l'idée des étoiles de papier [clic ici]. L'idée des petites boules de Noël provient toujours du site How about orange [clic ici].

Sinon, côté lectures, j'ai pris, posé, puis repris Trop de bonheur d'Alice Munro. Et je me rends compte à la lecture autant de la portée ironique du titre que tu talent de cette auteure récemment nobelisée. Pourtant, je suis moins séduite à priori qu'avec son autre recueil de nouvelles Fugitives [lu ici en 2010]. Mon billet bientôt.

1 septembre 2013

Je ne retrouve personne ~ Arnaud Cathrine... Rentrée littéraire 2013

jeneretrouvepersonne"Bon, je ne te demande pas ce que tu es venu faire ici. On ne sait jamais pourquoi on revient, n'est-ce pas ? On se noie dans tout ce qui est perdu et puis on s'en va."

Aurélien arrive de mauvaise grâce à Villerville, près de Deauville, pour régler la vente de la maison familiale. Nous sommes en début d'automne. Ses parents sont à Nice, son frère aîné très occupé, lui l'écrivain n'avait semble-t-il rien de mieux à faire. Pourtant, il est en pleine promotion de son dernier titre. Alors, il est déterminé à ne rester là que le week-end. Mais les évènements et son propre abattement en décideront autrement... Aurélien se surprend à s'éterniser, sous divers prétextes, dans cette maison dans laquelle il n'avait plus mis les pieds depuis cinq ans.
Son agent immobilier s'avère en effet être un de ses amis d'enfance, et il est soudain urgent d'avoir des nouvelles de cet autre ami perdu de vue, Benoît. Il reçoit aussi la charmante visite de la fille de son ex Michelle, puis son frère aîné débarque, tout à coup perdu.
La solitude tant chérie par Aurélien à Paris, lui semblera dans ces lieux hors du temps, de jour en jour de plus en plus une source d'interrogation...

Quelle drôle d'histoire de lecture j'ai eu avec ce livre ! Tout d'abord, j'étais extrêmement impatiente de m'y plonger. Le titre, ce que je connaissais de l'auteur, et même cette couverture de bord de mer, tout était fait pour me tenter. Et puis, patatras, dès les premières pages, j'ai eu peur. Le style ne me plaisait pas du tout, je n'y reconnaissais rien de ce que j'avais aimé d'Arnaud Cathrine auparavant. Toute peinée que j'étais, j'ai tout de même persévéré et le charme a opéré petit à petit, quand même, discrètement.
Je ne retrouve personne est un récit très mélancolique, un peu à la Olivier Adam, qui a quelques airs de déjà-vu ailleurs - malheureusement - mais aussi quelques moments délicieux. Les scènes que se partagent Aurélien et la toute petite Michelle sont par exemple exquises. A contrario, le retour sur l'adolescence, la confrontation avec un milieu parental plus modeste, moins cultivé, le séjour dans une maison d'enfance devenue maison de vacances où le temps semble s'être figé, les figures du passé qui réapparaissent et font tomber masques et auréoles, tout cela m'a semblé par trop relever du poncif.
J'ai refermé ce roman - lu pourtant presque d'une traite - assez partagée... Je crois que j'attendais d'Arnaud Cathrine une flamboyance, une originalité dans le propos, que je n'ai pas retrouvée ici... dommage.

Editions Verticales - 17.90€ - Août 2013

challengerentree2013

 

Challenge 1% rentrée littéraire : 2/6

(clic sur le logo pour plus de détails sur le challenge)

Les coups de coeur des blogueuses

30 août 2013

Meilleurs voeux de Mostar ~ Frano Petrusa (BD)

mostar"Vingt ans sont passés en un clin d'oeil... Les toits et les ponts sont toujours là mais ce sont mes amis qui me manquent..."

Frano Petrusa raconte dans cet album sa propre histoire, son retour dans la ville de son adolescence, à Mostar, vingt ans après son départ précipité. Il constate que rien n'a changé, tout est plus ou moins réparé, cicatrisé. Seules les ruines de son vieux lycée technique permettent de se souvenir qu'il y a bien eu une guerre dans ces lieux de toute beauté...

Lorsque l'on recherche sur le net des images associées au nom de Mostar, c'est sur son magnifique pont emblématique que l'on tombe, détruit pendant la guerre de Bosnie, puis reconstruit, et d'où de jeunes intrépides s'élancent de nouveau pour plonger, devant les yeux éblouis des touristes.

Mostar-11


Frano le croate s'était fait des amis à Mostar, un serbe et une bosniaque mais il y a toujours comme il le dit... des imbéciles fanatiques "pour t'expliquer, pour te rappeler, à quel point nous sommes différents."

Je lis beaucoup de BD, j'en emprunte régulièrement en bibli, mais assez peu emportent mon adhésion. Je ne parle ici que de mes heureuses découvertes. Meilleurs voeux de Mostar en est une. Les dessins sont réussis, les cases s'enchainent de manière dynamique, et à la fin de notre lecture, on a le sentiment d'avoir compris et appris. Que demander de plus ?

Editions Dargaud - 14.99€ - Septembre 2012

29 août 2013

Le sommeil des poissons, Véronique Ovaldé

lesommeildespoissons"En temps normal, les madous-madous font partie de celles qui résistent le mieux à la maladie grise. Elles ont des trucs pour cela. Elles mettent plus de canelle et de gingembre dans leurs galettes et elles y ajoutent de petits graines dont elles seules ont la garde. Elles n'attendent rien des hommes, et se suffisent à elles-mêmes. Ce qui déjà leur épargne pas mal de tracas, mes belles. Elles font des bébés pendant la saison gaie et ont la main sûre et caressante. Elles sont évidemment de conseil savant-éclairé ; elles comprennent les crues, les mathématiques, les hommes et les fièvres."

A chaque belle saison, les hommes reviennent dans cet étrange village, tout en haut du mont Tonnerre, seulement peuplé de femmes. Elles, elles attendent leur venue sans impatience, en profitent pour mettre en route quelques bébés et les renvoient au loin dès que la mauvaise saison revient. L'une d'entre elles vit pourtant à l'écart, la Mano, plus loin dans sa triste maison. Elle est marquée pour toujours d'une tache au visage, et les hommes l'intéressent peu. Elle lutte seulement contre la maladie grise qui souvent cherche à la prendre, alors que les madous d'en bas se serrent les unes contre les autres, et s'entourent de couleurs et de parfums pour ne pas sombrer.
Lorsque Jo, le géant, apparaît, la revêche devient tout à coup tout sucre et tout miel pour ce grand gaillard, une ensorceleuse, et se prend à rêver de maternité...

Attention ! Ce premier roman de Véronique Ovaldé, que Points a eu la bonne idée de rééditer en poche, regorge de fantaisie lyrique. Comme un chant suave, ou un conte, il nous emmène loin de la réalité, dans un monde inventé, surnaturel où règne l'humidité, la gouaille des mots et l'envoutement. Voilà, il faut savoir en tant que lecteur où on met les pieds. Si tel est le cas, il suffit ensuite de se laisser porter par ces premiers pas d'une auteure à l'univers riche et à l'écriture toujours identifiable...
Une lecture hors du temps.

Editions Points - 5.90€ - 29 août 2013

28 août 2013

Une sortie en format poche ! Nos vies romancées ~Arnaud Cathrine

Alors que la présence en librairie du dernier roman d'Arnaud Cathrine, Je ne retrouve personne, est annoncée pour le 29 août (mais je vous en parlerai plus tard), sort simultanément en format poche ma lecture de 2012... Nos Vies romancées. Je vous recommande donc chaudement aussi ce titre qui explore avec intelligence la bibliothèque de l'auteur...

nosviesromanceespoche

Un extrait de mon billet d'alors...

"De sa découverte de Carson McCullers à sa tendresse pour la femme qu'était Jean Rhys, en passant par le personnage de Françoise Sagan ou Les fragments d'un discours amoureux de Barthes, c'est avec sensibilité et intelligence qu'Arnaud Cathrine nous présente ici ses choix littéraires. Il y mêle désir de liberté, retour sur lui-même, féminisme et exigence littéraire. Et le tout est véritablement passionnant.
Loin de me donner envie pour autant de découvrir ses auteurs fétiches, il m'a surtout incité à continuer de le lire lui, tant j'ai aimé à cette occasion retrouver son écriture. Je connaissais déjà La disparition de Richard Taylor ou Les vies de Luka, me reste encore bien d'autres titres à piocher dans sa production..."

Mon billet dans son intégralité par ici [clic].

"De l'enfant que j'étais, on a pu dire qu'il était "compliqué". Je pense plutôt qu'il est très "compliqué" de devenir soi-même quand la sacro-sainte norme nous souhaiterait tous identiques ; ça, je l'ai su très tôt. Le métier de vivre, ce n'est sans doute pas autre chose que ça : accepter sa liberté et, si tant est qu'elle ne nuise à personne, l'imposer sauvagement, obstinément, en serrant les dents tout d'abord, puis un grand sourire aux lèvres in fine. Cela prend sans doute toute une vie."

Editions du Livre de Poche - 6.10€ - 21 Août 2013

21 août 2013

Un coup de coeur en format poche ! Brigitte Giraud ~ Pas d'inquiétude

Alors que la présence en librairie du dernier roman de Brigitte Giraud, Avoir un corps, est annoncée pour aujourd'hui (mais je vous en parlerai plus tard), sort simultanément en format poche mon coup de coeur de la rentrée littéraire de 2011... Pas d'inquiétude. Je vous recommande donc chaudement aussi cette histoire intimiste qui nous conte le combat quotidien d'une famille confrontée à la maladie de leur fils. L'intrigue tourne son regard avec finesse non pas vers l'aspect médical mais vers les implications familiales d'un tel cataclysme privé. Et Brigitte Giraud y déploie tout le talent de sa belle plume !

pasdinquietudeUn extrait de mon billet d'alors...

"Pas d'inquiétude raconte l'histoire d'une famille ordinaire, qui vient tout juste de prendre possession d'une maison neuve, dans un lotissement tel qu'il en pousse partout aujourd'hui, après avoir vécu pendant des années dans l'exiguité d'un appartement trop petit pour quatre. Le couple a décidé de garder les finitions pour plus tard, pour eux, par soucis d'économie.
Le rêve est donc là, enfin à portée de main, mais c'est la maladie qui s'invite. Medhi, le plus jeune est atteint d'un cancer. Alors, les travaux attendront, il faut s'organiser, prendre des congés. La mère venant tout juste de commencer un nouveau travail où elle doit faire ses preuves, c'est au père qu'incombe de laisser le sien de côté pour faire face à l'urgence. Le présent prend tout à coup toute la place.

Ce roman est d'un charme discret et profond. Brigitte Giraud excelle encore une fois, après son magnifique Une année étrangère, à se mettre à la place d'autrui. Ici, le narrateur est un homme. D'habitude, en de telles circonstances, c'est la douleur d'une mère qui nous est offerte, placée immédiatement au creux du ventre. Un homme, lui, ne sait pas toujours quoi faire de son inquiétude, il n'a pas les codes, il réagit différemment. Alors il tait sa peur, son infini désarroi et offre ce qu'il peut, sa présence, ses initiatives, et parfois ses maladresses. [...]"

Le billet dans son intégralité par ici [clic] - Tout sur Brigitte Giraud sur ce blog [clic] - L'avis de Clara sur "Avoir un corps"

Editions J'ai Lu - 7.60€ - 21 Août 2013

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Les lectures d'Antigone ...
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  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
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