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Les lectures d'Antigone ...
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Ardoise magique

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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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27 janvier 2010

Hector, Magali le Huche

hectorHector, l'homme EXTRAORDINAIREMENT fort, est capable de choses époustouflantes.
Pourtant, une fois son numéro terminé, Hector est un homme discret. Il a installé sa caravane à l'écart, loin des regards, car il a un secret...

...il tricote.

Je n'avais pas eu de coup de coeur en matière d'albums pour enfants depuis très longtemps.
Il m'a fallu un emprunt de ma grande fille, ce livre trouvé dans son cartable ce matin, pour ressentir à nouveau une exaltation reconnaissable entre toutes, le plaisir de la découverte enthousiasmante.

Hector est l'homme fort du cirque extraordinaire dans lequel il travaille. Il est discrètement amoureux de Léopoldine, la danseuse, qui l'aime également en retour. Cet amour éveille cependant des jalousies dans leur entourage qui mettront au grand jour le secret inavoué d'Hector, sa passion du tricot. C'est compter sans la complicité des éléments, cette tempête extraordinaire  et inattendue qui va tout emporter sur son passage, les vêtements des saltimbanques y compris.

Un très bel album sur le respect des différences, sur la bêtise du sexisme en matière d'activités manuelles, un album rempli de pelotes de laine...

ISBN 978 2 278 05966 9 - 12.90€ - JUILLET 2008emmalit

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17 mars 2009

Sage danse Mars

dadala glace casse une lampe fuit et la trompette jaune est
    ton poumon et carré les dents de l'étoile timbre poste
    de jésus-fleur-chemise la montre tournez pierres noires.
dans l'âme froide je suis seul et je le sais je suis seul et
    danse seigneur tu sais que je l'aime vert et mince car
    je l'aime grandes roues broyant l'or fort voilà celui
    qui gèle toujours
marche sur les bouts de mes pieds
vide tes yeux et mords l'étoile
que j'ai posée entre tes dents
siffle
prince violon siffle blanc d'oiseaux

Vingt-cinq poèmes - Tristan Tzara

7 mars 2010

L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers ~ Nicole Versailles

L_enfant___l_endroit__l_enfant___l_envers"Ainsi Eugénie il y a le temps où j'ai cassé le grand candélabre avec ses branches familiales, ne lui trouvant aucune lumière jaune, comme on dit d'un rire jaune qu'il est jaune. Je l'ai cassé avec rage, j'ai démembré chacune de ses branches comme un enfant en colère se venge sur l'insecte qu'il a capturé et compte avec une volupté cruelle, chacune des ailes qu'il est en train d'arracher. Ah ! S'ils savaient mes ancêtres que j'ai refusé tout héritage venant de gauche comme de droite, celui du sang, et bien plus encore, celui du coeur."

Ceci est une histoire de femmes. Mais avant tout l'histoire, vraie ou reconstituée pour telle, d'une petite fille devenue grande, héritière d'une lignée. Une tentative de réappropriation de souvenirs. Un exercice de style autobiographique dans ce qu'il a de compliqué, de forcément subjectif, et de terriblement émouvant pour celle qui le rédige et pour ceux qui le lisent.

Nicole Versailles est partie d'une ancienne photographie, celle de sa grand-mère, morte bien avant sa naissance. Cette grand-mère s'appelle Eugénie et c'est à elle qu'elle s'adresse, à elle qu'elle n'a pas connue mais dont elle se sent si proche. Elle lui raconte Suzanne, puis Elle, sa petite-fille, leurs vies, leurs douleurs, leurs bonheurs, leurs dissensions... Elle tricote son ouvrage, l'enfant qu'elle était, la femme qu'elle est devenue, une maille à l'endroit, une maille à l'envers.

Voilà un écrit qui m'a réconcilié avec l'acte de lire, en douceur, et de cela je remercie particulièrement l'auteure.
L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers, entendons-nous bien, n'est pas à lire comme un roman, plus comme une trace de vie (du nom de la collection dans lequel il s'insère), et pourtant j'ai été emportée dans cette histoire comme si les protagonistes étaient des personnages de fiction.
De plus, et étonnamment, ce qui m'a paru au départ être une maladresse d'écriture, ces "je recommence" maintes fois répétés, ces arrêts dans la narration, je les ai pris très rapidement au cours de ma lecture pour ce qu'ils étaient, des hoquets d'émotion, et ils ont fini par particulièrement me toucher. Car jamais Nicole Versailles ne tombe dans le pathos facile, ni dans l'emphase émotive ou grandiloquente. Je connaissais déjà son écriture, via son blog qu'elle tient sous le pseudonyme de Coumarine, mais je dois vous avouer que j'ai été à un moment donné particulièrement surprise de la force de sa plume, de ce fil fragile qu'elle tient la main haute sans faiblir jusqu'au bout de son récit.
Bravo à elle, donc ! Ce livre est particulièrement réussi, et mérite toute votre attention.
Ensuite, je pourrais vous dire que j'y ai retrouvé des traces de ma propre histoire, à quelques détails près...et que cette connexion a été pour moi troublante, bien évidemment, mais qu'elle m'a conforté dans mes choix de vie aussi. Sommes-nous donc si nombreuses à porter ces valises trop lourdes de culpabilités et de devoirs ?
J'ai une grande admiration, donc, pour la capacité de Nicole Versailles a avoir transformé ainsi son regard rebelle en histoire d'amour, car ce récit est "pourtant une histoire d'amour"...

"Quand toutes les compagnes de classe se réjouissaient à la perspective du jour de congé tant attendu, elle n'osait dire à personne qu'elle préférait de loin les jours d'école. Car personne évidemment n'aurait compris et on l'aurait prise pour une folle...

Je ressens encore à l'intérieur de moi le dépit que j'éprouvais à la fin de la semaine ou quand on nous annonçait un congé inattendu. Cris de joie autour de moi, silence pétrifié et glacial en moi... j'allais devoir m'armer de courage pour passer l'épreuve jusqu'au lundi.

En t'écrivant cela Eugénie, je me demande bien sûr si je n'amplifie pas ces ressentis de peur, d'angoisse de me sentir complètement prisonnière, de sensations d'oppression... si en les écrivant, cela ne m'entraîne pas sur des chemins d'amplification "littéraire".

Non, c'est le contraire qui se passe : je mesure mes mots pour qu'ils ne débordent pas."

bouton3 Note de lecture : 4/5

ISBN 2 930452 09 9 -15€- AVRIL 2008

La lecture de Kloelle - Celle de Tania -

Le blog de l'auteure : http://coumarine.canalblog.com/

Ce livre est préfacé par Armel Job, l'auteur du fameux Tu ne jugeras point plébiscité par la blogosphère littéraire.

J'ai lu également, du même auteure, Tout d'un blog, écrit dans lequel Coumarine revient sur son expérience de blogueuse.

Sinon, mon exemplaire est tout disposé à voyager. Si cela vous intéresse, merci de me le signaler en me laissant vos coordonnées par le biais du lien "Contactez l'auteur" en haut à droite de cette page.

28 janvier 2010

Le Voyage dans le passé, Stefan Zweig

levoyagedanslepass_"Et en cette seconde où, pris par surprise, il perdit le contrôle de soi, le rempart artificiellement dressé des faux-semblants s'effondra sur son coeur et, pris de brusques palpitations, il sentit à quel point le déchirait, douloureuse, mortelle presque, la perspective de vivre sans elle. La quitter, mon Dieu, Elle : comment avait-il pu y songer, s'y résoudre, comme si, pour ainsi dire, il s'appartenait encore, comme s'il n'était pas prisonnier de sa présence, ici, de toutes les griffes et de toutes les racines de ses sentiments."

Neuf ans après s'être avoués leur amour, s'être envoyés de multiples lettres, deux amoureux se retrouvent. La vie les a séparés. Il y a eu tout d'abord le départ de Louis au Mexique, la guerre qui n'a pas permis son retour, son mariage avec une autre, la distance.

Stefan Zweig a ce talent particulier de manier avec subtilité et une technique imparable les émotions de ses personnages. La montée en puissance des sentiments du jeune homme pauvre que la perspective d'enfin réussir sa vie étourdit est infiniment bien décrite, ainsi que cette explosion qui nait en lui, la révélation de ce qu'il éprouve pour la femme de son riche patron et bienfaiteur, son amour pour Elle.
Le voyage dans le passé est une courte nouvelle, au goût doux-amer, qui a réussi à me chambouler... L'épilogue, par ailleurs, se déroule sans fard, avec distance, et c'est un grand art que l'on aurait envie de rencontrer et de saluer à chaque lecture. Du Zweig, en somme.

bouton3 Note de lecture : 4.5/5

ISBN 978 2 246 74821 2 - 11€ - 10/2008

Merci Véro !!

25 janvier 2010

La Donation, Florence Noiville

ladonation"Nous sommes tous des orphelins. Notre soif de consolation est inépuisable.
J'avais dix ans lorsque j'ai perdu mes parents. Tous les deux sont en pleine forme aujourd'hui, mais je ne cesse de remuer ciel et terre pour retrouver quelque chose de la vie d'avant. Quoi, je ne saurais le dire exactement. Je cherche le sol primitif. Une trace d'avant le vacillement du monde."

Rendez-vous chez le notaire pour une donation anticipée. La narratrice est présente, accompagnée de sa soeur et de ses parents. Etrange sensation que de retrouver à plus de quarante ans le quatuor de la famille nucléaire. Des mots s'échappent qui parlent de "nue propriété", 'd'usufruit", de "jouissance" de biens. Mais pourquoi s'évertuer à mettre des mots compliqués sur une chose si simple et si terrifiante à la fois, la mort ?

Cet acte de donation remue plus d'émotions, de souvenirs, qu'il ne faudrait ou devrait...il "avait tout réveillé. Tout tournait autour. La donation ou plutôt le don. Avec toutes ses variations : l'abandon, le don, le pardon."

Alors, avant que de monter dans le train pour Paris, se fait ressentir la nécessité d'une lettre, une lettre de remerciement qui prend soudain la forme inattendue d'un retour en arrière vers le passé, la maladie psychique de la mère, les incompréhensions qu'elle a suscité, les peurs.

"Je lui en ai voulu. Je lui ai pardonné. Pardonné d'avoir eu trop de dons - dont celui, remarquable, de bousiller nos vies à tous les quatre. Pardonné nos froids, nos heurts, nos incompréhensions. A la fin de cette journée, j'ai vu cette donation comme un acte authentique de paix entre vifs, comme aurait dit le notaire. Un symbole de miséricorde. Elle et moi, pourrions désormais être en accord avec le monde. Donner notre consentement à ce que nous sommes."

Je rejoins l'avis du Parisien cité en quatrième de couverture, "grande précision d'écriture, simplicité, finesse psychologique : il y a quelque chose de parfait dans ce récit." Oui.

bouton3 Note de lecture : 4/5

ISBN 978 2 253 12588 4 - Livre de Poche - AOUT 2009

- Merci Cathulu ! - L'avis de Solenn - Le coup de coeur de Canel -

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15 février 2010

La commissaire n'aime point les vers, Georges Flipo

lacommissaireViviane Lancier se retrouve bien malgré elle en charge d'une nouvelle affaire. Ah si son imbécile de nouveau lieutenant, Monot, n'avait pas déplacé le corps, ce sont ses collègues de la rive droite qui en auraient hérité !
Un clochard, qui ressemble à s'y méprendre au portrait de Victor Hugo, a été assassiné, en pleine rue et en plein jour, non loin du McDo des Champs Elysées. A priori, on en voulait à son sac dans lequel on retrouve la photocopie d'un sonnet intitulé L'Une et l'Autre. Ce poème sulfureux et inédit pourrait très bien être de Baudelaire, c'est en tous les cas ce que les experts affirment. Les médias s'en mêlent, une étrange fatalité semble s'abattre sur ceux qui ont touché le précieux document. Des coups de téléphone anonymes et quelques meurtres plus tard, la psychose s'installe et on se questionne sur l'existence éventuelle d'un serial killer...

Je me suis beaucoup amusée à lire ce roman policier, voilà qui est dit. J'ai même ri tout haut des réflexions de notre commissaire plus préoccupée de rentrer dans son nouveau tailleur rose que de mener à bien son enquête.
Georges Flipo, dont j'ai lu avec plaisir auparavant Qui comme Ulysse et Le film va faire un malheur, a toujours cette même verve et cet humour caustique que j'apprécie. Il a encore une fois réussi à me faire passer un bon moment de lecture. Je suis admirative également du talent qui lui a permis de se glisser si bien dans les pensées d'un personnage féminin, même burlesque et peu anodin. Je lirai avec plaisir le prochain opus de cette série dont on nous promet la sortie en quatrième de couverture pour 2011. La jaquette est par ailleurs, et de toute évidence très réussie, car j'ai dû user de maints stratagèmes pour empêcher de petites mains curieuses de feuilleter ce roman.

bouton3 Note de lecture : 4.5/5

ISBN 978 2 7103 3162 9 - 18€ - FEVRIER 2010

Les autres lectures d'une blogosphère littéraire qui en redemande... Aifelle - Papillon - Keisha - Cathulu - Kathel - Lily - Lou - Leiloona ...répertoriées en totalité par ici. L'auteur est en interview chez Liliba.

Et puis, et puis, j'ai songé tout du long à cette série The Closer, diffusée un moment sur France 3...et c'est un compliment.

22 mai 2009

Litost, Domas

litost

"Alors, qu'est-ce que c'est la litost ?
La litost est un état tourmentant né du spectacle de notre propre misère soudainement découverte."
Milan Kundera, "Le livre du rire et de l'oubli"

Tel est "à peu près" l'état d'esprit du personnage de cette histoire...qui déambule dans sa vie, en pleine crise d'identité, en se posant des questions sur l'amour, sur l'existence. Des idées noires laissent la place à de jolis moments poétiques, oniriques ou une sorte de double, d'ombre, vit une vie parallèle, transcendée.

litost_1J'ai aimé les planches de cette BD à l'univers très agréable, la mise en page, le noir et blanc souligné de rose - ou de rouge - l'humour aussi.
Les vignettes semblent traversées de vent, d'air et d'espace, et puis elles reviennent tranquillement à un quotidien identitifiable : Marseille, des terrasses de café, le port, les rues...

Un joli moment donc, parfois un peu naïf, mais qui trace avec justesse sa voie vers certains bonheurs essentiels de la vie.
A découvrir !

Quelques planches à voir ici, et des lectures...

ISBN 978 2 84953 065 8 - 13.9€ - Mai 2008

23 août 2009

Les radis bleus, Pierre Autin-Grenier

les_radis_bleus"Le temps qu'il faut  pour faire une phrase ! S'imaginer capable d'en faire une chaque jour ... Délire d'orgueil ! Folie de poète, peut-être..."

Et c'est cette entreprise folle que Les radis bleus retracent, un an de pensées, d'éclats et d'anecdotes...

Se loge dans le journal poétique de Pierre Autin-Grenier beaucoup de mélancolie, car il y est question assez souvent de fin de vie et de douleur. On devine, au détour d'une page, la perte d'un enfant sans doute ; le désir en tous les cas d'une vie retirée, paisible.
Malgré quelques répétitions de thèmes, dues certainement au genre utilisé, j'y ai également trouvé de bien jolis morceaux d'écriture, des réflexions sur l'utilité des poètes et de la poésie aujourd'hui, de l'ironie.
L'exemplaire que l'on m'a judicieusement prêté est truffé de petits bouts de papier !!

Quelques extraits seulement...(parce qu'il faut bien choisir !)

"Jeudi 3 février - Saint Blaise - Toute la nuit cent mille réveille-matin ont marmité à gros bouillons dans ma tête pour mieux m'empêcher de dormir. Au lever, me voici pire qu'une charette de chiens.
Je me régale de toutes ces choses effroyables et bien atroces qui brinquebalent dans ma caboche, pensant en tirer profit pour une page, un poème, une note...
L'heure de la feuille blanche me trouve le crâne creux, vidé de toute émotion. Je connais !... Insaisissables, les bandits voleurs de mots sont venus qui ont tout emporté !"

"Mardi 29 mars - Sainte Gwladys - Il y a comme quelque chose d'inépuisable et d'inachevé dans tout poème. Quelque part un mot console et épouvante, surprend parfois ; mais toujours fait signe et nous appelle. Invite à poursuivre l'immobile voyage.
Surgit soudain l'idée du sang, sans qu'on puisse l'attribuer en bonne raison au poème seul. Ou bien s'exhale une odeur ancienne de buanderie, qu'accompagne aussitôt le souvenir fragile de vieilles lessiveuses en ferblanterie. D'autres fois, c'est un ciel du même bleu que la nostalgie qui doucement se découvre, et vous porte à rêver...
Ainsi le lecteur affranchi peut-il prendre sa propre part à l'existence même du poème. Parce que loin de contraindre et d'enfermer dans le mot, la poésie - toujours - tient les portes de la vie larges ouvertes."

"Dimanche 3 avril - Pâques - Jamais nous ne mettons de nappes sur la table. Toujours nous la tenons bien cirée, brillante et lisse. C'est dommage, parfois, cette absence de nappe. En en soulevant un coin on pourrait en effet facilement voir, par en dessous, les jours passer."

"Dimanche 23 octobre - Saint Jean - Oh là là!..." (ma préférée parce que inattendue ;o))

"Vendredi 25 Novembre - Sainte Catherine - Rien n'est plus simple que le linge qui sèche sur le fil tendu entre le cerisier et l'acacia. La mésange qui se pose, légère, à côté des serviettes à carreaux rouges et bleus a tout compris. Et la voilà qui s'envole avec le vent faisant un instant vraiment bouger la vie.
Le front contre la vitre, l'oeil loin au-delà, on prend ainsi l'exacte mesure du temps. Toute gesticulation devient vite dérisoire quand on sait le discret travail de l'arbre, l'infinie persévérance des hautes herbes, l'ombre qu'il faut encore au jour pour lentement devenir la nuit.
Ils ne savent pas, ceux qu'une telle sagesse porte à sourire, quelle rare patience réclame chaque aube nouvelle et que vouloir forcer l'allure ne mène jamais nulle part."

"Samedi 31 décembre - Saint Sylvestre - Minuit, je jette un truc complètement cassé dans un lit en cage de fer et finalement le truc y trouve un sommeil qu'il voudrait sans réveil. C'est moi."

Sa bibliographie et un texte à lire sur remue.net - On peut l'entendre et le voir sur le site du Matricule des Anges

18 juin 2009

Le vice de la lecture

levicedelalecture"Se forcer à lire - "lire par volonté", en quelque sorte - n'est pas plus lire que l'érudition n'est la culture. Lire vraiment est un réflexe ; le lecteur-né lit aussi inconsciemment qu'il respire ; et pour pousser l'analogie plus avant, lire n'est pas plus une vertu que respirer. Plus on confère à l'acte du mérite, plus il en devient stérile. Qu'est-ce que lire, en dernière instance, si ce n'est un échange de pensée entre écrivain et lecteur ? Si le livre entre dans l'esprit du lecteur tel qu'il a quitté celui de l'écrivain - sans aucune des additions et modifications inévitablement produites par l'irruption de nouveaux corps de pensées-, alors il a été lu en vain. Dans ce cas-là, il va sans dire que le lecteur n'est pas toujours à blâmer. Il y a des livres qui restent de marbre - incapables de transformer ou d'être transformés-, mais ceux-là ne comptent pas en littérature. La valeur des livres est proportionnelle à ce que l'on pourrait appeler leur plasticité - leur capacité à représenter toutes choses pour tous, à être diversement modelés par l'impact de nouvelles formes de pensées. Là où, pour une raison ou une autre, cette adaptabilité réciproque manque, il ne peut y avoir de réelle relation entre le livre et le lecteur. En cela, on pourrait dire qu'il n'y a pas de critère de valeur abstrait en littérature : les plus grands livres jamais écrits valent pour chaque lecteur uniquement par ce qu'il peut en retirer." (extrait)

Quatrième de couverture : "Dans ce texte paru en 1903 dans une revue littéraire américaine, la romancière Edith Wharton (1862-1937) dénonce l’obligation sociale de la lecture, nuisible à la littérature et fatale à l’écrivain."

ISBN 978 2 916136 17 2 - 5€ - mars 2009

www.editionsdusonneur.com

NB ce soir : attention , ne vous y méprenez pas, (hors de l'extrait que je vous donne au dessus) ce livre peut aussi irriter, déranger les blogueuses littéraires que nous sommes...voir mon avis dans mes réponses à vos commentaires juste en dessous ! - Vous trouverez ici l'avis de Levraoueg que je rejoins complètement... (merci Aifelle !) et dont l'article s'intitule "Edith Warthon n'aimerait pas les blogs de lecture".

28 juillet 2009

On n'empêche pas un petit coeur d'aimer, Claire Castillon

claire_castillon"Ca ne va pas, c'est comme ça. Au début, j'ai cru que ça passerait, j'ai tenu les voiles et soufflé le vent, il suffisait de l'aimer, mais ça fait des années, et ça ne cessera jamais, la boue est montée. Il lui arrive, quand même, le temps d'une respiration, de lâcher un merci. Alors, c'est moi que les amis décident de soutenir. Il va mieux, il va bien, tu ne trouves pas, et toi, tu tiens ? Je leur réponds d'un bruit, de ventre, de gorge, d'affamée."

Autant vous le dire tout de suite, pour qu'il n'y ait ni quipropos ni équivoques, ce titre n'est pas une jolie histoire de sentiments ni de douceurs, cette couverture n'est pas la représentation photographique d'une caresse amoureuse, ce titre est en fait un recueil de nouvelles et est à proprement parler irréversiblement atroce, dans l'évocation des thèmes qu'il aborde et dans les violences, folies et hystéries, qu'il sous-entend ; et pourtant, pourtant, j'ai vraiment beaucoup aimé le lire.

Une petite explication s'impose ! Premièrement, Claire Castillon a une écriture extrêmement séduisante, rapide et efficace. Elle excelle dans l'art de la pirouette finale, grand ressort du style "nouvelles". Deuxièmement, il m'arrive assez rarement pour le souligner de rire au milieu d'une lecture, ce que j'ai fait en lisant ces textes, et ce à maintes reprises (des témoins confirment), même si le rire est parfois jaune, il est irrésistible et évident. Troisièmement, l'humour noir de ces histoires, un genre en soi, est poussé à un tel paroxysme qu'un certain détachement à la lecture se fait d'emblée...permettant d'apprécier le talent de l'écrivain et la symbolique de ces tableaux sentimentaux, conjuguaux ou non, où l'amour ne fait pas que du bien, loin de là.

Quelques histoires ? Une femme attend son époux sur le quai d'une gare une valise à la main, dérisoire - une autre fige son mariage et son époux dans un prisme guindé qui ne ressemble à rien - un homme se pose des questions au seuil d'un évènement qui mériterait autrement toute son attention - une jeune-fille fauche le mari de sa mère - etc...

bouton3 Note de lecture : 4/5

978 2 253 12258 6 - 5€ - SEPT 08

Une fiche sur un site non-officiel dédié à l'auteure - Véro a également été séduite - Clarabel a aimé, mais pas à la folie

 

31 octobre 2009

Les Vies privées de Pippa Lee, Rebecca Miller

lesviespriv_esdepippalee"Croyait-elle vraiment ce qu'elle disait, que le mariage était une question de volonté ? Oui, réalisa-t-elle avec tristesse, elle le croyait. Après tout ce que Herb et elle avaient traversé ensemble, après tout ce qu'ils avaient perdu pour être l'un avec l'autre (jusqu'à leur âme, peut-être), le mariage se retrouvait être une question de volonté. Cela lui donna envie de déchiqueter le présent insipide, de faire revenir en elle le passé intense, de le dévorer comme un ours fait une razzia dans les provisions d'un campeur. Elle avait envie de sortir en courant du restaurant, d'aller retrouver Herb pour l'embrasser à pleine bouche (elle imaginait son air surpris, abasourdi, lorsqu'elle se jetterait sur lui), d'éclater en larmes, de hurler même - de lâcher enfin prise. Au lieu de cela, elle attendit son sandwich au homard le sourire aux lèvres, en se demandant si elle n'était pas au bord d'une dépression très tranquille."

Pippa et Herb ont décidé de quitter New York et leur vie mondaine pour s'installer dans une luxueuse banlieue "pour vieux". Herb, octogénaire mais éditeur toujours en éveil, est devenu âgé dans le regard de sa femme, qui a une trentaine d'années de moins que lui. Cette installation dans une vie différente, rangée, proche de la mort, perturbe Pippa au plus haut point. Pourtant, elle s'efforce d'être ce qu'elle a toujours semblé être, une épouse et une mère parfaite. Pourquoi a-t-elle donc tant de mal à franchir cette nouvelle étape ? Pourquoi a-t-elle soudain ce sentiment trouble que son passé la rattrappe et l'aspire ? N'est-ce pas simplement pour mieux se retrouver ?

Depuis ma lecture de Lune captive dans un oeil mort, je me doutais que toute installation dans une résidence pour retraités aisés avait des conséquences inattendues. Ici, la surprise ne vient pas seulement du présent, ni des doutes et des phases de somnambulisme de Pippa, ni non plus de l'écriture de l'auteure. Non, l'inattendu vient de l'émotion qui nous submerge, à nos dépends, lorsque le passé de l'héroïne est dévoilé, lorsque Pippa déroule pour nous dans une tranquille simplicité le désordre de sa vie antérieure.

Voici un roman au charme curieux qui laisse en mémoire des traces discrètes mais fermes, comme des petits cailloux, ou des galets ronds, disposés à intervalles réguliers sur le chemin de notre pensée. Il y est question des maux de l'amérique moderne, de la place de la femme dans cette société sclérosée, mais également de libre arbitre, de quête d'identité et de rébellion. Tout pour me plaire, n'est-ce pas ? Il m'a peut-être manqué d'être transportée par l'écriture pour m'en faire un véritable coup de coeur !! Mais, allez, si peu.

"Trish me regarda et eut un geste, un haussement d'épaules qui signifiait : "C'est comme ça, qu'est-ce que tu veux." Je lui lançai un sourire encourageant, l'air étonné.
"Tu vois, nous sommes deux moutons noirs, toi et moi", dit-elle avec un sourire, avant de laisser échapper un petit gloussement rauque et gras. C'était la chose la plus gentille, la plus rassurante que personne ne m'avait jamais dite. Je sentis que j'avais une place quelque part."

bouton3 Note de lecture : 4.5/5

ISBN 978 2 02 097880 4 - 21.50€ - octobre 2009

Un grand merci à Cathulu pour ce prêt savoureux ! Sa lecture - Un livre qui a emmené Cuné au bout de la nuit -

A noter qu'une version filmée sort le 11 novembre au cinéma...

2 décembre 2009

Par effraction, Hélène Frappat

par_effraction"Dimanche 23 septembre 2004, dans une courte-allée du Marché aux Puces de la Porte de Clignancourt, vous avez acheté pour la somme totale de 40 euros un carton jauni portant la marque Franprix sur ses flancs.
Le propriétaire du stand [...] avait indiqué, sans plus de précision, que le lot contenait des films de famille. De retour chez vous, 17 rue des Deux Gares dans le dixième arrondissement, vous n'avez par ouvert le carton tout de suite.
Il est demeuré dans un coin de votre chambre, avec le reste de vos achats [...], jusqu'à cette soirée d'hiver où, sans savoir pourquoi, vous avez projeté les bobines en désordre sur le mur blanc de la chambre."

Par effraction, quelqu'un s'immisce dans l'intimité familiale d'une étrangère, une petite fille prénommée Aurore, qu'elle voit grandir au fil des images. Une vie inconnue se projette alors sur ses murs, une vie composée de fêtes familiales, de vacances et de jeux...
Par effraction, une jeune fille, A., s'insinue dans les pensées des autres, elle est télépathe, et ce don est un poids, une souffrance, un éloignement...
Par effraction, une autre jeune fille, Sabrina, pénètre tous les week-ends chez les parents de son amie, en l'absence de la famille. Elle organise chez eux des soirées, tente de s'inventer une vie plus riche, différente, une vie qui serait sienne...

Ce livre - au format minuscule - est un petit bijou dont il est pourtant bien difficile de parler... Nous avançons, par fragments, dans une histoire que l'on soupçonne être celle d'Aurore, petite fille télépathe encombrée par son don. Il y a ici une atmosphère, onirique, un peu nébuleuse, précieuse, faite de brouillard, de lacs où l'on se noie et de châteaux vides.
Il m'a fallu relire la fin, deux fois, pour en comprendre le sens, pour savoir si j'assistais à une renaissance, à un récit qui se mord la queue ou à une fin, tragique.
Hélène Frappat a une écriture magnifique, presque désuète, mais d'une dextérité remarquable qui nous amène sans faiblir au terme d'un voyage on ne peut plus troublant.

"Si tu n'entres pas dans ma chambre, je n'entrerai pas dans tes pensées" (quatrième de couverture)

bouton3 Note de lecture : 4.5/5

ISBN 978 2 84485 319 6 - 6.10€ - AOUT 2009

Hélène Frappat a reçu pour ce titre une mention spéciale du Prix Wepler-Fondation - La poste 2009.

D'autres lectures... pour Aurélie, ce livre est une "bulle secrète" et j'adore l'idée - Lily ( car c'est chez elle que j'avais noté ce titre) souligne les diverses interprétations possibles et l'ambiance onirique du roman ...

 

22 novembre 2009

Aujourd'hui...

...j'ai 37 ans, tout rond.

Dans les heures qui viennent, vous vous en doutez...j'ai donc l'intention de me goinfrer de chocolat, de souffler des bougies, de déchirer des papiers cadeaux, d'embrasser des joues d'enfants, d'oublier le temps qui passe...

Aujourd'hui, je suis en pause "petit nuage".

Alors, pour rester dans l'ambiance (parce que aussi c'est tout neuf dans les bacs), et que c'est tout ce que j'aime...un peu de Norah Jones.

norah_jones    

26 mai 2009

J'ai tant rêvé de toi

desnosJ'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant et de baiser sur cette bouche la naissance de la voix qui m'est chère ?
J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués en étreignant ton ombre à se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas au contour de ton corps, peut-être.
Et que, devant l'apparence réelle de ce qui me hante et me gouverne depuis des jours et des années, je deviendrais une ombre sans doute.
O balances sentimentales.
J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps sans doute que je m'éveille. Je dors debout, le corps exposé à toutes les apparences de la vie et de l'amour et toi, la seule qui compte aujourd'hui pour moi, je pourrais moins toucher ton front et tes lèvres que les premières lèvres et le premier front venu.
J'ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé, couché avec ton fantôme qu'il ne me reste plus peut-être, et pourtant, qu'à être fantôme parmi les fantômes et plus ombre cent fois que l'ombre qui se promène et se promènera allègrement sur le cadran solaire de ta vie.

Robert Desnos, Corps et biens

13 novembre 2009

Chocolat, Joanne Harris

chocolatlivre"Je vends des rêves, de menues consolations, d'exquises tentations inoffensives pour qu'une multitude de saints dégringolent de leur piédestal et viennent se fracasser au milieu des noisettes et des nougatines.
Est-ce si terrible ?"

Vianne, et sa fille Anouk, arrivent en plein milieu du carnaval, à Lansquenet, "petit point à peine discernable sur la voie rapide reliant Toulouse à Bordeaux". Elles assistent, séduites, à une explosion de couleurs pour ce village d'ordinaire si paisible.
Portées par le vent du mouvement, attirées par l'endroit, elles décident finalement de rester, de s'installer, et de monter dans ce lieu en apparence peu propice une "chocolaterie".
L'ancienne boulangerie, juste en face de l'église, est donc investie par leurs deux volontés et devient à la veille du carême un haut lieu de tentations, mais aussi la cristalisation des émotions des villageois. Tout cela n'est pas du goût de Reynaud, le prêtre, ni des habitants bien pensants qui mènent la communauté. Heureusement, Vianne a le don de cerner les âmes, et serait même un peu sorcière...aux dires de certains.

Ce roman de Joanne Harris est sans grande prétention mais il a son petit charme, et son envoûtement propre. Autant le dire, je me suis fait plaisir, et j'ai retrouvé avec cette lecture le goût que l'on me raconte des histoires, que l'on m'entraîne au gré des pages vers un ailleurs dépaysant, ce qui n'est pas rien.
Mais attention, la couverture du poche qui reprend l'affiche du film est trompeuse. "Chocolat" n'est pas véritablement une histoire d'amour. En effet, malgré les quelques amitiés réconfortantes qui investissent sa boutique, Anouk est bien seule à mener sa barque contre une religion rigoriste aux fondations bien précaires. Elle est seule également quand elle affronte ses souvenirs, l'ombre de cette mère avec laquelle elle a toujours fui.
Au final, outre que de me donner des envies irrésistibles de chocolat (et ça tombe bien non ?) par le biais de descriptions olfactives et occulaires ditirembiques, ce livre a réussi à brasser en moi quelques émotions personnelles fortes et à raviver un plaisir de lecture parfois fragile.
Une bonne raison, donc, pour continuer de fouiller dans ma PAL !

bouton3 Note de lecture : 3.5/5     objectif_pal

ISBN  2 290 32320 3 - J'ai lu - 2001

Un très beau billet à lire chez Sylvie

Défi Objectif Pal : 4/50

20 août 2009

L'Irlandaise, G Pascal et J Pavot

l_irlandaiseEva O'Connell est à la recherche de son oncle Richard, dont elle a pris le caractère rebelle et déterminé. Elle n'est qu'une jeune irlandaise de 19 ans lorsqu'elle débarque en Amérique, en pleine guerre de sécession, dans un monde inconnu, viril, fait de violence et de sang...

Ce n'est plus un secret, M Sylvie est très impliqué dans cette BD, que je suis heureuse d'avoir eu l'occasion de lire grâce à Sylvie, et à Nanne... Merci !

Pour moi qui aime Bourgeon, et ses Passagers du vent, ce fut un plaisir de trouver dans les pages de cet album une ambiance familière et de constater quelques points communs entre les deux personnages féminins, Isa et Eva, cette même manière de se vêtir de vêtements masculins, de bouder et de ne perdre son sang froid dans aucune occasion. Lorsque j'étais adolescente, Eva était un peu la femme que j'aurais aimé devenir...(pas vous?) La femme que je suis est bien différente. Cela dit, restent gravées en moi quelques traces de mes lectures enfantines, faites d'îles au trésor, de corsaires et d'autres aventurières en jupon...mais bon, je m'égare. Cette BD a donc été un moment de lecture savoureux, et comme vous pouvez le constater, rempli de réminiscences.

Ambiance western chez L'Irlandaise donc, tout commence dans l'atmosphère sombre d'un saloon. La présence d'Eva, son apparition en haut des marches, ne laisse personne indifférent. Qui est cette fille ? Un homme à moustaches semble plus particulièrement lui chercher querelle. Sa condition d'Irlandaise lui sauvera la mise, encore une fois, comme elle lui avait sauvée la vie lors de sa rencontre avec Brian. Mais pourquoi son oncle Richard a-t-il disparu ? Pourquoi le recherche-t-elle ? Suite aux prochains épisodes...j'ai hâte !

Un deuxième tome est en préparation, qui m'a l'air bien magnifique, à voir par ici : http://gillespascal.blogspot.com/

ISBN 978 2 916347 16 5 - 12€ - OCT 2007 

La lecture de Nanne - Celle de Florinette 

3 novembre 2009

Taguée en blanc...

par Cathulu ! Je me suis mise, à l'instar d'Aifelle, en mode recyclage et suis partie en quête de photographies déjà présentes sur mon PC (et pas forcément sur mon blog).
Dois-je ajouter que, chez moi, seuls les appareils ménagers ont tendance à rester blanc, car la famille Antigone aime peindre, la famille Antigone aime recouvrir de nappes, de stickers et de tissus colorés, la famille Antigone est définitivement un peu folle...de couleurs. Je vous ai donc épargné radiateurs immaculés, réfrigérateur étincelant et autres ustensiles quotidiens pas très glamours.

Vous trouverez ci-dessous, en vrac, une boite à thé blanche dont j'aime d'amour le côté rétro, le blanc de ma table de cuisine aujourd'hui recouvert de petits carreaux rouges et blancs (après avoir connu le temps du vert anis qui nous donnait le sentiment incongru et vivifiant de manger dans les prés), un petit oiseau blanc (et bleu) souvenir de Bretagne, un coffre en osier (sous le catalogue violine) que je passe mon temps à repousser du pied (car j'aime que les objets restent à leur place, c'est ainsi), le carrelage de ma cuisine (joliment décoré ;o) doté aujourd'hui d'un entourage gris clair car vacances ont rimé avec coloriage (hum!), l'album de Chris Garneau que j'écoute en boucle (et dans le désordre) et un des romans d'Emmanuelle Pagano... car POL aime le blanc et moi j'aime les romans d'Emmanuelle.

Montages

[Le mode d'emploi de ce tag :
"Il faut taguer en couleur !!! chaque participant doit rester dans la couleur qui lui a été attribuée.
mettre un lien sur votre blog vers celui de votre gentil(le) tagueur (tagueuse)
chercher, trouver, photographier 7 choses que vous possédez chez vous, sur votre blog ou vos photos de vacances et qui ont cette couleur ...
Publier ces photos (montage ou pas) sur votre blog perso
Choisir à votre tour 7 pôôôvres victimes et les taguer"]

Je tague à mon tour Lili en rouge, Bel Gazou en rose, Arlette en vert, Canel en bleu, Théoma en orange, Lily en marron et Annie en jaune !!!

11 octobre 2009

Retour d'un livre voyageur

alice_munroUn peu, beaucoup...pas du tout, un titre de Alice Munro, parti en voyage depuis quelques mois, est de retour, rempli de vos lectures.

"Neuf histoires de femmes. Histoires de baisers donnés comme on ramasse une fleur au bord du chemin. Histoires de meubles encombrants dont on ne parvient pas à se séparer. Histoires de trahisons nécessaires. Neuf histoires d'amour." (quatrième de couverture)

Voici un extrait de mon avis de lecture de l'époque, un coup de coeur pour moi : "Chaque nouvelle nous entraîne dans un chemin inattendu et déconcertant. On s'attend à ce que cette femme un peu banale se prenne une déconvenue, que cette autre suive un chemin tout tracé ou que celle-ci, encore, nous étonne : une farce se termine en happy end, Jinny attend son mari en plein soleil et se fait surprendre par une rencontre, Alfrida n'est pas la tante rebelle qu'elle semblait être, un mari attentionné s'efface pour le bonheur de son épouse malade.
Le style est impeccable et agréable à lire. Les personnages, plus qu'attachants, nous renvoient à nous-mêmes. Chaque parcelle de poussière, d'émotion, de frémissement est décrit avec précision par une Alice Munro posant sur ses contemporains un regard bienveillant et ironique."

Vous avez eu à son encontre un accueil plus mitigé, dû sans doute à l'écriture particulière d'Alice Munro et à l'atmosphère de ces nouvelles, parfois déroutantes. Voici ce que vous en avez pensé...

"Je ne sais pas vraiment pourquoi l'écriture m'a rebutée, un peu froide, un peu crue à mon goût et je ne me suis pas attachée aux personnages pourtant fort intéressants à leurs histoires qui l'étaient tout autant, ni à ce décor de l'Ontario. J'ai pensé que peut-être je n'étais pas dans les bonnes conditions pour ci pour ça, j'ai attendu, je l'ai repris et non, définitivement." La suite de l'avis de Bel Gazou sur son blog. "Peut-être n'était-ce pas non plus le moment pour moi..." Servanne "J'ai bien aimé toutes ces histoires de femmes si différentes les unes des autres avec comme dénominateur commun l'amour ! J'ai par contre été un peu rebutée par l'écriture que je trouve un peu brouillonne et confuse, m'obligeant quelquefois à revenir sur ce que j'avais déjà lu pour bien comprendre ce que l'auteur voulait faire passer. A part cette petite chose, un bon moment de lecture !" La fiche de lecture de Lucy "Une lecture tout à fait intéressante... Plusieurs histoires qui nous offrent autant de visions de vie. Une bonne découverte de cette auteure que je ne connaissais pas." Tristale "Surprenant parcours où l'atmosphère y est spéciale. Chacune de ces nouvelles se greffant autour d'un drame, ou d'une douleur. Alice Munro évoque au fil des histoires les grandes questions portant sur l'amour, l’amitié. Ai-je aimé ce livre ? Ma réponse sera un peu, beaucoup pour quelques unes. La chute de l'ours traversa la montagne est inattendue. L'écriture est par moments déroutante." Le billet d'Arlette "J'ai un peu déchanté à la lecture de ce "Un peu, beaucoup... pas du tout" de Alice Munro. Il s'agit d'Un recueil de neuf nouvelles où des femmes parlent d'amour, de couple, de leurs déceptions... Il ne se passe pas grand-chose en fait. Tout est dans le rythme, l'ambiance, l'atmosphère tranquille qui est recréée. On ne peut pas vraiment s'attacher à ces femmes. On passe à côté d'elles. On les effleure. Mais l'émotion ne va pas plus loin. C'est un peu dommage..." Le blog de Martine "Merci pour cette lecture dans laquelle j'ai découvert de très beaux portraits de femmes, bien que pas très gais..." Le blog de Liliba

.

Merci à toutes pour tous vos petits mots laissés dans ce livre. Je vous renvoie par ailleurs sur l'avis de Laure, pioché sur Amazon, qui offre une autre tonalité de lecture, et qui compare assez justement Alice Munro à Laurie Colwin.

5 octobre 2009

L'homme que l'on prenait pour un autre, Joël Egloff

l_hommequel_onprenaitpourunautre"Voilà comment, d'une heure à l'autre, quand on a la tête que j'ai, on se retrouve époux, père et chef de famille sans avoir rien demandé à personne. Même si ce n'est que le lendemain au réveil que je m'en suis rendu compte, que j'ai pu en mesurer toutes les conséquences, quand les enfants m'ont sauté dessus aux aurores en dansant sur le lit, sur l'air de Papa est revenu. J'aurais dû y penser, à eux, pourtant, j'aurais dû m'en souvenir. Je les entendais quelquefois depuis chez moi, je les avais déjà croisés dans l'escalier. Ils n'étaient que deux. Un garçon et une fille. Mais ils s'agitaient tellement et faisaient tellement de bruit, qu'il m'a semblé, sur le coup, qu'il en venait de partout, qu'ils étaient au moins cent, une armée, un essaim, tandis que leur mère, à mes côtés, s'étirait comme une chatte, en souriant tendrement. Ils avaient tous l'air content de me voir. Ils n'étaient pas rancuniers pour un sou. Ni même le chien qui me léchait le visage avec beaucoup d'affection. Je faisais très bien l'affaire pour tout le monde, apparemment."

Notre narrateur a un visage très commun. En conséquence, on le prend toujours plus ou moins pour quelqu'un d'autre. Bizarrement, cette méprise s'étend facilement à sa porte d'entrée, ou à sa boîte aux lettres. Son facteur ayant la fâcheuse tendance d'y déposer du courrier qui ne lui est pas destiné.
Sa principale occupation est d'aller voir une tante, ou peut-être une grand-tante, ou une cousine de sa tante - il ne sait plus très bien - dans un foyer logement éloigné, un dimanche sur deux.
Tout dérive lorsque fatigué de lutter contre ces vies inconnues qu'on lui assigne, il commence à laisser les évènements se dérouler comme ils le souhaitent. Une spirale dangereuse dans laquelle notre homme, un peu las, risque bien de se perdre tout à fait...

Voici un titre qui était dans mes intentions de lecture (LAL pour les initiés) depuis fort longtemps. Je ne savais plus très bien où, ni pourquoi, je l'avais noté. Je n'avais aucune idée de ce que j'allais y trouver.

Il y a du Kafka dans le récit de Joël Egloff, ou le sentiment de croiser un personnage à la Sartre, errant dans les rues, les escaliers, vivant dans un monde un peu flou, proche de la nausée. Mais cette histoire de méprise, répétitive à l'excès, est à prendre largement au second degré, au risque d'être terriblement déçu par l'intrigue. L'homme que l'on prenait pour un autre est en fait une fable, au lecteur je suppose d'en comprendre la morale. 
Je me suis surprise à sourire à plusieurs reprises aux trouvailles verbales de l'auteur, aux quipropos rocambolesques des situations. A un moment seulement, j'ai eu le sentiment de retrouver les paroles d'un scketche de Bigard (celui qui parle d'une chauve souris intelligente, vous voyez), alors j'ai un peu tiqué, mais sans plus.
Joël Egloff a un talent d'écriture certain. Cet exercice de style particulier qu'est ce roman en est la preuve. Il possède également un goût de l'ironie et de la loufoquerie assez délectable. Cette lecture est plaisante mais pas inoubliable, comme un goût de déjà-vu, ou de déjà lu.
En fait, j'aimerais beaucoup lire "autre chose" de cet auteur...pour voir.

"C'est à mon physique très ordinaire que j'attribue cela. Avec un visage aussi commun que le mien, on ne passe pas inaperçu. Deux yeux, un nez, une bouche, ça rappelle forcément toujours quelqu'un à quelqu'un."

bouton3 Note de lecture : 3.5/5

ISBN 978 2 266 18431 1 - Pocket - SEPT2009

Un grand merci aux Edtions Pocket pour l'envoi, et à Blog-o-Book pour la proposition !

Clarabel l'a lu aussi "ce petit roman étrange", et en fait je l'avais noté chez elle - L'auteur est en interview chez AuteursTv - Gambadou a été conquise - La lecture de Uncoindeblog...qui a préféré Kafka - Valdebaz n'a pas adhéré au comique de répétition - Xiane est bien malheureuse de sa déception - ... je remarque que, malgré tout, la qualité de l'écriture a été appréciée par tous, et qu'une certaine curiosité est titillée, tout de même ;o).

 

18 septembre 2009

Une fenêtre où se pencher

fen_tre1Je ne crois plus aux naufrages,
Il y a un masque bleu au fonds de tous les puits ;
Les porteuses de pain se succèdent,
Les vies se souviennent d'autres vies.

Il restera toujours une fenêtre où se pencher,
Des promesses à tenir,
Un arbre où prendre appui.

Quelque part existe le visage de notre terre.
Qui nous dira son nom ?

ANDREE CHEDID
(Seul le visage, 1960)

19 février 2009

Et le bébé était cuit à point, Mary Dollinger

et_le_b_b_"Il s'appelle comment ?
- Harmonie.
- C'est une chatte ?
- Mais je te l'ai déjà dit," énervement à peine perceptible, "c'est un chat," soupirs appuyés, "c'est même là tout le problème..."
- Sois plus explicite, maman, s'il te plaît.
- Eh bien, c'est un chat, et la nuit il court.
- Il court où ?
- Après d'autres chats, bien entendu..." hésitation, "mais pas du même sexe," conclut-elle pudiquement. Sa mère, amants à perte de vue, se mit à rougir comme une petite vierge à qui on aurait offert les oeuvres complètes de Sade." (extrait)

Blanche, qui mène une vie plus que morne - aux dires de sa mère - se voit confier la tâche ingrate de s'occuper d'un chat folâtre sous le prétexte qu'elle vit seule et possède un appartement. Tout d'abord peu enthousiaste, elle doit se rendre bientôt à l'évidence, Harmonie a changé sa vie. Elle rencontre Philippe, mène sa carrière tambour-battant et se sent de plus en plus irrésistible dans le regard des autres, jusqu'à ce que finalement tout dérape...et que des mots (maux) lui échappent.

Je ne saurais trop remercier M Dollinger d'avoir insisté pour que je lise ce petit livre savoureux. J'avais eu un avis plus mitigé sur le "Journal désespéré d'un écrivain râté" de son épouse, même si le style de l'auteure m'avait paru par passages plutôt attractif. Mon sentiment en demi-teinte est tout à fait réparé ici. J'ai commencé sa lecture, un peu énervée par mon propre chat, qui aime parfois démontrer ses réprobations par des actes de vandalisme tout à fait inappropriés. Je croyais que l'on allait nous parler dans ce roman/nouvelle de "bébés cuits" (voilà qui était surprenant)...et bien non, on nous raconte ici des histoires de chats, des histoires de sentiments, et cela m'a fait sourire, beaucoup. Je n'ai pas attendu le bus avec ce livre (petite référence au nom de la collection) mais mon café a eu tout à coup un goût bien meilleur et mon chat a senti le vent de la colère s'éloigner de lui avec soulagement... Un joli moment de lecture. Merci M Dollinger !

bouton3 Note de lecture : 4/5

ISBN 978 2 7570 0111 0 - 5€ - 2008

Le blog de Mary Dollinger

D'autres lectures : Laurence chez Biblioblog, Bellesahi, Cathulu, Bibliodudolmen, Martine, Lou, Aifelle et bien d'autres encore...

18 août 2009

Objectif Pal

objectif_palJe vois fleurir bien souvent des défis de toutes sortes sur vos blogs (dont par exemple le judicieux 1% rentrée littéraire), et bien souvent également je me sens incapable de les tenir.

Etat d'esprit des vacances oblige, m'est venue l'idée de me lançer à moi-même un petit défi personnel qui correspond à une envie profonde...réduire enfin cette PAL (Pile A Lire) qui végète et m'empêche d'aller gaiement de l'avant vers de nouveaux livres et de nouveaux achats ! Une quarantaine de livres au total...dont je vous épargne ici la liste.

Je rajouterai ce petit logo en bas des lectures prochaines qui entrent dans cette catégorie, en gros celle des livres rangés dans une PAL oubliée depuis de nombreux mois (quelques vieilleries donc, un petit rangement physique s'étant avéré nécessaire pour cette opération de grande envergure, comme vous pouvez l'imaginer...je plaisante)
...hors prêts, emprunts de bibliothèques, nouveautés et livres-voyageurs, bien entendu.

Si mon "objectif Pal" vous intéresse, n'hésitez pas à l'emprunter ! ;o) Je serais assez curieuse de savoir quels livres stagnent désespérément dans vos pals à vous...

Edit de 10h : Soyons précis, il s'avère que ma PAL contient en fait 50 livres... Ouh là là ! Je ferai donc un décompte à chaque lecture (du style 1/50)...ainsi l'évolution du défi sera visible ;o) !! Les livres acquis entre temps ne seront pas pris en compte... Organisation organisation !!

Edit du 21/08 : Tout d'abord, me voici toute bouleversifiée par le succès inattendu de ce petit défi au départ tout personnel, merci à vous !! Plusieurs participants se sont déclarés ici, chacun compte sa PAL, se fait un peu peur (ou pas). Le principe étant, je pense, d'identifier une pile précise, à taille humaine, non modifiable, pour réellement se rendre compte de l'évolution des lectures...
Les blogs participants ci-dessous (merci de me prévenir en cas d'erreur ou d'oubli !) :

http://monbiblioblog.blogspot.com/ - http://saxaoul.canalblog.com/ - http://perduedansleslivres.blogspot.com/ - http://dunlivrelautredenanne.blogspot.com/ - http://sylire.over-blog.com/ - http://moncoinlecture.over-blog.com/ - http://livresarrajou.blogspot.com/ - http://inbookswetrust.over-blog.com/ - http://motsenbouche.hautetfort.com/ - http://larucheauxlivres.canalblog.com/ - http://leslivresdegeorgesandetmoi.wordpress.com/ - http://liratouva2.blogspot.com/ - http://nourrituresentoutgenre.blogspot.com/ - http://feebourbonnaise.wordpress.com/ - http://www.leblogdelacauseuse.blogspot.com/ - http://hambreellie.blogspot.com/ - http://www.myloubook.com/ - http://happyfew.hautetfort.com - http://legrandnullepart.over-blog.com/ - http://unetempetedelivres.blogspot.com/ - http://lepotinoirdedoriane.blogspot.com/ - http://celsmoon.over-blog.com/ - http://ma-librairie-virtuelle.over-blog.com/ - http://histoire-de-lectures.over-blog.com/ - http://readingnotes.canalblog.com/ - http://www.audouchoc.com/ - http://cdcoeurs.over-blog.net/ - http://petitepom.sosblog.fr/index.htm - http://fanyoun.over-blog.net/ - http://chatperlipopette.blogspot.com/ - http://liliba.canalblog.com/ - http://sylire.over-blog.com/ - http://levraoueg.wordpress.com/ - http://nath.over-blog.com.over-blog.com/ - http://missorchidee.over-blog.com/ - http://jelydragon.blogspot.com/ - http://lacavernedankya.canalblog.com/ - http://leslecturesdesophie.blogspot.com/ - http://insatiable-lectrice.over-blog.com/ - http://liber-et-moi.over-blog.com/ - http://la-ronde-des-post-it.vefblog.net/ - http://lireouimaisquoi.over-blog.com/ - http://cryssilda.canalblog.com/ - http://legoutdeslivres.canalblog.com/ - http://des.cases.a.vents.over-blog.com/ - http://nuagesetvent.over-blog.com/ - http://insatiable-lectrice.over-blog.com - http://www.affinitiz.com/space/polars - http://ruedesiam.blogspot.com/ http://www.booki-net.blogspot.com/ - http://milleetunepages.canalblog.com/ - http://ennalit.canalblog.com/ - http://lisezjeunesse.canalblog.com/ - http://dusoleilsurlapage.over-blog.com/ http://legrenierdechoco.over-blog.com/ - http://elfique2.canalblog.com/ - http://imagimots.blogspot.com/ - http://bouboubouquine.free.fr/ http://au-milieu-des-livres.over-blog.com/ - http://cakesandco.over-blog.com/ - http://bookybook.over-blog.com/ - http://lescontesdecaracole.blogspot.com/ - http://croqlivres.canalblog.com/ - http://noursette.canalblog.com/http://leiloona.canalblog.com/ - http://analphabete.canalblog.com/ - http://lecturesdalexielle.over-blog.com/ - http://chez-craklou.over-blog.com/ - http://chezlizalou.blogspot.com/ - http://belles-paroles.over-blog.com/ - http://godbersen.schreiber.harrison.young.over-blog.com/ - http://lordeschambres.over-blog.com/ - http://scriptural.over-blog.com/ - http://shereads.canalblog.com/ - http://page-a-page.over-blog.fr/ http://grimoire-edea.blogspot.com/- http://lililectrice.canalblog.com/ - http://lecturesdeliyah.over-blog.com/ - http://et-que-tournent-les-pages.over-blog.com/ - ...

17 août 2009

Leslie Marmon Silko

clocheUn jour une histoire arrivera dans ta ville.
Elle viendra de très loin,
du sud-ouest ou du sud-est -
les opinions divergeront.
L'histoire peut arriver portée par un étranger
ou par le marchand de perroquets.
Mais quand tu l'entendras,
tu sauras que c'est le signal...

Une citation extraite de La liane du désir.

6 mars 2009

Sans blessures apparentes, Jean-Paul Mari

sansblessuresapparentes"Plus la guerre menée a été longue et sauvage, plus le sevrage sera brutal. Soudain, tout s'arrête. Le jour succède à la nuit. Autour d'une nappe blanche, les Présidents des deux camps apposent leurs élégantes signatures à la plume au bas d'un traité et décident que la guerre est finie, le chaos révolu et le crime à nouveau immoral. Ainsi, d'un coup, d'un seul, il faudrait tout oublier ! Redevenir doux comme un agneau, père attentif, mari aimant, citoyen modèle, bien à l'heure le dimanche pour la partie de boules à la sortie de la messe ou de dominos après la mosquée. Le héros sur le front, l'ancien tueur, qualifié jusqu'ici d'avant-garde de la patrie en danger, est prié de déposer les armes et d'enfiler de toute urgence son costume trois pièces de citoyen lambda pour reprendre sa place dans la comédie humaine."

Jean-Paul Mari est grand reporter, et ce depuis de longues années. Il parcourt le monde en quête de papiers, suit les guerres qui éclatent de partout, qui massacrent, qui tuent, qui torturent. Un jour, à Bagdad, logé dans un hôtel réservé à presse, il assiste aux dégâts que provoque un obus envoyé par les alliés, et plus particulièrement à la mort d'un de ses confrères, fasciné par la tâche blanche et nacrée qui a remplacé son ventre. Il ne sait pas que le mal est entré en lui, ce mal qui ronge ces hommes que la guerre rend fou, ce mal devenu sujet tabou, couvert par les décorations et les éloges héroïques... Sans blessures apparentes est le résultat d'une enquête de longue haleine, menée contre l'horreur pour la guérison et la légèreté...

Contre toutes attentes, j'ai beaucoup aimé ce livre, presque un récit d'utilité publique. Jean-Paul Mari a un talent évident, celui d'écrire remarquablement bien, celui aussi de nous transmettre son sujet sans lourdeurs, avec imprégnation. Ecris comme un roman, hanté par des images fantômes, ce récit est une quête, une quête vers le bonheur, vers les autres, vers la paix, mais aussi une quête de soi. A travers les portraits de guerriers naufragés qu'il nous dresse, c'est un peu l'humanité perdue dont Jean-paul Mari nous parle, et les solutions pour la sauver nous paraissent soudain si simples et si lointaines à la fois... Un documentaire, riche en émotions et en subtilité, qui m'a passionné.

"- On en sort plus riche ?
- Infiniment.
- Après avoir, hélas, perdu sa légèreté d'antan...
- Grossière erreur.
- Mais enfin, le temps de l'innocence est fini, non ? [...]
- L'innocence dont vous parlez n'est pas la légèreté.
- Je ne comprends pas.
- En revisitant son histoire, le traumatisé, guéri, a renoncé à sa névrose mais il en a profité aussi pour dénouer des noeuds anciens...
- Qui entravaient sa vie ?
- Oui. Cette "innocence" dont vous parlez il la payait cher.
- Alors quand la cure réussit...
- C'est un homme qui a retrouvé sa liberté. Plus léger qu'avant. Beaucoup plus léger !"

bouton3 Note de lecture : 4/5

Un livre lu dans le cadre du grand prix des lectrices de BOOKPAGES 2009
Catégorie Document

ISBN 978-2-221-10731-7 - 20 € - 10/2008

La lecture d'Enna - Celle d'Annie

11 août 2009

Comment je suis devenu écrivain, VS Naipaul

comment_je_suis_devenu__crivain"J'ai dit que j'étais un écrivain d'intuition. C'était le cas, et il en va encore ainsi aujourd'hui que je suis près de la fin. Je n'ai jamais eu de plan. Je n'ai suivi aucun système. J'ai travaillé intuitivement. Mon but était à chaque fois de faire un livre, de créer quelque chose de facile et d'intéressant à lire. A chaque étape, il me fallait travailler dans les limites de mes connaissances, de ma sensibilité, de mon talent et de ma vision du monde. Tout cela s'est développé livre après livre. Et il me fallait écrire ces livres, parce qu'il n'en existait aucun sur ces sujets qui me donnât ce que je voulais. Je devais défricher mon univers, l'élucider, pour moi-même." (extrait)

ISBN 2 264 035765 - 10/18

VS Naipaul a onze ans lorsque sa vocation naît, l'envie, il sera écrivain. Pourtant, pendant de longues années, il n'écrit pas, rien ne semble étayer ce sentiment que tel sera son destin. Et puis, un jour, c'est l'Inde qui vient à lui et plus précisément Trinidad, là où il a grandit, et l'écriture suit ce chemin là, auquel il ne pensait pas...

"De la révélation précoce de son désir d'écrire transmis par son père, journaliste autodidacte, à son accomplissement talentueux, V.S. Naipaul, qui a reçu en 2001 le prix Nobel de littérature, retrace pour nous un chemin qui fut long et parfois difficile pour cet homme partagé entre les souvenirs lointains de l'Inde ancestrale, Trinidad, où il fut élevé, et le monde totalement étranger des romans anglais qu'il lisait." (quatrième de couverture)

Ses oeuvres romanesques sont sorties en mars 2009 chez  Bouquins

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  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
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