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Les lectures d'Antigone ...
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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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16 janvier 2011

Une année dans la vie de Tolstoï, Jay Parini

uneann_edanslaviedetolstoi"L'important, ce n'est pas que soit accompli aucun désir, aucune exigence de ma part, mais seulement que tu retrouves la sérénité, le calme et un rapport raisonnable avec la vie.
Aussi longtemps que cela te fera défaut, vivre avec toi est inconcevable pour moi. Revenir à toi tant que tu es dans cet état voudrait dire renoncer à la vie. Et c'est une chose, à mon avis, que je n'ai pas le droit de faire.
Adieu, chère Sonia, et que Dieu te vienne en aide ! La vie n'est pas une plaisanterie, et nous n'avons pas  le droit de la gaspiller à notre fantaisie. La mesurer à sa durée n'est pas raisonnable non plus. Peut-être les mois qui nous restent à vivre sont-ils plus important que toutes les années déjà vécues. Nous devons les vivre correctement."

Comme le précise en postface Jay Parini, Une année dans la vie de Tolstoï ne cherche pas à être une étude littéraire stricte mais plus une tentative de conter sous forme de fiction kaléidoscopique les derniers instants de la vie du grand auteur, et ce à l'aide des fragments de journaux découverts, notamment celui de Valentin Boulgakov, dernier secrétaire de l'auteur, ou ceux de ses enfants et de ses disciples. Cet opus est également un portrait à charge de la femme de Tolstoï, Sonia, accusée d'être opportuniste et tyranique. En effet, au terme de sa vie, l'auteur est adulé, entouré d'une cour hétéroclite vivant à ses crochets, mais également porté vers des sentiments religieux et philosphiques forts, prônant la simplicité et l'abstinence. Sa femme craint les malveillances et les manipulations de cet entourage admirateur, elle redoute le complot qui n'aurait de cesse selon elle de dépouiller les siens de leur héritage. Elle déteste ce qui éloigne son mari d'elle et est jalouse des égards qu'il porte à ses amis intimes. Le grand homme, dans une tentative de fuite désespérée vers plus de tranquillité d'esprit, trouvera la mort dans une maison de gare, scène liant le tragique au grotesque.

En lisant en écho le billet qu'Alice a consacré à Sofia (Sonia) Tolstoï, on ne peut que comprendre à quel point le couple a eu une histoire complexe et tendue. Je n'ai su que penser de cette version de Jay Parini qui m'a laissé une curieuse impression de malaise... Malgré de beaux passages, j'ai eu le sentiment que le tout était baigné d'un parti-pris et d'une subjectivité forcée. Dommage, car ce livre avait tout pour m'intéresser et malgré mon amour pour les romans et nouvelles de Tolstoï je sais que bien souvent la grandeur d'un homme cache d'autres réalités, les sacrifices d'une famille. Cependant, je ne regrette pas cette lecture, captivante à sa façon. J'y ai appris beaucoup. Je pense continuer à lire sur le sujet, histoire de m'en faire une idée plus précise par recoupement...

bouton3 Editions Points - 8€ - Septembre 2010

Karine a lu Tolstoï dernièrement, c'est par ici. L'article très complet d'Annie sur ce même livre...

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24 octobre 2010

Le sang visible du vitrier, James Noël

lesangvisible_du_vitrierNotre siamoise différence

beaux mes bras
à être mutilés
suis-je un vitrier
qui fait pacte avec les pierres
pour célébrer leur impact sur les vitres

ouvre mon image pour t'atteindre
de ressemblance et de fracture
tu chanteras notre siamoise différence

je coupe les vitres
quand ça casse
un sang coule net dedans
il m'arrive même en écrivant
de croire que c'est la vérité qui blesse
pourtant de là ma visibilité renforcée
coeur brisé du miroir
miroir brisé du coup

je coupe les vitres
en m'ouvrant les veines

Vent d'ailleurs 2009 - 9€

James Noël est né à Hinche en Haïti en 1978.
Sa poésie m'est apparue pleine de force rentrée, de colère et d'énergie. Elle est à la fois violente et amoureuse, mais aussi tour à tour fière et désabusée.
Je me suis penchée avec curiosité sur cet opus d'une poésie haïtienne que je ne connais pas. J'en ai aimé la vitalité et la simplicité. J'ai eu conscience de découvrir un univers très éloigné du mien. Voici un livre qui mérite de multiples lectures. Difficile de lire un recueil de poèmes d'une traite, comme on lit plus généralement un roman ou tout autre oeuvre linéaire...
Le petit plus de cette lecture ? Cette évidence qui apparaît très rapidement à la lecture. James Noël s'inscrit dans une modernité sans complexes, chacun de ses mots est vivant, persuadé d'être entendu. De quoi en prendre de la graine.

Un grand merci à BOB pour ce partenariat et à Vents d'ailleurs pour l'envoi !!

Le billet très riche de Pascale sur ce recueil

10 août 2010

Objectif Pal ... Un bilan et un retour

objectif_pal_le_retourAlors que Schlabaya reprend vaillamment le challenge du 1% qui consiste à lire 7 livres de la rentrée littéraire (challenge auquel je me suis inscrite aussi assez vaillamment), je me fais cette réflexion qu'un petit bilan de mon Objectif Pal ne ferait de mal à personne... ou presque. Parce que, avouons le, je vous ai menti, je vous ai laissé croire que ma propre PAL (Pile A Lire) était raisonnablement en train de descendre, et bien non en fait pas du tout.
Remettons les compteurs à zéro, soyons honnête, ce challenge est proprement impossible à tenir. Alors, bien entendu, j'ai lu 10 livres de ma PAL depuis un an, et j'y ai fait de bien jolies découvertes. Mais elle s'est augmentée de bien plus. Par le fait d'individus, bien intentionnés sans doute (que je ne nommerais pas), qui n'ont rien trouvé de mieux que de bombarder ma boîte-aux-lettres de jolies enveloppes gonflées de livres (pour mon plus grand plaisir allez bien entendu), par ma propension inavouable à accepter des services de presse à foison lorsque la journée a été mauvaise question estime de soi (l'année 2009/2010 ayant été assez prolixe en la matière) et par mes tours désastreux en bouquinerie. Je sais, bon... je sais.

Alors, où en est-on exactement ? Et bien, ma PAL contient aujourd' hui 74 livres, elle a donc augmenté de 24 titres, super !! Je sais que je suis petite joueuse et que certaines battent des records titanesques, mais bon je ne suis pas contente de moi, allez pfff qu'importe, ne plus avoir de PAL serait sans doute pire que tout, non ?

78 blogueurs et blogueuses en mal de PAL se sont inscrites à cet objectif l'an dernier, un objectif au départ tout à fait personnel... (voir mon billet d'août 2009),  et cet article a suscité un engouement tel qu'il m'a plongé à l'époque dans une grande confusion rougissante. Je vous remercie donc encore une fois pour votre enthousiasme d'alors, et je vous propose aujourd'hui ceci...

* de me raconter où vous en êtes de votre objectif. Votre PAL a-t-elle réellement été entamée ?tasselivreponton

* de reconduire cette énergie pour cette nouvelle année, comme un défi de rentrée. Ma proposition étant cette fois-ci de s'astreindre à un titre par mois, soit 12 livres de août 2010 à juillet 2011, en intitulant pourquoi pas ce rendez-vous mensuel Objectif Pal du mois de... à vous d'adapter la chose à votre convenance !! Pour ma part, je pense ne pas prendre en compte les titres empruntés entre temps en bibliothèque, les nouvelles acquisitions ou les titres parus à partir de août 2010 (qui entrent eux de plein fouet dans le challenge 1%).

Alors, qu'en pensez-vous ?

Participants : Patacaisse - Michel - Abeille - Aifelle - Véro - l'or des chambres - Clara - Lalou - Sofynet - Vilvirt - George - Anne - Liliba - Estellecalim - Alexielle - Petite fleur - Theoma - Ptitlapin - Emmyne - Tiphanie - Pikkendorff - Lystig - Tiphanya - Enna - Géraldine - Nanne - Liza Lou - LadyScar - Livresque - Lagrandestef - Sesuka - Elora - Sharon - Alexiel - Latite - Cacahuète - Taliesin - Karine - Valérie - Kayleigh - Bookybook...

A chaque fin de mois, je pense faire un petit bilan de vos lectures de PAL, du moins je vais essayer ;o)) !

27 octobre 2013

L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet

C'est tout chaud. Nous sommes allés voir tout à l'heure en famille ce délicieux film de Jean-Pierre Jeunet, tiré du livre éponyme de Reif Larsen.

T.S. Spivet est un petit garçon de dix ans, surdoué. Il vit dans le Montana auprès de son père (pure cow-boy), de sa mère (qui étudie les insectes), et de sa soeur (qui rêve de devenir comédienne). Son frère, son faux-jumeau, a été tué alors qu'ils jouaient tous les deux avec un fusil de chasse. T.S regrette que l'on ne parle jamais à la maison de la disparition de Layton, et de ce qui a pu se passer ce jour-là. Mais un coup de téléphone va envoyer le petit garçon sur les routes. On doit lui remettre un prestigieux prix scientifique, pour une de ses inventions. Pour se faire, il doit se rendre à Washington DC et traverser seul une grande partie des Etats-Unis.

Petit dernier (8 ans) et Grande fille (12 ans) ont beaucoup aimé ce film. "Il y avait de l'émotion dedans" nous a dit mon fils, et plusieurs scènes les ont fait rire, ont marqué leur esprit. La salle était petite mais pleine à craquer... Espérons que ce soit bon signe.

En fait, je ne savais pas si ce road-movie pouvait plaire à mes enfants, était pour eux... Heureusement, Stéphie avait fait les premiers pas avec son fils [clic]. Courrez-y donc sans soucis ! (Vu en 2D)

l-extravagant-voyage-du-jeune-et-prodigieux-ts-spivet-affiche-5195f2dd0d942

 

23 mars 2010

D'où je suis, je vois la lune ~ Maud Lethielleux

d_o_jesuis"J'ai chouré un bloc-notes à la maison de la presse, un petit rectangle orange avec les pages qui s'arrachent, j'ai caressé le dessus, comme ça, pendant longtemps, et j'ai senti le papier, c'était pas comme dans mes souvenirs avec l'odeur de poussière, ça sentait presque rien, une sorte de pétrole désaromatisé, le même que celui que Boule balançait l'hiver dernier sur les ordures pour se réchauffer. Ca m'a un peu déçue ce papier sans l'odeur d'école maternelle, mais en même temps c'était tellement doux que j'ai pas regretté."

Moon vit dans la rue. Elle a trouvé un petit coin confortable près de chez une fleuriste, où elle peut se cacher, dormir, rêver, être tranquille, et regarder la lune en compagnie de son chien Comète. La journée, elle vend des sourires aux passants. Ca ne fonctionne pas toujours très bien, son petit commerce, mais elle est habituée. Et puis, il y a Fidji, son amoureux, qui a bien changé pourtant depuis son retour de Paname (comprenez Paris), et Boule, et Slam qui sort juste de prison. Un beau jour, lui prend l'envie d'écrire, de faire un cadeau à Fidji, de raconter l'histoire d'une enfance inventée, elle vole un carnet et se met à griffonner dessus sans pouvoir s'arrêter...

heart On peut dire ce que l'on veut mais voilà, là est l'évidence, Maud a réussi encore une fois à écrire un livre qui fonctionne. Pas de grands effets ici, toujours cette même manière de raconter les évènements à la première personne, à hauteur d'humain.
Et j'ai beaucoup aimé ce deuxième roman, sans doute bien plus celui-ci que le premier d'ailleurs (Dis oui, Ninon), qui était pourtant déjà d'une fraîcheur et d'une limpidité toute sympathique.
On dirait que l'auteure nous raconte ici son parcours éditorial, à sa manière, ou plutôt à la manière de Moon et c'est franchement intéressant. Elle m'a bien plu, avouons le, et sans dévoiler quoi que ce soit, cette idée inventive de mise en abîme.
Et puis, même si tout n'est certainement pas crédible dans ce récit, prendre cette fable pour ce qu'elle est n'est après tout qu'une histoire d'imagination et de capacité à se laisser bercer par ses rêves. N'est-ce pas tout bêtement ce que l'on demande à la plupart de nos lectures, nous emmener à chaque fois un peu plus près de la lune ?

bouton3 Note de lecture : 5/5 - 978 2 234 06261 0 - 18.50€ - mars 2010

Un bien joli moment de lecture, vraiment. Merci Maud !

La lecture de Sylire qui fait voyager son exemplaire.

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16 mai 2010

Colombe

colombe_1267273599Je râle depuis la veille parce que mon vidéo club est fermé. Et puis, je regarde mon programme télé en quête d'un deuxième choix. Et bien m'en prend, j'étais passée à côté de l'info, tête de linotte que je suis parfois... Des acteurs jouaient Colombe de Jean Anouilh hier au soir, en direct sur France 2. Voici donc ce que j'ai regardé en lieu et place d'un film à trois sous, ce n'est pas si mal.

Comment vous dire, entre Jean Anouilh et moi, il y a comme une histoire d'amour à sens unique, une sorte d'intimité qui s'est créée au fil des ans... Je crois avoir réussi à dénicher toutes ses pièces. Loin de la gravité de son fameux Antigone, vous avez pu découvrir avec cette pièce-ci (si comme moi vous vous êtes laissés séduire) son humour pince-sans-rire et sa grande lucidité critique sur nos humanités. Ce ton est le ton que l'on retrouve dans la plupart de ses créations, et je l'aime. L'anniversaire de sa naissance aura au moins permis cela, qu'on le redécouvre...

L'histoire ? Julien vient confier sa femme et son jeune fils à sa mère qu'il n'a pas vu depuis deux ans. En effet, il est dans l'obligation de faire son service militaire et ne peut laisser sa famille sans un sou, isolée. Colombe, sa femme, une jeune personne naïve et douce, se révèle éblouie par ce monde du spectacle contre lequel Julien l'a pourtant prévenue et se laisse courtiser sans compter...

Je n'ai fait principalement que bien souvent lire le théâtre d'Anouilh, il est bien intéressant de le voir jouer pour une fois, cela donne un relief certain aux dialogues. Sara Giraudeau, avec sa petite voix éraillée était parfaite, elle a su trouver le ton juste qui caractérise les jeunes personnages féminins d'Anouilh, un mélange de douceur et de force inébranlable. Ma grande-fille de neuf ans s'est également laissée prendre au jeu, et j'en étais toute fière...

14 mai 2010

Tous à la campagne !, Judith O'Reilly

tous___la_campagne"Le pays est saturé d'océans. Les prairies, les hautes herbes, les tapis de jacinthes sur les pentes boisées, tout cela est mouvant comme la mer. Cela me va bien. Depuis que j'ai emménagé ici, j'ai surtout l'impression de me noyer : je me débats, je tremble de peur. Aujourd'hui, en traversant la campagne, je me suis aggrippée à mon volant comme à un bois flotté à la surface de l'océan. J'ai beau comprendre son raisonnement, je ne peux m'empêcher de me sentir rabaissée et injustement traitée par cette dame pasteur autoritaire qui s'est avisée de me dire que je ne suis pas la plus populaire des filles de l'école ; que je suis une maman blogueuse, et que je devrais savoir que cela ne va pas du tout. Les jacinthes le savent. Ma bouche se remplit d'eau salée tandis que de puissantes vagues me submergent."

C'est sans doute parce que Judith est enceinte qu'elle a accepté l'idée de son mari, tous quitter Londres pour Le Northumberland, et habiter à l'année le petit cottage qu'ils ont là-bas. Déjà mère de deux garçons en bas âge, elle n'imagine pas ce qui l'attend mais, lorsqu'elle embarque pour le nord, regrette avant tout d'avoir laissé derrière elle sa ville bien aimée, ses habitudes confortables, sa carrière de journaliste et ses amis.

Sous la forme hachée et quotidienne d'un journal, c'est sa propre histoire que nous raconte Judith O'Reilly, qui a réellement vécu cette expérience et qui l'a quotidiennement retranscrite sur son blog www.wifeinthenorth.com .
Tous à la campagne ! est présenté en quatrième de couverture par l'éditeur comme un livre "hilarant", je ne dois pas avoir la même conception de l'hiralité, parce que j'ai été émue au delà du possible par les difficultés de cette mère à gérer ses trois enfants dans une campagne hostile dont elle n'a vraisemblablement pas tous les codes et le mode d'emploi. De plus, ce conjoint qui la contraint à s'éxiler dans le nord, travaille le plus souvent sur Londres et la laisse des semaines entières seule avec des bambins la plupart du temps malades, une maison en travaux et des pannes de voiture à répétition. Elle est bien courageuse Judith et bien gentille de ne pas envoyer promener une fois pour toutes ce mari égoïste que j'ai énormément haï au cours de ma lecture. Elle est bien tenace de chercher, malgré la froideur qui l'environne, à lier amitié autour d'elle.

Voici un livre que j'ai énormément aimé, qu'on se le dise. Judith O'Reilly possède un ton d'écriture, vif, alerte et bourré de dérision très attachant. Comme dans Quand souffle le vent du Nord de Daniel Glattaeur, ce titre est le reflet de nos nouveaux modes de communication. En effet, cette maman blogueuse est confrontée à un moment donné, suite à des problèmes de mauvais traitements à l'école, à la lecture de ses écrits par ses connaissances et cela influence l'attitude des autres parents envers elle.
Sinon, je me suis beaucoup retrouvée dans les désarrois de son quotidien (pas toujours évident la vie de maman quand papa est souvent loin)...et j'ai aimé sa manière de ne surtout pas être une mère parfaite, de quoi déculpabiliser nombre d'entre nous. Merci Judith O'Reilly !

bouton3 Note de lecture : 4.5/5 - 19€ - Avril 2010 - Ed. Mille Comédies

La lecture de Cuné - Merci cathulu ! - Ptitlapin l'a lu aussi...

13 mars 2010

Les carnets blancs, Mathieu Simonet

lescarnetsblancs"La vérité, c'est que je me souvenais de tout ce qu'il y avait dans mes journaux. La vérité, c'est que les phrases que j'avais écrites étaient fastidieuses, mal écrites. La vérité, c'est que jamais je n'aurais eu envie de relire ces journaux, si je n'avais pas eu un projet derrière la tête. La vérité, c'est qu'en les relisant j'allais pouvoir noter des détails, des phrases, que je voulais garder. La vérité, c'est que j'allais faire disparaître mes carnets pour me les réapproprier."

Un écrivain décide, pour une question tout bête de place, de se séparer de ses journaux intimes, une centaine au total. Mais quitter les mots de son enfance, de son évolution, de ses errements, n'est pas chose si simple. Alors, il inscrit cet acte dans un projet plus grandiose, il orchestre pour eux une disparition individuelle et fantasque. Plutôt que de tout simplement les détruire, après les avoir relus, il les confie à des amis, des artistes, les dépose dans des lieux publics, les insère dans des oeuvres d'art, leur fait faire le tour du monde...les intègre dans un roman, ce roman. Le plus fou est que ceci est une histoire vraie.

Inévitablement, lorsque l'on nous parle de journaux intimes, les nôtres, ceux que l'on a nous-même tenus, nous reviennent à l'esprit... On pense aussi à ceux dont on s'est séparé. Inévitablement, on se demande alors quel peut-être l'intérêt littéraire d'une telle démarche pour un auteur, comment créer à partir de la destruction une oeuvre construite ?
Ici, dans ces carnets blancs, la question ne se pose plus très longtemps car l'oeuvre littéraire est bien là, présente. Mathieu Simonet en profite effectivement pour ficeler une autobiographie fragmentée très émouvante et très réussie. Et il nous parle avec tant de tendre distance de sa mère, du voyage de certains de ses carnets, de ses amours tumultueuses... Vous rencontrerez même Paul Auster au détour d'une page, par le biais de coïncidences troublantes.
J'ai vraiment beaucoup beaucoup aimé la structure de ce récit, construit de morceaux de romans, de journaux, de blog, d'entretiens. Le résultat est fluide et d'une originalité à hauteur de lecteur, sans grands effets, mais d'une justesse jamais démentie.
Merci et bravo Monsieur Simonet !

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(Photo Nicole Jaouen)

"Un carnet a été caché à l'Elysée.
Un autre a été transformé en petits bateaux sur une plage.
Un troisième a été plongé dans la Seine par un policier.
Un quatrième a été introduit dans le Caddie d'une ménagère.
Un cinquième a été jeté en prison."

bouton3 Note de lecture : 4.5/5 - 16.50€ - Février 2010

Pour en savoir plus : http://mathieusimonet.com/sommaire.html, ou sur le blog de l'auteur : http://matthieux.blog.lemonde.fr/

Ci-dessous, vous trouverez le reportage que Arte lui a consacré...

28 septembre 2009

La Petite Fille du Bois Caïman (T6) ~ Bourgeon..."Les Passagers du vent" - BD

bourgeonC'est avec joie que j'ai appris il y a quelques mois le retour des Passagers du vent avec l'annonce de la parution en septembre 2009 d'un sixième tome, que voici.
J'ai une histoire particulière avec cette série. Comme le personnage d'Antigone, Isa et ses compagnons font partie intégrante de ma vie. Avec eux, j'ai rêvé adolescente de devenir moi aussi rebelle  - et dessinatrice de BD. (;o)
J'ai beaucoup admiré le travail de Bourgeon à l'époque, sa manière originale de mettre en scène les vignettes, son trait. Et j'aime toujours particulièrement sa vision de la femme, sensuelle, forte et intelligente, charismatique.

Dans cet opus là, nous sommes en Louisiane en 1862, en pleine guerre de secession. Zabo Murrait, la petite-fille Bois-Caïman, est contrainte de quitter la résidence Murrait pour rejoindre son frère à Lananette.
Y vit également une vieille femme centenaire qui se nomme comme elle, Isabeau, et qui va lui conter son histoire...

Mon avis ? Les planches de cet album sont superbes, les dessins d'une perfection, et d'une grâce, certaine. J'ai retrouvé avec bonheur l'espièglerie et le talent de conteur de Bourgeon. Cela dit, voilà, je suis un peu déçue... L'intrigue m'a semblé se traîner un peu, les bulles sont parfois trop bavardes, et avant que de retrouver Isa en fin d'ouvrage (la femme centenaire, c'est elle !), l'ennui était embusqué derrière chaque page. Ce qui est un peu dommage. Mais peut-être en attendais-je de trop ? Le Livre 2 de cette sous-série, à paraître en janvier 2010, me permettra sans doute de m'en faire une véritable opinion. Et je ne me priverai certainement pas de l'acheter... tout de même !

ISBN 978 2 35648 066 8 - 15€ - SEPT2009

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Pour info, les anciens tomes des Passagers du vent ont tous été réédités chez un nouvel éditeur (12 bis), avec en prime, de nouvelles couvertures !!

L'auteur nous parle de son travail ici, et encore ici.

19 avril 2009

L'obligation du sentiment

l_obligation_du_sentimentTout est gris et froid. Tout ne ressemble à rien. Tout me rappelle toi.

...Hélène appuya son front moite contre la vitre fraîche du troquet. Celui-là même dans lequel elle s'était réfugiée tout à l'heure, fuyant les bourrasques et la pluie. Le temps du dehors collait parfaitement à sa météo intérieure, grand vent et pleurs en rafales.
Elle s'était commandé un café. Le patron le lui avait apporté sans un mot, sans un sourire. Et pourtant, elle s'était sentie bien, à son aise, instantanément. L'odeur doucereuse et enveloppante du breuvage l'enrobait d'un châle protecteur.
Elle se découvrait toujours un peu chez elle dans ces bistrots vides. Elle se découvrait tellement si peu chez elle partout ailleurs.
Elle n'irait plus là-bas, chez lui. Elle avait enfin compris quel était le remède. Ne plus le voir, ignorer jusqu'à son existence, espérer que l'absence comble peu à peu les vides que cet amour insensé laisserait en elle en disparaissant. Pleurer tout ce qu'il faut pleurer, tant et tant. Et simplement souhaiter qu'avec la dernière marée de chagrin s'éloignent les sentiments.
Elle n'irait plus là-bas. Elle tournait vivement la cuillère dans sa tasse, au rythme du flot de ses pensées, écrasant du tranchant de l'ustensile les grains de sucre qui tardaient à fondre. Un dernier mouvement sec fit déborder le liquide brunâtre dans la soucoupe blanche. Le patron, qui l'observait sans doute, émit un grognement réprobateur. Hélène sourit, et au même instant, un rayon de soleil inattendu perça les nuages. Elle prit cela pour un signe, elle en avait besoin.
Elle n'irait plus chez lui. Hier avait été la fois de trop. Elle ne se reconnaissait pas dans cette fille idiote qui cherchait l'attention d'un homme indifférent. Ils étaient bons amis. Cela ne lui suffisait plus. Elle reprennait à présent le cours de sa vie...

© Les écrits d'Antigone - 2009

16 avril 2009

La Reconstruction, Eugène Green

LA_RECONSTRUCTIONDans La reconstruction, il est question de mémoire...
Nous sommes à Paris, en 2003. Jérôme Lafargue, professeur de littérature française à la Sorbonne, est contacté par un inconnu à son domicile, un Allemand, lui-même professeur d'histoire. Ce dernier a découvert des documents chez son père qui remettent en cause son identité, le déclarant mort peu après sa naissance. Au milieu de ces papiers intimes, se trouvait également la photo de Jérôme et de sa femme Jana, prise trente-cinq ans plus tôt alors qu'ils venaient tout juste de se rencontrer. Jérôme se souvient avoir effectivement été hébergé quelques nuit par un dénommé Wenzel Launer, à Munich, en 1968. Pressé par ce fils en plein questionnement de découvrir dans sa mémoire le lien qui le lierait à eux, Jérôme mène une enquête au fond de ses souvenirs. Devenu père aujourd'hui d'un grand garçon indépendant et le fils d'un homme dont la mémoire est de plus en plus emmêlée, il constate très vite combien ce cheminement l'aide à mieux comprendre et apprécier son présent...

Eugène Green est habituellement metteur en scène et cinéaste, La Reconstruction est son premier roman. Et on reconnaît facilement cette patte là, indéniable, dans la focalisation choisie par le narrateur, distante et exterieure aux pensées des personnages. Cela aurait pû donner au texte beaucoup de froideur mais ce n'est pas le cas, juste un sentiment particulier d'étrangeté. Ce sentiment dépassé, et grâce aux morceaux du journal que Jérôme tient, on entre assez vite dans un récit bourré d'émotions. Il faut aller au bout de ce court roman pour en apprécier toute la richesse, mystique et romanesque. Un bien joli moment de lecture.

Un extrait...
"Jeudi 10 avril
Je pense au sonnet grincheux d'Alvaro de Campos.
Si aujourd'hui j'existe, c'est par le souvenir de sensations que j'emmagasine depuis cinquante quatre ans, voire, car j'ai parfois cette impression, depuis bien plus longtemps encore. Les sensations qui ne contribuent pas à mon sentiment actuel d'existence, je les ai abandonnées en route. Ma mémoire active n'est pas ma réalité, mais la métaphore que j'ai construite pour me faire voir ce que je pense être.
Hier matin un homme m'a prié de lui construire, à partir de ce même fond, une métaphore de ce qu'il est. Sa demande nous met tous les deux devant un abîme effroyable."

bouton3 Note de lecture : 4.5/5

ISBN 978 2 7427 7688 7 - 18€ - Août 2008

Laurence, sur Biblioblog, a un avis plus réservé - tandis qu'Ariane a écrit sur ce livre un billet tout en émotion, que je partage (voir la deuxième partie de son article)

13 septembre 2009

Taguée...

...par Gio, en musique (j'y réponds un peu tardivement...).
Je pensais avoir un mal fou à trouver des réponses aux nombreuses questions de ma tagueuse mais non...pas du tout, quelle surprise !! Pour écouter, il faut cliquer sur les titres (en rouge).

tag

Voici donc la chanson ...

1) que j'écoute en ce moment : il s’agit du Roi des ombres de M, présente dans mon blog-it, à gauche !!!

2) qui me rend joyeuse : j’aime bien It’s a new day de Will I am…à fond dans la voiture, le matin.

3) qui me rappelle un ex-copain : dis lui toi que je t'aime par Vanessa (no comment ;o)) .

4) qui me rappelle un(e) ami(e) perdu : étrangement, j'ai toujours eu le sentiment d'être un peu coupable du temps qui passe, de l'éloignement, de la vie... alors ce sera Chère amie par Marc Lavoine.

5) qui me fait pleurer : Laurent Voulzy me fait pleurer...beaucoup, mais surtout Je suis venu pour elle, parce qu'alors je pense à la naissance de ma fille aînée, à ce miracle,...à notre première nuit face à face, à toute l'émotion.

6) qui me fait réfléchir sur le monde : Respire (Mickey 3D) ...parce que c'est important de modifier nos priorités...et qu'à chaque écoute cette chanson est une claque, c'est ainsi.

7) qui en dit beaucoup sur moi : ...il y a beaucoup de moi dans l'héroïne de Voulzy...enfin je m'y retrouve ;o) un peu.
8) que j'aurais aimé écrire : j'aime souvent des morceaux de phrases, des bouts de chanson, des métaphores bien trouvées, rarement une chanson en son entier... 
9) qui fait que mes amis pensent à moi quand ils l'entendent : aucune idée !! 
10) qui me rappelle mon enfance : j'écoutais beaucoup JJG adolescente, alors peut-être Comme toi, oui. 
11) avec laquelle j'aime me réveiller : je ne me réveille jamais en musique...silence et café, surtout.
12) avec laquelle j'aime m'endormir : jamais en musique non plus cet instant là, plutôt avec un livre et le silence, toujours...
13) pour laquelle je ferais n'importe quoi pour l'entendre en live : je frémis pour la musique bretonne, en live, c'est ainsi... ;o) donc ce seront les Tri Yann et Si Mort à Mors. Ca ne s'explique pas ce truc là.
14) qui me fait penser à ma solitude : j'ai la chance de ne pas être si seule...finalement, c'est une chance que je savoure...et aucune idée de chanson ne me vient, pour le coup, là tout de suite.
15) qui n'est pas mon type de musique mais que j'aime pourtant :   il y a beaucoup de petites choses que j'aime dans cette chanson là, La bienvenue de Najoua Belyzel ...et pourtant ce n'est pas mon type de musique, du tout.       

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Je ne tague personne mais je passe le relais, à qui veut !!!                                                                                                                            

23 juillet 2009

The Reader - cinéma

DavidKrossKateWinslet

Impossible de passer à côté de ce film, dont j'attendais la sortie depuis un long moment déjà... J'avais lu, il il y a de cela quelques années Le liseur de Bernhard Schlink (un très bon souvenir de lecture), ce film en est l'adaptation cinématographique, plutôt réussie.
Que vous dire, mis à part que Kate Winslet y est magnifique (Oscar de la meilleure actrice mérité), et il n'y a pas d'autres mots, autant par son jeu que par sa manière d'être avec son corps, gracieuse et disgracieuse, forte et fragile. Ayant pratiquement moi-même l'âge de son personnage (un peu plus en fait), voir évoluer cette femme avec ses rides et ses lourdeurs, sa beauté, m'a étrangement rassénérée. L'acteur qui joue l'amant adolescent (David Kross) est également impressionnant et surprenant, tout en hésitations, maladresses et passions... J'ai passé un très bon moment de cinéma en leur compagnie, l'image "lêchée" est sublime, les acteurs - donc - excellents (Nicole Kidman prévue pour le rôle aurait été moins crédible, il me semble), la montée en puissance assez bien faite. Alors, allez-y, courrez-y...on y parle également du pouvoir de la lecture et de l'impact de l'écriture sur le destin d'une vie, ce qui est évidemment pour nous intéresser, non ? Un film qui laisse le spectateur chaos, pour le moins !

L'histoire ?
Alors qu'il se terre sous le porche d'un immeuble, malade, Michaël, quinze ans, est soigné par une femme et reconduit chez lui. Il n'aura de cesse, ensuite, de croiser de nouveau sa bienfaitrice et deviendra son amant. Hannah, qui vit seule dans un petit appartement meublé, reste pourtant mystérieuse, se cachant derrière un rituel immuable. Elle souhaite que le jeune-homme lui fasse la lecture à haute voix. Un jour, elle disparaît sans explications. Des années plus tard, c'est au cours d'un procès auquel il assiste en tant qu'étudiant en droit que Michaël retrouve sa maîtresse, sur le banc des accusés.

Plus d'infos sur ce film

19 août 2009

Les encombrants, Marie-Sabine Roger

les_encombrants"Les pires, ce sont ceux qui arrivent de loin. Ils viennent trois fois l'an et se croient tout permis, ils font des réflexions, ils sonnent pour un rien. Il faut venir régler le lit, le fauteuil, le chauffage.
Ils vous toisent d'un air suspicieux, prétentieux. Rien ne va jamais bien.
Ils ont de ces questions... Il mange au moins ? On le fait marcher tous les jours ? Il sort dans le jardin ? Mme Lemasson a envie de leur dire : Si ça vous soucie tant, gardez-le donc chez vous !
Mais pas de risque, non ! Les vieux sont encombrants, ils ont des exigences. Ils prennent trop d'espace et de vie. Et de temps.
Non : on les place en maison, pour qu'ils soient bien soignés, bien à l'aise. Bien loin." (extrait)

J'ai acheté ce petit livre en bouquinerie l'année dernière (sans lire le résumé), attirée par la couverture, le titre et la maison d'édition. Le nom de l'auteure, aussi, me disait vaguement "quelque chose". Il faut dire que La tête en friche, le dernier roman de Marie-Sabine Roger, a reçu un bon accueil et a été sélectionné notamment par "l'été des libraires 2009". Ceci explique sans doute cela. Je n'avais aucune idée du sujet de l'ouvrage...oserais-je dire que je pensais lire un court roman parlant de déménagement ?!
Il s'avère que ce livre est en fait un recueil de nouvelles, ayant comme thème principal, vous l'aurez sans doute compris, les personnes âgées - ces fameux "encombrants". On y parle de solitude et de déchéances, mais aussi de ces petits arrangements et de ces mesquineries qui entourent le troisième âge au quotidien. D'une ironie implacable et d'une cruelle lucidité, elles sont d'une grande qualité.
Il y a cette femme seule que des petits enfants viennent voir en coup de vent si peu souvent, cette garde de nuit qui maltraite les pensionnaires dont elle a la garde, ce vieux monsieur qui perd la tête et se retrouve dans le jardin d'une traductrice désoeuvrée, etc... J'ai beaucoup aimé les parcourir, et je suis certaine à présent de continuer à lire cette auteure de talent. Avouons malgré tout que l'on ressort de ces sept courts textes avec une envie folle de ne pas vieillir (mais contre cela on ne peut pas faire grand chose !) et de ne surtout pas aller s'enfermer en foyer logement... Heureusement, deux textes relèvent l'ensemble d'une touche d'optimisme assez irrésistible, ouf, on en avait bien besoin.

bouton3 Note de lecture : 4/5objectif_pal

ISBN 978 284420 541 4 - 14€ - 03/07

Une lecture à l'ombre du cerisier - et une autre chez Encres vagabondes - Chiffonnette l'a lu aussi - La librairie Mot à mot fait un récapitulatif des ouvrages de l'auteure...

Défi "Objectif Pal" 1/50

23 mai 2009

Je l'aimais

je_l_aimais Je l'aimais

Je vous parle enfin de ce film, vu il y a quelques temps déjà...
Ah là là, comme j'ai pleuré... La salle étant presque vide, première séance de l'après-midi oblige, ce n'était pas trop grave. Ah là là, comme cette histoire m'a émue...et Marie-Josée Croze aussi (déjà remarquée dans 2 jours à tuer) et Daniel Auteuil, jouant au plus juste, à un point frôlant "presque" la perfection...(en ce sens mon impression diffère beaucoup de celle d'Anne...)! Et justement Anne, dans ses commentaires, me demandait ce qui m'avait ému, sans doute - comme toujours - ces amours qui ne se vivent pas...

Adapté du livre homonyme d'Anna Gavalda (lu il y a bien longtemps, et dont il ne me restait pas grand souvenir, ce qui est étrange !), ce film relate la nuit que vont passer Chloé, effondrée après la rupture avec son mari, et son beau-père dans un chalet de montagne, une nuit à discuter. Pierre va raconter à sa belle-fille son secret, cet amour qu'il a caché à tous...ses manquements, ses renoncements. Etrangement, l'évocation de la perte de Mathilde, le grand amour de la vie de Pierre, va redonner à Chloé le goût de vivre, le courage de s'éloigner d'une relation où elle n'aurait été forcément que "mal aimée".

Un grand moment de passion amoureuse, à savourer, sans modération !

Plus d'infos sur ce film

8 mai 2009

La vie devant ses yeux - DVD

laviedevantsesyeux

"Briar Hill, une paisible banlieue du Connecticut, fut autrefois bouleversée par un terrible drame : un étudiant perdit la raison et tua une quinzaine de ses camarades de classe... Quinze ans plus tard, Diana semble avoir surmonté cette tragédie. Son mari Paul, qu'elle a connu au lycée, est devenu professeur de beaux-arts à l'université. Sa fille Emma n'en finit pas de grandir et semble avoir hérité du caractère marqué de sa mère. Diana a théoriquement tout pour être heureuse. Sa vie semble épanouie et seule l'ombre de la tragédie l'obsède encore. En ce temps-là, elle était amie avec Maureen. Elles étaient ensemble lorsque le drame s'est produit, elles étaient sur place lorsque leur camarade est devenu fou. La tragédie avait fait la une des journaux. Pourtant, tout n'a pas été dit... Derrière cette affaire se cache un secret qui depuis ronge sa vie..." (allociné)

Ne vous laissez surtout pas influencer par le thème de ce film qui peut paraître un peu sanglant. Ce serait passer à côté d'un scénario efficace où le drame qui se joue et se rejoue sans cesse dans l'esprit de Diana, n'est que le prétexte. On nous parle ici de l'adolescence, de l'amitié, des choix de vie, de la culpabilité, de ce que l'on transmet à ses enfants, de ce que l'on peut changer - ou pas - dans le destin d'une vie. Ce n'est pas un thriller, un drame psychologique oui peut-être, mais surtout une fresque onirique très belle qui m'a personnellement beaucoup marquée !

La Vie devant ses yeux est adapté du livre homonyme de Laura Kasischke.

Plus d'infos sur ce film

30 mars 2009

J'ai donc fait salon...

...samedi dernier, en compagnie d'Anne, dans mon coin de Vendée.

J'y suis allée sans grandes idées préconçues, avec seulement, et c'est déjà beaucoup, la prévision du plaisir de la compagnie de notre insatiable lectrice, et puis l'attente de parler aussi avec une spécialiste d'Antigone (chacun ses obsessions ;o)), Aliette Armel, qui y dédicaçait ses derniers livres, des romans cette fois-ci... Et bien entendu, Maud était là.

Les auteurs avec lesquels nous avons discuté [mais où était donc rendue notre timidité, elle s'était belle et bien envolée] ont tous été charmants, causants et disponibles. Merci à eux !

Un petit diaporama des auteurs que nous avons croisé avec plaisir :

Aliette Armel Maud Lethielleux

Annie Lemoine Fabienne Juhel

... Richard Andrieux mais aussi Sophie Avon et Benoït Broyart (auteur jeunesse).

Et j'en ai profité pour remplir ma PAL, qui n'en avait vraiment pas besoin. (Quelques regrets après coup, ne pas avoir succombé, comme Anne, aux "bois dormants" de Fabienne Juhel, très agréable à écouter parler de ses livres, et être passée à côté de Fanny Brucker "J'aimerais tant te retrouver", livre que j'avais pourtant noté...!!)

salondulivre En somme, une journée très agréable !!

Edit de 20h30 : le billet d'Anne, en écho...;o)

28 mai 2009

Sur Rodin, Rilke

sur_rodin

En 1900, Rainer Maria Rilke épouse Clara Westhoff, sculptrice et ancienne élève de Rodin. Il entreprend en 1902 un essai sur le maître et se rend donc sur Paris avec l'intention de le rencontrer. Rilke a alors 27 ans, et il est rempli de doutes sur son écriture et sur son art. Malgré la barrière de la langue et la froideur de l'artiste, le dialogue s'installe...le regard sur la création, le travail, devient un sujet de conversation fort entre les deux hommes. Rodin engagera plus tard Rilke en tant que secrétaire, et le logera dans sa maison de Meudon. Ils se sépareront brutalement, sur un malentendu, Rodin congédiant Rilke, mais le lien qui unit les deux créateurs restera réel. Ils se réconcilieront finalement quelques années plus tard...

Ce petit livre contient, outre un essai de Rilke sur la création d'après Rodin, quelques lettres envoyées par le poète à sa femme Clara ou à Lou Andréa Salomé. amour_coeur_passion_selon_rodin
J'ai éprouvé beaucoup d'intérêt à parcourir les pages de ce livre qui tient dans une poche... Ayant visité il y a quelques années le musée Rodin, j'ai retrouvé ce regard particulier que l'on ne peut s'empêcher de porter sur les oeuvres du sculpteur, cette fascination, ce trouble, cette force de la beauté des corps. Rilke note plus spécialement la démarche du maître, sa manière de partir des points de contact pour créer un ensemble, la technique qu'il a utilisé pour faire de la statue de Balzac, par exemple, l'oeuvre magistrale qu'elle est. J'ai aimé, également, retrouver la voix du poète, rencontrée ici et ici, reconnaissable par sa douceur, son enthousiasme et sa fragilité manifeste. Il m'a manqué, peut-être, de pouvoir contempler en même temps, au fil de ma lecture, les oeuvres citées...celles que je ne connais pas, mais c'est un livre que j'emporterai sans conteste si je retourne visiter le musée Rodin, juste pour sentir au mieux la présence de Rilke dans ses murs...

Un extrait...
"Il a plusieurs ateliers ; les uns, plus connus, où le trouvent les visites et les lettres, d'autres, perdus, dont personne ne sait rien. Ce sont des cellules, des pièces vides et pauvres, pleines de poussière et de grisaille. Mais leur pauvreté est pareille à cette grande pauvreté de Dieu où, mars venu, les arbres s'éveillent. Il y a en eux quelque chose d'un début de printemps : une discrète promesse et une gravité profonde."

bouton3 Note de lecture : 4/5

ISBN 978 2 87495 033 9 - 5€ - 2009

La fiche du livre sur le site déditeur (www.andreversailleediteur.com) Grand merci à Anne Wuilleret !!

Un docu-fiction a été diffusé sur Arte-Tv, intitulé "Rilke et Rodin"

Cette petit collection, toute récente, contient également des nouvelles d'auteurs tels que Maupassant, Barbey D'Aurevilly, Claudel, Nerval, etc... à suivre, donc !! Leiloona a lu un titre de Kipling !

24 octobre 2013

Le coeur d'une mère est un vase profond

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Entre deux lectures plus sérieuses - et après un passage revigorant en bibliothèque (des siècles que je n'y avais pas mis les pieds) -, j'ai lu cette BD de Margaux Motin dont la planche ci-dessus est extraite, J'aurais adoré être ethnologue (pour info son dernier opus s'appelle La tectonique des plaques). J'aime beaucoup ses dessins. Et même si sa vie de trentenaire parisienne est bien éloignée de la mienne, son exubérance me fait rire. Je connaissais déjà son blog : http://margauxmotin.typepad.fr/

Ceci dit, au presque terme d'une semaine consacrée aux enfants, et à la visite de leurs petits amis (déguisements d'Halloween compris), je commence un peu à ressembler à la dégaine de cette pauvre maman.

J'aime bien aussi la planche qui dit que... l'amour, c'est pas comme au cinéma... c'est vachement mieux (et ça a des problèmes de vue). "T'es belle mon coeur".

Allez, pour la route, jetez un oeil sur ce billet qui me fait doucement rire [clic], parce que mon surnom à la maison c'est Monk maman. 

Editions Marabout - 13.50 € - 2009 - Merci ma bibli !!

(On m'a signalé quelques soucis pour poster des commentaires sur ce blog. Canalblog tente des transformations en basckstage, ceci explique sans doute cela. N'hésitez pas à utiliser la fonction "contactez l'auteur" en haut à droite pour me joindre.)

4 février 2009

Audace

J’aimerais savoir si tu me lis. comme_si

Je fais comme si.

J’aimerais savoir si tu m’aimes, aussi.

Je fais comme si.

J’aimerais que mes mots te troublent.

Le font-ils ?

Claire avait décidé que plus rien n’était grave. Elle jetterai ces phrases sur la toile, vers lui. Elle cliquerai avec force sur la touche « départ ». Le sort en serai jeté, une fois pour toutes, son sort à elle, sa décision à lui.

Elle n’en pouvait plus d’avoir froid, de l’attendre, d’espérer l’éclat de ses prunelles, de grappiller des miettes de lui. Elle n’en pouvait plus du manque.

Elle n’avait pas peur. Elle se savait capable d’assumer le regard des autres, les médisances, les ennuis. Elle avait le dos solide. Il ne fallait pas se fier à ses bras frêles.

Claire avait décidé que tout valait le coup, à nouveau, et tant pis pour ce qui se fait ou ne se fait pas, tant pis pour les cris.

Elle se planterai devant lui, les jambes tendues, l’obligerai à répondre, douterai d’elle, aurai le trac. Beaucoup.

Elle n’en pouvait plus du silence, de ces moments d’intimité pressante, de ces frôlements inutiles. Elle n’en pouvait plus de la patience.

Elle n’avait pas peur. Elle se savait capable d’assumer le bonheur, la folie d’un amour partagé, l’étourdissement de sa peau. Il ne fallait pas se fier à ses mèches sages.

J’aimerais savoir si je suis celle…

Je fais comme si.

13 avril 2009

Effleurés - Isabelle Bathian et Sylvain Limousi

effleur_sComment se sent une Antigone qui a terminé ses lectures pour un prix bien connu ? Et bien, outre de parler d'elle à la troisième personne, elle déborde d'envies de toutes sortes : envie d'explorer des genres laissés pour compte depuis de nombreux mois (BD, poésie, nouvelles), envie de ne plus lire de policiers sanglants, ni de gros romans joufflus, envie de recommencer à écrire un peu...mais là bon voilà, c'est plus difficile.

Je vous parle donc aujourd'hui de Bande Dessinée... effleur_s1
J'avais repéré cet album chez Clarabel. Aussitôt vu, aussitôt emprunté, aussitôt lu.
Je m'étais un peu fourvoyée, il faut bien le dire, dans ma compréhension du sujet, j'avais compris à tort qu'il était question d'une histoire d'adultère entre Christophe, l'organisé, et Fleur, la hippie. Mais non, pas du tout.
Christophe, l'organisé donc, célibataire, tombe amoureux d'une petite secrétaire originale et drôle, qui travaille dans un service voisin. Il tombe amoureux d'elle, mais la prend tout de même, un peu, pour une idiote. Comment une trentenaire peut-elle en être arrivée là, à faire ce travail minable, sinon en ayant eu une vie dissolue auparavant ? Selon les proches du jeune homme, cette fille est jugée à peine fréquentable... Elle passe ses week-end dans des associations caritatives, répond effrontément aux parents de Christophe et ne semble pas avoir d'ambition professionnelle. Des vacances d'été passées séparément auront raison de leur relation sentimentale...

J'ai bien aimé la chute de cette histoire, dont je vous tairais le dénouement, qui remet avec finesse quelques a-priori en place. Les poils de mes bras se sont un peu hérissés à certains passages...mais c'est bien parfois aussi de se mettre un peu en colère, non ?

Les première pages chez Dargaud - Le blog d'Isabelle Bauthian

27 juin 2008

Manguel, suite...

alberto_manguel

Plutôt que de vous faire un compte-rendu détaillé de ce livre, toujours en cours d'exploration, difficile à résumer autant qu'à expliquer, je me suis dit que j'allais continuer à vous en égrener quelques extraits au cours des semaines qui viennent, que ce serait finalement plus adapté au thème de cette réflexion intime sur les livres et la lecture que Alberto Manguel mène dans son journal. Voici donc les extraits du jour...

"Nous lisons ce que nous avons envie de lire pas ce que l'auteur a écrit. Dans Don Quichotte, c'est moins l'univers de la chevalerie qui me captive que l'éthique du héros et sa curieuse amitié avec Sancho."

"J'écris toujours dans mes livres. Quand je les relis, je n'arrive pas, le plus souvent, à imaginer pourquoi j'ai pensé que tel passage méritait d'être souligné, ni ce que j'ai voulu exprimer par telle remarque. Hier, je suis tombé sur mon exemplaire du René Leys, de Victor Segalen, daté de Trieste, 1978. Je ne me souviens pas d'être jamais allé à Trieste."

"Passé la journée d'hier à réarranger les romans policiers. Nous les avons mis dans la chambre d'amis, qu'on appellera désormais la chambre du crime."

"J'explore ma bibliothèque à la façon d'un homme qui retrouverait son pays natal après une absence de plusieurs dizaines d'années. A chaque retour de mes tournées d'auteur, il me faut en retracer la géographie complète, rétablir des chemins de rayon en rayon, me rappeler des titres auxquels je n'ai pas pensé depuis des semaines."

"Au seuil de ma bibliothèque, j'ai inscrit une variation sur la devise de l'abbaye de Thélème : "LYS CE QUE TU VOUDRAS."

Mais en fait, de quoi parle ce livre, me direz-vous ? Un petit morceau de quatrième de couverture, pour le savoir mieux...
"Ayant décidé de relire, une année durant, ses livres de prédilection tels qu'ils lui semblaient susceptibles de refléter le chaos contemporain ou d'enrichir et d'éclairer son rapport personnel au monde, Alberto Manguel offre ici, entre carnet intime et recueil de citations, ce journal dont l'érudition à la fois sensible et subversive rend compte à merveille de l'infini du "dialogue" entre toute oeuvre et son lecteur."

A suivre, plus tard, et en plus bref, sans doute...

12 janvier 2009

...

silenceJ'aimais m'éloigner du brouhaha des murs, m'asseoir sur cette marche basse, en béton, au dehors.
Et écouter le doux frôlement du vent dans les bouleaux.

J'aimais tout ce qui n'était pas contrainte du corps, tenir sa place, ne pas déranger, étroitesse des mouvements, frustration.
J'aimais rester là, immobile et légère, avec ce ciel silencieux au dessus de ma tête, la course des nuages, l'imprévisibilité du temps, des minutes.

Et je me levais, toujours, comme fautive, à peine assise, saisie sans doute par le froid du béton, par l'incongruité de ma position, par cette peur instinctive, absurde, que l'on vienne me chercher là, que l'on me questionne.

J'aurais du rester. Il aurait mieux valu. Qui m'en empêchait ? Briser les enchaînements huilés, n'être pas à sa place pour une fois, pas à l'heure, absente, pas là où l'on m'attendait. Voilà qui aurait été audacieux, fou, courageux.

J'aimais terriblement cela. Le saviez-vous ?
M'asseoir sur cette marche basse en béton, au dehors.
Arrêter le temps.
Rêver d'autres mondes.

19 décembre 2008

Deux jours à tuer

deux_jours___tuer

Antoine Méliot, la quarantaine, a tout pour être heureux : une belle épouse, deux enfants adorables, des amis sur lesquels il peut compter à tout instant, une jolie maison, de l'argent. Mais un jour, il décide de tout saboter en un week-end : son bonheur, sa famille, ses amis. Mais que s'est-il donc passé chez cet homme pour qu'il change ainsi de comportement ?

Il est rare de rentrer dans un film de front, comme l'on rentre dans "Deux jours à tuer". Sans explication, d'emblée, un homme saccage sa vie sous nos yeux. Assommés, on se dit que...tout de même cet homme exagère, cette femme n'a pas l'air si pénible, ni ces enfants si odieux, ni ces amis si inamicaux, ni ce travail si pénible, qu'à sa place...
...mais justement, personne n'est à sa place, personne ne sait ce qu'Antoine fuit, ce auquel il renonce.
Un film qui pose des questions sur le sens de la vie, le partage de la douleur, l'honnêteté... Un film qui s'avère être, au final, une immense déclaration d'amour, bourrée d'émotions.
Un film à voir, donc. Oreilles sensibles s'abstenir, éventuellement, car encore une fois, comme pour Conte de Noël, les dialogues décapent !


Deux jours à tuer - Bande annonce

26 février 2013

06H41, Jean-Philippe Blondel

06h41"En fait, j'aurais été assez content de partager le quotidien de Cécile Duffaut. Nous nous entendions bien. Simplement, à vingt ans, ça ne suffit pas. On rêve de trucs qui font monter au plafond, de passion à crever, de crises de nerfs, de coeur qui bat la chamade. Tant qu'on ne connaît pas ça, on est persuadé qu'on fait mauvaise route, que la relation n'en vaut pas la chandelle. [...] On se comporte comme les héroïnes du XIXe siècle, on soupire, on criaille, on pleure - on ment. Et autour de vous, on appelle ça de l'amour."

Cécile Duffaut prend ce jour-là le train du lundi matin, celui de 06h41, qui est bondé et qui lui a permis d'allonger un peu son week-end chez ses parents. Quelle idée, c'est idiot, alors qu'ils l'épuisent tant et qu'ils ont si peu à se dire tous les trois ! Elle a hâte de retrouver sa vie ordinaire, son travail et sa famille. Au lieu de prendre un billet en première elle a préféré la seconde classe, finalement plus tranquille, heureuse à l'avance de cette parenthèse ouatée que sont souvent les voyages ferroviaires. Pour l'instant, la place voisine est vide. Mais quelqu'un s'y assied juste au moment du départ. Catastrophe, elle reconnaît dans les traits de cet homme le garçon qu'elle a connu il y a vingt-sept ans...

Comme j'adore lire dans le train, et que j'en ai eu l'occasion assez fréquemment dernièrement, j'ai aimé d'emblée l'atmosphère de ce roman, ainsi que le ton sans concessions de l'auteur, raillant à grands traits quelques absurdités de notre époque. Ensuite, le monologue intérieur des deux personnages, qui reviennent en pensée sur leur histoire commune et séparée, sur le temps qui passe, est tellement bien vu que j'ai adhéré complètement à l'intrigue, regrettant peut-être parfois la légèreté du style mais si peu. Ce roman vaut, oui, par son joli parcours au pays des souvenirs, et des désenchantements lucides de la vie. A se regarder aujourd'hui en face, sommes-nous devenus ceux que nous souhaitions ou pensions être à la quarantaine ?
Allez, voici une lecture qui vous accompagnera avec délectation lors d'un prochain voyage, et que vous terminerez je n'en doute pas un léger sourire aux lèvres en regardant tout autour de vous si vous ne reconnaissez personne !!

Editions Buchet Chastel - 15€ - 3 janvier 2013

Ce livre est en compétition pour le prix-relay-logo (clic sur le logo pour plus de détails) et a été le roman "coup de coeur" de Février. Il fera donc partie de la sélection finale de juin. - La page facebook - @PrixRelay 

Je remercie le Prix Relay pour ce partenariat qui va me permettre de lire plein de titres de qualité ! A suivre...

Quelques autres lectures.. George qui ne reste jamais vraiment intacte à la sortie d'un livre de Blondel - Clara a tout aimé dans ce livre et s'y est retrouvée - Une parenthèse réussie pour Laure mais qui n'a pas pour elle la portée de ses autres romans - Un excellent roman pour Lucie !

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  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
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