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Les lectures d'Antigone ...
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Ardoise magique

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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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5 juin 2011

Un peu de fraîcheur

piquet

Cet endroit se nomme Piquet... sur les bords de la rivière Yon. Nous pensions béatement que le lieu était un peu à nous, comme tout lieu que l'on aime - de plus il est un peu difficile à trouver - mais jeudi dernier il y avait foule... alors nous nous sommes un peu éloignés. Un peu plus haut, une petite gargotte surplombe l'ensemble, l'ancienne filature à l'abandon, la rivière... elle répond au doux nom de Guinguette, toute une ambiance.

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4 juin 2011

Les douze travaux d'Hercule

lesdouzetravauxd_hercule

... de Marie-Odile Fordacq et Sébastien Mourrain.

"Les reptiles lourds et luisants se redressent. Leurs têtes se balancent lentement, menaçantes.
Iphiclès gémit et se réfugie sous la couverture.
Hercule, lui, veut jouer : saisissant les deux bêtes, il les secoue dans ses petits poings serrés ; il les agite telles des marionnettes et rit aux éclats en regardant sa mère qui retient son souffle.
Quand Hercule relâche enfin son étreinte, les deux serpents de Junon tombent au pied du berceau avec un bruit flasque, inertes.
Le bébé insouciant tend les bras vers sa mère.
- Eh bien, me voilà fixé... marmonne Amphitryon en fronçant les sourcils. Je sais, à présent, lequel de ces deux garçons est le fils de Jupiter !"

Jupiter a rusé pour avoir les faveurs d'Alcmène, il a pris l'apparence d'Amphitryon son mari... Alcmène attend des jumeaux, l'un des deux est le fils de Jupiter, le second celui d'Amphitryon.
Junon, jalouse et pleine de désir de vengeance, cherchera à tuer l'enfant de l'époux infidèle, puis plus tard, le piégera. Hercule commettra ainsi malgré lui le crime suprême, assassiner sa propre famille. La Pythie, à l'écoute des dieux, va lui délivrer leur parole... et lui ouvrir ainsi, au terme d'un périple rempli de violence et de dangers, les portes du mont Olympe.

"Pour purifier ton âme et la laver de tes crimes, Hercule, tu devras accomplir douze travaux qui te seront dictés par Eurysthée, roi de Mycènes."

Vous ne serez pas étonnés d'apprendre qu'entre la mythologie et moi existe un lien profond. L'origine de cette passion vient d'ailleurs très certainement d'un livre que l'on m'a offert enfant Mythes et légendes de la Grèce Antique (un titre de chez Gründ, épuisé apparemment, que je possède toujours). Je suis persuadée qu'éduquer les enfants à toutes ces légendes est essentiel, un pan de notre culture. Nous utilisons, souvent sans le savoir, des références mythologiques...
Pour ce faire, cette collection de chez Tourbillon est vraiment très bien faite. J'aime aussi le fait qu'elle n'édulcore rien de la cruauté de ces récits, et ne prenne pas ainsi les plus jeunes pour des imbéciles. J'ai été étonnée de l'enthousiasme de mes enfants pour cette lecture, que je leur ai faite à voix haute et par épisodes. Ils m'ont très vite demandé la suite, et quelques explications supplémentaires. Les dessins leur ont plu et j'ai senti à quel point ce récit laissait peu à peu sa marque dans leur esprit.
Le petit plus, ce sont aussi ces encadrés qui détaillent quelques points précis, par exemple on apprend que l'appellation "Voie lactée" vient de la légende d'Hercule, comme bien d'autres dénominations astronomiques viennent d'ailleurs des légendes antiques.
Une rencontre réussie donc avec un des grands héros de la mythologie.

bouton3 Editions Tourbillon - 9.95€ - Avril 2011

DSCF0044

30 juillet 2011

En juin et juillet dans vos Pals...

pal2il y avait toujours beaucoup de livres en attente, mais vous avez lu...

Véro - L'enfant multiple d'Andrée Chédid - une lecture plaisante, plutôt proche du conte, teintée d'un peu trop de bons sentiments à mon goût.
         La robe bleue de Michèle Desbordes - un très beau récit autour de Camille Claudel.
         Une partie du tout de Steve Toltz - un grand, gros, bon roman ! Enorme dans tous les sens du terme!
Kitty - Des maux pour le dire de Sylvain Mimoun Conte de fées pour moyennes personnes de Boris Vian -
La solitude des nombres premiers de Paola Giordano Faut-il manger les animaux de Jonathan Safran Foer - Persuasion de Jane Austen - Sigmund Freud de Tobie Nathan - Sans nom de Wilkie Collins - Le roman de l'été de Nicolas Fargues - Sang chaud nerfs d'acier - Boomerang de Tatiana de Rosnay - Dans mon ventre d'Olivier Démoulin - Morts en eaux troubles de Patricia Cornwell - Etat critique de Robin Cook - Le diable au corps de Raymond Radiguet - Le livre de Joe de Jonathan Tropper - Le chant des âmes de Frédérick Rapilly - Une odeur de gingembre de Oswald Wynd
Tiphanie - Chinoises de Xinra - un livre bouleversant !
              Un amour vintage d'Isabel Wolff - un coup de coeur.
              La route de Los Angeles de John Fante - une déception, c'est un style qui ne me correspond plus !
Enna - Black bazar de Alain Mabanckou - J'ai beaucoup aimé les personnages mais la construction était un peu confuse pour moi.
Georges - Les chutes de Joyce Carol Oates - un coup de coeur pour une romancière décidément géniale !
              Dans le scriptorium de Paul Auster - Un roman un peu déroutant mais intéressant sur le métier d'écrivain.
              Le jeu de l'ange de Zafon - un peu décevant après le génial "Ombre du vent" !
Anne - Depuis ta mort de Frank Andriat - voici une lecture jeunesse un peu trop lisse à mon goût.
          Tout ce que j'aimais de Siri Hustvedt - Un univers vraiment trop cérébral pour moi !!
Géraldine - Jours sans faim de Delphine de Vigan - un titre qui permet de "comprendre".
               Travail soigné de Pierre Lemaitre - Le dénouement m'a bluffé mais je me suis un peu ennuyée.
Enna - A traitor to memory (Mémoire infidèle) de Elizabeth George - Un gros polar avec beaucoup de psychologie. J'ai beaucoup aimé.
Liza Lou - J'ai épousé une ombre de William Irish - Un roman noir au suspense diabolique. Rien de mieux en été qu'un bon polar.
Sharon - Hiver arctique d'Arnaldur Indridason - une impression en demi-teinte.
             La conspiration de Whitechapel d'Anne Perry - un roman policier et historique prenant.
             Le troisième tome de L'autre de Pierre Bottero, intitulé La huitième porte - Comme les autres tomes, ce fut un coup de coeur.
L'or des chambres - Le canapé rouge de Michelle Lesbre - Un très beau texte que je recommande chaudement !
Estellecalim - La délicatesse de David Foenkinos - un livre qui donne envie d'essayer ses autres romans.
                  Le mec de la tombe d'à côté de Katarina Mazetti - Le style m'a dérangé.
Vilvirt - Le Mystère de la Maison Aranda de Jeronimo Tristante - une déception.

Quant à moi, j'ai lu L'agence et Le bateau du matin de Lorraine Fouchet et j'ai aimé ces lectures remplies de simplicité dépaysante et d'optimisme...

Voilà, le rendez-vous mensuel de l'Objectif Pal 2 s'arrête ici... J'ai pris un plaisir immense à vous retrouver tous les mois, à constater votre enthousiasme et votre bon esprit, très communicatif. J'ai ainsi pu réduire ma propre PAL de 12 livres, ce qui lui a fait un bien fou... même si elle a augmenté d'autant depuis, voir de plus !! Cependant, un renouvellement des lectures à venir est toujours agréable, et puis des trésors endormis se logeaient dedans... Quel plaisir par exemple d'avoir découvert ainsi Karine Reysset, le Arlington Park de Rachel Cusk ou bien encore l'Epouse hollandaise de Eric Mc Cormack !

Et vous, que retiendrez-vous de cette année Palesque ?

Vous l'aurez compris, il n'y aura pas d'Objectif Pal 3. Je dois vous avouer que j'ai hésité. Mais après un tel succès, énorme autant qu'inattendu, ce challenge, au tout départ personnel, devait laisser finalement sa place à d'autres... Pour autant, comme beaucoup d'entre vous me l'ont demandé, vous pouvez continuer d'utiliser le logo ci-dessous, avec grand plaisir !!

objectif_pal


Il me reste à vous dire merci !! 
Et mon blog continue sa route, bien entendu.
 

17 janvier 2011

Un homme ébranlé, Pascale Kramer

unhomme_branl_"Il avait été convenu que Jovana leur amènerait Gaël le samedi vers midi. Dès le matin, Simone ouvrit tout grand sur le jardin, dans l'espoir d'aérer l'air épaissi de chimie et d'une entêtante fadeur de pellicules."

Claude est un homme malade, d'une cinquantaine d'années. Un cancer le ronge qui aura bientôt le dessus. Sa femme, Simone, connue et épousée sur le tard, il y a peu, se désespère de le voir ainsi, affaibli, l'ombre de lui-même. Ils vivent depuis toujours dans une banlieue chaude qui s'ébroue avec violence au-delà de leur portillon et dans les rues alentours. Leur maison est un cocon doux et étouffant tourné vers le jardin. L'intrusion du fils de Claude, Gaêl 11 ans, né d'une liaison furtive et ancienne avec une jeune-femme, bien avant que Simone n'existe dans la vie de cet ancien sportif, va tout ébranler et rendre le quotidien mollement assumé violemment réel... Rien ne peut sauver Claude. L'affection n'est pas légitimée par les liens du sang. Simone est libre.

Voici un livre qui s'ouvre délicatement sur des odeurs de forsythias et se referme avec précaution sur des odeurs moins légères... de maladie, de médicaments et de défaites. Un homme ébranlé n'est pas un livre doux, c'est un livre qui exprime avec justesse les sentiments qui peuvent chambouler une femme confrontée à la maladie de son époux. Alors, lorsqu'il s'agit pour elle d'accueillir en plus les fruits d'anciens amours regrettés ou de réaliser que les fondements de sa vie sont si fragiles et illusoires, la vie ne devient qu'une attente, une promesse de libération...
Une lecture qui m'a semblée criante de vérité, non consensuelle et d'une force cachée intéressante. L'écriture en est fluide et nette, agréable.
Je pensais lire d'abord Fracas (2007), noté depuis belle lurette... mais c'est avec ce roman que j'ai finalement découvert Pascale Kramer... à suivre, donc. Je l'ai lu il y a quelques jours déjà et je me rends compte que je l'ai vraiment aimé, comme quoi il est bon parfois de ne pas se précipiter pour rédiger son billet.

bouton3 Editions Mercure de France - 15€ - Janvier 2001

Un grand merci à Babélio et à son opération Masse Critique !!
(Lien vers la fiche du livre)

Un titre sélectionné pour le prix Landerneau 2011

9 mai 2011

En cours de lecture...

que_nous_devenons"Les femmes que nous devenons une fois que nous avons des enfants [...]

Notre corps se transforme, nous achetons des chaussures plates, nous nous coupons les cheveux. Nous commençons à trimballer dans nos sacs des biscottes grignotées, un petit tracteur, un bout de tissu mâchouillé et adoré, une poupée en plastique. Nous perdons tonus musculaire, sommeil, faculté de raisonnement, perspective. Notre coeur vit hors de notre corps. Les enfants respirent, mangent, rampent et ... regardez ! Ils marchent et se mettent à nous parler. Nous apprenons à avancer centimètre par centimètre, à nous arrêter pour examiner chaque bâton, chaque caillou, chaque boîte de conserve écrasée qui jonche le chemin. Nous nous habituons à ne plus fréquenter les endroits que nous aimions. Nous apprenons peut-être à cuisiner, à repriser, à poser des poches aux genoux des salopettes. Nous nous habituons à vivre avec un amour qui nous submerge, nous étouffe, nous aveugle, nous enchaîne. Nous vivons. Nous considérons notre corps, notre peau distendue, les fils argentés sur nos tempes, nos pieds curieusement plus larges. Nous apprenons à moins nous regarder dans la glace.[...] Nous ne supportons plus les retards des bus, les gens  qui se bagarrent dans les rues, ceux qui fument dans les restaurants, les rapports sexuels passés minuit, l'inconsistance, la paresse, le froid. En croisant des jeunes femmes, nous remarquons leur cigarette, leur maquillage, leur robe moulante, leur sac minuscule, leurs cheveux soyeux, et nous nous détournons, baissons la tête et poussons notre landau en haut de la côte."

Extrait de Cette main qui a pris la mienne de Maggie O'Farrell
Je me régale, indubitablement.

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26 décembre 2010

Plage, Marie Sizun

plagemarie"Il pleut ce matin. Il pleut doucement sur la plage, sur la mer. Il pleut partout. Une pluie impalpable, un brouillard de pluie, une pluie iréelle, qui tombe presque sans bruit, comme un murmure. C'est ce frôlement imperceptible que j'ai entendu d'abord en me réveillant. Sa musique silencieuse envahissait la chambre.
Tu ne m'as pas appelée."

Anne attend l'homme qu'elle aime dans un petit hôtel de Bretagne, elle a pris de l'avance, a devancé leurs vacances communes, les premières. Elle précise à sa logeuse que "son mari doit arriver samedi", mais cet homme n'est pas ce qu'elle prétend. Anne est la maîtresse d'un homme marié. Chaque jour, elle se rend sur la plage, peuplant sa solitude de l'observation du comportement des autres estivants, se plongeant en pensée dans ses souvenirs, et attendant avec impatience la sonnerie de son téléphone portable, sa voix à lui, sa présence.

Comme bien souvent dans les histoires d'attente, ce que l'on trouve en fin de course n'est pas forcément ce que l'on a cherché au tout départ. Il y a beaucoup de tendresse dans la fin de Plage, il y a des rencontres, notamment avec ce personnage de Claire, jeune femme douce récemment divorcée qui épaule Anne de son attention. C'est l'aspect émouvant de cette histoire.
Anne a par ailleurs une relation tendue et vindicative avec sa mère (thème récurrent chez l'auteure), voilà par contre une colère qui m'a ici dérangée dans ma lecture. En fait, j'ai eu du mal à m'attacher au personnage principal en tout début de roman, je trouvais cette jeune-femme solitaire si hautaine dans ses points de vue.
Et puis, et pourtant, malgré ce petit bémol et la constatation évidente (comme vous toutes) que la couverture du livre n'est pas adaptée au contenu (trop de décontraction dans la posture du modèle), cette attente a finalement eu quelque chose de si infiniment attachant que je m'y suis moi aussi laissée prendre.
On aime s'asseoir tous les jours sur le sable aux côtés d'Anne et partager ses observations, c'est certain.
En définitive, une lecture toute en finesse et douceur, parfumée de Bretagne.

bouton3 Editions Arléa - 19€ - Août 2010

J'avais déjà lu du même auteur... La femme de l'Allemand et Le père de la petite ... et j'aime chez Marie Sizun cette manière personnelle qu'elle a de revisiter sans cesse certains épisodes d'enfance. Pour cela, et pour son talent de croqueuse de portraits je vais continuer de la suivre avec intérêt.

Un grand merci à Sylire ! - Et quelques lectures ... Choco - George - Clara - Pascale - Liliba - Cathulu - Sharon - Anne - ...

12 avril 2011

La Septième vague, Daniel Glattauer

Quand souffle le vent du nord, la suite...

lasepti_mevague"Pourquoi est-ce que je t'écris ? Parce que j'en ai envie. Et parce que je ne veux pas attendre en silence la septième vague. Oui, ici on raconte l'histoire de l'implacable septième vague. Les six premières sont prévisibles et équilibrées. Elles se suivent, se forment l'une sur l'autre, n'amènent aucune surprise. [...] Mais attention à la septième vague ! Elle est imprévisible."

Léo Leike est de retour.
Après être tombée sur lui par hasard en envoyant un mail dans le premier volet, s'être heurtée dans les premières lignes de ce volet-ci à un manager du système aux réponses automatiques (un passage que j'adore), voici qu'Emmi reçoit enfin un message de son correspondant préféré.
Mais si Léo Leike est de retour il n'est plus seul, il a rencontré une certaine Pamela, à Boston.
Cependant, l'échange continue entre nos deux bavards virtuels et une rencontre pour de vrai semble vouloir enfin se profiler au détour du clavier... Plus d'esquives, plus de fausses excuses, plus de peurs ?
Le réel sera-t-il emporté par la force de la septième vague ?

Nous sommes nombreuses à avoir succombé à l'attraction terrible de Quand souffle le vent du nord en 2010. Et bien j'ai le sentiment d'avoir été un peu déçue par cette septième vague de 2011 que j'ai personnellement trouvée parfois un peu longuette... Les tergiversations de nos deux internautes ont contre toutes attentes réussi à me lasser. Je me suis demandé pourquoi ils ne se précipitaient pas enfin l'un vers l'autre, non mais mince à la fin, puisqu'ils ne peuvent se passer l'un de l'autre. Cependant, les répliques ont toujours une verve unique, les deux personnages une personnalité attachante, et le principe de cette conversation par mail reste une excellente idée, alors je ne sais pas... un manque d'attrait pour moi cette fois-ci.
Malgré mes bémols, je m'aperçois aujourd'hui, qu'une fois les pages refermées, Emmi et Léo n'ont cessé de me poursuivre ...
Ah ah, aurais-je donc été séduite quand même, à mon insu ?

bouton3 Editions Grasset - 18€ - Avril 2011

Quelques lectures qui vous emmèneront vers beaucoup d'autres ... Leiloona - Clara - Cathulu et Cuné !! 

1 mai 2011

En Avril dans vos Pals...

bookslovers

(source de l'image)

... il y avait toujours beaucoup de livres en attente.
Mais vous avez lu ...

Sofynet - Ce cher Dexter de Jeff Lindsay - Le livre dont est tiré la série, vraiment bien !
Liza Lou - Le violon noir de Maxence Fermine - un récit empli de poésie et de délicatesse.
              La garden Party de Katherine Mansfield - des nouvelles sublimes!
              Resurrection Row de Anne Perry - Une enquête policière palpitante nous emmenant dans le Londres de la fin du XIXème siècle.
Aifelle - Où je suis de Valérie Tuong Cuong - une lecture éprouvante et pas vraiment faite pour moi.
           Une brève histoire du tracteur en Ukraine - drôle, féroce et décapant.
Enna - Le racisme expliqué à ma fille de Tahar ben Jelloun - très instructif et abordable. Dans ma PAL depuis 1998...il était temps, non?!
Sharon - Tempête sur Shangri La de Michael Morpurgo - un beau roman de littérature jeunesse.
             Best Love Rosie de Nuola o'Faolain - Très beau roman, mais je suis un peu passée à côté.
             L'étonnante histoire d'Adolphus Tips de Michael Morpurgo - Un très beau roman !
             Que serais-je sans toi ? de Guillaume Musso - une grande déception.
Géraldine - Il a jamais tué personne mon papa de Jean-Louis Fournier - touchée, malgré quelques réserves sur le style. 
Vilvirt - Ce Cher Dexter de Jeff Lindsay - Un thriller sombre relativement original. (lecture commune)
L'or des chambres - No et moi de Delphine de Vigan - Une lecture touchante et très émouvante.
Bookybook - Le maître magicien Negi Ma, de Ken Akamatsu - Un peu déçue par le côté puéril des personnages...
                 Ma vie n'est qu'un seul jour de Geneviève Aimée - Super lecture !
                 Confessions d'une accro du shopping de Sophie Kinsella - une lecture détente !
                 Moi, femme battue d'Isabelle Fromont - une lecture poignante.
Véro - Best Love Rosie de Nuala O'Faolain - un beau portrait de femme vieillissante et un roman rempli d'amour aussi.
George - Enola Holmes, la double disparition de Nancy Springer, tome 1 - Un premier tome un peu mitigé mais qui donne très envie de poursuivre l'aventure !
Tiphanie - Un don de Toni Morrison - j'ai retrouvé le style particulier de Beloved et malgré quelques réticences au début j'ai beaucoup aimé.
              Genitrix de François Mauriac - une écriture agréable qui nous dépeint la relation d'une mère "castratrice" avec son fils.
Anne - Les déferlantes de Claudie Gallay - enchantée, bouleversée, captivée... Quel coup de coeur !
Valérie - La Régente Noire de Franck Ferrand - un mauvais mélange de fiction et d'Histoire.
Annie - Honteuse de Karin Altvegen - J'avais préféré "Ténébreuses" mais cela reste un livre agréable...sans coup de coeur!
           Le Montespan de Jean Teulé - intéressant et drôle.
           Le voyage dans le passé de Stefan Zweig - écriture esquise, c'est toujours un trés agréable moment de lecture!

Pour ma part, j'ai lu L'épouse hollandaise de Eric McCormack, et ce fut un coup de coeur !

Je retiendrai de ce mois-ci...

Des lectures communes qui vous ont permis de découvrir Ce cher Dexter ou Best Love Rosie par exemple... L'impression que vous tentiez ce mois-ci des lectures moins légères, plus épaisses. Bookybook et Sharon sont les deux grandes dévoreuses de PAL du mois avec 4 livres lus !
Votre motivation est toujours agréable, merci !!

Rendez-vous en Mai, pour découvrir encore une fois les trésors cachés de vos PALs !

objectif_pal_le_retour




Sinon, il y a toujours aussi ce que j'arrive à piocher ici [clic]. (Petit mode d'emploi)

20 mars 2011

Passe le vent, David Knoblauch

passelevent"On disait la poésie passée, dépassée. Jamais elle n'a été aussi présente dans la rue, les soirées, sur la toile..." éditions Le Pré du Plain

 

 

 

 

 

 

La poésie et internet ont cela en commun, une franche modernité, alliant essentiel et brièveté. Mais rien ne vaut aussi le support papier... Ainsi, lorsque un jeune auteur m'a proposé de lire ce qu'il avait produit, j'ai accepté. Je sais d'expérience ce que cette étape signifie...
De plus, comment résister à une petite carte commençant par ces mots, "Chère Madame, je vous adresse mon premier recueil de poésie, j'espère qu'il vous plaira."?

David Knoblauch est né en 1989 mais lorsqu'on lit ce qu'il écrit, il n'a plus d'âge tant ses pensées pourraient être aussi bien celles d'un homme ayant vécu toutes les strates de la vie. Co-existent ici barbelés, souffrances, vent et mélancolie, regret de l'enfance révolue mais aussi espoir fondamental que l'avenir réponde enfin à cette rage de vivre qui anime tout homme debout. J'ai envie de saluer ici deux éléments qui me paraissent important, premièrement cette énergie poétique salvatrice qui anime le recueil et deuxièmement cette maturité prometteuse de l'écriture qui est un gage de continuité.
Merci à l'auteur pour sa confiance !! Vous trouverez en cliquant sur ce [lien] sa fiche auteur.

Collection Pré-Vers - Pour Ados et adultes - 3€ - Sortie le 16 mars 2011 - Préfacé par Alain Feydeau - http://www.lepreduplain.com

Un extrait...

Sentiment

Un signe, un mot
Juste une pensée.
Une ivresse, rien qu'une seule.
Celle de la vie, de l'âme
De ce miroir.
Tout y découle.
Un amour inconditionnel.
De près je n'en veux pas
De loin je la supplie.
Fin et léger comme de la soie
Qu'on ose à peine toucher
Une rencontre
Que l'on n'oubliera jamais,
Car elle vous suit,
C'est votre ombre.

18 mars 2011

Encore un petit carton pioché...

... en médiathèque à l'occasion du Printemps des Poètes.

"Elle debout entre tablefeuxdans_la_nuit et berceau.
Les aînés envolés vers l'école ; lui au bureau, à l'usine, sur un chantier du monde.
Eparpillement brutal. Vaste désordre. Ses chaussures l'écorchent : elle se met pieds nus.
Bouche nue aussi. Et le coeur ? laisse le coeur. Au dehors, ailleurs, à côté, très loin, des femmes identiques
Attendent. Désirent que quelque chose les remette en marche, en voie.
Est ce qu'à cette heure quelqu'un fait l'amour au nid d'une chambre forte ?
Elle va à la fenêtre, se penche sur la rue, décape façades et visages. Des méfiances, des verrous,
Des vernis. Il n'apparaîtra donc personne ?"

Feux dans la nuit
Colette Nys Mazure
Ed. Renaissance du livre, 2003

13 mars 2011

mr ashenden agent secret, Somerset Maugham

mr_ashenden"Ashenden avait pour habitude d'affirmer qu'il ne s'ennuyait jamais. C'était l'une de ses convictions personnelles que cela n'arrive qu'aux personnes vides de toute richesse intérieure et que seuls les gens stupides comptent sur le monde extérieur pour les distraire."
Extrait de la nouvelle Giulia Lazzari

Mr Ashenden n'est ici autre que Somerset Maugham lui-même, écrivain de profession devenu agent secret depuis qu'un certain Colonnel R. l'a engagé. Il s'acquitte de sa tâche avec une désinvolture toute britannique et un peu de mépris pour les émotions d'autrui... cependant il n'est pas sans se rendre compte des conséquences de ses missions. Souvent replié dans une chambre d'hôtel, gardant comme couverture cette fonction bien pratique de romancier en quête de quiétude et de personnages, il attend, observe et agit.

L'ensemble des nouvelles nous offre une galerie de portraits assez savoureux et hauts en couleurs, ceux d'une époque révolue où l'on ne voyage qu'en train et où les femmes même intelligentes sont jugées sur leurs toilettes. L'espionnage a ici un goût particulier de réalisme qui fait parfois aussi un peu froid dans le dos car cynisme et patriotisme intransigeant sont de rigueur. J'ai aimé cependant le côté Scherlok Holmes du personnage principal, alliant flegme, compétence et assurance.
Au final, voici une lecture plutôt agréable, au charme certain, quoique un peu désuet.

Somerset Maugham himself explique en préface le contenu de son recueil de nouvelles...
"Ce recueil s'inspire de mon expérience d'agent secret pendant la guerre (celle de 14), mais remaniée au service de la fiction. Car la réalité est un piètre conteur. [...] elle n'a pas le sens de la gradation dramatique et en noie les effets dans des détails oiseux."

bouton3 Pavillons poche - 9.90€ - Février 2011

Un grand merci à BOB pour ce partenariat et aux éditions Robert Laffont pour l'envoi.

28 novembre 2010

Edouard Bear lit Stefan Zweig

stefan_zweig...et c'est un enchantement.

Je ne sais pas vous mais déjà j'aime Edouard Baer, sa voix de dandy mielleuse, son humour caustique. J'aime les romans de Zweig aussi, dans un tout autre genre. Comment les deux allaient-ils se marier et se confondrent en une 1h et 53 minutes de temps ? Comment Edouard Baer allait-il tenir Le Joueur d' échecs à bonne distance sans lasser ? Et bien, plutôt bien, très bien même.

Constat de l'écoute ? Je connaissais l'histoire, grand avantage, mais j'en avais oublié les détails. A la lecture papier, je n'avais pas senti aussi bien la montée en puissance de l'action, grand plus de la version audio. A regarder parfois Edouard Baer s'exprimer, je n'avais pas saisi son pouvoir relaxant. J'ai d'ailleurs regretté par la suite ne pas m'être installée plus confortablement.

Pourtant, le texte est dur, il relate une confrontation inattendue entre deux joueurs de haut niveau, un rustre devenu champion du monde et un rescapé de la guerre ayant à l'époque survécu grâce à l'apprentissage de ce jeu.

Allez, cette écoute a balayé toutes mes idées reçues, un peu vieillottes, sur le format audio. Tel était le défi. Je pense cependant que le choix minutieux de la voix et du texte sont essentiels. Une voix moins intéressante, ou un texte plus long m'auraient sans doute lassée et aurait été difficile à caser dans mon emploi du temps... A suivre, donc, j'ai bien aimé l'expérience.

Voici donc un excellent moment de lecture et j'en remercie à l'occasion Audiolib !!

Durée : 1h53 - Sortie Octobre 2010

(On peut écouter un très court extrait par ici.)

Clara vient de lire le roman pour son Objectif Pal de Novembre

20 novembre 2010

Les Belles étrangères

belles_trang_resPour la première année, ma ville et son lieu de littérature ont reçu cette manifestation conçue et réalisée par le Centre National du Livre (CNL). Le pays invité en 2010, et plus particulièrement cette semaine dans les Pays de la Loire, est la Colombie.

A cette occasion, j'ai donc pu assister jeudi soir à une lecture publique d'extraits d'oeuvres colombiennes, et ce par les auteurs eux-mêmes : Antonio Caballero pour un Mal sans remède (Belfond 2009) et Jorge Franco pour La fille aux ciseaux (Métailié 2001).

Je m'intéresse, depuis mes études, au sentiment d'exil en littérature. Rien de tout cela dans les oeuvres présentées ici mais Antonio Caballero a du fuir sa terre dans les années 80, et la violence toujours liée à ce pays offre pour les auteurs colombiens les mêmes sentiments continuels de tiraillement entre attachement, désir de fuite et perte de repères. C'est une littérature qui ne laisse pas indifférent. Influencée à l'origine par l'occident, elle est forte aujourd'hui de son engagement et de son histoire. C'est une littérature vivante.

Voici une courte présentation des livres partiellement lus...

un_mal_sans_rem_deUn Mal sans remède est un roman de près de 588 pages dont l'action se déroule dans les années 70, à Bogota. La violence n'est ici qu'une toile de fond invisible. L'auteur a surtout voulu raconter dans ce livre l'histoire d'un homme qui tente d'écrire de la poésie et se compare à Arthur Rimbaud. On suit le mouvement de sa pensée, son réveil embrumé, ses réflexions en début de roman sur ses produits de douche, la construction de son poème en devenir. Le propos est drôle, use du principe de répétition, se fait presque chantant.
J'ai beaucoup aimé ce que j'ai entendu et je craquerai peut-être un jour pour ce pavé construit sur douze années.

la_fille_aux_ciseauxLa Fille aux ciseaux met en scène un autre milieu et une autre époque, les années 80/90. L'auteur voulait absolument situer l'action de ce roman à Medellin, lieu où la présence des narco-traficants est manifeste. La ville est un personnage, de la même manière que le sont ces jeunes qui se frottent les uns aux autres, riches ou marginaux. En début de roman, une jeune fille, Rosario, est emmenée à l'Hôpital atteinte d'une balle. Deux garçons sont amoureux d'elle. Nous apprendrons plus tard ce qui les liaient. Nous sommes ici dans le pathos et le dramatique, la noirceur. La langue se fait vibrante et réaliste.

Le site des Belles étrangères : http://www.belles-etrangeres.culture.fr/

5 mars 2011

Parfois ... (catégorie - Mes écrits)

petite_filleJe rêve de cette petite fille aux boucles brunes et aux prunelles bleues que nous n'aurons jamais ensemble.
Elle te ressemblerait, elle aurait ton sourire, elle te serait acquise. Ses bras chercheraient constamment à enserrer ta taille, ton cou, tes jambes, à entraver ta marche dans un éclat de rire. Et tu aimerais cela, beaucoup, cet enchevêtrement dans tes mouvements, cet excès de tendresse.
Tu m'en saurais gré finalement de cet orgueil tardif, de ce don de vie qui nous aurait soudé.

Je rêve d'une maison, d'un soleil d'hiver rentrant à flots dans toutes les pièces, d'une famille d'où nous serions le centre, comme un pays duquel on s'éloigne et vers lequel on revient toujours. Elle serait plus au sud bien-sûr - cette maison que je ne connais pas - dans tes terres.
D'avoir retrouvé le lieu de ton enfance, tu en serais heureux, enfin.

Je rêve d'un quotidien main dans la main, de silences partagés, de me rendre compte combien nos différences ne sont rien, que des encastrements de puzzles colorés. Tu aimerais par dessus tout me regarder m'assoupir un enfant contre le ventre.
L'indifférence d'hier disparaîtrait peu à peu au profit de l'amour, aujourd'hui serait mieux.

Je compte les jours sur mes doigts entre ce moment où j'aurais pu tout changer, et ce qui m'éloigne à jamais de toi. Les années qui passent effacent inexorablement les rêves d'enfantement, de vie transfigurée, transforment le quotidien en ligne droite.
Il m'arrive simplement de rêver quelquefois d'une petite fille aux yeux clairs, qui prendrait ta main puis la mienne, et s'en irait ainsi dans un tourbillon jouer doucement dans la lumière .

© Les écrits d'Antigone - 2011

28 février 2011

En février dans vos Pals...

book18

il y avait toujours beaucoup de livres en attente.
Mais vous avez lu ...

Aifelle - Finnigan et moi de Sonya Hartnett - Un roman étrange, fort bien fait mais éprouvant.
Patacaisse - Trilogie New Yorkaise de Paul Auster - Avis mitigé. Contente d'avoir découvert cet auteur mais je n'y retournerai pas, je pense.
                   La mécanique du coeur de Mathias Malzieu - avis mitigé.
Enna - La fille de l'irlandais de Susan Fletcher - Une belle découverte !
          Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants de Mathias Enard - un beau style mais je reste sur une impression d'inachevé.
          Indignez-vous! de Stéphane Hessel - un flop total pour moi, je suis passée complétement à côté !
Theoma - Carnets intimes de Sylvia Plath - Un indispensable !
Alexiel - Night World, Tome 1 : Le Secret du Vampire de L.J. Smith - Déception. Trop fleur bleue et trop peu d'action. Je ne lirai pas la suite.
George - La fenêtre panoramique de Richard Yates - Un roman sombre parfois un peu long mais qui reste intéressant.
Véro - A Mélie, sans mélo de Barbara Constantine - une déception !
Tiphanie - Deux Etés d'Erik Orsenna - et c'est une petite déception.
               Le canapé rouge de Michèle Lesbre - là encore c'est une déception !
               Vingt ans après d'Alexandre Dumas  - et ouf une très bonne lecture pour rattraper les deux précédentes ;)
Vilvirt - Les Contes Fantastiques de Théophile Gautier - un classique de la littérature fantastique par un très grand écrivain dont la plume et le style m'ont ravie !
           Salomé d'Oscar Wilde - j'ai beaucoup apprécié !
Valérie - The Anniversary Man de J.R Ellroy - une vraie déception.
            Twist de Delphine Bertholon - j'aurais aimé être plus émue. 
            Les Lieux Infidèles de Tana French - trop de longueurs.
Emmyne - Le roman de Tolstoï de Vladimir Fédorosvky - un premier rendez-vous qui donne envie d'en lire plus.
Anne ( des mots et des notes) - Cher amour de Bernard Giraudeau - Bien mais je n'ai pas été passionnée...
en lecture commune avec Sharon - Cher amour de Bernard Giraudeau - un carnet de voyage élégant et humaniste.
Sharon - Brunswick Gardens d'Anne Perry - un roman policier intimiste.
             Un brillant avenir de Catherine Cusset - un roman très bien construit, au style impeccable, qui ne dégage pourtant que peu d'émotions.
             Les larmes de Tarzan de Katarina Mazetti - un anti-conte de fée moderne pour adultes.
Liza Lou - L'attentat de Yasmina Khadra - un roman bouleversant et magnifique.
               Colorado Kid de Stephen King - je m'attendais à mieux de la part de Stephen King car l'histoire m'a laissée sur ma faim !
Bookybook - Rêves et cauchemars de Stephen King - En un mot, je dirais que ce livre est mystérieux !
                 Les enfants de la terre t1 (le clan de l'ours des cavernes) de J M Auel -  je le trouve GRANDIOSE !! J'adore, c'est vraiment bien écrit et nous donne l'envie de lire les autres tomes... Un vrai coup de cœur pour moi !
Tiphanya : son bilan en photo !! - Des lectures variées mais surtout 2 très bonnes découvertes.
Sofynet - Trèfle d'or de Jean-François Chabas - Un bon roman jeunesse.
Annie - La petite dame en son jardin de Bruges de Charles Bertin - un coup de coeur...j'en ai le coeur chaviré !

Pour ma part, j'ai lu Ether de Franck Resplandy, un roman de qualité qui distille pourtant une ambiance assez dérangeante dont j'ai eu du mal à me défaire !

Je retiendrai de ce mois-ci...

Le nombre important de vos déceptions, Février aura été très mitigé côté Pals. Heureusement, quelques belles découvertes relèvent le niveau et votre motivation toujours intacte fait plaisir à voir et donne envie d'aller à son tour fouiller dans sa Pal !! Sharon est la grande dévoreuse de PAL du mois avec quatre livres lus (dont un en lecture commune) !

Rendez-vous en Mars, pour découvrir encore une fois les trésors cachés de vos PALs !

objectif_pal_le_retour

Sinon, il y a toujours aussi ce que j'arrive à piocher ici [clic]. (Petit mode d'emploi)

 

3 février 2011

Chienne de vie, Helle Helle

chienne_de_vie"Je ne m'attarde guère au bord de l'eau. J'ai l'impression d'avoir oublié quelque chose. Je tourne les talons et rebrousse chemin. Peut-être est-ce ma valise. Quand j'étais assise sur le banc avant-hier, je l'avais avec moi. Maintenant, elle se trouve dans le salon de Johnny et Cocotte. Ils sont couchés dans leur chambre et dorment tout habillés sous leur couette. Elly somnole devant le poêle. Ma valise à roulettes, avec sa poignée, est mon seul port d'attache, je ne peux aller nulle part sans l'avoir avec moi. Et en plus de ma valise, il y a Johnny et Cocotte maintenant, pourtant ça ne fait même pas quarante-huit heures."

Bente a tout laissé derrière elle, son mari dermatologue et la vie qu'ils menaient ensemble. Elle, l'écrivain devenue depuis quelques temps l'ombre d'elle-même, se retrouve un beau jour assise à un arrêt de bus, au fin fond du Danemark, perdue dans la contemplation de la mer, à la recherche d'un lieu propice pour pleurer tout son saoul. C'est à cet endroit que Johnny la ceuille et l'emmène dans la chaleureuse petite maison qu'il partage avec sa compagne Cocotte. Le couple adopte alors cette inconnue de passage avec une simplicité désarmante. La vie ne devient plus ainsi pour Bente que des gestes à faire, les chiens de l'oncle voisin à rentrer et à sortir, des bûchettes à remiser pour l'hiver et un avenir à imaginer se réinventer...

Ce petit roman n'a l'air de rien mais il sait envelopper sa lecture d'une chaleureuse enveloppe de bonté et de calme assez réconfortante. On entre dans l'intimité d'un couple, on entre dans une maison où le poêle est toujours allumé, la flamme de l'hospitalité vive, on entre dans une petite parenthèse de vie, parfois blessante ou rude, accidentée, mais jamais fracassante. Un bien joli livre et une belle histoire qui ne se prive pas non plus d'être parfois gentiment ironique. Une agréable surprise.

bouton3 Editions Le Serpent à Plumes (dont j'aime toujours terriblement la typo) - 19€ - Sortie le 3 février 2011
Traduit du Danois par Catherine Lise Dubost

Helle Helle sera présente au salon du livre de Paris en mars

http://serpentaplumes.blogspot.com/

19 janvier 2011

Luluabourg T1, Nicolas Pitz

luluabourg"En ce moment je ne suis plus moi-même, je ne résiste plus. Comme si la vie de mon père et la mienne ne faisaient qu'une. Je vieillis sans doute. Je suis l'esclave de mon corps et de cette forêt. Elle n'existerait pas sans moi et sans elle je ne suis rien. Je suis une racine primaire d'un arbre de cette forêt. Je crois que je ne partirai jamais, comme tous les gens du village. Mon sang coulera dans les arbres que je coupe pour l'éternité. Et dans les animaux que je tue."

Nous sommes dans la campagne belge à la veille de la seconde guerre mondiale. Yvon, un jeune garçon vit au coeur de la forêt sous le joug d'un père violent et obtus. Malgré le peu d'occasions qui se présentent à lui d'aspirer à autre chose, les rêves d'évasion et la colère sont là... Un cerf imaginé et fantomatique en costume personnifie d'ailleurs son courage et sa détermination, et lui apparait de temps en temps pour le protéger ou le pousser plus loin. La forêt sera son refuge protecteur lorsque les allemands, conquérants, fouilleront chaque village en quête de travailleurs. Yvon prendra le maquis, en solitaire, pleurant la perte de son meilleur ami et se préparant à un futur que l'on devine lointain et riche en péripéties.

Nicolas Pitz s'est inspiré de la vie de son grand-père pour cette trilogie intitulée Luluabourg, ancien nom d'une ville du Congo, Kananga. J'ai été attirée par la couverture magnifique de cet album, j'ai été intriguée par son univers assez étrange, et c'est un monde très sombre que j'ai découvert, un monde aux traits épais et inquiétants mais également fascinant. Un voyage particulier, mais sans doute irais-je lire les deux autres tomes de cette série prometteuse, étonnante de talent...

bouton3 Editions Maolosanctis - 16€ - Janvier 2011 lulupitz

La fiche sur le site éditeur qui est également un site participatif spécialisé BD, lancé en 2009 (dans le domaine le genre me semble d'ailleurs beaucoup plus dynamique, plus discret et plus efficace qu'en littérature, et de loin... Admirative, je suis.)

Lisez cette bd gratuitement sur manolosanctis

Un grand merci à l'éditeur (www.manolosanctis.com) pour l'envoi et à BOB pour ce partenariat !!

3 janvier 2011

Où le regard ne porte pas...

...c'est beau, c'est chaud comme l'Italie, c'est une histoire d'enfance et d'amitié, mais aussi de jalousies et de violence. C'est un récit tout simple et mystérieux où quatre enfants partagent étonnamment la même date de naissance, et où des adultes sont aux prises avec l'animosité des villageois.
C'est une BD en deux tomes dont n'ai pour l'instant dévoré que le premier.
Vite vite le lecteur actuel et précédent, j'attends ;o)...

Dargaud 2004 - Pont et Abolin

ouleregardneportepas  o__le_regard_ne  o__le_regard

Biblioth_que_et_LAL            ou_le_regard_2

6 janvier 2011

Tamara Drewe, Posy Simmonds

tamaradreweStonefield est un lieu paisible et rural, idéal pour écrire. Beth et Nicholas l'ont bien compris. Depuis des années, Beth gère le lieu sans faillir, reçoit des hôtes venus pour écrire, tandis que son mari Nicholas se consacre à l'élaboration de romans policiers à succès. A côté, il y a Winnards Farm, inhabité depuis le décès de sa propriétaire. Mais Tamara Drewe, la fille de la disparue apparaît, chroniqueuse reconnue, venant tout juste de subir une opération chirurgicale du nez réussie, belle, sensuelle, troublant la douce ambiance studieuse du lieu, affolant les hommes autour d'elle... Il n'en faudra pas plus pour éveiller la curiosité des jeunes du coin qui n'auront de cesse de briser les interdits afin de mettre un terme à leur ennui sans fond, modifiant ainsi aussi quelques destins.Tamara_Drewe_BD

Quelle belle surprise que cette BD dont Bel Gazou avait déjà parlé ici !! Ce qui est intéressant dans ce volume est la richesse du scénario, la fin non convenue, inattendue, ainsi que cette façon subtile de mélanger vignettes et textes, et ce de manière complètement libre et fluide. Posy Simmonds croque de plus avec humour et causticité ce petit monde fermé des écrivains amateurs ou publiés...et il n'est donc pas étonnant d'y trouver également quelques égos troublés et des désirs inavoués.

Denoël - Juillet 2010 - 18€
(pioché avec allégresse en bibliothèque)

Un film a été tiré de cette BD... Cathulu en parle ici. M'enfin elle parle surtout d'un débardeur vert seyant et de tablettes de chocolat ;o)). Elle a l'air sympa comme tout cette adaptation !

2 janvier 2011

La Ballade de Lila K, Blandine Le Callet

laballadedelilak"Dans la vie, il y a toujours un avant, un après, vous avez remarqué ? [...] Pour moi, la rupture s'est produite le jour où des hommes casqués, tout en noir, ont défoncé la porte pour se ruer dans la chambre. Lorsqu'ils ont tiré ma mère du lit, elle s'est débattue en hurlant.[...] Ils l'ont plaqué au sol, et l'ont emprisonnée dans une camisole. Puis, ils l'ont bâillonnée. J'ai tout vu, ses larmes, ses yeux fous, les bleus sur son visage. Elle n'essayait plus de résister. Elle me regardait fixement. J'ai compris ce qu'elle voulait me dire. Au revoir mon bébé."

C'est l'histoire de cette petite fille, Lila, enlevée de force à sa mère, et placée dans un centre qui nous est contée ici. Nous suivons avec minutie ses progrès, son difficile apprentissage, entourée de la présence constante de surveillants alliés à la cause de la Commission. La petite Lila est pleine d'une obsession tenue secrète par prudence, retrouver sa mère. Nous sommes dans un futur hyper contrôlé où tout est sous couvert de caméras et sous autorisation de spécialistes compétents. Au-delà de cet univers lisse règne la Zone, c'est là que Lila découvrira peut-être une autre manière de vivre et des bribes de son passé... Dans cet enfer de normalité, l'affection d'un maître érudit, un brin provocateur, et d'un directeur de bibliothèque sont des bouées de sauvetage sur lesquelles la jeune-fille surdouée et fragile pourra heureusement compter.

J'ai aimé dans l'ensemble ce roman. Nous sommes bien loin de Pièce montée, le recueil de nouvelles de l'auteure que j'avais beaucoup apprécié, mélange de douceur et d'acidité très réussi autour du thème du mariage. Nous sommes ici dans le futur, dans le domaine de l'anticipation et il m'a manqué dans les premiers chapitres de l'histoire quelques clés pour ne pas trouver les premiers apprentissages de Lila un peu répétitifs. Cela dit, vos avis étant tellement enthousiastes, j'ai persévéré, et j'ai bien fait. En effet, les personnages secondaires se sont mis peu à peu à s'étoffer, l'intrigue à s'intensifier, la personnalité de Lila à doucement émerger, les contours de la ville à se préciser. Je me suis surprise à dévorer ce livre et à attendre avec effervescence le résultat des aventures et des enquêtes de Lila K au terme d'une ballade moins légère que son titre ne le laisse supposer. Au final, j'ai terminé ce roman emplie d'émotions diverses, entre attachement et douleur.
Allez, il est à espérer que notre vie dans un siècle tout juste ressemble à autre chose.

bouton3 Editions Stock - 21.50€ - Septembre 2010

Un grand merci à Clara pour ce livre voyageur ! J'hésitais tellement sur ce titre. Et merci à Estelle pour l'envoi.

D'autres lectures ... C'est un coup de coeur pour Kathel - Véro la pyrénéenne a adoré - ...

Ci-dessus, Blandine Le Callet explique les prémices de ce roman... et c'est intéressant.

Balade, subst. f. : promenade sans but, sans hâte.
Ballade, subst. f. : poème à couplets et refrain. - Pièce de musique inspirée par ce type de poème.

27 décembre 2010

En cours de lecture...

_crire_famille"Tiens, maman."
Elsie se tenait devant elle, tendant un bout de papier à carreaux froissé. Maisie le regarda. Un arc-en-ciel parsemé de taches était vaguement dessiné et, à côté en grandes lettres arachnéennes, on pouvait lire : "Je t'aime maman baisers Elsie." Le papier était déchiré et il y avait des numéros de téléphone écrits dessus par un adulte. Elle le prit de la main tremblante d'Elsie. C'était un endroit dangereux où vivre, une famille : aussi tumultueuse que la pleine mer sous un ciel traître, avec ses allégeances passagères, ses rafales de cruauté et de vertu, ses grandes vagues d'humeur et de mortalité, son incessante alternance de tempête et de bonace. Une averse pouvait tomber ou un rayon de lumière être accordé en sursis, et à la fin vous ne voyiez pas la différence, ce que tout cela signifiait, ce que cela apportait, comparé à la necessité de survivre et de poursuivre coûte que coûte."

Extrait de Arlington Park, Rachel Cusk

6 octobre 2010

D'où vient le verre de mon verre...

d_o_vientleverre...par Anne-Sophie Baumann - Illustrations de Didier Balicevic

Dans la famille Antigone, les enfants sont de petits curieux qui n'aiment rien tant que de savoir comment ça marche !

Ma grande fille n'a donc pas résisté à ce petit documentaire qui lui explique avec force détails d'où vient le verre dans lequel elle boit à la cantine. En passant, un mystère est résolu, celui du numéro du fond qui n'est rien d'autre que celui du moule dans lequel il a été fabriqué... Mince, un mythe s'effondre.

Comment fabrique-t-on un verre ? Avec du sable ? Comment obtient-on les différentes couleurs ? Voilà qui est bien magique...
De là, il n'y a qu'un pas pour percer le secret des billes avec lesquelles les enfants jouent en récréation, ou celui des fenêtres... Car du verre, il y en a partout.

Ce que ma fille (9 ans) a surtout aimé ce sont les petits dessins plein d'humour de l'illustrateur, ce mélange encore réussi entre les images et les photographies, les pages à propos du souffleur de verre, celles sur les billes, les perles et le recyclage.
Pfff, maman, on en a beaucoup besoin du verre...
J'ai aimé, moi, la qualité de l'album et ce fourmillement de détails ingénieux qui n'alourdit pas l'ensemble mais rend le tout bien passionnant.

Editions Tourbillon - 9.95€ - 23 Sept 2010 - http://www.editions-tourbillon.fr/
Collection Mon premier Exploradoc - Recommandé pour les 5-8 ans, mais les plus grands aiment aussi !!

Mes_images32

18 décembre 2010

Longue sécheresse, Cynan Jones

longue_s_cheresse"Ils devraient oublier un instant la vache et les enfants, enlever leurs chaussures et entrer dans l'herbe tiède du jardin."

Gareth cherche une de ses vaches, partie se promener un peu trop loin, un veau sur le point de naître tapi au creux du ventre. Il est très tôt ce matin là, et la journée ne fait que commencer, une journée pendant laquelle les souvenirs ne cesseront d'affluer. Tandis que le fermier erre sur sa propriété, Kate sa femme est terrassée par une migraine, une de plus. Entre eux, il y a le secret que l'on suppose de la naissance de leur fille Emmy, ces trop nombreuses fausse-couches, et le deuil à faire d'une vie rêvée.

Nous rentrons dans l'univers composé par Cynan Jones à pas mesurés. Ici, tout est brossé avec rudesse et âpreté, mais avec élégance aussi. Chaque paragraphe recèle sa part d'émotion, sa part de mystère, de choix de vie ou de terre. Gareth, lui, veut sa part de bonheur, quitte à partir si sa femme ne cesse de le fuir comme elle le fait depuis si longtemps. Au terme de cette journée pendant laquelle le chien Curly va mourir, la jeune Emmy assumer plus qu'elle ne doit, chacun être renvoyé à sa solitude et à ses désirs profonds, nous refermons un livre, et la porte d'une maison.

"Elle entend ses pas dans l'escalier et elle sait qu'il vient à elle avec amour ; qu'il n'y a pas de méchanceté maintenant. Elle penche la tête par la fenêtre et lorsqu'elle se retourne vers l'intérieur de la chambre, la pluie recouvre son visage et ses cheveux, coule le long de son cou jusqu'au tissu doux de la chemise. Elle se met à pleurer. C'est un homme fort, et fier, et bon.
"Il pleut", dit-il, et c'est à peine si elle l'entend."

Longue sécheresse est une découverte à faire, une belle lecture qui jongle avec justesse entre réalisme dur et soif d'idéal. C'est un livre où l'amour a le dernier mot, et qui s'avère être un presque coup de coeur pour moi.

bouton3 Editions Joelle Losfeld - 15.90€ - Octobre 2010

Ce titre est un livre voyageur de Keisha, merci beaucoup !! - Cathulu m'avait tentée - Clara a aimé aussi - Aifelle souligne l'aspect faussement serein du récit - Pascale l'a lu aussi - Toutes les autres lectures sont chez BOB !

31 décembre 2010

En décembre, dans vos Pals

pal_d_cembre il y avait toujours beaucoup de livres en attente.
Mais vous avez lu ...

Theoma - Le tailleur de pierre de Camilla Läckberg - Quand une série est réussie, le plaisir de retrouver les personnages appréciés est assuré.
              Les demeurées de Jeanne Benameur - Juste, poétique, magnifique !
Vilvirt - La maison sur le rivage de Daphné du Maurier - Une agréable lecture qui nous entraîne loin de la réalité.
           Le Rouge et le Noir de Stendhal - un grand roman avec malgré tout quelques longueurs, mais j'ai beaucoup apprécié de manière générale.
           Légendes d'automne de Jim Harrisson - Un énorme coup de coeur !
           L'hôtel hanté de Wilkie Collins - un petit roman assez décevant malgré tout !
Alexielle - Macbeth de William Shakespeare - une lecture en demi-teinte, je n'ai pas accroché plus que ça !
              Neige de Maxence Fermine - Une lecture de saison, poétique, chaleureuse (malgré son titre) et apaisante!
Liza Lou - Expiation de Ian McEwan - s'est soldé par un abandon.
              Élise de Arlette Cousture - un récit qui met du baume au cœur!
              Le tour d'écrou d'Henry James - Une déception d'un auteur que j'apprécie pourtant vraiment. Tant pis!
Aifelle - La patience de Mauricette, de Lucien Suel - Pas un coup de coeur, mais un bon moment de lecture.
Véro l'encreuse - Elle s'appelait Sarah de Tatiana de Rosnay - un agréable moment (et un beau portrait de femme!) qui marque ma reprise de lecture !
                       Sévère de Régis Jauffret - Une écriture clinique pour explorer une mortelle liaison où l'amour n'est qu'une illusion.
                       Grand Hôtel de Vicki Baum - Quelques jours et quelques personnages et c'est toute une société qui se révèle dans cet hôtel berlinois.
Bookybook - Le talentueux Mr. Ripley, Patricia Highsmith - Très bien pensé !
Clara - Les années de Annie Ernaux - Un indispensable ... rien que ça!
Anne (des mots et des notes) - Guadalquivir de Stéphane SERVANT - Un roman d'initiation qui ne manque pourtant pas de sensibilité.
                                            Baisers de cinéma d'Eric Fottorino - un bel hommage !
EstelleCalim - La colère des aubergines de Bulbul Sharma - Les rites culinaires et les plats traditionnels sont réellement au cœur de ces petites histoires parfois très courtes. (Estelle a même testé les recettes !!)
                   La princesse de Montpensier de Mme de La Fayette - les femmes n'en ressortent pas grandies...
Typhania - son bilan du mois en images !!
Sharon - Les amants imparfaits de Pierrette Fleurtiaux - Ce roman au style riche et limpide est une belle découverte.
Valérie - Le Cortège de la Mort d'Elizabeth George - Très réussi mais un peu trop long.
Tiphanie - L'hôtel New Hampshire - c'est une petite déception, je n'ai pas retrouvé l'univers que j'avais aimé dans le monde selon Garp.
Sofynet - Crime et couches culottes de Jennifer Weiner - un retour réussi à la chick-lit.
Kayleigh - Le Syndrome [e] de Frank Thilliez - Intense et jouissif.

Quant à moi, j'ai lu Arlington Park de Rachel Cusk et c'est un grand coup de coeur !!

Je retiendrai de ce mois-ci...

La motivation de quelques unes, je constate encore une fois la victoire incontestée de Vilvirt en fin de mois, mais je dois dire que Véro s'est bien battue et Liza Lou aussi !! Tout cela agrémenté de belles découvertes, bien entendu... N'hésitez pas à aller lire le billet d'Estelle qui est allée jusqu'à concocter les recettes de sa lecture, je m'en sens moi-même tellement incapable que j'en reste toujours béate d'admiration.

Rendez-vous donc en Janvier, pour découvrir encore une fois les trésors cachés de vos PALs !

objectif_pal_le_retour

Sinon, il y a toujours ce que j'arrive à piocher ici.

15 avril 2010

La couleur de l'aube, Yanick Lahens

la_couleur_de_l_aube"Des quatre coins de la ville, des feux montent des ordures empilés et nous brûlent les yeux. A la fin de chaque crépuscule, des pyromanes crucifient la misère de Port-au-Prince pour la faire taire. Nous avançons apaisés, à moitiés aveugles dans une brume mensongère. C'est le moment où la nuit descend sur le visage de Mère. Ce visage unique de qui ne part jamais, de qui reste pour toujours auprès de vous, malgré l'orage sur votre vie, malgré l'incendie qui la ravage. Le visage de Mère est un morceau de terre douce. Sur cette terre nous posons nos pieds nus sans crainte de nous faire mal. A tant vouloir fouiller la nuit, Mère est un bateau qui fend une eau noire. Elle avance mais ne va nulle part. A l'intérieur d'elle le silence est aussi profond que dans le grand ventre d'eau de la mer. Aurait-elle perdu le nord ? Elle a si peur de chavirer. Oui, si peur. Par moments la lune déverse de la chaux vive et, soulagée, elle scrute le monde dans cette blanche lumière. Et elle met le cap à nouveau vers l'attente de son fils."

Dans une maison de Port-au-Prince, on s'inquiète de l'absence du plus jeune frère de la famille, Fignolé. Quelque chose dans l'air, une menace, règne et nourrit l'angoisse. Angélique, infirmière sage et soumise, et sa soeur, Joyeuse, sensuelle et révoltée, enquêtent et parcourent la ville, tout en rêvant secrètement d'une vie meilleure qui donnerait sa part belle à l'amour et à l'apaisement...

Grâce au collectif édité par le Serpent à Plumes en faveur des sinistrés d'Haïti, j'ai découvert la plume de Yanick Lahens. Je voulais en lire plus, voici pourquoi j'ai ouvert ce livre-ci.
Mes impressions de lecture sont très complexes. Dans l'ensemble, j'ai beaucoup aimé ce roman, que je vous recommande. Yanick Lahens a une écriture extraordinaire, forte et sensuelle, terriblement évocatrice. Que de paragraphes à citer telles de petites perles... !! Par ailleurs, ce récit, à la texture apocalyptique, semble annoncer des terreurs à venir, politiques et physiques, et lorsque l'on songe aux évènements que cette île vient d'endurer, cela donne rétrospectivement froid dans le dos. Ensuite, je me suis attachée aux personnages à tel point que cet écrit m'a semblé trop court. Angélique et Joyeuse prennent la parole tour à tour, et l'on se prend à admirer ces femmes de caractère, sans hommes, qui luttent tout simplement pour vivre.
Mon petit bémol vient de "l'économie de moyens" que l'éditeur évoque en quatrième de couverture. Il m'a fallu de nombreuses pages avant de repérer les protagonistes, comprendre qui avait la parole, qui était qui, et cela me gêne toujours de devoir ainsi avancer dans le flou en lecture. Sans cela, ce titre aurait été sans conteste, un grand coup de coeur !!
Mais je chipote je chipote...
Car cela dit, je suis heureuse d'avoir ouvert ce roman, que je reprendrais bien à présent pour le relire une seconde fois, ce que je ne fais jamais d'ordinaire. Je suis heureuse de cette rencontre avec l'écriture de Yanick Lahens, que je vais renouveler dès que possible en lisant son premier roman Dans la maison du Père.
En somme, une lecture découverte qui m'ouvre quelques perspectives. Voilà qui est bien jubilatoire !

bouton3 Note de lecture : 4.5/5 - 20 € - Sabine Wespieser éditeur - Nov 2008 -

Biblioth_que_et_LALPour info, le blogoclub aura pour thème les auteurs haïtiens le 1er juillet prochain - Ce titre a reçu le prix RFO 2009 - Vous trouverez en cliquant sur le lien ci-contre la fiche du livre sur le site éditeur avec un extrait pdf à télécharger -

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Les lectures d'Antigone ...
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Les lectures d'Antigone ...
  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
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