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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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7 décembre 2013

Il faut beaucoup aimer les hommes, Marie Darrieussecq

 

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"Une femme rencontre un homme. Coup de foudre. L'homme est noir, la femme est blanche. Et alors ?"

C'est quoi être noir ou être blanc quand deux êtres se plaisent, et que naît entre eux quelque chose qui pourrait ressembler à de l'amour ? Est-ce si important ? Il faut beaucoup aimer les hommes est l'histoire d'une rencontre. Solange est actrice à Holywood. Kouhouesso est également acteur, et éblouissant de beauté, noir, obnubilé par l'idée de faire un film au et sur le Congo.
La maladie de l'amour prend Solange à la gorge, au corps, et l'empêche de voir, de lire, tous les signes de ce qui les sépare déjà tous les deux. Elle suivra cet homme fuyant jusqu'en Afrique, cherchant à le comprendre via ses paysages et ses engouements.

J'ai beaucoup aimé me plonger et rester dans les pages de ce presque coup de coeur de lecture. Car l'écriture de Marie Darrieussecq m'a plu, et l'histoire qu'elle nous raconte aussi, celle d'une tragédie annoncée, d'un amour impossible qu'il serait vain de vouloir attacher à soi au risque de sombrer. Les préjugés les plus simples côtoient le nom de gens célèbres, dans l'indifférence la plus crasse. Solange est au milieu, se pose des questions, et tente de trouver un sens à son aventure. L'auteure excelle dans cet opus à nous détailler les affres de la passion, les pièges de l'obsession amoureuse et de l'attente vaine. J'ai peut-être moins été sensible à la partie cinéma du roman, mais ce Prix Médicis 2013 est véritablement un excellent roman.

"Il faut beaucoup aimer les hommes. Beaucoup, beaucoup. Beaucoup les aimer pour les aimer. Sans cela, ce n'est pas possible, on ne peut pas les supporter." Marguerite Duras

Editions POL - 18€ - Août 2013

Un grand merci à Clara pour la tentation !! - Un énorme coup de coeur pour Cathulu - Une comète est plus partagée 

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19 janvier 2014

Objectif PAL de janvier... L'amour comme par hasard, Eva Rice

lamourcommeparhasard"Les garçons ne valent pas tous les soucis qu'ils nous causent, pensai-je. Il était bien plus sage de se contenter de lire des romans, dans lesquels on voit le héros arriver à des kilomètres."

Nous sommes en 1954, et Pénélope se laisse embarquer par une jeune-fille espiègle à un arrêt d'autobus à Londres. Il est au départ simplement question d'être invitée à prendre le thé, et d'être par sa seule présence le gage d'un après-midi agréable. Mais cette rencontre ne sera pas anodine. Pénélope se prend d'amitié pour Charlotte et sa famille, comme elle d'origine aristocratique mais désargentée, et les invitations pour le thé et autres week-end d'amusement se succèdent. Harry, le cousin de Charlotte, requiert son aide pour reconquérir une jeune actrice frivole qui doit en épouser un autre, plus riche. Pénélope est elle de son côté séduite par l'irrésistible Rocky Dakota, un riche américain. Cependant, c'est oublier que les voies de l'amour sont bien impénétrables, et qu'il est de bon ton dans les romans qui en parlent le mieux que rien ne se déroule comme prévu...

Ce gros poche à la couverture craquante végétait dans ma PAL depuis trop longtemps... Je suis heureuse de commencer mon challenge avec ce roman car j'ai passé un moment très agréable en sa compagnie. J'en avais une idée préconcue, plus moderne, et j'ai été assez étonnée dans les premiers chapitres par son ton désuet et son ambiance délicate. C'est un livre qui demande que l'on prenne le temps de se lover tout doucement dans ses pages, d'habiter dans ses maisons avec ses personnages, de prendre le train avec eux, d'attendre en leur compagnie et avec effervescence que Johnnie Ray passe en concert au Palladium, d'assister auprès d'eux à l'émergence d'une certaine insouciance d'après-guerre.
Une lecture au charme certain.

Editions du Livre de Poche - 7.19€ - février 2009

C'est un livre beaucoup lu sur la blogosphère littéraire - Vous trouverez de nombreux autres avis sur Babelio [clic]

objectif pal

Objectif Pal 2014 : 1/12 (#objectifpal2014)

L'objectif Pal 2014 rencontre un réel succès. Merci à tous pour votre enthousiasme !! J'en suis heureuse.
Pour l'instant, les inscriptions sont toujours possibles [ici]. 
Merci, par contre, de bien vouloir déposer votre lien mensuel sur le billet du mois de janvier qui se trouve [par là] !!

16 septembre 2013

Les Fuyants ~ Arnaud Dudek... Rentrée littéraire 2013

lesfuyants

"S'il la rappelait, juste comme ça, pour discuter, est-ce qu'elle serait d'accord ? Elle n'y voit pas d'inconvénient. Au contraire. Ils se saluent gauchement, les yeux se dérobent. Leur bouche dit à bientôt, leur coeur à tout de suite."

Les hommes de la famille Hintel sont des fuyants. Jacob s'est évaporé il y a bien longtemps, laissant depuis sa famille sans nouvelles. David a choisi de mettre fin à ses jours après l'accident tragique qui lui a ôté la femme qu'il aimait. Simon, l'oncle de Joseph, fuit ses amours naissantes et ses responsabilités. Mais l'ordre immuable de la fuite est en train de se modifier...  Joseph, le petit dernier, et hacker de génie, ne se laissera pas faire par la morosité. Il est amoureux et il veut comprendre d'où il vient.

Je n'ai pas encore lu Rester sage, le précédent roman d'Arnaud Dudek, qui a connu un certain succès. Car celui-ci, son deuxième opus donc, s'est présenté à moi bien avant, avec toute sa simplicité narrative, alors que je sortais d'un pavé beaucoup plus bavard (Cherchez la femme d'Alice Ferney)... Est-ce pour cette raison que j'ai eu du mal à l'apréhender au départ, à en apprécier la finesse et l'économie de moyens ? Sans doute. Car étrangement, même si je suis tombée un peu à côté de cette lecture, Les fuyants ne m'ont pas laissée pour autant entièrement indifférente.
J'ai refermé ce court texte depuis quelques jours déjà, et les personnages d'Arnaud Dudek me poursuivent depuis, en pensée... Etrange phénomène. 

Editions Alma - 15€ - 14 août 2013

Causticité et tendresse pour Clara qui a été touchée -  Katell adore - Un pur délice pour Cathulu - Cuné n'a pas capoté (?) comme pour le premier... !

Challenge 1% rentrée littéraire : 4/6

challengerentree2013

 

(clic sur le logo pour plus de détails sur le challenge)

 

Les coups de coeur des blogueuses

 

10 septembre 2013

Cherchez la femme, Alice Ferney

cherchezlafemme1"Si Marianne n'avait pas étouffé, c'était qu'elle recélait cette volière à l'intérieur d'elle-même, dans laquelle son esprit s'était émancipé. Pour toujours elle vivrait ainsi : partagée en deux, campée sur deux positions, la réalité et la vie intérieure. Au dedans Marianne imaginait ce qu'elle voulait, au-dehors, contenue, elle évitait l'insolence ou la provocation. Elle respirait par la conjonction d'un poumon secret et d'une soumission acceptée. Une part d'elle-même était configurée et consentait, obéissant aux règles, par ce désir qui nous pousse à préférer une famille sévère (puisqu'elle nous est échue) à pas de famille du tout. La tyrannie maternelle avait fabriqué de l'hybridité."


Cherchez la femme est l'histoire totale de deux couples, analysée, autopsiée, de la rencontre à la séparation, de l'ascension d'une sensualité des premiers instants à l'échec de la durée, en passant par la conception des enfants et de toute cette attente de consolation déposée à leurs pieds...
Nina a quinze ans lorsqu'elle tournoie sous le regard de Vladimir. Il n'aura de cesse de vouloir l'épouser, lui l'ingénieur des mines, et lui fera deux garçons dont l'aîné sera pour le couple une fierté sans pareille. Nina n'aura pourtant de cesse aussi de reprocher à Vladimir, plus tard, ce vol de son adolescence, et de ses espérances, noyant ses espoirs déçus dans l'alcool.
Serge, leur fils, et Marianne se rencontrent dans l'éblouissement de leur jeunesse et de leurs valeurs respectives. Marianne se révélera pratique, sincère et ardente. Serge, quant à lui, narcissique et brillant, sera celui par qui la rupture arrive... 

Mais quel est donc notre libre arbitre dans nos destinées affectives ? Et combien pèse donc le poids des rêves des générations précédentes sur notre présent ? Dans ce roman, Alice Ferney tente des explications, des pistes, nous offre des exemples... 
J'ai été complètement bouleversée par cette lecture à la structure pyramidale idéale, admirant la maîtrise d'écriture de la première moitié, puis complètement déboussolée par la seconde qui nous laisse abruptement aux portes de l'enfer intime. Les femmes de cette histoire nous entraînent chacune à leur manière dans l'émotion brute. Au lecteur d'en apprécier la teneur, et de ne pas s'y brûler la pensée ! Ainsi, j'ai pensé à Madame Bovary, à son empêchement affectif, à ses ferveurs et à ses douleurs, à sa fin tragique.
Ce roman est - vous l'aurez deviné - un gros coup de coeur personnel (il m'est impossible d'en décider autrement), mais aussi un pavé (soyons honnête) qui parfois souffre de quelques longueurs, surtout dans sa seconde partie. 
Cherchez la femme est pour autant un voyage à haut risque à indéniablement entreprendre !!

Editions Actes Sud - 23.50€ - Mars 2013 - Merci ma bibli !!


[Un petit bémol chez Gambadou] - [Pour Canel il est entre le génial, le brillant... le redondant et le glauque] - [Pour Cuné il passe de l'intérêt au désenchantement

22 mai 2017

Atelier d'écriture

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Vous parler de ça. Du j'aurais pu tomber plus bas. Du j'ai parfois laissé gagner le vertige. Et de ce quelque chose qui m'écrase encore. Comme la rambarde de cette mezzanine qui imprime sa dureté sur mon ventre. Quelque chose qui tient du dégoût et de la colère, de l'impuissance aussi. Quoi de plus mort que les objets que je contemple. Le mal que l'on m'a fait, et que l'on fait à d'autres, partout. Ces vies qui se roulent en boule et qui pleurent dans un coin. La méchanceté, la bravade et l'orgueil. La trahison. Tous ces gens que l'on regarde de haut, que l'on exclut, que l'on méprise et que l'on tue à petits feux. Et le retour souhaité de la bienveillance. Vous parler de ça. Du chaque jour devoir extirper de soi des mauvaises pensées pour commencer sa journée. Du sourire en façade. Du rire trop fort pour cacher tout ce qui tombe en soi et se déchire. De la vigilance qui occupe toute la pensée. De tout ce qui est inversé. De l'obligation de s'aimer un peu pour survivre. Du sentiment d'opression, d'enfermement, et de cette impression d'être dans une voie sans issue, une impasse. A s'en abîmer les poings à force de cogner contre des portes fermées. Puis de l'oxygène qui emplit tes poumons d'air quand enfin tout cela se retire, quand la marée descend et découvre la beauté de ce que tu es. Sans chichis ni trompettes. La beauté d'être humaine, fragile et de chair. Et le renouvellement possible de soi, que je n'imaginais pas. Vous parler des larmes qui sortent depuis, qui n'en peuvent plus de s'écouler dès que l'émotion surgit. Une source intarissable. A toi seule tu pourrais sauver un pays en sécheresse. Je n'avais pas les armes. Et c'est quand tu es à terre que tu t'en aperçois. Je n'étais pas armée pour ça, pour être la cible de la médisance, de la violence d'un prédateur. Je n'étais pas prête non plus pour les regards baissés, pour la lâcheté en cascade, pour la solitude et ceux qui s'amusent à te regarder sombrer. Je me penche au dessus du vide, et je sais la séduction du vertige. Rajouter du froid au froid, disparaître, devenir invisible, s'incruster dans le décor, être un objet, un élément de cuisine. Certains jours, mes phalanges agrippées sur le bois blanc il me faut du temps pour convoquer les rires amis, les paroles douces, la lumière, tout ce qui existe et qui sauve du désarroi. Qu'ils en soient remerciés. La lutte est longue, semée d'embûches, mais je peux parler de ça aujourd'hui. De ce quelque chose qui gagne. Chaque jour depuis deux ans. Et de tout ce qui est beau derrière chaque porte que j'ouvre depuis.

Ce texte est ma participation à l'atelier d'écriture de Leiloona... Une photo quelques mots [clic ici]

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1 juin 2017

Objectif Pal de mai

Allez zou ! Il est temps que tu dévoiles les lectures de PAL (Pile A Lire) du mois des blogueuses inscrites au challenge. Petit rappel pour tes visiteurs, il s'agit de lire enfin tous ces livres qui dorment depuis trop longtemps dans nos PALs (au moins depuis plus de six mois). De quoi dénicher des trésors, et faire de la place pour de nouveaux livres... N'hésitez pas à cliquer sur les couvertures ci-dessous pour lire et commenter les billets des lectrices !! Un petit passage fait toujours plaisir...

lajeuneepouse       manchachevalier       septfemmes

       Cryssilda                            Enna                            Aifelle

levieuxqui       un-instant-d-abandon-pocket-livre-occasion-24794      loriginaldelaura

        Cryssilda                      Géraldine                        Antigone

lanuitderrièremoi      etoilesseteignent      lapetitelumiere

        Cryssilda                          Kathel                            Eimelle

une-langue-venue-dailleurs     operationnapoleon      refletsdansunoeildhomme

   Le livre d'après                      Aifelle                          Jostein

debeauxlendemains     refletsdansunoeildhomme      la-steppe

      Tiphanie                         Chantal                      Readingbibliophile

cuculapraline      bouraoui     objectif pal

         Alexielle                          Jostein

       

17 avril 2017

Atelier d'écriture

cafe-fred-hedin

Immédiatement, il y a cette sensation de banquette brûlante sous mes cuisses. Ton regard bleu qui me transperce. Le reflet du ciel sur le verre de tes lunettes foncées. Je refrène le petit cri de surprise qui me monte à la gorge. Je suis assise à côté de toi, dans ta voiture, et tu voudrais que je ne sois pas là. Je te dérange. Tu es venu me chercher parce que je te l'ai demandé. Tu ne sais pas dire non. Tu m'as donc répondu oui, mais dans ta voix au bout du fil une cascade de réticence l'accompagnait. Il fait chaud. Ton front brille. Ta chemise colle à ton torse et la transpiration zèbre tes côtes. J'ai mis une robe légère qui vole sur mes jambes. Tu as relevé le toit ouvrant. Tu ne démarres pas tout de suite. Tu attends que je t'explique, ce que nous faisons là, tes roues à demi sur le trottoir, devant ce lycée où je travaille. Je sens ton impatience, ton agacement, et j'esquisse un sourire parce que tu ne sais pas combien tu es beau, là dans la lumière, blond, brillant et fragile. Je t'emmène dans ce café où il fera presque frais, loin du bruit et de la circulation. Je les emmène tous là. Ce n'est pas un piège, c'est une habitude, une superstition. Mes histoires d'amour ne peuvent éclore que sur le bois dur d'une chaise de bistrot, naître dans les bulles d'une limonade fraîche, sous le regard bienveillant de Virginie. Je lui demanderai son avis ensuite, sur nous, sur toi. Pour l'instant, je ne suis pas là-bas, je fais des gestes, je monte des échafaudages d'explications. J'espère que rien ne s'écroule, que mon plan pour te voler du temps te séduise, je réclame ton aide. Juste un moment, s'il te plaît. Tu regardes mes mains mouliner l'air, tu te détends un peu. Allons-y. Je regarde tes doigts attraper le volant, passer la première. Tes gestes pour te faufiler dans la circulation et m'emmener avec toi sont précis. Ils me rassurent. Ils augurent bon. Dans ma poitrine, mon coeur saute. Il va exploser avant le prochain feu rouge. Je m'aggripe fermement à ta portière. Tout fonctionne comme prévu. C'était donc possible ? Tu n'es pourtant pas si facile à kidnapper, mon amour.

Ceci est ta participation à l'atelier d'écriture de Leiloona, sur une photo de Fred Hedin...

7 novembre 2013

En cours de lecture...

pulltete

"Si seulement elle pouvait abandonner son fichu cerveau, laisser son coeur gonfler, s'enflammer, son cerveau prendre l'air des journées et des saisons entières, et écrire des contes pour enfants. Elle ouvrirait la bouche devant les gens réunis à la bibliothèque, et voilà ce qu'il en sortirait : Il était une fois... [...]
Mais peut-être que l'on pouvait vivre en dessous du cou. Peut-être que l'on pouvait vivre avec les vêtements que l'on souhaitait enlever, tous empilés par-dessus la tête, devant la figure ; pas seulement un pull avec le col étroit, mais tout ce qui se coincerait là - pantalons, chaussures et chaussettes -, un désordre farfelu sur les épaules, à la place de la tête, tandis que le corps, nu comme un ver, se préparerait à vivre le reste de sa vie dans la campagne profonde, la cambrousse, sur une bretelle d'autoroute, sous la pluie. Peut-être était-ce possible. Parce que quand elle dormait contre lui comme ça, le reste du monde se précipitait dans une valise sous le lit. C'était la fin du désir que d'avoir ça. La voilà, la voilà. Il s'enroulait autour d'elle, prenait sa tête comme celle d'un enfant dans sa main et lui soufflait des mots, dans la gorge, dans la poitrine, alors qu'il s'endormait. Endors toi, endors-toi avec moi."


Extrait de Vies cruelles de Lorrie Moore

Pour l'instant, je ne sais que penser de ce titre entre admiration et interrogation. Je crois que je n'avais encore jamais rien lu de pareil. J'avais beaucoup aimé La passerelle du même auteur [clic ici]. Mon billet bientôt.

27 novembre 2012

Les Amandes vertes, Anaële et Delphine Hermans

lesamandesvertesAprès avoir lu Partages de Gwenaelle Aubry, ou bien dernièrement Les Chroniques de Jérusalem de Guy Delisle, j'ai eu envie d'en savoir un peu plus sur la réalité de cette région déchirée. J'ai donc pioché avec intérêt cette BD sur les rayons de ma bibliothèque, lors de mon dernier passage... Je l'avais croisée déjà sur quelques blogs.

Dans cet album, nous est raconté l'histoire d'une correspondance entre deux soeurs, une qui vit à Liège, en Belgique, et l'autre qui part vivre et travailler en Palestine pour 10 mois. Delphine aime dessiner, Anaële écrire. Le regard que pose ce livre sur la Palestine est personnel et intime. Anaële se promène, rencontre des personnages sombres aux récits graves, tombe amoureuse, ravale de plus en plus une petite boule restée coincée dans sa gorge... rêve de Belgique.

Bien que peu séduite par la naïveté du trait, j'ai aimé parcourir les cases de cette BD qui m'a permis d'avoir une autre perspective, plus douce, sur un conflit si complexe. La relation entre les deux soeurs est attachante, le rythme excellent, et c'est avec cette touche plus légère (quoique) que je termine pour l'instant mon cycle palestino/israëlien.

Editions Warum - 18€ - Janvier 2011 - Merci ma bibli !!

Canel l'a lu - Val aussi !

8 juillet 2012

Chroniques de Jérusalem, Guy Delisle

chroniquesdejerusalem"C'est pas du tout l'image que je me faisais de Jérusalem."

L'auteur s'installe avec sa famille pour une année dans un appartement de Jérusalem-est. Sa femme, Nadège, est membre d'une ONG et leurs deux enfants sont encore en bas âge. Voici donc tout à coup Guy Delisle dans le rôle pas évident d'un homme au foyer tandis qu'il cherche aussi à faire des croquis de la ville, une ville aux nombreux visages, marquée par des conflits et des passions religieuses d'une complexité parfois affolante. On voyage avec lui dans les ruelles de Jérusalem, on découvre les lieux saints, les rares parcs pour enfants, les terrasses de café où il fait bon rester, mais aussi la violence omniprésente... un Jérusalem véritable, loin des clichés.

Cette BD a reçu le prix Fauve d'Or à Angoulème cette année, prix du meilleur album 2012. Je n'en suis pas étonnée.
C'est un pavé. Et contrairement aux autres albums que je lis habituellement, il m'a fallu plusieurs séances de lecture pour le terminer. Il ne se dévore pas en une seule bouchée celui-ci, loin de là. Cependant, malgré sa densité et les quelques passages à côté desquels je suis sans doute passée, je l'ai trouvé très intéressant et à bien des égards même passionnant.
Il est peu de dire que ce qui nous transpire d'ordinaire via la télévision d'Israël est souvent tronqué et la réalité bien plus ambivalente qu'elle ne paraît. Guy Delisle réussit très bien à confronter ici les points de vue tout en restant toujours lié à un quotidien très prosaïque et neutre.
Un album important, au ton juste, et un auteur que je continuerai très certainement de découvrir.

Editions Delcourt - 25.50€ - Novembre 2011

chroniquesdejerusalem2          chroniquesdejerusalem1

Vu aussi chez... Kathel - Keisha - et Théoma (très enthousiaste) !!  - Le blog de l'auteur pendant le séjour !

26 mai 2012

Soirée exceptionnelle

jevoulaistedire... autour du roman de Louisa Young !!

Table ronde animée par Jean Lebrun, producteur de La Marche de l’Histoire sur France Inter, avec l'auteur du livre Louisa Young et le Pr Bernard Devauchelle, chef du service de chirurgie maxillo-faciale du CHU d’Amiens (Il a réalisé la première greffe partielle de visage.).

Seront également présents :
* Annette Becker - Historienne et professeur à l’université Paris Ouest Nanterre
et membre de l’Institut universitaire de France.

* Jérôme Kircher - Comédien ayant incarné le personnage de Bastoche dans
Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet.

La Fondation des « Gueules Cassées » et les Éditions Baker Street vous invitent à cette table ronde à l’occasion de la parution en France du best-seller anglais de Louisa Young, traduit de l’anglais par Françoise Jaouën.

Le mercredi 6 juin 2012 à 19 heures dans le Salon d’honneur de la Fondation des «Gueules Cassées».

Le comédien Jérôme Kircher lira des extraits du roman de Louisa Young.

Réservez votre place (sans prix d'entrée mais dans la limite des places disponibles) par mail à : contact@bakerstreet-editions.com 

Union des blessés de la face et de la tête / Fondation des « Gueules Cassées »
20, rue d’Aguesseau - 75008 Paris • Tél. : 01 44 51 52 00Métro : station Madeleine ou Concorde


Je ne pourrai malheureusement pas assister moi-même à cette table ronde - dont le sujet m'aurait bien plu - c'est un peu loin de chez moi... Je remercie les Editions Baker Street pour leur invitation et de me permettre de l'étendre à vous, chers lecteurs de ce blog. J'en profite pour vous recommander encore chaudement cette lecture [mon billet ici].

24 mai 2012

L'album de Milo, Carolyn Parkhurst

albumdemilo"Je pense à Bettina, dans ce restaurant au dernier soir de son existence, tout juste fiancée, le coeur brisé. Si j'avais été présente dans la vie de Milo d'une façon significative, aurais-je fait quelque chose pour empêcher que cet instant se produise ? J'imagine une réalité alternative, dans laquelle je prends d'autres décisions et où ces quatre années de brouille n'existent pas."

Octavia Frost est écrivain. Elle s'est mise en tête dernièrement de reprendre les fins de tous ses livres, de les remanier, de leur donner ainsi une nouvelle vie. Elle appelera ce recueil l'abum de nulle part, un moyen avoué de retenter un lien desespéré vers son fils Milo, chanteur à succès d'un groupe de rock, qu'elle n'a pas vu depuis des années.
Mais tout se précipite. La petite amie de ce dernier est assassiné dans leur villa et Milo est accusé. Octavia s'envole vers lui, certaine que sa présence aura une utilité...

Mêlant thriller et virtuosité stylistique, Carolyn Parkhurst produit un roman sur la perte, et la force des liens familiaux. Et voici ce qui m'a surtout intéressé dans cet opus, bien plus que la retranscription des fins de romans remaniées par Octavia.
La quête de cette mère, avide des moindres signes d'amour de son fils est touchante, ainsi que sa manière sincère de regarder son passé en face. La mort accidentelle de son mari et de sa petite fille autrefois ont été le fil ténu qui a parcouru toute son oeuvre jusque ici mais elle est soudain prête à envisager un avenir différent, incluant Milo et son monde.
Une lecture, douce et maternelle, qui n'oublie pas d'être aussi captivante.

Editions Philippe Rey - 21.50€ - Avril 2011

D'autres lectures... Cathulu la tentatrice - Cuné - Amandaun coup de coeur pour Lucie !

3 mai 2012

En ce moment, je lis...

... Je voulais te dire de Louisa Young. C'est un livre, édité chez BakerStreet, qui sortira en librairie le 16 mai. Malgré son style assez commun, je passe un très bon moment en compagnie de ce roman. Comme quoi, j'aime toujours autant que l'on me raconte des histoires. Mon billet bientôt !

Dernièrement, j'ai commandé deux petites merveilles chez Zü, mais chut c'est pour un cadeau, pour quelqu'un que j'aime... j'espère qu'elle sera contente !

Et puis, ma fille (10 ans) découvre enfin le plaisir de la lecture... Elle vous présente ci-dessous les deux titres qui ont su trouver un chemin vers elle ses derniers temps : La machine à noeuds de mots d'Arthur Ténor et Le Drôle de Noël de Scrooge d'après l'oeuvre de Charles Dickens. Elle a pouffé, elle avait hâte de les terminer et en même temps aurait voulu qu'ils soient plus épais, je confirme ils lui ont plu.

mai2012

Parfois, la vie peut s'avérer bien douce.

15 avril 2012

Pôles magnétiques, Anne Révah

pôlesmagnétiques"Mais il s'était passé quelque chose entre eux. Clarisse n'avait rien remarqué, rien compris, pas décelé la moindre couleur en elle qui soit un signe. Pourtant il s'était passé quelque chose, et ils ne l'identifiaient pas encore. Léonard l'avait peu regardée. Leurs phrases avaient peu compté, elles avaient habillé ce qui se déroulait, une parure, rien d'autre. Mais il lui avait donné un texte qu'il venait d'écrire. Cet acte-là était d'importance, livrant un indice aussi massif qu'aveuglant [...]."

Clarisse est dans cet avion qui file vers l'Arizona. Et elle cherche, comme toujours lorsqu'elle voyage ainsi, de distraire sa crainte par une conversation avec son voisin de voyage. Leonard est ingénieur, peu bavard mais amical. la jeune-femme le regarde peu, pense seulement l'utiliser comme faire-valoir, et l'oublier dès leur débarquement. Cependant, quelque chose est arrivé entre eux. Il lui laisse un des textes qu'il a rédigé - il écrit depuis toujours - et son numéro de téléphone. Elle le rappelera.
Pourtant, il y a Gabriel et son fils, laissés à Paris, et l'amour fusionnel qu'elle éprouve pour eux. Pourtant, ce n'est pas un voyage romantique. Une cousine éloignée avait décidé de tout léguer à son père à sa mort. la jeune-femme le représente courageusement malgré la chaleur suffocante, vient assister à l'enterrement d'une inconnue et récupérer un chèque.

Je connaissais d'Anne Révah son Manhattan qui m'avait plutôt émue en 2009. J'ai donc été enchantée de découvrir son nouveau roman, sorti cette année chez Arléa.
Je suis tombée ici sous le charme des premiers chapitres, intéressée par la rencontre originale que l'on me proposait. Et j'ai bien aimé aussi suivre le personnage de Clarisse dans la situation particulière dans laquelle elle se trouve soudain, bouleversée dans ses sentiments, victime du décalage horaire, l'hôte d'une famille dont la manière de vivre la désarçonne, un peu à côté de ses pompes, loin de chez elle et perdue sans son téléphone portable. Les retranscriptions des écrits de Léonard - que Clarisse lit par à coups - m'ont cependant semblé bien trop longs, de moindre qualité, et ont coupé le fil de ma lecture. Etaient-ils nécessaires ? Ah mais c'est que j'aurais tellement aimé que l'ensemble soit au niveau des réelles belles fulgurances d'écriture que contient ce roman ! Je reste donc partagée mais c'est un roman à découvrir, bien sûr, si vous avez aimé Manhattan (nous avions été nombreuses à le plébisciter à sa sortie).

"On ne lit pas le texte d'un inconnu rencontré dans un avion sans penser à lui, intensément. Chaque phrase est une forme de rébus, entrainant une succession de divagations, dont certaines recèlent de la douceur, d'autres de l'excitation. Biens sûr, on peut lire en se tenant en retrait, mais une tentation naturelle porte vers des fantaisies qui s'égrènent. Il est probable aussi que le décalage horaire, par la faiblesse et le désarroi qu'il suscite, contribue au cortège des fantaisies."

Editions Arléa - 18€ - 12 avril 2012

4 avril 2013

Comment ratatiner les cauchemars ? de Catherine Leblanc et Roland Garrigue

En attendant des lectures plus adultes... je vous parle aujourd'hui d'une petite sortie jeunesse, toute chaude, achetée hier en librairie. Un petit clin d'oeil aussi à notre bibliothécaire préférée, le voici ce fameux album que petit dernier attendait avec impatience !

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Je trouve que cette collection des "Comment ratatiner..." de chez P'titGlénat ne cesse de s'améliorer. Nous en avons lu quelques uns à présent, et celui-ci est pour moi un des meilleurs. Les dessins de Roland Garrigue sont excellents, et les textes de Catherine Leblanc ont été une porte ouverte à une discussion animée, disséqués à la loupe par mon fils très troublé par ce monde imaginaire que l'on se crée seulement pendant le sommeil.

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"Un cauchemar peut s'amuser à te faire honte... foncer sur toi ou te menacer de mille façons !"
... mais heureusement il existe également mille façons de les chasser et il est parfois nécessaire de les écouter, ils peuvent simplement exprimer ce que l'on ne supporte plus.

Editions PtitGlénat - 11€ - 3 avril 2013

Le blog de Catherine Leblanc

17 juin 2013

Poussez-vous, les moches ! ~ Mr Tan et Miss Prickly (collection Mortelle Adèle)

poussezvouslesmoches"Je sais pas vous, mais moi, j'en ai marre de me laisser faire ! Cette fois, Jade et ses copines ont de quoi avoir peur : j'ai réuni tous les enfants laissés pour compte de l'école pour former le club des bizarres, et on est bien décidés à leur mener la vie dure !"

Adèle a réuni les trop petits, les trop gros ou les trop intellos pour former le club des bizarres. L'objectif est de mettre des bâtons dans les roues au groupe de pestes qui sévit dans son école, Jade et Miranda. Elles passent leur temps à se prendre pour des top-modèles.

Vous êtes quelques unes à avoir déjà testé les numéros précédents de Mortelle Adèle. Cet opus là est le cinquième de la série. Grande fille (presque 12 ans) était enthousiaste à l'idée de faire enfin connaissance avec cette chipie aux cheveux rouges, et puis le titre évocateur nous avait fait sourire, à la proposition de Tourbillon nous avons donc dit oui.

Et bien, il s'avère que le contenu est encore plus drôle que ce que nous imaginions. Des planches courtes. Des gags percutants. Tout tombe juste et est assez fin. Grande fille a adoré et a validé cette lecture de son "trop bien" habituel.

Pourtant, cette petite-fille fait enrager ses parents, veut se débarrasser de son adorable chaton Ajax, maltraite son hamster Fizz et prend son amoureux transi Geoffroy pour une andouille.

C'est un fait à présent, Mortelle Adèle, on aime !

Editions Tourbillon - 8.95€ - 6 juin 2013

17 août 2013

Quelques livres gratuits

bruxellesmidi

Si pour vous comme pour moi la lecture numérique est une activité sporadique et occasionnelle (salles d'attente ou voyages en train), vous pouvez télécharger sur le site Onlit.net, quelques titres gratuits, que cette maison d'édition met gracieusement à la disposition des lecteurs. [clic ici pour en savoir plus]

J'ai déjà testé le livre ci-contre, un recueil de nouvelles inédites rédigées par des auteurs belges (Daniel Adam, Véronique Bergen, Frédéric Bourgeois, Patrick Delperdange, Christophe Ghislain, Madeleine Hargan, Edgar Kosma, Milady Renoir et Régine Vandamme) et François Bon, sur la base de ce seul thème, écrire d'après ces deux mots : Bruxelles Midi.

Ce petit collectif est une autre manière de découvrir des auteurs. La qualité des nouvelles est relativement inégale mais j'ai aimé me faire balader dans un Bruxelles imaginaire et plutôt inconnu pour moi. Le sourire m'est même à plusieurs reprises venu aux lèvres.

Il existe trois autres titres gratuits à disposition (Deux recueils de nouvelles et un roman, Bruges-la-morte).

ONLIT EDITIONS est un éditeur littéraire numérique basé à Bruxelles et actif depuis 2006.
http://www.onlit.net/

21 mai 2013

Une visite surprise, Claudie Pernusch

unevisitesurprise"Ce sentiment subit d'être un raté, un raté esseulé, mais c'est idiot ! Totalement. Je suis un idiot. Mais non je ne suis pas un idiot. J'ai fait des études universitaires normales. Me suis gentiment reconverti dans le commerce sans problèmes. J'ai trouvé la femme de ma vie. J'habite une région merveilleuse. Je viens de me réconcilier avec ma soeur. Alors..."

Paulin, ancien professeur de mathématiques en région parisienne, tient aujourd'hui un commerce de poteries sur Soulac-sur-Mer. Il a le sentiment très fort d'être arrivé à un moment de sa vie où tout est parfait, jusqu'à la présence à ses côtés depuis plusieurs mois d'une petite amie, Lena, à coup sûr la femme de sa vie. Lorsque Louise, une ancienne relation d'un soir, lui envoie une lettre lui demandant de faire un test de paternité, l'enveloppe rejoint sans tarder la poubelle, personne ne gâchera son bonheur tout neuf. Qu'a-t-il donc à faire d'une petite fille dans un avenir à la ligne enfin toute tracée et paisible ? Lena et lui se suffisent à eux-même. Cependant, Louise insiste. Le test s'avère positif. La mère et son enfant débarquent à Soulac, déterminées à faire sa connaissance...

J'ai accepté de recevoir ce livre en souvenir de merveilleuses vacances en famille passées à Soulac. Nous avions été si surpris par la quiétude que dégage une forêt de pins et avions été enchantés de notre séjour. Et puis, cette couverture-là, avec son énorme ballon vert et blanc, n'est-elle pas une promesse d'été à elle toute seule ?

Une visite surprise est cependant un petit roman sans prétention, assez vite lu et léger. Il analyse pourtant avec assez de justesse le cocktail d'émotions que peut ressentir un père dans de telles circonstances, et j'ai aimé cette finesse psychologique là, la montée chaotique du sentiment de tendresse chez Paulin. A son actif, je dois dire que les divers personnages en second plan du récit sont également très attachants. J'ai reconnu avec plaisir les lieux emblématiques de Soulac, son atmosphère. Le tout est à la fois mignon et gentiment sensuel, à mon avis assez masculin, alors que l'auteure est une femme, connue en littérature jeunesse sous le pseudonyme de Sandrine Pernusch !

Merci à l'auteure et aux éditions Belfond ! - 18€ - 16 mai 2013

Saxaoul est bien plus bavarde que moi sur ce titre [sa lecture ici]

4 août 2011

Vivre encore un peu, Christophe Donner

vivreencoreunpeu

Elias a 104 ans et voudrait vivre "encore un peu". Sa femme n'aspire elle qu'à être débarrassée de cet homme irrascible que sa famille lui a imposé autrefois comme époux. Mais le vieillard s'accroche. Il reste par ailleurs pour ses enfants une figure de Beyrouth, forcément immortelle... Son gendre, Christophe, le narrateur et le mari de sa fille Dora, cherche à percer le mystère de cette longévité et assiste, impuissant, à l'attente du "dernier souffle".

Ce titre est une déception. Je ne sais plus trop pourquoi j'ai eu envie de le lire en janvier d'ailleurs, époque à laquelle je l'ai acheté. Une chronique élogieuse vue quelque part, sans doute. J'ai eu le sentiment je pense que j'en saurai à sa lecture un peu plus sur le désir de vie d'un homme très âgé. Oui, bon, le résultat n'est pas probant.
Allez, pourtant, il se lit très bien - je l'ai même terminé assez rapidement - tout en m'attachant à quelques personnages féminins au passage. C'est un récit cruel et familial, en forme d'autofiction, assez réussi tout de même. 
Seulement, je crois que je ne supporte plus ce type d'auteurs, se regardant un peu trop le nombril, prenant tellement de hauteur sur les gens et les évènements que cela leur permet d'oser quelques réflexions dont je me serais bien passé. C'est sans doute un ton, une pose d'écrivain, je n'adhère pas.
Me reste au final de cette lecture un sentiment de malaise et d'antipathie... Bon, bref, dommage.

"-Je vous aime beaucoup, Monsieur Christophe.
- Elias ! Monsieur Elias ! Vous êtes un sacré coquin.
Moi aussi, je l'aimais beaucoup, mais ça n'est plus ça. Il aurait plutôt tendance à m'exaspérer, à présent. C'est son âge que je déteste, ce record absurde qui fait l'admiration de tous et qui le conduit peu à peu à cette ruine désolante que la mort ne veut pas soulager. Je voudrais bien l'accompagner gentiment vers la mort, il me tiendrait le bras comme on sortait de l'église, il mourrait en s'enfonçant dans la question de Dieu. Mais il ne veut pas."

bouton3 Editions Grasset - 14€ - Janvier 2011

Une très juste critique de David Vauclair par ici 

30 septembre 2011

A Single man

... ou comment Colin Firth peut être aux antipodes de Bridget Jones, parfois.

asingleman

Voici un film réalisé par Tom Ford (issu du milieu de la mode) qui m'a réellement scotchée.
(Sorti en DVD en septembre 2010)

Nous sommes à Los Angeles en 1962. George Falconer est professeur de Faculté. Il a perdu il y a peu son compagnon dans un accident de voiture et a du mal à trouver aujourd'hui un sens à sa vie. Sa meilleure amie, Charley, est toujours là pourtant, tendre et nostalgique, mais il est bien difficile de continuer à aimer après Jim...

D'excellents acteurs, une image léchée, parfaite, très esthétique, un rythme lent mais envoûtant, tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce film un petit bijou. Sensualité et grâce sont au rendez-vous pour aborder le thème de l'homosexualité, mais surtout ceux plus universels de l'amour et du deuil. J'ai aimé.

16 août 2011

Romaine par moins 30 ...en DVD

Questions films, on se laisse parfois avoir par des passages promotionnels TV lamentables ou alors des critiques en furie... alors qu'il ne s'agit en fait que de se laisser un peu aller, et de surtout se faire sa propre opinion. C'est le cas ici pour Romaine par moins 30, que j'ai enfin tenté version DVD pour le plaisir de regarder jouer Sandrine Kiberlain que j'adore. Je croyais à une grosse farce potache aux ficelles convenues. Point du tout, et même si ce n'est pas un grand film, le plaisir a été là, vraiment. Pour moi, ce fut un moment tendre et drôle.

romaine

L'histoire ? Justin rejoue pour Romaine "Rendez-vous en terre inconnue". Elle se retrouve donc dans un avion, en partance pour Montréal, où il fait au bas mot moins 30. Le hic ? Elle ne lui a jamais avoué qu'elle n'aimait ni l'avion, ni le froid, ni les surprises... Une forte dispute sépare le couple à l'arrivée. Romaine est seule, sans billet de retour, dans un environnement plein de surprises...

Le reste est dans la bande-annonce.

30 octobre 2013

L'envol du héron ~ Katharina Hagena

lenvolduheron

"Peut-être que ce que nous appelons vie est un rêve et ce que nous appelons rêve est la vie, et qu'en réalité la caverne de Platon est une station de métro."

Ellen a fait son métier du manque de sommeil, ses patients lui confient leurs insomnies. Mais aujourd'hui, à presque quarante ans, c'est elle qui a perdu soudainement la faculté de s'assoupir. La nuit, elle tourne dans son appartement, observe sa grande fille de quinze ans qui dort paisiblement et réfléchit au sens de tout ce qui lui arrive. Sa mère est hospitalisée, dans un coma profond. Son père tente de monter une chorale. Orla, sa fille, a pour petit ami un taggeur talentueux qui sévit sous les ponts de la ville. Andreas, son ami d'enfance, obnubilé par les vieux papiers, semble de plus en plus privé de paroles. Et il y a Marthe aussi, cette femme plus âgée, qui s'est prise d'affection pour Orla, et qui pleure en silence son fils disparu il y a dix-sept ans... Mais Ellen ignore ce secret là, car la perte de sommeil et le désir de Benno, son amant, noient la réalité dans un flou onirique que seul l'envol des hérons zébrant le ciel pourrait peut-être dissiper...

Ah, ce titre là m'a donné du fil à retordre. Et puis, il faut croire que ma dernière tentative pour le lire a été la bonne. L'envol du héron attendait son moment. Et c'est au final un "presque" coup de coeur que je vous présente aujourd'hui. Car ce roman est pourvu de très beaux passages devant lesquels je me suis arrêtée, émerveillée. Quelle écriture ! (ou quelle traduction ?!) J'aurais été capable de vous en recopier ici des morceaux entiers tant j'ai été bluffée par les trouvailles de l'auteure. Les images qu'elle convoque sont intelligentes et originales, et la beauté des phrases de certains débuts de chapitre est vraiment remarquable. L'histoire qui nous est contée semble alors en comparaison manquer presque un peu de force, mais il ne faut pas chipoter non plus. Allez, ce roman particulier ne plaira pas à tout le monde, c'est certain, mais il est véritablement un voyage à tenter.
J'ai beaucoup pensé au cours de ma lecture à cet autre roman allemand que j'avais beaucoup aimé [clic ici], une similitude d'ambiance évidente,... et puis bien sûr j'ai lu Le goût des pépins de pomme [clic ici], excellent souvenir !

 

Editions Anne Carrière - 22€ - Août 2013

L'avis de Clara la tentatrice - Aifelle a été plus mitigée

29 mai 2011

J'ai testé... "Faire un livre à partir de son blog"

Cela m'a pris, comme ça, un week-end. Il faut dire que j'avais vu cet article du site Les agents littéraires, Faire un livre à partir de votre blog, vous y avez déjà pensé ? Puis ma lecture des Autres gens #01 (premier extrait du blog collectif BD du même nom) a terminé de me convaincre. J'avais envie d'essayer. Hop hop hop, un petit tour sur The Book Edition, du copiage, du collage, de la mise en page, de la validation, et voilà le résultat.

livre

Petites précisions, si l'aventure vous tente aussi : la création est gratuite, vous pouvez n'acheter qu'un seul exemplaire de votre oeuvre si vous le souhaitez et arrêter là, et puis vraiment... l'objet est parfait. (La parution sur le catalogue public est également optionnelle)

Je ne suis pas mécontente du tout de cette démarche, tout narcissique qu'elle soit, j'en ai conscience. Elle me permet d'ajouter un petit tome supplémentaire à ma rubrique "Les écrits d'Antigone" version papier, et de poser ces textes-là enfin... Je dois dire aussi que je ne crois plus depuis bien longtemps à l'aventure de l'édition, en ce qui me concerne, et que écrire est devenu pour moi une histoire toute personnelle et intime, que je partage tout de même avec vous à l'occasion. Et puis, je ne m'interdis pas d'ajouter un jour un tome 2 à ce premier numéro.

Voici ce que j'ai mis en quatrième de couverture, et qui me semble résumer au mieux ce petit geste papier.

Pourquoi ce livre ?
Pour garder une trace, parce que l’écrit semble plus vrai sur papier, pour ne pas oublier, pour éviter que tout disparaisse dans le grand tout du net, pour partager avec ceux que j’aime.
Parce que Tu est une autre.
Pour écrire autre chose…

Pour accéder à la fiche du livre sur le site TheBookEdition [cliquer ci-dessous].

Le livre Les écrits d\'Antigone # 01


Sinon, je partage avec vous, en ce jour de fête des mères, le mot trop drôle de mon petit garçon joint à son cadeau collier de nouilles...
"Maman-Fleur, tu es trop jolie.
J'aime bien quand tu m'emmènes camper."
Je crois que derrière tout cela se cache un message subliminal, car il est bien entendu que nous ne sommes encore jamais partis camper ensemble. ;)

3 décembre 2010

La mauvaise habitude d'être soi, Martin Page et Quentin Faucompré

lamauvaisehabituded__tresoi"Depuis que j'habite à l'intérieur de moi-même, j'ai beaucoup gagné en temps de transport."

Tout de suite, nous sommes dans l'ambiance, ou plutôt dirais-je... dans le ton. Raphaël se réveille, un peu groggy. Un policier pénètre dans son appartement. Les deux hommes sont surpris de se retrouver face à face. S'ensuit un étrange dialogue où le premier persuade l'autre de sa bonne santé tandis que le second certifie à son interlocuteur ébahi qu'il a bel et bien été assassiné. Les autres textes de La mauvaise habitude d'être soi continuent de jouer avec la réalité, en en proposant une autre, plus absurde, étonnante, nouvelle.

Autant j'avais été dubitative au sujet d'Une parfaite journée parfaite, autant j'ai été complètement séduite ici par les petites nouvelles incluses dans ce recueil. J'ai même été assez émue par celle qui propose d'emménager à l'intérieur de soi-même. Je lis par ailleurs l'auteur depuis quelques mois sur son blog (http://www.martin-page.fr/blog/) et il m'est devenu à la longue un rendez-vous extrêmement sympathique. Je suis donc heureuse d'avoir aimé son dernier livre et cela m'incite à continuer mes périgrinations dans son univers. Et puis, j'aime l'absurde, bien dosé, mais je l'aime...il permet cette vision un peu décalée de l'existence qui interpelle et réveille, il provoque un recul nécessaire, par le biais de la dérision, du rire jaune.

Les illustrations de Quentin Faucompré, elles, ont surtout intéressé mes enfants... elles m'ont semblé à moi agréables, pas essentielles, mais plutôt bienvenues pour rythmer la lecture, elles ont un petit air de livre jeunesse assez frais.

bouton3 Note de lecture : 4/5 - Editions de l'Olivier - 15€ - Novembre 2010

La lecture de Cathulu, enthousiasmée également !

13 février 2011

Fracas, Pascale Kramer

fracas"Il y eut deux sonneries, puis un petit voyant rouge s'alluma sur le poste du séjour, comme une perle poussée aux reflets du jardin dans les vitres. son père avait dû décrocher dans le bureau. Valérie attendit de savoir si c'était Justin, puis se retourna vers le rocher dont la présence lui causa une stupeur presque vierge. Sa mère descendait  allumer le jet en retroussant soigneusement les manches de son chemisier sur son pull. La pression de l'eau fit sursauter le gros serpent de caoutchouc jaune dont elle dévissa la tête pour qu'il se laisse dérouler sans secousse. Valérie admira avec quelle méthode elle attaquait la terrasse par le centre."

Valérie est venue aider ses parents, le temps d'un week-end. La veille, une forte intempérie a dévasté le jardin et inondé le salon. Nous sommes dans un coin isolé de Californie. Suite à un éboulement de terrain, un rocher en équilibre instable menace à présent la maison. Il faudra s'en occuper plus tard, le dynamiter peut-être. Tandis que sa mère s'acharne à réparer les dégâts, son père va et vient, inutile. Un coup de fil annonce un accident, celui de Cindy, la jeune fille qui garde habituellement les enfants du frère de Valérie. La nuit dernière, une voiture l'a fauchée alors qu'elle sortait en courant d'un motel, pieds nus...

Ce roman est un objet d'orfèvrerie, un peu précieux, parfait et froid. Pascale Kramer excelle, c'est indéniable, à disséquer les attitudes, gestes et infimes mouvements de ses personnages. Chaque détail est observé finement, analysé, qu'il fasse sens ou non pour le lecteur. Quelque chose se joue dans cette famille qui se retrouve tout à coup le temps d'une journée, autour d'un drame présent en creux, et dans un décor de désolation dans lequel chacun peine à trouver sa place.

L'univers très glacé de Fracas m'a laissé un peu de marbre, je dois le dire, malgré tout le talent d'écriture déployé, contrairement à Un homme ébranlé (dernier titre de l'auteure) lu il y a quelques temps et que j'ai beaucoup aimé, qui m'a semblé également beaucoup plus fort émotionnellement parlant.
Malgré une légère déception sur ce titre dont j'attendais beaucoup, trop peut-être, c'est une auteure que je vais continuer de suivre avec attention, cependant... Son écriture exigeante, qui ne permet pas de lectures distraites, me semble pleine de promesse.

Biblioth_que_et_LAL

Editions Mercure de France

Février 2007 - 14€

Florinette et Anne ont été plus enthousiastes que moi.

Hasard des lectures... Xynthia c'était il y a bientôt un an.

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Les lectures d'Antigone ...
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  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
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